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La censure, c’est la liberté d’expression…

… telle pourrait être la devise orwellienne de l’Arcom et de QuotaClimat, si ça continue.


L’élection présidentielle approche et le bloc central-socialiste est en émoi. Sachant que les Français ne se contentent plus d’écouter les médias mainstream mais s’informent de plus en plus sur les réseaux sociaux et auprès des médias alternatifs indépendants, l’Arcom, soutenue par le pouvoir, amplifie sa surveillance. De nouvelles règles s’ajoutent régulièrement à celles, françaises et européennes, qui ont permis d’élargir au fil des ans le périmètre de la censure. Les podcasteurs (ou « créateurs de contenus ») sont maintenant dans la ligne de mire de Martin Ajdari. Le président de l’Arcom dit vouloir réfléchir à « de nouvelles règles pour la campagne 2027 » afin d’encadrer ces empêcheurs de penser en rond. L’étau se resserre. L’Arcom donne parfois l’impression de n’être plus qu’une officine politico-policière aux ordres d’un groupe d’individus redoutant de perdre le pouvoir. Et la liberté d’expression plus qu’une expression souvent utilisée par ces mêmes individus pour tenter de dissimuler leurs méfaits, à savoir le contrôle total des médias pour une diffusion exclusive de la doxa progressiste.

Pour notre bien

Le projet stratégique 2026-2028 de l’Arcom est un projet purement orwellien : sous prétexte de « protéger les citoyens » et de leur garantir le « droit à un accès effectif à une information fiable et pluraliste et à des médias libres et indépendants », l’agence s’autorise à définir ce qui relève du pluralisme ou non, à mettre en cause les lignes éditoriales de certains médias, à poursuivre ceux qui délivrent « des contenus illicites et des dynamiques haineuses, y compris diffuses » ou ce qu’elle jugera être des « contenus toxiques », à renforcer « la capacité collective à analyser et combattre la désinformation », en particulier via « son action en matière d’éducation à la citoyenneté numérique (sic) en partenariat notamment avec l’Éducation nationale », et, il fallait le souligner, à « garantir l’indépendance, l’impartialité et l’exemplarité du service public ». Éduquer la population, contrôler les médias, censurer les dissidents au nom de la démocratie et des libertés fondamentales des citoyens – un slogan orwellien vient naturellement à l’esprit, qui pourrait servir de devise à l’Arcom : la censure, c’est la liberté d’expression.

Qui dit officine politico-policière, dit mouchards. L’Arcom, noyautée par la gauche socialiste et la macronie, n’en manque pas. Reporters sans frontières, Conspiracy Watch et SOS Racisme sont parmi les plus actifs. En plus d’une surveillance assidue des réseaux sociaux et des médias numériques, ces associations, financées pour une grande part avec l’argent des contribuables, scrutent quotidiennement les médias Bolloré, CNews en particulier. Le moindre « dérapage », la plus petite « désinformation », la plus infime « absence de pluralisme », sont signalés à l’Arcom. On réclame des avertissements, des réprimandes, des amendes. On espère des sanctions qui, à terme, pourront conduire à une interdiction d’émettre sur la TNT. Les écologistes les plus bornés et les plus opportunistes ne pouvaient pas ne pas se joindre à cette bande de sycophantes.

Le climat ? Au moins 20% du temps d’antenne !

En collaboration avec la Fondation Jean-Jaurès, l’association écologiste QuotaClimat (1) vient de saisir l’Arcom contre CNews au motif que la chaîne d’info sous-traiterait les sujets sur l’environnement et multiplierait les « mésinformations » sur le climat. Pour prouver ses dires, cette association a réalisé une étude qu’elle juge inédite et impartiale. Après avoir visionné, en juillet 2025, 75 heures de séquences sur l’environnement sur CNews, BFMTV, LCI et Franceinfo, elle accuse CNews de n’avoir consacré que 2 % de son temps d’antenne à l’environnement, contre 4,9 % pour France info – voilà qui ne peut faire que tiquer une association qui milite depuis des années pour que 20 % du temps d’antenne des médias audiovisuels soient consacrés aux « enjeux environnementaux et à l’urgence climatique ». QuotaClimat reproche ensuite à CNews d’être la chaîne la moins favorable aux énergies renouvelables « présentées comme inefficaces ou inutiles en raison de leur intermittence, responsables d’une explosion des prix ou génératrices de blackouts ».L’association s’en remet à la Commission de la régulation de l’énergie et au Giec pour décréter que toutes ces affirmations sont erronées et relèvent de la désinformation. Or, ces informations sont vraies, étayées par les nombreuses analyses de chercheurs renommés, de spécialistes des dossiers énergétiques, d’anciens dirigeants d’EDF ou, tout simplement, par la réalité des faits (2) !

CNews pointe du doigt la ségrégation sociale engendrée par les ZFE : c’est mal. CNews valorise notre parc nucléaire au détriment des parcs éoliens : c’est insupportable. CNews critique la décision européenne d’arrêter la production des véhicules à moteur thermique en 2035 : c’est répréhensible. Il semblerait bien que QuotaClimat reproche à CNews de ne pas avoir pris le Tournant environnemental préconisé par la direction de Radio France dans une charte stipulant que, se tenant « résolument du côté de la science », elle sort « du champ du débat la crise climatique, son existence comme son origine humaine » et considère que cette dernière est « un fait scientifique établi, pas une opinion comme une autre ». Radio France ne risque pas de se voir malmenée par QuotaClimat, association créée en 2022 par Eva Morel, Lola Morel et Anne-Lise Vernières. Ces anciennes attachées parlementaires macronistes formées à Sciences-Po ont immédiatement pu bénéficier d’une aide financière publique provenant de l’Ademe, du ministère de la Culture et de… l’Arcom ! Par ailleurs, pour laisser accroire à une grande impartialité et à une parfaite objectivité de leur part, ces dames se flattent de se référer aux chiffres de l’Observatoire des Médias sur l’Écologie mais omettent de préciser qu’elles sont à l’origine de la création de cette énième officine d’espionnage écolo et que celle-ci est entièrement financée par la Caisse des dépôts, l’Ademe, le ministère de la Culture et… l’Arcom ! L’année prochaine, après que, espérons-le, les Français se seront débarrassés de leurs tourmenteurs, un grand et définitif ménage serait bienvenu dans ce petit monde se gobergeant aux frais des contribuables.

Écologie politique

Rédigée par Théodore Tallent, chercheur en science politique affilié à l’École du climat de Sciences Po (sic) et co-directeur de l’Observatoire de l’urgence climatique et sociale de la Fondation Jean Jaurès, la conclusion de cette « enquête » est un petit bijou de manipulation idéologique et de distorsion du sens. Son usage abusif des mots science, consensus, réalités ou vérités scientifiques, peut éblouir une âme simple ; il ne trompera pas le lecteur attentif et critique des brochures dogmatiques actuelles, en particulier celles issues de l’écologisme, et qui sait ce qui se cache derrière ce procédé lyssenkiste. Extraits : « Lorsque les médias offrent peu de contradiction ou, à l’inverse, mettent en scène une contradiction artificielle entre science et opinion, les attitudes à l’égard du climat tendent à se durcir plutôt qu’à se nuancer » – la science en question ne peut naturellement être que celle issue des « connaissances scientifiques validées par le Giec » et des « experts » de plateaux de télé poussant des hauts cris à chaque canicule censée prouver le « dérèglement climatique » ; l’opinion, elle, est représentée aussi bien par les journalistes que par les chercheurs réfutant tout ou partie des conclusions du rapport du Giec et questionnant les causes du changement climatique en dehors de celles imputées aux seules « activités humaines », et par tous ceux qui remettent en cause les décisions prises par des dirigeants obnubilés par la « transition écologique » et la « décarbonation ». Il y a donc, pour M. Tallent, « un pluralisme malhonnête, vecteur de désinformation lorsqu’il légitime une fausse équivalence entre le consensus scientifique et des positions minoritaires qui le contestent ». Ce faux pluralisme, écrit-il, « met en scène des désaccords sur des réalités scientifiquement établies et ne favorise pas la délibération, il la paralyse ». De plus, il fallait bien en arriver là, cela « renforce les attitudes politiques les plus polarisées, notamment à l’extrême droite ». Selon le comité de surveillance de QuotaClimat, l’Arcom se doit d’agir ; elle ne saurait « tolérer un pluralisme défaillant [compromettant] la transition écologique » ou accepter que « le débat se structure autour de camps antagonistes, au détriment d’une discussion sur les modalités concrètes de la transition, ses temporalités et ses bénéfices potentiels ». Il convient d’empêcher par tous les moyens possibles un « ralentissement de l’acceptabilité sociale des transformations nécessaires ». En résumé et en clair, non seulement les médias audiovisuels doivent réserver 20 % de leur temps d’antenne à la propagande écologiste, mais, de plus, il doit leur être expressément interdit de contredire les conclusions du rapport du Giec et de remettre en cause le dogme anthropique du changement climatique, de critiquer les politiques énergétiques françaises et européennes en faveur des énergies dites renouvelables et de tenter de démontrer leurs effets désastreux sur l’industrie, l’agriculture et, globalement, sur la vie des Français. Interdiction également de souligner les avantages, en termes de coûts, d’indépendance et de souveraineté, de l’énergie nucléaire – domaine dans lequel la France excellait avant les décisions catastrophiques prises par François Hollande et Emmanuel Macron pour obéir lâchement aux injonctions des écologistes français et des dirigeants allemands. Toute entorse à ce catalogue non exhaustif de prohibitions sera impitoyablement signalée à l’Arcom par l’agence de surveillance QuotaClimat, laquelle espère que les sanctions les plus sévères seront prises à l’encontre des contrevenants, en particulier son ennemi juré CNews.

Petits despotes

L’écologisme est une idéologie despotique essentiellement relayée par des jeunes gens issus de milieux privilégiés qui, après avoir suivi un cursus scolaire imprégné d’écologie, ont achevé leurs études dans ce qui est devenu l’antre de tous les dogmes progressistes – wokisme, décolonialisme, écologisme – à savoir Sciences Po. Nombre d’universités, soucieuses de copier les lieux où sont formatées nos futures « élites », accueillent dorénavant dans leurs murs des départements d’études sur le genre, sur le décolonialisme ou sur la transition écologique, desquels sortent les mêmes profils d’individus endoctrinés et opportunistes. Inaptes au travail, improductifs, ces derniers n’ont pas d’autre but que de noyauter, voire de créer des mouvements militants, associations ou ONG inondées d’argent public ou soudoyées par des entreprises privées y trouvant leur compte. L’entre-soi est total et les carnets d’adresses utiles se remplissent au fil de rencontres intrigantes avec certains syndicats, mouvements politiques ou associations militantes déjà en place.

QuotaClimat est un exemple parfait de ce qui peut se faire de pire : doctrinaire et intolérante, cette association s’apparente à un mouvement sectaire quasi-religieux. Inquisitoriale, elle n’hésite pas à dénoncer et à exiger l’excommunication de tous ceux qui s’opposent à son dogme. Comme tout mouvement ayant des penchants totalitaires, elle use et abuse du mot science, mot qui ne désigne plus alors une recherche critique de la vérité mais une Vérité établie, indiscutable et incontestable, asservie à son idéologie – quiconque la réfute ou, simplement, l’interroge, sera considéré comme un hérétique. S’appuyant sur des alliés influents et rémunérateurs qui espèrent en retour une collaboration étroite dans le contrôle des médias et des réseaux sociaux, ainsi que dans l’éducation, voire la rééducation de la population, elle est, intrinsèquement, une organisation partisane, policière et liberticide. Bref, dans certains pays, sous certains régimes, cette antichambre de la Police de la Pensée ne dépareillerait pas et aurait tout à fait sa place…


(1) J’ai récemment décrit cette association dogmatique, inutile, voire nuisible, dans ces colonnes : https://www.causeur.fr/demandez-le-programme-informationnel-de-quotaclimat-332305

(2) Le black-out électrique qu’ont subi l’Espagne et le Portugal en avril 2025 (plus de quinze heures sans électricité, provoquant l’arrêt de toute activité et la mort de 147 personnes) est dû à une production excédentaire, ingérable et incontrôlable des énergies dites renouvelables. Un rapport de la société qui gère le réseau espagnol soulignait déjà, en mai 2024, le risque accru de pannes fréquentes et graves causées par la dépendance croissante aux énergies intermittentes – le gouvernement espagnol se targue que ces dernières représentent environ la moitié de son mix énergétique et espère atteindre les 80 %. Problème : ces énergies intermittentes présentent l’inconvénient majeur de ne pas être pilotables. Impossible, avec elles, d’assurer la stabilité en tension et en fréquence du réseau. La presse et les écologistes n’ont pas cru bon de nous en informer mais… l’Espagne a à nouveau frôlé la catastrophe le 28 janvier dernier : des rafales de vent supérieures à 100 km/h (tempête Kristin) ont activé l’arrêt automatique d’une partie du parc éolien, faisant chuter drastiquement la production électrique. Résultat n°1 : la remise en marche des centrales à gaz n’a pas suffi à compenser la perte et, pour assurer le flux vers les particuliers, le gestionnaire du système électrique espagnol s’est vu obliger de ralentir ou de carrément couper l’alimentation des plus gros consommateurs industriels, mettant en péril l’existence de centaines d’entreprises. Résultat n° 2 : ce type de coupures se multipliant, il est prévu d’indemniser les entreprises concernées. Ces indemnisations seront payées par tous les Espagnols qui vont devoir participer au remboursement d’une première facture s’élevant à 775 millions d’euros. Une nouvelle flambée des factures d’électricité est d’ores et déjà prévue en Espagne : d’abord pour continuer de subventionner la « transition énergétique » ; ensuite pour indemniser les victimes collatérales de cette transition. Si l’on suit les préconisations des écologistes et de QuotaClimat, voilà ce qui pend au nez des Français qui ont déjà vu leurs notes d’électricité multipliées par deux en à peine quinze ans.

Ce que vous risquez vraiment en raison du vaste piratage qui concerne des millions d’abonnés Linky

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Alors qu’une fuite d’ampleur frappe un prestataire de services en France, des millions d’informations d’abonnés se retrouvent sur le marché noir. Si le compteur communicant n’est pas directement piraté, les menaces d’escroquerie pour les foyers français n’en restent pas moins bien réelles.

