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King Donald, roi du monde ?

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L’opération « Liberation Day », lancée le 2 avril, par laquelle Donald Trump visait à révolutionner le commerce mondial, vient d’entrer dans une nouvelle phase avec l’annonce, jeudi soir, des tarifs que les États-Unis vont imposer aux autres pays à partir du 7 août. Cette annonce, ainsi que d’autres concernant les gouvernements de la Russie et d’Israël, clôt une semaine qui, pour Trump, a commencé par la mise en scène, en Écosse, de l’humiliation de la présidente de la Commission européenne, suivie de la semi-humiliation du Premier ministre britannique. Qu’on l’approuve ou non, Trump occupe largement l’espace stratégique et médiatique et rappelle sans cesse sa propre imprévisibilité ainsi que la puissance immense de l’État qu’il dirige.


Donald Trump est le président des États-Unis. Et peut-être du monde… Du moins, il en a l’air en ce moment. Il a le bras long: ses bombardiers furtifs B-2 Spirit font la moitié du tour de la planète pour frapper l’Iran. Sa grande stratégie tarifaire secoue toutes les nations du monde, les grandes comme les petites. Enfin, il semble être partout chez lui, car c’est en Ecosse, la terre ancestrale de sa mère, sur son terrain de golf de Trump Turnberry, qu’il a racheté en 2014, que le président a conclu un accord commercial préliminaire avec l’Union européenne et tenu des pourparlers avec son allié britannique, sir Keir Starmer. Dimanche dernier, il a accueilli Ursula Von der Leyen comme un prince accueillerait un vassal. Ils ont scellé par une de ces vigoureuses poignées de main qu’affectionne le président américain ce que Trump a qualifié de “plus grand deal jamais conclu”. Si quelque chose comme cet accord préliminaire – dont les deux partenaires ont retenu des versions sensiblement différentes – est approuvé par les États-Unis (la Cour d’appel américaine doit prononcer pour ou contre l’usage par Trump des décrets dans ce contexte), ainsi que par le Conseil européen (à la majorité qualifiée) et le Parlement européen (à la majorité simple), on pourra dire au moins qu’aucune puissance commerciale comparable à l’UE n’a accepté un accord aussi déséquilibré en se montrant apparemment reconnaissante. 

Les Chinois bénéficient d’un sursis jusqu’au 12 août

Le lendemain, c’était le Premier ministre britannique qui, bien que chez lui à proprement parler, est venu chez Trump baiser la pantoufle. Certes, son pays avait obtenu un meilleur accord avec les États-Unis que l’UE, avec un tarif de base de 10% plutôt que 15% – un des avantages du Brexit – mais le leader travailliste a été contraint d’occuper une place de subalterne. Les deux dirigeants ont tenu une conférence de presse où le chevalier Starmer a eu du mal à en placer une, tandis que King Donald a soulevé les différents dossiers où son interlocuteur aurait failli : l’immigration (il est vrai que le nombre des migrants illégaux traversant la Manche a déjà atteint 25 000 cette année, un record) ; la transition énergétique (Starmer aurait dû continuer à exploiter les ressources en pétrole et gaz de la Mer du Nord, au lieu de sacrifier au dieu de l’énergie verte) ; et le maire musulman de Londres, Sadiq Khan (selon Starmer, « mon ami », pour Trump « un type méchant »). Dans la foulée, Trump a mis la pression sur son allié, Benyamin Netanyahou, en annonçant que, selon lui, le problème de famine à Gaza était réel, et brusqué celui que le commentariat progressiste tenait pour son allié, Vladimir Poutine, en lui donnant un nouveau délai, beaucoup plus court, pour mettre fin à la guerre en Ukraine. Mardi, il a ouvert un nouveau terrain de golf en Écosse, avant de retourner à Washington pour – comme il l’a dit – « éteindre des incendies autour du monde », c’est-à-dire mettre fin à des guerres et d’autres crises.

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Les Français ont surnommé Nicolas Sarkozy « l’omni-président » et Emmanuel Macron « Jupiter », mais ces deux présidents de la République n’arrivent même pas à la cheville de cet Américain de 79 ans en termes d’omniprésence, d’outrecuidance et de chutzpah. On n’a nullement besoin de croire que Trump est un génie ou qu’il a raison pour reconnaître que cet homme est un véritable phénomène. À peine deux jours après son retour « chez lui » à la Maison Blanche (plutôt que « chez lui » en Ecosse), Trump annonçait par décret les gagnants (relatifs) et les perdants (probables) de sa grande opération de renégociation des échanges commerciaux internationaux. Si le Royaume Uni, l’UE, le Japon et le Vietnam ont pu s’arranger avec les États-Unis, 17 pays n’ont pas pu négocier un accord pour réduire les tarifs douaniers, dont Trump les menace, avant la date-limite de minuit le 31 juillet. Pour tous, les nouveaux tarifs entreront en vigueur le 7 août, plutôt que le 1er (comme prévu), afin de donner aux fonctionnaires des douanes le temps de se préparer. Les pays les plus sévèrement punis ne sont pas les plus grands : ainsi, la Suisse écope de 39%, Laos et le Myanmar de 40%, et la Syrie de 41%. Le Brésil, dont le président Lula a un différend avec Trump qui l’accuse de persécuter juridiquement son prédécesseur Jair Bolsonaro, tout comme les Démocrates ont persécuté Trump après la marche sur le Capitole, aura un tarif de base de pas moins de 50%. Le Japon, qui a un accord, a 15%, ainsi que la Corée du Sud qui n’en a pas. Taïwan, un proche allié des États-Unis qui est menacé d’invasion par la Chine, est à 20% mais espère toujours arriver à un accord. Le Canada, qui a un accord de longue date avec les États-Unis et le Mexique, aura 35% sur les produits qui ne sont pas couverts par ce traité. Pourquoi ? Parce que son Premier ministre Mark Carney a osé riposter aux premiers tarifs imposés par Trump et parce que, selon ce dernier, le pays du sirop d’érable n’a pas suffisamment entravé l’exportation illégale du fentanyl vers les États-Unis. Les négociations avec la Chine étant toujours en cours, ce pays a une extension jusqu’au 12 août avant une décision sur les tarifs par la Maison Blanche…

S’il y a une cohérence derrière le chaos apparent de ces différentes décisions, c’est une combinaison entre une logique purement économique et commerciale et des besoins d’influence géopolitique. C’est ainsi que le Pakistan a vu les tarifs réduits de 29% initialement, à 19% grâce à un accord sur l’exploitation commune des réserves pétrolières de ce pays. En revanche, l’Inde reste à 25%, non seulement parce que le pays n’a pas encore pu négocier un accord avec les Etats-unis, mais aussi parce qu’il continue à permettre à la Russie de Poutine d’éviter les sanctions occidentales visant l’exportation du pétrole russe. Comme le dit Trump dans le texte de son récent décret : « certains partenaires commerciaux […] ont signalé leur intention sincère […] de s’aligner sur les Etats-Unis sur des questions économiques et de sécurité nationale ». Notez bien : les questions économiques ne sont pas nécessairement séparables de celles de la sécurité nationale (il est vrai que cela conforte la justification invoquée par Trump pour fixer des tarifs, question commerciale, par décret présidentiel, outil sécuritaire).

Wall Street mise au pas

Il y a surtout deux leçons essentielles à retenir des actions récentes de Trump, du moins à court terme. D’abord, l’Amérique est de retour. Il est trop tôt pour dire si le président a rendu à l’Amérique sa grandeur – « made America great again ». Mais c’est un camouflet pour tous ces commentateurs tellement doctes – surtout en France – qui prétendaient pouvoir lire et prédire les intentions de l’imprévisible président en soutenant qu’il voulait que les Etats-Unis reviennent au XIXe siècle, qu’il cherchait un repli sur soi de son pays, qu’il envisageait une division du monde entre les sphères d’influence de l’Amérique, de la Russie et de la Chine. Non seulement un enfant devrait se rendre compte qu’une telle vision est impossible à notre époque, mais la grandeur américaine, telle qu’elle est conçue par Trump, ne peut pas accepter de céder du terrain à des rivaux. Trump vient de montrer que, selon lui, le président des Etats-Unis doit influer sur tout ce qui se passe sur la planète, non pas en envoyant ses GIs se battre en terre hostile, mais par des opérations militaires ciblées et en exerçant une pression économique non seulement sur ses ennemis, mais aussi sur ses alliés peu coopératifs.

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La seconde grande leçon est le retour de l’Etat. En combinant intérêt économique et intérêt géopolitique, Donald Trump nous montre que l’Etat, du moins le plus puissant des Etats, n’a pas à être le jouet des multinationales et des bourses. En imposant, que ce soit dans un premier temps, ses quatre volontés, sans consulter Wall Street (la finance) ou Main Street (l’industrie), il fait penser à ce mot de Boris Johnson apprenant que les entreprises britanniques redoutaient le Brexit: « F*ck business » (au diable le monde des affaires). Il ne s’agit pas de faire fi des intérêts des entreprises – loin de là – mais de rappeler qu’elles sont là pour servir la nation et pas le contraire.

Il faudra du temps pour arriver à une conclusion sur le bien-fondé de l’approche de Trump sur le plan économique. Mais entre-temps, nous pouvons au moins saluer son affirmation de la primauté de la politique. Dans les « Papiers fédéralistes », grand recueil d’essais définissant un plan d’action politique pour la nouvelle république américaine à la fin du XVIIIe siècle, Alexander Hamilton proclame que « la vigueur du gouvernement est essentielle pour la sécurité de la liberté ». Quelle nation démocratique aujourd’hui ne voudrait pas avoir un dirigeant plus vigoureux que les Macron, Starmer et Carney (ce dernier étant un peu au-dessus des deux autres) à sa tête ? Dernière nouvelle : pour tous les commentateurs qui prétendaient que Trump n’était que le fantoche de Poutine, le président américain vient d’ordonner le déploiement de deux sous-marins nucléaires en réponse à des commentaires « provocateurs » de la part de Dmitri Medvedev, le vice-président du Conseil de sécurité de la Fédération de Russie.

The Federalist Papers

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Philippe Sollers, l’été, souvenirs

Les cartes postales de l’été de Pascal Louvrier (5)


Je n’ai plus l’année en tête. Peut-être 1999. Je rends visite à Philippe Sollers, chez lui, sur l’île de Ré, au Martray. Le ciel est bleu, net, les mouettes majestueuses volent au-dessus des marais. Les feuilles fragiles de l’acacia vibrent à la brise d’ouest. On est dehors, on regarde le spectacle scintillant. On s’installe sur la pelouse, en tailleur. Il me parle de la guerre d’Espagne. « C’est le tournant des relations entre les démocraties, me dit-il, en allumant une cigarette. Très peu d’intellectuels comprennent l’enjeu de la lutte entre les franquistes et les républicains. Le jeune Claude Simon, futur prix Nobel, m’intéresse, car il est sur place. Il prend des notes tout en faisant de la contrebande d’armes. Il écrira un roman étrange, très maîtrisé, où il en parle sous une forme codée. » Son visage est hâlé, reposé, malgré l’écriture quotidienne de son nouveau roman. Il me demande ce que je lis. Je lui réponds : La Fête à Venise. « Bon choix », dit-il en éclatant de rire. Dans ce livre, c’est une nouvelle fois, la lutte de l’artiste contre la société qui ne veut que sa mort. « C’est pour cela que j’ai choisi Venise, me rappelle-t-il. Ce n’est pas une ville décadente abritant la mort ; Venise respire, elle chante, jouit, vit et resplendit. Balayons les miasmes romantiques. » Pour vivre heureux, il faut vivre dans la clandestinité, savoir échapper à la surveillance de la collectivité, de plus en plus efficace, il faut avoir la capacité d’être à la fois à l’intérieur du système et à l’extérieur. C’est une gymnastique périlleuse mais vitale.

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La fête à Venise met en scène Pierre Froissart, écrivain chargé de convoyer à Venise une toile inconnue de Watteau. Il est accompagné d’une jeune physicienne américaine. Luz, qui lit Le Dernier Nabad, de Fitzgerald, au bord de la piscine. Il s’entend bien avec elle, ce point est important pour échapper à l’ŒUF – l’ŒIL unifié fraternel – c’est-à-dire la police, l’armée, l’église, enfin bref, au contrôle généralisé. Sollers, fume-cigarette coincé entre les doigts, tient à préciser : « Le marché de l’art, avec ses courtiers incultes et leurs commentaires convenus, masque le travail de l’artiste. Personne ne voit l’essentiel. C’est du somnambulisme qu’on peut appliquer aux romans contemporains. » Je me souviens du passage où Sollers évoque ce que j’ai appelé dans mon essai[1] que je lui ai consacré « le coup de l’inceste ». Il faut rappeler cette anecdote de Cézanne sur le Tintoret : « Je crois qu’il a tout connu, ce Tintoret… Écoutez, je ne peux pas en parler sans trembler. Il se faisait endormir par sa fille, il se faisait jouer du violoncelle par sa fille, des heures… Seul avec elle, dans tous ces reflets rouges… » Le courtier ne peut comprendre ce qui se joue là et son résultat sur la toile. Comme cette description de Pierre Froissard, vaguement agent secret, avec la complicité sensuelle de Luz, dans son petit palais vénitien, l’été : « Le grand mur, bordé d’acacias, nous protège du quai, personne ne peut voir l’intérieur de la construction blanche et rose, la vie se résume bien à cela, trouver le lieu, l’autre qu’il faut. » Facile, me direz-vous. Je n’en suis pas certain.

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Sollers se lève, je le suis, on marche sur la pelouse, proche du clapotis de l’eau, le clocher d’Ars plante sa pointe noire dans le ciel sans nuage. Sollers évoque le philosophe et mathématicien Jean Cavaillès. « Je le cite longuement dans La Fête à Venise. Personne n’a relevé. Sa sœur écrit dans sa correspondance que l’activité intellectuelle de Jean était influencée par l’éclat du soleil. C’est pour ça que j’écris ici, et beaucoup à Venise. Elle dit aussi que, bien que protestant, il était sensible à la liturgie catholique. Il écoutait Mozart et lisait Spinoza. Pas mal, hein, Louvrier. Pétri d’humanisme, il est devenu l’inconnu n°5 du charnier d’Arras. Il fut identifié grâce à son portefeuille vert devenu noir au contact de la terre. C’était un résistant. À Londres, en 1943, il se faisait appeler Crillon. Il trouvait amusant de faire sauter un viaduc. Condamné à mort au début de l’année 1944, il fut immédiatement exécuté. Il habitait au 34 avenue de l’Observatoire, au dernier étage, dans un appartement qui dominait Paris. Je vous le montrerai quand nous irons déjeuner à La Closerie. » Sollers allume une cigarette, regarde le clocher et me dit : « Il avait quarante et un ans lors de son exécution, et une œuvre à écrire. Le livre de sa sœur est très beau, simple, direct, comme des bras tendus vers le ciel. »

Sollers me lance : « Allons nager. »

Philippe Sollers, La Fête à Venise, Folio. 280 pages

La Fête à Venise

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[1] Philippe Sollers entre les lignes, Le Passeur éditeur.

Sydney Sweeney: Make America Sexy Again

L’actrice a des formes généreuses, et en plus cela l’amuse qu’elles attirent le regard des hommes… Mais surtout, elle n’appartient même pas à une minorité ethnique ! L’extrême gauche wokiste voit dans son spot publicitaire un outrage et dans le slogan « Sydney Sweeney has great jeans » la signature du suprémacisme blanc.


Elle est blonde aux yeux bleus et, déjà, cela suffit pour faire d’elle une énième résurgence du nazisme. Elle est jolie et, forcément, cela déplait aux adeptes du « body positivism » pour qui le corps, surtout s’il est féminin, ne peut être beau que lorsqu’il gras, couvert de poils et torturé.

Elle a, selon la publicité qui fait d’elle la nouvelle star, « de bons gênes », de quoi faire pousser des cris d’orfraie aux antiracistes tout heureux de pouvoir dénoncer une nouvelle forme d’eugénisme. 

