Racialisme, indigénisme, théorie du genre: notre cauchemar américain


Michel Onfray en « une » de Causeur, c’est quelque chose qu’on n’avait jamais vu. Il était temps ! Huit pages d’entretien avec Elisabeth Lévy justifient cette couv pleine face. Des gilets jaunes aux affaires Matzneff et Griveaux, le plus prolifique de nos penseurs sort la grosse Bertha pour mitrailler ses adversaires. Gauchisme, macronisme, marxisme, libéralisme : les grandes idéologies en prennent pour leur grade. Qu’on partage ou non ses convictions pro-Brexit, antilibérales et proudhoniennes, ses catilinaires du troisième millénaire valent le détour.

Parfaite transition vers notre dossier central « Racialisme, indigénisme, théorie du genre: notre cauchemar américain ». Comme l’observe Elisabeth Lévy, ces dérives sont le fruit d’une génération, c’est-à-dire d’un état d’esprit qui du passé occidental entend faire table rase. Purs produits de l’Occident qu’ils vomissent, nos enfants instruisent inlassablement notre procès. « Que les générations demandent des comptes à leurs aînés, c’est une loi de l’espèce. La nouveauté, c’est que vous ne nous reprochez pas seulement nos bassesses, mais aussi notre grandeur. Pour construire le monde inclusif, vous êtes prêts à détruire tout ce qui rendait la vie légère, selon la belle expression de Mona Ozouf, et que nos prédécesseurs ont mis des siècles à bâtir. Au remplacement des générations, aussi cruel que naturel, vous voulez ajouter un véritable grand-remplacement philosophique et culturel », décrypte notre directrice de la rédaction. De l’apocalypse climatique au racisme, ils nous jugent coupables de tous les maux. Leur monde ultraconnecté combine puritanisme et transparence, lynchage et tyrannie des minorités. Et cette terreur équitable se déploie avant tout dans les facs.

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La journaliste franco-américaine Géraldine Smith, habitant la Caroline du Sud, où la concentration de docteurs au mètre carré bat tous les records mondiaux, confirme cette l’américanisation progressive de nos mœurs et modes de vie. Venus des campus américains, culture de la dénonciation, néoféminisme inquisitorial et règne des minorités fondent sur une France fracturée. L’étudiant à Lyon-2 Eliott Savy relate son expérience dans l’enfer intersectionnel. Acquises à l’idéologie féministe, décoloniale et intersectionnelle, certaines de nos universités deviennent des foyers d’endoctrinement. Au mépris de toute vocation scientifique, enseignants et responsables administratifs y encouragent les pulsions épuratrices de leurs étudiants.

Dans la sphère associative et politique, depuis la fin des années 1980, une partie de la mouvance antiraciste s’est islamisée. De la jonction entre les Frères musulmans et les Indigènes de la République, est né un courant syncrétique rejetant la France. Pierre-François Paoli, co-auteur des Les territoires conquis de l’islamisme, a mené l’enquête. Culture queer oblige, au Royaume-Uni, le débat sur le genre s’est transformé en guerre culturelle. Comme le démontre Douglas Muray, la cause transgenre est instrumentalisée pour attaquer la biologie et le vieux patriarcat moribond sans même épargner les enfants.

Last but not least, Alain Finkielkraut signe un texte magistral sur la mort de la pudeur, cette conquête des temps modernes, que révèlent les affaires Mila et Griveaux.

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Rayon culture, Françoise Bonardel rend hommage au grand George Steiner (1929-2020). Il incarnait l’homme de culture européen. Armé de sa libido sciendi, ce critique littéraire et philologue polyglotte défendait une certaine idée de la grande culture à transmettre aux jeunes générations. Au lendemain des Césars, Anne-Sophie Nogaret s’entremet entre Ladj Ly et Jeanne Balibar. Cette dernière a réalisé Merveilles à Montfermeil avec l’appui logistique de Ladj Ly. Cette ode naïve à la diversité s’est fait éreinter par la critique puis doubler par Les Misérables. Depuis, l’actrice engagée rit jaune…

Sans transition, le grand archiviste des écrivains de droite Jérôme Leroy se souvient d’Alphonse Boudard (1925-2000). Vingt ans après sa mort, La Table ronde réédite deux de ses livres. Ce maître de l’argot a traversé les maquis de la Résistance, le sanatorium et la prison avec la même désinvolture radieuse.

Enfin, Emmanuel Tresmontant s’élève contre les dérapages gastronomiques du Guide Michelin. Des maisons traditionnelles ont perdu leurs étoiles au profit d’une cuisine internationale et aseptisée conforme aux standards d’Instagram. La résistance s’organise, Causeur en tête !

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