Le président d’Avocats sans frontières dénonce la morale à géographie variable de la presse occidentale dans son traitement de la guerre en Iran.
Je vous l’avoue, la morale à géographie variable me casse un peu le moral. Elle incarne en fait le comble de l’immoral. La presse occidentale est pleine de moraline dès qu’il s’agit de cogner sur les États d’Occident. Par exemple, quand ceux-ci essaient de réguler l’immigration, elle leur reproche d’expulser le délinquant clandestin oriental. Fût-il un bandit de grand chemin.
Mais je ne vous parlerai pas ici du conflit moyen-oriental. S’agissant des Américains et des Israéliens, les médias n’ont pas de problèmes moraux pour leur cogner dessus. Ils leur donnent de grandes leçons de droit international pour pas un rond. La guerre serait illégale. Et tant pis si ces leçons sont carrément stupides. C’est l’avocat qui vous le certifie gratis.
S’agissant d’Israël, pays attaqué en 1992 par la République islamique dans son ambassade à Buenos Aires, et attaqué en 2023 sur son sol par le Hamas (dont le financement et la logistique sont assurés par la même République), le casus belli est aisément plaidable.
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Les journalistes sont également particulièrement caustiques – et je partage sur ce point leur causticité – pour chambrer les discours du premier Américain. Son narcissisme, sa vantardise, sa versatilité ont été les meilleurs amis de ses ennemis. En revanche, je ne les ai jamais entendus moquer les discours tout aussi vantards, menteurs et hystériques des porte-parole de la République fanatique.
La presse hexagonale a été particulièrement sourcilleuse pour blâmer les bombardements américains sur les structures civiles iraniennes. Et je ne veux pas parler, de peur d’abîmer davantage mon moral, des condamnations et sermons lorsqu’il s’agit des bombardements de l’État juif, quand bien même celui-ci avertit-il le plus souvent les populations civiles. En tous les cas, il vise uniquement les objectifs militaires ou terroristes sans pouvoir malheureusement éviter les dégâts collatéraux. Dans ce cas, on ne compte pas sur la moindre compréhension. L’un des rares politiques à avoir eu le courage et l’intelligence de le dire, après l’intervention contre le Hezbollah sur Beyrouth, fut François-Xavier Bellamy devant une journaliste de France Info en pleine crise d’apoplexie. Le droit de la guerre autorise à s’en prendre à des cibles terroristes qui utilisent des boucliers humains, a-t-il rappelé. À moins peut-être qu’il y ait une exception jurisprudentielle pour Israël.
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En revanche, je jure sur la Bible de Jérusalem que je n’ai JAMAIS lu un article de presse ou entendu un journaliste de service public (ou même d’ailleurs) faire la moindre remarque d’ordre moral, fût-elle légère ou subliminale, sur le fait que les Iraniens ou le Hezbollah avaient tort de cibler les populations civiles israéliennes. Que cela n’était pas très gentil. Les journalistes font silence pour la bonne raison – ou plutôt la très mauvaise – que cela ne vient pas à leur esprit pourtant sentencieux.
Attention, je ne suis pas en train de publier un savant article politique ou juridique. Je me place sur le terrain de l’évidence psychologique. La plupart des médias occidentaux moralistes sont dans l’impossibilité de porter un jugement moral sur un être oriental. Un esprit chagrin – et j’en suis un – y voit une forme évidente de racisme méprisant immoral. Je vous ai dit que je n’ai pas le moral ?




