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Aux frontières du réel

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Le mentir-faux de Bruno Le Maire


« La France doit cesser d’être un figurant du show perpétuel de Donald Trump ». C’est au tour de Bruno Le Maire d’y aller de sa leçon de choses géo-politico-morale, dans une tribune du Figaro[1](4 juillet). Épouvantail et exutoire, Trompe le Maudit aurait ce mérite de nous ouvrir les yeux, de nous remettre les pieds sous terre. Le « réel » est à la mode. Terminé, les naïvetés de Bisounours et rêveries des promeneurs solidaires ? Voire… À Zuydcoote, sur les plages, les pages, dans la sueur et le babeurre, Bruno Le Maire défend La Voie française, se débat. Daladier se prend pour Churchill. Naufrageurs insubmersibles, indécrottables champions du prêchi-prêcha, nos politiques sont incapables de mea-culpa, de se confronter à un réel qui les dépasse, les écrase. 

Chasser l’irréel, il revient au galop

« Le réel, ce sont des menaces nouvelles à nos frontières qui appellent des dépenses militaires à la hauteur des enjeux stratégiquesdes capacités nucléaires iraniennes simplement endommagées… les souffrances infligées à Gaza… la progression des troupes russes en Ukraine… des surcapacités chinoises qui font courir un danger de mort à nos industries…

La vocation de la France est de rassembler les forces européennes au service d’un travail politique et diplomatique qui seul donnera des résultats durables. Ce combat, elle doit le mener en convainquant ses partenaires européens de sortir de leur fascination infantile pour des États-Unis qui nous ont clairement signifié, de Barack Obama en passant par Joe Biden, notre congé du monde. Tant que les Européens verront dans le président américain un « Papa », ils resteront des enfants…

Les choses bougent… Mais tout va encore trop lentement. Tout est trop faible. Donc : arrêtons de regarder le show, défendons nos intérêts vitaux… Il est temps que les Européens se comportent en adultes, élargissent leurs alliances à de nouveaux partenaires, rassemblent leurs forces économiques, financières, scientifiques, qui sont immenses… ».

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La vocation de la France est de lutter contre la distraction du monde. Le show perpétuel de Donald Trump est opportuniste et erratique. Il fait un mauvais usage de l’impressionnante domination militaire et technologique des États-Unis – car il crée du désordre plus qu’un nouvel ordre. Aucune nation européenne ne peut le suivre sur ce terrain. Le réel reprend toujours ses droits. Il nous appartient de le prendre en main. Vite, et fort ». Quand les borgnes sont franchis…

Yakafocon. Un vide sidéral, l’anaphore hollandaise, les antiennes de circonstance, des incantations macroniennes, flottent dans un court-bouillon de truismes. Aucune proposition concrète, originale, réaliste pour sortir de l’ornière. La vérité, Bruno, tu nous fais de la peine ! Comment un politique galonné, énarque, major de l’agrégation de Lettres modernes, peut-il aligner autant de platitudes, être aussi naïf et superficiel ? La cerise sur le gâteau de yaourt ce sont les 7 ans, 4 mois et 4 jours que Bruno Le Maire a passé à la tête du ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique. Les délices de l’hétérotélie : Coué qu’il en coule, La Vérité si je mens.…

La réalité dépasse l’affliction   

« La vocation de la France, fille aînée des Lumières, est de regarder ce réel en face ». Le ministre se suce la langue et oublie Héraclite. Ni le soleil, ni la mort, [ni la vérité, en France] ne peuvent se regarder en face. La vérité, c’est que nos politiques prennent les mots pour des faits, que Marianne a passé l’âge des vocations, des Lumières, des miroirs, du réel et du rimmel. Chaos debout, dé(cons)truite, aux outrages, elle s’en va, à crédit, à vau-l’eau. Les Regrets, mensonges et naïvetés ne changent rien à l’affaire. Marianne se meurt, Marianne est morte.

Le réel, c’est un pays en pleine crise de nerfs, gangréné par les rezzous sociaux, le communautarisme, l’islamo-hystéro-trotskysme attisés par Dominique de Mélenchon de Villepinte, le bateau ivre d’une dette colossale, les clapotements furieux des monnaies, une industrie en cessation des paiements, toujours plus d’impôts, le recrutement d’un million de nouveaux fonctionnaires depuis 25 ans, alors que l’on prétend assainir les finances publiques.

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Le réel, c’est l’écroulement de notre système éducatif, l’école des fans de Bourdieuseries, les consignes aux correcteurs du Brevet et du Bac pour maquiller le naufrage. C’est la Culture minée, non par les coupes budgétaires, mais par la nullité de ses ministres, les batailles d’Hernani.que, les Franciscains de Cour d’Honneur, avides de présidences, prébendes et subventions. Ce sont les apparatchiks de l’audiovisuel public, planqués dans leur roue de fromage avenue du Président Kennedy, qui reniflent et pourchassent le réac dans l’attente du Grand Soir. C’est le Chant des Partisans du Festival de Cannes, les rentiers des avances sur recettes, Fédayins Bella Ciao sous contrat Lancôme. Une pierre à la main ils guettent le sommet, de l’autre ils font l’aumône. Leurs aides de géant les empêchent de voler.

Le réel, hors-les-murs, dans le concert des nations, c’est la France et l’Europe qui dégringolent de la Champions League en National 3, en une décennie. Notre congé du monde, personne ne nous l’a signifié. Il était acté, logique, attendu. Il ne faut ni accuser, ni rien attendre des Yankees, des Chinois, des Russes, d’alliances imaginaires, alliés lilliputiens. Les défaites ne sont jamais étranges. Les Européens, les Français, leurs élites, Bruno Le Maire, sont seuls responsables de nos malheurs. Depuis cinquante ans, ils vivent hors-sols, dans les illusions, bons sentiments, la Com, la politique du chat crevé au fil de l’eau. Au royaume des belles idées, les faits n’ont pas d’importance. « Le plus grand dérèglement de l’esprit c’est de croire les choses parce qu’on veut qu’elles soient et non parce qu’on a vu qu’elles sont en effet » (Bossuet).

Bruno Le Maire en appelle au réel. La vérité, c’est qu’il le craint et l’esquive. La vérité c’est que le réel Bip Bip a dépassé et cornérisé Bruno Coyote. À bout de souffle, en suspension au-dessus du précipice, le Canis latrans gesticule, mouline des jambes pour essayer de retarder le moment fatal, le crash tout au fond du ravin. That’s all folks ! Bercy patron.

La voie française

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[1] https://www.lefigaro.fr/vox/monde/bruno-le-maire-la-france-doit-cesser-d-etre-un-figurant-du-show-perpetuel-de-donald-trump-20250703

Tour (de ou en) France : plus qu’un pinaillage sémantique

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Cette 112e édition du Tour de France qui s’est élancée samedi à Lille – et qui a donné lieu à une aussi surprenante que tendue première étape, usante mentalement pour bien des coureurs (voir encadré : Une première étape qui promet) – ne fera aucune incursion à l’étranger, contrairement à une tradition séculaire bien ancrée.


Le dernier confinement du Tour à l’intérieur de ses frontières naturelles remontait à seulement 2020 – c’était pour cause de Covid et il s’était disputé en septembre et non juillet – jusqu’alors, ses fugues hors de celles-ci étaient systématiques.

Bien que 100% hexagonal cette fois-ci, est-ce que le Tour mérite encore d’être dit « DE » et non « EN » France et, dans ce cas, le mot tour prenant le sens de virée ? Il ne s’agit pas d’un simple et futile pinaillage sémantique.

À peine née, la Grande Boucle a manifesté une appétence certaine pour l’étranger au point de devenir atavique. Cette internationalisation l’a conduit à ne plus visiter des pans entiers du territoire national au point que son parcours se réduit désormais à ne fréquenter en règle générale qu’une moitié de la France en alternance, une année l’est, l’autre l’ouest, ou un grand sud, négligeant le plus souvent le nord. Les Alpes et les Pyrénées restent cependant incontournables car sans elles il ne serait plus ce qu’il est : une épopée populaire que rien n’érode, notamment les scandales liés au dopage.

Quand l’Alsace-Lorraine était allemande

En tout, dans son histoire, le Tour cumule 188 escapades hors frontière, certaines pouvant aller jusqu’à trois étapes, comme ces trois dernières années, en 2022 au Danemark, en 2023 en Euskadi (Pays basque espagnol) et en 2024 en Italie. La prochaine édition s’élancera de Barcelone et la suivante d’Édimbourg. Ainsi ce retour à la mère-patrie n’aura été qu’un intermède…

Sa première incursion à l’étranger date de 1906 alors qu’il n’avait que quatre ans d’existence. Son créateur, Henri Desgranges, était ce qu’on dirait aujourd’hui un souverainiste de droite. Depuis 1871, l’Alsace et la Lorraine étaient allemandes. Ce qu’il n’acceptait pas. Pour marquer symboliquement qu’elle était française, il fera parcourir au peloton 70 km en territoire annexé. Les quatre années suivantes, Metz, sous tutelle germanique, sera même ville étape. Il est surprenant que Berlin ait autorisé cette manifestation d’irrédentisme affichée. Le Tour ne reviendra en Allemagne qu’en 1964 pour célébrer le traité de réconciliation entre les deux pays signé l’année précédente.

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Le Tour a toujours entretenu un discret concubinage avec la politique. Ainsi, en 1992, pour célébrer la signature du traité de Maastricht, bien que parti de Saint-Sébastien, au prix d’un long transfert, il traversera les six pays fondateurs de l’Europe (France, Belgique, Pays-Bas, Allemagne, Luxembourg et Italie). L’Espagne avait adhéré sept ans plus tôt à l’Union européenne.

En 1994, les quatrième et cinquième étapes seront courues en Angleterre à l’occasion de l’inauguration du canal de la Manche. Vingt ans plus tôt, le Tour y avait fait une incursion d’une journée, le temps de disputer une boucle autour de Plymouth. La Grande-Bretagne avait adhéré à l’Union européenne l’année précédente. Enfin, en 1998, il se rendra en Irlande, le dernier membre de l’Europe où il ne s’était encore rendu, scellant de la sorte sa prétention à être autant européen que français.

Un détour au pays de Franco

Mais le pays qui a eu sa prédilection, c’est la Belgique. Il l’a visitée 50 fois (soit presque la moitié des éditions), vient ensuite la Suisse 37, puis l’Espagne 23. C’est en 1949 qu’il a pour la première fois franchi les Pyrénées malgré un franquisme à son apogée. Avec 18 visites, l’Allemagne ne vient qu’en quatrième position, et ce en dépit de l’amitié entre les deux pays.

En même temps, la Grande Boucle n’a pas boudé les micro-états. Le Luxembourg l’a accueillie à neuf reprises, Monaco à sept, Andorre à six, et San Marin une fois, l’an dernier. Ne manque que le Liechtenstein.

La vocation européenne du Tour est devenue patente dès 1947, après une interruption de sept années due à la Seconde guerre. Pour cette reprise, la deuxième étape s’est terminée à Bruxelles et la troisième à Luxembourg. Il reviendra en Belgique chaque année jusqu’en 1972, ce qui a frisé l’annexion.

Cette vocation sera confortée en 1954, avec le premier départ de l’étranger, à Amsterdam. Depuis il a renouvelé l’expérience 26 fois, soit un départ sur quatre et cette tendance s’accélère tant la demande des pays voisins (voire lointains comme ce fut le cas avec le Danemark) à accueillir cet événement est forte. La raison en est simple : le Tour est retransmis dans 190 pays, autrement dit dans toute la planète, l’ONU comptant 193 membres. Il y a une bonne décennie, il fut même question qu’il parte de New York.

Ce n’est pas notre faute si la France a une situation géographique exceptionnelle…

Cette européanisation, à la différence des deux autres grands tours, le Giro et la Vuelta, a été favorisée par la situation géographique de la France qui est entourée de huit pays si on compte l’Irlande et la Grande Bretagne, à la différence des deux autres qui ne partagent respectivement que trois et deux frontières.

La conséquence s’est immanquablement répercutée sur le parcours. Le Tour n’épouse plus les contours de l’Hexagone depuis le milieu des années soixante. Et l’édition de cette année est la quintessence de cette logique évolution. Son itinéraire se résume à une diagonale nord-sud avec un crochet à l’est pour ne pas faire d’infidélité aux Alpes. Les villes à la fois arrivée et départ ont disparu. Dès lors la journée d’un coureur commence par un transfert en bus vers la ville départ… Nous y reviendrons.

Cette internationalisation géographique s’est aussi accompagnée d’une forte internationalisation humaine. Nous y reviendrons aussi un peu plus tard, notamment lorsque nous évoquerons les raisons qui font qu’aucun Français ne l’a remporté depuis la victoire de Bernard Hinault il y a 40 ans. Au départ de Lille, vingt-sept nationalités y étaient représentées. Avec 38 coureurs, 20% de l’effectif, la France disposait du plus fort contingent mais aucun vainqueur potentiel.  