Sans doute malgré elle, Sydney Sweeney, égérie de la marque American Eagle, est devenue la nouvelle icône de la guerre culturelle contre le wokisme. Tel un tsunami, ce fléau a tout ravagé sur son passage ces dernières années, détruisant les statues, déconsidérant les vertus nobles, bafouant les réputations ; sur le champ de ruines, les thuriféraires du laid, du médiocre et des fausses valeurs pouvaient détrousser les cadavres, tels de vulgaires délinquants incapables de bâtir. Heureusement, il demeure dans nos tréfonds l’idée que la recherche du beau, de la grandeur, de l’esthétique font partie de notre ADN. 

La revanche d’une blonde

Appliqué à nos corps, cela signifie que, certes il existe des petits, des gros, des grands, des beaux et des laids, c’est-à-dire un peu de tout en raison de notre patrimoine génétique (en partie) et de nos choix de vie (beaucoup), mais surtout que nous ne devrions faire la promotion à l’identique de toutes les morphologies. Ce n’est pas être grossophobe de penser qu’il vaut mieux, lorsqu’on est un homme, être bâti par l’effort répété comme Tibo InShape qu’à l’exemple d’un sénateur se gavant à tous les buffets de la République et, quand on est une femme, avoir une silhouette filiforme plutôt qu’un corps qui croit pouvoir assumer tous les excès alimentaires. C’est avant tout une question de santé publique, de physique en adéquation avec les enjeux d’un monde aux défis nombreux, et de respect de soi-même. 

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On comprend pourquoi les progressistes déversent également leur racisme anti-blancs contre Sydney Sweeney. L’actrice américaine incarne la revanche de la blonde aux yeux bleus, archétype longtemps considéré comme modèle absolu de beauté, avant d’être déconsidéré et mis en concurrence, tout d’abord par les beautés italiennes et sud-américaines, de Gina Lollobrigida à Monica Bellucci et J.Lo, ensuite par les mannequins (nord-)africains, enfin, tentent de nous faire croire les wokistes, par l’élargissement du concept d’attraction physique à tout ce qui ressort de l’inclusion.

Fini la disruption ?

La publicité suit, depuis quelques années, ces nouveaux codes, jusqu’à l’absurde, comme Calvin Klein qui a publié la photo d’un « homme transgenre enceint » à l’occasion d’une… fête des mères, croyant ainsi voir décoller ses ventes de sous-vêtements. A rebours de cette folie, la campagne réussie d’American Eagle rend fou tous les progressistes qui tentent d’imposer en vain leur vision du monde, de l’homme et de la femme. Un quotidien belge a même cru bon y aller de sa fake news en écrivant que l’entreprise américaine se trouvait « dans la tourmente », alors que son action en bourse, en hausse de 20%, prouvait le contraire.

A relire: Calvin Klein baisse son caleçon devant la propagande woke

Gageons que le succès de la campagne actuelle fasse des émules : fini alors les bourrelets, les piercings dans le nez, les cheveux verts, fini les couples multiculturels qui, pour le coup, sont trop beaux pour qu’on y croie, fini l’improbable qui ne fait pas vendre, fini enfin la fausse subversion.  

Qu’est-ce qu’une guerre civile d’atmosphère?

Le plus inquiétant n’est pas que les partis politiques s’opposent de plus en plus violemment à l’Assemblée nationale, ou que les débats médiatiques s’enflamment. Le plus inquiétant, c’est que les fractures sont descendues dans les consciences. Les citoyens ne forment plus vraiment un peuple uni, ils deviennent des camps retranchés et des forteresses de ressentiment…


Il y a des événements qui révèlent plus que mille discours. L’affaire de cette étudiante palestinienne de vingt-cinq ans, idéologiquement proche du Hamas et auteure de tweets d’un antisémitisme d’une violence nue, appartient à cette catégorie. Vingt-cinq ans : l’âge où les convictions ne sont plus des maladresses, mais des choix assumés. Ce qu’elle a écrit ne relève pas d’un excès de jeunesse mais d’un imaginaire formé dès l’enfance : la haine du juif comme principe fondateur et, derrière elle, la volonté d’anéantir ce qu’il incarne – un monde, une mémoire, une altérité – pour imposer à l’Occident sa conversion idéologique et religieuse. Le Juif n’est ici qu’un avant-poste : c’est l’Occident lui-même qui est visé, non seulement pour être détruit, mais pour être refondu dans un autre ordre moral, un autre récit de civilisation.

Et pourtant, cette jeune femme a été accueillie comme réfugiée, inscrite à Sciences Po Lille, hébergée par son directeur. Ce n’est pas simplement de la naïveté. Ce geste est un basculement. Il ne s’agit pas seulement d’offrir l’asile à une personne : en fermant les yeux sur ce qu’elle porte en elle, c’est une idéologie que nous introduisons au cœur de nos institutions. Et elle n’est pas seule. D’autres viendront. D’autres jeunes adultes, Palestiniens ou non, nourris depuis l’enfance à la haine du Juif et au rêve d’un Occident humilié, converti de force à leur récit.

Alliances douteuses

Il faut cesser de croire qu’il ne s’agit que d’un aveuglement. Ce sont déjà des complicités. Derrière la façade de l’humanisme, il y a des alliances silencieuses, des trahisons qui se préparent, certaines déjà à l’œuvre. Dans les années 30, les élites françaises et européennes, persuadées de défendre la paix universelle, ont tendu la main à des forces qui allaient devenir l’instrument de la collaboration. Elles croyaient défendre la civilisation ; elles en préparaient la reddition. Aujourd’hui, nous répétons ce geste : accueillir au nom de la générosité une idéologie dont le but avoué est la soumission et la transformation de notre monde.

Je n’ai pas découvert ce discours sur les réseaux sociaux. Il y a vingt ans, à Marseille, l’école de police avait choisi de loger ses élèves au cœur d’une cité sensible. Ces jeunes policiers vivaient plusieurs semaines dans les mêmes immeubles que les habitants. J’ai animé des rencontres entre les policiers et les adolescents de ce quartier. Et déjà, ces jeunes regardaient les vidéos du Hamas, glorifiaient ses combattants, commentaient les attentats comme des victoires. C’était il y a vingt-cinq ans. Cette culture n’a pas disparu ; elle s’est enracinée, consolidée, et elle entre désormais par nos frontières, protégée par le masque de l’asile.

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Pendant que nous sanctuarisons cette idéologie au nom d’un humanisme devenu aveugle, un autre signe retentit, implacable : les juifs quittent à nouveau l’Europe. Leur départ n’est jamais une donnée statistique, mais une alarme historique. Dans les années 30, leur exode annonçait que la civilisation européenne était prête à se trahir elle-même. Aujourd’hui, leur fuite nous dit que l’air est redevenu irrespirable, que la guerre civile d’atmosphère est déjà là, avant même que les armes ne parlent.

Le grand effacement

Ce n’est donc pas seulement de l’aveuglement. C’est un mouvement plus profond : l’acceptation passive, parfois complice, de l’anéantissement des juifs comme prélude à la conversion forcée de l’Occident. Une nation qui fait de ce projet le symbole de sa générosité n’est pas seulement perdue : elle prépare son effacement. Et c’est ainsi que commence une guerre civile d’atmosphère : par ces signes diffus, ces silences complices, ce brouillard moral qui précède toujours les catastrophes visibles.

Qu’est-ce qu’une guerre civile d’atmosphère ? Ce n’est pas la guerre ouverte, avec ses colonnes de fumée et ses cadavres au coin des rues. Ce n’est pas encore l’embrasement des quartiers, l’affrontement des milices, le fracas des armes. C’est autre chose, de plus sourd, de plus insinuant : une tension diffuse, qui s’épaissit dans l’air au point que chacun la respire sans même la nommer. C’est une guerre invisible, sans déclaration ni front officiel, mais dont tout le monde pressent qu’elle est déjà commencée dans les têtes et qu’elle pourrait, à la moindre étincelle, se matérialiser en actes.

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Avant les blessures irréparables, avant les pages sanglantes de l’Histoire, il y a l’ambiance. Ce mot, banal et pourtant décisif, dit tout : l’atmosphère sociale, ce climat d’invisible qui imprègne les gestes, les regards, les silences, jusqu’aux réseaux où circulent les colères anonymes. Une ambiance de guerre civile, c’est quand le lien social cesse d’être une évidence et devient un champ de suspicion. Ce n’est pas la rupture brutale mais la fissure progressive, le tissu du commun qui se délite fil après fil, jusqu’à ce que tout se rompe. Ce n’est pas encore l’odeur du sang, mais déjà la crispation des mâchoires, l’évitement de l’autre, la haine muette. On ne s’écoute plus. On ne parle plus que pour s’invectiver. La conversation se transforme en ligne de front.

Drôle d’ambiance

Le plus inquiétant n’est pas que les partis s’opposent, que les débats médiatiques s’enflamment. Le plus inquiétant, c’est que cette fracture est descendue dans les consciences. Les citoyens ne forment plus un peuple ; ils deviennent des camps retranchés, des forteresses de ressentiment. L’adversaire politique cesse d’être un contradicteur : il devient un traître. Dans une guerre civile d’atmosphère, l’autre n’est plus un partenaire de débat ; il est celui avec qui toute coexistence devient impossible. La politique ne consiste plus à chercher des compromis mais à désigner des ennemis.

Depuis longtemps, je l’affirme : la guerre civile commence dans les têtes avant de se manifester dans les rues. Avant les balles, il y a les regards qui se détournent. Avant les barricades, il y a les mots qui blessent. Avant la tragédie, il y a ce refus de reconnaître en face de soi un semblable.

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Et aujourd’hui ? Est-il trop tard ? Trop tard pour réparer les morceaux épars de ce corps social que tout semble pousser à la dislocation ? Peut-on encore recoudre l’esprit d’une nation quand chacun vit dans une mémoire blessée et une peur de l’avenir ? J’ai longtemps voulu y croire. J’ai voulu parier sur la possibilité d’un sursaut : que la conscience du péril nous ramène à l’essentiel. Mais je vois les lignes se durcir, les rancunes s’installer, les haines devenir habitudes. Et le doute s’insinue.

Ce qui glace, c’est que cette fissure ne concerne pas seulement la France. C’est tout l’Occident qui se défait. Non pas sous l’effet d’un ennemi extérieur, mais par usure intérieure : par ses divisions, ses rancunes accumulées, son épuisement spirituel. Nous devenons faibles parce que nous avons cessé de croire en un avenir commun. Et l’histoire nous donne un signe : déjà, des juifs commencent à quitter l’Europe. Encore. Toujours eux, éternels baromètres de la santé morale d’un continent. Leur départ n’est jamais anodin : il annonce la faillite d’un monde. Quand les juifs s’en vont, c’est que la civilisation se prépare à se trahir elle-même.

Il ne s’agit plus seulement de préserver une capacité abstraite à être ensemble. Nous sommes entrés dans un combat pour la survie même de la nation, avec tous ceux qui, quelles que soient leur confession, leur couleur de peau ou leurs origines, choisissent résolument d’en faire partie et de la défendre. Ce n’est plus une question morale mais une bataille existentielle : maintenir un pays vivant, ou le voir se dissoudre dans une guerre intérieure larvée dont nous aurons nous-mêmes pavé le chemin.

Sommes-nous encore capables de livrer ce combat ? De reconnaître nos alliés véritables et nos ennemis réels ? De briser la complaisance et de nommer ce qui menace ? Je l’ignore. Mais il reste peut-être un court instant avant la bascule. Alors, parlons. Écoutons. Rassemblons ceux qui veulent encore que ce pays vive, et faisons-le avec lucidité. Car une guerre civile d’atmosphère ne prévient pas. Elle est là, silencieuse, et un matin, elle a déjà changé l’air que l’on respire.

Des livres de femmes de ménage pour des femmes de ménage

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Les romans de la quadra américaine Freida McFadden se vendent comme des petits pains. Même les lectrices françaises se laissent tenter, déplore notre contributeur.


On apprend sur France Info que les romans d’une certaine Freida McFadden se vendent comme des petits pains : « avec ses thrillers domestiques, la romancière américaine est le nouveau phénomène mondial de la littérature populaire[1] ». Voyez plutôt : rien qu’en France, deux millions d’exemplaires pour La Femme de ménage (2022) ; ce roman, qui figure en tête des ventes dans huit pays, compte déjà trois suites : Les Secrets de la femme de ménage, La femme de ménage voit tout et La femme de ménage se marie. N’est-ce pas, ça fait rêver ?… au règne de la quantité, on ne regarde que le chiffre, guère la qualité — en littérature comme aux résultats du bac.

Malbouffe

Le Nouvel Obs, journal copieusement subventionné (il publiait le 22 juillet un article passionnant sur « la rencontre entre un lièvre et une écrivaine qui a émerveillé Angelina Jolie[2] »), a reconnu du bout des lèvres une certaine efficacité de l’ouvrage — du produit, plutôt, la nuance a son importance. Pour Libération, plus perfide, La Femme de ménage, « ça se dévore comme un fast-food » : du MacDo, donc.

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L’article de France Info — de grande tenue, décidément —, après avoir souligné pour la mettre en valeur la « flopée de rebondissements » de La Femme de ménage, en propose quelques analyses pertinentes, par des intervenants valant bien nos critiques littéraires du siècle dernier (G. Lanson). Virginie, par exemple, chroniqueuse TikTok : « On pense comprendre au début où elle nous emmène, mais sa spécialité, c’est de rajouter une information dans l’épilogue qui fait tout basculer. » Du MacDo, disais-je : des recettes qui feraient vomir si on ne les bourrait de sucre. Et les éditeurs de se jeter comme des chiens sur ces hamburgers dégueulasses pour les dévorer, avant de les digérer, ignoblement.

Girl power

Laissons parler la romancière : « J’ai voulu que ces deux livres soient des récits de girl power, où les femmes triomphent d’un homme qui a du pouvoir sur elles ». Une déclaration à la fois courageuse et profonde ; on croirait lire Baudelaire défendant les Fleurs du Mal. Freida McFadden écrit le point levé : espérons-lui un Maître Senard capable de citer du Bossuet dans le texte aux procureurs, lorsqu’elle passera au tribunal de la société facho-patriarcale — à moins que ce ne soit le tribunal de l’art et du bon goût, pour crime contre la littérature.

Le pire est à venir. La journaliste de France Info, toute contente, précise que Freida McFadden « parvient à convertir un nouveau public, d’ordinaire éloigné de la lecture. » Et de citer le témoignage de Sylvie : « Faute d’entraînement » et par « manque de concentration », elle lisait « très peu », avant de découvrir La Femme de ménage. La conclusion fera se dresser les cheveux sur la tête à plus d’un, et d’abord à ceux qui veulent encore croire à l’initiation dans l’art, à la valeur artisanale de l’œuvre, à ceux pour qui « c’est un métier que de faire un livre, comme de faire une pendule » (La Bruyère) : « « C’est si facile à lire qu’on se dit qu’on pourrait l’écrire nous-même », estime avec satisfaction la sexagénaire. »

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Mais c’est parce que c’est médiocre, Madame, que c’est si facile à lire : pourquoi s’en gargariser ?… Qu’est-ce qu’une littérature « facile à lire », d’ailleurs ? Une littérature qui ne fait plus réfléchir ? Une littérature qui ne mobilise aucune notion culturelle ?… Quand on a du goût, quand on a de l’exigence, on combat la facilité — au nom de l’intelligence.

Bonjour le niveau

Parcourant au hasard les commentaires de l’article de France Info, je tombe là-dessus : « Des livres de femmes de ménage pour des femmes de ménage. » Impitoyable ! Certes, la République a depuis longtemps abandonné l’espoir de relever le niveau des femmes de ménage : elle s’abaisse plutôt au rang de la bêtise et de la pauvreté : ce doit être l’égalité à la française en 2025, profondément injurieuse pour les déclassés du capital culturel, et qui participe de la grande adoration à la déesse Médiocrité — au nom de la haine de l’élitisme.

Et si, au lieu de la daube commerciale abrutissante et consumériste (polluante, de surcroît), on lisait les œuvres d’esthètes, les traités des maîtres ? Ce serait un peu aristocrate… anti-moderne… guère égalitaire… mais d’un bon goût qu’on nous envia pendant des siècles, et autrement plus subversif que toute cette littérature de fausses rebelles, qui ne fait que s’enrichir les vendeurs de papier.