Piratage et vols des donnés du compteur Linky : ce qui s’est vraiment passé

C’est une attaque informatique majeure qui vient d’agiter le secteur de la cybersécurité. Comme le révèlent plusieurs médias spécialisés dont Frandroid et Le Journal du Geek, un pirate revend une base de données de 34 Go contenant environ 10 millions de fiches de clients français.

Contrairement aux premières idées reçues, ce n’est pas le réseau central d’Enedis ni les serveurs d’Orange ou de Bouygues Telecom qui ont été franchis, mais les systèmes informatiques de l’un de leurs prestataires clés : le groupe Solutions30, spécialisé dans l’installation et l’entretien des équipements numériques et électriques. Parmi les informations dérobées figurent des données d’identification classiques mais précieuses : noms, prénoms, adresses postales, numéros de téléphone, adresses e-mail, ainsi que des détails sur la nature des interventions techniques réalisées aux domiciles.

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Piratage « Linky » : quels sont les risques réels pour les abonnés ?

Pour les millions d’abonnés concernés, le danger ne réside pas dans une coupure d’électricité à distance, mais dans l’exploitation frauduleuse de ces données personnelles.

  • Le phishing hyper-ciblé (hameçonnage) : Disposant à la fois de votre nom, de votre adresse et du nom de votre fournisseur, les escrocs peuvent concevoir des e-mails ou des SMS d’une crédibilité redoutable (relances de factures, demande de régularisation ou suivi de dossier).
  • L’usurpation d’identité : La combinaison de ces coordonnées facilite la souscription de contrats frauduleux à votre insu.
  • L’arnaque au « faux technicien » à domicile : C’est le risque le plus physique. Munis de vos informations exactes d’intervention, des individus malveillants peuvent se présenter chez vous sous le prétexte d’un contrôle du compteur Linky ou d’un raccordement fibre pour vous soutirer de l’argent ou s’introduire dans votre logement.

Piratage « Linky » : ce que ces risques disent du compteur (et des failles de la numérisation en France)

Cet incident permet de réaffirmer une vérité technique essentielle : le compteur Linky lui-même n’est pas en cause dans cette fuite. Comme l’a rappelé l’AFP dans plusieurs enquêtes de vérification, les théories complotistes ou les rumeurs prêtant au boîtier jaune des capacités de piratage direct de votre vie privée ou de surveillance intrusive en temps réel relèvent du fantasme. Le boîtier ne collecte que des données de consommation globale strictement encadrées par la CNIL.

En revanche, cette affaire met en lumière la véritable vulnérabilité du modèle : la chaîne de sous-traitance. Si le cœur du réseau est ultra-sécurisé, la multiplication des prestataires privés stockant des millions de fichiers clients crée autant de failles potentielles dans la sécurité numérique nationale.

« J’ai peur du premier mort », quand un ancien agent de la DGSE alerte sur la violence des blocus lycéens

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Alors que les tensions s’accumulent face au blocus des lycées, Pierre Martinet, ancien agent du service action de la DGSE, alerte sur la surenchère de la violence aux abords des établissements. Pendant que la contestation s’installe, la réalité du terrain se rapproche dangereusement du drame. Il dit craindre un mort.

Invité à s’exprimer sur l’escalade des affrontements et les débordements en marge des rassemblements lycéens, Pierre Martinet n’a pas usé de la langue de bois habituelle des plateaux. L’ancien membre de la DGSE a posé un diagnostic brutal, disant craindre de graves dérapages en marge des manifestations de lycéens, d’ailleurs récemment soutenues par Greta Thunberg ou Bally Bagayoko comme le souligne RTL. L’expert estime ainsi qu’une « certaine presse » et que certaines figures politiques alimentent une « situation pré-insurrectionnelle ». Selon lui, les actions des casseurs contribuent à légitimer la violence autant qu’à déstabiliser les institutions françaises. Il évoque également ce qu’il juge être les différents « projets » de la manifestation, évoquant des formes d’entrisme communautaire.

Pierre Martinet juge ainsi que la presse « alimente les cerveaux », sans jamais remarquer l’objectif final de ces manifestations qui, selon lui, n’a pas grand-chose à voir avec le manque de professeurs ou de moyens. Il soutient de fait qu’il s’agit avant tout, comme souligné précédemment, de déstabiliser l’institution. Sur le plateau de CNews, où il s’est exprimé dans la journée, il assure avoir « peur du premier mort », insistant d’ailleurs sur le fait que celui-ci pourrait désormais « arriver à n’importe quel moment ».

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Blocus lycéen et risque de décès : entre romantisme révolutionnaire et réalité sécuritaire

Cette mise en garde intervient alors que plusieurs figures politiques ou syndicales continuent d’encadrer ou d’encourager la mobilisation. Mais sur le bitume, la grille de lecture théorique du « droit à la protestation » se heurte à la tactique d’affrontement systématique.

En soulignant la présence de profils rompus aux modes opératoires de guérilla urbaine — à l’image des méthodes du black bloc —, Pierre Martinet pointe du doigt l’aveuglement collectif : utiliser des mineurs ou des abords de lycées comme boucliers ou théâtres d’affrontement politique expose directement la jeunesse au drame absolu.

Risque de mort face aux blocus lycéens : l’impuissance de la réponse publique ?

Quand un ancien professionnel du renseignement en vient à redouter un bilan humain tragique pour des blocus scolaires, la question de la responsabilité des organisateurs et des pouvoirs publics ne se pose plus de façon abstraite. La stratégie de laisser-faire ou du maintien de l’ordre au coup par coup montre ses limites dès lors que la sécurité élémentaire des élèves n’est plus garantie.

« Le Crépuscule des dieux » à l’Opéra de Paris: la musique à la rescousse d’une mise en scène en déroute

Ultime étape d’une bien funeste équipée que ne sauvent que les voix remarquables de la plupart des interprètes, Le Crépuscule des dieux ne parvient pas à éviter l’accablante déroute de l’ensemble de la Tétralogie.


Il n’est pas venu saluer, Calixto Bieito, le soir de la première de Götterdämmerung (Le Crépuscule des dieux), ultime ouvrage de la Tétralogie de Richard Wagner, Der Ring des Nibelungen (L’Anneau du Nibelung). Le metteur en scène avait pourtant laissé entendre qu’il se présenterait au public à l’issue du quatrième ouvrage. Mais peut-être pensait-il ne sacrifier à cet usage que lorsque l’ensemble du Ring des Nibelungen sera exécuté dans son intégralité en novembre prochain à l’Opéra Bastille.

Peut-être aussi redoute-t-il de s’entendre conspuer par le public avec une violence telle qu’il porterait ce déshonneur pour le restant de ses jours, tant ses réalisations des quatre volets de la Tétralogie sont accablantes de vacuité.

Les Nornes, sombres et sévères

Pourtant, cette production du Crépuscule des dieux, sans être pour autant cohérente et moins encore convaincante, et bien qu’offrant des tableaux qui trahissent furieusement l’impuissance de la mise en scène, est la seule de toute cette Tétralogie à avoir ménagé quelques scènes dignes d’attention.

La première d’entre elles découvre les trois Nornes, sombres et sévères, portant des robes à crinoline noires à pois blancs, surgissant des ténèbres qui enveloppent un gigantesque métier à tisser : celui d’où provient le fil du destin que les Parques germaniques laissent glisser entre leurs doigts. Sobre, très classique au fond, mais survenant après tant d’autres scènes aussi lamentables que vaines dans les ouvrages précédents, la première scène du Crépuscule des dieux apparaît ainsi très belle sur le plan théâtral, alors que les cantatrices (Aude Extrémo, Marie-Andrée Bouchard-Lesieur, Sinéad Campbell-Wallace) mêlent dramatiquement leurs belles voix pour dire la terrible destinée de leur parentèle divine.

Une image saisissante

Autre scène dans le palais des Gibichungen, où la projection d’images révèle une impressionnante architecture de type totalitaire au sein de laquelle se meuvent Gunther (Johannes Martin Kränzle) et Gutrune, sa sœur (Sinéad Campbell-Wallace encore), aussi admirables vocalement qu’excellents acteurs. Lui, velléitaire, veule et pitoyable ; elle, très belle et quelque peu lubrique, auprès de leur demi-frère, Hagen (l’éminent Mika Kares), le bâtard à la haine froide — trop froide peut-être pour être terrifiante —, fils d’Alberich (l’excellent Brian Mulligan). À la fin de l’acte, quand Siegfried envoûté part reconquérir son épouse Brünnhilde au bénéfice de Gunther, et alors que le plateau pivote lentement, assis dans la pénombre, immobiles et muets, Gutrune et Hagen, les conspirateurs, offrent une image saisissante.

Une chorégraphie savante

Enfin, au troisième acte, à l’issue de la chasse, Siegfried tombe nez à nez avec les Filles du Rhin (Margarita Polonskaya, Isabel Signoret, Katharina Magiera) qui vont le supplier de leur rendre l’Anneau. Point ici de fleuve ni d’activité cynégétique : les trois nixes, élégamment vêtues (l’une d’elles porte une robe dans l’esprit New Look de Christian Dior), dressent la table d’un banquet qui est plus qu’un simple repas de chasse, dans une sorte de chorégraphie savante et très esthétique. Ce banquet durant lequel Hagen tue traîtreusement Siegfried, gisant bientôt sur la table et veillé par les Nornes et les nixes, offre une vision qui pourrait être d’une grande force si la direction d’acteurs évitait les grimaces et autres singeries imposées à l’assemblée des déesses.

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Cependant, aussi réussies soient-elles sur le plan théâtral, ces scènes n’occultent pas l’absence d’une lecture solide du Crépuscule des dieux. Ce ne sont là que de très jolies vignettes plaquées au cœur d’une production sans consistance. Elles apparaissent toutefois comme des moments de grâce après tant de scènes déplorables subies au cours des précédents ouvrages.

Si beau, si fort, si désirable

On n’a jamais fait de Siegfried un intellectuel, et on le situerait plutôt, sur ce plan-là, au niveau moyen d’un footballeur. « Si beau, si fort, si désirable », mais tellement niais, se moquent à son propos les Filles du Rhin pour mieux lui tourner le dos. Faut-il pour autant le réduire à n’être qu’un pitre, un fier-à-bras vantard ? Effacer tout ce que le jeune héros, dans sa naïveté et sa fraîcheur, peut dégager de touchant, de poétique ? Le réduire à une simple caricature dont on n’est pas vraiment fâché d’être débarrassé, en contradiction absolue avec le mythe et avec tout ce que la musique dit de lui ? Comment alors être affecté par son chant mortel après qu’il a été frappé traîtreusement par Hagen ?

Les qualités vocales de celui (Andreas Schager) qui interprète un Siegfried par ailleurs beaucoup trop mûr et sans grand charisme sont en partie effacées par l’image qu’on lui a dit de donner de son personnage. On est au théâtre : si l’on saccage gratuitement ce qui fait la beauté ou la grandeur d’un héros, comment son chant pourrait-il encore émouvoir ?

Un moule à tarte

Même chose avec Brünnhilde (Tamara Wilson), ridiculisée par une effroyable tenue, et qu’au premier acte l’on fait stupidement jouer avec l’Anneau — ici grand comme un moule à manqué —, tout comme le Maure imbécile et brutal joue avec sa balle dans le Pétrouchka de Fokine.

Herwig Prammer / OnP

Dans les ultimes moments du Crépuscule des dieux, alors que la Walkyrie déchue chevauchant Grane, son cheval, se lance dans le feu qu’elle a déclenché autour du corps de Siegfried ; quand ce feu se propage au Walhalla où périra l’assemblée figée des dieux et des héros ; quand le Rhin déborde de son lit pour noyer l’incendie avant qu’il ne ravage le monde, et alors que les nixes vont retrouver l’Anneau parmi les cendres et précipiter Hagen dans les flots, le metteur en scène, pour seule réponse à ce déferlement de cataclysmes, n’a rien trouvé de mieux que de planter Brünnhilde seule sur le proscenium. Il la fait ensuite tournoyer sur elle-même jusqu’à la faire disparaître en fond de scène, avec autour du cou ce Ring qui ressemble à un moule à tarte et, sous le bras, la tête d’un pitoyable cheval de bois qu’elle a dûment enveloppée de bandes Velpeau. C’est tellement infantile que c’en est accablant.

Azincourt ou la Bérézina

Devant une musique solennelle aux accents voulus sublimes, apparemment sourd à une œuvre qui manifestement le dépasse, le metteur en scène, les bras ballants, se laisse benoîtement submerger sans rien avoir à proposer en retour. Un tel degré d’impuissance serait à enregistrer dans le Livre Guinness des records, comme pourrait l’être la vacuité de cette énorme production qui a sans doute coûté fort cher à l’Opéra de Paris, aurait dû être un formidable événement pour son rayonnement, mais se révèle être un désastre valant bien Azincourt, la Bérézina ou Sedan. Comme frappés par l’inanité de ce qui se déroule sur scène, le chef d’orchestre, Pablo Heras-Casado, et l’Orchestre de l’Opéra paraissent presque atones parfois, sans ferveur ni frémissement au cours de ces pages écrites pour donner la mesure de la chute des dieux.


Le Crépuscule des dieux / Götterdämmerung

Opéra de Paris-Bastille, le 18 octobre.
Puis reprise de l’ensemble du Ring des Nibelungen du 6 au 22 novembre 2026.

Retraites : plus de 400 milliards par an, 14 % du PIB… le poids vertigineux des pensions dans les comptes de la France

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Plus de 400 milliards d’euros par an, autour de 14 % de la richesse nationale et près d’un quart de la dépense publique : au moment où le budget remet les retraités au centre du débat, les chiffres de Bercy permettent de mesurer le poids du système de pensions. Le rapport publié cet été avec l’appui de l’Inspection générale des finances montre en parallèle qu’à politique inchangée le déficit public pourrait atteindre 6,8 % du PIB en 2030.

La bataille politique sur les retraites porte souvent sur quelques milliards d’économies ou de recettes. L’ordre de grandeur du système lui-même est tout autre. Les dépenses brutes de retraite dépassent désormais 400 milliards d’euros par an et représentent autour de 14 % du PIB. Une analyse citant les données du Sénat évalue leur poids à 24,4 % de l’ensemble des dépenses publiques en 2024, contre 21,8 % en 2002. Autrement dit, près d’un euro de dépense publique sur quatre est lié aux retraites lorsque l’on considère l’ensemble des régimes légalement obligatoires.