Sur la piste du vrai Indiana Jones: Voyage au bout d'un mythe

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Une première étape qui promet
Cette première étape du Tour, une boucle de 184,9 km autour de Lille, n’a pas été une formalité. Certes la victoire est revenue comme prévu à un sprinteur, le Belge Jasper Philipsen, 28 ans, de l’équipe Alpecin-Decenninck, emmené de main de maître par le petit-fils de Raymond Poulidor, Mathieu Van der Poel, et premier maillot jaune.
L’équipe de Jonas Vingegaard, Visma-Lease a bike, a annoncé la couleur d’emblée : elle est venue pour gagner et mener la vie dure à ses rivaux, notamment Tadej Pogacar. Second l’an dernier, Vingegaard a été « plein d’audace », comme l’a écrit L’Equipe. D’entrée de jeu, il a été offensif, provoquant un premier écrémage et il a rendu la course particulièrement stressante et tendue nerveusement.
A 17 km, profitant d’un vent soutenu de côté, avec ses équipiers faisant preuve d’une solide cohésion, il a provoqué une bordure qui a relégué à 39 secondes, le troisième favori, le champion olympique Remco Evenepoel, ainsi que quelques outsiders comme Primoz Roglic, João Almeida, Carlos Buitrago.
« Oui, on s’est fait piéger, a dit Evenepoel. Ce n’est pas rédhibitoire. Le Tour est long ». Certes 39 secondes, ce n’est pas beaucoup. Mais mieux vaut les avoir à son actif qu’à son débit. Peut-être pourra-t-il les récupérer lors du premier contre la montre de Caen.
A cause de sa nervosité, cette première étape a été d’emblée marquée par deux abandons sur commotion après chute, ceux de l’Italien Ganna (Ineos-Grenadiers), un dur à cuire, et du Suisse Stefan Bissegger (Décathlon-Ag2R). Et aussi par la chute cocasse de deux Français, Benjamin Thomas et Mattéo Vercher, se disputant lors de la seconde difficulté le prix du meilleur grimpeur au sprint qui est revenu au premier des deux.
Quant au jeune prodige français dont on attend beaucoup, Lenny Martinez, pour une raison inexplicable, il a terminé dernier à plus de 9’11’’. Ce qui aura très certainement comme conséquence de le priver d’un top 10 auquel il pouvait aspirer pour sa première participation • RU

Racisme antiblanc: à quand un débat entre Jean-Pascal Zadi et François Bousquet?

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Le racisme anti‑Blancs demeure un sujet controversé pour certains: reconnu par une partie de l’opinion, il serait limité à des actes individuels et non assimilés à une forme de racisme structurel selon la gauche. L’acteur Jean-Pascal Zadi reconnaît certes que « certains Blancs peuvent être victimes d’insultes ou d’agressions liées à leur couleur de peau », mais cela n’est pas du racisme au sens systémique selon lui: « c’est de l’hostilité ».


Le racisme antiblanc existe si peu que même les saltimbanques s’empressent d’en nier l’existence. Cette fois-ci, c’est Jean-Pascal Zadi qui s’y est collé. Pour vendre son nanar sur une expédition spatiale africaine, Le Grand Déplacement – une sorte de Black Panther made in France, sans super-pouvoirs, mais avec toutes les obsessions racialistes –, il a fait la tournée des médias et des popotes. Le 27 juin, France Info a cru bon de l’interroger sur le racisme antiblanc. Jean-Pascal Zadi a alors pris la pause d’un Frantz Fanon de banlieue et nous a expliqué doctement que « le racisme antiblanc n’existe pas », que c’est une « hérésie » et qu’insulter ou molester un Blanc, c’est – au mieux ou au pire – de l’« hostilité ».

À ce stade, on n’est plus dans la dénégation, mais dans l’inversion. Un néo-suprémacisme décomplexé. Passons sur le fait qu’il n’y a pas loin de l’hérésie au bûcher et de l’hostilité (hostis, l’ennemi en latin) à la guerre. Jean-Pascal Zadi ne pense pas, il régurgite. C’est la voix off de l’idéologie officielle financé par l’argent public. En bon perroquet du prêt-à-penser décolonial, il rabâche les mantras qui font le quotidien des universités, des salles de rédaction et du « wokisme de salon ».

Jean-Pascal Zadi ferait mieux de lire l’enquête de François Bousquet sur le racisme antiblanc : quarante témoignages bruts, crus, à fendre l’âme, dont celui d’un métis, insulté pour sa moitié blanche.

Ce racisme a tellement peu droit de cité qu’il a fallu attendre 2025 pour qu’un journaliste ose enfin donner la parole aux victimes, qui, jusque-là, n’avaient que le droit de se taire et d’encaisser. Ce livre, c’est l’anti-Zadi : il ne moralise pas, il constate – et ce qu’il constate est effrayant.

On suit les témoins de Bousquet à Bobigny, aux Ulis, à Évry, aux Mureaux, dans les quartiers chauds de Lyon ou de Marseille, jusque dans les replis de l’Isère. On se pince pour y croire, tant ce racisme quotidien s’exprime à l’école, dans les stades, dans les bus scolaires, avec une régularité mécanique qui aurait dû interroger les universitaires, les journalistes et les politiques. Pas un jour sans une insulte. Pas une semaine sans une agression. Et toujours le même silence.

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Qu’est-il arrivé à la France pour que, sur son propre sol, la haine antifrançaise soit devenue un sport collectif et le cri de ralliement d’une immigration extra-européenne en rupture de filiation ? « Sale Blanc », « Putain de gwer », « Sale Français » : les insultes pleuvent et les coups suivent. Rackets, humiliations, crachats – avec en prime la morale inversée : la victime doit presque s’excuser d’exister.

Le plus tragique dans cette affaire ? Les agresseurs sont français, mais seulement de papier. Leur carte d’identité dit « République française », mais leur loyauté est ailleurs : tournée contre elle. Ce n’est pas un conflit d’appartenance, c’est une déclaration de guerre intérieure. La France n’est pas tant colonisée que congédiée de l’intérieur. Elle vit un divorce unilatéral. On lui parle dans sa langue, mais pour mieux l’injurier.

Alors, oui, Jean-Pascal Zadi, c’est du racisme antiblanc. Lourd, massif, répété. Une lame de fond qui ne dit pas son nom, parce qu’on l’interdit de parole. Et c’est justement parce qu’on nie ce racisme qu’il acquiert un caractère systémique. Parce qu’il est systématiquement nié, il est tacitement toléré. Et parce qu’il est toléré, il est en réalité autorisé.

François Bousquet le martèle : nier ces violences, c’est déjà y consentir. Ce n’est pas de la neutralité, c’est de la complicité molle. Ceux qui ferment les yeux acquiescent à ce qu’ils refusent de nommer. Ils pourraient dire comme Georgina Dufoix au temps du sang contaminé : « Responsables, mais pas coupables » ! C’est exactement cela. Ils n’insultent pas, mais ils relativisent. Cela fait d’eux les garants respectables d’une violence inavouable, qu’ils rendent possible à force d’en nier l’existence.

Voilà où conduit, cher Jean-Pascal Zadi, la négation du racisme antiblanc : dans le confort capitonné du mensonge idéologique. Lisez, toute affaire cessante, l’enquête de François Bousquet. C’est la France réelle, pas celle des plateaux où, désormais, vous vous complaisez.

Et osez un débat avec lui. On verra alors qui pense, qui fuit, qui récite. On parie que vous déclinerez. Vous n’avez pas l’habitude d’être contredit, surtout pas par les faits. Mais qui sait ? Vous pourriez en sortir grandi. Ce serait votre premier vrai rôle. Il n’est jamais trop tard.

Le racisme antiblanc: L'enquête interdite

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Des nouvelles d’Oncle Bernie

Durant cet été, Monsieur Nostalgie poursuit sa galerie de portraits d’écrivains vivants dont l’œuvre tend à disparaître dans les milieux autorisés. Cette semaine, il nous parle de Bernard Chapuis, 80 ans, journaliste d’élite des salles de rédaction et écrivain de l’enfance en demi-teinte…


J’ai fait la découverte de Bernie, voix nasillarde et cheveux ondulants, mi-sérieux, mi-godelureau, faussement sage, l’œil rieur, sur le plateau d’Apostrophes en 1987. Bernard Pivot avait intitulé son émission « Qualité France » et invité des représentants du génie cocardier, toutes disciplines confondues. Michel Platini était assis à côté d’André Brunelin, le biographe de Jean Gabin et face à Yvan Audouard, le thuriféraire de Pagnol à l’accent chantant, le numéro 10 évoqua, ce jour-là, l’agression de Battiston. Raymond Peynet se souvenait que ses amoureux étaient nés de son imagination au temps vert-de-gris de la ligne de démarcation. L’assemblée était un joyeux bazar. Un duo d’auteurs composé de Bernard Chapuis et d’Ermine Herscher était venu présenter leur beau livre Qualités – Objets d’en France paru aux éditions du May, 116, rue du Bac, Paris 7ème arrondissement.

Ils avaient recensé pas moins de 74 objets usuels qu’ « un homme ou une femme possède ou a possédé au moins une fois dans sa vie ». Cet inventaire à la Prévert démarrait par les pâtes alphabet Rivoire et Carret et se terminait par la clé Facom. Une vraie féérie ménagère à la nostalgie Manufrance défilait sous nos yeux, la culotte Petit Bateau, le petit-beurre Lu, le cachou Lajaunie, la cocotte Seb ou la sardine Rödel. Cohabitaient dans cet ouvrage rehaussé par les photographies de François Boissonnet aussi bien le béret basque que les mocassins Weston fabriqués à Limoges, le bas Dim jetable que le carré Hermès successoral. Le verre Duralex, toujours attaché à sa terre du Loiret, n’était pas oublié dans cette liste. On apprenait que Guy Cotten avait fondé avec sa femme Françoise leur société à Concarneau qui allait bientôt populariser le ciré jaune à travers toutes les mers du monde. Et que le poêle Godin délivrait alors une chaleur de 6 500 W ; « chargé de bois ou de charbon [du] soir à vingt-deux heures jusqu’à huit heures le lendemain matin ». Autant d’informations précieuses pour mieux connaître son pays et activer la création littéraire. J’ai toujours estimé que cette série de livres sur les objets était plus que nécessaire au paquetage d’un écrivain en détresse qu’un Lagarde et Michard. À la fois comme source d’inspiration, fertile au roman et comme cadre de pensée. L’objet est ce mystère permanent au cœur des connexions humaines. Il est susceptible de refaire surface, une décennie plus tard.

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Ainsi, Bernard Chapuis qui avait interviewé Coluche quelques années auparavant, décrivait en 1987 le succès de la salopette Adolphe Lafont entre le quart Perrier et le K-Way. L’humoriste mort une année plus tôt avait porté une salopette bleue à rayures blanches lors de son premier sketch en 1974. La collection des éditions du May s’exporta par la suite, les objets italiens furent notamment préfacés par Fellini, Bernard Rapp s’intéressa à l’Angleterre dans Objets d’en Face et le couple Labro nous donna des nouvelles d’Amérique. Plus tard, beaucoup plus tard, je revis Bernard Chapuis pousser la chansonnette chez Ruquier à la télévision lors d’une tournée de promotion ou en acteur d’appoint dans les films de Pascal Thomas. En 1987, le collégien attiré par les foudres de la presse écrite que j’étais, avait été bluffé par le CV du personnage. Les salles de rédaction semblaient être son habitat naturel. Il avait épuisé sa pointe Bic Cristal (pages 72-73) dans tous les journaux de la capitale, à Elle, Combat, en tant que chef de service « Enquêtes et reportages » au Quotidien de Paris, au Canard Enchaîné, au Nouvel Observateur, à VSD, à l’Événement du Jeudi ou à la direction de la rédaction de Vogues Hommes.

J’aurais rêvé de déclarer à une conseillère d’orientation qui m’incitait à m’engager dans une carrière commerciale ou juridique : « plus tard, madame, je serai billettiste ». Car Bernard Chapuis s’était fait connaître comme billettiste au journal Le Monde. Né en 1945 à Alger, Bernard Chapuis était un « cumulard ». Il avait écrit des centaines d’articles et publié des romans principalement chez Stock (L’année dernière, La Vie parlée, Vieux garçon, Le Rêve entouré d’eau), qui lui valurent quelques prix de prestige (Nimier, Freustié, Deux Magots). Je m’étais même procuré son Terminus Paris aux Éditions Les formes du secret, 102, boulevard de la Villette, Paris 19ème arrondissement.

En ce début d’été, il faut relire ce vieux garçon plein de charme et de malice dont les romans « parisiens » sont des bulles de champagne légèrement éventées qui oscillent entre tristesse d’instinct et douce fantaisie, ils retiennent le parfum d’un monde oublié. Chapuis est comme Modiano, un homme de la petite ceinture au passé carafé.

Terminus paris

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La vie parlée (Roman)

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Simon sauvé des eaux tièdes

Michel Simon est mort il y a cinquante ans. Derrière sa gueule épaisse se cachait un être d’une rare sensibilité. Un acteur unique, le plus grand de tous les temps, selon Sacha Guitry, qui surmontait ses angoisses par une boulimie de travail (150 pièces, 140 films), un amour de la nature, et un penchant notable pour la pornographie.