La femme de ménage

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Les secrets de la femme de ménage

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[1] https://www.franceinfo.fr/culture/livres/la-femme-de-menage-la-prof-la-psy-pourquoi-les-romans-de-freida-mcfadden-que-vous-allez-peut-etre-devorer-pendant-vos-vacances-font-ils-un-carton-en-librairie_7392136.html

[2] https://www.nouvelobs.com/bibliobs/20250722.OBS106108/ce-que-ton-regard-promet-la-rencontre-entre-un-lievre-et-une-ecrivaine-qui-a-emerveille-angelina-jolie.html

L’Algérie acceptera-t-elle la main tendue par le roi du Maroc?

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Mohammed VI surprend et prend le peuple algérien à témoin.


Les relations entre le Maroc et l’Algérie sont difficiles depuis plusieurs années. Les frontières sont fermées depuis 1994, en raison notamment de la question sahraouie, sensible pour la monarchie chérifienne. Du reste, la reconnaissance par la France, en 2024 à la même période, de la souveraineté marocaine sur cette région a provoqué l’ire du régime algérien.

Comme chiens et chats

Les petites avanies sont d’ailleurs récurrentes, déclenchées notamment lors de compétitions sportives ou de sommets internationaux. Ainsi, en 2022, Alger accusait le Maroc d’implication directe dans les feux de forêts ayant touché le nord du pays…

Cela avait même conduit le président Abdelmajid Tebboune à demander une « révision radicale » des relations ainsi que l’envoi de patrouilles à la frontière. Lors de la Coupe du monde de football de la même année, où le Maroc atteint une historique place en demi-finale, première pour un pays africain, la télévision algérienne ne diffusa pas les résultats. Des faits bien moins anecdotiques qu’ils n’y paraissent, révélateurs d’une profonde inimitié et d’une intense opposition géostratégique entre les deux puissances d’Afrique-du-Nord. Des cas plus graves sont aussi à rappeler, à l’image des touristes franco-marocains tués en mer alors qu’ils se promenaient en jet-skis et s’étaient perdus dans les eaux territoriales algériennes.

A lire aussi: Impunité algérienne – une grande réussite française

Peu d’observateurs s’attendaient donc à ce que Mohammed VI « tende la main » à l’Algérie, au plus fort des tensions. Il l’a pourtant fait en disant : « Le peuple algérien est un peuple frère, que des attaches humaines et historiques séculaires lient au peuple marocain. » Il a aussi indiqué avoir « constamment tendu la main en direction de nos frères en Algérie ». C’est une manœuvre habile qui pourrait d’ailleurs aider la France, actuellement en grandes difficultés dans ses relations avec le régime algérien qui détient notamment le journaliste sportif Christophe Gleizes et l’écrivain Boualem Sansal dans ses geôles.

Depuis le mouvement du Hirak, le régime algérien s’est crispé. Le fait que le Roi du Maroc joue la détente est donc intelligent. Ahmed Azizar, directeur de la recherche de l’Institut marocain d’intelligence stratégique décrit la situation avec une certaine acuité : « Le timing de cette main tendue du Roi Mohammed VI est contre-intuitif. C’est précisément au moment où le Maroc a clairement distancié l’Algérie sur le plan économique et diplomatique que Mohammed VI choisit d’appeler à nouveau au calme et à la réconciliation, en prenant le peuple algérien à témoin ».

Gérontocratie algérienne

La stratégie algérienne est souvent inverse. Le pouvoir désigne dans ses médias des dérivatifs et des boucs-émissaires à la colère d’une jeunesse frappée par le chômage endémique et des conditions de vie de plus en plus difficiles, voire liberticides. En tête ces derniers temps la France, mais le Maroc n’est jamais loin derrière. Il s’agit pour Alger de trouver des motifs d’énervement autres que la politique menée actuellement, le peuple ayant légitimement la tenace impression d’être gouvernée par une gérontocratie aux objectifs anachroniques, multipliant les provocations diplomatiques et les sorties de route.

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En réalité, le Maroc positionne ici la « réconciliation » entre sa monarchie et la république voisine comme un objectif régional, voire civilisationnel, bien plus que comme une exigence conjoncturelle. En effet, Rabat n’a pas besoin de renouer ces liens de manière artificielle, n’entretenant pas de dépendance économique avec son voisin ni n’ayant besoin de son appui dans ses zones d’influence. La stratégie diplomatique marocaine marche. Sur la question du Sahara, le royaume vient d’obtenir les soutiens explicites du Royaume-Uni et du Portugal à sa proposition d’autonomie.

Le discours de la fête du trône dévoilait aussi des objectifs ambitieux en matière de développement territorial ainsi que de mise à niveau sur les questions d’éducation et de santé. Se voulant puissance régionale tournée vers l’Afrique, et entretenant des rapports de bonne intelligence avec la France ainsi que l’essentiel des pays européens, le Maroc montre la voie à l’Algérie. Abdelmajid Tebboune saisira-t-il cette opportunité ? Il est permis d’en douter.

Impunité algérienne – une grande réussite française

La capitale des Gaules hors de contrôle ? Un « sentiment d’impunité chez des Algériens en situation irrégulière » est dénoncé avec fracas par la préfète du Rhône, Fabienne Buccio, qui affirme que ces derniers représentent une part importante (plus de la moitié) des 60% d’étrangers en situation irrégulière impliqués dans les vols avec violences à Lyon.


Parfois, certains iraient jusqu’à douter que des liens très particuliers, spécifiques, privilégiés, presque chaleureux unissent nos deux pays. Par chance, Madame Fabienne Buccio, Préfète du Rhône et de la Région Rhône-Alpes vient, au cours d’une interview publiée ce mercredi par notre confrère Le Progrès[1], nous apporter sur ce point de précieux éclaircissements.

On n’arrive pas à les expulser

Dénonçant la très forte augmentation ces six premiers mois de l’année des « faits de vols avec violence » sur ses territoires, elle tient à préciser, non sans courage, qu’ils sont commis à 60%  « par des personnes étrangères en situation irrégulière ». Autre information du plus vif intérêt : plus de la moitié de ces 60% sont des Algériens. En situation irrégulière, répétons-le. « On a actuellement un sentiment d’impunité chez ces Algériens en situation irrégulière qui nous pose problème, insiste-t-elle, là encore avec un certain courage. On n’arrive pas à les expulser. »

A relire, Causeur #128 : Coupons le cordon! Pour l’indépendance de l’Algérie

Voilà bien le lien hyper privilégié que notre pays a réussi à tisser avec les ressortissants de cet autre rivage de la Méditerranée. Cela se résume en quelques mots : « Chez nous, ils sont chez eux », comme aimait à se féliciter François Mitterrand, grand bienfaiteur de la cause migratoire. Ils y sont tellement qu’ils n’ont rien à redouter, semble-t-il, de nos lois, puisque comme le souligne Madame la Préfète, désabusée, même lorsqu’on parvient à les mettre en prison, puis, à la sortie, en Centre de Rétention administrative, quatre-vingt-dix jours plus tard – durée maximum de cette rétention – les revoilà relâchés dans la nature comme si de rien n’était, prêts pour de nouvelles aventures. Elle est pas belle, la vie de ce côté-ci de la grande bleue !

Générosité à sens unique

Les prédicateurs de la générosité géopolitique à sens unique se plaisent à nous expliquer que si nos liens sont si spécifiquement bienveillants, ce n’est au fond que la contrepartie de l’horrible temps de la colonisation où nous avons poussé la barbarie jusqu’à bâtir des écoles, des hôpitaux, des routes, des entreprises, à cultiver d’arides campagnes… Autant de crimes contre l’humanité dûment avérés, comme l’a si justement reconnu en son temps le candidat Macron.

A lire aussi, Jean Sévillia: «Depuis 40 ans, la France se couche devant le pouvoir algérien»

Bien entendu, ce sentiment d’impunité dont jouissent ces délinquants a une tout autre origine : notre faiblesse. Rien d’autre que notre faiblesse. Notre abjecte et délétère faiblesse. Nous en crevons. En son temps un certain Hyde de Neuville, ardent royaliste adversaire résolu mais digne de Napoléon, affirmait : « La faiblesse est peut-être le plus grand des crimes en politique en ce qu’elle permet tous les autres ». Il parlait d’or. 

Ces Algériens en situation irrégulière ne font en réalité que reproduire le bel et grand exemple que leur donne leur président, M. Tebboune, qui, à peu près chaque matin et chaque soir, adresse à son homologue français – tout rose du contentement que lui valent les douces paroles du Hamas à son endroit – un magistral bras d’honneur. Ce qui ne serait rien, si ce n’était d’abord le peuple de France que l’insulte visait. Si ce n’était le malheureux Boualem Sansal qui, le premier, abandonné, emmuré dans sa geôle et la maladie, en faisait les frais.

Bras d’honneur servilement relayé par l’homme à tout faire du régime algérien en terre Rhône-Alpine, le consul général. Celui-ci, nous révèle encore Madame la Préfète, « n’ayant délivré aucun laisser-passer (de retour) depuis un an. » En d’autres termes, il fait sa loi. Ni plus, ni moins.  Le petit roi de Lyon, c’est lui, braves gens. Quelle réaction face à un tel état de fait, à un tel flux d’humiliations à répétition ?… Certes, du côté de Beauvau et de la Place Vendôme, on va sûrement, une fois de plus, donner de la voix, hausser le ton, vociférer. Malheureusement, nous avons appris de longtemps déjà que, si les chiens de guerre aboient, les chiens couchants aussi…

30 GLORIEUSES - LA DÉCONSTRUCTION EN MARCHE

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[1] https://www.leprogres.fr/faits-divers-justice/2025/07/30/vols-avec-violence-en-hausse-un-sentiment-d-impunite-chez-des-algeriens-en-situation-irreguliere-estime-la-prefete

Main basse des plus riches sur le Tour

Les deux équipes Visma et UAE se partagent le maillot jaune depuis cinq ans.


Un détail, et pas des moindres, car très révélateur de l’évolution du cyclisme, a échappé aux commentateurs dans leur bilan de cette 112e édition du Tour de France, qui a, entre autres, hissé la rue Lepic menant au sommet de la Butte Montmartre au rang de monument de l’épreuve, au même titre que les grands cols pyrénéens et alpestres qui ont fait sa légende (voir encadré).
La formation qui a remporté le classement par équipes avec près de 25 minutes d’avance, Visma-Lease a Bike, c’est celle du second au général, le Danois Jonas Vingegaard. La formation qui a pris la seconde place, UAE (Union des Émirats arabes), c’est tout bonnement celle du flamboyant vainqueur, le Slovène Tadej Pogačar.
Non seulement celui-ci s’est imposé pour la quatrième fois depuis sa première victoire en 2020, il est en outre le troisième coureur de l’histoire du Tour, après Merckx et Fignon, à avoir franchi la ligne d’arrivée aux Champs-Élysées revêtu à la fois de la tunique jaune et du maillot à pois du meilleur grimpeur. Et il s’en est fallu de peu qu’il n’endosse en outre le vert du classement par points.
Ayant franchi la limite d’âge de 25 ans, la conquête du blanc, celui de meilleur jeune, qu’il a gagné à deux reprises, lui était désormais interdite. Mais il a compensé en remportant quatre étapes, dont celle de Hautacam (65), où il a construit sa victoire. L’année précédente, il en avait gagné six. Pour compléter cette razzia de ces deux équipes, il faut ajouter les deux victoires d’étape de Visma-Lease a Bike, dont la plus prestigieuse, celle des Champs-Élysées, revenue au Belge Wout van Aert, le lieutenant de Vingegaard.
Parenthèse : c’est la Belgique, qui, avec un contingent de 30 coureurs, était la mieux représentée dans cette Grande Boucle après la France (elle, avec 38), qui arrive en tête des nations ayant remporté le plus d’étapes avec un total de six. Mais elle n’a aucun représentant dans le top 10, à la différence de la France, qui en place deux (Kévin Vauquelin 7e et Jordan Jegat 10e), mais doit se contenter en revanche d’une seule étape.

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Bien sûr, il est arrivé par le passé qu’une équipe domine l’épreuve. Mais jamais comme cette année : conséquence de la suprématie de Visma et UAE, les autres équipes ont dû se contenter des accessits, parmi lesquels, certes, quelques belles étapes, dont celle du Ventoux, la plus mythique de toutes, revenue au Français Valentin Paret-Peintre, de l’équipe belge Soudal-Quick Step, la cinquième formation la mieux dotée du peloton, avec un budget de l’ordre de 40 millions d’euros.
Force est de constater que si Visma et UAE ont fait main basse sur le Tour, et se partagent le maillot jaune depuis cinq ans, c’est parce qu’avec des budgets respectivement estimés à 55 et 60 millions d’euros, elles sont de loin les plus riches du peloton. Et avant elles, la britannique INEOS-Grenadiers (anciennement Sky), la troisième la mieux dotée, avec un budget aujourd’hui aussi de 55 millions d’euros, avait trusté pas moins de sept victoires sur les huit éditions de 2012 à 2019, dont quatre pour le seul Chris Froome, né au Kenya, premier Africain, mais blanc, à s’imposer sur la Grande Boucle. Une évidence s’impose : pas de pognon, pas de bouquet.
C’est donc ce qui explique en grande partie que la France soit bredouille depuis 40 ans. L’équipe Arkéa, de Vauquelin, qui a confirmé son potentiel en terminant 7e, ne disposait que d’un budget de 20 millions d’euros, soit trois fois moins que celle de Pogačar. L’équipe du 10e, Jegat, TotalEnergies, devait faire avec 17 petits millions. Si Romain Bardet, qui a raccroché son vélo en juin, une fois second et une autre troisième, n’a pas gagné, c’est probablement parce que son équipe, AG2R-La Mondiale, n’avait pas les moyens financiers de s’offrir une garde rapprochée formée des meilleurs coureurs du moment.
Les équipes dominantes, telles que Visma, UAE, INEOS, ont recruté des coureurs qui pourraient être des leaders dans des formations moyennes comme les françaises telles que Groupama-FDJ ou Decathlon-AG2R. À un palmarès aléatoire, ils préfèrent un salaire conséquent. Une carrière cycliste est courte…
Mais la donne, pour la France, pourrait très rapidement changer avec l’annonce, le 18 juillet, jour de repos du Tour : le troisième plus grand transporteur maritime mondial, CMA CGM, basé à Marseille, de la famille libano-française Saadé, a révélé qu’il allait co-sponsoriser l’équipe Decathlon-AG2R-La Mondiale. Cette famille, proche de Macron, est aussi propriétaire d’un groupe de presse (BFM, La Tribune du dimanche, notamment), rival de celui de Vincent Bolloré (CNews, JDD).
Son intention est de porter le budget de l’équipe, qui est de 25 millions d’euros, à 40 millions en 2026, et de monter en puissance jusqu’en 2030, de manière à être dans le top 3 du World Tour (la première division du cyclisme). AG2R, une mutuelle santé-retraite, se retirant, CMA CGM a jeté son dévolu sur cette équipe pour deux raisons : elle s’est dotée cette année d’une cellule performance dont la finalité, selon son directeur Paul Barrat, est de « gagner des courses grâce à la science et à la technologie », et dispose dans ses rangs d’un jeune très prometteur de 18 ans, Paul Seixas. Le projet est d’en faire le prochain Pogačar, car, aujourd’hui, un champion, ça se fabrique…


La rue Lepic probablement au menu des prochaines éditions

Le Tour à peine terminé, des discussions se sont engagées entre l’organisation (Amaury Sport Organisation – ASO) et les autorités publiques — préfecture de police, ministère des Sports et mairie de Paris —, pour intégrer la rue Lepic au parcours de la dernière étape des prochaines éditions, et ainsi l’élever au rang de monument de la vélocipédie.
« Évidemment que nous voulons continuer à passer par Montmartre », a déclaré au Parisien le directeur adjoint du Tour, Pierre-Yves Thouault. « La réussite a dépassé nos espérances et, forcément, l’envie de l’inscrire dans la durée se présente. »
La mairie de Paris abonde dans le même sens. L’adjoint aux Sports, Pierre Rabadan, a déclaré au même quotidien : « Il faut continuer à développer ces moments de partage et de communion. » Pour lui, la rue Lepic doit devenir un rendez-vous incontournable du Tour. « Il n’y a pas de raison pour que ça ne se fasse pas. »
Cette première expérience, après le coup d’essai des JO, a été un succès sans précédent. Plus de 500 000 personnes ont assisté, dans les rues de Paris, à cette dernière étape d’anthologie, dont 180 000 sur la butte Montmartre — contre 160 000 lors des JO. Contrairement aux craintes exprimées par beaucoup, notamment par de nombreux coureurs, l’étape s’est déroulée sans le moindre incident, sans la plus petite chute, et elle a sacré un grand champion : Wout van Aert, de l’équipe de Jonas Vingegaard, le deuxième du classement général et deux fois maillot jaune à Paris.
Peut-être « le début d’une longue histoire d’amour » entre le Tour et Montmartre, se demandait, dès le lendemain, Le Parisien.
Lepic, de son prénom Louis, était un général de Napoléon. Jamais de sa vie il n’aurait imaginé que son patronyme deviendrait, en quelque sorte, le théâtre probable de grandes batailles cyclistes… • RU

Palestine, Vueling: une semaine d’ébranlements

La reconnaissance précipitée d’un État palestinien par la France est une récompense injustifiée au terrorisme. La famine à Gaza est utilisée comme une arme médiatique contre l’État hébreu, malgré la responsabilité directe du Hamas dans cette crise humanitaire. Pendant ce temps, en Espagne, un incident s’est produit à l’aéroport de Valence, au cours duquel des adolescents français juifs ont été expulsés d’un avion. La compagnie Vueling est soupçonnée d’antisémitisme dans cette affaire troublante.


