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Polémique au CNC: Ultia n’a pas tort

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Le CNC évince Ultia de l’une de ses commissions. Pourtant, la streameuse n’a fait que briser l’omerta en révélant la semaine dernière sur Twitch les mécanismes de « copinage » qui régissent le choix des films ou des créateurs de contenu soutenus financièrement par l’institution.


Des soupçons de favoritisme ? Dans un tweet publié sur X, le Centre national du cinéma (CNC) a annoncé jeudi dernier mettre fin aux fonctions d’Ultia au sein de la Commission du fonds d’aide à la création pour les plateformes sociales. Ultia est une streameuse assez connue sur Internet, c’est-à-dire une personne diffusant des vidéos dans lesquelles elle se filme et donne son avis essentiellement sur les jeux vidéo… Des « métiers » dont on a parfois encore un peu de mal à comprendre l’utilité sociale – mais passons… La décision du CNC vient en réponse à des propos tenus par Ultia dans lesquels elle expliquait à sa communauté que dans sa nouvelle fonction de juré pour la commission destinée à financer des projets, elle ne sera pas très impartiale. Si le projet vient d’un de ses proches : « Bah ouais mec ! Prends la thune du CNC et fais ton projet, je te soutiens, c’est évident, c’est mon ami », mais si le projet vient d’une personne par exemple d’extrême droite : « Désolé ! Bah non, en fait ». Le CNC a précisé dans son communiqué que « ces propos contreviennent manifestement à l’obligation de neutralité, d’indépendance et d’impartialité qui s’impose à tous les membres des commissions appelées à formuler un avis sur l’attribution des soutiens financiers ».

Cinéma d’après-guerre et exception culturelle

Suite aux accords franco-américains dits « Blum-Byrnes » du 28 mai 1946 qui prévoyaient dans un premier temps un nombre limité de films américains pouvant être importés en France pendant une certaine période afin de permettre à l’industrie cinématographique française de se reconstruire après-guerre, mais en contrepartie de quoi il ne fallait aucune restriction à l’importation de ces films nord américains, le CNC a été créé la même année afin de rassurer les professionnels français qui craignaient que passé cette période de contingentement, leur production ne puisse faire face à l’assaut des États-Unis en raison de l’interdiction des mesures restreignant leur importation. La solution fut donc de soutenir le cinéma français pour le protéger avec tout un dispositif d’aides financières. Depuis, la France n’a fait qu’augmenter le poids du CNC avec un soutien financier incomparable dans le monde (au nom de la fameuse et légitime exception culturelle), et a diversifié ce soutien en passant du cinéma dans un premier temps, à l’audiovisuel, aux programmes télévisuels, aux jeux vidéo et donc désormais même aux contenus sur les plateformes comme YouTube et les réseaux sociaux.

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À la différence de la plupart des fonds de soutien, le CNC ne se contente pas d’aides « sélectives », mais propose également (et même majoritairement) des aides « automatiques » basées sur des critères objectifs, le plus souvent le succès commercial, et qui sont sujettes à une fréquente obligation de réinvestissement.

Mauvais genre

On peut comprendre la gêne du CNC vis-à-vis des déclarations intempestives d’Ultia, car cela fait mauvais genre pour une institution publique qui doit toujours défendre son rôle pourtant primordial pour ne pas se voir imposer un imaginaire unique, le plus souvent hollywoodien. Cependant, il serait plus juste d’admettre que les propos de cette streameuse révèlent un défaut intrinsèque des aides sélectives. Marc Fumaroli regrettait lui-même que « le système a en effet soumis scenarii et projets au goût des coteries », mais c’est une subjectivité inévitable dès lors qu’il y a une sélection par un jury, seule la composition pluraliste des commissions d’attribution peut pondérer cet effet pervers du système.

Ainsi, le fait qu’une « personnalité » comme Ultia, affirme avec un peu trop de légèreté et de franchise qu’elle votera pour des projets selon ses opinions, peut choquer de prime abord, alors qu’il s’agit en fait d’un truisme que vient contester la pudeur de gazelle du CNC défendant là bien mal le modèle pourtant vertueux et nécessaire du financement public du cinéma et de l’audiovisuel.

Quand Macron fait sa Marie-Antoinette

Un artiste guadeloupéen a peint le président avec la tête en moins, et la justice a décidé que pareil « talent » méritait une petite explication sérieuse au tribunal. Je n’aime pas la peinture de Blow, mais il ne devrait pas être poursuivi pour une simple croute, estime notre rédactrice en chef dans sa chronique. Nous vous proposons de l’écouter.


Poursuivi par Emmanuel Macron, le peintre Blow a été jugé en Guadeloupe. C’est un tableau ironiquement intitulé Non-lieu qui a conduit Blow, François Moulin à la ville, devant le tribunal correctionnel de Pointe-à-Pitre jeudi dernier. On y voit un homme drapé dans le drapeau guadeloupéen, tenant à bout de bras la tête sanguinolente du chef de l’État. C’est passablement gore. Âmes sensibles, s’abstenir (voir ci-dessous). Il a été présenté dans une exposition sur les ravages du chlordécone, pesticide utilisé aux Antilles jusqu’en 1993, qui aurait, selon Santé publique France, contaminé 90 % de la population.

Blow était jugé avec deux responsables de l’exposition pour provocation à commettre un crime. Si le plaignant avait été moins illustre, sa plainte aurait certainement fini au panier, vu qu’il ne s’est pas constitué partie civile, laissant au parquet le soin de décider des suites. Le président de la République est à l’origine des poursuites, mais n’a pas voulu être partie au procès : c’est petit bras. Du reste, la procureure a fait le service minimum. Tout en estimant que, dans un contexte propice à la violence, il fallait condamner la diffusion du tableau, elle n’a demandé aucune peine.

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L’artiste devrait-il être sanctionné ? Non. Et même pas poursuivi.

Je n’aime pas ce tableau et je n’aime pas les affects robespierristes omniprésents en France. Je suis atterrée par la haine délirante d’une partie des Français envers le président Macron. Je réclamerais une sévérité sans faille pour quiconque attenterait à sa personne. Par ailleurs, je suis fort agacée par le procès en « colonialisme masqué » que Blow fait à la République. Mais personne ne s’en prendra au président à cause de cette œuvre. J’y vois même de la susceptibilité déplacée. Si j’osais, je dirais qu’Emmanuel Macron fait sa Marie-Antoinette. Du reste, ce dernier n’a pas protesté quand on a glorifié l’exécution de la Reine lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques. C’était de l’art ? Alors Blow aussi. On ne punit pas la haine. On ne punit pas les artistes, caricaturistes ou humoristes. On peut les critiquer, les détester. Mais, comme disait De Gaulle à propos de Sartre, « on n’embastille pas Voltaire ». La justice n’est pas un ministère de la Censure. Le jugement est attendu le 21 mai. Le tribunal prononcera peut-être, conformément aux réquisitions, une condamnation symbolique, pour faire plaisir au président. Cela créerait un fâcheux précédent. Si la liberté d’expression garantie par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen a un sens, elle devrait conduire à la relaxe. Je n’aime pas la peinture de Blow, mais je me battrai pour qu’il puisse la montrer.


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Je me suis fait biaiser

L’éditorial d’avril d’Elisabeth Lévy


L’idéologie, c’est les autres. Chacun est convaincu que ses opinions sont le pur produit de sa raison et de l’observation scrupuleuse du réel. Y compris votre servante. La « pensée gramophone », comme disait Orwell, c’est toujours le camp d’en face. Si d’aucuns ont l’outrecuidance de ne pas partager mon récit et mon point de vue, c’est qu’ils se trompent, soit parce qu’ils sont abusés par leurs croyances mensongères, soit parce qu’ils la fabriquent pour servir de funestes desseins – des gogos ou des salauds. Péguy, pardonnez-leur, ils ne voient pas ce qu’ils voient. De plus, nous sommes naturellement enclins à discréditer le message quand le messager nous déplaît. Je crois plus volontiers Bruno Retailleau que Thomas Portes – en l’occurrence, j’ai raison car le gars n’est vraiment pas étouffé par l’honnêteté.

Au lendemain du tabassage à mort de Quentin Deranque par des brutes liées à la Jeune Garde, proxy notoire de LFI, les bons esprits se déchaînent contre la victime – tout en répétant que, même des idées aussi nauséabondes que les siennes ne méritent pas la mort. Comme nombre de mes amis et camarades, je m’étrangle de rage. Salauds de gauchistes, que même la mort atroce d’un jeune homme ne fait pas taire. J’écris alors ceci : « Ses affiliations, réelles ou supposées, surtout supposées, remplacent la jupe trop courte de la fille violée. Le 15 février, le jeune homme est déjà qualifié dans Libération de militant d’extrême droite. Le 16, Le Monde évoque « un étudiant traditionaliste au croisement des chapelles de l’extrême droite radicale ». Le 20, sous la plume de Daniel Schneidermann, il devient un « militant néofasciste ». Le même jour, Ségolène Royal décroche haut la main le pompon de la dégueulasserie en s’indignant que l’Assemblée ait rendu hommage à « un militant présumé néonazi et antisémite ». » Même après l’hommage de Lyon, où les parrains de l’extrême droite française se pavanent en tête de cortège, je reste persuadée que le jeune homme était juste un catho un peu exalté. La preuve : Ségolène Royal et Schneidermann le traitent de facho.

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Je ne pensais pas écrire un jour cette phrase, mais Royal et Schneidermann avaient raison. Et j’avais tort. C’est à cause de mon biais cognitif – ne faites pas les malins vous avez le même. On voit ce qu’on croit. Le 12 mars, je tombe de ma chaise en découvrant l’enquête de Mediapart, qui a déniché des milliers de messages publiés par le jeune homme sur X et sous pseudo à partir du printemps 2023[1]. Intellectuel propre sur lui et catholique engagé à la ville, Quentin Deranque était sur la scène numérique un fasciste assumé, un admirateur goguenard d’Hitler et un raciste de compétition. Petit florilège : « On veut le fascisme » ; « La violence politique est intrinsèque à la politique quand on a un peu de caractère » ; en commentaire d’une vidéo sur l’esclavage intitulée « la chasse aux nègres », il écrit : « Projet 2027 » ; réagissant à une intervention de la survivante des camps nazis Ginette Kolinka : « on en a rien à foutre de ce disque rayé ». Répondant au petit-fils de Simone Veil : « Question : il y a plus d’enfants morts à cause de votre grand-mère ou à cause du camp de Bobrek ? » Un bon petit gars vous dit-on. D’après un de ses amis interrogé par Mediapart, il se nourrissait surtout d’Aristote, saint Thomas d’Aquin, et Patrick Buisson : « le reste ce sont des running gags entre amis ». Même à la fin de soirées très arrosées, je n’ai aucun ami susceptible de faire ce genre de blagues.

L’avocat de la famille Deranque s’indigne qu’on exhume ces informations sans respecter le deuil. Mais on ne peut pas faire de sa mort un événement politique quand ça nous arrange et hurler à l’instrumentalisation ensuite. Quentin Deranque n’a certainement jamais fait de mal à une mouche, même s’il avait démarré un entraînement au combat. Ses idées détestables ne changent rien au fait qu’il a été lynché par des ordures. N’empêche, avec le recul, le spectacle de l’Assemblée nationale recueillie pour une minute de silence est pour le moins embarrassant. Même Panot et ses camarades, légèrement tassés dans leurs fauteuils après avoir essuyé sans broncher accusations et critiques, ont communié dans la gravité. Pour une fois qu’ils se tiennent bien, c’est pas de chance.