Je dois avoir 10 ans. Je me promène avec mon oncle dans une rue de Noisy-le-Grand. C’est la banlieue tranquille avec le chant des oiseaux et des pavillons en meulière. Au bout de cette rue, il y a une grande demeure avec des cris de singe, de grands arbres et une sorte de jardin d’hiver avec une immense verrière aux vitres brisées. Devant la porte, une silhouette voûtée dans un pardessus crème, une drôle de tête couronnée d’une crinière de lion. Mon oncle le salue. L’homme lui répond d’une voix chevrotante. Il tient à la main un filet à provisions percé. Mon oncle me dit à l’oreille que c’est Michel Simon, un grand acteur. L’image s’incruste dans ma mémoire. Un acteur, pour moi, ressemblera toujours à Michel Simon.

C’est ce qu’on appelle un monstre sacré ; peut-être le plus grand acteur de tous les temps, pour reprendre le jugement de Sacha Guitry, son ami. Il est mort il y a cinquante ans. La maison qu’il habitait avec ses animaux, surtout Zaza, sa guenon, qu’il habillait comme un humain et qu’il emmenait au théâtre, le parc où l’herbe ignorait la tondeuse, sa bibliothèque aux trois mille livres, cette maison-refuge a été rasée. Son fils, François, avait pris la décision de s’en séparer. Il mourut quelques jours plus tard, me confiera l’acteur Maurice Baquet, voisin de Simon. Cette maison, c’était La Cerisaie, tout finissait par s’en aller.

Il aimait la nature car elle le préservait des hommes et de leurs manigances. Ça a un côté rousseauiste. Normal, il est né le 9 avril 1895, à Genève, dans la grand-rue, en face de la maison natale du philosophe. Ses parents sont charcutiers. Lui, l’amoureux des animaux, ils l’envoient travailler aux abattoirs de Genève, où il doit les achever avec un poinçon. Il confesse : « Pendant un an, j’ai assassiné des bêtes. » C’est un mauvais élève, il fait rire ses camarades. Les traits de son visage sont épais. La grâce, il la possède pourtant, dans le regard, mais personne ne la voit. Il en rajoute. Il est frustré, car il veut être le dernier de la classe ; or il est avant-dernier. Il y a toujours un camarade absent, il parvient à lui piquer la place dont il rêvait. C’est un provocateur, râleur, détestant l’ordre. Un jour, il dit, d’une voix malicieuse : « Je n’aime pas les leçons, elles ne servent qu’à violenter les natures. » Il devient soldat. Il connaît le cachot humide. Il sort de cette aventure tuberculeux et antimilitariste. À 17 ans, il est à Paris. Il crèche près de la porte Saint-Martin. Il finit d’être éduqué par des truands. Il s’éprend d’une prostituée, Jeanne. Il en parlera toujours avec tendresse. Pour elle, il refuse d’aller tourner à Hollywood. Elle lui fait découvrir les plaisirs de la chair et de la lecture. Il lit les enquêtes de Nick Carter et dit : « Son auteur a fini fou. Ce n’est pas à la portée des Goncourt. » Son humour l’aide à gommer la laideur de la vie. Il dévore Messieurs les ronds-de-cuir, de Courteline. Lucide, il déclare : « Ce livre préfigurait les grands conflits mondiaux. Du reste, ça se termine dans un cimetière. C’est l’œuvre d’un prophète. » Rabelais lui enseigne l’irrespect ; Aristophane, le désespoir. À propos de Céline, dont il a enregistré Voyage au bout de la nuit, il dit : « Lui, c’est un homme. Les autres n’ont pas d’idées tranchées. Ils pensent à leur clientèle. C’est difficile de trouver un homme en littérature. » Il déteste Descartes. « La logique, c’est absurde », lance-t-il. Il est tour à tour boxeur, photographe, danseur, acrobate, puis comédien, remarqué par Georges Pitoëff, genevois comme lui. Sa carrière est lancée, avec des hauts et des bas. Au total 150 pièces et 140 films.

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Tiens, là, il discute avec Jean Renoir, qui lui a offert ses plus beaux rôles – La Chienne ; Boudu sauvé des eaux –, ils sont dans une guinguette, ils ont picolé. La caméra tourne. Michel dit qu’il n’a jamais trouvé la rue du Conservatoire. Fou rire. Pour Boudu, dont il fut producteur, il rappelle qu’il a failli couler. Le film fut interdit au bout de trois jours. Motif : Boudu mange des sardines à l’huile avec les doigts et s’essuie sur les rideaux. On peut violer la morale, mais le bourgeois ne supporte pas qu’on touche à ses tentures. C’est un instinctif qui offre au personnage le petit « truc » génial – l’interprétation du farfelu Jules dans L’Atalante de Jean Vigo l’atteste. N’a-t-il pas déclaré : « Lorsqu’on chasse le naturel, il ne revient pas toujours. »

Cet angoissé tient en respect sa folie en tournant sans cesse ; c’est aussi un pornographe notoire – sa collection de treize mille pièces, photos et objets érotiques variés dont des godemichets spectaculaires, est légendaire. Il pose nu avec des prostituées, dans des scènes de sexe crues, se travestit. Il sait que l’homme est mauvais, ça le sauve. En 1940, on l’accuse d’être juif, en 1943 d’être communiste, en 1944, on le dénonce comme collabo. Il encaisse. Comme il encaisse les séquelles d’une teinture pour les cheveux qui lui attaque le visage et le cerveau. Il souffre de vertiges, ne peut plus articuler, confond les couleurs. Il met huit ans à s’en remettre. Mais l’homme est solide. Il retrouve le chemin du succès. On dit qu’il ne connaît pas son texte. Dans Drôle de drame, il bluffe pourtant Louis Jouvet, qui déclare : « Il se promenait dans son texte avec volupté. » En 1957, c’est la fin de sa carrière de vedette. On ne veut plus l’assurer, sauf Abel Gance. Cela lui permet de tourner encore quelques grands films dont Le Vieil Homme et l’Enfant, de Claude Berri. Il prend des risques car il joue un antisémite dans un long-métrage dénonçant l’antisémitisme. Le film sera récompensé à Berlin et interdit de projection à Cannes.

Dans la plupart de ses rôles, ce misogyne faussement solitaire déborde d’humanité. L’acteur à la voix si particulière et à la tête démoniaque meurt le 30 mai 1975. Bertrand Blier lui avait proposé un rôle dans Les Valseuses. J’aurais bien aimé voir Depardieu donner la réplique à cet immense comédien qui travaillait sans filet.

Farniente architectural, un paradis perdu

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Natif de Saumur, sorti diplômé de l’école Boulle puis des Arts décoratifs avant d’intégrer l’institut d’Urbanisme de Paris, Henri Quillé (1928-2018) reste un architecte étrangement écarté du panthéon moderniste. En 1962, l’homme découvre l’île alors la plus secrète des Baléares : Formentera. Etabli à Meudon (où il réalise avec l’Atelier 12 le superbe ensemble Les Pierres Levées, dans le quartier de Bellevue, restauré avec soin voici cinq ans), il quitte définitivement la capitale en 1972 pour s’installer à Formentera, où il fait l’acquisition d’une bâtisse vernaculaire, à toit plat, isolée dans la cambrousse, « d’une géométrie simple qui lui confère un charme poétique, reflet de l’art de vivre méditerranéen : une ambiance intérieure faite d’ombre sur les murs chaulés, contrastant avec une forte luminosité extérieure » […] « Sa maison devient le laboratoire de sa démarche ».  Jusqu’en 2004, il multipliera les projets sur l’île, avant de quitter définitivement, en 2010, ce havre de paix désormais arraisonné par le tourisme de masse. Rentré à Paris, il y meurt huit ans plus tard.

À bonne école

Les monographies de chez Norma sont décidément en prise avec l’air du temps. Ainsi par exemple, accompagnant l’exposition qu’avec son flair habituel lui avait consacré Francis Rambert cet hiver à la Cité de l’architecture et du patrimoine (Palais de Chaillot), l’œuvre de Philippe Prost, lauréat en 2022 du Grand Prix national de l’architecture, était-elle célébrée à bon escient : à peine clôturée l’exposition que Prost, hasard malencontreux du calendrier, était, le 27 mars dernier, avec le paysagiste Bruel Delmar, proclamé vainqueur du concours pour le réaménagement de la place de la Concorde. Certainement le moins mauvais choix entre les candidats à ce concours : les travaux que Prost a conduits, à Belle-Ile en Mer tout particulièrement, témoignent d’un authentique respect pour le patrimoine, les vieilles pierres et le paysage. Va-t-il épargner la Concorde du massacre ? C’est vraisemblable. Son projet ne casse ni l’ordonnancement, ni les symétries ni les continuités, réduisant l’emprise de la circulation automobile, mais sans rompre l’harmonie des voies et de ses perspectives, sous prétexte de « végétaliser » à tout prix.  

A lire aussi, Jonathan Siksou: Place de la discorde

Pour en revenir à Quillé, de l’écologie urbaine à l’écologie rurale ne prévaut qu’une seule et même logique, au fond : le respect, la préservation, la valorisation de l’identité traditionnelle du site. Quillé a été à bonne école : dès les années 1960, il s’est lié avec Ricardo Porro, un des quatre architectes des extraordinaires Escuelas de Arte de La Habana –  sans doute l’unique vestige architectural dont pourrait se targuer la sinistre Révolution castriste (que Porro ne tardera pas à fuir, d’ailleurs, pour s’exiler en France et y poursuivre une estimable carrière jusqu’ à sa mort en 2014)…  

Précurseur, Quillé implante dès les années 1960 dans sa maison paysanne les premiers panneaux solaires sur le marché, tout en réunissant des artisans locaux pour imprégner de leurs savoir-faire ancestral ses « maisons organiques » faites de textures brutes, et qui combinent avec une grande élégance lignes courbes, volumes cylindriques, géométries cubiques. Dans les années 1970, une série fait système : dans les pas d’un Le Corbusier, dépourvue de cette prétention rationaliste totalitaire propre à la fameuse « machine à habiter ». Autosuffisantes au plan énergétique dès le seuil des années 1980 !

Lui-même navigateur, Quillé a l’expérience des espaces restreints, d’où l’idée de ces « maisons minimum », en parallèle à des programmes plus ambitieux en termes de taille mais aussi de composition plastique, telle la maison Sandretto (1994), dont une photo illustre la couverture du présent ouvrage – on dirait du Chirico. La maison-atelier construite en 1977 pour le peintre Erro en bordure de la côte nord de l’île était déjà un bel exemple de cette esthétique épurée, qui se déclinera en maints projets réalisés pour d’autres artistes ou entrepreneurs, tel ce « PF-70 », commande de Pietre et Angela Fedell, ou ce «  KG-74 » destiné aux Grohe, cette famille d’industriels allemands à qui vous ne manquez pas de rendre grâce chaque jour en saisissant votre pomme de douche…

Tour du propriétaire

Synergie avec l’environnement, ventilations, simplicité, confort, optimisation des systèmes se retrouvent dans tous les édifices qui essaiment bientôt dans le paysage insulaire –  maisons Valentin, Reiman, Pamela, Dobo, Di Meo, en passant par celle conçue pour l’architecte et urbaniste Raimon Torres, et jusqu’à cette petite maison habillée de pierres, qu’ Andrea Fiorentino réclamera pour lui seul quand il met sa maison principale en location. Un des joyaux tardifs de cette œuvre singulièrement méconnue reste sans aucun doute la vaste demeure bâtie dans les années 1990 pour Giberto Sandretto, un industriel italien, dans la partie la plus étroite de Formentera, à Es Calo, au pied de La Mola, sur un terrain qui descend en pente vers la mer.

A lire ensuite, Thomas Morales: Dans la caravane

De cette diversité, mais aussi de cette continuité remarquable, rendent compte ici photos anciennes, en noir et blanc le plus souvent, alternant avec des photos récentes en couleur, certaines en pleine page, mais également des photos aériennes, des prises de vue des aménagements intérieurs, des plans d’architecte… au fil de ce très « beau livre », dont les pages en papier mat, d’une belle épaisseur texturée, présentent un luxe inhabituel.

Sous la direction de cet homme d’entregent et spécialiste des arts décoratifs du XXème siècle qu’est Guy Bloch-Chamfort, assisté de l’architecte Sophie Cambrillat et de Tanit Quillé, fille d’Henri Quillé et elle-même architecte dépositaire de la mémoire de l’œuvre de son père au sein d’une association dédiée dont elle est présidente, l’ouvrage se présente comme une « visite du propriétaire » : attentive à analyser dans son détail, étape par étape et de site en site, l’exemplarité de chaque édifice. Formentera, au temps du farniente sans la foule. Encore un paradis perdu, –  un de plus ?   