On dit qu’un séisme de magnitude 8,8 est survenu cette semaine au large du Kamtchatka[1]. Plus près de nous, en Europe, je ne sais comment mesurer les ébranlements anti-israéliens concomitants.

Les secousses ne sont pas uniquement diplomatiques, avec la déclaration française sur la reconnaissance d’un État palestinien dans laquelle le président Macron s’assied sur les exigences qu’il avait antérieurement formulées de libération des otages et de démantèlement du Hamas. Il pense qu’il ajoutera à son prestige et à celui de son pays en récompensant une Autorité palestinienne discréditée, notoirement impuissante et corrompue, chantant la gloire des terroristes en langue arabe et assurant dans les langues occidentales son désir de paix et d’une solution à deux États, solution qu’elle a dans le passé refusée chaque fois qu’un plan avait été proposé.

Cette famine « imminente » qu’on agite depuis 20 mois

Cette reconnaissance serait aujourd’hui celle d’un Hamas auréolé de ses actes «héroïques» du 7-Octobre et de sa résistance contre l’armée israélienne, un Hamas dont la véritable arme, qu’il utilise avec une habileté sordide est celle de l’exploitation de la tragédie qui touche les habitants de Gaza, du sort desquels il est comptable depuis près de 20 ans. 

Il est quasi certain que l’offensive israélienne s’arrêterait instantanément si les otages étaient libérés, quels que soient les désirs ou les déclarations de certains ministres du gouvernement israélien sans responsabilité militaire. Cette seule notion rend obscène l’idée que la reconnaissance serait une récompense morale à accorder aux Gazaouis. 

A lire aussi, Ivan Rioufol: Quand la voix de la France fait honte

La famine a été un moyen de victoire dans le lointain de l’histoire des sièges; elle a accompagné ou suivi les conflits, mais à Gaza c’est l’accusation de famine qui est devenue une arme de guerre. Elle a entrainé contre Israël des accusations virulentes même si les responsables israéliens niaient toute famine généralisée, une accusation que l’ONU agite faussement depuis déjà 20 mois mais qui reflète récemment à coup sûr une situation alimentaire extrêmement préoccupante.

Dans ce domaine au lieu de suivre les canaux informationnels qui me conviennent, je vais m’en tenir aux déclarations du PAM (Programme alimentaire mondial), l’organisme qui supervise le programme alimentaire de l’ONU et qu’on ne peut pas qualifier de proche d’Israël.

Que dit il le 27 et le 29 juillet? Que plus de 500 000 personnes, soit près d’un quart de la population de Gaza, dont de nombreux enfants, vivent dans des conditions de malnutrition grave. Il sonne l’alerte pour qu’on n’en arrive pas à une situation de famine. Il souligne qu’il dispose d’une quantité suffisante de vivres pour fournir à long terme les 2000 tonnes quotidiennes nécessaires à Gaza. Il insiste sur le fait que le blocage est celui de la distribution et salue les autorités israéliennes disposées à mettre en place des trêves humanitaires et à créer des couloirs sécurisés.

Ces problèmes de distribution ont été depuis longtemps mis en exergue par les Israéliens, car le PAM avait pour opérateur à Gaza l’UNWRA, dont la complaisance pour le Hamas est un secret de Polichinelle. Celui-ci, sous prétexte de protection, s’est emparé à de nombreuses reprises du contenu des convois, et l’a utilisé pour son propre compte. Ce fait a été discuté mais est avéré actuellement.

C’est dire que le Hamas porte une lourde responsabilité dans la dénutrition qui touche une partie des Gazaouis, sans compter son rôle dans l’insécurité et les fusillades qui ont entravé le fonctionnement de la Gazan Humanitarian Foundation (GHF). 

Les réseaux sociaux n’ont rien à faire de cette réalité complexe. Les étiquettes sont martelées sans cesse: Israël est affameur et génocidaire.  

Maudits sionistes

Dans toute l’Europe, la semaine a été parcourue d’agressions contre les maudits sionistes. Parmi eux se détache l’expulsion de leur avion à Valence en Espagne d’une cinquantaine d’adolescents français juifs et de leurs moniteurs. De ce qu’on sait actuellement, la compagnie Vueling a eu un comportement scandaleux. Son communiqué faisant état du danger pour la sécurité qu’auraient représenté ces jeunes manipulant bouteilles d’oxygène et gilets de sauvetage tout en manifestant un comportement fortement conflictuel ne correspond en rien ni aux témoignages de passagers non-juifs interrogés, ni aux caractéristiques techniques de l’avion qui interdisent des manipulations intempestives de ce genre. 

https://twitter.com/vueling/status/1949873688162992616

On peut imaginer ce qui s’est passé. Une colonie de vacances du nom de Kinneret estampillée comme juive dès l’enregistrement rencontre dans l’avion certains navigants dont l’affection pour Israël n’est pas la vertu première et qui veulent faire un exemple pour venger les malheureux Gazaouis. Un jeune entame, sans être suivi d’ailleurs, un chant en hébreu. C’en est trop, le processus est enclenché qui mènera à l’arrivée d’une Garde Civile elle-même émoustillée à l’idée de s’en prendre à des Israéliens. L’équation personnelle du commandant de bord, ancien moniteur de vol de Mohammed Atta, ne relève peut-être que d’une coïncidence fort troublante, comme la large présence du Qatar au capital de Vueling.

A lire aussi, Gilles-William Goldnadel: L’ère de la calomnie

Une expulsion avant vol d’un groupe aussi important est absolument rarissime. On signale un épisode analogue et, nouvelle coïncidence aussi peut-être, il s’agissait de Juifs. En 2022 pendant la pandémie, des ultra-orthodoxes avaient refusé de mettre des masques anti Covid et la compagnie avait expulsé tous les passagers identifiés comme Juifs quel qu’eût été leur comportement. Cela obligea la Lufthansa à des excuses publiques et à 4 millions de dollars d’amende.

Pour l’amende, je ne sais pas, mais pour les excuses, je suis sceptique. Le Ministre des Transports espagnol, Oscar Puente, s’est fendu d’un commentaire sur X où les adolescents sont qualifiés de «os niñatos israelis» ce qui ne peut se traduire que par «les morveux (ou petits cons) Israéliens.»

Donc ce ministre espagnol tient déjà son verdict: les enfants sont des petits cons, un Français juif, ça n’existe pas, et un Israélien ne peut être que coupable de ce qu’on l’accuse. Alors disons le simplement, M. Puentes est une ordure antisémite et dans cette affaire il n’est probablement pas le seul…


[1] La Kamtchatka est une péninsule de 1 380 km de long située en extrême-orient russe et qui s’avance dans l’océan Pacifique.

France, terre d’asile terroriste

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Affaire Nour Atallah. « Une étudiante gazaouie tenant des propos antisémites n’a rien à faire en France. Les criblages effectués par les services compétents des ministères concernés n’ont manifestement pas fonctionné. J’ai demandé à ce qu’une enquête interne soit diligentée pour que cela ne puisse en aucun cas se reproduire », s’indignait hier le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot


On l’a souvent présentée comme un phare pour les opprimés, une patrie des droits de l’homme. Mais en vérité, la France est devenue la base arrière des bourreaux. Depuis 1945, elle n’accueille pas des exilés — elle héberge des prédateurs. Fascistes, terroristes, islamistes, révolutionnaires sanguinaires, tueurs de masse : tous ont trouvé ici gîte, protection, indulgence. Pire : respectabilité.

1946 : Le Mufti nazi, invité du Quai d’Orsay

Tout commence juste après la guerre, dans l’odeur encore fraîche des fours crématoires. En 1946, le Grand Mufti de Jérusalem, Haj Amin al-Husseini, complice direct du projet nazi d’extermination des Juifs, est accueilli… à Paris. Il aurait dû comparaître à Nuremberg, au banc des accusés. Mais le Quai d’Orsay le protège. Pourquoi ? Parce qu’il incarne une figure de l’arabisme, utile dans la stratégie d’influence post-coloniale.

Cet homme a pourtant passé la guerre à Berlin, rencontré Himmler, levé une division musulmane pour les SS en Bosnie, et appelé à l’extermination des Juifs dans le monde arabe.

La France, déjà, fait le choix de l’ambiguïté : plutôt les ennemis d’Israël que les amis de la vérité.

1978 : Khomeini, l’ayatollah en résidence surveillée douce

En 1978, c’est au tour de Ruhollah Khomeini, chassé d’Irak, d’être accueilli à Neauphle-le-Château, en région parisienne. L’homme est inconnu du grand public, mais son programme est limpide : théocratie, charia, décapitations, torture et soumission des femmes. Giscard d’Estaing, toujours prompt à caresser l’Orient dans le sens du pétrole, l’accueille sans broncher. Khomeini y enregistre ses prêches, mobilise ses partisans, lance des appels à l’insurrection.

A lire aussi, du même auteur: Pourquoi Boualem Sansal fait peur au pouvoir algérien

Quelques mois plus tard, il rentre triomphalement en Iran. La révolution islamique commence, suivie de massacres, de purges, et d’un régime dont le terrorisme deviendra l’un des leviers d’exportation idéologique.

La France, encore une fois, a couvé un monstre.

Années 1980–1990 : Poseurs de bombes et islamistes d’avant-garde

Les années 1980 voient arriver un autre contingent : les terroristes d’« outre-gauche », ces Argentins, Allemands, Italiens, Espagnols, planqués à Paris. On les excuse : « contexte politique tendu », « répression franquiste », « fascisme sud-américain ». Résultat : des tueurs et des poseurs de bombes promus intellectuels de salon. La doctrine Mitterrand ira jusqu’à refuser l’extradition des membres des Brigades Rouges.

Pendant ce temps les réseaux islamistes se structurent librement dans les banlieues, à l’ombre du clientélisme local et de la lâcheté républicaine. Le djihad n’est pas encore armé, mais il est déjà structuré.

1990–1997 : Le GIA et le FIS, protégés français

En Algérie, c’est la guerre civile. Le Front Islamique du Salut (FIS) s’apprête à prendre le pouvoir par les urnes, avec un programme théocratique assumé. L’armée algérienne annule les élections. La répression est terrible, mais la France choisit son camp : elle accueille les dirigeants du FIS comme de simples réfugiés politiques. 

Le FIS a même bénéficié en France de relais universitaires et médiatiques puissants. Des tribunes dans Le Monde ont défendu sa légitimité ou dénoncé la répression algérienne. Des intellectuels proches idéologiquement du FIS ont été invités sur France Culture. Mais jamais — officiellement — ses chefs n’ont eu micro ou tribune directe dans ces médias.

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Puis viennent les GIA (Groupes Islamiques Armés). Égorgeurs d’enfants, démembreurs de femmes, bourreaux islamistes dont les communiqués citent Allah avant de mutiler. Des cellules sont actives en France même. Les attentats de 1995, à Paris, dans le métro Saint-Michel, rappellent que l’asile a un prix : le sang des Français.

Les djihadistes français : le retour du monstre

Vient ensuite le djihad version Daesh. Des centaines de Français partent pour la Syrie, brûlent leur passeport, prêtent allégeance à Baghdadi. On les filme en train de décapiter, de violer, d’élever leurs enfants dans la haine des kouffars. Et que fait la France ? Elle les recherche, les rapatrie, les soigne, les écoute.

Le summum : leurs enfants, élevés dans la haine, formés à tuer dès cinq ans, sont « réinsérés » en école maternelle républicaine, avec des accompagnateurs spécialisés.

Les mères, plus radicales que les pères, sont présentées comme des victimes. On les excuse : elles « ne savaient pas », « ont été manipulées ». En réalité, elles formaient la matrice du califat.

Nour Atallah : doctorante en haine génocidaire… mais protégée

Voici maintenant la génération issue de nos universités. Nour Atallah, doctorante en sciences politiques à Lille, admiratrice déclarée d’Hitler, relayant des appels à l’extermination des Juifs, en arabe et en français. Elle ne s’exprime pas dans une cave obscure mais depuis un compte public, dans un français soigné, avec la morgue tranquille de l’impunité.

Face à l’indignation, l’école l’a exclue — mesure rarissime, preuve de la gravité du cas. Mais ensuite ? Que faire ?

Elle n’est ni expulsée, ni inculpée. Parce qu’en France, poser le pied sur le territoire vous transforme en intouchable. Le Conseil d’État, les tribunaux administratifs, la CEDH, le droit à une vie familiale normale, l’interdiction de retour dans un pays « à risques »… Tout est prêt pour empêcher l’expulsion, même quand il s’agit d’un appel au génocide. Ce juridisme absurde, cette obsession procédurale, sont devenus les complices passifs du djihad. On ne peut pas expulser une étudiante salafiste qui encense Hitler, car cela heurterait sa dignité.

Voilà où nous en sommes : la haine est protégée par l’État de droit. Et la France, encore une fois, abrite ceux qui rêvent de la détruire.

Mais le plus grave, c’est peut-être ce que personne n’ose nommer : seul le Hamas est en mesure de délivrer les laissez-passer consulaires aux Gazaouis souhaitant quitter le territoire. Autrement dit, tout Palestinien prétendant à l’asile humanitaire ou politique passe, de fait, sous le filtre du Hamas. Et ce ne sont évidemment pas que les modérés qui seront exfiltrés — ce sont aussi les plus proches de l’appareil idéologique et militaire, les plus sûrs, les plus fanatiques. La France, sous couvert d’urgence humanitaire, s’apprête donc à récupérer aussi ceux que Tsahal traque — pas les victimes, mais les complices. On peut même supposer, sans paranoïa excessive, que des négociations discrètes ont peut-être été engagées entre des représentants du Hamas et la diplomatie française, comme cela s’est déjà fait dans l’histoire avec d’autres groupes islamistes. Résultat : l’asile devient une voie d’exfiltration pour les islamo-terroristes, validée par notre propre administration. À ce stade, la perversion de notre politique d’asile n’est plus une erreur : c’est une reddition organisée.

King Donald, roi du monde ?