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On me dira que, dans le combat idéologique, comme dans la guerre amoureuse, il ne faut jamais avouer, jamais reculer et que, malgré l’article de Mediapart, la mort de ce jeune embarrasse l’extrême gauche. Sauf que les mensonges se tiennent par la barbichette. Nul n’osera plus enquiquiner les Insoumis avec les agissements de la Jeune Garde de peur de se prendre en boomerang les gracieusetés numériques de Gavariou ou PatricienD. Et puis, le mensonge, c’est contagieux. Récemment, plusieurs confrères ont prêté au nouveau maire de Saint-Denis des propos odieux – « Saint-Denis ville des noirs ». C’était plausible, mais là encore, c’était faux. D’ailleurs, tous se sont rétractés, mais Mélenchon aura désormais beau jeu de crier à la calomnie quand on attaquera Bally Bagayoko pour de bonnes raisons – qui ne manqueront pas.

Entre sa mère et la Justice, Camus choisit sa mère parce que la Justice pourrait tuer sa mère. La vérité ne va pas tuer la mienne, alors qu’elle me pardonne mais entre la vérité et ma mère, je choisis la vérité. Je suis peut-être un mauvais soldat dans la guerre des idées, mais je préfère avoir raison avec Mediapart que tort avec CNews. Heureusement, ça n’arrive pas souvent, parce que ça fait mal.


[1] « Quentin Deranque, catholique traditionaliste à la ville et néonazi en ligne », Alexandre Berteau et Marie Turcan, Mediapart, 12 mars 2026.

Bulletin de guerre pragmatique – de l’art de vivre entre deux alertes

Iran: un mois de guerre


Un mois vient de s’écouler depuis le début de la guerre israélo-américaine contre la République islamique d’Iran. Certains l’auront peut-être oublié, mais les semaines avaient été longues, lourdes et pesantes depuis le début du mois de janvier :

« Bon ça y est, l’Iran va enfin nous attaquer ? »

« Là c’est sûr, c’est pour ce Shabbat. »

« Bibi voudra d’abord tondre la pelouse au Liban Sud avant de s’en prendre à l’Iran. »

Toutes ces incertitudes ont été levées le 28 février, avec l’opération supermassive de deux cents avions israéliens, auxquels emboitaient le pas les chasseurs et bombardiers américains, et l’élimination éclair de Khamenei.

La résolution tant attendue nous était livrée dès les premières minutes du conflit. Anticlimactic diraient les anglophones. Le tyran sanguinaire qui avait régné pendant trente-sept ans sur l’Iran, juré d’éradiquer le purulent cancer sioniste qui gangrénait le monde, disparaissait comme un second couteau médiocre dont l’arc narratif aurait été amputé faute de budget.

De façon assez paradoxale, cette disparition prématurée est d’ailleurs probablement une cause de la poursuite volontariste de la guerre par les Iraniens. S’effondrer deux heures après le début des hostilités ? Inconcevable, même si la vieille barbe gît désormais six pieds sous terre.

Depuis lors, la population israélienne est passée par de multiples phases ; excitation, empressement d’en finir, résilience – ce mot est partout depuis un mois -, déception, lassitude, fatigue extrême, langueur, exaspération, voire découragement.

Les bombes continuent de pleuvoir à intervalles irréguliers et souvent, à des heures insupportables. Un léger redoux dans la fréquence de lancement des projectiles mortels avait pu être observé il y a deux semaines, pour que leur ballet reprenne finalement de plus belle.

Les vidéos humoristiques qui avaient fleuri sur Instagram comme des champignons après la pluie dès le lendemain de l’attaque se sont faites plus rares. L’explication du manque d’inspiration devant un quotidien somme toute monotone n’est certes pas à ignorer, mais le moral des uns et des autres est aujourd’hui indéniablement plus maussade.

Toutes les raisons du monde peuvent être légitimement invoquées pour justifier pareil retournement ; Israël est en état de guerre ouverte depuis deux ans et demi. Mais notre situation ici a évolué, et très largement dans la bonne direction.

Si le Hamas n’a pas été éradiqué et continue de vivoter sporadiquement ici et là à Gaza, il est largement maté. Depuis le 26 janvier dernier, plus un seul otage, vivant ou mort, n’est prisonnier de cet enfer. La Syrie d’Assad, alliée de Téhéran, est tombée. Et avec elle le corridor terrestre indispensable qui reliait l’Iran au Liban. Les Libanais ont d’ailleurs repris suffisamment de forces pour expulser l’ambassadeur des mollahs et marquer une opposition, au moins de façade, au Hezbollah. Les Houthis, trop éloignés pour représenter une menace imminente et existentielle, ont perdu nombre de leurs terminaux pétroliers.

C’est aujourd’hui avec la dernière tête de l’hydre qu’Israël en découd. Une situation absolument inconcevable il y a deux ans.

Il suffit donc de dézoomer temporellement pour se ragaillardir. Que signifie finalement un petit mois de lassitude et d’attentes irrésolues ?

En matière de temps long, l’État hébreu dispose dans son histoire d’une banque fourmillante d’épisodes qui permettent à votre serviteur de relativiser infiniment la situation actuelle.

Regardons par exemple la première guerre du Golfe. Après l’invasion du Koweït, Saddam menace de « brûler la moitié d’Israël » (ce qui le rend deux fois moins ambitieux que les mollahs) à l’aide d’armes chimiques. On distribue à tour de bras des masques à gaz à la population. Une chambre étanche doit être aménagée dans tous les foyers du pays. Les Israéliens doivent s’y rendre à chaque alerte, enfiler leurs masques, calfeutrer la porte avec des serpillères imprégnées de Javel pour neutraliser chimiquement le gaz. Et attendre que le temps passe, le caoutchouc détrempé sur le visage et la buée dans les yeux, parfois pendant des heures.

Si la situation actuelle n’est pas une embellie, alors qu’est-ce ?

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Nous vivons une guerre à l’ère des smartphones et de l’intelligence artificielle.

Un missile est lancé depuis l’Iran ? Des satellites le détectent et déclenchent une pré-notification de bombardement au son tout à fait charmant sur votre téléphone. De là, ne vous reste qu’à prendre vos dispositions pendant quelques minutes avant que le projectile zélé n’arrive à portée du pas de votre porte.

Si l’ubérisation des services de restauration relève de l’infamie, celle des livraisons de missiles constitue un don véritablement divin.

« There will be an app for everything » disait Steve Jobs. Cet homme ne pouvait se douter de son degré de prescience.

Et enfin il y a les abris. Ces quelques mètres carrés où se pressent, le temps d’une alerte, des Israéliens de toutes extractions et provenances. C’est là que le conflit réserve ses meilleurs moments de grâce. Des rencontres impromptues, insolites et heureuses.

Vendredi soir, une famille orthodoxe qui, sans préambule ni formalité d’aucune sorte, vous dispense rapidement un petit cours d’histoire juive comme si vous faisiez partie des meubles depuis Mathusalem. La veille, des Argentins fraîchement montés en Israël depuis deux mois à peine, vous invitent après la fin de l’alerte à déguster à l’étage des empanadas dorés tout juste sortis du four., La semaine précédente, des Russes acromégaux, couverts de tatouages jusqu’aux phalanges qui, ayant pris les devants en installant un congélateur dédié dans leur abri, vous font boire de la vodka la plus pure que vous ayez jamais portée à vos lèvres.

Alors certes, la mort rôde, un Israélien de plus a été fauché hier à Tel Aviv par un fragment de missile. Doit-on pour autant sombrer dans la désolation en s’apitoyant sans fin sur notre sort ? Se morfondre, ronger son frein, broyer du noir ? Rien de tout cela n’a jamais propulsé quiconque hors de l’abîme. « Quand je me regarde, je me désole ; quand je me compare, je me console » déclarait Talleyrand.

Au fond, de quoi pourrait-on se plaindre ? Nous avons en Israël un toit, des abris, de multiples couches de défense anti-missiles, une armée qui frappe juste, des alliés qui, pour l’instant, tiennent parole, et des voisins de palier qui vous ouvrent leur table entre deux alertes. D’autres avant nous ont eu infiniment moins de chance et de confort ; et s’en sont plus que bien sortis. S’en souvenir constituera toujours la meilleure parade face aux désagréments passagers.

Nouvelle France et nouvel antiracisme

S’estimant victime de racisme après des propos tenus sur CNews, le maire de Saint-Denis Bally Bagayoko annonce son intention de porter plainte. Il appelle également ses soutiens à participer à un «rassemblement citoyen» contre le racisme, le samedi 4 avril devant l’Hôtel de ville. L’antiracisme se jette désormais sur tout ce qu’il trouve pour monter les Français les uns contre les autres, et empêcher quiconque de critiquer les logiques communautaristes de l’extrème gauche.


Les dernières séquences électorales municipales ont confirmé une mutation silencieuse mais décisive du paysage local : progression significative des listes liées à Jean-Luc Mélenchon et de leurs relais, entrée accrue de conseillers municipaux issus de La France insoumise dans de nombreuses villes, et conquête ou consolidation de positions dans des territoires à forte charge symbolique. À Roubaix, Saint-Denis comme à Vaulx-en-Velin, ces basculements ont été accompagnés de tensions locales, de scènes de rupture politique parfois brutales, et d’une mise à l’écart tout aussi brutale d’anciens édiles issus de la tradition socialiste ou communiste. Ces évolutions s’inscrivent dans un contexte documenté par de nombreuses analyses électorales (ministère de l’Intérieur, études IFOP, IPSOS) soulignant la recomposition du vote urbain et périurbain, la montée des logiques d’appartenance et la fragmentation des référentiels politiques traditionnels. L’antiracisme s’affiche désormais comme une conquête de territoires.

Contrôle des mots

Cette recomposition s’accompagne d’un durcissement du climat médiatique et symbolique. Ainsi, le maire de Saint-Denis a récemment annoncé le dépôt d’une plainte contre CNews pour racisme, à la suite de propos jugés stigmatisants visant sa personne, sa commune et ses habitants. Cet épisode, loin d’être isolé, témoigne d’une judiciarisation croissante du débat public, où la qualification morale — et désormais pénale — tend à se substituer à la confrontation politique. Il révèle aussi une transformation plus profonde : l’antiracisme ne se contente plus d’être une valeur proclamée, il devient un instrument de régulation du discours, une ligne de front dans la lutte pour le contrôle du récit légitime.

Autre moment : la scène est revenue comme une parole qu’on n’avait pas voulu entendre. Lors d’une table ronde organisée par Nous Toutes 93, en marge de la Fête de l’Humanité qui s’est tenue du 12 au 14 septembre, la députée LFI Danièle Obono a livré un constat sans fard. La Fête de l’Huma, dit-elle, demeure « la fête de la gauche blanche », hier comme aujourd’hui. Elle aurait pu, ajoute-t-elle, tenir les mêmes mots à propos des amphis universitaires ou de La France insoumise elle-même. Une image qui lui fait honte, précise-t-elle, parce que c’est celle que renvoie la gauche à des millions de personnes.

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À ses côtés, Sarah Bennani, présidente de l’association Jeunesse Populaire, venue pour la première fois à la Fête, renchérit. Elle dit n’avoir « jamais vu plus blanc que blanc », évoque un cochon rôti au petit matin, scène qu’elle juge incompatible avec ce qu’elle nomme une « écologie décoloniale ».

Ainsi se dit, sans détour, un antiracisme qui retourne son accusation vers son propre camp et expose la gauche à sa propre disgrâce.

Dogme et excommunications

L’antiracisme affiché de la France insoumise, mais aussi celui de certains plateaux télé, des associations subventionnées et parfois même des communiqués ministériels, n’a plus rien à voir avec ce sentiment élémentaire d’humanité qui consiste à reconnaître en l’autre un semblable. Il est devenu un rite, une liturgie laïque, avec ses prêtres, ses dogmes, ses excommunications. On ne le pratique plus pour défendre la dignité humaine, mais pour imposer un récit unique, dans lequel l’Occident – et la France au premier chef – doit se confesser à perpétuité, à genoux devant ses fautes réelles ou supposées. Ce n’est plus un idéal moral, mais une arme idéologique.