A lire :

Henri Quillé. Formentera, par Guy Bloch-Champtort, Sophie Cambrillat, Tanit Quillé. Norma éditions, 224p. 2025. (texte bilingue français espagnol)

Henri Quillé: Formentera

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Philippe Prost, architecte. La mémoire vive, sous la direction de Francis Rambert. Norma éditions, 195p. 2024

Philippe Prost, architecte: La mémoire vive

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Défonce sans frontières

Bienvenue au centre de rétention du Canet, où des délinquants multirécidivistes venus du Maghreb attendent mollement une expulsion qui ne viendra jamais, en se battant pour des cachetons.


Le 23 avril, le contrôleur général des lieux de privation de liberté, rôle confié par Macron à Dominique Simonnot, ancienne journaliste de… Libération et du Canardenchaîné, a rendu public un rapport sur le centre de rétention administrative du Canet à Marseille. La clientèle: 125 hommes, déjà tous connus et poursuivis et rattrapés pour « troubles à l’ordre public », dont 63 Algériens, 27 Tunisiens et 11 Marocains, au total 20 nationalités représentées. Qui, en attendant une hypothétique expulsion, se tapent dessus. Le rapport évoque « les violences qui sont nombreuses entre retenus ». Une agressivité qui est due au manque, pas le manque de liberté, mais le manque de drogue… car la majorité des « retenus » est accro, pas à la coke ou à l’héro, mais aux drogues du pauvre, des médicaments bon marché comme la prégabaline et le tramadol qui, pris à haute dose, ont fini par leur taper sur le système… Incorrigibles, ils refusent pourtant de suivre les traitements de sevrage que l’équipe médicale leur propose.

À lire aussi, Patrick Eudeline : Un peuple de junkies: antalgiques, somnifères, neuroleptiques, opioïdes…

En France, le tramadol et la prégabaline sont en effet délivrés uniquement sur ordonnance. D’où un marché noir pour ravitailler les narco-migrants. À Nantes, le procureur de la République précise que les trois dernières années, 94 procédures pénales ont été dénombrées, « portant sur du trafic de prégabaline ou des agressions commises sous l’effet de cette substance ». Nantes, où un médecin de 61 ans, jusqu’ici toujours blanc comme neige, est poursuivi pour avoir délivré des ordonnances douteuses de prégabaline à une centaine d’« impatients » pas immatriculés à la Sécu. Pour sa défense, il dit avoir agi sous la menace…

Une étude du docteur suisse Jochen Mutscler établit que la prégabaline est privilégiée par les migrants venant des pays d’Afrique du Nord, où le médicament est disponible sans ordonnance, et que c’est déjà camés, sous l’influence du « bola hamra », le nom arabe donné aux pilules, qu’ils débarquent en Europe. On arrive à comprendre que leurs pays ne soient pas pressés de récupérer ces défoncés…

Quadraversitaire et pigeon à une patte

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Chaque semaine, Philippe Lacoche nous donne des nouvelles de Picardie…


Une personne proche de ma Sauvageonne nous a invités, il y a peu, au concert qu’a donné l’Orchestre universitaire de Picardie, à l’occasion de son quarantième anniversaire sur la place Gambetta, à Amiens. Il y avait beaucoup de monde ; des gens avaient sorti les transats, les sièges ; d’autres étaient assis dans l’herbe urbaine produite par notre grasse terre picarde. La personne proche avait réservé une table entière, Au Forum, l’un des bars les plus connus de l’endroit. C’était le soir ; la canicule avait baissé d’un ton son assommant caquet. Nous étions bien. Avant que le concert ne commençât, mon attention fut attirée par un pigeon qui s’était posé sur le gazon à quelques mètres de notre table ; la pauvre bestiole n’avait qu’une patte. Accident ? Malformation ? Je n’eus pas la présence d’esprit de lui poser la question. Ma Sauvageonne l’observa aussi, encore plus attendrie que moi. « Tu penses que ça l’empêche de voler ? » lui demandai-je, plus idiot qu’à mon habitude. Sa réponse ne se fit pas attendre : « Il ne vole pas avec ses pattes, mais avec ses ailes, Vieux Yak », sourit-elle, surprise par tant de bêtise de ma part. L’oiseau continuait de nous observer avec ses petits yeux sombres qui me faisaient penser à ceux de Daniel Auteuil. M’avait-il entendu ? M’avait-il compris ? Il prit soudain son envol comme pour me rassurer. Ce fut à ce moment-là que le concert commença. Il y avait longtemps que je n’avais pas assisté au concert d’un grand orchestre, moi qui suis plus habitué aux riffs du bon vieux rock’n’roll. Je ne fus pas déçu. Nappes liquides de violons, cuivres rougeoyants… avec sa baguette, le chef semblait écrire sur le tableau sombre du ciel des paroles sur la délicieuse musique qui – au début tout au moins – n’en possédait pourtant point. La formation universitaire interpréta notamment la « Valse des Fleurs », de Piotr Ilitch Tchaïkovski, « Sicilienne », de Gabriel Fauré, « Uptown Funk », de Bruno Mars et Mark Ronson. On nous donna également à entendre « September », de Earth Wind & Fire, et le sublime « Summertime », de George Gershwin, sans oublier « Shéhérazade IV », de Nikolaï Rimski-Korsakov. Il y en avait donc pour tous les goûts. En quittant les lieux, je ne cessais de penser au pigeon à une patte. Accident ? Malformation ? Je regrettai déjà de ne pas lui avoir posé la question.

Étincelles de guerre civile?

À Saint-Just en Chaussée (60), l’influenceuse arabo-musulmane raciste s’en prend à la boulangerie. À Paris, Rima Hassan n’aime pas les « sionistes » – des agents immobiliers aussi haineux qu’elle le lui rendent bien dans le 10e arrondissement. Pendant ce temps, les jeunes deviennent incontrôlables dans les parcs aquatiques.


Elle voulait un sandwich au thon, il était au poulet. Le drame absolu ! La catastrophe des catastrophes. Elle exigeait qu’on le lui change, rapport à sa religion et à ses tabous alimentaires, n’est-ce pas.

La scène se passe dans une boulangerie de France. Non halal, précisons-le. Il y a encore en France des débits d’alimentation non totalement halalisés. Comment est-ce possible ? C’est ce que la jeune femme au sandwich ne peut probablement pas accepter. Devant le refus des commerçants d’accéder à son exigence – on ignore sur quel ton le thon aura été réclamé, encore qu’on puisse le deviner au vu de celui qui a été employé par la suite – la voilà qui se rue sur TikTok, cette chambre d’écho de la haine et de la bêtise (voir vidéo en bas de page). « Je vais dire quelque chose de raciste », tient-elle à préciser, au cas où on imputerait sa démarche à la simple sottise. Non, elle tient à ce qu’on n’ignore pas qu’elle est bien consciente de la connotation raciste des mots qu’elle va lâcher. « C’est toujours comme ça dans les boulangeries de blancs. » Et de nous exposer que, ailleurs, là où une échoppe est tenue par un « rebeu » (sic), ça ne se serait pas passé comme ça, qu’elle aurait eu droit non seulement à l’échange mais aussi à de plates excuses. Du genre, ma sœur, ceci, cela, et patati et patata.

Face à face

Un conseil à cette jeune personne dont on sait à présent qu’un de ses passe-temps est de nous cracher à la gueule, à nous autres Français de France, sur les réseaux dits sociaux (Il faut bien qu’une jeunesse à l’utilité sociale des plus incertaines trouve à s’occuper). Oui, un conseil tout de même à cette pétulante croisée de l’anti-France et du racisme anti blanc : pour ne pas avoir à subir les boulangeries et autres commerces de blancs, aller planter ses pénates à Ouagadougou, Alger, Téhéran, Islamabad ou Kaboul serait un excellent moyen. TikTok étant mis en alerte, c’est le déferlement de haine, de menaces habituelles qui s’abat sur les commerçants de la boulangerie. Messages de soutien, aussi, heureusement. Deux camps, donc, s’affrontent. Une sorte d’esquisse de guerre civile sur fond de sandwich au poulet. On croit rêver ! Ah, la belle France d’aujourd’hui…

A lire aussi, Philippe Bilger: Le maire de Nanterre nous donne le coup de grâce!

Rima Hassan n’aime pas les « sionistes » qui le lui rendent bien

Mêmes réjouissances avec la star des médias de ces temps-ci Rima Hassan, toute surprise de se voir invectivée, assez rudement ma foi, par des personnels d’une agence immobilière Orpi quelque peu horripilés de son antisémitisme maquillé en antisionisme, de son soutien exalté au projet palestinien d’éradiquer l’État d’Israël, car dans ce que défend l’intéressée, c’est évidemment cela qui est au programme. Là, dessus, bien entendu, l’enseigne Orpi devient la cible des aimables contingents embrigadés sous la bannière du keffieh de la dame. On vandalise, on incendie. On fait payer. Il faut que le blanc paie. Paie, quoi, tout. La colonisation, la décolonisation, l’esclavage et son abolition, le tout et son contraire. Là-dessus, peut-être un peu gênée tout de même aux entournures, Mme Hassan tente d’expliquer qu’un de ces incendies serait le fait de l’intelligence artificielle. La bêtise en majesté, vous dis-je ! (Encore un truc de blanc, ça, l’intelligence artificielle, non?)

La bêtise, la haine et en face, quoi ? Rien ou si peu. Un président de pacotille, un Premier ministre qui dort debout, des ministres de l’Intérieur et de la Justice réduits au ministère de la parole, congelés en une impuissance glaçante. On en est, en haut lieu, à considérer ces évidentes prémices de guerre civile comme de simples faits divers. Circulez, dormez bonnes gens, il ne se passe rien.  Nous sommes là et nous employons les bons moyens. La preuve, lorsque des sauvageons livrés à eux-mêmes, élevés dans l’idée que casser la France est le meilleur des divertissements estivaux qu’ils puissent trouver, saccagent la piscine et les installations afférentes qui les accueillent, que fait-on ? Sanctionne-t-on ? Botte-ton le cul de ces futurs insurgés ? Que non pas. On ferme boutique. Lâchement. Victoire éclatante pour les petits merdeux. Une honte de plus pour la France, le pays, pour nous. Avec celle, ô combien brûlante, que nous vaut l’incapacité tragique de l’État à sortir Boualem Sansal de l’enfer où Tebboune et sa clique le tiennent reclus. Eux tous, Tebboune, la fille au poulet, les ensauvagés de la piscine doivent bien rigoler. Eh oui !

Finalement, on en arriverait presque à se demander si ce ne serait pas la France entière qu’il conviendrait de fermer. Puisqu’on en est là.

@laafemmesigma Est la boulangerie artisanale de saint juste en chausee dans l’Oise les gars !!! Faites de la pub partager et repbliez au max svp merci #fyp #pourtoii #videoviral #viralditiktok #france🇫🇷 #french #😱 ♬ son original – laafemmesigma

LES TÊTES MOLLES - HONTE ET RUINE DE LA FRANCE

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Je suis solognot mais je me soigne

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Thriller glauque dans une Chine abolie


La première partie nous ramène en 1997, dans la ville de Fentum, au nord-est de l’Empire du Milieu : grisaille, misère, laideur, c’est encore la Chine héritée de la Révolution culturelle ; y perdure un sous-développement qui paraît suinter des murs, s’imprimer jusque sur les visages. L’image assez cradoque du film, d’un bout à l’autre, semble y faire curieusement écho, d’ailleurs. C’est un autre monde, à des années-lumière de l’actuelle puissance économique faramineuse qu’on connaît – commerçante, numérisée, dominatrice, aux métropoles hérissées de tours dupliquées sans fin à l’identique…  

Au milieu de cette crasse d’un autre temps et dans cette déprime gluante, une noria de taxis, boîtes à savons peintes en rouge, attendent le client. Il advient que des chauffeurs sont assassinés, leurs véhicules incendiés – meurtres inexpliqués ; l’enquête piétine, tandis que Li Fei rêve de quitter Fentum pour le Sud du continent, alors perçu comme un eldorado… Dans une seconde partie, Des feux dans la plaine se transporte en 2005, à l’époque où le Parti communiste décrète en quelque sorte la loi de la jungle, sous le slogan « Réforme & Ouverture ». Un jeune policier décide de rouvrir le dossier enterré huit ans plus tôt…

A lire aussi: Tournez manège!

Sous l’alibi d’un thriller qui finit par prendre un tour de violence incendiaire, horrifique, à la limite du gore, le cinéaste s’attache surtout, semble-t-il, à porter un regard rétrospectif sur la métamorphose radicale de son pays au tournant du millénaire. Assez confuse, laborieuse et touffue, l’intrigue laisse dubitatif, même si le portrait reste saisissant dans son extrême cruauté.       


Des feux dans la plaine. Film de Zhong Ji. Chine, couleur, 2024. Durée : 1h41.

En salles le 9 juillet 2025.