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Donald Trump crie en jouant au golf sur son terrain de Turnberry en Ecosse, dimanche 27 juillet 2025 © Alastair Grant/AP/SIPA

L’opération « Liberation Day », lancée le 2 avril, par laquelle Donald Trump visait à révolutionner le commerce mondial, vient d’entrer dans une nouvelle phase avec l’annonce, jeudi soir, des tarifs que les États-Unis vont imposer aux autres pays à partir du 7 août. Cette annonce, ainsi que d’autres concernant les gouvernements de la Russie et d’Israël, clôt une semaine qui, pour Trump, a commencé par la mise en scène, en Écosse, de l’humiliation de la présidente de la Commission européenne, suivie de la semi-humiliation du Premier ministre britannique. Qu’on l’approuve ou non, Trump occupe largement l’espace stratégique et médiatique et rappelle sans cesse sa propre imprévisibilité ainsi que la puissance immense de l’État qu’il dirige.


Donald Trump est le président des États-Unis. Et peut-être du monde… Du moins, il en a l’air en ce moment. Il a le bras long: ses bombardiers furtifs B-2 Spirit font la moitié du tour de la planète pour frapper l’Iran. Sa grande stratégie tarifaire secoue toutes les nations du monde, les grandes comme les petites. Enfin, il semble être partout chez lui, car c’est en Ecosse, la terre ancestrale de sa mère, sur son terrain de golf de Trump Turnberry, qu’il a racheté en 2014, que le président a conclu un accord commercial préliminaire avec l’Union européenne et tenu des pourparlers avec son allié britannique, sir Keir Starmer. Dimanche dernier, il a accueilli Ursula Von der Leyen comme un prince accueillerait un vassal. Ils ont scellé par une de ces vigoureuses poignées de main qu’affectionne le président américain ce que Trump a qualifié de “plus grand deal jamais conclu”. Si quelque chose comme cet accord préliminaire – dont les deux partenaires ont retenu des versions sensiblement différentes – est approuvé par les États-Unis (la Cour d’appel américaine doit prononcer pour ou contre l’usage par Trump des décrets dans ce contexte), ainsi que par le Conseil européen (à la majorité qualifiée) et le Parlement européen (à la majorité simple), on pourra dire au moins qu’aucune puissance commerciale comparable à l’UE n’a accepté un accord aussi déséquilibré en se montrant apparemment reconnaissante. 

Les Chinois bénéficient d’un sursis jusqu’au 12 août

Le lendemain, c’était le Premier ministre britannique qui, bien que chez lui à proprement parler, est venu chez Trump baiser la pantoufle. Certes, son pays avait obtenu un meilleur accord avec les États-Unis que l’UE, avec un tarif de base de 10% plutôt que 15% – un des avantages du Brexit – mais le leader travailliste a été contraint d’occuper une place de subalterne. Les deux dirigeants ont tenu une conférence de presse où le chevalier Starmer a eu du mal à en placer une, tandis que King Donald a soulevé les différents dossiers où son interlocuteur aurait failli : l’immigration (il est vrai que le nombre des migrants illégaux traversant la Manche a déjà atteint 25 000 cette année, un record) ; la transition énergétique (Starmer aurait dû continuer à exploiter les ressources en pétrole et gaz de la Mer du Nord, au lieu de sacrifier au dieu de l’énergie verte) ; et le maire musulman de Londres, Sadiq Khan (selon Starmer, « mon ami », pour Trump « un type méchant »). Dans la foulée, Trump a mis la pression sur son allié, Benyamin Netanyahou, en annonçant que, selon lui, le problème de famine à Gaza était réel, et brusqué celui que le commentariat progressiste tenait pour son allié, Vladimir Poutine, en lui donnant un nouveau délai, beaucoup plus court, pour mettre fin à la guerre en Ukraine. Mardi, il a ouvert un nouveau terrain de golf en Écosse, avant de retourner à Washington pour – comme il l’a dit – « éteindre des incendies autour du monde », c’est-à-dire mettre fin à des guerres et d’autres crises.

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Les Français ont surnommé Nicolas Sarkozy « l’omni-président » et Emmanuel Macron « Jupiter », mais ces deux présidents de la République n’arrivent même pas à la cheville de cet Américain de 79 ans en termes d’omniprésence, d’outrecuidance et de chutzpah. On n’a nullement besoin de croire que Trump est un génie ou qu’il a raison pour reconnaître que cet homme est un véritable phénomène. À peine deux jours après son retour « chez lui » à la Maison Blanche (plutôt que « chez lui » en Ecosse), Trump annonçait par décret les gagnants (relatifs) et les perdants (probables) de sa grande opération de renégociation des échanges commerciaux internationaux. Si le Royaume Uni, l’UE, le Japon et le Vietnam ont pu s’arranger avec les États-Unis, 17 pays n’ont pas pu négocier un accord pour réduire les tarifs douaniers, dont Trump les menace, avant la date-limite de minuit le 31 juillet. Pour tous, les nouveaux tarifs entreront en vigueur le 7 août, plutôt que le 1er (comme prévu), afin de donner aux fonctionnaires des douanes le temps de se préparer. Les pays les plus sévèrement punis ne sont pas les plus grands : ainsi, la Suisse écope de 39%, Laos et le Myanmar de 40%, et la Syrie de 41%. Le Brésil, dont le président Lula a un différend avec Trump qui l’accuse de persécuter juridiquement son prédécesseur Jair Bolsonaro, tout comme les Démocrates ont persécuté Trump après la marche sur le Capitole, aura un tarif de base de pas moins de 50%. Le Japon, qui a un accord, a 15%, ainsi que la Corée du Sud qui n’en a pas. Taïwan, un proche allié des États-Unis qui est menacé d’invasion par la Chine, est à 20% mais espère toujours arriver à un accord. Le Canada, qui a un accord de longue date avec les États-Unis et le Mexique, aura 35% sur les produits qui ne sont pas couverts par ce traité. Pourquoi ? Parce que son Premier ministre Mark Carney a osé riposter aux premiers tarifs imposés par Trump et parce que, selon ce dernier, le pays du sirop d’érable n’a pas suffisamment entravé l’exportation illégale du fentanyl vers les États-Unis. Les négociations avec la Chine étant toujours en cours, ce pays a une extension jusqu’au 12 août avant une décision sur les tarifs par la Maison Blanche…

S’il y a une cohérence derrière le chaos apparent de ces différentes décisions, c’est une combinaison entre une logique purement économique et commerciale et des besoins d’influence géopolitique. C’est ainsi que le Pakistan a vu les tarifs réduits de 29% initialement, à 19% grâce à un accord sur l’exploitation commune des réserves pétrolières de ce pays. En revanche, l’Inde reste à 25%, non seulement parce que le pays n’a pas encore pu négocier un accord avec les Etats-unis, mais aussi parce qu’il continue à permettre à la Russie de Poutine d’éviter les sanctions occidentales visant l’exportation du pétrole russe. Comme le dit Trump dans le texte de son récent décret : « certains partenaires commerciaux […] ont signalé leur intention sincère […] de s’aligner sur les Etats-Unis sur des questions économiques et de sécurité nationale ». Notez bien : les questions économiques ne sont pas nécessairement séparables de celles de la sécurité nationale (il est vrai que cela conforte la justification invoquée par Trump pour fixer des tarifs, question commerciale, par décret présidentiel, outil sécuritaire).

Wall Street mise au pas

Il y a surtout deux leçons essentielles à retenir des actions récentes de Trump, du moins à court terme. D’abord, l’Amérique est de retour. Il est trop tôt pour dire si le président a rendu à l’Amérique sa grandeur – « made America great again ». Mais c’est un camouflet pour tous ces commentateurs tellement doctes – surtout en France – qui prétendaient pouvoir lire et prédire les intentions de l’imprévisible président en soutenant qu’il voulait que les Etats-Unis reviennent au XIXe siècle, qu’il cherchait un repli sur soi de son pays, qu’il envisageait une division du monde entre les sphères d’influence de l’Amérique, de la Russie et de la Chine. Non seulement un enfant devrait se rendre compte qu’une telle vision est impossible à notre époque, mais la grandeur américaine, telle qu’elle est conçue par Trump, ne peut pas accepter de céder du terrain à des rivaux. Trump vient de montrer que, selon lui, le président des Etats-Unis doit influer sur tout ce qui se passe sur la planète, non pas en envoyant ses GIs se battre en terre hostile, mais par des opérations militaires ciblées et en exerçant une pression économique non seulement sur ses ennemis, mais aussi sur ses alliés peu coopératifs.

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La seconde grande leçon est le retour de l’Etat. En combinant intérêt économique et intérêt géopolitique, Donald Trump nous montre que l’Etat, du moins le plus puissant des Etats, n’a pas à être le jouet des multinationales et des bourses. En imposant, que ce soit dans un premier temps, ses quatre volontés, sans consulter Wall Street (la finance) ou Main Street (l’industrie), il fait penser à ce mot de Boris Johnson apprenant que les entreprises britanniques redoutaient le Brexit: « F*ck business » (au diable le monde des affaires). Il ne s’agit pas de faire fi des intérêts des entreprises – loin de là – mais de rappeler qu’elles sont là pour servir la nation et pas le contraire.

Il faudra du temps pour arriver à une conclusion sur le bien-fondé de l’approche de Trump sur le plan économique. Mais entre-temps, nous pouvons au moins saluer son affirmation de la primauté de la politique. Dans les « Papiers fédéralistes », grand recueil d’essais définissant un plan d’action politique pour la nouvelle république américaine à la fin du XVIIIe siècle, Alexander Hamilton proclame que « la vigueur du gouvernement est essentielle pour la sécurité de la liberté ». Quelle nation démocratique aujourd’hui ne voudrait pas avoir un dirigeant plus vigoureux que les Macron, Starmer et Carney (ce dernier étant un peu au-dessus des deux autres) à sa tête ? Dernière nouvelle : pour tous les commentateurs qui prétendaient que Trump n’était que le fantoche de Poutine, le président américain vient d’ordonner le déploiement de deux sous-marins nucléaires en réponse à des commentaires « provocateurs » de la part de Dmitri Medvedev, le vice-président du Conseil de sécurité de la Fédération de Russie.

The Federalist Papers

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Philippe Sollers, l’été, souvenirs

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L'éditeur et écrivain Philippe Sollers (1936-2023) © Hannah Assouline

Les cartes postales de l’été de Pascal Louvrier (5)


Je n’ai plus l’année en tête. Peut-être 1999. Je rends visite à Philippe Sollers, chez lui, sur l’île de Ré, au Martray. Le ciel est bleu, net, les mouettes majestueuses volent au-dessus des marais. Les feuilles fragiles de l’acacia vibrent à la brise d’ouest. On est dehors, on regarde le spectacle scintillant. On s’installe sur la pelouse, en tailleur. Il me parle de la guerre d’Espagne. « C’est le tournant des relations entre les démocraties, me dit-il, en allumant une cigarette. Très peu d’intellectuels comprennent l’enjeu de la lutte entre les franquistes et les républicains. Le jeune Claude Simon, futur prix Nobel, m’intéresse, car il est sur place. Il prend des notes tout en faisant de la contrebande d’armes. Il écrira un roman étrange, très maîtrisé, où il en parle sous une forme codée. » Son visage est hâlé, reposé, malgré l’écriture quotidienne de son nouveau roman. Il me demande ce que je lis. Je lui réponds : La Fête à Venise. « Bon choix », dit-il en éclatant de rire. Dans ce livre, c’est une nouvelle fois, la lutte de l’artiste contre la société qui ne veut que sa mort. « C’est pour cela que j’ai choisi Venise, me rappelle-t-il. Ce n’est pas une ville décadente abritant la mort ; Venise respire, elle chante, jouit, vit et resplendit. Balayons les miasmes romantiques. » Pour vivre heureux, il faut vivre dans la clandestinité, savoir échapper à la surveillance de la collectivité, de plus en plus efficace, il faut avoir la capacité d’être à la fois à l’intérieur du système et à l’extérieur. C’est une gymnastique périlleuse mais vitale.

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La fête à Venise met en scène Pierre Froissart, écrivain chargé de convoyer à Venise une toile inconnue de Watteau. Il est accompagné d’une jeune physicienne américaine. Luz, qui lit Le Dernier Nabad, de Fitzgerald, au bord de la piscine. Il s’entend bien avec elle, ce point est important pour échapper à l’ŒUF – l’ŒIL unifié fraternel – c’est-à-dire la police, l’armée, l’église, enfin bref, au contrôle généralisé. Sollers, fume-cigarette coincé entre les doigts, tient à préciser : « Le marché de l’art, avec ses courtiers incultes et leurs commentaires convenus, masque le travail de l’artiste. Personne ne voit l’essentiel. C’est du somnambulisme qu’on peut appliquer aux romans contemporains. » Je me souviens du passage où Sollers évoque ce que j’ai appelé dans mon essai[1] que je lui ai consacré « le coup de l’inceste ». Il faut rappeler cette anecdote de Cézanne sur le Tintoret : « Je crois qu’il a tout connu, ce Tintoret… Écoutez, je ne peux pas en parler sans trembler. Il se faisait endormir par sa fille, il se faisait jouer du violoncelle par sa fille, des heures… Seul avec elle, dans tous ces reflets rouges… » Le courtier ne peut comprendre ce qui se joue là et son résultat sur la toile. Comme cette description de Pierre Froissard, vaguement agent secret, avec la complicité sensuelle de Luz, dans son petit palais vénitien, l’été : « Le grand mur, bordé d’acacias, nous protège du quai, personne ne peut voir l’intérieur de la construction blanche et rose, la vie se résume bien à cela, trouver le lieu, l’autre qu’il faut. » Facile, me direz-vous. Je n’en suis pas certain.

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Sollers se lève, je le suis, on marche sur la pelouse, proche du clapotis de l’eau, le clocher d’Ars plante sa pointe noire dans le ciel sans nuage. Sollers évoque le philosophe et mathématicien Jean Cavaillès. « Je le cite longuement dans La Fête à Venise. Personne n’a relevé. Sa sœur écrit dans sa correspondance que l’activité intellectuelle de Jean était influencée par l’éclat du soleil. C’est pour ça que j’écris ici, et beaucoup à Venise. Elle dit aussi que, bien que protestant, il était sensible à la liturgie catholique. Il écoutait Mozart et lisait Spinoza. Pas mal, hein, Louvrier. Pétri d’humanisme, il est devenu l’inconnu n°5 du charnier d’Arras. Il fut identifié grâce à son portefeuille vert devenu noir au contact de la terre. C’était un résistant. À Londres, en 1943, il se faisait appeler Crillon. Il trouvait amusant de faire sauter un viaduc. Condamné à mort au début de l’année 1944, il fut immédiatement exécuté. Il habitait au 34 avenue de l’Observatoire, au dernier étage, dans un appartement qui dominait Paris. Je vous le montrerai quand nous irons déjeuner à La Closerie. » Sollers allume une cigarette, regarde le clocher et me dit : « Il avait quarante et un ans lors de son exécution, et une œuvre à écrire. Le livre de sa sœur est très beau, simple, direct, comme des bras tendus vers le ciel. »

Sollers me lance : « Allons nager. »

Philippe Sollers, La Fête à Venise, Folio. 280 pages

La Fête à Venise

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[1] Philippe Sollers entre les lignes, Le Passeur éditeur.

Sydney Sweeney: Make America Sexy Again

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New York, hier © John Angelillo/UPI/Shutterstock/SIPA

L’actrice a des formes généreuses, et en plus cela l’amuse qu’elles attirent le regard des hommes… Mais surtout, elle n’appartient même pas à une minorité ethnique ! L’extrême gauche wokiste voit dans son spot publicitaire un outrage et dans le slogan « Sydney Sweeney has great jeans » la signature du suprémacisme blanc.


Elle est blonde aux yeux bleus et, déjà, cela suffit pour faire d’elle une énième résurgence du nazisme. Elle est jolie et, forcément, cela déplait aux adeptes du « body positivism » pour qui le corps, surtout s’il est féminin, ne peut être beau que lorsqu’il gras, couvert de poils et torturé.

Elle a, selon la publicité qui fait d’elle la nouvelle star, « de bons gênes », de quoi faire pousser des cris d’orfraie aux antiracistes tout heureux de pouvoir dénoncer une nouvelle forme d’eugénisme. 