Pendant ce temps, loin des slogans et des marches blanches, la France réelle – celle des petites villes, des bourgs, des banlieues périphériques – vit une autre expérience : celle d’un quotidien de plus en plus traversé par une tension sourde. Les mêmes Français qui ne manifestent pas, qui ne prennent pas la parole sur les réseaux sociaux, constatent pourtant que certaines violences, certaines arrogances, certaines formes de mépris viennent presque toujours des mêmes milieux. Ils le voient, ils le subissent, mais ils savent qu’ils n’ont pas le droit de le dire. Leur parole, si elle s’échappe, est aussitôt condamnée comme raciste, et leur simple inquiétude devient une faute morale. Alors ils se taisent, ravalent leur colère, et cette colère s’infiltre, se concentre, se durcit.

Le malentendu fondateur

On nous répète que cette exaspération est « du racisme », comme s’il suffisait d’un mot pour épuiser le problème. Mais ce n’est pas du racisme au sens biologique et brutal du XIXᵉ siècle. C’est autre chose : une lassitude civilisationnelle, un refus d’assister passivement à la transformation de son pays en un espace étranger à ses mœurs, à ses lois, à sa politesse, à ses hiérarchies implicites. Ce rejet, on ne veut pas l’entendre, parce qu’il met en cause non pas seulement des individus, mais des modes de vie entiers – et que le politiquement correct interdit d’interroger ces modes de vie autrement qu’en termes victimaire et compassionnel.

L’antiracisme doctrinal nie que ce malaise ait une cause objective. Il préfère y voir un fantasme, un délire entretenu par l’extrême droite, oubliant commodément que ce sont souvent les mêmes catégories sociales – policiers, gendarmes, pompiers, enseignants, chauffeurs, infirmières – qui, au quotidien, sont en première ligne, et qui constatent cette dégradation sans qu’aucune campagne officielle ne les protège.

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Ce qui se joue aujourd’hui ressemble à la préparation invisible d’une déflagration. Les tensions s’accumulent comme la poudre dans un grenier fermé. L’Histoire, si prompte à punir les peuples qui refusent de voir ce qui s’amasse sous leurs yeux, nous a déjà donné mille exemples : l’aveuglement des élites précède toujours la catastrophe. Nous en sommes là. Les uns parlent d’« enrichissement culturel » quand les autres parlent de « zones de non-droit ». Les mots ne se rejoignent plus. La fracture est là : linguistique, morale, et bientôt physique.

Et pourtant, au milieu de ce fracas à peine audible, il existe des voix musulmanes ou africaines qui rejettent ces dérives, qui savent que la violence de quelques-uns salit l’ensemble. Mais ces voix ne trouvent pas d’espace. Elles ne font pas partie de la dramaturgie médiatique, car elles dérangent le récit manichéen. Dans un monde normal, on les soutiendrait, on les amplifierait ; dans le nôtre, on les ignore ou on les soupçonne de « trahison ».

Les nouveaux clercs

À cette France réelle, on oppose une intelligentsia qui recycle les vieilles lunes tiers-mondistes et postcoloniales. Les indigénistes, les racialistes, les antisionistes radicaux se posent en gardiens de la morale universelle, mais leur morale n’est qu’une haine codée : haine de l’Occident, haine de la République, haine de l’État-nation. Ils ont inventé un antiracisme qui sélectionne ses victimes et ses coupables selon des critères ethniques et géopolitiques. Ils sont les nouveaux clercs d’un totalitarisme intellectuel qui prétend réécrire l’Histoire – ou plutôt l’effacer – pour imposer un éternel présent de repentance et de culpabilité.

George Orwell l’avait vu : les mots seraient vidés de leur sens, retournés contre eux-mêmes. « Antiracisme » signifierait un jour « racisme à l’envers » ; « antifascisme » désignerait un fascisme purgé de ses chemises brunes, mais pas de sa violence inquisitoriale. Ce jour est venu.

Nous n’avons plus des décennies devant nous. La France n’est pas condamnée par un destin aveugle : elle est condamnée par son propre renoncement. L’antiracisme qui s’exhibe partout n’est plus la défense d’une fraternité nationale, mais la matrice d’une sécession culturelle. Il ne s’agit plus seulement de combattre les idéologies qui nous fracturent : il faut se donner le courage de nommer les faits, de restaurer la souveraineté de l’État, de cesser de traiter le réel comme une opinion.

Ce combat n’aura rien d’aimable. Il faudra briser des tabous, affronter la haine des cliques universitaires, des médias subventionnés, des faux poètes de l’humanité. Mais c’est cela ou disparaître. Ceux qui ne veulent pas le voir sont déjà complices. Ceux qui se taisent par prudence sont déjà vaincus.

L’histoire jugera, comme elle l’a toujours fait, et les coupables ne seront pas seulement ceux qui auront incendié la maison, mais aussi ceux qui, la voyant brûler, auront continué à psalmodier des litanies sur « le vivre-ensemble » en se bouchant les yeux.

«Afanador»: un spectaculaire album sur papier glacé


Des danseurs magnifiques, hardis comme des pur sang, les jeunes femmes plus encore peut-être que les jeunes hommes ; une énergie qui jaillit comme une source d’eau brûlante ; un groupe de près de quarante danseurs qui constituent les éléments soudés, indissociables, d’architectures extrêmement élaborées : avec les artistes du Ballet national d’Espagne (Ballet nacional de Espana) établi à Madrid, Marcos Morau, fondateur de la compagnie La Veronal, secondé par quatre congénères, et auteur d’ Afanador, donne à voir un spectacle d’une rare complexité.

Corps virtuoses

Une mise en scène plutôt qu’une chorégraphie d’ailleurs, et qui expose des corps virtuoses s’imbriquant dans des ensembles diablement construits, des agencements qui font songer aux méandres tortueux des arabesques des palais de l’Andalousie. Avec des effets dramatiques impressionnants magnifiés par les superbes éclairages de Bernat Jansa.

Afanador – Ballet Nacional de España © Merche Burgos

Noir, le surprenant élément de décor agressivement hérissé de chaises, de fourches, d’étrangeté imaginé par Max Glaenzel et qui apparaît à la fin d’Afanador ; noirs les superbes costumes de Sylvia Delagneau dessinés avec art ; noir le plateau dépouillé à l’extrême. Dans cette débauche de lumineuses ténèbres surgit toute l’Espagne d’antan : les femmes aux stricts bandeaux de cheveux sombres, les robes à queue qu’on rabat d’un pied rageur, les éventails, les châles de Manille, les voiles où s’ensevelissaient les veuves de jadis, les guitares, les castagnettes, le zapateado, le chant andalou… A l’exception de deux d’entre eux, tous les interprètes sont espagnols. Et cela se perçoit immédiatement au port altier, au zapateado ravageur des unes ; à la pureté des lignes, à la fierté des regards des autres.

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Si le début d’Afanador est un peu laborieux, et même quelconque, l’ouvrage prend vite une autre dimension. C’est un morceau de bravoure pour les interprètes, une machine fascinante dont les mécanismes parfaitement, savamment réglés imposent le respect, sinon l’admiration.

Catalogue

Et pourtant ! Et pourtant ! A ces tableaux qui se succèdent dans un ordre impeccable, à ces ensembles propres à émerveiller, à cette esthétique voulue parfaite, il manque l’essentiel : une âme, un souffle, une profondeur. Bref, une légitimité. Si en castillan le mot est plus claquant que sa fade traduction française, ventilateur, Afanador n’est qu’une succession, qu’un catalogue d’images accomplies éditées sur papier glacé, mais semblant dépouillées de raison d’être. Comme un texte brillant qui ne serait constitué que de formules élégamment tournées, mais fâcheusement dépourvues de sens.


Ballet national d’Espagne. Afanador Théâtre du Châtelet. Jusqu’au 2 avril 2026

Hosanna dans la ville sécularisée

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Ce dimanche 29 mars 2026, les églises de Paris affichaient complet pour le dimanche des Rameaux. Au lendemain de la visite du pape Léon XIV à Monaco, ce regain de ferveur coïncide avec un record historique: plus de 21 000 catéchumènes seront baptisés à Pâques en France cette année.


Hier, dimanche des Rameaux, les paroisses parisiennes ont connu une affluence remarquable. Processions bondées, messes complètes à Notre-Dame, au Sacré-Cœur, à Saint-Sulpice et dans de nombreuses églises de quartier : familles, jeunes et fidèles de tous âges ont repris le cri ancien « Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! »

Un signe discret, mais puissant, qui montre que la France n’a pas dit son dernier mot spirituel…

Le Père Rolland, vicaire de Notre-Dame d’Auteuil de Paris témoigne de cette évolution : « La fréquentation des églises à Paris, tout en étant incomparablement au-dessus de ce qu’on peut voir à la campagne, a connu les fluctuations de la société civile, avec la crise du Covid. Après le premier confinement les gens ont été heureux de revenir à la messe. Après le deuxième confinement, ils ont eu, pour certains, du mal à revenir. Mais depuis, nous voyons chaque année une augmentation et nous avons presque retrouvé le niveau d’avant la crise sanitaire. Le fait nouveau, depuis trois ans, est l’afflux considérable de catéchumènes qui choisissent la foi comme une réponse structurante au vide qu’offre la société. Et là, les nombres sont impressionnants : 400% en 10 ans. Et ça ne fait que continuer. »

Ces paroles trouvent un écho national dans les chiffres publiés la semaine dernière par la Conférence des évêques de France : 21 386 catéchumènes, dont 13 234 adultes et 8 152 adolescents, recevront le baptême lors de la Vigile pascale 2026. Un record. Les baptêmes d’adultes progressent de 28 % en un an et ont plus que triplé en dix ans. Rien qu’à Paris, 788 adultes sont ainsi en chemin vers le baptême.

Au lendemain de la visite apostolique du pape Léon XIV à Monaco, où une foule enthousiaste s’est rassemblée autour du Souverain Pontife, ces éléments dessinent un même mouvement : en Europe occidentale, le catholicisme conserve une capacité d’attraction réelle, particulièrement auprès des jeunes en quête de sens.

Le catholicisme français bouge encore

Dans une capitale qui se veut souvent à l’avant-garde de la laïcité militante, ces églises pleines et ces milliers de catéchumènes disent une réalité plus nuancée que le récit dominant. L’homme contemporain, confronté au vide spirituel, à l’angoisse existentielle et à la fragmentation sociale, semble redécouvrir dans la tradition chrétienne – sa liturgie, sa beauté, sa communauté enracinée – une réponse que ni la consommation ni les idéologies contemporaines ne parviennent à apporter.

Ce dimanche des Rameaux n’était pas une manifestation politique, mais un acte collectif de foi et d’espérance. Il rappelle que le catholicisme français, loin d’être relégué au folklore, garde une force de résilience et d’attraction. Hosanna : ce cri ancien résonne encore aujourd’hui, et il dit peut-être que la France n’a pas totalement rompu avec ce qui l’a façonnée pendant des siècles.

Retailleau – Lisnard: quel gâchis!

En désaccord avec le processus de désignation du candidat LR à la présidentielle, le libéral David Lisnard est sur le départ. Notre chroniqueur estime que la décision du maire de Cannes fragilise davantage un parti déjà divisé à l’approche de la présidentielle, alors même que son unité serait essentielle.