Le rapport rendu en juillet par Xavier Jaravel, Xavier Ragot, Jean-Luc Tavernier et Natacha Valla, avec l’appui de l’Inspection générale des finances, permet de replacer ce poids dans une trajectoire beaucoup plus large. À politique inchangée, le déficit public atteindrait 5,9 % du PIB dès 2027 puis 6,8 % en 2030. L’IGF identifie plusieurs moteurs : la charge de la dette, qui passerait de 78 milliards d’euros en 2026 à près de 125 milliards en 2030, la montée en puissance des crédits militaires, mais aussi le dynamisme tendanciel des dépenses de retraites et de santé. Les quatre économistes évaluent à environ 125 milliards d’euros l’effort nécessaire pour stabiliser le ratio de dette sur PIB à l’horizon 2032.

Ces ordres de grandeur ont immédiatement une traduction politique et alimentent les échanges sur les réseaux sociaux. Parmi les réactions partagées autour du poids des retraites et de la répartition de l’effort budgétaire figurent notamment celles de Rayan Nezzar et du compte Pulp Liberal. Leur circulation illustre un débat devenu central : faut-il considérer les retraites comme l’un des premiers postes sur lesquels agir pour redresser les comptes, ou rappeler qu’elles correspondent à des droits financés par les cotisations et que le déséquilibre des finances publiques ne peut être imputé aux seuls retraités ?

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Dépenses publiques et poids des retraites dans le PIB : un problème avant tout démographique ?

Une étude de la Direction générale du Trésor publiée le 8 octobre ajoute surtout un problème démographique difficile à contourner. La France comptait plus de quatre cotisants pour un retraité en 1990. Le ratio n’est plus que d’environ 2,5 en 2025 et atteindrait 1,6 en 2070. Le déficit du système de retraite était déjà de 5,1 milliards d’euros en 2025 et, selon le Trésor, continuerait à se creuser jusqu’en 2070 en l’absence de nouvelles mesures. La France fait en outre partie des pays de l’Union européenne consacrant la plus forte part de leur richesse au financement des retraites publiques.

Bercy rappelle trois familles de solutions déjà identifiées par le Conseil d’orientation des retraites : modérer les pensions, augmenter les cotisations sociales ou relever l’âge effectif de départ. L’étude du Trésor estime que seule la troisième option permettrait à la fois d’améliorer le solde du système et de stimuler l’activité économique. Elle précise toutefois qu’un départ plus tardif doit s’accompagner de mesures rendant le travail soutenable pour les salariés âgés. Le constat est d’autant plus sensible politiquement que la France combine un âge de sortie du marché du travail relativement précoce par rapport aux autres pays de l’OCDE et un niveau de vie des retraités proche de celui des actifs.

Poids des retraites dans le PIB : les autres raisons du dérapage des comptes français

Le rapport de l’IGF ne dit donc pas que les retraites expliquent à elles seules le dérapage des comptes français. La première pression qu’il identifie est même l’explosion de la charge d’intérêts. Mais il montre que le pays doit absorber simultanément la dette, la défense, la santé et une dépense de retraites structurellement poussée par le vieillissement. C’est ce cumul qui rend les arbitrages budgétaires si difficiles : chercher quelques milliards dans les agences de l’État ou dans de nouvelles taxes ne change pas l’échelle d’un système de pensions supérieur à 400 milliards d’euros par an.

Le débat devrait donc continuer à se concentrer sur une question politiquement explosive : comment répartir l’effort ? Le rapport appuyé par l’IGF souligne lui-même qu’un ajustement de 125 milliards d’euros ne peut reposer sur un levier unique. Avec une dette qui continuerait de progresser, une charge d’intérêts proche de 125 milliards en 2030 et un ratio démographique qui se dégrade, les retraites reviendront inévitablement dans chaque discussion sérieuse sur les finances publiques françaises.

Marianne: 46% des musulmans sur le départ en cas d’élection de Marine Le Pen

Cette semaine, un sondage exclusif publié par l’hebdomadaire Marianne1 joue à nous faire peur. Marine Le Pen affirme qu’elle n’interdirait pas le voile dès son accession au pouvoir mais soumettrait la mesure à référendum.


C’est un sondage qui va faire l’effet d’une bombe. Dans son numéro daté du 15 octobre 2026, Marianne publie une enquête IFOP qui examine l’état des esprits à six mois de la présidentielle autour d’un thème : l’identité.

Port du voile, désobéissance civile et même tentation du départ parmi les ressortissants musulmans : l’hebdomadaire ne s’est interdit aucun tabou.

Contre le voile, tout contre

Premier axe de l’enquête : la visibilité de l’islam. Le mois de septembre a été marqué par le retour de la querelle du voile, ressuscitée par accident par Jean-Philippe Tanguy. Tous étaient tombés sur le député RN, à commencer par Bruno Retailleau, qui avait qualifié de démagogique et de populiste sa proposition d’en interdire le port dans la rue. Quelques semaines plus tard, le sondage IFOP laisse pourtant penser que l’opinion est sur ce sujet plutôt dans le camp RN : 53% des sondés se disent opposés au port du voile dans la rue. Une analyse à nuancer lorsqu’on la regarde sous un prisme générationnel : 56% des membres de la Gen Z, nés entre 1997 et 2010 ne voient pas d’inconvénient à la libre déambulation dans les rues de femmes voilées. Indice de l’importance de la part musulmane parmi ces classes d’âge, mais aussi de la diffusion d’une conception anglo-saxonne de la laïcité parmi les jeunes générations.

Les militantes islamistes en faveur du voile dans le foot, devant le Sénat, janvier 2022. Image: capture d’écran YOUTUBE / Le Parisien.

Parmi les propositions phares des candidats, plusieurs débordent de leur socle électoral d’origine. Ainsi, le sondage de nos confrères apporte aussi des résultats très surprenants chez les sympathisants de M. Mélenchon ou M. Glucksmann quant à l’interdiction de l’abaya dans les collèges et lycées publics défendue par Gabriel Attal, ou l’interdiction du port de signes religieux ostensibles lors des compétitions sportives défendue par Bruno Retailleau.

A lire aussi: Lycéens et «antifascistes» de carnaval: le Bien entre en campagne

On observera par ailleurs avec amusement que les derniers reliquats de « républicanisme à l’ancienne » présent dans le programme de Jean-Luc Mélenchon obtiennent la sympathie de l’opinion, comme par exemple l’abrogation du Concordat en Alsace-Moselle (et donc l’arrêt du financement d’écoles confessionnelles dans ces territoires), avec un score de 64%, mais lui font perdre une bonne partie de sa base électorale, puisque seulement 49% de ses soutiens acquiescent cette mesure… Étonnant, lorsque l’on sait que l’islam ne fait pas partie des cultes reconnus par le Concordat. « Les électeurs insoumis semblent devenus hostiles à toute forme de mesure pro-laïcité, comme si elles étaient automatiquement perçues comme potentiellement “islamophobes” », souligne François Kraus, directeur adjoint du département « Opinion » de l’Ifop.

Près de la moitié des musulmans prêts à partir

Les conséquences et les réactions à une hypothétique victoire de Marine Le Pen ont également été mesurées. Selon 81 % des musulmans, l’élection de la candidate RN entraînerait une hausse des agressions et des discriminations contre les adeptes de leur religion. Un peu plus d’un quart (27 %) d’entre eux en viendraient alors à dissimuler leur appartenance religieuse. Mais la véritable trouvaille de l’enquête est la suivante : 46 % d’entre eux envisagent de quitter le pays, contre 21 % pour l’ensemble de la moyenne nationale, en cas d’accession à l’Élysée de la députée de la 11ᵉ circonscription du Pas-de-Calais. La part de la population juive tentée par l’exil est également indiquée et non négligeable, mais peut être expliquée moins par crainte du RN lui-même que par les conséquences et l’instabilité créées par cette victoire. Les musulmans ne seraient pas les seuls à être mal à l’aise en cas de succès lepeniste.

Un tableau qui montre que les crispations identitaires seront au centre de la campagne qui s’ouvre. Où l’on peut voir que progressivement, la vieille ligne de fracture entre droite et gauche s’est amenuisée au profit de clivages ethnico-religieux et générationnels.


  1. Enquête Ifop pour Marianne auprès de 9689 personnes âgées de 18 ans et plus représentatives de la population française, effectuée par questionnaire auto-administré en ligne du 25 au 30 septembre 2026. ↩︎

Le keffieh de Greta au lycée

Alterte ingérence étrangère !! La petite Suédoise teigneuse révoltée contre le voyage en avion et la situation à Gaza est apparue hier, en Seine-Saint-Denis, pour soutenir nos lycéens. « How dare you ? » a-t-elle pesté contre la police nationale qui ose reprocher à certains lycéens de casser, brûler ou de lui lancer des pierres. En sacralisant la colère des jeunes ou la cause palestinienne, l’islamo-gauchisme entend entretenir une culture de l’affrontement où l’autorité républicaine devient coupable par principe, analyse Charles Rojzman.


Il ne manquait plus qu’elle. Greta Thunberg arrive devant le lycée Paul-Éluard de Saint-Denis (93), le 13 octobre, un keffieh sur les épaules. Les élèves demandent des professeurs ; elle apporte la Palestine. Ils réclament les moyens d’apprendre ; leur colère entre dans un récit où le monde établi est coupable et la jeunesse acquittée d’avance. Les écoles ont leurs misères, et la République doit répondre de ses défaillances. Mais les attaques contre les policiers ne sont pas des revendications scolaires. La pierre lancée contre un homme ne devient pas une demande de justice parce que la main qui la lance est jeune. Lorsque le policier est traité comme un occupant, lorsque l’affrontement devient une preuve de courage, se dessine le glissement vers une « intifada » intérieure, empruntant au combat palestinien sa figure de l’ennemi. Cette innocence politique n’est pas accordée par les adultes dans leur ensemble. Elle est entretenue par l’extrême gauche et une partie de la gauche qui mènent un combat culturel : présenter l’autorité comme une oppression, l’héritage comme une faute, la révolte comme une vertu. La jeunesse leur fournit une force et un visage ; elles lui proposent une explication du monde où le coupable est toujours ailleurs. Sur Twitter, le maire lfiste de Saint-Denis M. Bagayoko a salué la présence de Greta Thunberg, et proclamé sa ville « capitale de la résistance et de la convergence des luttes ».

Une accusation pour toute éducation

Voici donc la vieille promesse : les enfants sauveront le monde que leurs pères ont souillé. On leur donne l’innocence en héritage, et pour toute éducation une accusation. Leur colère devient un capital politique, leur impatience une arme, tandis que ceux qui les encouragent recueillent une ferveur dont d’autres paieront le prix. Les entreprises totalitaires ont souvent convoqué cette pureté. L’encadrement nazi travaillait à réduire l’influence des parents et des maîtres ; Mao mobilisait les étudiants dans les gardes rouges. Les manifestations présentes ne sont évidemment pas ces régimes. Mais leur histoire nous avertit : on peut promettre aux jeunes l’émancipation pour obtenir leur obéissance, leur apprendre à mépriser les anciennes autorités afin de leur imposer la sienne… L’enfant vivant hésite, apprend, se trompe, recommence. L’enfant devenu emblème doit rester innocent pour que la cause reste irréprochable. S’il frappe, on invoquera sa blessure ; s’il menace, on expliquera sa colère. Les marchands d’innocence lui retirent ainsi cette dignité élémentaire : répondre de ses actes.

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Alliances

La Palestine entre dans ce récit comme une innocence déjà proclamée. Dans sa version radicale, les crimes du Hamas, son projet et les soutiens qu’il rencontre disparaissent derrière les souffrances invoquées. Les responsabilités diffèrent entre dirigeants, partisans et populations contraintes ; elles doivent être examinées, jamais ensevelies dans une innocence collective. Car la souffrance ne sanctifie pas un projet d’élimination. Le visage d’un enfant ne doit pas soustraire les chefs au jugement. Défendre les Palestiniens ne saurait exiger que l’on taise les crimes contre les Juifs ou que l’on accepte la disparition d’Israël. Les élus de LFI sont présents dans les cortèges. Autour de la Palestine et d’adversaires communs peut se nouer une convergence implicite avec les islamistes, dont les ambitions de domination échappent alors à la critique. Le keffieh ne prouve aucune direction islamiste du mouvement ; il invite à examiner les alliances que la ferveur dispense d’interroger.

C’est pas l’Ecole qui lui a dicté ses codes. Soumaya Sarré, porte-parole voilée de la fédération des lycéens de quartier, fait actuellement le tour des plateaux télé. Capture LCI.

Aimer la jeunesse exige de lui transmettre davantage qu’un ennemi. Attaquer les policiers, c’est aussi attaquer l’autorité qui garantit nos libertés ; présenter ces attaques comme une résistance, c’est préparer leur légitimation. Le combat culturel se joue là : défendre les institutions sans nier leurs fautes, et refuser à l’extrême gauche le privilège de parler au nom de toute la jeunesse.


Les lycéens veulent-ils vraiment plus de profs?

Parce qu’elle a osé rappeler quelques évidences à un lycéen gauchiste sur LCI, la prof de philo Bérénice Levet est moquée. À Aubagne (13), un élève de 14 ans maboule tire au fusil de chasse sur l’équipe éducative. À Saint-Denis (93), Greta Thunberg et son keffieh apportent un petit supplément d’islamo-gauchisme à un mouvement qui n’en avait pas franchement besoin. Fort de ses observations, Ivan Rioufol redoute dans sa chronique que l’enseignant ne soit finalement devenu la nouvelle cible de « lycéens » embrigadés dans notre société.


Bérénice Levet est un professeur menacé. Son tort : refuser de subir la tyrannie d’élèves déculturés. Docteur en philosophie, elle a osé, sur des plateaux de télévision, rappeler le rôle supérieur de l’enseignant dans la transmission du savoir. Elle m’écrit : « Je reçois des appels téléphoniques masqués (…) Je reçois également des courriers électroniques explicitement menaçants. » Son sort indiffère les médias. Bérénice Levet a notamment été confrontée sur LCI, la semaine dernière, à un jeune lycéen arrogant qu’elle a voulu remettre à sa place.