Sans doute malgré elle, Sydney Sweeney, égérie de la marque American Eagle, est devenue la nouvelle icône de la guerre culturelle contre le wokisme. Tel un tsunami, ce fléau a tout ravagé sur son passage ces dernières années, détruisant les statues, déconsidérant les vertus nobles, bafouant les réputations ; sur le champ de ruines, les thuriféraires du laid, du médiocre et des fausses valeurs pouvaient détrousser les cadavres, tels de vulgaires délinquants incapables de bâtir. Heureusement, il demeure dans nos tréfonds l’idée que la recherche du beau, de la grandeur, de l’esthétique font partie de notre ADN. 

La revanche d’une blonde

Appliqué à nos corps, cela signifie que, certes il existe des petits, des gros, des grands, des beaux et des laids, c’est-à-dire un peu de tout en raison de notre patrimoine génétique (en partie) et de nos choix de vie (beaucoup), mais surtout que nous ne devrions faire la promotion à l’identique de toutes les morphologies. Ce n’est pas être grossophobe de penser qu’il vaut mieux, lorsqu’on est un homme, être bâti par l’effort répété comme Tibo InShape qu’à l’exemple d’un sénateur se gavant à tous les buffets de la République et, quand on est une femme, avoir une silhouette filiforme plutôt qu’un corps qui croit pouvoir assumer tous les excès alimentaires. C’est avant tout une question de santé publique, de physique en adéquation avec les enjeux d’un monde aux défis nombreux, et de respect de soi-même. 

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On comprend pourquoi les progressistes déversent également leur racisme anti-blancs contre Sydney Sweeney. L’actrice américaine incarne la revanche de la blonde aux yeux bleus, archétype longtemps considéré comme modèle absolu de beauté, avant d’être déconsidéré et mis en concurrence, tout d’abord par les beautés italiennes et sud-américaines, de Gina Lollobrigida à Monica Bellucci et J.Lo, ensuite par les mannequins (nord-)africains, enfin, tentent de nous faire croire les wokistes, par l’élargissement du concept d’attraction physique à tout ce qui ressort de l’inclusion.

Fini la disruption ?

La publicité suit, depuis quelques années, ces nouveaux codes, jusqu’à l’absurde, comme Calvin Klein qui a publié la photo d’un « homme transgenre enceint » à l’occasion d’une… fête des mères, croyant ainsi voir décoller ses ventes de sous-vêtements. A rebours de cette folie, la campagne réussie d’American Eagle rend fou tous les progressistes qui tentent d’imposer en vain leur vision du monde, de l’homme et de la femme. Un quotidien belge a même cru bon y aller de sa fake news en écrivant que l’entreprise américaine se trouvait « dans la tourmente », alors que son action en bourse, en hausse de 20%, prouvait le contraire.

A relire: Calvin Klein baisse son caleçon devant la propagande woke

Gageons que le succès de la campagne actuelle fasse des émules : fini alors les bourrelets, les piercings dans le nez, les cheveux verts, fini les couples multiculturels qui, pour le coup, sont trop beaux pour qu’on y croie, fini l’improbable qui ne fait pas vendre, fini enfin la fausse subversion.  

Qu’est-ce qu’une guerre civile d’atmosphère?

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Deauville, mai 2025 © SICCOLI PATRICK/SIPA

Le plus inquiétant n’est pas que les partis politiques s’opposent de plus en plus violemment à l’Assemblée nationale, ou que les débats médiatiques s’enflamment. Le plus inquiétant, c’est que les fractures sont descendues dans les consciences. Les citoyens ne forment plus vraiment un peuple uni, ils deviennent des camps retranchés et des forteresses de ressentiment…


Il y a des événements qui révèlent plus que mille discours. L’affaire de cette étudiante palestinienne de vingt-cinq ans, idéologiquement proche du Hamas et auteure de tweets d’un antisémitisme d’une violence nue, appartient à cette catégorie. Vingt-cinq ans : l’âge où les convictions ne sont plus des maladresses, mais des choix assumés. Ce qu’elle a écrit ne relève pas d’un excès de jeunesse mais d’un imaginaire formé dès l’enfance : la haine du juif comme principe fondateur et, derrière elle, la volonté d’anéantir ce qu’il incarne – un monde, une mémoire, une altérité – pour imposer à l’Occident sa conversion idéologique et religieuse. Le Juif n’est ici qu’un avant-poste : c’est l’Occident lui-même qui est visé, non seulement pour être détruit, mais pour être refondu dans un autre ordre moral, un autre récit de civilisation.

Et pourtant, cette jeune femme a été accueillie comme réfugiée, inscrite à Sciences Po Lille, hébergée par son directeur. Ce n’est pas simplement de la naïveté. Ce geste est un basculement. Il ne s’agit pas seulement d’offrir l’asile à une personne : en fermant les yeux sur ce qu’elle porte en elle, c’est une idéologie que nous introduisons au cœur de nos institutions. Et elle n’est pas seule. D’autres viendront. D’autres jeunes adultes, Palestiniens ou non, nourris depuis l’enfance à la haine du Juif et au rêve d’un Occident humilié, converti de force à leur récit.

Alliances douteuses

Il faut cesser de croire qu’il ne s’agit que d’un aveuglement. Ce sont déjà des complicités. Derrière la façade de l’humanisme, il y a des alliances silencieuses, des trahisons qui se préparent, certaines déjà à l’œuvre. Dans les années 30, les élites françaises et européennes, persuadées de défendre la paix universelle, ont tendu la main à des forces qui allaient devenir l’instrument de la collaboration. Elles croyaient défendre la civilisation ; elles en préparaient la reddition. Aujourd’hui, nous répétons ce geste : accueillir au nom de la générosité une idéologie dont le but avoué est la soumission et la transformation de notre monde.

Je n’ai pas découvert ce discours sur les réseaux sociaux. Il y a vingt ans, à Marseille, l’école de police avait choisi de loger ses élèves au cœur d’une cité sensible. Ces jeunes policiers vivaient plusieurs semaines dans les mêmes immeubles que les habitants. J’ai animé des rencontres entre les policiers et les adolescents de ce quartier. Et déjà, ces jeunes regardaient les vidéos du Hamas, glorifiaient ses combattants, commentaient les attentats comme des victoires. C’était il y a vingt-cinq ans. Cette culture n’a pas disparu ; elle s’est enracinée, consolidée, et elle entre désormais par nos frontières, protégée par le masque de l’asile.

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Pendant que nous sanctuarisons cette idéologie au nom d’un humanisme devenu aveugle, un autre signe retentit, implacable : les juifs quittent à nouveau l’Europe. Leur départ n’est jamais une donnée statistique, mais une alarme historique. Dans les années 30, leur exode annonçait que la civilisation européenne était prête à se trahir elle-même. Aujourd’hui, leur fuite nous dit que l’air est redevenu irrespirable, que la guerre civile d’atmosphère est déjà là, avant même que les armes ne parlent.

Le grand effacement

Ce n’est donc pas seulement de l’aveuglement. C’est un mouvement plus profond : l’acceptation passive, parfois complice, de l’anéantissement des juifs comme prélude à la conversion forcée de l’Occident. Une nation qui fait de ce projet le symbole de sa générosité n’est pas seulement perdue : elle prépare son effacement. Et c’est ainsi que commence une guerre civile d’atmosphère : par ces signes diffus, ces silences complices, ce brouillard moral qui précède toujours les catastrophes visibles.

Qu’est-ce qu’une guerre civile d’atmosphère ? Ce n’est pas la guerre ouverte, avec ses colonnes de fumée et ses cadavres au coin des rues. Ce n’est pas encore l’embrasement des quartiers, l’affrontement des milices, le fracas des armes. C’est autre chose, de plus sourd, de plus insinuant : une tension diffuse, qui s’épaissit dans l’air au point que chacun la respire sans même la nommer. C’est une guerre invisible, sans déclaration ni front officiel, mais dont tout le monde pressent qu’elle est déjà commencée dans les têtes et qu’elle pourrait, à la moindre étincelle, se matérialiser en actes.

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Avant les blessures irréparables, avant les pages sanglantes de l’Histoire, il y a l’ambiance. Ce mot, banal et pourtant décisif, dit tout : l’atmosphère sociale, ce climat d’invisible qui imprègne les gestes, les regards, les silences, jusqu’aux réseaux où circulent les colères anonymes. Une ambiance de guerre civile, c’est quand le lien social cesse d’être une évidence et devient un champ de suspicion. Ce n’est pas la rupture brutale mais la fissure progressive, le tissu du commun qui se délite fil après fil, jusqu’à ce que tout se rompe. Ce n’est pas encore l’odeur du sang, mais déjà la crispation des mâchoires, l’évitement de l’autre, la haine muette. On ne s’écoute plus. On ne parle plus que pour s’invectiver. La conversation se transforme en ligne de front.

Drôle d’ambiance

Le plus inquiétant n’est pas que les partis s’opposent, que les débats médiatiques s’enflamment. Le plus inquiétant, c’est que cette fracture est descendue dans les consciences. Les citoyens ne forment plus un peuple ; ils deviennent des camps retranchés, des forteresses de ressentiment. L’adversaire politique cesse d’être un contradicteur : il devient un traître. Dans une guerre civile d’atmosphère, l’autre n’est plus un partenaire de débat ; il est celui avec qui toute coexistence devient impossible. La politique ne consiste plus à chercher des compromis mais à désigner des ennemis.

Depuis longtemps, je l’affirme : la guerre civile commence dans les têtes avant de se manifester dans les rues. Avant les balles, il y a les regards qui se détournent. Avant les barricades, il y a les mots qui blessent. Avant la tragédie, il y a ce refus de reconnaître en face de soi un semblable.

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Et aujourd’hui ? Est-il trop tard ? Trop tard pour réparer les morceaux épars de ce corps social que tout semble pousser à la dislocation ? Peut-on encore recoudre l’esprit d’une nation quand chacun vit dans une mémoire blessée et une peur de l’avenir ? J’ai longtemps voulu y croire. J’ai voulu parier sur la possibilité d’un sursaut : que la conscience du péril nous ramène à l’essentiel. Mais je vois les lignes se durcir, les rancunes s’installer, les haines devenir habitudes. Et le doute s’insinue.

Ce qui glace, c’est que cette fissure ne concerne pas seulement la France. C’est tout l’Occident qui se défait. Non pas sous l’effet d’un ennemi extérieur, mais par usure intérieure : par ses divisions, ses rancunes accumulées, son épuisement spirituel. Nous devenons faibles parce que nous avons cessé de croire en un avenir commun. Et l’histoire nous donne un signe : déjà, des juifs commencent à quitter l’Europe. Encore. Toujours eux, éternels baromètres de la santé morale d’un continent. Leur départ n’est jamais anodin : il annonce la faillite d’un monde. Quand les juifs s’en vont, c’est que la civilisation se prépare à se trahir elle-même.

Il ne s’agit plus seulement de préserver une capacité abstraite à être ensemble. Nous sommes entrés dans un combat pour la survie même de la nation, avec tous ceux qui, quelles que soient leur confession, leur couleur de peau ou leurs origines, choisissent résolument d’en faire partie et de la défendre. Ce n’est plus une question morale mais une bataille existentielle : maintenir un pays vivant, ou le voir se dissoudre dans une guerre intérieure larvée dont nous aurons nous-mêmes pavé le chemin.

Sommes-nous encore capables de livrer ce combat ? De reconnaître nos alliés véritables et nos ennemis réels ? De briser la complaisance et de nommer ce qui menace ? Je l’ignore. Mais il reste peut-être un court instant avant la bascule. Alors, parlons. Écoutons. Rassemblons ceux qui veulent encore que ce pays vive, et faisons-le avec lucidité. Car une guerre civile d’atmosphère ne prévient pas. Elle est là, silencieuse, et un matin, elle a déjà changé l’air que l’on respire.

Des livres de femmes de ménage pour des femmes de ménage

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La romancière américaine Freida McFadden. DR.

Les romans de la quadra américaine Freida McFadden se vendent comme des petits pains. Même les lectrices françaises se laissent tenter, déplore notre contributeur.


On apprend sur France Info que les romans d’une certaine Freida McFadden se vendent comme des petits pains : « avec ses thrillers domestiques, la romancière américaine est le nouveau phénomène mondial de la littérature populaire[1] ». Voyez plutôt : rien qu’en France, deux millions d’exemplaires pour La Femme de ménage (2022) ; ce roman, qui figure en tête des ventes dans huit pays, compte déjà trois suites : Les Secrets de la femme de ménage, La femme de ménage voit tout et La femme de ménage se marie. N’est-ce pas, ça fait rêver ?… au règne de la quantité, on ne regarde que le chiffre, guère la qualité — en littérature comme aux résultats du bac.

Malbouffe

Le Nouvel Obs, journal copieusement subventionné (il publiait le 22 juillet un article passionnant sur « la rencontre entre un lièvre et une écrivaine qui a émerveillé Angelina Jolie[2] »), a reconnu du bout des lèvres une certaine efficacité de l’ouvrage — du produit, plutôt, la nuance a son importance. Pour Libération, plus perfide, La Femme de ménage, « ça se dévore comme un fast-food » : du MacDo, donc.

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L’article de France Info — de grande tenue, décidément —, après avoir souligné pour la mettre en valeur la « flopée de rebondissements » de La Femme de ménage, en propose quelques analyses pertinentes, par des intervenants valant bien nos critiques littéraires du siècle dernier (G. Lanson). Virginie, par exemple, chroniqueuse TikTok : « On pense comprendre au début où elle nous emmène, mais sa spécialité, c’est de rajouter une information dans l’épilogue qui fait tout basculer. » Du MacDo, disais-je : des recettes qui feraient vomir si on ne les bourrait de sucre. Et les éditeurs de se jeter comme des chiens sur ces hamburgers dégueulasses pour les dévorer, avant de les digérer, ignoblement.

Girl power

Laissons parler la romancière : « J’ai voulu que ces deux livres soient des récits de girl power, où les femmes triomphent d’un homme qui a du pouvoir sur elles ». Une déclaration à la fois courageuse et profonde ; on croirait lire Baudelaire défendant les Fleurs du Mal. Freida McFadden écrit le point levé : espérons-lui un Maître Senard capable de citer du Bossuet dans le texte aux procureurs, lorsqu’elle passera au tribunal de la société facho-patriarcale — à moins que ce ne soit le tribunal de l’art et du bon goût, pour crime contre la littérature.

Le pire est à venir. La journaliste de France Info, toute contente, précise que Freida McFadden « parvient à convertir un nouveau public, d’ordinaire éloigné de la lecture. » Et de citer le témoignage de Sylvie : « Faute d’entraînement » et par « manque de concentration », elle lisait « très peu », avant de découvrir La Femme de ménage. La conclusion fera se dresser les cheveux sur la tête à plus d’un, et d’abord à ceux qui veulent encore croire à l’initiation dans l’art, à la valeur artisanale de l’œuvre, à ceux pour qui « c’est un métier que de faire un livre, comme de faire une pendule » (La Bruyère) : « « C’est si facile à lire qu’on se dit qu’on pourrait l’écrire nous-même », estime avec satisfaction la sexagénaire. »

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Mais c’est parce que c’est médiocre, Madame, que c’est si facile à lire : pourquoi s’en gargariser ?… Qu’est-ce qu’une littérature « facile à lire », d’ailleurs ? Une littérature qui ne fait plus réfléchir ? Une littérature qui ne mobilise aucune notion culturelle ?… Quand on a du goût, quand on a de l’exigence, on combat la facilité — au nom de l’intelligence.

Bonjour le niveau

Parcourant au hasard les commentaires de l’article de France Info, je tombe là-dessus : « Des livres de femmes de ménage pour des femmes de ménage. » Impitoyable ! Certes, la République a depuis longtemps abandonné l’espoir de relever le niveau des femmes de ménage : elle s’abaisse plutôt au rang de la bêtise et de la pauvreté : ce doit être l’égalité à la française en 2025, profondément injurieuse pour les déclassés du capital culturel, et qui participe de la grande adoration à la déesse Médiocrité — au nom de la haine de l’élitisme.

