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Qu’est-ce qu’une guerre civile d’atmosphère?

Le plus inquiétant n’est pas que les partis politiques s’opposent de plus en plus violemment à l’Assemblée nationale, ou que les débats médiatiques s’enflamment. Le plus inquiétant, c’est que les fractures sont descendues dans les consciences. Les citoyens ne forment plus vraiment un peuple uni, ils deviennent des camps retranchés et des forteresses de ressentiment…


Il y a des événements qui révèlent plus que mille discours. L’affaire de cette étudiante palestinienne de vingt-cinq ans, idéologiquement proche du Hamas et auteure de tweets d’un antisémitisme d’une violence nue, appartient à cette catégorie. Vingt-cinq ans : l’âge où les convictions ne sont plus des maladresses, mais des choix assumés. Ce qu’elle a écrit ne relève pas d’un excès de jeunesse mais d’un imaginaire formé dès l’enfance : la haine du juif comme principe fondateur et, derrière elle, la volonté d’anéantir ce qu’il incarne – un monde, une mémoire, une altérité – pour imposer à l’Occident sa conversion idéologique et religieuse. Le Juif n’est ici qu’un avant-poste : c’est l’Occident lui-même qui est visé, non seulement pour être détruit, mais pour être refondu dans un autre ordre moral, un autre récit de civilisation.

Et pourtant, cette jeune femme a été accueillie comme réfugiée, inscrite à Sciences Po Lille, hébergée par son directeur. Ce n’est pas simplement de la naïveté. Ce geste est un basculement. Il ne s’agit pas seulement d’offrir l’asile à une personne : en fermant les yeux sur ce qu’elle porte en elle, c’est une idéologie que nous introduisons au cœur de nos institutions. Et elle n’est pas seule. D’autres viendront. D’autres jeunes adultes, Palestiniens ou non, nourris depuis l’enfance à la haine du Juif et au rêve d’un Occident humilié, converti de force à leur récit.

Alliances douteuses

Il faut cesser de croire qu’il ne s’agit que d’un aveuglement. Ce sont déjà des complicités. Derrière la façade de l’humanisme, il y a des alliances silencieuses, des trahisons qui se préparent, certaines déjà à l’œuvre. Dans les années 30, les élites françaises et européennes, persuadées de défendre la paix universelle, ont tendu la main à des forces qui allaient devenir l’instrument de la collaboration. Elles croyaient défendre la civilisation ; elles en préparaient la reddition. Aujourd’hui, nous répétons ce geste : accueillir au nom de la générosité une idéologie dont le but avoué est la soumission et la transformation de notre monde.

Je n’ai pas découvert ce discours sur les réseaux sociaux. Il y a vingt ans, à Marseille, l’école de police avait choisi de loger ses élèves au cœur d’une cité sensible. Ces jeunes policiers vivaient plusieurs semaines dans les mêmes immeubles que les habitants. J’ai animé des rencontres entre les policiers et les adolescents de ce quartier. Et déjà, ces jeunes regardaient les vidéos du Hamas, glorifiaient ses combattants, commentaient les attentats comme des victoires. C’était il y a vingt-cinq ans. Cette culture n’a pas disparu ; elle s’est enracinée, consolidée, et elle entre désormais par nos frontières, protégée par le masque de l’asile.

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Pendant que nous sanctuarisons cette idéologie au nom d’un humanisme devenu aveugle, un autre signe retentit, implacable : les juifs quittent à nouveau l’Europe. Leur départ n’est jamais une donnée statistique, mais une alarme historique. Dans les années 30, leur exode annonçait que la civilisation européenne était prête à se trahir elle-même. Aujourd’hui, leur fuite nous dit que l’air est redevenu irrespirable, que la guerre civile d’atmosphère est déjà là, avant même que les armes ne parlent.

Le grand effacement

Ce n’est donc pas seulement de l’aveuglement. C’est un mouvement plus profond : l’acceptation passive, parfois complice, de l’anéantissement des juifs comme prélude à la conversion forcée de l’Occident. Une nation qui fait de ce projet le symbole de sa générosité n’est pas seulement perdue : elle prépare son effacement. Et c’est ainsi que commence une guerre civile d’atmosphère : par ces signes diffus, ces silences complices, ce brouillard moral qui précède toujours les catastrophes visibles.