Elle dit : « Les adultes sont tétanisés par la hantise d’être en retard sur la jeunesse. Je n’imaginais pas que rappeler des vérités d’évidence – que la jeunesse est vide, creuse, qu’elle a besoin de recevoir l’essentiel de sa vie morale, intellectuelle et spirituelle des aînés, que former des héritiers était une nécessité et pour l’homme en son humanité et pour la continuité historique du pays dans lequel l’enfant entre en naissant – déclencherait une telle tempête. Et pourtant, je ne devrais pas être surprise, moi qui avais la généalogie de cette histoire dans mon Crépuscule des idoles progressistes… ».

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Là est le paradoxe de cet apparent « mouvement lycéen » qui réclame pour la galerie davantage d’enseignants. En réalité, des jeunes embrigadés incendient ou saccagent des lycées et des universités ; ils brutalisent des professeurs et des proviseurs : près de 150 d’entre eux ont été blessés depuis une semaine. La lente dévalorisation du rôle de l’enseignant fait désormais de cette profession un métier à risque. Les assassinats des professeurs Samuel Paty et Dominique Bernard par des islamistes semblent même avoir libéré les pulsions mortifères. Lundi, au collège Lakanal d’Aubagne (Bouches-du-Rhône), un élève de 14 ans, apparemment fasciné par les tueries de masse, a tiré au fusil de chasse sur le principal et une enseignante, les blessant grièvement.

L’École paie de son effondrement la conjonction de deux idéologies : le pédagogisme et l’islamisme. Le pédagogisme, issu de Mai 68, a mis l’élève au centre du système éducatif au détriment de l’autorité du maître ; l’islamisme, issu de l’immigration arabo-musulmane, a désigné l’enseignant comme le symbole d’une culture occidentale à rejeter. Aujourd’hui, l’observateur ne peut que constater l’expression publique, dans les rangs des lycéens, d’un palestinisme (keffiehs, drapeaux palestiniens, slogans anti-Israël, etc.) qui n’a rien à voir avec les revendications apolitiques de façade. Hier, la militante écologiste et pro-Hamas Greta Thunberg, 23 ans, keffieh sur les épaules, s’est jointe aux manifestants du lycée Paul-Éluard de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), ville dont Bally Bagayoko (LFI) est le maire. Partout, l’hyperviolence de l’islamo-gauchisme prend le moindre prétexte pour s’exprimer, dans ce qui se rapproche d’un affrontement civilisationnel. La guerre civile accélère ses répétitions quand Mathilde Panot (LFI) rappelle que le 17 octobre – journée censée accueillir des gilets jaunes – est aussi la commémoration pour les Algériens de la manifestation parisienne pro-FLN de 1961, qui se solda par une confrontation avec la police française et la mort de nombreux Algériens. Ce ne sont pas seulement les professeurs qui sont menacés. C’est la France.

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Le club des cinq

Même s’il n’a pas particulièrement brillé par son éloquence lors des trois débats organisés par la gauche, M. Glucksmann s’est magistralement imposé dans les urnes face à ses concurrents de la primaire. Le compagnon de la présentatrice vedette du 20 heures de France 2 a au moins le mérite d’écarter du chemin de la présidentielle une démagogue complaisante avec Vladimir Poutine que les Français connaissent bien… Récit.


Je n’ai pas lu les volumes de la Bibliothèque rose relatant les aventures de Claudine, Mick, François, Annie et du chien Dagobert durant mon enfance, mais j’en ai évidemment entendu parler. En revanche, je n’ai raté aucun des épisodes de la série « Primaire de la gauche » diffusés ces dernières semaines sur nos chaînes d’information. Trois épisodes, cela fait cinq ou six heures devant l’écran. C’est éprouvant, mais je m’impose ce genre de discipline.

Éthique et danse du ventre

Ce sont mes professeurs du lycée et de la fac qui m’ont expliqué qu’on ne pouvait prétendre avoir un avis sur des films que l’on n’avait pas vus. De même qu’il n’est pas sérieux de s’autoriser à donner son avis sur l’œuvre de Proust si on n’a pas lu À la recherche du temps perdu, ou sur Céline si on n’a pas suivi le parcours de l’écrivain qui va du Voyage au bout de la nuit à Bagatelles pour un massacre. Étiemble, lu beaucoup plus tard et écrivant « j’ai choisi de penser tout seul » [1], développait cette idée « de ne parler que de ce que l’on connaît ». Voilà pourquoi je me suis obligé à suivre les trois épisodes de la « primaire de la gauche », dite aussi « du Parti socialiste et de Place publique ».

Parmi les cinq candidats, je ne sais pas qui me fait vraiment penser à Dagobert, le chien de la saga d’Enid Blyton. En revanche, Ségolène m’évoque évidemment Claudine, qui se fait appeler Claude dans la série. L’épisode à se repasser en boucle, c’est la prise de bec avec Raphaël Glucksmann à propos de la « danse du ventre » que Madame Royal aurait effectuée devant Macron pour obtenir des avantages. Elle balance des scuds contre Raphaël qui évoquent ceux de Mediapart contre le RN. Elle repousse violemment les agressions de nature sexuelle de ses collègues (c’est elle qui le dit !) comme elle l’avait fait quelques jours auparavant devant les critiques de Jérôme Guedj. La dame plaide pour une alliance avec LFI et c’est vrai que dans le mépris que son visage exprime quand elle s’adresse à celui qu’elle appelle « le stagiaire » Glucksmann, on peut y voir une version féminine des rictus de mépris du lider máximo de LFI.

Dans une vidéo volée et diffusée par l’extrème gauche, M. Glucksmann dit qu’il « pisse » sur Jean-Luc Mélenchon et accuse Ségolène Royal d’avoir « fait la danse du ventre » devant Emmanuel Macron.

Lider máximo… Castro… Mais oui… On se souvient que Ségolène Royal n’avait pas démérité dans ce genre en novembre 2016. Elle représentait alors la France aux funérailles de Fidel Castro, un deuil qui avait alors ému aux larmes Jean-Luc Mélenchon. Mme Royal avait salué l’humanisme des révolutionnaires cubains en ces termes : « Ils se sont inspirés de la Révolution française sans pour autant connaître la terreur qu’il y a eu pendant la Révolution française. » Les 8 600 militants alors emprisonnés en 2016 à Cuba, selon Amnesty International, les 582 condamnations à mort, le million cinq cent mille réfugiés cubains étaient effacés par Madame Royal. Cancellés ! Les 1 477 détenus politiques incarcérés en novembre 2015 — un chiffre record — couronnaient la dernière année de vie du lider máximo cubain [2]. Mais cette gauche française hors-sol ne voyait là que dégâts collatéraux d’un régime bienveillant pour la démocratie… On peut pourtant rappeler à Madame Royal un extrait de ce texte datant de 1954 : « Robespierre fut idéaliste et honnête jusqu’à sa mort. […] Il les fallait, ces quelques mois de Terreur, pour venir à bout d’une terreur séculaire. Ce sont les Robespierre qu’il faut à Cuba, beaucoup de Robespierre ! » [3]. Il est signé… Fidel Castro.

Ségo, imbattable pour le buzz sur les réseaux sociaux

Pendant les débats télévisés, je voyais dans les regards lancés par Madame Royal contre ses « amis » de gauche J. Guedj et R. Glucksmann une lame acérée qui se rapprochait de leur cou. Ces séquences restées virales sur le Net s’inscrivaient dans les mémoires. Le Club des cinq socialistes avait exposé aux Français dont ils escomptaient les suffrages les principes de ce socialisme qui les réunissait et qui se résumait à la formule « Non au RN ». Ils n’étaient d’accord sur rien : alliance ou non avec LFI, retraite à 64 ans, 63 ans et neuf mois, 60 ans, ou peut-être 62 mais à condition que… aide à l’Ukraine ou caresse à Poutine, etc. Impôts, taxes, police, justice. On comprenait qu’en 2026, la définition du socialisme c’était « Barrage au RN ». Me revenait cette ancienne définition du communisme attribuée au journaliste Henri Jeanson : « Le capitalisme, c’est l’exploitation de l’homme par l’homme. Le communisme, c’est le contraire. » Aujourd’hui, si j’en crois les exposés du Club des cinq, la définition du socialisme expliquée au peuple, c’est « Barrage au RN ». C’est très facile à retenir pour les lycéens de la génération PISA, celle qui cette année a fourni 91,4 % de réussite au baccalauréat.

On a compris aussi au cours de ces prestations télévisées du Club des cinq que l’humour n’était pas conseillé entre « amis » au PS. Parler de danse du ventre pour signifier « solliciter des prébendes » est une expression sexiste, ou mieux, c’est une « agression à connotation sexuelle ». C’est vrai qu’on est loin du langage suave auquel les hommes politiques ont habitué leurs électeurs. Je ne peux m’empêcher de penser à l’émission qui précédait le Club des cinq sur BFMTV. Sonia Mabrouk recevait Robert Ménard. Quel bonheur que la franchise du maire de Béziers ! Un bol d’air frais, en comparaison… Si la vénération du lider de La France insoumise pour le coupeur de têtes n’avait échappé à personne, la bêtise de Royal traçait aussi le chemin qui conduit chez certains à ce « fascisme rouge » évoqué par André Glucksmann, le père du « stagiaire » Raphaël. C’est Glucksmann qui a remporté le match du Club des cinq. Il obtient 66 % des voix des votants et la Royal s’en tire avec un piteux 7 %.

Mehmet et autres malheurs de l’ombre

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Des tragédies pour une France à bout…


Il y a la vie politique, les affrontements partisans, les délires politisés d’une Mathilde Panot sur le cancer, la victoire éclatante de Raphaël Glucksmann pour la cause social-démocrate. Il y a François Hollande, les yeux fixés sur les sondages, Bruno Retailleau qui les espère meilleurs, David Lisnard qui sent un frémissement, le Rassemblement national qui se maintient à un niveau élevé malgré (ou grâce à) Jordan Bardella et l’implacable sérénité de Marine Le Pen. Il y a Sébastien Lecornu à l’Assemblée nationale pour le vote difficile, voire impossible, du budget (les socialistes ont déjà servi une fois !). Il y a les mille agitations et aléas de la France officielle. Et, dans la géopolitique mondiale, il y a ce couple terrifiant formé d’une personnalité erratique, sans foi ni loi, et d’un dictateur cynique d’une cruauté indépassable.

C’est ce qu’on voit, ce qui nous fait peur et nous désespère. On cherche encore quelques citoyens heureux !

D’autres drames enfouis, sans éclat, nous en révèlent bien davantage que ce décor démocratique, ces joutes républicaines, aussi lamentables et égoïstes soient-elles.

Il est des tragédies qui viennent, dans une absolue discrétion, frapper notre pays à bout de forces et démontrer à quel point son état est dégradé, entre un quotidien qu’on ne maîtrise plus et une impuissance qui amplifie les désastres.

Ce ne sont pas toujours des événements aussi spectaculaires que les tentatives d’assassinat commises par cet adolescent de 14 ans dans son collège. Il voulait tuer des professeurs. Et si, un jour, plutôt que de rechercher des ressorts profonds ou numériques (une mouvance en ligne glorifiant les tueries de masse ?), dont l’élucidation complète est inconcevable, on s’attachait à ce qui crève l’esprit : la violence et la mort des autres devenues des finalités en elles-mêmes ? Le désir de faire mal, la chute libre d’un pays en matière d’éthique collective, tout le monde étant touché, jeunes et moins jeunes ?

On ne devrait pas appeler « faits divers », mais « indices graves », ces preuves terrifiantes noyées dans le flot incessant de l’actualité, ces signes sans équivoque d’une monstruosité devenue banale et presque invisible à force de se répéter. Des tragédies sans éclat ni apprêt, qui suscitent quelques instants de colère avant de tomber dans l’oubli. Et l’on passe à autre chose.

Mehmet, 63 ans, a été agressé en pleine rue, un matin, Porte de la Chapelle, dans ce quartier de Paris miné par l’insécurité. Il allait acheter son pain. Il n’a pas survécu à ses blessures. Il avait longtemps été ouvrier qualifié chez Eiffage. Quelles que soient les circonstances, c’est un homme honorable qu’on n’a pas su protéger.

À Champigny-sur-Marne, un brigadier-chef de 38 ans est décédé d’un malaise cardiaque après avoir poursuivi des voleurs à la roulotte. Ce fonctionnaire exemplaire, qui se battait pour la protection de ses concitoyens et de leurs biens, avait peut-être entendu un jour que « la police tue », de la bouche de ce Mélenchon fort en verbe mais couard au fond (Dominique Labarrière dans Causeur).

Cet homme est mort, certes sans lien direct avec la délinquance, mais parce qu’il s’est dévoué en faisant son devoir face à des infractions qui, bien que considérées comme minimes, s’avèrent pourrissantes au fil des jours. La police est une institution qu’on devrait protéger sans céder une seconde à l’ignorance, à la démagogie ou à la haine.

Ces tragédies d’une France à bout, nul besoin de les exacerber, de les hystériser dans une surenchère qui serait comme un pléonasme dramatique. Mais que la France, si attentive à ce qui se joue en pleine lumière, n’oublie jamais les mille malheurs qui se déroulent dans l’ombre.

La censure, c’est la liberté d’expression…

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Martin Ajdari, dirigeant de l'Arcom (ici photographié en novembre 2025 à l'Assemblée), est de plus en plus souvent sollicité par des mouchards pour censurer ceux qui sortent de la doxa progressiste ou écolo © Jeanne Accorsini/SIPA

… telle pourrait être la devise orwellienne de l’Arcom et de QuotaClimat, si ça continue.


L’élection présidentielle approche et le bloc central-socialiste est en émoi. Sachant que les Français ne se contentent plus d’écouter les médias mainstream mais s’informent de plus en plus sur les réseaux sociaux et auprès des médias alternatifs indépendants, l’Arcom, soutenue par le pouvoir, amplifie sa surveillance. De nouvelles règles s’ajoutent régulièrement à celles, françaises et européennes, qui ont permis d’élargir au fil des ans le périmètre de la censure. Les podcasteurs (ou « créateurs de contenus ») sont maintenant dans la ligne de mire de Martin Ajdari. Le président de l’Arcom dit vouloir réfléchir à « de nouvelles règles pour la campagne 2027 » afin d’encadrer ces empêcheurs de penser en rond. L’étau se resserre. L’Arcom donne parfois l’impression de n’être plus qu’une officine politico-policière aux ordres d’un groupe d’individus redoutant de perdre le pouvoir. Et la liberté d’expression plus qu’une expression souvent utilisée par ces mêmes individus pour tenter de dissimuler leurs méfaits, à savoir le contrôle total des médias pour une diffusion exclusive de la doxa progressiste.