Aux frontières du réel

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© ROMUALD MEIGNEUX/SIPA

Le mentir-faux de Bruno Le Maire


« La France doit cesser d’être un figurant du show perpétuel de Donald Trump ». C’est au tour de Bruno Le Maire d’y aller de sa leçon de choses géo-politico-morale, dans une tribune du Figaro[1](4 juillet). Épouvantail et exutoire, Trompe le Maudit aurait ce mérite de nous ouvrir les yeux, de nous remettre les pieds sous terre. Le « réel » est à la mode. Terminé, les naïvetés de Bisounours et rêveries des promeneurs solidaires ? Voire… À Zuydcoote, sur les plages, les pages, dans la sueur et le babeurre, Bruno Le Maire défend La Voie française, se débat. Daladier se prend pour Churchill. Naufrageurs insubmersibles, indécrottables champions du prêchi-prêcha, nos politiques sont incapables de mea-culpa, de se confronter à un réel qui les dépasse, les écrase. 

Chasser l’irréel, il revient au galop

« Le réel, ce sont des menaces nouvelles à nos frontières qui appellent des dépenses militaires à la hauteur des enjeux stratégiquesdes capacités nucléaires iraniennes simplement endommagées… les souffrances infligées à Gaza… la progression des troupes russes en Ukraine… des surcapacités chinoises qui font courir un danger de mort à nos industries…

La vocation de la France est de rassembler les forces européennes au service d’un travail politique et diplomatique qui seul donnera des résultats durables. Ce combat, elle doit le mener en convainquant ses partenaires européens de sortir de leur fascination infantile pour des États-Unis qui nous ont clairement signifié, de Barack Obama en passant par Joe Biden, notre congé du monde. Tant que les Européens verront dans le président américain un « Papa », ils resteront des enfants…

Les choses bougent… Mais tout va encore trop lentement. Tout est trop faible. Donc : arrêtons de regarder le show, défendons nos intérêts vitaux… Il est temps que les Européens se comportent en adultes, élargissent leurs alliances à de nouveaux partenaires, rassemblent leurs forces économiques, financières, scientifiques, qui sont immenses… ».

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La vocation de la France est de lutter contre la distraction du monde. Le show perpétuel de Donald Trump est opportuniste et erratique. Il fait un mauvais usage de l’impressionnante domination militaire et technologique des États-Unis – car il crée du désordre plus qu’un nouvel ordre. Aucune nation européenne ne peut le suivre sur ce terrain. Le réel reprend toujours ses droits. Il nous appartient de le prendre en main. Vite, et fort ». Quand les borgnes sont franchis…

Yakafocon. Un vide sidéral, l’anaphore hollandaise, les antiennes de circonstance, des incantations macroniennes, flottent dans un court-bouillon de truismes. Aucune proposition concrète, originale, réaliste pour sortir de l’ornière. La vérité, Bruno, tu nous fais de la peine ! Comment un politique galonné, énarque, major de l’agrégation de Lettres modernes, peut-il aligner autant de platitudes, être aussi naïf et superficiel ? La cerise sur le gâteau de yaourt ce sont les 7 ans, 4 mois et 4 jours que Bruno Le Maire a passé à la tête du ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique. Les délices de l’hétérotélie : Coué qu’il en coule, La Vérité si je mens.…

La réalité dépasse l’affliction   

« La vocation de la France, fille aînée des Lumières, est de regarder ce réel en face ». Le ministre se suce la langue et oublie Héraclite. Ni le soleil, ni la mort, [ni la vérité, en France] ne peuvent se regarder en face. La vérité, c’est que nos politiques prennent les mots pour des faits, que Marianne a passé l’âge des vocations, des Lumières, des miroirs, du réel et du rimmel. Chaos debout, dé(cons)truite, aux outrages, elle s’en va, à crédit, à vau-l’eau. Les Regrets, mensonges et naïvetés ne changent rien à l’affaire. Marianne se meurt, Marianne est morte.

Le réel, c’est un pays en pleine crise de nerfs, gangréné par les rezzous sociaux, le communautarisme, l’islamo-hystéro-trotskysme attisés par Dominique de Mélenchon de Villepinte, le bateau ivre d’une dette colossale, les clapotements furieux des monnaies, une industrie en cessation des paiements, toujours plus d’impôts, le recrutement d’un million de nouveaux fonctionnaires depuis 25 ans, alors que l’on prétend assainir les finances publiques.

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Le réel, c’est l’écroulement de notre système éducatif, l’école des fans de Bourdieuseries, les consignes aux correcteurs du Brevet et du Bac pour maquiller le naufrage. C’est la Culture minée, non par les coupes budgétaires, mais par la nullité de ses ministres, les batailles d’Hernani.que, les Franciscains de Cour d’Honneur, avides de présidences, prébendes et subventions. Ce sont les apparatchiks de l’audiovisuel public, planqués dans leur roue de fromage avenue du Président Kennedy, qui reniflent et pourchassent le réac dans l’attente du Grand Soir. C’est le Chant des Partisans du Festival de Cannes, les rentiers des avances sur recettes, Fédayins Bella Ciao sous contrat Lancôme. Une pierre à la main ils guettent le sommet, de l’autre ils font l’aumône. Leurs aides de géant les empêchent de voler.

Le réel, hors-les-murs, dans le concert des nations, c’est la France et l’Europe qui dégringolent de la Champions League en National 3, en une décennie. Notre congé du monde, personne ne nous l’a signifié. Il était acté, logique, attendu. Il ne faut ni accuser, ni rien attendre des Yankees, des Chinois, des Russes, d’alliances imaginaires, alliés lilliputiens. Les défaites ne sont jamais étranges. Les Européens, les Français, leurs élites, Bruno Le Maire, sont seuls responsables de nos malheurs. Depuis cinquante ans, ils vivent hors-sols, dans les illusions, bons sentiments, la Com, la politique du chat crevé au fil de l’eau. Au royaume des belles idées, les faits n’ont pas d’importance. « Le plus grand dérèglement de l’esprit c’est de croire les choses parce qu’on veut qu’elles soient et non parce qu’on a vu qu’elles sont en effet » (Bossuet).

Bruno Le Maire en appelle au réel. La vérité, c’est qu’il le craint et l’esquive. La vérité c’est que le réel Bip Bip a dépassé et cornérisé Bruno Coyote. À bout de souffle, en suspension au-dessus du précipice, le Canis latrans gesticule, mouline des jambes pour essayer de retarder le moment fatal, le crash tout au fond du ravin. That’s all folks ! Bercy patron.

La voie française

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[1] https://www.lefigaro.fr/vox/monde/bruno-le-maire-la-france-doit-cesser-d-etre-un-figurant-du-show-perpetuel-de-donald-trump-20250703

Tour (de ou en) France : plus qu’un pinaillage sémantique

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L'équipe Visma Lease a Bike s'entraîne lors d'une sortie à vélo, un jour avant le départ du Tour de France cycliste à Lille, le vendredi 4 juillet 2025 © Thibault Camus/AP/SIPA

Cette 112e édition du Tour de France qui s’est élancée samedi à Lille – et qui a donné lieu à une aussi surprenante que tendue première étape, usante mentalement pour bien des coureurs (voir encadré : Une première étape qui promet) – ne fera aucune incursion à l’étranger, contrairement à une tradition séculaire bien ancrée.


Le dernier confinement du Tour à l’intérieur de ses frontières naturelles remontait à seulement 2020 – c’était pour cause de Covid et il s’était disputé en septembre et non juillet – jusqu’alors, ses fugues hors de celles-ci étaient systématiques.

Bien que 100% hexagonal cette fois-ci, est-ce que le Tour mérite encore d’être dit « DE » et non « EN » France et, dans ce cas, le mot tour prenant le sens de virée ? Il ne s’agit pas d’un simple et futile pinaillage sémantique.

À peine née, la Grande Boucle a manifesté une appétence certaine pour l’étranger au point de devenir atavique. Cette internationalisation l’a conduit à ne plus visiter des pans entiers du territoire national au point que son parcours se réduit désormais à ne fréquenter en règle générale qu’une moitié de la France en alternance, une année l’est, l’autre l’ouest, ou un grand sud, négligeant le plus souvent le nord. Les Alpes et les Pyrénées restent cependant incontournables car sans elles il ne serait plus ce qu’il est : une épopée populaire que rien n’érode, notamment les scandales liés au dopage.

Quand l’Alsace-Lorraine était allemande

En tout, dans son histoire, le Tour cumule 188 escapades hors frontière, certaines pouvant aller jusqu’à trois étapes, comme ces trois dernières années, en 2022 au Danemark, en 2023 en Euskadi (Pays basque espagnol) et en 2024 en Italie. La prochaine édition s’élancera de Barcelone et la suivante d’Édimbourg. Ainsi ce retour à la mère-patrie n’aura été qu’un intermède…

Sa première incursion à l’étranger date de 1906 alors qu’il n’avait que quatre ans d’existence. Son créateur, Henri Desgranges, était ce qu’on dirait aujourd’hui un souverainiste de droite. Depuis 1871, l’Alsace et la Lorraine étaient allemandes. Ce qu’il n’acceptait pas. Pour marquer symboliquement qu’elle était française, il fera parcourir au peloton 70 km en territoire annexé. Les quatre années suivantes, Metz, sous tutelle germanique, sera même ville étape. Il est surprenant que Berlin ait autorisé cette manifestation d’irrédentisme affichée. Le Tour ne reviendra en Allemagne qu’en 1964 pour célébrer le traité de réconciliation entre les deux pays signé l’année précédente.

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Le Tour a toujours entretenu un discret concubinage avec la politique. Ainsi, en 1992, pour célébrer la signature du traité de Maastricht, bien que parti de Saint-Sébastien, au prix d’un long transfert, il traversera les six pays fondateurs de l’Europe (France, Belgique, Pays-Bas, Allemagne, Luxembourg et Italie). L’Espagne avait adhéré sept ans plus tôt à l’Union européenne.

En 1994, les quatrième et cinquième étapes seront courues en Angleterre à l’occasion de l’inauguration du canal de la Manche. Vingt ans plus tôt, le Tour y avait fait une incursion d’une journée, le temps de disputer une boucle autour de Plymouth. La Grande-Bretagne avait adhéré à l’Union européenne l’année précédente. Enfin, en 1998, il se rendra en Irlande, le dernier membre de l’Europe où il ne s’était encore rendu, scellant de la sorte sa prétention à être autant européen que français.

Un détour au pays de Franco

Mais le pays qui a eu sa prédilection, c’est la Belgique. Il l’a visitée 50 fois (soit presque la moitié des éditions), vient ensuite la Suisse 37, puis l’Espagne 23. C’est en 1949 qu’il a pour la première fois franchi les Pyrénées malgré un franquisme à son apogée. Avec 18 visites, l’Allemagne ne vient qu’en quatrième position, et ce en dépit de l’amitié entre les deux pays.

En même temps, la Grande Boucle n’a pas boudé les micro-états. Le Luxembourg l’a accueillie à neuf reprises, Monaco à sept, Andorre à six, et San Marin une fois, l’an dernier. Ne manque que le Liechtenstein.

La vocation européenne du Tour est devenue patente dès 1947, après une interruption de sept années due à la Seconde guerre. Pour cette reprise, la deuxième étape s’est terminée à Bruxelles et la troisième à Luxembourg. Il reviendra en Belgique chaque année jusqu’en 1972, ce qui a frisé l’annexion.

Cette vocation sera confortée en 1954, avec le premier départ de l’étranger, à Amsterdam. Depuis il a renouvelé l’expérience 26 fois, soit un départ sur quatre et cette tendance s’accélère tant la demande des pays voisins (voire lointains comme ce fut le cas avec le Danemark) à accueillir cet événement est forte. La raison en est simple : le Tour est retransmis dans 190 pays, autrement dit dans toute la planète, l’ONU comptant 193 membres. Il y a une bonne décennie, il fut même question qu’il parte de New York.

Ce n’est pas notre faute si la France a une situation géographique exceptionnelle…

Cette européanisation, à la différence des deux autres grands tours, le Giro et la Vuelta, a été favorisée par la situation géographique de la France qui est entourée de huit pays si on compte l’Irlande et la Grande Bretagne, à la différence des deux autres qui ne partagent respectivement que trois et deux frontières.

La conséquence s’est immanquablement répercutée sur le parcours. Le Tour n’épouse plus les contours de l’Hexagone depuis le milieu des années soixante. Et l’édition de cette année est la quintessence de cette logique évolution. Son itinéraire se résume à une diagonale nord-sud avec un crochet à l’est pour ne pas faire d’infidélité aux Alpes. Les villes à la fois arrivée et départ ont disparu. Dès lors la journée d’un coureur commence par un transfert en bus vers la ville départ… Nous y reviendrons.

Cette internationalisation géographique s’est aussi accompagnée d’une forte internationalisation humaine. Nous y reviendrons aussi un peu plus tard, notamment lorsque nous évoquerons les raisons qui font qu’aucun Français ne l’a remporté depuis la victoire de Bernard Hinault il y a 40 ans. Au départ de Lille, vingt-sept nationalités y étaient représentées. Avec 38 coureurs, 20% de l’effectif, la France disposait du plus fort contingent mais aucun vainqueur potentiel.  