Et si, au lieu de la daube commerciale abrutissante et consumériste (polluante, de surcroît), on lisait les œuvres d’esthètes, les traités des maîtres ? Ce serait un peu aristocrate… anti-moderne… guère égalitaire… mais d’un bon goût qu’on nous envia pendant des siècles, et autrement plus subversif que toute cette littérature de fausses rebelles, qui ne fait que s’enrichir les vendeurs de papier.

La femme de ménage

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Les secrets de la femme de ménage

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[1] https://www.franceinfo.fr/culture/livres/la-femme-de-menage-la-prof-la-psy-pourquoi-les-romans-de-freida-mcfadden-que-vous-allez-peut-etre-devorer-pendant-vos-vacances-font-ils-un-carton-en-librairie_7392136.html

[2] https://www.nouvelobs.com/bibliobs/20250722.OBS106108/ce-que-ton-regard-promet-la-rencontre-entre-un-lievre-et-une-ecrivaine-qui-a-emerveille-angelina-jolie.html

L’Algérie acceptera-t-elle la main tendue par le roi du Maroc?

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Le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, assiste à la cérémonie de remise des diplômes des officiers cadets à l’Académie militaire de Cherchell, 11 juillet 2025 © apaimages/SIPA

Mohammed VI surprend et prend le peuple algérien à témoin.


Les relations entre le Maroc et l’Algérie sont difficiles depuis plusieurs années. Les frontières sont fermées depuis 1994, en raison notamment de la question sahraouie, sensible pour la monarchie chérifienne. Du reste, la reconnaissance par la France, en 2024 à la même période, de la souveraineté marocaine sur cette région a provoqué l’ire du régime algérien.

Comme chiens et chats

Les petites avanies sont d’ailleurs récurrentes, déclenchées notamment lors de compétitions sportives ou de sommets internationaux. Ainsi, en 2022, Alger accusait le Maroc d’implication directe dans les feux de forêts ayant touché le nord du pays…

Cela avait même conduit le président Abdelmajid Tebboune à demander une « révision radicale » des relations ainsi que l’envoi de patrouilles à la frontière. Lors de la Coupe du monde de football de la même année, où le Maroc atteint une historique place en demi-finale, première pour un pays africain, la télévision algérienne ne diffusa pas les résultats. Des faits bien moins anecdotiques qu’ils n’y paraissent, révélateurs d’une profonde inimitié et d’une intense opposition géostratégique entre les deux puissances d’Afrique-du-Nord. Des cas plus graves sont aussi à rappeler, à l’image des touristes franco-marocains tués en mer alors qu’ils se promenaient en jet-skis et s’étaient perdus dans les eaux territoriales algériennes.

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Peu d’observateurs s’attendaient donc à ce que Mohammed VI « tende la main » à l’Algérie, au plus fort des tensions. Il l’a pourtant fait en disant : « Le peuple algérien est un peuple frère, que des attaches humaines et historiques séculaires lient au peuple marocain. » Il a aussi indiqué avoir « constamment tendu la main en direction de nos frères en Algérie ». C’est une manœuvre habile qui pourrait d’ailleurs aider la France, actuellement en grandes difficultés dans ses relations avec le régime algérien qui détient notamment le journaliste sportif Christophe Gleizes et l’écrivain Boualem Sansal dans ses geôles.

Depuis le mouvement du Hirak, le régime algérien s’est crispé. Le fait que le Roi du Maroc joue la détente est donc intelligent. Ahmed Azizar, directeur de la recherche de l’Institut marocain d’intelligence stratégique décrit la situation avec une certaine acuité : « Le timing de cette main tendue du Roi Mohammed VI est contre-intuitif. C’est précisément au moment où le Maroc a clairement distancié l’Algérie sur le plan économique et diplomatique que Mohammed VI choisit d’appeler à nouveau au calme et à la réconciliation, en prenant le peuple algérien à témoin ».

Gérontocratie algérienne

La stratégie algérienne est souvent inverse. Le pouvoir désigne dans ses médias des dérivatifs et des boucs-émissaires à la colère d’une jeunesse frappée par le chômage endémique et des conditions de vie de plus en plus difficiles, voire liberticides. En tête ces derniers temps la France, mais le Maroc n’est jamais loin derrière. Il s’agit pour Alger de trouver des motifs d’énervement autres que la politique menée actuellement, le peuple ayant légitimement la tenace impression d’être gouvernée par une gérontocratie aux objectifs anachroniques, multipliant les provocations diplomatiques et les sorties de route.

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En réalité, le Maroc positionne ici la « réconciliation » entre sa monarchie et la république voisine comme un objectif régional, voire civilisationnel, bien plus que comme une exigence conjoncturelle. En effet, Rabat n’a pas besoin de renouer ces liens de manière artificielle, n’entretenant pas de dépendance économique avec son voisin ni n’ayant besoin de son appui dans ses zones d’influence. La stratégie diplomatique marocaine marche. Sur la question du Sahara, le royaume vient d’obtenir les soutiens explicites du Royaume-Uni et du Portugal à sa proposition d’autonomie.

Le discours de la fête du trône dévoilait aussi des objectifs ambitieux en matière de développement territorial ainsi que de mise à niveau sur les questions d’éducation et de santé. Se voulant puissance régionale tournée vers l’Afrique, et entretenant des rapports de bonne intelligence avec la France ainsi que l’essentiel des pays européens, le Maroc montre la voie à l’Algérie. Abdelmajid Tebboune saisira-t-il cette opportunité ? Il est permis d’en douter.

Impunité algérienne – une grande réussite française

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L'immigration incontrôlable rend la lutte contre la criminalité plus difficile, selon la préfète Fabienne Buccio (ici photographiée en février) © Romain Doucelin/SIPA

La capitale des Gaules hors de contrôle ? Un « sentiment d’impunité chez des Algériens en situation irrégulière » est dénoncé avec fracas par la préfète du Rhône, Fabienne Buccio, qui affirme que ces derniers représentent une part importante (plus de la moitié) des 60% d’étrangers en situation irrégulière impliqués dans les vols avec violences à Lyon.


Parfois, certains iraient jusqu’à douter que des liens très particuliers, spécifiques, privilégiés, presque chaleureux unissent nos deux pays. Par chance, Madame Fabienne Buccio, Préfète du Rhône et de la Région Rhône-Alpes vient, au cours d’une interview publiée ce mercredi par notre confrère Le Progrès[1], nous apporter sur ce point de précieux éclaircissements.

On n’arrive pas à les expulser

Dénonçant la très forte augmentation ces six premiers mois de l’année des « faits de vols avec violence » sur ses territoires, elle tient à préciser, non sans courage, qu’ils sont commis à 60%  « par des personnes étrangères en situation irrégulière ». Autre information du plus vif intérêt : plus de la moitié de ces 60% sont des Algériens. En situation irrégulière, répétons-le. « On a actuellement un sentiment d’impunité chez ces Algériens en situation irrégulière qui nous pose problème, insiste-t-elle, là encore avec un certain courage. On n’arrive pas à les expulser. »

A relire, Causeur #128 : Coupons le cordon! Pour l’indépendance de l’Algérie

Voilà bien le lien hyper privilégié que notre pays a réussi à tisser avec les ressortissants de cet autre rivage de la Méditerranée. Cela se résume en quelques mots : « Chez nous, ils sont chez eux », comme aimait à se féliciter François Mitterrand, grand bienfaiteur de la cause migratoire. Ils y sont tellement qu’ils n’ont rien à redouter, semble-t-il, de nos lois, puisque comme le souligne Madame la Préfète, désabusée, même lorsqu’on parvient à les mettre en prison, puis, à la sortie, en Centre de Rétention administrative, quatre-vingt-dix jours plus tard – durée maximum de cette rétention – les revoilà relâchés dans la nature comme si de rien n’était, prêts pour de nouvelles aventures. Elle est pas belle, la vie de ce côté-ci de la grande bleue !

Générosité à sens unique

Les prédicateurs de la générosité géopolitique à sens unique se plaisent à nous expliquer que si nos liens sont si spécifiquement bienveillants, ce n’est au fond que la contrepartie de l’horrible temps de la colonisation où nous avons poussé la barbarie jusqu’à bâtir des écoles, des hôpitaux, des routes, des entreprises, à cultiver d’arides campagnes… Autant de crimes contre l’humanité dûment avérés, comme l’a si justement reconnu en son temps le candidat Macron.

A lire aussi, Jean Sévillia: «Depuis 40 ans, la France se couche devant le pouvoir algérien»

Bien entendu, ce sentiment d’impunité dont jouissent ces délinquants a une tout autre origine : notre faiblesse. Rien d’autre que notre faiblesse. Notre abjecte et délétère faiblesse. Nous en crevons. En son temps un certain Hyde de Neuville, ardent royaliste adversaire résolu mais digne de Napoléon, affirmait : « La faiblesse est peut-être le plus grand des crimes en politique en ce qu’elle permet tous les autres ». Il parlait d’or. 

Ces Algériens en situation irrégulière ne font en réalité que reproduire le bel et grand exemple que leur donne leur président, M. Tebboune, qui, à peu près chaque matin et chaque soir, adresse à son homologue français – tout rose du contentement que lui valent les douces paroles du Hamas à son endroit – un magistral bras d’honneur. Ce qui ne serait rien, si ce n’était d’abord le peuple de France que l’insulte visait. Si ce n’était le malheureux Boualem Sansal qui, le premier, abandonné, emmuré dans sa geôle et la maladie, en faisait les frais.

Bras d’honneur servilement relayé par l’homme à tout faire du régime algérien en terre Rhône-Alpine, le consul général. Celui-ci, nous révèle encore Madame la Préfète, « n’ayant délivré aucun laisser-passer (de retour) depuis un an. » En d’autres termes, il fait sa loi. Ni plus, ni moins.  Le petit roi de Lyon, c’est lui, braves gens. Quelle réaction face à un tel état de fait, à un tel flux d’humiliations à répétition ?… Certes, du côté de Beauvau et de la Place Vendôme, on va sûrement, une fois de plus, donner de la voix, hausser le ton, vociférer. Malheureusement, nous avons appris de longtemps déjà que, si les chiens de guerre aboient, les chiens couchants aussi…

30 GLORIEUSES - LA DÉCONSTRUCTION EN MARCHE

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[1] https://www.leprogres.fr/faits-divers-justice/2025/07/30/vols-avec-violence-en-hausse-un-sentiment-d-impunite-chez-des-algeriens-en-situation-irreguliere-estime-la-prefete

Main basse des plus riches sur le Tour

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Le vainqueur du Tour de France, le Slovène Tadej Pogačar, sur le podium à Paris, le 27 juillet 2025 © PIPA/SIPA

Les deux équipes Visma et UAE se partagent le maillot jaune depuis cinq ans.


Un détail, et pas des moindres, car très révélateur de l’évolution du cyclisme, a échappé aux commentateurs dans leur bilan de cette 112e édition du Tour de France, qui a, entre autres, hissé la rue Lepic menant au sommet de la Butte Montmartre au rang de monument de l’épreuve, au même titre que les grands cols pyrénéens et alpestres qui ont fait sa légende (voir encadré).
La formation qui a remporté le classement par équipes avec près de 25 minutes d’avance, Visma-Lease a Bike, c’est celle du second au général, le Danois Jonas Vingegaard. La formation qui a pris la seconde place, UAE (Union des Émirats arabes), c’est tout bonnement celle du flamboyant vainqueur, le Slovène Tadej Pogačar.
Non seulement celui-ci s’est imposé pour la quatrième fois depuis sa première victoire en 2020, il est en outre le troisième coureur de l’histoire du Tour, après Merckx et Fignon, à avoir franchi la ligne d’arrivée aux Champs-Élysées revêtu à la fois de la tunique jaune et du maillot à pois du meilleur grimpeur. Et il s’en est fallu de peu qu’il n’endosse en outre le vert du classement par points.
Ayant franchi la limite d’âge de 25 ans, la conquête du blanc, celui de meilleur jeune, qu’il a gagné à deux reprises, lui était désormais interdite. Mais il a compensé en remportant quatre étapes, dont celle de Hautacam (65), où il a construit sa victoire. L’année précédente, il en avait gagné six. Pour compléter cette razzia de ces deux équipes, il faut ajouter les deux victoires d’étape de Visma-Lease a Bike, dont la plus prestigieuse, celle des Champs-Élysées, revenue au Belge Wout van Aert, le lieutenant de Vingegaard.
Parenthèse : c’est la Belgique, qui, avec un contingent de 30 coureurs, était la mieux représentée dans cette Grande Boucle après la France (elle, avec 38), qui arrive en tête des nations ayant remporté le plus d’étapes avec un total de six. Mais elle n’a aucun représentant dans le top 10, à la différence de la France, qui en place deux (Kévin Vauquelin 7e et Jordan Jegat 10e), mais doit se contenter en revanche d’une seule étape.

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Bien sûr, il est arrivé par le passé qu’une équipe domine l’épreuve. Mais jamais comme cette année : conséquence de la suprématie de Visma et UAE, les autres équipes ont dû se contenter des accessits, parmi lesquels, certes, quelques belles étapes, dont celle du Ventoux, la plus mythique de toutes, revenue au Français Valentin Paret-Peintre, de l’équipe belge Soudal-Quick Step, la cinquième formation la mieux dotée du peloton, avec un budget de l’ordre de 40 millions d’euros.
Force est de constater que si Visma et UAE ont fait main basse sur le Tour, et se partagent le maillot jaune depuis cinq ans, c’est parce qu’avec des budgets respectivement estimés à 55 et 60 millions d’euros, elles sont de loin les plus riches du peloton. Et avant elles, la britannique INEOS-Grenadiers (anciennement Sky), la troisième la mieux dotée, avec un budget aujourd’hui aussi de 55 millions d’euros, avait trusté pas moins de sept victoires sur les huit éditions de 2012 à 2019, dont quatre pour le seul Chris Froome, né au Kenya, premier Africain, mais blanc, à s’imposer sur la Grande Boucle. Une évidence s’impose : pas de pognon, pas de bouquet.
C’est donc ce qui explique en grande partie que la France soit bredouille depuis 40 ans. L’équipe Arkéa, de Vauquelin, qui a confirmé son potentiel en terminant 7e, ne disposait que d’un budget de 20 millions d’euros, soit trois fois moins que celle de Pogačar. L’équipe du 10e, Jegat, TotalEnergies, devait faire avec 17 petits millions. Si Romain Bardet, qui a raccroché son vélo en juin, une fois second et une autre troisième, n’a pas gagné, c’est probablement parce que son équipe, AG2R-La Mondiale, n’avait pas les moyens financiers de s’offrir une garde rapprochée formée des meilleurs coureurs du moment.
Les équipes dominantes, telles que Visma, UAE, INEOS, ont recruté des coureurs qui pourraient être des leaders dans des formations moyennes comme les françaises telles que Groupama-FDJ ou Decathlon-AG2R. À un palmarès aléatoire, ils préfèrent un salaire conséquent. Une carrière cycliste est courte…
Mais la donne, pour la France, pourrait très rapidement changer avec l’annonce, le 18 juillet, jour de repos du Tour : le troisième plus grand transporteur maritime mondial, CMA CGM, basé à Marseille, de la famille libano-française Saadé, a révélé qu’il allait co-sponsoriser l’équipe Decathlon-AG2R-La Mondiale. Cette famille, proche de Macron, est aussi propriétaire d’un groupe de presse (BFM, La Tribune du dimanche, notamment), rival de celui de Vincent Bolloré (CNews, JDD).
Son intention est de porter le budget de l’équipe, qui est de 25 millions d’euros, à 40 millions en 2026, et de monter en puissance jusqu’en 2030, de manière à être dans le top 3 du World Tour (la première division du cyclisme). AG2R, une mutuelle santé-retraite, se retirant, CMA CGM a jeté son dévolu sur cette équipe pour deux raisons : elle s’est dotée cette année d’une cellule performance dont la finalité, selon son directeur Paul Barrat, est de « gagner des courses grâce à la science et à la technologie », et dispose dans ses rangs d’un jeune très prometteur de 18 ans, Paul Seixas. Le projet est d’en faire le prochain Pogačar, car, aujourd’hui, un champion, ça se fabrique…


La rue Lepic probablement au menu des prochaines éditions

Le Tour à peine terminé, des discussions se sont engagées entre l’organisation (Amaury Sport Organisation – ASO) et les autorités publiques — préfecture de police, ministère des Sports et mairie de Paris —, pour intégrer la rue Lepic au parcours de la dernière étape des prochaines éditions, et ainsi l’élever au rang de monument de la vélocipédie.
« Évidemment que nous voulons continuer à passer par Montmartre », a déclaré au Parisien le directeur adjoint du Tour, Pierre-Yves Thouault. « La réussite a dépassé nos espérances et, forcément, l’envie de l’inscrire dans la durée se présente. »
La mairie de Paris abonde dans le même sens. L’adjoint aux Sports, Pierre Rabadan, a déclaré au même quotidien : « Il faut continuer à développer ces moments de partage et de communion. » Pour lui, la rue Lepic doit devenir un rendez-vous incontournable du Tour. « Il n’y a pas de raison pour que ça ne se fasse pas. »
Cette première expérience, après le coup d’essai des JO, a été un succès sans précédent. Plus de 500 000 personnes ont assisté, dans les rues de Paris, à cette dernière étape d’anthologie, dont 180 000 sur la butte Montmartre — contre 160 000 lors des JO. Contrairement aux craintes exprimées par beaucoup, notamment par de nombreux coureurs, l’étape s’est déroulée sans le moindre incident, sans la plus petite chute, et elle a sacré un grand champion : Wout van Aert, de l’équipe de Jonas Vingegaard, le deuxième du classement général et deux fois maillot jaune à Paris.
Peut-être « le début d’une longue histoire d’amour » entre le Tour et Montmartre, se demandait, dès le lendemain, Le Parisien.
Lepic, de son prénom Louis, était un général de Napoléon. Jamais de sa vie il n’aurait imaginé que son patronyme deviendrait, en quelque sorte, le théâtre probable de grandes batailles cyclistes… • RU

Palestine, Vueling: une semaine d’ébranlements

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DR.