David Lisnard a l’intention de rencontrer Bruno Retailleau, président du parti Les Républicains, pour lui annoncer son départ. Je crains que cet entretien ait bien lieu et qu’il aboutisse à cette séparation. Au regard de l’état du parti, de l’échéance présidentielle qui approche et de l’arbitrage à venir sur les modalités de désignation de son candidat, on ne peut que regretter la volonté exprimée par M. Lisnard de s’éloigner pour ne compter que sur sa seule Nouvelle Énergie. Comme si Bruno Retailleau n’avait plus besoin de lui pour faire face à un certain nombre d’aléas menaçant sa présidence, et que David Lisnard pouvait se permettre de se désengager de manière prématurée.

Une primaire sinon rien !

Récapitulons : Laurent Wauquiez n’a qu’une envie : créer le plus de nuisances possible pour empêcher le président du parti de mener à bien son entreprise de rénovation (qui semble tarder). Xavier Bertrand et Michel Barnier, dans des registres différents, apparaissent davantage comme des freins que comme des soutiens. Le premier ne participera plus à la moindre primaire et cherche en permanence à se distinguer par ses leçons de morale à l’encontre du Rassemblement national, comme s’il existait aujourd’hui le moindre risque de rapprochement entre LR et le RN ! Le second, fort d’une expérience dont il abuse, proposerait, si on le laissait faire, à l’instar de Gérard Larcher, un projet mou où le centre viendrait attiédir ce que la droite devrait avoir de ferme. On aurait donc tout sauf une droite de rupture, exigence pourtant partagée par Bruno Retailleau et David Lisnard. Les conseils prodigués par Valérie Pécresse suscitent des doutes quant à leur pertinence, au regard de sa campagne présidentielle catastrophique et du résultat obtenu. Dans ces conditions, comment David Lisnard a-t-il pu, même si l’on comprend son souci d’équité dans la joute présidentielle, envisager de quitter ce parti, qui a autant besoin de lui que de son président ?

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Car les critiques que David Lisnard a formulées à propos de certains votes et stratégies parlementaires de LR relèvent davantage de l’influence de Laurent Wauquiez sur le groupe que de celle de Bruno Retailleau lui-même, à qui l’on a, au contraire, pu reprocher un manque de fermeté sur ce plan. Que David Lisnard souhaite une primaire élargie jusqu’à Sarah Knafo, pourquoi pas ? C’est une option qu’il aurait dû défendre au sein du parti. Il aurait sans doute perdu, mais avec, à l’évidence, plus de vigueur et de force d’influence qu’en s’appuyant sur sa seule Nouvelle Énergie. Imaginons même que les décisions prises lors du bureau politique de LR conduisent, le moment venu, à la désignation de Bruno Retailleau par les militants : il me semble que David Lisnard aurait été trop soucieux de l’intérêt national et de l’avenir de la France pour ne pas être capable d’accepter cette issue politique, qui n’aurait d’ailleurs pas été contradictoire avec l’importance du rôle qu’il pourrait être amené à jouer.

Gâchis

Pourtant, on n’en est plus là. David Lisnard quittera le parti. Il aura ses soutiens, ses fidèles, ses adhérents à Nouvelle Énergie. Il abandonnera Retailleau. Il convaincra ceux qu’il a déjà convaincus. Il aura fait preuve d’une résolution soudaine, tranchant avec la sérénité du temps long qu’on lui prêtait. J’espère que l’image qu’il se fait de Bruno Retailleau sera la bonne : celle d’un homme, d’un président de parti prêt à tout pour être à la hauteur du destin que beaucoup lui assignent. Pour 2027 et pour la droite de demain. Sinon, ce serait un gâchis.

Les écouteurs rendent gay

En se basant sur une mauvaise interprétation d’une étude scientifique, un influenceur malaisien avance qu’à cause de substances chimiques qu’ils contiendraient, les écouteurs provoqueraient une « féminisation des mâles ». Si elle a suscité de nombreuses moqueries, la thèse a fait des millions de vues sur les réseaux sociaux.


Il y a des mythes qui refusent obstinément de disparaître, comme celui qui veut que l’homosexualité ait une cause identifiable. L’un des épisodes les plus célèbres de ce gaylire reste celui du conspirationniste Alex Jones, propriétaire du lucratif site InfoWars, qui affirmait que des produits chimiques répandus dans l’eau rendaient les grenouilles gays. La séquence, devenue culte, a depuis largement dépassé son cadre initial pour entrer dans la culture des mèmes.

Récemment, en Malaisie, Zulkifli Hassan a suscité la polémique et provoqué des moqueries en affirmant devant le Parlement que le stress au travail pouvait conduire certains individus à « s’impliquer dans la communauté LGBT » sans que ce ministre malaisien des Affaires religieuses puisse y apporter la moindre réalité scientifique.

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Déjà en 1994, l’évocation d’une hypothétique « bombe gay », arme chimique aphrodisiaque destinée à désorganiser les armées ennemies en les rendant homosexuelles, avait nourri fantasmes et inquiétudes parmi les Américains qui se gargarisent encore de ces théories sur les réseaux sociaux. Comble de l’ironie, certains sont aussi persuadés que ces derniers « influenceraient » l’orientation sexuelle de leurs utilisateurs. Des postulats que l’on retrouve notamment au sein de de la galaxie de la droite américaine. 

Dernier épisode en date : les écouteurs qui pourraient, eux aussi, « rendre gay ». Une sortie signée de l’influenceur Ian Miles Cheong qui est venue, fin février, enrichir cette étonnante galerie d’affirmations farfelues. Ce Malaisien proche de la mouvance MAGA et résidant à Dubaï, cite une étude néerlandaise qui confirme la présence dans différents modèles d’écouteurs de substances chimiques, dont des perturbateurs endocriniens. Sur cette base, Cheong prétend que les écouteurs pourraient « féminiser » les hommes et ainsi modifier leur orientation sexuelle. Le rapport lui-même ne parle absolument pas de ces effets. Pour beaucoup d’internautes, de tels mythes remplissent une fonction, en simplifiant des transformations sociétales complexes et en désignant des responsables identifiables : l’État, les élites, les grandes entreprises.

Biennale de Venise, Grand Palais… en finir avec le financement de l’art militant d’ultra gauche

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Yto Barrada, présentée par les médias comme une artiste «iconoclaste», a été choisie pour représenter la France à la Biennale de Venise malgré son militantisme politique et son soutien au boycott d’artistes israéliens. Nan Goldin, photographe talentueuse et également «engagée», s’est illustrée ces derniers mois par des prises de position excessives sur le conflit à Gaza. Sa grande exposition au Grand Palais peut être perçue comme une caution institutionnelle apportée à ces opinions controversées. Selon l’auteur de cette tribune, les institutions culturelles françaises ont de toute façon toujours une fâcheuse tendance à soutenir, avec nos impôts, des engagements militants contestables.


La France vient d’annoncer l’invitation de l’artiste franco-marocaine Yto Barrada pour représenter le pavillon français à la Biennale de Venise. Un choix qui ne manquera pas de susciter la polémique, tant les prises de position de cette artiste sur le conflit israélo-palestinien sont connues pour leur radicalité. Car Yto Barrada ne s’est pas contentée d’exprimer une solidarité humanitaire bien naturelle avec les victimes civiles à Gaza, elle a activement soutenu des appels au boycott et à l’exclusion des artistes israéliens des grandes manifestations culturelles internationales. Financer sa participation avec l’argent du contribuable français revient donc à estampiller du sceau de la République française une démarche qui consiste à vouer aux gémonies des créateurs en raison de leur seule nationalité.

Art militant: une exposition permanente

Loin d’être un accident de casting, le financement de la propagande de gauche radicale est une tendance lourde assumée par le ministère de la Culture et le Quai d’Orsay. Ce n’est pas la première fois que la France choisit, pour la Biennale de Venise ou pour la Villa Médicis (cette prestigieuse institution culturelle romaine entièrement financée par le contribuable français), des artistes ou des pensionnaires dont les engagements militants woke s’apparentent à de la discrimination ethnique déguisée en conscience politique. Lorsque des institutions publiques sélectionnent systématiquement des profils ayant pris position en faveur de l’exclusion d’artistes israéliens (et autres obsessions gauchistes à la mode), on ne peut parler de hasard. On parle de complaisance idéologique.

Dans un État de droit, il est proprement inadmissible que l’argent public serve à financer des positions qui, appliquées à n’importe quelle autre nationalité, seraient à juste titre qualifiées de discrimination.

Jean-Noël Barrot et le ministère de la Culture ont une responsabilité

La responsabilité politique est claire. Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, comme le ministère de la Culture, ne peuvent ignorer les engagements publics des artistes qu’ils sélectionnent et financent. Valider institutionnellement des artistes ayant explicitement soutenu le boycott d’Israël, c’est envoyer un signal diplomatique grave : il s’agit de cautionner, de fait, au nom de la « liberté d’expression » (sic), une forme de discrimination que la France condamne pourtant en principe. Cette indignité ne concerne pas seulement le monde de l’art : elle touche à la cohérence morale et juridique de la République.

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Le Grand Palais et Nan Goldin: la caution artistique du militantisme

La grande rétrospective consacrée à Nan Goldin au Grand Palais soulève les mêmes questions. La photographe américaine, dont le talent est indéniable, est également l’une des signataires les plus actives d’appels assimilant les opérations militaires israéliennes à Gaza à un « génocide ». Une affirmation grotesque, que les instances juridiques internationales n’ont pas établie, et que de nombreux historiens et juristes contestent fermement. Offrir à cette artiste l’écrin du Grand Palais financé par l’État, c’est conférer une légitimité institutionnelle à une fake news. L’art a toujours été politique, certes. Mais l’argent public n’a pas vocation à soutenir des propos mensongers, qui mettent une cible dans le dos de nos compatriotes juifs. C’est une guerre qui s’est déroulée à Gaza, pas un génocide. Une guerre démarrée avec le pogrom du 7-Octobre, perpétré par les terroristes antisémites palestiniens du Hamas. Une réalité qui n’intéresse pas Nan Goldin, pas plus que ceux qui financent son exposition. 

Le wokisme institutionnel, financé par le contribuable

L’affaire dépasse d’ailleurs le seul champ des arts plastiques. Le scandale du CNC (Centre National du Cinéma), qui a massivement subventionné des streameurs d’ultra-gauche via des fonds destinés à la création audiovisuelle, illustre un phénomène plus large : la capture progressive des institutions culturelles publiques par une idéologie militante[1]. Le contribuable français, dans toute sa diversité politique, se retrouve ainsi à financer des influenceurs, journalistes et artistes qui épousent une vision du monde d’ultra gauche radicale, particulièrement hostile aux valeurs républicaines les plus élémentaires et non négociables.

La question n’est pas d’interdire quoi que ce soit. Les artistes sont libres de leurs opinions, aussi radicales soient-elles.

La question est de savoir si l’État doit les financer, les célébrer et les promouvoir en son nom. Et la réponse, dans une démocratie, devrait aller de soi. JAMAIS. En finir avec ces pratiques, comme avec la politisation de l’audiovisuel public, est une priorité politique.


[1] Le site de Causeur reviendra rapidement sur cette autre affaire NDLR.

Polémique au CNC: Ultia n’a pas tort

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Capture d'écran de la chaîne YouTube de la vidéaste "Ultia". DR.

Le CNC évince Ultia de l’une de ses commissions. Pourtant, la streameuse n’a fait que briser l’omerta en révélant la semaine dernière sur Twitch les mécanismes de « copinage » qui régissent le choix des films ou des créateurs de contenu soutenus financièrement par l’institution.