Pour notre bien

Le projet stratégique 2026-2028 de l’Arcom est un projet purement orwellien : sous prétexte de « protéger les citoyens » et de leur garantir le « droit à un accès effectif à une information fiable et pluraliste et à des médias libres et indépendants », l’agence s’autorise à définir ce qui relève du pluralisme ou non, à mettre en cause les lignes éditoriales de certains médias, à poursuivre ceux qui délivrent « des contenus illicites et des dynamiques haineuses, y compris diffuses » ou ce qu’elle jugera être des « contenus toxiques », à renforcer « la capacité collective à analyser et combattre la désinformation », en particulier via « son action en matière d’éducation à la citoyenneté numérique (sic) en partenariat notamment avec l’Éducation nationale », et, il fallait le souligner, à « garantir l’indépendance, l’impartialité et l’exemplarité du service public ». Éduquer la population, contrôler les médias, censurer les dissidents au nom de la démocratie et des libertés fondamentales des citoyens – un slogan orwellien vient naturellement à l’esprit, qui pourrait servir de devise à l’Arcom : la censure, c’est la liberté d’expression.

Qui dit officine politico-policière, dit mouchards. L’Arcom, noyautée par la gauche socialiste et la macronie, n’en manque pas. Reporters sans frontières, Conspiracy Watch et SOS Racisme sont parmi les plus actifs. En plus d’une surveillance assidue des réseaux sociaux et des médias numériques, ces associations, financées pour une grande part avec l’argent des contribuables, scrutent quotidiennement les médias Bolloré, CNews en particulier. Le moindre « dérapage », la plus petite « désinformation », la plus infime « absence de pluralisme », sont signalés à l’Arcom. On réclame des avertissements, des réprimandes, des amendes. On espère des sanctions qui, à terme, pourront conduire à une interdiction d’émettre sur la TNT. Les écologistes les plus bornés et les plus opportunistes ne pouvaient pas ne pas se joindre à cette bande de sycophantes.

Le climat ? Au moins 20% du temps d’antenne !

En collaboration avec la Fondation Jean-Jaurès, l’association écologiste QuotaClimat (1) vient de saisir l’Arcom contre CNews au motif que la chaîne d’info sous-traiterait les sujets sur l’environnement et multiplierait les « mésinformations » sur le climat. Pour prouver ses dires, cette association a réalisé une étude qu’elle juge inédite et impartiale. Après avoir visionné, en juillet 2025, 75 heures de séquences sur l’environnement sur CNews, BFMTV, LCI et Franceinfo, elle accuse CNews de n’avoir consacré que 2 % de son temps d’antenne à l’environnement, contre 4,9 % pour France info – voilà qui ne peut faire que tiquer une association qui milite depuis des années pour que 20 % du temps d’antenne des médias audiovisuels soient consacrés aux « enjeux environnementaux et à l’urgence climatique ». QuotaClimat reproche ensuite à CNews d’être la chaîne la moins favorable aux énergies renouvelables « présentées comme inefficaces ou inutiles en raison de leur intermittence, responsables d’une explosion des prix ou génératrices de blackouts ».L’association s’en remet à la Commission de la régulation de l’énergie et au Giec pour décréter que toutes ces affirmations sont erronées et relèvent de la désinformation. Or, ces informations sont vraies, étayées par les nombreuses analyses de chercheurs renommés, de spécialistes des dossiers énergétiques, d’anciens dirigeants d’EDF ou, tout simplement, par la réalité des faits (2) !

CNews pointe du doigt la ségrégation sociale engendrée par les ZFE : c’est mal. CNews valorise notre parc nucléaire au détriment des parcs éoliens : c’est insupportable. CNews critique la décision européenne d’arrêter la production des véhicules à moteur thermique en 2035 : c’est répréhensible. Il semblerait bien que QuotaClimat reproche à CNews de ne pas avoir pris le Tournant environnemental préconisé par la direction de Radio France dans une charte stipulant que, se tenant « résolument du côté de la science », elle sort « du champ du débat la crise climatique, son existence comme son origine humaine » et considère que cette dernière est « un fait scientifique établi, pas une opinion comme une autre ». Radio France ne risque pas de se voir malmenée par QuotaClimat, association créée en 2022 par Eva Morel, Lola Morel et Anne-Lise Vernières. Ces anciennes attachées parlementaires macronistes formées à Sciences-Po ont immédiatement pu bénéficier d’une aide financière publique provenant de l’Ademe, du ministère de la Culture et de… l’Arcom ! Par ailleurs, pour laisser accroire à une grande impartialité et à une parfaite objectivité de leur part, ces dames se flattent de se référer aux chiffres de l’Observatoire des Médias sur l’Écologie mais omettent de préciser qu’elles sont à l’origine de la création de cette énième officine d’espionnage écolo et que celle-ci est entièrement financée par la Caisse des dépôts, l’Ademe, le ministère de la Culture et… l’Arcom ! L’année prochaine, après que, espérons-le, les Français se seront débarrassés de leurs tourmenteurs, un grand et définitif ménage serait bienvenu dans ce petit monde se gobergeant aux frais des contribuables.

Écologie politique

Rédigée par Théodore Tallent, chercheur en science politique affilié à l’École du climat de Sciences Po (sic) et co-directeur de l’Observatoire de l’urgence climatique et sociale de la Fondation Jean Jaurès, la conclusion de cette « enquête » est un petit bijou de manipulation idéologique et de distorsion du sens. Son usage abusif des mots science, consensus, réalités ou vérités scientifiques, peut éblouir une âme simple ; il ne trompera pas le lecteur attentif et critique des brochures dogmatiques actuelles, en particulier celles issues de l’écologisme, et qui sait ce qui se cache derrière ce procédé lyssenkiste. Extraits : « Lorsque les médias offrent peu de contradiction ou, à l’inverse, mettent en scène une contradiction artificielle entre science et opinion, les attitudes à l’égard du climat tendent à se durcir plutôt qu’à se nuancer » – la science en question ne peut naturellement être que celle issue des « connaissances scientifiques validées par le Giec » et des « experts » de plateaux de télé poussant des hauts cris à chaque canicule censée prouver le « dérèglement climatique » ; l’opinion, elle, est représentée aussi bien par les journalistes que par les chercheurs réfutant tout ou partie des conclusions du rapport du Giec et questionnant les causes du changement climatique en dehors de celles imputées aux seules « activités humaines », et par tous ceux qui remettent en cause les décisions prises par des dirigeants obnubilés par la « transition écologique » et la « décarbonation ». Il y a donc, pour M. Tallent, « un pluralisme malhonnête, vecteur de désinformation lorsqu’il légitime une fausse équivalence entre le consensus scientifique et des positions minoritaires qui le contestent ». Ce faux pluralisme, écrit-il, « met en scène des désaccords sur des réalités scientifiquement établies et ne favorise pas la délibération, il la paralyse ». De plus, il fallait bien en arriver là, cela « renforce les attitudes politiques les plus polarisées, notamment à l’extrême droite ». Selon le comité de surveillance de QuotaClimat, l’Arcom se doit d’agir ; elle ne saurait « tolérer un pluralisme défaillant [compromettant] la transition écologique » ou accepter que « le débat se structure autour de camps antagonistes, au détriment d’une discussion sur les modalités concrètes de la transition, ses temporalités et ses bénéfices potentiels ». Il convient d’empêcher par tous les moyens possibles un « ralentissement de l’acceptabilité sociale des transformations nécessaires ». En résumé et en clair, non seulement les médias audiovisuels doivent réserver 20 % de leur temps d’antenne à la propagande écologiste, mais, de plus, il doit leur être expressément interdit de contredire les conclusions du rapport du Giec et de remettre en cause le dogme anthropique du changement climatique, de critiquer les politiques énergétiques françaises et européennes en faveur des énergies dites renouvelables et de tenter de démontrer leurs effets désastreux sur l’industrie, l’agriculture et, globalement, sur la vie des Français. Interdiction également de souligner les avantages, en termes de coûts, d’indépendance et de souveraineté, de l’énergie nucléaire – domaine dans lequel la France excellait avant les décisions catastrophiques prises par François Hollande et Emmanuel Macron pour obéir lâchement aux injonctions des écologistes français et des dirigeants allemands. Toute entorse à ce catalogue non exhaustif de prohibitions sera impitoyablement signalée à l’Arcom par l’agence de surveillance QuotaClimat, laquelle espère que les sanctions les plus sévères seront prises à l’encontre des contrevenants, en particulier son ennemi juré CNews.

Petits despotes

L’écologisme est une idéologie despotique essentiellement relayée par des jeunes gens issus de milieux privilégiés qui, après avoir suivi un cursus scolaire imprégné d’écologie, ont achevé leurs études dans ce qui est devenu l’antre de tous les dogmes progressistes – wokisme, décolonialisme, écologisme – à savoir Sciences Po. Nombre d’universités, soucieuses de copier les lieux où sont formatées nos futures « élites », accueillent dorénavant dans leurs murs des départements d’études sur le genre, sur le décolonialisme ou sur la transition écologique, desquels sortent les mêmes profils d’individus endoctrinés et opportunistes. Inaptes au travail, improductifs, ces derniers n’ont pas d’autre but que de noyauter, voire de créer des mouvements militants, associations ou ONG inondées d’argent public ou soudoyées par des entreprises privées y trouvant leur compte. L’entre-soi est total et les carnets d’adresses utiles se remplissent au fil de rencontres intrigantes avec certains syndicats, mouvements politiques ou associations militantes déjà en place.

QuotaClimat est un exemple parfait de ce qui peut se faire de pire : doctrinaire et intolérante, cette association s’apparente à un mouvement sectaire quasi-religieux. Inquisitoriale, elle n’hésite pas à dénoncer et à exiger l’excommunication de tous ceux qui s’opposent à son dogme. Comme tout mouvement ayant des penchants totalitaires, elle use et abuse du mot science, mot qui ne désigne plus alors une recherche critique de la vérité mais une Vérité établie, indiscutable et incontestable, asservie à son idéologie – quiconque la réfute ou, simplement, l’interroge, sera considéré comme un hérétique. S’appuyant sur des alliés influents et rémunérateurs qui espèrent en retour une collaboration étroite dans le contrôle des médias et des réseaux sociaux, ainsi que dans l’éducation, voire la rééducation de la population, elle est, intrinsèquement, une organisation partisane, policière et liberticide. Bref, dans certains pays, sous certains régimes, cette antichambre de la Police de la Pensée ne dépareillerait pas et aurait tout à fait sa place…


(1) J’ai récemment décrit cette association dogmatique, inutile, voire nuisible, dans ces colonnes : https://www.causeur.fr/demandez-le-programme-informationnel-de-quotaclimat-332305

(2) Le black-out électrique qu’ont subi l’Espagne et le Portugal en avril 2025 (plus de quinze heures sans électricité, provoquant l’arrêt de toute activité et la mort de 147 personnes) est dû à une production excédentaire, ingérable et incontrôlable des énergies dites renouvelables. Un rapport de la société qui gère le réseau espagnol soulignait déjà, en mai 2024, le risque accru de pannes fréquentes et graves causées par la dépendance croissante aux énergies intermittentes – le gouvernement espagnol se targue que ces dernières représentent environ la moitié de son mix énergétique et espère atteindre les 80 %. Problème : ces énergies intermittentes présentent l’inconvénient majeur de ne pas être pilotables. Impossible, avec elles, d’assurer la stabilité en tension et en fréquence du réseau. La presse et les écologistes n’ont pas cru bon de nous en informer mais… l’Espagne a à nouveau frôlé la catastrophe le 28 janvier dernier : des rafales de vent supérieures à 100 km/h (tempête Kristin) ont activé l’arrêt automatique d’une partie du parc éolien, faisant chuter drastiquement la production électrique. Résultat n°1 : la remise en marche des centrales à gaz n’a pas suffi à compenser la perte et, pour assurer le flux vers les particuliers, le gestionnaire du système électrique espagnol s’est vu obliger de ralentir ou de carrément couper l’alimentation des plus gros consommateurs industriels, mettant en péril l’existence de centaines d’entreprises. Résultat n° 2 : ce type de coupures se multipliant, il est prévu d’indemniser les entreprises concernées. Ces indemnisations seront payées par tous les Espagnols qui vont devoir participer au remboursement d’une première facture s’élevant à 775 millions d’euros. Une nouvelle flambée des factures d’électricité est d’ores et déjà prévue en Espagne : d’abord pour continuer de subventionner la « transition énergétique » ; ensuite pour indemniser les victimes collatérales de cette transition. Si l’on suit les préconisations des écologistes et de QuotaClimat, voilà ce qui pend au nez des Français qui ont déjà vu leurs notes d’électricité multipliées par deux en à peine quinze ans.

Ce que vous risquez vraiment en raison du vaste piratage qui concerne des millions d’abonnés Linky

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Un récent piratage met en péril les données de millions d'abonnés Linky. Les risques sont nombreux. Récapitulatif.
Illustration d un compteur d electricite Linky//07ALLILIMAGES_allili.011/Credit:Mourad ALLILI/SIPA/2301161711

Alors qu’une fuite d’ampleur frappe un prestataire de services en France, des millions d’informations d’abonnés se retrouvent sur le marché noir. Si le compteur communicant n’est pas directement piraté, les menaces d’escroquerie pour les foyers français n’en restent pas moins bien réelles.

Piratage et vols des donnés du compteur Linky : ce qui s’est vraiment passé

C’est une attaque informatique majeure qui vient d’agiter le secteur de la cybersécurité. Comme le révèlent plusieurs médias spécialisés dont Frandroid et Le Journal du Geek, un pirate revend une base de données de 34 Go contenant environ 10 millions de fiches de clients français.