La reconnaissance précipitée d’un État palestinien par la France est une récompense injustifiée au terrorisme. La famine à Gaza est utilisée comme une arme médiatique contre l’État hébreu, malgré la responsabilité directe du Hamas dans cette crise humanitaire. Pendant ce temps, en Espagne, un incident s’est produit à l’aéroport de Valence, au cours duquel des adolescents français juifs ont été expulsés d’un avion. La compagnie Vueling est soupçonnée d’antisémitisme dans cette affaire troublante.


On dit qu’un séisme de magnitude 8,8 est survenu cette semaine au large du Kamtchatka[1]. Plus près de nous, en Europe, je ne sais comment mesurer les ébranlements anti-israéliens concomitants.

Les secousses ne sont pas uniquement diplomatiques, avec la déclaration française sur la reconnaissance d’un État palestinien dans laquelle le président Macron s’assied sur les exigences qu’il avait antérieurement formulées de libération des otages et de démantèlement du Hamas. Il pense qu’il ajoutera à son prestige et à celui de son pays en récompensant une Autorité palestinienne discréditée, notoirement impuissante et corrompue, chantant la gloire des terroristes en langue arabe et assurant dans les langues occidentales son désir de paix et d’une solution à deux États, solution qu’elle a dans le passé refusée chaque fois qu’un plan avait été proposé.

Cette famine « imminente » qu’on agite depuis 20 mois

Cette reconnaissance serait aujourd’hui celle d’un Hamas auréolé de ses actes «héroïques» du 7-Octobre et de sa résistance contre l’armée israélienne, un Hamas dont la véritable arme, qu’il utilise avec une habileté sordide est celle de l’exploitation de la tragédie qui touche les habitants de Gaza, du sort desquels il est comptable depuis près de 20 ans. 

Il est quasi certain que l’offensive israélienne s’arrêterait instantanément si les otages étaient libérés, quels que soient les désirs ou les déclarations de certains ministres du gouvernement israélien sans responsabilité militaire. Cette seule notion rend obscène l’idée que la reconnaissance serait une récompense morale à accorder aux Gazaouis. 

A lire aussi, Ivan Rioufol: Quand la voix de la France fait honte

La famine a été un moyen de victoire dans le lointain de l’histoire des sièges; elle a accompagné ou suivi les conflits, mais à Gaza c’est l’accusation de famine qui est devenue une arme de guerre. Elle a entrainé contre Israël des accusations virulentes même si les responsables israéliens niaient toute famine généralisée, une accusation que l’ONU agite faussement depuis déjà 20 mois mais qui reflète récemment à coup sûr une situation alimentaire extrêmement préoccupante.

Dans ce domaine au lieu de suivre les canaux informationnels qui me conviennent, je vais m’en tenir aux déclarations du PAM (Programme alimentaire mondial), l’organisme qui supervise le programme alimentaire de l’ONU et qu’on ne peut pas qualifier de proche d’Israël.

Que dit il le 27 et le 29 juillet? Que plus de 500 000 personnes, soit près d’un quart de la population de Gaza, dont de nombreux enfants, vivent dans des conditions de malnutrition grave. Il sonne l’alerte pour qu’on n’en arrive pas à une situation de famine. Il souligne qu’il dispose d’une quantité suffisante de vivres pour fournir à long terme les 2000 tonnes quotidiennes nécessaires à Gaza. Il insiste sur le fait que le blocage est celui de la distribution et salue les autorités israéliennes disposées à mettre en place des trêves humanitaires et à créer des couloirs sécurisés.

Ces problèmes de distribution ont été depuis longtemps mis en exergue par les Israéliens, car le PAM avait pour opérateur à Gaza l’UNWRA, dont la complaisance pour le Hamas est un secret de Polichinelle. Celui-ci, sous prétexte de protection, s’est emparé à de nombreuses reprises du contenu des convois, et l’a utilisé pour son propre compte. Ce fait a été discuté mais est avéré actuellement.

C’est dire que le Hamas porte une lourde responsabilité dans la dénutrition qui touche une partie des Gazaouis, sans compter son rôle dans l’insécurité et les fusillades qui ont entravé le fonctionnement de la Gazan Humanitarian Foundation (GHF). 

Les réseaux sociaux n’ont rien à faire de cette réalité complexe. Les étiquettes sont martelées sans cesse: Israël est affameur et génocidaire.  

Maudits sionistes

Dans toute l’Europe, la semaine a été parcourue d’agressions contre les maudits sionistes. Parmi eux se détache l’expulsion de leur avion à Valence en Espagne d’une cinquantaine d’adolescents français juifs et de leurs moniteurs. De ce qu’on sait actuellement, la compagnie Vueling a eu un comportement scandaleux. Son communiqué faisant état du danger pour la sécurité qu’auraient représenté ces jeunes manipulant bouteilles d’oxygène et gilets de sauvetage tout en manifestant un comportement fortement conflictuel ne correspond en rien ni aux témoignages de passagers non-juifs interrogés, ni aux caractéristiques techniques de l’avion qui interdisent des manipulations intempestives de ce genre. 

https://twitter.com/vueling/status/1949873688162992616

On peut imaginer ce qui s’est passé. Une colonie de vacances du nom de Kinneret estampillée comme juive dès l’enregistrement rencontre dans l’avion certains navigants dont l’affection pour Israël n’est pas la vertu première et qui veulent faire un exemple pour venger les malheureux Gazaouis. Un jeune entame, sans être suivi d’ailleurs, un chant en hébreu. C’en est trop, le processus est enclenché qui mènera à l’arrivée d’une Garde Civile elle-même émoustillée à l’idée de s’en prendre à des Israéliens. L’équation personnelle du commandant de bord, ancien moniteur de vol de Mohammed Atta, ne relève peut-être que d’une coïncidence fort troublante, comme la large présence du Qatar au capital de Vueling.

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Une expulsion avant vol d’un groupe aussi important est absolument rarissime. On signale un épisode analogue et, nouvelle coïncidence aussi peut-être, il s’agissait de Juifs. En 2022 pendant la pandémie, des ultra-orthodoxes avaient refusé de mettre des masques anti Covid et la compagnie avait expulsé tous les passagers identifiés comme Juifs quel qu’eût été leur comportement. Cela obligea la Lufthansa à des excuses publiques et à 4 millions de dollars d’amende.

Pour l’amende, je ne sais pas, mais pour les excuses, je suis sceptique. Le Ministre des Transports espagnol, Oscar Puente, s’est fendu d’un commentaire sur X où les adolescents sont qualifiés de «os niñatos israelis» ce qui ne peut se traduire que par «les morveux (ou petits cons) Israéliens.»

Donc ce ministre espagnol tient déjà son verdict: les enfants sont des petits cons, un Français juif, ça n’existe pas, et un Israélien ne peut être que coupable de ce qu’on l’accuse. Alors disons le simplement, M. Puentes est une ordure antisémite et dans cette affaire il n’est probablement pas le seul…


[1] La Kamtchatka est une péninsule de 1 380 km de long située en extrême-orient russe et qui s’avance dans l’océan Pacifique.

France, terre d’asile terroriste

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La présence en France de Nour Atallah est contestée, y compris par le gouvernement. DR.

Affaire Nour Atallah. « Une étudiante gazaouie tenant des propos antisémites n’a rien à faire en France. Les criblages effectués par les services compétents des ministères concernés n’ont manifestement pas fonctionné. J’ai demandé à ce qu’une enquête interne soit diligentée pour que cela ne puisse en aucun cas se reproduire », s’indignait hier le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot


On l’a souvent présentée comme un phare pour les opprimés, une patrie des droits de l’homme. Mais en vérité, la France est devenue la base arrière des bourreaux. Depuis 1945, elle n’accueille pas des exilés — elle héberge des prédateurs. Fascistes, terroristes, islamistes, révolutionnaires sanguinaires, tueurs de masse : tous ont trouvé ici gîte, protection, indulgence. Pire : respectabilité.

1946 : Le Mufti nazi, invité du Quai d’Orsay

Tout commence juste après la guerre, dans l’odeur encore fraîche des fours crématoires. En 1946, le Grand Mufti de Jérusalem, Haj Amin al-Husseini, complice direct du projet nazi d’extermination des Juifs, est accueilli… à Paris. Il aurait dû comparaître à Nuremberg, au banc des accusés. Mais le Quai d’Orsay le protège. Pourquoi ? Parce qu’il incarne une figure de l’arabisme, utile dans la stratégie d’influence post-coloniale.

Cet homme a pourtant passé la guerre à Berlin, rencontré Himmler, levé une division musulmane pour les SS en Bosnie, et appelé à l’extermination des Juifs dans le monde arabe.

La France, déjà, fait le choix de l’ambiguïté : plutôt les ennemis d’Israël que les amis de la vérité.

1978 : Khomeini, l’ayatollah en résidence surveillée douce

En 1978, c’est au tour de Ruhollah Khomeini, chassé d’Irak, d’être accueilli à Neauphle-le-Château, en région parisienne. L’homme est inconnu du grand public, mais son programme est limpide : théocratie, charia, décapitations, torture et soumission des femmes. Giscard d’Estaing, toujours prompt à caresser l’Orient dans le sens du pétrole, l’accueille sans broncher. Khomeini y enregistre ses prêches, mobilise ses partisans, lance des appels à l’insurrection.

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Quelques mois plus tard, il rentre triomphalement en Iran. La révolution islamique commence, suivie de massacres, de purges, et d’un régime dont le terrorisme deviendra l’un des leviers d’exportation idéologique.

La France, encore une fois, a couvé un monstre.

Années 1980–1990 : Poseurs de bombes et islamistes d’avant-garde

Les années 1980 voient arriver un autre contingent : les terroristes d’« outre-gauche », ces Argentins, Allemands, Italiens, Espagnols, planqués à Paris. On les excuse : « contexte politique tendu », « répression franquiste », « fascisme sud-américain ». Résultat : des tueurs et des poseurs de bombes promus intellectuels de salon. La doctrine Mitterrand ira jusqu’à refuser l’extradition des membres des Brigades Rouges.

Pendant ce temps les réseaux islamistes se structurent librement dans les banlieues, à l’ombre du clientélisme local et de la lâcheté républicaine. Le djihad n’est pas encore armé, mais il est déjà structuré.

1990–1997 : Le GIA et le FIS, protégés français

En Algérie, c’est la guerre civile. Le Front Islamique du Salut (FIS) s’apprête à prendre le pouvoir par les urnes, avec un programme théocratique assumé. L’armée algérienne annule les élections. La répression est terrible, mais la France choisit son camp : elle accueille les dirigeants du FIS comme de simples réfugiés politiques. 

Le FIS a même bénéficié en France de relais universitaires et médiatiques puissants. Des tribunes dans Le Monde ont défendu sa légitimité ou dénoncé la répression algérienne. Des intellectuels proches idéologiquement du FIS ont été invités sur France Culture. Mais jamais — officiellement — ses chefs n’ont eu micro ou tribune directe dans ces médias.

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Puis viennent les GIA (Groupes Islamiques Armés). Égorgeurs d’enfants, démembreurs de femmes, bourreaux islamistes dont les communiqués citent Allah avant de mutiler. Des cellules sont actives en France même. Les attentats de 1995, à Paris, dans le métro Saint-Michel, rappellent que l’asile a un prix : le sang des Français.

Les djihadistes français : le retour du monstre

Vient ensuite le djihad version Daesh. Des centaines de Français partent pour la Syrie, brûlent leur passeport, prêtent allégeance à Baghdadi. On les filme en train de décapiter, de violer, d’élever leurs enfants dans la haine des kouffars. Et que fait la France ? Elle les recherche, les rapatrie, les soigne, les écoute.

Le summum : leurs enfants, élevés dans la haine, formés à tuer dès cinq ans, sont « réinsérés » en école maternelle républicaine, avec des accompagnateurs spécialisés.

Les mères, plus radicales que les pères, sont présentées comme des victimes. On les excuse : elles « ne savaient pas », « ont été manipulées ». En réalité, elles formaient la matrice du califat.

Nour Atallah : doctorante en haine génocidaire… mais protégée

Voici maintenant la génération issue de nos universités. Nour Atallah, doctorante en sciences politiques à Lille, admiratrice déclarée d’Hitler, relayant des appels à l’extermination des Juifs, en arabe et en français. Elle ne s’exprime pas dans une cave obscure mais depuis un compte public, dans un français soigné, avec la morgue tranquille de l’impunité.

Face à l’indignation, l’école l’a exclue — mesure rarissime, preuve de la gravité du cas. Mais ensuite ? Que faire ?

Elle n’est ni expulsée, ni inculpée. Parce qu’en France, poser le pied sur le territoire vous transforme en intouchable. Le Conseil d’État, les tribunaux administratifs, la CEDH, le droit à une vie familiale normale, l’interdiction de retour dans un pays « à risques »… Tout est prêt pour empêcher l’expulsion, même quand il s’agit d’un appel au génocide. Ce juridisme absurde, cette obsession procédurale, sont devenus les complices passifs du djihad. On ne peut pas expulser une étudiante salafiste qui encense Hitler, car cela heurterait sa dignité.

Voilà où nous en sommes : la haine est protégée par l’État de droit. Et la France, encore une fois, abrite ceux qui rêvent de la détruire.

Mais le plus grave, c’est peut-être ce que personne n’ose nommer : seul le Hamas est en mesure de délivrer les laissez-passer consulaires aux Gazaouis souhaitant quitter le territoire. Autrement dit, tout Palestinien prétendant à l’asile humanitaire ou politique passe, de fait, sous le filtre du Hamas. Et ce ne sont évidemment pas que les modérés qui seront exfiltrés — ce sont aussi les plus proches de l’appareil idéologique et militaire, les plus sûrs, les plus fanatiques. La France, sous couvert d’urgence humanitaire, s’apprête donc à récupérer aussi ceux que Tsahal traque — pas les victimes, mais les complices. On peut même supposer, sans paranoïa excessive, que des négociations discrètes ont peut-être été engagées entre des représentants du Hamas et la diplomatie française, comme cela s’est déjà fait dans l’histoire avec d’autres groupes islamistes. Résultat : l’asile devient une voie d’exfiltration pour les islamo-terroristes, validée par notre propre administration. À ce stade, la perversion de notre politique d’asile n’est plus une erreur : c’est une reddition organisée.