Des soupçons de favoritisme ? Dans un tweet publié sur X, le Centre national du cinéma (CNC) a annoncé jeudi dernier mettre fin aux fonctions d’Ultia au sein de la Commission du fonds d’aide à la création pour les plateformes sociales. Ultia est une streameuse assez connue sur Internet, c’est-à-dire une personne diffusant des vidéos dans lesquelles elle se filme et donne son avis essentiellement sur les jeux vidéo… Des « métiers » dont on a parfois encore un peu de mal à comprendre l’utilité sociale – mais passons… La décision du CNC vient en réponse à des propos tenus par Ultia dans lesquels elle expliquait à sa communauté que dans sa nouvelle fonction de juré pour la commission destinée à financer des projets, elle ne sera pas très impartiale. Si le projet vient d’un de ses proches : « Bah ouais mec ! Prends la thune du CNC et fais ton projet, je te soutiens, c’est évident, c’est mon ami », mais si le projet vient d’une personne par exemple d’extrême droite : « Désolé ! Bah non, en fait ». Le CNC a précisé dans son communiqué que « ces propos contreviennent manifestement à l’obligation de neutralité, d’indépendance et d’impartialité qui s’impose à tous les membres des commissions appelées à formuler un avis sur l’attribution des soutiens financiers ».

Cinéma d’après-guerre et exception culturelle

Suite aux accords franco-américains dits « Blum-Byrnes » du 28 mai 1946 qui prévoyaient dans un premier temps un nombre limité de films américains pouvant être importés en France pendant une certaine période afin de permettre à l’industrie cinématographique française de se reconstruire après-guerre, mais en contrepartie de quoi il ne fallait aucune restriction à l’importation de ces films nord américains, le CNC a été créé la même année afin de rassurer les professionnels français qui craignaient que passé cette période de contingentement, leur production ne puisse faire face à l’assaut des États-Unis en raison de l’interdiction des mesures restreignant leur importation. La solution fut donc de soutenir le cinéma français pour le protéger avec tout un dispositif d’aides financières. Depuis, la France n’a fait qu’augmenter le poids du CNC avec un soutien financier incomparable dans le monde (au nom de la fameuse et légitime exception culturelle), et a diversifié ce soutien en passant du cinéma dans un premier temps, à l’audiovisuel, aux programmes télévisuels, aux jeux vidéo et donc désormais même aux contenus sur les plateformes comme YouTube et les réseaux sociaux.

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À la différence de la plupart des fonds de soutien, le CNC ne se contente pas d’aides « sélectives », mais propose également (et même majoritairement) des aides « automatiques » basées sur des critères objectifs, le plus souvent le succès commercial, et qui sont sujettes à une fréquente obligation de réinvestissement.

Mauvais genre

On peut comprendre la gêne du CNC vis-à-vis des déclarations intempestives d’Ultia, car cela fait mauvais genre pour une institution publique qui doit toujours défendre son rôle pourtant primordial pour ne pas se voir imposer un imaginaire unique, le plus souvent hollywoodien. Cependant, il serait plus juste d’admettre que les propos de cette streameuse révèlent un défaut intrinsèque des aides sélectives. Marc Fumaroli regrettait lui-même que « le système a en effet soumis scenarii et projets au goût des coteries », mais c’est une subjectivité inévitable dès lors qu’il y a une sélection par un jury, seule la composition pluraliste des commissions d’attribution peut pondérer cet effet pervers du système.

Ainsi, le fait qu’une « personnalité » comme Ultia, affirme avec un peu trop de légèreté et de franchise qu’elle votera pour des projets selon ses opinions, peut choquer de prime abord, alors qu’il s’agit en fait d’un truisme que vient contester la pudeur de gazelle du CNC défendant là bien mal le modèle pourtant vertueux et nécessaire du financement public du cinéma et de l’audiovisuel.

Quand Macron fait sa Marie-Antoinette

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Paris, 26 mars 2026 © Eric TSCAHEN / POOL/SIPA

Un artiste guadeloupéen a peint le président avec la tête en moins, et la justice a décidé que pareil « talent » méritait une petite explication sérieuse au tribunal. Je n’aime pas la peinture de Blow, mais il ne devrait pas être poursuivi pour une simple croute, estime notre rédactrice en chef dans sa chronique. Nous vous proposons de l’écouter.


Poursuivi par Emmanuel Macron, le peintre Blow a été jugé en Guadeloupe. C’est un tableau ironiquement intitulé Non-lieu qui a conduit Blow, François Moulin à la ville, devant le tribunal correctionnel de Pointe-à-Pitre jeudi dernier. On y voit un homme drapé dans le drapeau guadeloupéen, tenant à bout de bras la tête sanguinolente du chef de l’État. C’est passablement gore. Âmes sensibles, s’abstenir (voir ci-dessous). Il a été présenté dans une exposition sur les ravages du chlordécone, pesticide utilisé aux Antilles jusqu’en 1993, qui aurait, selon Santé publique France, contaminé 90 % de la population.

Blow était jugé avec deux responsables de l’exposition pour provocation à commettre un crime. Si le plaignant avait été moins illustre, sa plainte aurait certainement fini au panier, vu qu’il ne s’est pas constitué partie civile, laissant au parquet le soin de décider des suites. Le président de la République est à l’origine des poursuites, mais n’a pas voulu être partie au procès : c’est petit bras. Du reste, la procureure a fait le service minimum. Tout en estimant que, dans un contexte propice à la violence, il fallait condamner la diffusion du tableau, elle n’a demandé aucune peine.

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L’artiste devrait-il être sanctionné ? Non. Et même pas poursuivi.

Je n’aime pas ce tableau et je n’aime pas les affects robespierristes omniprésents en France. Je suis atterrée par la haine délirante d’une partie des Français envers le président Macron. Je réclamerais une sévérité sans faille pour quiconque attenterait à sa personne. Par ailleurs, je suis fort agacée par le procès en « colonialisme masqué » que Blow fait à la République. Mais personne ne s’en prendra au président à cause de cette œuvre. J’y vois même de la susceptibilité déplacée. Si j’osais, je dirais qu’Emmanuel Macron fait sa Marie-Antoinette. Du reste, ce dernier n’a pas protesté quand on a glorifié l’exécution de la Reine lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques. C’était de l’art ? Alors Blow aussi. On ne punit pas la haine. On ne punit pas les artistes, caricaturistes ou humoristes. On peut les critiquer, les détester. Mais, comme disait De Gaulle à propos de Sartre, « on n’embastille pas Voltaire ». La justice n’est pas un ministère de la Censure. Le jugement est attendu le 21 mai. Le tribunal prononcera peut-être, conformément aux réquisitions, une condamnation symbolique, pour faire plaisir au président. Cela créerait un fâcheux précédent. Si la liberté d’expression garantie par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen a un sens, elle devrait conduire à la relaxe. Je n’aime pas la peinture de Blow, mais je me battrai pour qu’il puisse la montrer.


Retrouvez Elisabeth Lévy dans la matinale de Sud Radio

Je me suis fait biaiser

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La journaliste Elisabeth Lévy © Pierre Olivier

L’éditorial d’avril d’Elisabeth Lévy


L’idéologie, c’est les autres. Chacun est convaincu que ses opinions sont le pur produit de sa raison et de l’observation scrupuleuse du réel. Y compris votre servante. La « pensée gramophone », comme disait Orwell, c’est toujours le camp d’en face. Si d’aucuns ont l’outrecuidance de ne pas partager mon récit et mon point de vue, c’est qu’ils se trompent, soit parce qu’ils sont abusés par leurs croyances mensongères, soit parce qu’ils la fabriquent pour servir de funestes desseins – des gogos ou des salauds. Péguy, pardonnez-leur, ils ne voient pas ce qu’ils voient. De plus, nous sommes naturellement enclins à discréditer le message quand le messager nous déplaît. Je crois plus volontiers Bruno Retailleau que Thomas Portes – en l’occurrence, j’ai raison car le gars n’est vraiment pas étouffé par l’honnêteté.

Au lendemain du tabassage à mort de Quentin Deranque par des brutes liées à la Jeune Garde, proxy notoire de LFI, les bons esprits se déchaînent contre la victime – tout en répétant que, même des idées aussi nauséabondes que les siennes ne méritent pas la mort. Comme nombre de mes amis et camarades, je m’étrangle de rage. Salauds de gauchistes, que même la mort atroce d’un jeune homme ne fait pas taire. J’écris alors ceci : « Ses affiliations, réelles ou supposées, surtout supposées, remplacent la jupe trop courte de la fille violée. Le 15 février, le jeune homme est déjà qualifié dans Libération de militant d’extrême droite. Le 16, Le Monde évoque « un étudiant traditionaliste au croisement des chapelles de l’extrême droite radicale ». Le 20, sous la plume de Daniel Schneidermann, il devient un « militant néofasciste ». Le même jour, Ségolène Royal décroche haut la main le pompon de la dégueulasserie en s’indignant que l’Assemblée ait rendu hommage à « un militant présumé néonazi et antisémite ». » Même après l’hommage de Lyon, où les parrains de l’extrême droite française se pavanent en tête de cortège, je reste persuadée que le jeune homme était juste un catho un peu exalté. La preuve : Ségolène Royal et Schneidermann le traitent de facho.

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Je ne pensais pas écrire un jour cette phrase, mais Royal et Schneidermann avaient raison. Et j’avais tort. C’est à cause de mon biais cognitif – ne faites pas les malins vous avez le même. On voit ce qu’on croit. Le 12 mars, je tombe de ma chaise en découvrant l’enquête de Mediapart, qui a déniché des milliers de messages publiés par le jeune homme sur X et sous pseudo à partir du printemps 2023[1]. Intellectuel propre sur lui et catholique engagé à la ville, Quentin Deranque était sur la scène numérique un fasciste assumé, un admirateur goguenard d’Hitler et un raciste de compétition. Petit florilège : « On veut le fascisme » ; « La violence politique est intrinsèque à la politique quand on a un peu de caractère » ; en commentaire d’une vidéo sur l’esclavage intitulée « la chasse aux nègres », il écrit : « Projet 2027 » ; réagissant à une intervention de la survivante des camps nazis Ginette Kolinka : « on en a rien à foutre de ce disque rayé ». Répondant au petit-fils de Simone Veil : « Question : il y a plus d’enfants morts à cause de votre grand-mère ou à cause du camp de Bobrek ? » Un bon petit gars vous dit-on. D’après un de ses amis interrogé par Mediapart, il se nourrissait surtout d’Aristote, saint Thomas d’Aquin, et Patrick Buisson : « le reste ce sont des running gags entre amis ». Même à la fin de soirées très arrosées, je n’ai aucun ami susceptible de faire ce genre de blagues.

L’avocat de la famille Deranque s’indigne qu’on exhume ces informations sans respecter le deuil. Mais on ne peut pas faire de sa mort un événement politique quand ça nous arrange et hurler à l’instrumentalisation ensuite. Quentin Deranque n’a certainement jamais fait de mal à une mouche, même s’il avait démarré un entraînement au combat. Ses idées détestables ne changent rien au fait qu’il a été lynché par des ordures. N’empêche, avec le recul, le spectacle de l’Assemblée nationale recueillie pour une minute de silence est pour le moins embarrassant. Même Panot et ses camarades, légèrement tassés dans leurs fauteuils après avoir essuyé sans broncher accusations et critiques, ont communié dans la gravité. Pour une fois qu’ils se tiennent bien, c’est pas de chance.

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On me dira que, dans le combat idéologique, comme dans la guerre amoureuse, il ne faut jamais avouer, jamais reculer et que, malgré l’article de Mediapart, la mort de ce jeune embarrasse l’extrême gauche. Sauf que les mensonges se tiennent par la barbichette. Nul n’osera plus enquiquiner les Insoumis avec les agissements de la Jeune Garde de peur de se prendre en boomerang les gracieusetés numériques de Gavariou ou PatricienD. Et puis, le mensonge, c’est contagieux. Récemment, plusieurs confrères ont prêté au nouveau maire de Saint-Denis des propos odieux – « Saint-Denis ville des noirs ». C’était plausible, mais là encore, c’était faux. D’ailleurs, tous se sont rétractés, mais Mélenchon aura désormais beau jeu de crier à la calomnie quand on attaquera Bally Bagayoko pour de bonnes raisons – qui ne manqueront pas.