Sur la piste du vrai Indiana Jones: Voyage au bout d'un mythe

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Une première étape qui promet
Cette première étape du Tour, une boucle de 184,9 km autour de Lille, n’a pas été une formalité. Certes la victoire est revenue comme prévu à un sprinteur, le Belge Jasper Philipsen, 28 ans, de l’équipe Alpecin-Decenninck, emmené de main de maître par le petit-fils de Raymond Poulidor, Mathieu Van der Poel, et premier maillot jaune.
L’équipe de Jonas Vingegaard, Visma-Lease a bike, a annoncé la couleur d’emblée : elle est venue pour gagner et mener la vie dure à ses rivaux, notamment Tadej Pogacar. Second l’an dernier, Vingegaard a été « plein d’audace », comme l’a écrit L’Equipe. D’entrée de jeu, il a été offensif, provoquant un premier écrémage et il a rendu la course particulièrement stressante et tendue nerveusement.
A 17 km, profitant d’un vent soutenu de côté, avec ses équipiers faisant preuve d’une solide cohésion, il a provoqué une bordure qui a relégué à 39 secondes, le troisième favori, le champion olympique Remco Evenepoel, ainsi que quelques outsiders comme Primoz Roglic, João Almeida, Carlos Buitrago.
« Oui, on s’est fait piéger, a dit Evenepoel. Ce n’est pas rédhibitoire. Le Tour est long ». Certes 39 secondes, ce n’est pas beaucoup. Mais mieux vaut les avoir à son actif qu’à son débit. Peut-être pourra-t-il les récupérer lors du premier contre la montre de Caen.
A cause de sa nervosité, cette première étape a été d’emblée marquée par deux abandons sur commotion après chute, ceux de l’Italien Ganna (Ineos-Grenadiers), un dur à cuire, et du Suisse Stefan Bissegger (Décathlon-Ag2R). Et aussi par la chute cocasse de deux Français, Benjamin Thomas et Mattéo Vercher, se disputant lors de la seconde difficulté le prix du meilleur grimpeur au sprint qui est revenu au premier des deux.
Quant au jeune prodige français dont on attend beaucoup, Lenny Martinez, pour une raison inexplicable, il a terminé dernier à plus de 9’11’’. Ce qui aura très certainement comme conséquence de le priver d’un top 10 auquel il pouvait aspirer pour sa première participation • RU

Racisme antiblanc: à quand un débat entre Jean-Pascal Zadi et François Bousquet?

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Jean-Pascal Zadi à l'affiche du film "Le grand déplacement", 2025 © Mika Cotellon © 2024 GAUMONT – DOUZE DOIGTS PRODUCTIONS – FRANCE 2 CINEMA

Le racisme anti‑Blancs demeure un sujet controversé pour certains: reconnu par une partie de l’opinion, il serait limité à des actes individuels et non assimilés à une forme de racisme structurel selon la gauche. L’acteur Jean-Pascal Zadi reconnaît certes que « certains Blancs peuvent être victimes d’insultes ou d’agressions liées à leur couleur de peau », mais cela n’est pas du racisme au sens systémique selon lui: « c’est de l’hostilité ».


Le racisme antiblanc existe si peu que même les saltimbanques s’empressent d’en nier l’existence. Cette fois-ci, c’est Jean-Pascal Zadi qui s’y est collé. Pour vendre son nanar sur une expédition spatiale africaine, Le Grand Déplacement – une sorte de Black Panther made in France, sans super-pouvoirs, mais avec toutes les obsessions racialistes –, il a fait la tournée des médias et des popotes. Le 27 juin, France Info a cru bon de l’interroger sur le racisme antiblanc. Jean-Pascal Zadi a alors pris la pause d’un Frantz Fanon de banlieue et nous a expliqué doctement que « le racisme antiblanc n’existe pas », que c’est une « hérésie » et qu’insulter ou molester un Blanc, c’est – au mieux ou au pire – de l’« hostilité ».

À ce stade, on n’est plus dans la dénégation, mais dans l’inversion. Un néo-suprémacisme décomplexé. Passons sur le fait qu’il n’y a pas loin de l’hérésie au bûcher et de l’hostilité (hostis, l’ennemi en latin) à la guerre. Jean-Pascal Zadi ne pense pas, il régurgite. C’est la voix off de l’idéologie officielle financé par l’argent public. En bon perroquet du prêt-à-penser décolonial, il rabâche les mantras qui font le quotidien des universités, des salles de rédaction et du « wokisme de salon ».

Jean-Pascal Zadi ferait mieux de lire l’enquête de François Bousquet sur le racisme antiblanc : quarante témoignages bruts, crus, à fendre l’âme, dont celui d’un métis, insulté pour sa moitié blanche.

Ce racisme a tellement peu droit de cité qu’il a fallu attendre 2025 pour qu’un journaliste ose enfin donner la parole aux victimes, qui, jusque-là, n’avaient que le droit de se taire et d’encaisser. Ce livre, c’est l’anti-Zadi : il ne moralise pas, il constate – et ce qu’il constate est effrayant.

On suit les témoins de Bousquet à Bobigny, aux Ulis, à Évry, aux Mureaux, dans les quartiers chauds de Lyon ou de Marseille, jusque dans les replis de l’Isère. On se pince pour y croire, tant ce racisme quotidien s’exprime à l’école, dans les stades, dans les bus scolaires, avec une régularité mécanique qui aurait dû interroger les universitaires, les journalistes et les politiques. Pas un jour sans une insulte. Pas une semaine sans une agression. Et toujours le même silence.

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Qu’est-il arrivé à la France pour que, sur son propre sol, la haine antifrançaise soit devenue un sport collectif et le cri de ralliement d’une immigration extra-européenne en rupture de filiation ? « Sale Blanc », « Putain de gwer », « Sale Français » : les insultes pleuvent et les coups suivent. Rackets, humiliations, crachats – avec en prime la morale inversée : la victime doit presque s’excuser d’exister.

Le plus tragique dans cette affaire ? Les agresseurs sont français, mais seulement de papier. Leur carte d’identité dit « République française », mais leur loyauté est ailleurs : tournée contre elle. Ce n’est pas un conflit d’appartenance, c’est une déclaration de guerre intérieure. La France n’est pas tant colonisée que congédiée de l’intérieur. Elle vit un divorce unilatéral. On lui parle dans sa langue, mais pour mieux l’injurier.

Alors, oui, Jean-Pascal Zadi, c’est du racisme antiblanc. Lourd, massif, répété. Une lame de fond qui ne dit pas son nom, parce qu’on l’interdit de parole. Et c’est justement parce qu’on nie ce racisme qu’il acquiert un caractère systémique. Parce qu’il est systématiquement nié, il est tacitement toléré. Et parce qu’il est toléré, il est en réalité autorisé.

François Bousquet le martèle : nier ces violences, c’est déjà y consentir. Ce n’est pas de la neutralité, c’est de la complicité molle. Ceux qui ferment les yeux acquiescent à ce qu’ils refusent de nommer. Ils pourraient dire comme Georgina Dufoix au temps du sang contaminé : « Responsables, mais pas coupables » ! C’est exactement cela. Ils n’insultent pas, mais ils relativisent. Cela fait d’eux les garants respectables d’une violence inavouable, qu’ils rendent possible à force d’en nier l’existence.

Voilà où conduit, cher Jean-Pascal Zadi, la négation du racisme antiblanc : dans le confort capitonné du mensonge idéologique. Lisez, toute affaire cessante, l’enquête de François Bousquet. C’est la France réelle, pas celle des plateaux où, désormais, vous vous complaisez.

Et osez un débat avec lui. On verra alors qui pense, qui fuit, qui récite. On parie que vous déclinerez. Vous n’avez pas l’habitude d’être contredit, surtout pas par les faits. Mais qui sait ? Vous pourriez en sortir grandi. Ce serait votre premier vrai rôle. Il n’est jamais trop tard.

Le racisme antiblanc: L'enquête interdite

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Des nouvelles d’Oncle Bernie

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Prix Littéraire Roger Nimier attribué à Bernard Chapuis pour son roman « La Vie Parlée », Paris, 25 mai 2005 © BENAROCH/SIPA

Durant cet été, Monsieur Nostalgie poursuit sa galerie de portraits d’écrivains vivants dont l’œuvre tend à disparaître dans les milieux autorisés. Cette semaine, il nous parle de Bernard Chapuis, 80 ans, journaliste d’élite des salles de rédaction et écrivain de l’enfance en demi-teinte…


J’ai fait la découverte de Bernie, voix nasillarde et cheveux ondulants, mi-sérieux, mi-godelureau, faussement sage, l’œil rieur, sur le plateau d’Apostrophes en 1987. Bernard Pivot avait intitulé son émission « Qualité France » et invité des représentants du génie cocardier, toutes disciplines confondues. Michel Platini était assis à côté d’André Brunelin, le biographe de Jean Gabin et face à Yvan Audouard, le thuriféraire de Pagnol à l’accent chantant, le numéro 10 évoqua, ce jour-là, l’agression de Battiston. Raymond Peynet se souvenait que ses amoureux étaient nés de son imagination au temps vert-de-gris de la ligne de démarcation. L’assemblée était un joyeux bazar. Un duo d’auteurs composé de Bernard Chapuis et d’Ermine Herscher était venu présenter leur beau livre Qualités – Objets d’en France paru aux éditions du May, 116, rue du Bac, Paris 7ème arrondissement.

Ils avaient recensé pas moins de 74 objets usuels qu’ « un homme ou une femme possède ou a possédé au moins une fois dans sa vie ». Cet inventaire à la Prévert démarrait par les pâtes alphabet Rivoire et Carret et se terminait par la clé Facom. Une vraie féérie ménagère à la nostalgie Manufrance défilait sous nos yeux, la culotte Petit Bateau, le petit-beurre Lu, le cachou Lajaunie, la cocotte Seb ou la sardine Rödel. Cohabitaient dans cet ouvrage rehaussé par les photographies de François Boissonnet aussi bien le béret basque que les mocassins Weston fabriqués à Limoges, le bas Dim jetable que le carré Hermès successoral. Le verre Duralex, toujours attaché à sa terre du Loiret, n’était pas oublié dans cette liste. On apprenait que Guy Cotten avait fondé avec sa femme Françoise leur société à Concarneau qui allait bientôt populariser le ciré jaune à travers toutes les mers du monde. Et que le poêle Godin délivrait alors une chaleur de 6 500 W ; « chargé de bois ou de charbon [du] soir à vingt-deux heures jusqu’à huit heures le lendemain matin ». Autant d’informations précieuses pour mieux connaître son pays et activer la création littéraire. J’ai toujours estimé que cette série de livres sur les objets était plus que nécessaire au paquetage d’un écrivain en détresse qu’un Lagarde et Michard. À la fois comme source d’inspiration, fertile au roman et comme cadre de pensée. L’objet est ce mystère permanent au cœur des connexions humaines. Il est susceptible de refaire surface, une décennie plus tard.

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Ainsi, Bernard Chapuis qui avait interviewé Coluche quelques années auparavant, décrivait en 1987 le succès de la salopette Adolphe Lafont entre le quart Perrier et le K-Way. L’humoriste mort une année plus tôt avait porté une salopette bleue à rayures blanches lors de son premier sketch en 1974. La collection des éditions du May s’exporta par la suite, les objets italiens furent notamment préfacés par Fellini, Bernard Rapp s’intéressa à l’Angleterre dans Objets d’en Face et le couple Labro nous donna des nouvelles d’Amérique. Plus tard, beaucoup plus tard, je revis Bernard Chapuis pousser la chansonnette chez Ruquier à la télévision lors d’une tournée de promotion ou en acteur d’appoint dans les films de Pascal Thomas. En 1987, le collégien attiré par les foudres de la presse écrite que j’étais, avait été bluffé par le CV du personnage. Les salles de rédaction semblaient être son habitat naturel. Il avait épuisé sa pointe Bic Cristal (pages 72-73) dans tous les journaux de la capitale, à Elle, Combat, en tant que chef de service « Enquêtes et reportages » au Quotidien de Paris, au Canard Enchaîné, au Nouvel Observateur, à VSD, à l’Événement du Jeudi ou à la direction de la rédaction de Vogues Hommes.

J’aurais rêvé de déclarer à une conseillère d’orientation qui m’incitait à m’engager dans une carrière commerciale ou juridique : « plus tard, madame, je serai billettiste ». Car Bernard Chapuis s’était fait connaître comme billettiste au journal Le Monde. Né en 1945 à Alger, Bernard Chapuis était un « cumulard ». Il avait écrit des centaines d’articles et publié des romans principalement chez Stock (L’année dernière, La Vie parlée, Vieux garçon, Le Rêve entouré d’eau), qui lui valurent quelques prix de prestige (Nimier, Freustié, Deux Magots). Je m’étais même procuré son Terminus Paris aux Éditions Les formes du secret, 102, boulevard de la Villette, Paris 19ème arrondissement.

En ce début d’été, il faut relire ce vieux garçon plein de charme et de malice dont les romans « parisiens » sont des bulles de champagne légèrement éventées qui oscillent entre tristesse d’instinct et douce fantaisie, ils retiennent le parfum d’un monde oublié. Chapuis est comme Modiano, un homme de la petite ceinture au passé carafé.