Contrairement aux premières idées reçues, ce n’est pas le réseau central d’Enedis ni les serveurs d’Orange ou de Bouygues Telecom qui ont été franchis, mais les systèmes informatiques de l’un de leurs prestataires clés : le groupe Solutions30, spécialisé dans l’installation et l’entretien des équipements numériques et électriques. Parmi les informations dérobées figurent des données d’identification classiques mais précieuses : noms, prénoms, adresses postales, numéros de téléphone, adresses e-mail, ainsi que des détails sur la nature des interventions techniques réalisées aux domiciles.

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Piratage « Linky » : quels sont les risques réels pour les abonnés ?

Pour les millions d’abonnés concernés, le danger ne réside pas dans une coupure d’électricité à distance, mais dans l’exploitation frauduleuse de ces données personnelles.

  • Le phishing hyper-ciblé (hameçonnage) : Disposant à la fois de votre nom, de votre adresse et du nom de votre fournisseur, les escrocs peuvent concevoir des e-mails ou des SMS d’une crédibilité redoutable (relances de factures, demande de régularisation ou suivi de dossier).
  • L’usurpation d’identité : La combinaison de ces coordonnées facilite la souscription de contrats frauduleux à votre insu.
  • L’arnaque au « faux technicien » à domicile : C’est le risque le plus physique. Munis de vos informations exactes d’intervention, des individus malveillants peuvent se présenter chez vous sous le prétexte d’un contrôle du compteur Linky ou d’un raccordement fibre pour vous soutirer de l’argent ou s’introduire dans votre logement.

Piratage « Linky » : ce que ces risques disent du compteur (et des failles de la numérisation en France)

Cet incident permet de réaffirmer une vérité technique essentielle : le compteur Linky lui-même n’est pas en cause dans cette fuite. Comme l’a rappelé l’AFP dans plusieurs enquêtes de vérification, les théories complotistes ou les rumeurs prêtant au boîtier jaune des capacités de piratage direct de votre vie privée ou de surveillance intrusive en temps réel relèvent du fantasme. Le boîtier ne collecte que des données de consommation globale strictement encadrées par la CNIL.

En revanche, cette affaire met en lumière la véritable vulnérabilité du modèle : la chaîne de sous-traitance. Si le cœur du réseau est ultra-sécurisé, la multiplication des prestataires privés stockant des millions de fichiers clients crée autant de failles potentielles dans la sécurité numérique nationale.

« J’ai peur du premier mort », quand un ancien agent de la DGSE alerte sur la violence des blocus lycéens

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Pierre Martinet, ancien agent de la DGSE, s'est récemment exprimé au sujet des blocus des lycées et du risque de morts en raison de l'escalade de la violence.
Paris, France, Tuesday, October 13, 2026 — Clashes broke out between demonstrators and law enforcement at Place Vauban in Paris during a high school and university student protest against insufficient funding for education. Police attempted to disperse the demonstrators, using tear gas and water cannons. The gathering ended amid heightened tensions as part of a nationwide mobilization denouncing teaching conditions and the lack of resources allocated to the education system.//BENLEULMIELIASNEIL_sipa.00962/Credit:Elias Neil Benleulmi/SIPA/2610141659

Alors que les tensions s’accumulent face au blocus des lycées, Pierre Martinet, ancien agent du service action de la DGSE, alerte sur la surenchère de la violence aux abords des établissements. Pendant que la contestation s’installe, la réalité du terrain se rapproche dangereusement du drame. Il dit craindre un mort.

Invité à s’exprimer sur l’escalade des affrontements et les débordements en marge des rassemblements lycéens, Pierre Martinet n’a pas usé de la langue de bois habituelle des plateaux. L’ancien membre de la DGSE a posé un diagnostic brutal, disant craindre de graves dérapages en marge des manifestations de lycéens, d’ailleurs récemment soutenues par Greta Thunberg ou Bally Bagayoko comme le souligne RTL. L’expert estime ainsi qu’une « certaine presse » et que certaines figures politiques alimentent une « situation pré-insurrectionnelle ». Selon lui, les actions des casseurs contribuent à légitimer la violence autant qu’à déstabiliser les institutions françaises. Il évoque également ce qu’il juge être les différents « projets » de la manifestation, évoquant des formes d’entrisme communautaire.

Pierre Martinet juge ainsi que la presse « alimente les cerveaux », sans jamais remarquer l’objectif final de ces manifestations qui, selon lui, n’a pas grand-chose à voir avec le manque de professeurs ou de moyens. Il soutient de fait qu’il s’agit avant tout, comme souligné précédemment, de déstabiliser l’institution. Sur le plateau de CNews, où il s’est exprimé dans la journée, il assure avoir « peur du premier mort », insistant d’ailleurs sur le fait que celui-ci pourrait désormais « arriver à n’importe quel moment ».

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Blocus lycéen et risque de décès : entre romantisme révolutionnaire et réalité sécuritaire

Cette mise en garde intervient alors que plusieurs figures politiques ou syndicales continuent d’encadrer ou d’encourager la mobilisation. Mais sur le bitume, la grille de lecture théorique du « droit à la protestation » se heurte à la tactique d’affrontement systématique.

En soulignant la présence de profils rompus aux modes opératoires de guérilla urbaine — à l’image des méthodes du black bloc —, Pierre Martinet pointe du doigt l’aveuglement collectif : utiliser des mineurs ou des abords de lycées comme boucliers ou théâtres d’affrontement politique expose directement la jeunesse au drame absolu.

Risque de mort face aux blocus lycéens : l’impuissance de la réponse publique ?

Quand un ancien professionnel du renseignement en vient à redouter un bilan humain tragique pour des blocus scolaires, la question de la responsabilité des organisateurs et des pouvoirs publics ne se pose plus de façon abstraite. La stratégie de laisser-faire ou du maintien de l’ordre au coup par coup montre ses limites dès lors que la sécurité élémentaire des élèves n’est plus garantie.

« Le Crépuscule des dieux » à l’Opéra de Paris: la musique à la rescousse d’une mise en scène en déroute

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© Herwig Prammer / OnP

Ultime étape d’une bien funeste équipée que ne sauvent que les voix remarquables de la plupart des interprètes, Le Crépuscule des dieux ne parvient pas à éviter l’accablante déroute de l’ensemble de la Tétralogie.


Il n’est pas venu saluer, Calixto Bieito, le soir de la première de Götterdämmerung (Le Crépuscule des dieux), ultime ouvrage de la Tétralogie de Richard Wagner, Der Ring des Nibelungen (L’Anneau du Nibelung). Le metteur en scène avait pourtant laissé entendre qu’il se présenterait au public à l’issue du quatrième ouvrage. Mais peut-être pensait-il ne sacrifier à cet usage que lorsque l’ensemble du Ring des Nibelungen sera exécuté dans son intégralité en novembre prochain à l’Opéra Bastille.

Peut-être aussi redoute-t-il de s’entendre conspuer par le public avec une violence telle qu’il porterait ce déshonneur pour le restant de ses jours, tant ses réalisations des quatre volets de la Tétralogie sont accablantes de vacuité.

Les Nornes, sombres et sévères

Pourtant, cette production du Crépuscule des dieux, sans être pour autant cohérente et moins encore convaincante, et bien qu’offrant des tableaux qui trahissent furieusement l’impuissance de la mise en scène, est la seule de toute cette Tétralogie à avoir ménagé quelques scènes dignes d’attention.

La première d’entre elles découvre les trois Nornes, sombres et sévères, portant des robes à crinoline noires à pois blancs, surgissant des ténèbres qui enveloppent un gigantesque métier à tisser : celui d’où provient le fil du destin que les Parques germaniques laissent glisser entre leurs doigts. Sobre, très classique au fond, mais survenant après tant d’autres scènes aussi lamentables que vaines dans les ouvrages précédents, la première scène du Crépuscule des dieux apparaît ainsi très belle sur le plan théâtral, alors que les cantatrices (Aude Extrémo, Marie-Andrée Bouchard-Lesieur, Sinéad Campbell-Wallace) mêlent dramatiquement leurs belles voix pour dire la terrible destinée de leur parentèle divine.

Une image saisissante

Autre scène dans le palais des Gibichungen, où la projection d’images révèle une impressionnante architecture de type totalitaire au sein de laquelle se meuvent Gunther (Johannes Martin Kränzle) et Gutrune, sa sœur (Sinéad Campbell-Wallace encore), aussi admirables vocalement qu’excellents acteurs. Lui, velléitaire, veule et pitoyable ; elle, très belle et quelque peu lubrique, auprès de leur demi-frère, Hagen (l’éminent Mika Kares), le bâtard à la haine froide — trop froide peut-être pour être terrifiante —, fils d’Alberich (l’excellent Brian Mulligan). À la fin de l’acte, quand Siegfried envoûté part reconquérir son épouse Brünnhilde au bénéfice de Gunther, et alors que le plateau pivote lentement, assis dans la pénombre, immobiles et muets, Gutrune et Hagen, les conspirateurs, offrent une image saisissante.

Une chorégraphie savante

Enfin, au troisième acte, à l’issue de la chasse, Siegfried tombe nez à nez avec les Filles du Rhin (Margarita Polonskaya, Isabel Signoret, Katharina Magiera) qui vont le supplier de leur rendre l’Anneau. Point ici de fleuve ni d’activité cynégétique : les trois nixes, élégamment vêtues (l’une d’elles porte une robe dans l’esprit New Look de Christian Dior), dressent la table d’un banquet qui est plus qu’un simple repas de chasse, dans une sorte de chorégraphie savante et très esthétique. Ce banquet durant lequel Hagen tue traîtreusement Siegfried, gisant bientôt sur la table et veillé par les Nornes et les nixes, offre une vision qui pourrait être d’une grande force si la direction d’acteurs évitait les grimaces et autres singeries imposées à l’assemblée des déesses.

A lire aussi, du même auteur: «Paysages intérieurs»: la virtuosité ne sauve pas tout

Cependant, aussi réussies soient-elles sur le plan théâtral, ces scènes n’occultent pas l’absence d’une lecture solide du Crépuscule des dieux. Ce ne sont là que de très jolies vignettes plaquées au cœur d’une production sans consistance. Elles apparaissent toutefois comme des moments de grâce après tant de scènes déplorables subies au cours des précédents ouvrages.

Si beau, si fort, si désirable

On n’a jamais fait de Siegfried un intellectuel, et on le situerait plutôt, sur ce plan-là, au niveau moyen d’un footballeur. « Si beau, si fort, si désirable », mais tellement niais, se moquent à son propos les Filles du Rhin pour mieux lui tourner le dos. Faut-il pour autant le réduire à n’être qu’un pitre, un fier-à-bras vantard ? Effacer tout ce que le jeune héros, dans sa naïveté et sa fraîcheur, peut dégager de touchant, de poétique ? Le réduire à une simple caricature dont on n’est pas vraiment fâché d’être débarrassé, en contradiction absolue avec le mythe et avec tout ce que la musique dit de lui ? Comment alors être affecté par son chant mortel après qu’il a été frappé traîtreusement par Hagen ?

Les qualités vocales de celui (Andreas Schager) qui interprète un Siegfried par ailleurs beaucoup trop mûr et sans grand charisme sont en partie effacées par l’image qu’on lui a dit de donner de son personnage. On est au théâtre : si l’on saccage gratuitement ce qui fait la beauté ou la grandeur d’un héros, comment son chant pourrait-il encore émouvoir ?

Un moule à tarte

Même chose avec Brünnhilde (Tamara Wilson), ridiculisée par une effroyable tenue, et qu’au premier acte l’on fait stupidement jouer avec l’Anneau — ici grand comme un moule à manqué —, tout comme le Maure imbécile et brutal joue avec sa balle dans le Pétrouchka de Fokine.

Herwig Prammer / OnP

Dans les ultimes moments du Crépuscule des dieux, alors que la Walkyrie déchue chevauchant Grane, son cheval, se lance dans le feu qu’elle a déclenché autour du corps de Siegfried ; quand ce feu se propage au Walhalla où périra l’assemblée figée des dieux et des héros ; quand le Rhin déborde de son lit pour noyer l’incendie avant qu’il ne ravage le monde, et alors que les nixes vont retrouver l’Anneau parmi les cendres et précipiter Hagen dans les flots, le metteur en scène, pour seule réponse à ce déferlement de cataclysmes, n’a rien trouvé de mieux que de planter Brünnhilde seule sur le proscenium. Il la fait ensuite tournoyer sur elle-même jusqu’à la faire disparaître en fond de scène, avec autour du cou ce Ring qui ressemble à un moule à tarte et, sous le bras, la tête d’un pitoyable cheval de bois qu’elle a dûment enveloppée de bandes Velpeau. C’est tellement infantile que c’en est accablant.

Azincourt ou la Bérézina

Devant une musique solennelle aux accents voulus sublimes, apparemment sourd à une œuvre qui manifestement le dépasse, le metteur en scène, les bras ballants, se laisse benoîtement submerger sans rien avoir à proposer en retour. Un tel degré d’impuissance serait à enregistrer dans le Livre Guinness des records, comme pourrait l’être la vacuité de cette énorme production qui a sans doute coûté fort cher à l’Opéra de Paris, aurait dû être un formidable événement pour son rayonnement, mais se révèle être un désastre valant bien Azincourt, la Bérézina ou Sedan. Comme frappés par l’inanité de ce qui se déroule sur scène, le chef d’orchestre, Pablo Heras-Casado, et l’Orchestre de l’Opéra paraissent presque atones parfois, sans ferveur ni frémissement au cours de ces pages écrites pour donner la mesure de la chute des dieux.


Le Crépuscule des dieux / Götterdämmerung

Opéra de Paris-Bastille, le 18 octobre.
Puis reprise de l’ensemble du Ring des Nibelungen du 6 au 22 novembre 2026.

Retraites : plus de 400 milliards par an, 14 % du PIB… le poids vertigineux des pensions dans les comptes de la France

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Le pods des retraites dans le PIB est vertigineux.
Photo illustration retraite ARRCO et AGIRC//07ALLILIMAGES_DSC_6138/Credit:Mourad Allili/SIPA/2605061309

Plus de 400 milliards d’euros par an, autour de 14 % de la richesse nationale et près d’un quart de la dépense publique : au moment où le budget remet les retraités au centre du débat, les chiffres de Bercy permettent de mesurer le poids du système de pensions. Le rapport publié cet été avec l’appui de l’Inspection générale des finances montre en parallèle qu’à politique inchangée le déficit public pourrait atteindre 6,8 % du PIB en 2030.