Entre sa mère et la Justice, Camus choisit sa mère parce que la Justice pourrait tuer sa mère. La vérité ne va pas tuer la mienne, alors qu’elle me pardonne mais entre la vérité et ma mère, je choisis la vérité. Je suis peut-être un mauvais soldat dans la guerre des idées, mais je préfère avoir raison avec Mediapart que tort avec CNews. Heureusement, ça n’arrive pas souvent, parce que ça fait mal.


[1] « Quentin Deranque, catholique traditionaliste à la ville et néonazi en ligne », Alexandre Berteau et Marie Turcan, Mediapart, 12 mars 2026.

Bulletin de guerre pragmatique – de l’art de vivre entre deux alertes

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Huit personnes, dont des nourrissons, ont été blessées à la suite d’une frappe de missile iranien le 31 mars 2026 à Bnei Brak, Israël © Paulina Patimer/ZUMA/SIPA

Iran: un mois de guerre


Un mois vient de s’écouler depuis le début de la guerre israélo-américaine contre la République islamique d’Iran. Certains l’auront peut-être oublié, mais les semaines avaient été longues, lourdes et pesantes depuis le début du mois de janvier :

« Bon ça y est, l’Iran va enfin nous attaquer ? »

« Là c’est sûr, c’est pour ce Shabbat. »

« Bibi voudra d’abord tondre la pelouse au Liban Sud avant de s’en prendre à l’Iran. »

Toutes ces incertitudes ont été levées le 28 février, avec l’opération supermassive de deux cents avions israéliens, auxquels emboitaient le pas les chasseurs et bombardiers américains, et l’élimination éclair de Khamenei.

La résolution tant attendue nous était livrée dès les premières minutes du conflit. Anticlimactic diraient les anglophones. Le tyran sanguinaire qui avait régné pendant trente-sept ans sur l’Iran, juré d’éradiquer le purulent cancer sioniste qui gangrénait le monde, disparaissait comme un second couteau médiocre dont l’arc narratif aurait été amputé faute de budget.

De façon assez paradoxale, cette disparition prématurée est d’ailleurs probablement une cause de la poursuite volontariste de la guerre par les Iraniens. S’effondrer deux heures après le début des hostilités ? Inconcevable, même si la vieille barbe gît désormais six pieds sous terre.

Depuis lors, la population israélienne est passée par de multiples phases ; excitation, empressement d’en finir, résilience – ce mot est partout depuis un mois -, déception, lassitude, fatigue extrême, langueur, exaspération, voire découragement.

Les bombes continuent de pleuvoir à intervalles irréguliers et souvent, à des heures insupportables. Un léger redoux dans la fréquence de lancement des projectiles mortels avait pu être observé il y a deux semaines, pour que leur ballet reprenne finalement de plus belle.

Les vidéos humoristiques qui avaient fleuri sur Instagram comme des champignons après la pluie dès le lendemain de l’attaque se sont faites plus rares. L’explication du manque d’inspiration devant un quotidien somme toute monotone n’est certes pas à ignorer, mais le moral des uns et des autres est aujourd’hui indéniablement plus maussade.

Toutes les raisons du monde peuvent être légitimement invoquées pour justifier pareil retournement ; Israël est en état de guerre ouverte depuis deux ans et demi. Mais notre situation ici a évolué, et très largement dans la bonne direction.

Si le Hamas n’a pas été éradiqué et continue de vivoter sporadiquement ici et là à Gaza, il est largement maté. Depuis le 26 janvier dernier, plus un seul otage, vivant ou mort, n’est prisonnier de cet enfer. La Syrie d’Assad, alliée de Téhéran, est tombée. Et avec elle le corridor terrestre indispensable qui reliait l’Iran au Liban. Les Libanais ont d’ailleurs repris suffisamment de forces pour expulser l’ambassadeur des mollahs et marquer une opposition, au moins de façade, au Hezbollah. Les Houthis, trop éloignés pour représenter une menace imminente et existentielle, ont perdu nombre de leurs terminaux pétroliers.

C’est aujourd’hui avec la dernière tête de l’hydre qu’Israël en découd. Une situation absolument inconcevable il y a deux ans.

Il suffit donc de dézoomer temporellement pour se ragaillardir. Que signifie finalement un petit mois de lassitude et d’attentes irrésolues ?

En matière de temps long, l’État hébreu dispose dans son histoire d’une banque fourmillante d’épisodes qui permettent à votre serviteur de relativiser infiniment la situation actuelle.

Regardons par exemple la première guerre du Golfe. Après l’invasion du Koweït, Saddam menace de « brûler la moitié d’Israël » (ce qui le rend deux fois moins ambitieux que les mollahs) à l’aide d’armes chimiques. On distribue à tour de bras des masques à gaz à la population. Une chambre étanche doit être aménagée dans tous les foyers du pays. Les Israéliens doivent s’y rendre à chaque alerte, enfiler leurs masques, calfeutrer la porte avec des serpillères imprégnées de Javel pour neutraliser chimiquement le gaz. Et attendre que le temps passe, le caoutchouc détrempé sur le visage et la buée dans les yeux, parfois pendant des heures.

Si la situation actuelle n’est pas une embellie, alors qu’est-ce ?

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Nous vivons une guerre à l’ère des smartphones et de l’intelligence artificielle.

Un missile est lancé depuis l’Iran ? Des satellites le détectent et déclenchent une pré-notification de bombardement au son tout à fait charmant sur votre téléphone. De là, ne vous reste qu’à prendre vos dispositions pendant quelques minutes avant que le projectile zélé n’arrive à portée du pas de votre porte.

Si l’ubérisation des services de restauration relève de l’infamie, celle des livraisons de missiles constitue un don véritablement divin.

« There will be an app for everything » disait Steve Jobs. Cet homme ne pouvait se douter de son degré de prescience.

Et enfin il y a les abris. Ces quelques mètres carrés où se pressent, le temps d’une alerte, des Israéliens de toutes extractions et provenances. C’est là que le conflit réserve ses meilleurs moments de grâce. Des rencontres impromptues, insolites et heureuses.

Vendredi soir, une famille orthodoxe qui, sans préambule ni formalité d’aucune sorte, vous dispense rapidement un petit cours d’histoire juive comme si vous faisiez partie des meubles depuis Mathusalem. La veille, des Argentins fraîchement montés en Israël depuis deux mois à peine, vous invitent après la fin de l’alerte à déguster à l’étage des empanadas dorés tout juste sortis du four., La semaine précédente, des Russes acromégaux, couverts de tatouages jusqu’aux phalanges qui, ayant pris les devants en installant un congélateur dédié dans leur abri, vous font boire de la vodka la plus pure que vous ayez jamais portée à vos lèvres.

Alors certes, la mort rôde, un Israélien de plus a été fauché hier à Tel Aviv par un fragment de missile. Doit-on pour autant sombrer dans la désolation en s’apitoyant sans fin sur notre sort ? Se morfondre, ronger son frein, broyer du noir ? Rien de tout cela n’a jamais propulsé quiconque hors de l’abîme. « Quand je me regarde, je me désole ; quand je me compare, je me console » déclarait Talleyrand.

Au fond, de quoi pourrait-on se plaindre ? Nous avons en Israël un toit, des abris, de multiples couches de défense anti-missiles, une armée qui frappe juste, des alliés qui, pour l’instant, tiennent parole, et des voisins de palier qui vous ouvrent leur table entre deux alertes. D’autres avant nous ont eu infiniment moins de chance et de confort ; et s’en sont plus que bien sortis. S’en souvenir constituera toujours la meilleure parade face aux désagréments passagers.

Nouvelle France et nouvel antiracisme

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Le nouveau maire de Saint-Denis Bally Bagayoko, photographié le 17 mars 2026 © Stephane Lemouton/SIPA

S’estimant victime de racisme après des propos tenus sur CNews, le maire de Saint-Denis Bally Bagayoko annonce son intention de porter plainte. Il appelle également ses soutiens à participer à un «rassemblement citoyen» contre le racisme, le samedi 4 avril devant l’Hôtel de ville. L’antiracisme se jette désormais sur tout ce qu’il trouve pour monter les Français les uns contre les autres, et empêcher quiconque de critiquer les logiques communautaristes de l’extrème gauche.


Les dernières séquences électorales municipales ont confirmé une mutation silencieuse mais décisive du paysage local : progression significative des listes liées à Jean-Luc Mélenchon et de leurs relais, entrée accrue de conseillers municipaux issus de La France insoumise dans de nombreuses villes, et conquête ou consolidation de positions dans des territoires à forte charge symbolique. À Roubaix, Saint-Denis comme à Vaulx-en-Velin, ces basculements ont été accompagnés de tensions locales, de scènes de rupture politique parfois brutales, et d’une mise à l’écart tout aussi brutale d’anciens édiles issus de la tradition socialiste ou communiste. Ces évolutions s’inscrivent dans un contexte documenté par de nombreuses analyses électorales (ministère de l’Intérieur, études IFOP, IPSOS) soulignant la recomposition du vote urbain et périurbain, la montée des logiques d’appartenance et la fragmentation des référentiels politiques traditionnels. L’antiracisme s’affiche désormais comme une conquête de territoires.

Contrôle des mots

Cette recomposition s’accompagne d’un durcissement du climat médiatique et symbolique. Ainsi, le maire de Saint-Denis a récemment annoncé le dépôt d’une plainte contre CNews pour racisme, à la suite de propos jugés stigmatisants visant sa personne, sa commune et ses habitants. Cet épisode, loin d’être isolé, témoigne d’une judiciarisation croissante du débat public, où la qualification morale — et désormais pénale — tend à se substituer à la confrontation politique. Il révèle aussi une transformation plus profonde : l’antiracisme ne se contente plus d’être une valeur proclamée, il devient un instrument de régulation du discours, une ligne de front dans la lutte pour le contrôle du récit légitime.

Autre moment : la scène est revenue comme une parole qu’on n’avait pas voulu entendre. Lors d’une table ronde organisée par Nous Toutes 93, en marge de la Fête de l’Humanité qui s’est tenue du 12 au 14 septembre, la députée LFI Danièle Obono a livré un constat sans fard. La Fête de l’Huma, dit-elle, demeure « la fête de la gauche blanche », hier comme aujourd’hui. Elle aurait pu, ajoute-t-elle, tenir les mêmes mots à propos des amphis universitaires ou de La France insoumise elle-même. Une image qui lui fait honte, précise-t-elle, parce que c’est celle que renvoie la gauche à des millions de personnes.

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À ses côtés, Sarah Bennani, présidente de l’association Jeunesse Populaire, venue pour la première fois à la Fête, renchérit. Elle dit n’avoir « jamais vu plus blanc que blanc », évoque un cochon rôti au petit matin, scène qu’elle juge incompatible avec ce qu’elle nomme une « écologie décoloniale ».

Ainsi se dit, sans détour, un antiracisme qui retourne son accusation vers son propre camp et expose la gauche à sa propre disgrâce.

Dogme et excommunications

L’antiracisme affiché de la France insoumise, mais aussi celui de certains plateaux télé, des associations subventionnées et parfois même des communiqués ministériels, n’a plus rien à voir avec ce sentiment élémentaire d’humanité qui consiste à reconnaître en l’autre un semblable. Il est devenu un rite, une liturgie laïque, avec ses prêtres, ses dogmes, ses excommunications. On ne le pratique plus pour défendre la dignité humaine, mais pour imposer un récit unique, dans lequel l’Occident – et la France au premier chef – doit se confesser à perpétuité, à genoux devant ses fautes réelles ou supposées. Ce n’est plus un idéal moral, mais une arme idéologique.

