Prix citron pour Namur «l’antifa»: la capitale wallonne rompt avec Menton pour raisons politiques !
Avant toute chose, permettez-moi de rappeler cette étrangeté : il existe en Wallonie des villes officiellement « antifascistes ». Namur fait partie de celles-ci, comme Charleroi, Liège et Mons, manière pour elles d’interdire plus aisément les réunions de tout parti ou autour de toute personne qui rappellent que l’immigration n’est pas une chance, qu’un homme est un homme et une femme une femme ou encore que l’insécurité galopante devrait justifier une politique de tolérance zéro. Le concept est né au moment où le parti Chez Nous tentait de bousculer la mainmise de la particratie sur l’échiquier politique.
Engagé-e-s
Capitale de la région la moins démocratique d’Europe, Namur est jumelée à Menton (06). Problème : la ville du sud de la France a élu au poste de maire une représentante du Rassemblement national lors des dernières élections municipales. Il n’en fallait pas plus pour mettre entre parenthèses une amitié datant des années cinquante. Quant à Alexandra Masson, elle n’est pas la bienvenue au pied de la citadelle mosane. Mais peut-on la plaindre lorsque l’on voit ce qu’est devenue la ville wallonne ces dernières années ?
A lire aussi: Et mon culte, c’est du poulet?
À Namur, c’est le parti nommé Les Engagé-e-s, autrefois social-chrétien, qui règne en maître. Comme nombre de villes situées au confluent de deux cours d’eau – Lyon a pendant longtemps vécu la même situation –, elle a du mal à choisir et ne vote donc ni vraiment à gauche, ni vraiment à droite, mais pour les centristes qui, pour reprendre l’expression que j’entendais dans ma jeunesse, « se nourrissent à tous les rateliers ». L’homme fort est Maxime Prévot, bourgmestre entretemps devenu ministre des Affaires étrangères et qui a nommé une marionnette « faisant fonction » pour veiller aux destinées de la ville.
Dans sa nouvelle fonction, l’homme qui n’aime donc pas le RN ne cesse de se faire le porte-parole du Hamas et de relayer le palestinisme ambiant. Sous sa houlette, la Belgique appelle à davantage de sanctions contre Israël et à revoir l’accord d’association de l’UE avec l’Etat hébreu – Jérusalem, Menton, même croisade. Rappelons aussi que son parti est celui qui fut le premier à faire élire une députée voilée en Europe – ladite élue est aujourd’hui ministre dans le gouvernement d’Erdogan.
Nous n’avons pas les mêmes valeurs
Mais quittons les rives du Bosphore et revenons à celles de l’Entre-Sambre-et-Meuse: de ville bourgeoise, Namur est devenue une cité en voie de quart-mondisation où pauvreté, trafic de drogue et délinquance conjuguent leurs effets, notamment dans le quartier de la gare, porte d’entrée peu accueillante. En quelques années à peine, le visage de la « ville escargot » – comme elle est surnommée – s’est profondément transformé, au plus grand dépit des habitants qui sont 76 % à estimer que l’insécurité a augmenté. La ville ne survit financièrement que grâce au plan Oxygène, aide de la Région wallonne, elle-même endettée. Il n’y a pas de petites économies dans ce contexte : les associations folkloriques doivent désormais mettre la main à la poche pour occuper l’espace public.
A lire ensuite: Et mon culte, c’est du poulet?
Mais apparemment, l’urgence pour la ville était de rompre avec son homologue française. Pour l’échevine de centre-droit Charlotte Deom (MR), « les relations internationales de la ville doivent s’inscrire dans le cadre des valeurs que nous défendons : la démocratie, l’état de droit, l’égalité et le respect des droits fondamentaux. C’est une question de cohérence. » Ça sonne creux comme un discours tenu lors d’un concours de miss, ça donne une fausse impression de la résistance – sans le maquis –, ça donne des gages à la gauche qui exerce un chantage moral permanent en Wallonie et surtout ça n’explique pas en quoi la nouvelle maire de Menton s’écarterait de ces principes.
Les fraises de Wépion, cultivées à quelques encablures de Namur, ne se mélangeront plus aux citrons de Menton. Pour avoir travaillé quelques années dans la capitale wallonne et y avoir conservé des amis, je sais ce que ceux-ci pensent de l’évolution de leur ville. Et assurément, ils souhaiteraient une personnalité de la trempe d’Alexandra Masson à la tête de leur cité. Mais les édiles de la ville, préoccupés à être plus antifascistes que les antifas eux-mêmes, songent sans doute déjà, en concertation avec l’exécutif wallon, à rebaptiser l’Elysette, nom du lieu où siège le gouvernement, au cas où Marine Le Pen ou Jordan Bardella accéderaient à l’Elysée en France.
Causeur ne vit que par ses lecteurs, c’est la seule garantie de son indépendance.
Pour nous soutenir, achetez Causeur en kiosque ou abonnez-vous !