La bataille politique sur les retraites porte souvent sur quelques milliards d’économies ou de recettes. L’ordre de grandeur du système lui-même est tout autre. Les dépenses brutes de retraite dépassent désormais 400 milliards d’euros par an et représentent autour de 14 % du PIB. Une analyse citant les données du Sénat évalue leur poids à 24,4 % de l’ensemble des dépenses publiques en 2024, contre 21,8 % en 2002. Autrement dit, près d’un euro de dépense publique sur quatre est lié aux retraites lorsque l’on considère l’ensemble des régimes légalement obligatoires.

Le rapport rendu en juillet par Xavier Jaravel, Xavier Ragot, Jean-Luc Tavernier et Natacha Valla, avec l’appui de l’Inspection générale des finances, permet de replacer ce poids dans une trajectoire beaucoup plus large. À politique inchangée, le déficit public atteindrait 5,9 % du PIB dès 2027 puis 6,8 % en 2030. L’IGF identifie plusieurs moteurs : la charge de la dette, qui passerait de 78 milliards d’euros en 2026 à près de 125 milliards en 2030, la montée en puissance des crédits militaires, mais aussi le dynamisme tendanciel des dépenses de retraites et de santé. Les quatre économistes évaluent à environ 125 milliards d’euros l’effort nécessaire pour stabiliser le ratio de dette sur PIB à l’horizon 2032.

Ces ordres de grandeur ont immédiatement une traduction politique et alimentent les échanges sur les réseaux sociaux. Parmi les réactions partagées autour du poids des retraites et de la répartition de l’effort budgétaire figurent notamment celles de Rayan Nezzar et du compte Pulp Liberal. Leur circulation illustre un débat devenu central : faut-il considérer les retraites comme l’un des premiers postes sur lesquels agir pour redresser les comptes, ou rappeler qu’elles correspondent à des droits financés par les cotisations et que le déséquilibre des finances publiques ne peut être imputé aux seuls retraités ?

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Dépenses publiques et poids des retraites dans le PIB : un problème avant tout démographique ?

Une étude de la Direction générale du Trésor publiée le 8 octobre ajoute surtout un problème démographique difficile à contourner. La France comptait plus de quatre cotisants pour un retraité en 1990. Le ratio n’est plus que d’environ 2,5 en 2025 et atteindrait 1,6 en 2070. Le déficit du système de retraite était déjà de 5,1 milliards d’euros en 2025 et, selon le Trésor, continuerait à se creuser jusqu’en 2070 en l’absence de nouvelles mesures. La France fait en outre partie des pays de l’Union européenne consacrant la plus forte part de leur richesse au financement des retraites publiques.

Bercy rappelle trois familles de solutions déjà identifiées par le Conseil d’orientation des retraites : modérer les pensions, augmenter les cotisations sociales ou relever l’âge effectif de départ. L’étude du Trésor estime que seule la troisième option permettrait à la fois d’améliorer le solde du système et de stimuler l’activité économique. Elle précise toutefois qu’un départ plus tardif doit s’accompagner de mesures rendant le travail soutenable pour les salariés âgés. Le constat est d’autant plus sensible politiquement que la France combine un âge de sortie du marché du travail relativement précoce par rapport aux autres pays de l’OCDE et un niveau de vie des retraités proche de celui des actifs.

Poids des retraites dans le PIB : les autres raisons du dérapage des comptes français

Le rapport de l’IGF ne dit donc pas que les retraites expliquent à elles seules le dérapage des comptes français. La première pression qu’il identifie est même l’explosion de la charge d’intérêts. Mais il montre que le pays doit absorber simultanément la dette, la défense, la santé et une dépense de retraites structurellement poussée par le vieillissement. C’est ce cumul qui rend les arbitrages budgétaires si difficiles : chercher quelques milliards dans les agences de l’État ou dans de nouvelles taxes ne change pas l’échelle d’un système de pensions supérieur à 400 milliards d’euros par an.

Le débat devrait donc continuer à se concentrer sur une question politiquement explosive : comment répartir l’effort ? Le rapport appuyé par l’IGF souligne lui-même qu’un ajustement de 125 milliards d’euros ne peut reposer sur un levier unique. Avec une dette qui continuerait de progresser, une charge d’intérêts proche de 125 milliards en 2030 et un ratio démographique qui se dégrade, les retraites reviendront inévitablement dans chaque discussion sérieuse sur les finances publiques françaises.

Marianne: 46% des musulmans sur le départ en cas d’élection de Marine Le Pen

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Marine Le Pen, octobre 2025 © OLIVIER JUSZCZAK/SIPA

Cette semaine, un sondage exclusif publié par l’hebdomadaire Marianne1 joue à nous faire peur. Marine Le Pen affirme qu’elle n’interdirait pas le voile dès son accession au pouvoir mais soumettrait la mesure à référendum.


C’est un sondage qui va faire l’effet d’une bombe. Dans son numéro daté du 15 octobre 2026, Marianne publie une enquête IFOP qui examine l’état des esprits à six mois de la présidentielle autour d’un thème : l’identité.

Port du voile, désobéissance civile et même tentation du départ parmi les ressortissants musulmans : l’hebdomadaire ne s’est interdit aucun tabou.

Contre le voile, tout contre

Premier axe de l’enquête : la visibilité de l’islam. Le mois de septembre a été marqué par le retour de la querelle du voile, ressuscitée par accident par Jean-Philippe Tanguy. Tous étaient tombés sur le député RN, à commencer par Bruno Retailleau, qui avait qualifié de démagogique et de populiste sa proposition d’en interdire le port dans la rue. Quelques semaines plus tard, le sondage IFOP laisse pourtant penser que l’opinion est sur ce sujet plutôt dans le camp RN : 53% des sondés se disent opposés au port du voile dans la rue. Une analyse à nuancer lorsqu’on la regarde sous un prisme générationnel : 56% des membres de la Gen Z, nés entre 1997 et 2010 ne voient pas d’inconvénient à la libre déambulation dans les rues de femmes voilées. Indice de l’importance de la part musulmane parmi ces classes d’âge, mais aussi de la diffusion d’une conception anglo-saxonne de la laïcité parmi les jeunes générations.

Les militantes islamistes en faveur du voile dans le foot, devant le Sénat, janvier 2022. Image: capture d’écran YOUTUBE / Le Parisien.

Parmi les propositions phares des candidats, plusieurs débordent de leur socle électoral d’origine. Ainsi, le sondage de nos confrères apporte aussi des résultats très surprenants chez les sympathisants de M. Mélenchon ou M. Glucksmann quant à l’interdiction de l’abaya dans les collèges et lycées publics défendue par Gabriel Attal, ou l’interdiction du port de signes religieux ostensibles lors des compétitions sportives défendue par Bruno Retailleau.

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On observera par ailleurs avec amusement que les derniers reliquats de « républicanisme à l’ancienne » présent dans le programme de Jean-Luc Mélenchon obtiennent la sympathie de l’opinion, comme par exemple l’abrogation du Concordat en Alsace-Moselle (et donc l’arrêt du financement d’écoles confessionnelles dans ces territoires), avec un score de 64%, mais lui font perdre une bonne partie de sa base électorale, puisque seulement 49% de ses soutiens acquiescent cette mesure… Étonnant, lorsque l’on sait que l’islam ne fait pas partie des cultes reconnus par le Concordat. « Les électeurs insoumis semblent devenus hostiles à toute forme de mesure pro-laïcité, comme si elles étaient automatiquement perçues comme potentiellement “islamophobes” », souligne François Kraus, directeur adjoint du département « Opinion » de l’Ifop.

Près de la moitié des musulmans prêts à partir

Les conséquences et les réactions à une hypothétique victoire de Marine Le Pen ont également été mesurées. Selon 81 % des musulmans, l’élection de la candidate RN entraînerait une hausse des agressions et des discriminations contre les adeptes de leur religion. Un peu plus d’un quart (27 %) d’entre eux en viendraient alors à dissimuler leur appartenance religieuse. Mais la véritable trouvaille de l’enquête est la suivante : 46 % d’entre eux envisagent de quitter le pays, contre 21 % pour l’ensemble de la moyenne nationale, en cas d’accession à l’Élysée de la députée de la 11ᵉ circonscription du Pas-de-Calais. La part de la population juive tentée par l’exil est également indiquée et non négligeable, mais peut être expliquée moins par crainte du RN lui-même que par les conséquences et l’instabilité créées par cette victoire. Les musulmans ne seraient pas les seuls à être mal à l’aise en cas de succès lepeniste.

Un tableau qui montre que les crispations identitaires seront au centre de la campagne qui s’ouvre. Où l’on peut voir que progressivement, la vieille ligne de fracture entre droite et gauche s’est amenuisée au profit de clivages ethnico-religieux et générationnels.


  1. Enquête Ifop pour Marianne auprès de 9689 personnes âgées de 18 ans et plus représentatives de la population française, effectuée par questionnaire auto-administré en ligne du 25 au 30 septembre 2026. ↩︎

Le keffieh de Greta au lycée

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La militante suédoise radicale Greta Thunberg à Saint-Denis (93), hier © John Leicester/AP/SIPA

Alterte ingérence étrangère !! La petite Suédoise teigneuse révoltée contre le voyage en avion et la situation à Gaza est apparue hier, en Seine-Saint-Denis, pour soutenir nos lycéens. « How dare you ? » a-t-elle pesté contre la police nationale qui ose reprocher à certains lycéens de casser, brûler ou de lui lancer des pierres. En sacralisant la colère des jeunes ou la cause palestinienne, l’islamo-gauchisme entend entretenir une culture de l’affrontement où l’autorité républicaine devient coupable par principe, analyse Charles Rojzman.


Il ne manquait plus qu’elle. Greta Thunberg arrive devant le lycée Paul-Éluard de Saint-Denis (93), le 13 octobre, un keffieh sur les épaules. Les élèves demandent des professeurs ; elle apporte la Palestine. Ils réclament les moyens d’apprendre ; leur colère entre dans un récit où le monde établi est coupable et la jeunesse acquittée d’avance. Les écoles ont leurs misères, et la République doit répondre de ses défaillances. Mais les attaques contre les policiers ne sont pas des revendications scolaires. La pierre lancée contre un homme ne devient pas une demande de justice parce que la main qui la lance est jeune. Lorsque le policier est traité comme un occupant, lorsque l’affrontement devient une preuve de courage, se dessine le glissement vers une « intifada » intérieure, empruntant au combat palestinien sa figure de l’ennemi. Cette innocence politique n’est pas accordée par les adultes dans leur ensemble. Elle est entretenue par l’extrême gauche et une partie de la gauche qui mènent un combat culturel : présenter l’autorité comme une oppression, l’héritage comme une faute, la révolte comme une vertu. La jeunesse leur fournit une force et un visage ; elles lui proposent une explication du monde où le coupable est toujours ailleurs. Sur Twitter, le maire lfiste de Saint-Denis M. Bagayoko a salué la présence de Greta Thunberg, et proclamé sa ville « capitale de la résistance et de la convergence des luttes ».

Une accusation pour toute éducation

Voici donc la vieille promesse : les enfants sauveront le monde que leurs pères ont souillé. On leur donne l’innocence en héritage, et pour toute éducation une accusation. Leur colère devient un capital politique, leur impatience une arme, tandis que ceux qui les encouragent recueillent une ferveur dont d’autres paieront le prix. Les entreprises totalitaires ont souvent convoqué cette pureté. L’encadrement nazi travaillait à réduire l’influence des parents et des maîtres ; Mao mobilisait les étudiants dans les gardes rouges. Les manifestations présentes ne sont évidemment pas ces régimes. Mais leur histoire nous avertit : on peut promettre aux jeunes l’émancipation pour obtenir leur obéissance, leur apprendre à mépriser les anciennes autorités afin de leur imposer la sienne… L’enfant vivant hésite, apprend, se trompe, recommence. L’enfant devenu emblème doit rester innocent pour que la cause reste irréprochable. S’il frappe, on invoquera sa blessure ; s’il menace, on expliquera sa colère. Les marchands d’innocence lui retirent ainsi cette dignité élémentaire : répondre de ses actes.

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Alliances

La Palestine entre dans ce récit comme une innocence déjà proclamée. Dans sa version radicale, les crimes du Hamas, son projet et les soutiens qu’il rencontre disparaissent derrière les souffrances invoquées. Les responsabilités diffèrent entre dirigeants, partisans et populations contraintes ; elles doivent être examinées, jamais ensevelies dans une innocence collective. Car la souffrance ne sanctifie pas un projet d’élimination. Le visage d’un enfant ne doit pas soustraire les chefs au jugement. Défendre les Palestiniens ne saurait exiger que l’on taise les crimes contre les Juifs ou que l’on accepte la disparition d’Israël. Les élus de LFI sont présents dans les cortèges. Autour de la Palestine et d’adversaires communs peut se nouer une convergence implicite avec les islamistes, dont les ambitions de domination échappent alors à la critique. Le keffieh ne prouve aucune direction islamiste du mouvement ; il invite à examiner les alliances que la ferveur dispense d’interroger.

C’est pas l’Ecole qui lui a dicté ses codes. Soumaya Sarré, porte-parole voilée de la fédération des lycéens de quartier, fait actuellement le tour des plateaux télé. Capture LCI.

Aimer la jeunesse exige de lui transmettre davantage qu’un ennemi. Attaquer les policiers, c’est aussi attaquer l’autorité qui garantit nos libertés ; présenter ces attaques comme une résistance, c’est préparer leur légitimation. Le combat culturel se joue là : défendre les institutions sans nier leurs fautes, et refuser à l’extrême gauche le privilège de parler au nom de toute la jeunesse.


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Les lycéens veulent-ils vraiment plus de profs?

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Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, le ministre de l'Éducation nationale Édouard Geffray et la secrétaire d'État chargée de la Citoyenneté Sabrina Agresti-Roubache se rendent au collège Joseph-Lakanal à Aubagne. Un élève de 14 ans y a ouvert le feu avec un fusil de chasse le matin du 12 octobre 2026, blessant grièvement un enseignant et le principal de l'établissement © Frederic MUNSCH/SIPA

Parce qu’elle a osé rappeler quelques évidences à un lycéen gauchiste sur LCI, la prof de philo Bérénice Levet est moquée. À Aubagne (13), un élève de 14 ans maboule tire au fusil de chasse sur l’équipe éducative. À Saint-Denis (93), Greta Thunberg et son keffieh apportent un petit supplément d’islamo-gauchisme à un mouvement qui n’en avait pas franchement besoin. Fort de ses observations, Ivan Rioufol redoute dans sa chronique que l’enseignant ne soit finalement devenu la nouvelle cible de « lycéens » embrigadés dans notre société.


