Patrick Cohen en arbitre du pluralisme : on croit rêver ! Malmené lors de son audition, l’éditorialiste vedette a fustigé la commission et exposé une morale à géométrie variable. Ainsi qu’un goût pour la délation.
9 avril 2026. 7 h 43. Sur France Inter, Patrick Cohen tire les leçons d’une commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public qui le laisse sur sa faim. Selon lui, elle est passée à côté « des questions de fond, la spécificité du service public, la façon de garantir l’accès à une information fiable ou de concilier pluralisme et impartialité ». On se pince pour y croire : celui qui tient ces propos est le même qui a été pris la main dans le sac de la collusion médiatico-politique dans un café parisien en compagnie de son confrère Thomas Legrand et de deux pontes du PS ; le même qui s’est fait réprimander par l’Arcom pour des commentaires sur le meurtre de Thomas Perotto « ne satisfaisant pas aux exigences de mesure, de rigueur et d’honnêteté » ; le même qui, un soir d’ébriété idéologique en 2013, affirma spontanément, sur le plateau de « C à vous » que chacun n’a pas le droit de penser ce qu’il veut.
La star de France Inter et France 5 n’a toujours pas digéré son audition par la commission d’enquête sur l’audiovisuel public et les questions pertinentes posées par le rapporteur Charles Alloncle. Ce jour-là, il a refusé de répondre précisément et a tenté à de multiples reprises d’inverser les rôles en interrogeant sèchement le rapporteur. Derrière les affèteries dédaigneuses et les soupirs condescendants a transparu l’estime infinie que l’éditorialiste se porte à lui-même.
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Patrick Cohen s’est plaint d’avoir été enregistré par L’Incorrect à son insu. « Atteinte à la vie privée », a-t-il geint devant les parlementaires. Pourtant, lui a judicieusement rappelé Charles Alloncle, il justifiait en 2018 la divulgation d’un enregistrement fait à l’insu de Laurent Wauquiez et évoquait alors une « démarche journalistique tout à fait légitime ». Ajoutons qu’il ne rechigne pas à cafarder à l’occasion. Ainsi, lors de ce fameux quadrille avec son confrère et deux éminents représentants du PS, l’entend-on balancer le nom d’un journaliste du Figaro qui l’informait discrètement sur les atermoiements de la rédaction dudit quotidien à propos de l’écologie.
Plus récemment, sur le plateau de « C à vous », le sycophante n’a pas hésité à rapporter à l’antenne une blague indécente que Fabien Roussel lui avait racontée en privé. Au moins, les futurs invités de l’émission phare de France 5 savent-ils maintenant à qui ils auront affaire : derrière le sourire du technico-commercial médiatique se cachent de furieuses envies de cancaner méchamment, qui renseignent sur l’esprit vertueux et les manières irréprochables dont il se prévaut.
En plus de Charles Alloncle, l’éditorialiste est obsédé par les « médias bollorisés ». Le 6 avril dernier, sur RMC, il lâche : « Dans l’état actuel, c’est purement factuel, je pense que CNews est hors-la-loi. » Se prendre pour un juge quand on est journaliste, c’est cocasse. Puis en avril toujours, le journaliste se fâche encore tout rouge sur France Inter en consacrant deux de ses éditos politiques au milliardaire breton, « dont la photo géante,façon Staline à la une de L’Huma » illustre, à son grand dam, la couverture d’un article dans Le JDD. Signalons au passage que Cohen ne répugne pas afficher sa bobine plein pot en couverture de son dernier livre paru chez Flammarion. Un ouvrage intitulé, ça ne s’invente pas… Les Mystificateurs.




