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Féminisme mal dégrossi

Du rififi dans la body positivity


Féminisme mal dégrossi
Lindy West. D.R.

Lindy West, coqueluche mondiale du féminisme, nous rappelle que même les icônes woke ont des complexes. Surtout, elle nous déçoit terriblement en révélant avoir accepté le trouple imposé par son compagnon polyamoureux.


Le féminisme mâtiné de wokisme n’est pas un long fleuve tranquille, nous apprend en substance Libération1 en retraçant les mésaventures de « l’icône de la lutte contre le patriarcat et la grossophobie », une dénommée Lindy West. Celle-ci s’est fait connaître grâce à Shrill, un livre paru en 2006 dans lequel elle relate son expérience en tant que « femme grosse ». Ce « récit confessionnel » a été adapté en série télévisée. Mme West, qui écrit également pour le New York Times et le Guardian, était jusqu’alors considérée comme une féministe radicale, imperméable aux injonctions du patriarcat, insoumise aux diktats de la masculinité toxique. Et puis… son dernier livre est paru. Intitulé Adult Braces, ce récit autobiographique raconte comment l’indomptable Lindy a fini par accepter le « polyamour » imposé par Aham, son mari, et, conséquemment, la vie en « trouple » avec ce dernier et Roya, sa maîtresse.

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Bien que les sujets habituellement traités par West – la grossophobie, le racisme, les normes sexuelles et genrées, et toutes ces sortes de choses – se retrouvent dans son dernier livre, les féministes et la revue de gauche Atlantic s’interrogent : Lindy West a-t-elle trahi son public ? Est-ce la mort du « féminisme millennial, numérique, pop, intersectionnel et body positive ? » Questions abyssales auxquelles la journaliste de Libération tente de répondre. Elle a vu la série Shrill – mot qui signifie « aigu, strident » et que les hommes utilisent souvent pour dénigrer la voix des femmes, précise-t-elle en dénonçant le… « patriarcat acoustique » – et a lu le dernier ouvrage de Mme West. Elle y a décelé mille fragilités, une anxiété grandissante, la crainte de décevoir ses admiratrices, d’autant plus que la plantureuse dame avoue, en plus de sa dépendance à son mari – qu’elle ne quitte pas malgré la vie en « trouple » et le fait qu’il ait une deuxième maîtresse, « une jeune femme grande, mince et blonde » –, son désir de perdre du poids, ce qui « pourrait changer la taille du corps à partir duquel elle écrit » et, dès lors, accroître la méfiance de ses lectrices les plus replètes. Ô rage ! Ô désespoir ! Ô gras-double ennemi ! N’aura-t-elle donc maigri que pour cette infamie ?

Adult Braces: Driving Myself Sane

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  1. https://www.liberation.fr/idees-et-debats/opinions/la-queen-du-feminisme-pop-lindy-west-a-t-elle-vraiment-trahi-ses-soeurs-milleniales-par-martine-delvaux-20260411_LRUVIO4BTZCILOYYMKJGZXOVIU/ ↩︎
Mai 2026 – #145

Article extrait du Magazine Causeur




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Amateur de livres et de musique. Dernier ouvrage paru : Les Gobeurs ne se reposent jamais (éditions Ovadia, avril 2022).

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