Bérénice Levet est un professeur menacé. Son tort : refuser de subir la tyrannie d’élèves déculturés. Docteur en philosophie, elle a osé, sur des plateaux de télévision, rappeler le rôle supérieur de l’enseignant dans la transmission du savoir. Elle m’écrit : « Je reçois des appels téléphoniques masqués (…) Je reçois également des courriers électroniques explicitement menaçants. » Son sort indiffère les médias. Bérénice Levet a notamment été confrontée sur LCI, la semaine dernière, à un jeune lycéen arrogant qu’elle a voulu remettre à sa place.

Elle dit : « Les adultes sont tétanisés par la hantise d’être en retard sur la jeunesse. Je n’imaginais pas que rappeler des vérités d’évidence – que la jeunesse est vide, creuse, qu’elle a besoin de recevoir l’essentiel de sa vie morale, intellectuelle et spirituelle des aînés, que former des héritiers était une nécessité et pour l’homme en son humanité et pour la continuité historique du pays dans lequel l’enfant entre en naissant – déclencherait une telle tempête. Et pourtant, je ne devrais pas être surprise, moi qui avais la généalogie de cette histoire dans mon Crépuscule des idoles progressistes… ».

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Là est le paradoxe de cet apparent « mouvement lycéen » qui réclame pour la galerie davantage d’enseignants. En réalité, des jeunes embrigadés incendient ou saccagent des lycées et des universités ; ils brutalisent des professeurs et des proviseurs : près de 150 d’entre eux ont été blessés depuis une semaine. La lente dévalorisation du rôle de l’enseignant fait désormais de cette profession un métier à risque. Les assassinats des professeurs Samuel Paty et Dominique Bernard par des islamistes semblent même avoir libéré les pulsions mortifères. Lundi, au collège Lakanal d’Aubagne (Bouches-du-Rhône), un élève de 14 ans, apparemment fasciné par les tueries de masse, a tiré au fusil de chasse sur le principal et une enseignante, les blessant grièvement.

L’École paie de son effondrement la conjonction de deux idéologies : le pédagogisme et l’islamisme. Le pédagogisme, issu de Mai 68, a mis l’élève au centre du système éducatif au détriment de l’autorité du maître ; l’islamisme, issu de l’immigration arabo-musulmane, a désigné l’enseignant comme le symbole d’une culture occidentale à rejeter. Aujourd’hui, l’observateur ne peut que constater l’expression publique, dans les rangs des lycéens, d’un palestinisme (keffiehs, drapeaux palestiniens, slogans anti-Israël, etc.) qui n’a rien à voir avec les revendications apolitiques de façade. Hier, la militante écologiste et pro-Hamas Greta Thunberg, 23 ans, keffieh sur les épaules, s’est jointe aux manifestants du lycée Paul-Éluard de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), ville dont Bally Bagayoko (LFI) est le maire. Partout, l’hyperviolence de l’islamo-gauchisme prend le moindre prétexte pour s’exprimer, dans ce qui se rapproche d’un affrontement civilisationnel. La guerre civile accélère ses répétitions quand Mathilde Panot (LFI) rappelle que le 17 octobre – journée censée accueillir des gilets jaunes – est aussi la commémoration pour les Algériens de la manifestation parisienne pro-FLN de 1961, qui se solda par une confrontation avec la police française et la mort de nombreux Algériens. Ce ne sont pas seulement les professeurs qui sont menacés. C’est la France.

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Le club des cinq

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© Jeanne Accorsini/SIPA

Même s’il n’a pas particulièrement brillé par son éloquence lors des trois débats organisés par la gauche, M. Glucksmann s’est magistralement imposé dans les urnes face à ses concurrents de la primaire. Le compagnon de la présentatrice vedette du 20 heures de France 2 a au moins le mérite d’écarter du chemin de la présidentielle une démagogue complaisante avec Vladimir Poutine que les Français connaissent bien… Récit.


Je n’ai pas lu les volumes de la Bibliothèque rose relatant les aventures de Claudine, Mick, François, Annie et du chien Dagobert durant mon enfance, mais j’en ai évidemment entendu parler. En revanche, je n’ai raté aucun des épisodes de la série « Primaire de la gauche » diffusés ces dernières semaines sur nos chaînes d’information. Trois épisodes, cela fait cinq ou six heures devant l’écran. C’est éprouvant, mais je m’impose ce genre de discipline.

Éthique et danse du ventre

Ce sont mes professeurs du lycée et de la fac qui m’ont expliqué qu’on ne pouvait prétendre avoir un avis sur des films que l’on n’avait pas vus. De même qu’il n’est pas sérieux de s’autoriser à donner son avis sur l’œuvre de Proust si on n’a pas lu À la recherche du temps perdu, ou sur Céline si on n’a pas suivi le parcours de l’écrivain qui va du Voyage au bout de la nuit à Bagatelles pour un massacre. Étiemble, lu beaucoup plus tard et écrivant « j’ai choisi de penser tout seul » [1], développait cette idée « de ne parler que de ce que l’on connaît ». Voilà pourquoi je me suis obligé à suivre les trois épisodes de la « primaire de la gauche », dite aussi « du Parti socialiste et de Place publique ».

Parmi les cinq candidats, je ne sais pas qui me fait vraiment penser à Dagobert, le chien de la saga d’Enid Blyton. En revanche, Ségolène m’évoque évidemment Claudine, qui se fait appeler Claude dans la série. L’épisode à se repasser en boucle, c’est la prise de bec avec Raphaël Glucksmann à propos de la « danse du ventre » que Madame Royal aurait effectuée devant Macron pour obtenir des avantages. Elle balance des scuds contre Raphaël qui évoquent ceux de Mediapart contre le RN. Elle repousse violemment les agressions de nature sexuelle de ses collègues (c’est elle qui le dit !) comme elle l’avait fait quelques jours auparavant devant les critiques de Jérôme Guedj. La dame plaide pour une alliance avec LFI et c’est vrai que dans le mépris que son visage exprime quand elle s’adresse à celui qu’elle appelle « le stagiaire » Glucksmann, on peut y voir une version féminine des rictus de mépris du lider máximo de LFI.

Dans une vidéo volée et diffusée par l’extrème gauche, M. Glucksmann dit qu’il « pisse » sur Jean-Luc Mélenchon et accuse Ségolène Royal d’avoir « fait la danse du ventre » devant Emmanuel Macron.

Lider máximo… Castro… Mais oui… On se souvient que Ségolène Royal n’avait pas démérité dans ce genre en novembre 2016. Elle représentait alors la France aux funérailles de Fidel Castro, un deuil qui avait alors ému aux larmes Jean-Luc Mélenchon. Mme Royal avait salué l’humanisme des révolutionnaires cubains en ces termes : « Ils se sont inspirés de la Révolution française sans pour autant connaître la terreur qu’il y a eu pendant la Révolution française. » Les 8 600 militants alors emprisonnés en 2016 à Cuba, selon Amnesty International, les 582 condamnations à mort, le million cinq cent mille réfugiés cubains étaient effacés par Madame Royal. Cancellés ! Les 1 477 détenus politiques incarcérés en novembre 2015 — un chiffre record — couronnaient la dernière année de vie du lider máximo cubain [2]. Mais cette gauche française hors-sol ne voyait là que dégâts collatéraux d’un régime bienveillant pour la démocratie… On peut pourtant rappeler à Madame Royal un extrait de ce texte datant de 1954 : « Robespierre fut idéaliste et honnête jusqu’à sa mort. […] Il les fallait, ces quelques mois de Terreur, pour venir à bout d’une terreur séculaire. Ce sont les Robespierre qu’il faut à Cuba, beaucoup de Robespierre ! » [3]. Il est signé… Fidel Castro.

Ségo, imbattable pour le buzz sur les réseaux sociaux

Pendant les débats télévisés, je voyais dans les regards lancés par Madame Royal contre ses « amis » de gauche J. Guedj et R. Glucksmann une lame acérée qui se rapprochait de leur cou. Ces séquences restées virales sur le Net s’inscrivaient dans les mémoires. Le Club des cinq socialistes avait exposé aux Français dont ils escomptaient les suffrages les principes de ce socialisme qui les réunissait et qui se résumait à la formule « Non au RN ». Ils n’étaient d’accord sur rien : alliance ou non avec LFI, retraite à 64 ans, 63 ans et neuf mois, 60 ans, ou peut-être 62 mais à condition que… aide à l’Ukraine ou caresse à Poutine, etc. Impôts, taxes, police, justice. On comprenait qu’en 2026, la définition du socialisme c’était « Barrage au RN ». Me revenait cette ancienne définition du communisme attribuée au journaliste Henri Jeanson : « Le capitalisme, c’est l’exploitation de l’homme par l’homme. Le communisme, c’est le contraire. » Aujourd’hui, si j’en crois les exposés du Club des cinq, la définition du socialisme expliquée au peuple, c’est « Barrage au RN ». C’est très facile à retenir pour les lycéens de la génération PISA, celle qui cette année a fourni 91,4 % de réussite au baccalauréat.

On a compris aussi au cours de ces prestations télévisées du Club des cinq que l’humour n’était pas conseillé entre « amis » au PS. Parler de danse du ventre pour signifier « solliciter des prébendes » est une expression sexiste, ou mieux, c’est une « agression à connotation sexuelle ». C’est vrai qu’on est loin du langage suave auquel les hommes politiques ont habitué leurs électeurs. Je ne peux m’empêcher de penser à l’émission qui précédait le Club des cinq sur BFMTV. Sonia Mabrouk recevait Robert Ménard. Quel bonheur que la franchise du maire de Béziers ! Un bol d’air frais, en comparaison… Si la vénération du lider de La France insoumise pour le coupeur de têtes n’avait échappé à personne, la bêtise de Royal traçait aussi le chemin qui conduit chez certains à ce « fascisme rouge » évoqué par André Glucksmann, le père du « stagiaire » Raphaël. C’est Glucksmann qui a remporté le match du Club des cinq. Il obtient 66 % des voix des votants et la Royal s’en tire avec un piteux 7 %.

Mehmet et autres malheurs de l’ombre

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DR

Des tragédies pour une France à bout…


Il y a la vie politique, les affrontements partisans, les délires politisés d’une Mathilde Panot sur le cancer, la victoire éclatante de Raphaël Glucksmann pour la cause social-démocrate. Il y a François Hollande, les yeux fixés sur les sondages, Bruno Retailleau qui les espère meilleurs, David Lisnard qui sent un frémissement, le Rassemblement national qui se maintient à un niveau élevé malgré (ou grâce à) Jordan Bardella et l’implacable sérénité de Marine Le Pen. Il y a Sébastien Lecornu à l’Assemblée nationale pour le vote difficile, voire impossible, du budget (les socialistes ont déjà servi une fois !). Il y a les mille agitations et aléas de la France officielle. Et, dans la géopolitique mondiale, il y a ce couple terrifiant formé d’une personnalité erratique, sans foi ni loi, et d’un dictateur cynique d’une cruauté indépassable.

C’est ce qu’on voit, ce qui nous fait peur et nous désespère. On cherche encore quelques citoyens heureux !

D’autres drames enfouis, sans éclat, nous en révèlent bien davantage que ce décor démocratique, ces joutes républicaines, aussi lamentables et égoïstes soient-elles.

Il est des tragédies qui viennent, dans une absolue discrétion, frapper notre pays à bout de forces et démontrer à quel point son état est dégradé, entre un quotidien qu’on ne maîtrise plus et une impuissance qui amplifie les désastres.

Ce ne sont pas toujours des événements aussi spectaculaires que les tentatives d’assassinat commises par cet adolescent de 14 ans dans son collège. Il voulait tuer des professeurs. Et si, un jour, plutôt que de rechercher des ressorts profonds ou numériques (une mouvance en ligne glorifiant les tueries de masse ?), dont l’élucidation complète est inconcevable, on s’attachait à ce qui crève l’esprit : la violence et la mort des autres devenues des finalités en elles-mêmes ? Le désir de faire mal, la chute libre d’un pays en matière d’éthique collective, tout le monde étant touché, jeunes et moins jeunes ?

On ne devrait pas appeler « faits divers », mais « indices graves », ces preuves terrifiantes noyées dans le flot incessant de l’actualité, ces signes sans équivoque d’une monstruosité devenue banale et presque invisible à force de se répéter. Des tragédies sans éclat ni apprêt, qui suscitent quelques instants de colère avant de tomber dans l’oubli. Et l’on passe à autre chose.

Mehmet, 63 ans, a été agressé en pleine rue, un matin, Porte de la Chapelle, dans ce quartier de Paris miné par l’insécurité. Il allait acheter son pain. Il n’a pas survécu à ses blessures. Il avait longtemps été ouvrier qualifié chez Eiffage. Quelles que soient les circonstances, c’est un homme honorable qu’on n’a pas su protéger.

À Champigny-sur-Marne, un brigadier-chef de 38 ans est décédé d’un malaise cardiaque après avoir poursuivi des voleurs à la roulotte. Ce fonctionnaire exemplaire, qui se battait pour la protection de ses concitoyens et de leurs biens, avait peut-être entendu un jour que « la police tue », de la bouche de ce Mélenchon fort en verbe mais couard au fond (Dominique Labarrière dans Causeur).

Cet homme est mort, certes sans lien direct avec la délinquance, mais parce qu’il s’est dévoué en faisant son devoir face à des infractions qui, bien que considérées comme minimes, s’avèrent pourrissantes au fil des jours. La police est une institution qu’on devrait protéger sans céder une seconde à l’ignorance, à la démagogie ou à la haine.

Ces tragédies d’une France à bout, nul besoin de les exacerber, de les hystériser dans une surenchère qui serait comme un pléonasme dramatique. Mais que la France, si attentive à ce qui se joue en pleine lumière, n’oublie jamais les mille malheurs qui se déroulent dans l’ombre.