Qualites. Objets D'En France

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Terminus paris

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La vie parlée (Roman)

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Simon sauvé des eaux tièdes

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Michel Simon dans « La Poison » de Sacha Guitry, 1951 © SIPA

Michel Simon est mort il y a cinquante ans. Derrière sa gueule épaisse se cachait un être d’une rare sensibilité. Un acteur unique, le plus grand de tous les temps, selon Sacha Guitry, qui surmontait ses angoisses par une boulimie de travail (150 pièces, 140 films), un amour de la nature, et un penchant notable pour la pornographie.


Je dois avoir 10 ans. Je me promène avec mon oncle dans une rue de Noisy-le-Grand. C’est la banlieue tranquille avec le chant des oiseaux et des pavillons en meulière. Au bout de cette rue, il y a une grande demeure avec des cris de singe, de grands arbres et une sorte de jardin d’hiver avec une immense verrière aux vitres brisées. Devant la porte, une silhouette voûtée dans un pardessus crème, une drôle de tête couronnée d’une crinière de lion. Mon oncle le salue. L’homme lui répond d’une voix chevrotante. Il tient à la main un filet à provisions percé. Mon oncle me dit à l’oreille que c’est Michel Simon, un grand acteur. L’image s’incruste dans ma mémoire. Un acteur, pour moi, ressemblera toujours à Michel Simon.

C’est ce qu’on appelle un monstre sacré ; peut-être le plus grand acteur de tous les temps, pour reprendre le jugement de Sacha Guitry, son ami. Il est mort il y a cinquante ans. La maison qu’il habitait avec ses animaux, surtout Zaza, sa guenon, qu’il habillait comme un humain et qu’il emmenait au théâtre, le parc où l’herbe ignorait la tondeuse, sa bibliothèque aux trois mille livres, cette maison-refuge a été rasée. Son fils, François, avait pris la décision de s’en séparer. Il mourut quelques jours plus tard, me confiera l’acteur Maurice Baquet, voisin de Simon. Cette maison, c’était La Cerisaie, tout finissait par s’en aller.

Il aimait la nature car elle le préservait des hommes et de leurs manigances. Ça a un côté rousseauiste. Normal, il est né le 9 avril 1895, à Genève, dans la grand-rue, en face de la maison natale du philosophe. Ses parents sont charcutiers. Lui, l’amoureux des animaux, ils l’envoient travailler aux abattoirs de Genève, où il doit les achever avec un poinçon. Il confesse : « Pendant un an, j’ai assassiné des bêtes. » C’est un mauvais élève, il fait rire ses camarades. Les traits de son visage sont épais. La grâce, il la possède pourtant, dans le regard, mais personne ne la voit. Il en rajoute. Il est frustré, car il veut être le dernier de la classe ; or il est avant-dernier. Il y a toujours un camarade absent, il parvient à lui piquer la place dont il rêvait. C’est un provocateur, râleur, détestant l’ordre. Un jour, il dit, d’une voix malicieuse : « Je n’aime pas les leçons, elles ne servent qu’à violenter les natures. » Il devient soldat. Il connaît le cachot humide. Il sort de cette aventure tuberculeux et antimilitariste. À 17 ans, il est à Paris. Il crèche près de la porte Saint-Martin. Il finit d’être éduqué par des truands. Il s’éprend d’une prostituée, Jeanne. Il en parlera toujours avec tendresse. Pour elle, il refuse d’aller tourner à Hollywood. Elle lui fait découvrir les plaisirs de la chair et de la lecture. Il lit les enquêtes de Nick Carter et dit : « Son auteur a fini fou. Ce n’est pas à la portée des Goncourt. » Son humour l’aide à gommer la laideur de la vie. Il dévore Messieurs les ronds-de-cuir, de Courteline. Lucide, il déclare : « Ce livre préfigurait les grands conflits mondiaux. Du reste, ça se termine dans un cimetière. C’est l’œuvre d’un prophète. » Rabelais lui enseigne l’irrespect ; Aristophane, le désespoir. À propos de Céline, dont il a enregistré Voyage au bout de la nuit, il dit : « Lui, c’est un homme. Les autres n’ont pas d’idées tranchées. Ils pensent à leur clientèle. C’est difficile de trouver un homme en littérature. » Il déteste Descartes. « La logique, c’est absurde », lance-t-il. Il est tour à tour boxeur, photographe, danseur, acrobate, puis comédien, remarqué par Georges Pitoëff, genevois comme lui. Sa carrière est lancée, avec des hauts et des bas. Au total 150 pièces et 140 films.

À lire aussi : Une histoire du cinéma français

Tiens, là, il discute avec Jean Renoir, qui lui a offert ses plus beaux rôles – La Chienne ; Boudu sauvé des eaux –, ils sont dans une guinguette, ils ont picolé. La caméra tourne. Michel dit qu’il n’a jamais trouvé la rue du Conservatoire. Fou rire. Pour Boudu, dont il fut producteur, il rappelle qu’il a failli couler. Le film fut interdit au bout de trois jours. Motif : Boudu mange des sardines à l’huile avec les doigts et s’essuie sur les rideaux. On peut violer la morale, mais le bourgeois ne supporte pas qu’on touche à ses tentures. C’est un instinctif qui offre au personnage le petit « truc » génial – l’interprétation du farfelu Jules dans L’Atalante de Jean Vigo l’atteste. N’a-t-il pas déclaré : « Lorsqu’on chasse le naturel, il ne revient pas toujours. »

Cet angoissé tient en respect sa folie en tournant sans cesse ; c’est aussi un pornographe notoire – sa collection de treize mille pièces, photos et objets érotiques variés dont des godemichets spectaculaires, est légendaire. Il pose nu avec des prostituées, dans des scènes de sexe crues, se travestit. Il sait que l’homme est mauvais, ça le sauve. En 1940, on l’accuse d’être juif, en 1943 d’être communiste, en 1944, on le dénonce comme collabo. Il encaisse. Comme il encaisse les séquelles d’une teinture pour les cheveux qui lui attaque le visage et le cerveau. Il souffre de vertiges, ne peut plus articuler, confond les couleurs. Il met huit ans à s’en remettre. Mais l’homme est solide. Il retrouve le chemin du succès. On dit qu’il ne connaît pas son texte. Dans Drôle de drame, il bluffe pourtant Louis Jouvet, qui déclare : « Il se promenait dans son texte avec volupté. » En 1957, c’est la fin de sa carrière de vedette. On ne veut plus l’assurer, sauf Abel Gance. Cela lui permet de tourner encore quelques grands films dont Le Vieil Homme et l’Enfant, de Claude Berri. Il prend des risques car il joue un antisémite dans un long-métrage dénonçant l’antisémitisme. Le film sera récompensé à Berlin et interdit de projection à Cannes.

Dans la plupart de ses rôles, ce misogyne faussement solitaire déborde d’humanité. L’acteur à la voix si particulière et à la tête démoniaque meurt le 30 mai 1975. Bertrand Blier lui avait proposé un rôle dans Les Valseuses. J’aurais bien aimé voir Depardieu donner la réplique à cet immense comédien qui travaillait sans filet.

Farniente architectural, un paradis perdu

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L'architecte Henri Quillé découpe des plans reproduits par diazographie solaire, dans sa première maison à Formentera, années 1970 © Piero Fedeli © Fonds d’archives Henri Quillé

Natif de Saumur, sorti diplômé de l’école Boulle puis des Arts décoratifs avant d’intégrer l’institut d’Urbanisme de Paris, Henri Quillé (1928-2018) reste un architecte étrangement écarté du panthéon moderniste. En 1962, l’homme découvre l’île alors la plus secrète des Baléares : Formentera. Etabli à Meudon (où il réalise avec l’Atelier 12 le superbe ensemble Les Pierres Levées, dans le quartier de Bellevue, restauré avec soin voici cinq ans), il quitte définitivement la capitale en 1972 pour s’installer à Formentera, où il fait l’acquisition d’une bâtisse vernaculaire, à toit plat, isolée dans la cambrousse, « d’une géométrie simple qui lui confère un charme poétique, reflet de l’art de vivre méditerranéen : une ambiance intérieure faite d’ombre sur les murs chaulés, contrastant avec une forte luminosité extérieure » […] « Sa maison devient le laboratoire de sa démarche ».  Jusqu’en 2004, il multipliera les projets sur l’île, avant de quitter définitivement, en 2010, ce havre de paix désormais arraisonné par le tourisme de masse. Rentré à Paris, il y meurt huit ans plus tard.

À bonne école

Les monographies de chez Norma sont décidément en prise avec l’air du temps. Ainsi par exemple, accompagnant l’exposition qu’avec son flair habituel lui avait consacré Francis Rambert cet hiver à la Cité de l’architecture et du patrimoine (Palais de Chaillot), l’œuvre de Philippe Prost, lauréat en 2022 du Grand Prix national de l’architecture, était-elle célébrée à bon escient : à peine clôturée l’exposition que Prost, hasard malencontreux du calendrier, était, le 27 mars dernier, avec le paysagiste Bruel Delmar, proclamé vainqueur du concours pour le réaménagement de la place de la Concorde. Certainement le moins mauvais choix entre les candidats à ce concours : les travaux que Prost a conduits, à Belle-Ile en Mer tout particulièrement, témoignent d’un authentique respect pour le patrimoine, les vieilles pierres et le paysage. Va-t-il épargner la Concorde du massacre ? C’est vraisemblable. Son projet ne casse ni l’ordonnancement, ni les symétries ni les continuités, réduisant l’emprise de la circulation automobile, mais sans rompre l’harmonie des voies et de ses perspectives, sous prétexte de « végétaliser » à tout prix.  

A lire aussi, Jonathan Siksou: Place de la discorde

Pour en revenir à Quillé, de l’écologie urbaine à l’écologie rurale ne prévaut qu’une seule et même logique, au fond : le respect, la préservation, la valorisation de l’identité traditionnelle du site. Quillé a été à bonne école : dès les années 1960, il s’est lié avec Ricardo Porro, un des quatre architectes des extraordinaires Escuelas de Arte de La Habana –  sans doute l’unique vestige architectural dont pourrait se targuer la sinistre Révolution castriste (que Porro ne tardera pas à fuir, d’ailleurs, pour s’exiler en France et y poursuivre une estimable carrière jusqu’ à sa mort en 2014)…  

Précurseur, Quillé implante dès les années 1960 dans sa maison paysanne les premiers panneaux solaires sur le marché, tout en réunissant des artisans locaux pour imprégner de leurs savoir-faire ancestral ses « maisons organiques » faites de textures brutes, et qui combinent avec une grande élégance lignes courbes, volumes cylindriques, géométries cubiques. Dans les années 1970, une série fait système : dans les pas d’un Le Corbusier, dépourvue de cette prétention rationaliste totalitaire propre à la fameuse « machine à habiter ». Autosuffisantes au plan énergétique dès le seuil des années 1980 !

Lui-même navigateur, Quillé a l’expérience des espaces restreints, d’où l’idée de ces « maisons minimum », en parallèle à des programmes plus ambitieux en termes de taille mais aussi de composition plastique, telle la maison Sandretto (1994), dont une photo illustre la couverture du présent ouvrage – on dirait du Chirico. La maison-atelier construite en 1977 pour le peintre Erro en bordure de la côte nord de l’île était déjà un bel exemple de cette esthétique épurée, qui se déclinera en maints projets réalisés pour d’autres artistes ou entrepreneurs, tel ce « PF-70 », commande de Pietre et Angela Fedell, ou ce «  KG-74 » destiné aux Grohe, cette famille d’industriels allemands à qui vous ne manquez pas de rendre grâce chaque jour en saisissant votre pomme de douche…

Tour du propriétaire

Synergie avec l’environnement, ventilations, simplicité, confort, optimisation des systèmes se retrouvent dans tous les édifices qui essaiment bientôt dans le paysage insulaire –  maisons Valentin, Reiman, Pamela, Dobo, Di Meo, en passant par celle conçue pour l’architecte et urbaniste Raimon Torres, et jusqu’à cette petite maison habillée de pierres, qu’ Andrea Fiorentino réclamera pour lui seul quand il met sa maison principale en location. Un des joyaux tardifs de cette œuvre singulièrement méconnue reste sans aucun doute la vaste demeure bâtie dans les années 1990 pour Giberto Sandretto, un industriel italien, dans la partie la plus étroite de Formentera, à Es Calo, au pied de La Mola, sur un terrain qui descend en pente vers la mer.

A lire ensuite, Thomas Morales: Dans la caravane

De cette diversité, mais aussi de cette continuité remarquable, rendent compte ici photos anciennes, en noir et blanc le plus souvent, alternant avec des photos récentes en couleur, certaines en pleine page, mais également des photos aériennes, des prises de vue des aménagements intérieurs, des plans d’architecte… au fil de ce très « beau livre », dont les pages en papier mat, d’une belle épaisseur texturée, présentent un luxe inhabituel.

Sous la direction de cet homme d’entregent et spécialiste des arts décoratifs du XXème siècle qu’est Guy Bloch-Chamfort, assisté de l’architecte Sophie Cambrillat et de Tanit Quillé, fille d’Henri Quillé et elle-même architecte dépositaire de la mémoire de l’œuvre de son père au sein d’une association dédiée dont elle est présidente, l’ouvrage se présente comme une « visite du propriétaire » : attentive à analyser dans son détail, étape par étape et de site en site, l’exemplarité de chaque édifice. Formentera, au temps du farniente sans la foule. Encore un paradis perdu, –  un de plus ?   