Qu’est-ce qu’une guerre civile d’atmosphère ? Ce n’est pas la guerre ouverte, avec ses colonnes de fumée et ses cadavres au coin des rues. Ce n’est pas encore l’embrasement des quartiers, l’affrontement des milices, le fracas des armes. C’est autre chose, de plus sourd, de plus insinuant : une tension diffuse, qui s’épaissit dans l’air au point que chacun la respire sans même la nommer. C’est une guerre invisible, sans déclaration ni front officiel, mais dont tout le monde pressent qu’elle est déjà commencée dans les têtes et qu’elle pourrait, à la moindre étincelle, se matérialiser en actes.

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Avant les blessures irréparables, avant les pages sanglantes de l’Histoire, il y a l’ambiance. Ce mot, banal et pourtant décisif, dit tout : l’atmosphère sociale, ce climat d’invisible qui imprègne les gestes, les regards, les silences, jusqu’aux réseaux où circulent les colères anonymes. Une ambiance de guerre civile, c’est quand le lien social cesse d’être une évidence et devient un champ de suspicion. Ce n’est pas la rupture brutale mais la fissure progressive, le tissu du commun qui se délite fil après fil, jusqu’à ce que tout se rompe. Ce n’est pas encore l’odeur du sang, mais déjà la crispation des mâchoires, l’évitement de l’autre, la haine muette. On ne s’écoute plus. On ne parle plus que pour s’invectiver. La conversation se transforme en ligne de front.

Drôle d’ambiance

Le plus inquiétant n’est pas que les partis s’opposent, que les débats médiatiques s’enflamment. Le plus inquiétant, c’est que cette fracture est descendue dans les consciences. Les citoyens ne forment plus un peuple ; ils deviennent des camps retranchés, des forteresses de ressentiment. L’adversaire politique cesse d’être un contradicteur : il devient un traître. Dans une guerre civile d’atmosphère, l’autre n’est plus un partenaire de débat ; il est celui avec qui toute coexistence devient impossible. La politique ne consiste plus à chercher des compromis mais à désigner des ennemis.

Depuis longtemps, je l’affirme : la guerre civile commence dans les têtes avant de se manifester dans les rues. Avant les balles, il y a les regards qui se détournent. Avant les barricades, il y a les mots qui blessent. Avant la tragédie, il y a ce refus de reconnaître en face de soi un semblable.

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Et aujourd’hui ? Est-il trop tard ? Trop tard pour réparer les morceaux épars de ce corps social que tout semble pousser à la dislocation ? Peut-on encore recoudre l’esprit d’une nation quand chacun vit dans une mémoire blessée et une peur de l’avenir ? J’ai longtemps voulu y croire. J’ai voulu parier sur la possibilité d’un sursaut : que la conscience du péril nous ramène à l’essentiel. Mais je vois les lignes se durcir, les rancunes s’installer, les haines devenir habitudes. Et le doute s’insinue.

Ce qui glace, c’est que cette fissure ne concerne pas seulement la France. C’est tout l’Occident qui se défait. Non pas sous l’effet d’un ennemi extérieur, mais par usure intérieure : par ses divisions, ses rancunes accumulées, son épuisement spirituel. Nous devenons faibles parce que nous avons cessé de croire en un avenir commun. Et l’histoire nous donne un signe : déjà, des juifs commencent à quitter l’Europe. Encore. Toujours eux, éternels baromètres de la santé morale d’un continent. Leur départ n’est jamais anodin : il annonce la faillite d’un monde. Quand les juifs s’en vont, c’est que la civilisation se prépare à se trahir elle-même.

Il ne s’agit plus seulement de préserver une capacité abstraite à être ensemble. Nous sommes entrés dans un combat pour la survie même de la nation, avec tous ceux qui, quelles que soient leur confession, leur couleur de peau ou leurs origines, choisissent résolument d’en faire partie et de la défendre. Ce n’est plus une question morale mais une bataille existentielle : maintenir un pays vivant, ou le voir se dissoudre dans une guerre intérieure larvée dont nous aurons nous-mêmes pavé le chemin.

Sommes-nous encore capables de livrer ce combat ? De reconnaître nos alliés véritables et nos ennemis réels ? De briser la complaisance et de nommer ce qui menace ? Je l’ignore. Mais il reste peut-être un court instant avant la bascule. Alors, parlons. Écoutons. Rassemblons ceux qui veulent encore que ce pays vive, et faisons-le avec lucidité. Car une guerre civile d’atmosphère ne prévient pas. Elle est là, silencieuse, et un matin, elle a déjà changé l’air que l’on respire.

Des livres de femmes de ménage pour des femmes de ménage

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Les romans de la quadra américaine Freida McFadden se vendent comme des petits pains. Même les lectrices françaises se laissent tenter, déplore notre contributeur.