Pendant ce temps, loin des slogans et des marches blanches, la France réelle – celle des petites villes, des bourgs, des banlieues périphériques – vit une autre expérience : celle d’un quotidien de plus en plus traversé par une tension sourde. Les mêmes Français qui ne manifestent pas, qui ne prennent pas la parole sur les réseaux sociaux, constatent pourtant que certaines violences, certaines arrogances, certaines formes de mépris viennent presque toujours des mêmes milieux. Ils le voient, ils le subissent, mais ils savent qu’ils n’ont pas le droit de le dire. Leur parole, si elle s’échappe, est aussitôt condamnée comme raciste, et leur simple inquiétude devient une faute morale. Alors ils se taisent, ravalent leur colère, et cette colère s’infiltre, se concentre, se durcit.

Le malentendu fondateur

On nous répète que cette exaspération est « du racisme », comme s’il suffisait d’un mot pour épuiser le problème. Mais ce n’est pas du racisme au sens biologique et brutal du XIXᵉ siècle. C’est autre chose : une lassitude civilisationnelle, un refus d’assister passivement à la transformation de son pays en un espace étranger à ses mœurs, à ses lois, à sa politesse, à ses hiérarchies implicites. Ce rejet, on ne veut pas l’entendre, parce qu’il met en cause non pas seulement des individus, mais des modes de vie entiers – et que le politiquement correct interdit d’interroger ces modes de vie autrement qu’en termes victimaire et compassionnel.

L’antiracisme doctrinal nie que ce malaise ait une cause objective. Il préfère y voir un fantasme, un délire entretenu par l’extrême droite, oubliant commodément que ce sont souvent les mêmes catégories sociales – policiers, gendarmes, pompiers, enseignants, chauffeurs, infirmières – qui, au quotidien, sont en première ligne, et qui constatent cette dégradation sans qu’aucune campagne officielle ne les protège.

A lire aussi, du même auteur: La revanche du réel: comment la gauche a fabriqué ce qu’elle ne comprend plus

Ce qui se joue aujourd’hui ressemble à la préparation invisible d’une déflagration. Les tensions s’accumulent comme la poudre dans un grenier fermé. L’Histoire, si prompte à punir les peuples qui refusent de voir ce qui s’amasse sous leurs yeux, nous a déjà donné mille exemples : l’aveuglement des élites précède toujours la catastrophe. Nous en sommes là. Les uns parlent d’« enrichissement culturel » quand les autres parlent de « zones de non-droit ». Les mots ne se rejoignent plus. La fracture est là : linguistique, morale, et bientôt physique.

Et pourtant, au milieu de ce fracas à peine audible, il existe des voix musulmanes ou africaines qui rejettent ces dérives, qui savent que la violence de quelques-uns salit l’ensemble. Mais ces voix ne trouvent pas d’espace. Elles ne font pas partie de la dramaturgie médiatique, car elles dérangent le récit manichéen. Dans un monde normal, on les soutiendrait, on les amplifierait ; dans le nôtre, on les ignore ou on les soupçonne de « trahison ».

Les nouveaux clercs

À cette France réelle, on oppose une intelligentsia qui recycle les vieilles lunes tiers-mondistes et postcoloniales. Les indigénistes, les racialistes, les antisionistes radicaux se posent en gardiens de la morale universelle, mais leur morale n’est qu’une haine codée : haine de l’Occident, haine de la République, haine de l’État-nation. Ils ont inventé un antiracisme qui sélectionne ses victimes et ses coupables selon des critères ethniques et géopolitiques. Ils sont les nouveaux clercs d’un totalitarisme intellectuel qui prétend réécrire l’Histoire – ou plutôt l’effacer – pour imposer un éternel présent de repentance et de culpabilité.

George Orwell l’avait vu : les mots seraient vidés de leur sens, retournés contre eux-mêmes. « Antiracisme » signifierait un jour « racisme à l’envers » ; « antifascisme » désignerait un fascisme purgé de ses chemises brunes, mais pas de sa violence inquisitoriale. Ce jour est venu.

Nous n’avons plus des décennies devant nous. La France n’est pas condamnée par un destin aveugle : elle est condamnée par son propre renoncement. L’antiracisme qui s’exhibe partout n’est plus la défense d’une fraternité nationale, mais la matrice d’une sécession culturelle. Il ne s’agit plus seulement de combattre les idéologies qui nous fracturent : il faut se donner le courage de nommer les faits, de restaurer la souveraineté de l’État, de cesser de traiter le réel comme une opinion.

Ce combat n’aura rien d’aimable. Il faudra briser des tabous, affronter la haine des cliques universitaires, des médias subventionnés, des faux poètes de l’humanité. Mais c’est cela ou disparaître. Ceux qui ne veulent pas le voir sont déjà complices. Ceux qui se taisent par prudence sont déjà vaincus.

L’histoire jugera, comme elle l’a toujours fait, et les coupables ne seront pas seulement ceux qui auront incendié la maison, mais aussi ceux qui, la voyant brûler, auront continué à psalmodier des litanies sur « le vivre-ensemble » en se bouchant les yeux.

«Afanador»: un spectaculaire album sur papier glacé

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Afanador - Ballet Nacional de España © Merche Burgos

Des danseurs magnifiques, hardis comme des pur sang, les jeunes femmes plus encore peut-être que les jeunes hommes ; une énergie qui jaillit comme une source d’eau brûlante ; un groupe de près de quarante danseurs qui constituent les éléments soudés, indissociables, d’architectures extrêmement élaborées : avec les artistes du Ballet national d’Espagne (Ballet nacional de Espana) établi à Madrid, Marcos Morau, fondateur de la compagnie La Veronal, secondé par quatre congénères, et auteur d’ Afanador, donne à voir un spectacle d’une rare complexité.

Corps virtuoses

Une mise en scène plutôt qu’une chorégraphie d’ailleurs, et qui expose des corps virtuoses s’imbriquant dans des ensembles diablement construits, des agencements qui font songer aux méandres tortueux des arabesques des palais de l’Andalousie. Avec des effets dramatiques impressionnants magnifiés par les superbes éclairages de Bernat Jansa.

Afanador – Ballet Nacional de España © Merche Burgos

Noir, le surprenant élément de décor agressivement hérissé de chaises, de fourches, d’étrangeté imaginé par Max Glaenzel et qui apparaît à la fin d’Afanador ; noirs les superbes costumes de Sylvia Delagneau dessinés avec art ; noir le plateau dépouillé à l’extrême. Dans cette débauche de lumineuses ténèbres surgit toute l’Espagne d’antan : les femmes aux stricts bandeaux de cheveux sombres, les robes à queue qu’on rabat d’un pied rageur, les éventails, les châles de Manille, les voiles où s’ensevelissaient les veuves de jadis, les guitares, les castagnettes, le zapateado, le chant andalou… A l’exception de deux d’entre eux, tous les interprètes sont espagnols. Et cela se perçoit immédiatement au port altier, au zapateado ravageur des unes ; à la pureté des lignes, à la fierté des regards des autres.

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Si le début d’Afanador est un peu laborieux, et même quelconque, l’ouvrage prend vite une autre dimension. C’est un morceau de bravoure pour les interprètes, une machine fascinante dont les mécanismes parfaitement, savamment réglés imposent le respect, sinon l’admiration.

Catalogue

Et pourtant ! Et pourtant ! A ces tableaux qui se succèdent dans un ordre impeccable, à ces ensembles propres à émerveiller, à cette esthétique voulue parfaite, il manque l’essentiel : une âme, un souffle, une profondeur. Bref, une légitimité. Si en castillan le mot est plus claquant que sa fade traduction française, ventilateur, Afanador n’est qu’une succession, qu’un catalogue d’images accomplies éditées sur papier glacé, mais semblant dépouillées de raison d’être. Comme un texte brillant qui ne serait constitué que de formules élégamment tournées, mais fâcheusement dépourvues de sens.


Ballet national d’Espagne. Afanador Théâtre du Châtelet. Jusqu’au 2 avril 2026

Hosanna dans la ville sécularisée

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18e arrondissement de Paris. Image d'illustration.

Ce dimanche 29 mars 2026, les églises de Paris affichaient complet pour le dimanche des Rameaux. Au lendemain de la visite du pape Léon XIV à Monaco, ce regain de ferveur coïncide avec un record historique: plus de 21 000 catéchumènes seront baptisés à Pâques en France cette année.


Hier, dimanche des Rameaux, les paroisses parisiennes ont connu une affluence remarquable. Processions bondées, messes complètes à Notre-Dame, au Sacré-Cœur, à Saint-Sulpice et dans de nombreuses églises de quartier : familles, jeunes et fidèles de tous âges ont repris le cri ancien « Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! »

Un signe discret, mais puissant, qui montre que la France n’a pas dit son dernier mot spirituel…

Le Père Rolland, vicaire de Notre-Dame d’Auteuil de Paris témoigne de cette évolution : « La fréquentation des églises à Paris, tout en étant incomparablement au-dessus de ce qu’on peut voir à la campagne, a connu les fluctuations de la société civile, avec la crise du Covid. Après le premier confinement les gens ont été heureux de revenir à la messe. Après le deuxième confinement, ils ont eu, pour certains, du mal à revenir. Mais depuis, nous voyons chaque année une augmentation et nous avons presque retrouvé le niveau d’avant la crise sanitaire. Le fait nouveau, depuis trois ans, est l’afflux considérable de catéchumènes qui choisissent la foi comme une réponse structurante au vide qu’offre la société. Et là, les nombres sont impressionnants : 400% en 10 ans. Et ça ne fait que continuer. »

Ces paroles trouvent un écho national dans les chiffres publiés la semaine dernière par la Conférence des évêques de France : 21 386 catéchumènes, dont 13 234 adultes et 8 152 adolescents, recevront le baptême lors de la Vigile pascale 2026. Un record. Les baptêmes d’adultes progressent de 28 % en un an et ont plus que triplé en dix ans. Rien qu’à Paris, 788 adultes sont ainsi en chemin vers le baptême.

Au lendemain de la visite apostolique du pape Léon XIV à Monaco, où une foule enthousiaste s’est rassemblée autour du Souverain Pontife, ces éléments dessinent un même mouvement : en Europe occidentale, le catholicisme conserve une capacité d’attraction réelle, particulièrement auprès des jeunes en quête de sens.

Le catholicisme français bouge encore

Dans une capitale qui se veut souvent à l’avant-garde de la laïcité militante, ces églises pleines et ces milliers de catéchumènes disent une réalité plus nuancée que le récit dominant. L’homme contemporain, confronté au vide spirituel, à l’angoisse existentielle et à la fragmentation sociale, semble redécouvrir dans la tradition chrétienne – sa liturgie, sa beauté, sa communauté enracinée – une réponse que ni la consommation ni les idéologies contemporaines ne parviennent à apporter.

Ce dimanche des Rameaux n’était pas une manifestation politique, mais un acte collectif de foi et d’espérance. Il rappelle que le catholicisme français, loin d’être relégué au folklore, garde une force de résilience et d’attraction. Hosanna : ce cri ancien résonne encore aujourd’hui, et il dit peut-être que la France n’a pas totalement rompu avec ce qui l’a façonnée pendant des siècles.

Retailleau – Lisnard: quel gâchis!

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© NICOLAS MESSYASZ/SIPA © Syspeo/SIPA

En désaccord avec le processus de désignation du candidat LR à la présidentielle, le libéral David Lisnard est sur le départ. Notre chroniqueur estime que la décision du maire de Cannes fragilise davantage un parti déjà divisé à l’approche de la présidentielle, alors même que son unité serait essentielle.