A lire :

Henri Quillé. Formentera, par Guy Bloch-Champtort, Sophie Cambrillat, Tanit Quillé. Norma éditions, 224p. 2025. (texte bilingue français espagnol)

Henri Quillé: Formentera

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Philippe Prost, architecte. La mémoire vive, sous la direction de Francis Rambert. Norma éditions, 195p. 2024

Philippe Prost, architecte: La mémoire vive

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Défonce sans frontières

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Bienvenue au centre de rétention du Canet, où des délinquants multirécidivistes venus du Maghreb attendent mollement une expulsion qui ne viendra jamais, en se battant pour des cachetons.


Le 23 avril, le contrôleur général des lieux de privation de liberté, rôle confié par Macron à Dominique Simonnot, ancienne journaliste de… Libération et du Canardenchaîné, a rendu public un rapport sur le centre de rétention administrative du Canet à Marseille. La clientèle: 125 hommes, déjà tous connus et poursuivis et rattrapés pour « troubles à l’ordre public », dont 63 Algériens, 27 Tunisiens et 11 Marocains, au total 20 nationalités représentées. Qui, en attendant une hypothétique expulsion, se tapent dessus. Le rapport évoque « les violences qui sont nombreuses entre retenus ». Une agressivité qui est due au manque, pas le manque de liberté, mais le manque de drogue… car la majorité des « retenus » est accro, pas à la coke ou à l’héro, mais aux drogues du pauvre, des médicaments bon marché comme la prégabaline et le tramadol qui, pris à haute dose, ont fini par leur taper sur le système… Incorrigibles, ils refusent pourtant de suivre les traitements de sevrage que l’équipe médicale leur propose.

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En France, le tramadol et la prégabaline sont en effet délivrés uniquement sur ordonnance. D’où un marché noir pour ravitailler les narco-migrants. À Nantes, le procureur de la République précise que les trois dernières années, 94 procédures pénales ont été dénombrées, « portant sur du trafic de prégabaline ou des agressions commises sous l’effet de cette substance ». Nantes, où un médecin de 61 ans, jusqu’ici toujours blanc comme neige, est poursuivi pour avoir délivré des ordonnances douteuses de prégabaline à une centaine d’« impatients » pas immatriculés à la Sécu. Pour sa défense, il dit avoir agi sous la menace…

Une étude du docteur suisse Jochen Mutscler établit que la prégabaline est privilégiée par les migrants venant des pays d’Afrique du Nord, où le médicament est disponible sans ordonnance, et que c’est déjà camés, sous l’influence du « bola hamra », le nom arabe donné aux pilules, qu’ils débarquent en Europe. On arrive à comprendre que leurs pays ne soient pas pressés de récupérer ces défoncés…

Quadraversitaire et pigeon à une patte

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© Photo : Philippe Lacoche

Chaque semaine, Philippe Lacoche nous donne des nouvelles de Picardie…


Une personne proche de ma Sauvageonne nous a invités, il y a peu, au concert qu’a donné l’Orchestre universitaire de Picardie, à l’occasion de son quarantième anniversaire sur la place Gambetta, à Amiens. Il y avait beaucoup de monde ; des gens avaient sorti les transats, les sièges ; d’autres étaient assis dans l’herbe urbaine produite par notre grasse terre picarde. La personne proche avait réservé une table entière, Au Forum, l’un des bars les plus connus de l’endroit. C’était le soir ; la canicule avait baissé d’un ton son assommant caquet. Nous étions bien. Avant que le concert ne commençât, mon attention fut attirée par un pigeon qui s’était posé sur le gazon à quelques mètres de notre table ; la pauvre bestiole n’avait qu’une patte. Accident ? Malformation ? Je n’eus pas la présence d’esprit de lui poser la question. Ma Sauvageonne l’observa aussi, encore plus attendrie que moi. « Tu penses que ça l’empêche de voler ? » lui demandai-je, plus idiot qu’à mon habitude. Sa réponse ne se fit pas attendre : « Il ne vole pas avec ses pattes, mais avec ses ailes, Vieux Yak », sourit-elle, surprise par tant de bêtise de ma part. L’oiseau continuait de nous observer avec ses petits yeux sombres qui me faisaient penser à ceux de Daniel Auteuil. M’avait-il entendu ? M’avait-il compris ? Il prit soudain son envol comme pour me rassurer. Ce fut à ce moment-là que le concert commença. Il y avait longtemps que je n’avais pas assisté au concert d’un grand orchestre, moi qui suis plus habitué aux riffs du bon vieux rock’n’roll. Je ne fus pas déçu. Nappes liquides de violons, cuivres rougeoyants… avec sa baguette, le chef semblait écrire sur le tableau sombre du ciel des paroles sur la délicieuse musique qui – au début tout au moins – n’en possédait pourtant point. La formation universitaire interpréta notamment la « Valse des Fleurs », de Piotr Ilitch Tchaïkovski, « Sicilienne », de Gabriel Fauré, « Uptown Funk », de Bruno Mars et Mark Ronson. On nous donna également à entendre « September », de Earth Wind & Fire, et le sublime « Summertime », de George Gershwin, sans oublier « Shéhérazade IV », de Nikolaï Rimski-Korsakov. Il y en avait donc pour tous les goûts. En quittant les lieux, je ne cessais de penser au pigeon à une patte. Accident ? Malformation ? Je regrettai déjà de ne pas lui avoir posé la question.

Étincelles de guerre civile?

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TikTok

À Saint-Just en Chaussée (60), l’influenceuse arabo-musulmane raciste s’en prend à la boulangerie. À Paris, Rima Hassan n’aime pas les « sionistes » – des agents immobiliers aussi haineux qu’elle le lui rendent bien dans le 10e arrondissement. Pendant ce temps, les jeunes deviennent incontrôlables dans les parcs aquatiques.


Elle voulait un sandwich au thon, il était au poulet. Le drame absolu ! La catastrophe des catastrophes. Elle exigeait qu’on le lui change, rapport à sa religion et à ses tabous alimentaires, n’est-ce pas.

La scène se passe dans une boulangerie de France. Non halal, précisons-le. Il y a encore en France des débits d’alimentation non totalement halalisés. Comment est-ce possible ? C’est ce que la jeune femme au sandwich ne peut probablement pas accepter. Devant le refus des commerçants d’accéder à son exigence – on ignore sur quel ton le thon aura été réclamé, encore qu’on puisse le deviner au vu de celui qui a été employé par la suite – la voilà qui se rue sur TikTok, cette chambre d’écho de la haine et de la bêtise (voir vidéo en bas de page). « Je vais dire quelque chose de raciste », tient-elle à préciser, au cas où on imputerait sa démarche à la simple sottise. Non, elle tient à ce qu’on n’ignore pas qu’elle est bien consciente de la connotation raciste des mots qu’elle va lâcher. « C’est toujours comme ça dans les boulangeries de blancs. » Et de nous exposer que, ailleurs, là où une échoppe est tenue par un « rebeu » (sic), ça ne se serait pas passé comme ça, qu’elle aurait eu droit non seulement à l’échange mais aussi à de plates excuses. Du genre, ma sœur, ceci, cela, et patati et patata.

Face à face

Un conseil à cette jeune personne dont on sait à présent qu’un de ses passe-temps est de nous cracher à la gueule, à nous autres Français de France, sur les réseaux dits sociaux (Il faut bien qu’une jeunesse à l’utilité sociale des plus incertaines trouve à s’occuper). Oui, un conseil tout de même à cette pétulante croisée de l’anti-France et du racisme anti blanc : pour ne pas avoir à subir les boulangeries et autres commerces de blancs, aller planter ses pénates à Ouagadougou, Alger, Téhéran, Islamabad ou Kaboul serait un excellent moyen. TikTok étant mis en alerte, c’est le déferlement de haine, de menaces habituelles qui s’abat sur les commerçants de la boulangerie. Messages de soutien, aussi, heureusement. Deux camps, donc, s’affrontent. Une sorte d’esquisse de guerre civile sur fond de sandwich au poulet. On croit rêver ! Ah, la belle France d’aujourd’hui…

A lire aussi, Philippe Bilger: Le maire de Nanterre nous donne le coup de grâce!

Rima Hassan n’aime pas les « sionistes » qui le lui rendent bien

Mêmes réjouissances avec la star des médias de ces temps-ci Rima Hassan, toute surprise de se voir invectivée, assez rudement ma foi, par des personnels d’une agence immobilière Orpi quelque peu horripilés de son antisémitisme maquillé en antisionisme, de son soutien exalté au projet palestinien d’éradiquer l’État d’Israël, car dans ce que défend l’intéressée, c’est évidemment cela qui est au programme. Là, dessus, bien entendu, l’enseigne Orpi devient la cible des aimables contingents embrigadés sous la bannière du keffieh de la dame. On vandalise, on incendie. On fait payer. Il faut que le blanc paie. Paie, quoi, tout. La colonisation, la décolonisation, l’esclavage et son abolition, le tout et son contraire. Là-dessus, peut-être un peu gênée tout de même aux entournures, Mme Hassan tente d’expliquer qu’un de ces incendies serait le fait de l’intelligence artificielle. La bêtise en majesté, vous dis-je ! (Encore un truc de blanc, ça, l’intelligence artificielle, non?)

La bêtise, la haine et en face, quoi ? Rien ou si peu. Un président de pacotille, un Premier ministre qui dort debout, des ministres de l’Intérieur et de la Justice réduits au ministère de la parole, congelés en une impuissance glaçante. On en est, en haut lieu, à considérer ces évidentes prémices de guerre civile comme de simples faits divers. Circulez, dormez bonnes gens, il ne se passe rien.  Nous sommes là et nous employons les bons moyens. La preuve, lorsque des sauvageons livrés à eux-mêmes, élevés dans l’idée que casser la France est le meilleur des divertissements estivaux qu’ils puissent trouver, saccagent la piscine et les installations afférentes qui les accueillent, que fait-on ? Sanctionne-t-on ? Botte-ton le cul de ces futurs insurgés ? Que non pas. On ferme boutique. Lâchement. Victoire éclatante pour les petits merdeux. Une honte de plus pour la France, le pays, pour nous. Avec celle, ô combien brûlante, que nous vaut l’incapacité tragique de l’État à sortir Boualem Sansal de l’enfer où Tebboune et sa clique le tiennent reclus. Eux tous, Tebboune, la fille au poulet, les ensauvagés de la piscine doivent bien rigoler. Eh oui !

Finalement, on en arriverait presque à se demander si ce ne serait pas la France entière qu’il conviendrait de fermer. Puisqu’on en est là.

@laafemmesigma Est la boulangerie artisanale de saint juste en chausee dans l’Oise les gars !!! Faites de la pub partager et repbliez au max svp merci #fyp #pourtoii #videoviral #viralditiktok #france🇫🇷 #french #😱 ♬ son original – laafemmesigma

LES TÊTES MOLLES - HONTE ET RUINE DE LA FRANCE

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Je suis solognot mais je me soigne

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Thriller glauque dans une Chine abolie

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© Liao Chia Chi / Memento films

La première partie nous ramène en 1997, dans la ville de Fentum, au nord-est de l’Empire du Milieu : grisaille, misère, laideur, c’est encore la Chine héritée de la Révolution culturelle ; y perdure un sous-développement qui paraît suinter des murs, s’imprimer jusque sur les visages. L’image assez cradoque du film, d’un bout à l’autre, semble y faire curieusement écho, d’ailleurs. C’est un autre monde, à des années-lumière de l’actuelle puissance économique faramineuse qu’on connaît – commerçante, numérisée, dominatrice, aux métropoles hérissées de tours dupliquées sans fin à l’identique…  

Au milieu de cette crasse d’un autre temps et dans cette déprime gluante, une noria de taxis, boîtes à savons peintes en rouge, attendent le client. Il advient que des chauffeurs sont assassinés, leurs véhicules incendiés – meurtres inexpliqués ; l’enquête piétine, tandis que Li Fei rêve de quitter Fentum pour le Sud du continent, alors perçu comme un eldorado… Dans une seconde partie, Des feux dans la plaine se transporte en 2005, à l’époque où le Parti communiste décrète en quelque sorte la loi de la jungle, sous le slogan « Réforme & Ouverture ». Un jeune policier décide de rouvrir le dossier enterré huit ans plus tôt…

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Sous l’alibi d’un thriller qui finit par prendre un tour de violence incendiaire, horrifique, à la limite du gore, le cinéaste s’attache surtout, semble-t-il, à porter un regard rétrospectif sur la métamorphose radicale de son pays au tournant du millénaire. Assez confuse, laborieuse et touffue, l’intrigue laisse dubitatif, même si le portrait reste saisissant dans son extrême cruauté.       


Des feux dans la plaine. Film de Zhong Ji. Chine, couleur, 2024. Durée : 1h41.

En salles le 9 juillet 2025.