Accueil Édition Abonné Fin de régime pour la France des mandarins

Fin de régime pour la France des mandarins

Les carnets d’Ivan Rioufol, chaque mois dans le magazine


Fin de régime pour la France des mandarins
Portrait rapproché du président Macron et du Premier ministre Sébastien Lecornu lors d'une cérémonie de remise de médailles en l'honneur des athlètes français ayant participé aux Jeux olympiques d'hiver de Milan-Cortina 2026, au palais de l'Élysée à Paris, le 29 avril 2026. © Jumeau Alexis/POOL/SIPA

La France est plongée dans un désastre existentiel qui oblige à ouvrir les yeux sur les causes de son déclin. Il est urgent de briser le silence que les promoteurs du malheur français veulent maintenir.


Jusqu’à quand le régime va-t-il tenir ? La question se pose pour l’Iran des mollahs. Mais elle vaut aussi pour la France des mandarins. La dictature théocratique de la république islamique n’a certes rien de commun avec le despotisme progressiste de la république laïque. Cependant, dans les deux cas, le peuple méprisé a, seul, le pouvoir de rompre avec des systèmes à bout de souffle. Les castes s’accrochent d’autant plus au pouvoir qu’elles se savent fragilisées. Dans sa gestion de l’immobilité, Sébastien Lecornu a apparemment réussi, comme Premier ministre, la prouesse d’endormir la France. Il est vrai que sa silhouette pateline de moine tonsuré et indifférent aux flagorneries de la cour est opportunément reposante. D’autant qu’Emmanuel Macron a, pour sa part, choisi de disparaître de la scène nationale pour parler au monde, c’est-à-dire prêcher dans le désert. Mais ce théâtre d’ombres joue son dernier acte.

Rien ne fonctionne plus dans la France suradministrée et surendettée. Bien sûr, les trains arrivent encore majoritairement à l’heure. Le système public hospitalier essoré, pris d’assaut pour ses générosités, continue de produire des prouesses médicales et humaines. Cependant le gouvernement n’a plus, faute de courage, la maîtrise de sa politique. Il s’interdit de baisser les taxes sur le carburant, dont les prix flambent, faute de vouloir envisager des économies sur la promotion des coûteuses énergies éoliennes. Il a renoncé à assouplir par la loi l’interdiction de travailler le 1er-Mai pour tous les petits commerces alors que le chômage reste endémique. L’immigration de masse tiers-mondise les ghettos urbains et déborde jusque dans les petites villes, cibles de violences claniques jusqu’alors inconnues. Ceux qui, comme Jean-François Copé, font des populistes les boucs émissaires de leurs échecs, refusent d’assumer leurs responsabilités.

A lire aussi: Commission Alloncle: le rapport consenti!

L’épreuve de vérité est arrivée. Elle oblige à un bouleversement des mentalités. L’enjeu est d’abattre les citadelles abritant une oligarchie politique et médiatique hostile aux Français oubliés. L’assaut de Vincent Bolloré contre le Landerneau de l’édition a dévoilé l’entre-soi conformiste de Grasset, ébranlé par l’éviction d’Olivier Nora. Le mérite du député (UDR) Charles Alloncle qui, durant cinq mois et deux cents heures d’auditions, a mené à la hussarde la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public, a été d’oser demander des comptes à un monde privilégié, habitué à donner des leçons. Les critiques virulentes que subit Alloncle sont proportionnelles à ses révélations sur les conflits d’intérêts de sociétés de production, les dysfonctionnements budgétaires, l’information militante, etc. Les menaces sur la publication de son rapport font partie des dernières armes d’un « monde intellectuel » finissant.

Il y a quarante ans, la catastrophe nucléaire de Tchernobyl (26 avril 1986) a accéléré la glasnost (« transparence ») décidée par Mikhaïl Gorbatchev. L’accident a obligé la Russie soviétique à en finir avec ces propagandes, pour admettre l’usure du système communiste. Gorbatchev lui-même a reconnu que ce drame avait précipité l’effondrement de l’URSS construite sur des mensonges. La France est aujourd’hui plongée, pareillement, dans un désastre existentiel qui oblige à ouvrir les yeux sur les causes de son déclin. L’urgence est de briser le silence qu’aimeraient maintenir les promoteurs du malheur français.

La révolution des oubliés

Price: ---

0 used & new available from

Mai 2026 – #145

Article extrait du Magazine Causeur




Article précédent Soupe de langues
Journaliste, éditorialiste, essayiste. (ex-Le Figaro, CNews, Causeur)

RÉAGISSEZ À CET ARTICLE

Pour laisser un commentaire sur un article, nous vous invitons à créer un compte Disqus ci-dessous (bouton S'identifier) ou à vous connecter avec votre compte existant.
Une tenue correcte est exigée. Soyez courtois et évitez le hors sujet.
Notre charte de modération