David Lisnard a l’intention de rencontrer Bruno Retailleau, président du parti Les Républicains, pour lui annoncer son départ. Je crains que cet entretien ait bien lieu et qu’il aboutisse à cette séparation. Au regard de l’état du parti, de l’échéance présidentielle qui approche et de l’arbitrage à venir sur les modalités de désignation de son candidat, on ne peut que regretter la volonté exprimée par M. Lisnard de s’éloigner pour ne compter que sur sa seule Nouvelle Énergie. Comme si Bruno Retailleau n’avait plus besoin de lui pour faire face à un certain nombre d’aléas menaçant sa présidence, et que David Lisnard pouvait se permettre de se désengager de manière prématurée.

Une primaire sinon rien !

Récapitulons : Laurent Wauquiez n’a qu’une envie : créer le plus de nuisances possible pour empêcher le président du parti de mener à bien son entreprise de rénovation (qui semble tarder). Xavier Bertrand et Michel Barnier, dans des registres différents, apparaissent davantage comme des freins que comme des soutiens. Le premier ne participera plus à la moindre primaire et cherche en permanence à se distinguer par ses leçons de morale à l’encontre du Rassemblement national, comme s’il existait aujourd’hui le moindre risque de rapprochement entre LR et le RN ! Le second, fort d’une expérience dont il abuse, proposerait, si on le laissait faire, à l’instar de Gérard Larcher, un projet mou où le centre viendrait attiédir ce que la droite devrait avoir de ferme. On aurait donc tout sauf une droite de rupture, exigence pourtant partagée par Bruno Retailleau et David Lisnard. Les conseils prodigués par Valérie Pécresse suscitent des doutes quant à leur pertinence, au regard de sa campagne présidentielle catastrophique et du résultat obtenu. Dans ces conditions, comment David Lisnard a-t-il pu, même si l’on comprend son souci d’équité dans la joute présidentielle, envisager de quitter ce parti, qui a autant besoin de lui que de son président ?

A lire aussi: Mais à quoi joue David Lisnard?

Car les critiques que David Lisnard a formulées à propos de certains votes et stratégies parlementaires de LR relèvent davantage de l’influence de Laurent Wauquiez sur le groupe que de celle de Bruno Retailleau lui-même, à qui l’on a, au contraire, pu reprocher un manque de fermeté sur ce plan. Que David Lisnard souhaite une primaire élargie jusqu’à Sarah Knafo, pourquoi pas ? C’est une option qu’il aurait dû défendre au sein du parti. Il aurait sans doute perdu, mais avec, à l’évidence, plus de vigueur et de force d’influence qu’en s’appuyant sur sa seule Nouvelle Énergie. Imaginons même que les décisions prises lors du bureau politique de LR conduisent, le moment venu, à la désignation de Bruno Retailleau par les militants : il me semble que David Lisnard aurait été trop soucieux de l’intérêt national et de l’avenir de la France pour ne pas être capable d’accepter cette issue politique, qui n’aurait d’ailleurs pas été contradictoire avec l’importance du rôle qu’il pourrait être amené à jouer.

Gâchis

Pourtant, on n’en est plus là. David Lisnard quittera le parti. Il aura ses soutiens, ses fidèles, ses adhérents à Nouvelle Énergie. Il abandonnera Retailleau. Il convaincra ceux qu’il a déjà convaincus. Il aura fait preuve d’une résolution soudaine, tranchant avec la sérénité du temps long qu’on lui prêtait. J’espère que l’image qu’il se fait de Bruno Retailleau sera la bonne : celle d’un homme, d’un président de parti prêt à tout pour être à la hauteur du destin que beaucoup lui assignent. Pour 2027 et pour la droite de demain. Sinon, ce serait un gâchis.

Les écouteurs rendent gay

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Image d'illustration Unsplash

En se basant sur une mauvaise interprétation d’une étude scientifique, un influenceur malaisien avance qu’à cause de substances chimiques qu’ils contiendraient, les écouteurs provoqueraient une « féminisation des mâles ». Si elle a suscité de nombreuses moqueries, la thèse a fait des millions de vues sur les réseaux sociaux.


Il y a des mythes qui refusent obstinément de disparaître, comme celui qui veut que l’homosexualité ait une cause identifiable. L’un des épisodes les plus célèbres de ce gaylire reste celui du conspirationniste Alex Jones, propriétaire du lucratif site InfoWars, qui affirmait que des produits chimiques répandus dans l’eau rendaient les grenouilles gays. La séquence, devenue culte, a depuis largement dépassé son cadre initial pour entrer dans la culture des mèmes.

Récemment, en Malaisie, Zulkifli Hassan a suscité la polémique et provoqué des moqueries en affirmant devant le Parlement que le stress au travail pouvait conduire certains individus à « s’impliquer dans la communauté LGBT » sans que ce ministre malaisien des Affaires religieuses puisse y apporter la moindre réalité scientifique.

A lire aussi, Jeremy Stubbs: Addiction aux écrans: Mark Zuckerberg a de petits yeux!

Déjà en 1994, l’évocation d’une hypothétique « bombe gay », arme chimique aphrodisiaque destinée à désorganiser les armées ennemies en les rendant homosexuelles, avait nourri fantasmes et inquiétudes parmi les Américains qui se gargarisent encore de ces théories sur les réseaux sociaux. Comble de l’ironie, certains sont aussi persuadés que ces derniers « influenceraient » l’orientation sexuelle de leurs utilisateurs. Des postulats que l’on retrouve notamment au sein de de la galaxie de la droite américaine. 

Dernier épisode en date : les écouteurs qui pourraient, eux aussi, « rendre gay ». Une sortie signée de l’influenceur Ian Miles Cheong qui est venue, fin février, enrichir cette étonnante galerie d’affirmations farfelues. Ce Malaisien proche de la mouvance MAGA et résidant à Dubaï, cite une étude néerlandaise qui confirme la présence dans différents modèles d’écouteurs de substances chimiques, dont des perturbateurs endocriniens. Sur cette base, Cheong prétend que les écouteurs pourraient « féminiser » les hommes et ainsi modifier leur orientation sexuelle. Le rapport lui-même ne parle absolument pas de ces effets. Pour beaucoup d’internautes, de tels mythes remplissent une fonction, en simplifiant des transformations sociétales complexes et en désignant des responsables identifiables : l’État, les élites, les grandes entreprises.

Biennale de Venise, Grand Palais… en finir avec le financement de l’art militant d’ultra gauche

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L'artiste Yto Barrada photographiée lors d'un vernissage à New York, 5 avril 2018 © Max Lakner/BFA/Shutters/SIPA

Yto Barrada, présentée par les médias comme une artiste «iconoclaste», a été choisie pour représenter la France à la Biennale de Venise malgré son militantisme politique et son soutien au boycott d’artistes israéliens. Nan Goldin, photographe talentueuse et également «engagée», s’est illustrée ces derniers mois par des prises de position excessives sur le conflit à Gaza. Sa grande exposition au Grand Palais peut être perçue comme une caution institutionnelle apportée à ces opinions controversées. Selon l’auteur de cette tribune, les institutions culturelles françaises ont de toute façon toujours une fâcheuse tendance à soutenir, avec nos impôts, des engagements militants contestables.


La France vient d’annoncer l’invitation de l’artiste franco-marocaine Yto Barrada pour représenter le pavillon français à la Biennale de Venise. Un choix qui ne manquera pas de susciter la polémique, tant les prises de position de cette artiste sur le conflit israélo-palestinien sont connues pour leur radicalité. Car Yto Barrada ne s’est pas contentée d’exprimer une solidarité humanitaire bien naturelle avec les victimes civiles à Gaza, elle a activement soutenu des appels au boycott et à l’exclusion des artistes israéliens des grandes manifestations culturelles internationales. Financer sa participation avec l’argent du contribuable français revient donc à estampiller du sceau de la République française une démarche qui consiste à vouer aux gémonies des créateurs en raison de leur seule nationalité.

Art militant: une exposition permanente

Loin d’être un accident de casting, le financement de la propagande de gauche radicale est une tendance lourde assumée par le ministère de la Culture et le Quai d’Orsay. Ce n’est pas la première fois que la France choisit, pour la Biennale de Venise ou pour la Villa Médicis (cette prestigieuse institution culturelle romaine entièrement financée par le contribuable français), des artistes ou des pensionnaires dont les engagements militants woke s’apparentent à de la discrimination ethnique déguisée en conscience politique. Lorsque des institutions publiques sélectionnent systématiquement des profils ayant pris position en faveur de l’exclusion d’artistes israéliens (et autres obsessions gauchistes à la mode), on ne peut parler de hasard. On parle de complaisance idéologique.

Dans un État de droit, il est proprement inadmissible que l’argent public serve à financer des positions qui, appliquées à n’importe quelle autre nationalité, seraient à juste titre qualifiées de discrimination.

Jean-Noël Barrot et le ministère de la Culture ont une responsabilité

La responsabilité politique est claire. Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, comme le ministère de la Culture, ne peuvent ignorer les engagements publics des artistes qu’ils sélectionnent et financent. Valider institutionnellement des artistes ayant explicitement soutenu le boycott d’Israël, c’est envoyer un signal diplomatique grave : il s’agit de cautionner, de fait, au nom de la « liberté d’expression » (sic), une forme de discrimination que la France condamne pourtant en principe. Cette indignité ne concerne pas seulement le monde de l’art : elle touche à la cohérence morale et juridique de la République.

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Le Grand Palais et Nan Goldin: la caution artistique du militantisme

La grande rétrospective consacrée à Nan Goldin au Grand Palais soulève les mêmes questions. La photographe américaine, dont le talent est indéniable, est également l’une des signataires les plus actives d’appels assimilant les opérations militaires israéliennes à Gaza à un « génocide ». Une affirmation grotesque, que les instances juridiques internationales n’ont pas établie, et que de nombreux historiens et juristes contestent fermement. Offrir à cette artiste l’écrin du Grand Palais financé par l’État, c’est conférer une légitimité institutionnelle à une fake news. L’art a toujours été politique, certes. Mais l’argent public n’a pas vocation à soutenir des propos mensongers, qui mettent une cible dans le dos de nos compatriotes juifs. C’est une guerre qui s’est déroulée à Gaza, pas un génocide. Une guerre démarrée avec le pogrom du 7-Octobre, perpétré par les terroristes antisémites palestiniens du Hamas. Une réalité qui n’intéresse pas Nan Goldin, pas plus que ceux qui financent son exposition. 

Le wokisme institutionnel, financé par le contribuable

L’affaire dépasse d’ailleurs le seul champ des arts plastiques. Le scandale du CNC (Centre National du Cinéma), qui a massivement subventionné des streameurs d’ultra-gauche via des fonds destinés à la création audiovisuelle, illustre un phénomène plus large : la capture progressive des institutions culturelles publiques par une idéologie militante[1]. Le contribuable français, dans toute sa diversité politique, se retrouve ainsi à financer des influenceurs, journalistes et artistes qui épousent une vision du monde d’ultra gauche radicale, particulièrement hostile aux valeurs républicaines les plus élémentaires et non négociables.

La question n’est pas d’interdire quoi que ce soit. Les artistes sont libres de leurs opinions, aussi radicales soient-elles.

La question est de savoir si l’État doit les financer, les célébrer et les promouvoir en son nom. Et la réponse, dans une démocratie, devrait aller de soi. JAMAIS. En finir avec ces pratiques, comme avec la politisation de l’audiovisuel public, est une priorité politique.


[1] Le site de Causeur reviendra rapidement sur cette autre affaire NDLR.