On apprend sur France Info que les romans d’une certaine Freida McFadden se vendent comme des petits pains : « avec ses thrillers domestiques, la romancière américaine est le nouveau phénomène mondial de la littérature populaire[1] ». Voyez plutôt : rien qu’en France, deux millions d’exemplaires pour La Femme de ménage (2022) ; ce roman, qui figure en tête des ventes dans huit pays, compte déjà trois suites : Les Secrets de la femme de ménage, La femme de ménage voit tout et La femme de ménage se marie. N’est-ce pas, ça fait rêver ?… au règne de la quantité, on ne regarde que le chiffre, guère la qualité — en littérature comme aux résultats du bac.

Malbouffe

Le Nouvel Obs, journal copieusement subventionné (il publiait le 22 juillet un article passionnant sur « la rencontre entre un lièvre et une écrivaine qui a émerveillé Angelina Jolie[2] »), a reconnu du bout des lèvres une certaine efficacité de l’ouvrage — du produit, plutôt, la nuance a son importance. Pour Libération, plus perfide, La Femme de ménage, « ça se dévore comme un fast-food » : du MacDo, donc.

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L’article de France Info — de grande tenue, décidément —, après avoir souligné pour la mettre en valeur la « flopée de rebondissements » de La Femme de ménage, en propose quelques analyses pertinentes, par des intervenants valant bien nos critiques littéraires du siècle dernier (G. Lanson). Virginie, par exemple, chroniqueuse TikTok : « On pense comprendre au début où elle nous emmène, mais sa spécialité, c’est de rajouter une information dans l’épilogue qui fait tout basculer. » Du MacDo, disais-je : des recettes qui feraient vomir si on ne les bourrait de sucre. Et les éditeurs de se jeter comme des chiens sur ces hamburgers dégueulasses pour les dévorer, avant de les digérer, ignoblement.

Girl power

Laissons parler la romancière : « J’ai voulu que ces deux livres soient des récits de girl power, où les femmes triomphent d’un homme qui a du pouvoir sur elles ». Une déclaration à la fois courageuse et profonde ; on croirait lire Baudelaire défendant les Fleurs du Mal. Freida McFadden écrit le point levé : espérons-lui un Maître Senard capable de citer du Bossuet dans le texte aux procureurs, lorsqu’elle passera au tribunal de la société facho-patriarcale — à moins que ce ne soit le tribunal de l’art et du bon goût, pour crime contre la littérature.

Le pire est à venir. La journaliste de France Info, toute contente, précise que Freida McFadden « parvient à convertir un nouveau public, d’ordinaire éloigné de la lecture. » Et de citer le témoignage de Sylvie : « Faute d’entraînement » et par « manque de concentration », elle lisait « très peu », avant de découvrir La Femme de ménage. La conclusion fera se dresser les cheveux sur la tête à plus d’un, et d’abord à ceux qui veulent encore croire à l’initiation dans l’art, à la valeur artisanale de l’œuvre, à ceux pour qui « c’est un métier que de faire un livre, comme de faire une pendule » (La Bruyère) : « « C’est si facile à lire qu’on se dit qu’on pourrait l’écrire nous-même », estime avec satisfaction la sexagénaire. »

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Mais c’est parce que c’est médiocre, Madame, que c’est si facile à lire : pourquoi s’en gargariser ?… Qu’est-ce qu’une littérature « facile à lire », d’ailleurs ? Une littérature qui ne fait plus réfléchir ? Une littérature qui ne mobilise aucune notion culturelle ?… Quand on a du goût, quand on a de l’exigence, on combat la facilité — au nom de l’intelligence.

Bonjour le niveau

Parcourant au hasard les commentaires de l’article de France Info, je tombe là-dessus : « Des livres de femmes de ménage pour des femmes de ménage. » Impitoyable ! Certes, la République a depuis longtemps abandonné l’espoir de relever le niveau des femmes de ménage : elle s’abaisse plutôt au rang de la bêtise et de la pauvreté : ce doit être l’égalité à la française en 2025, profondément injurieuse pour les déclassés du capital culturel, et qui participe de la grande adoration à la déesse Médiocrité — au nom de la haine de l’élitisme.

Et si, au lieu de la daube commerciale abrutissante et consumériste (polluante, de surcroît), on lisait les œuvres d’esthètes, les traités des maîtres ? Ce serait un peu aristocrate… anti-moderne… guère égalitaire… mais d’un bon goût qu’on nous envia pendant des siècles, et autrement plus subversif que toute cette littérature de fausses rebelles, qui ne fait que s’enrichir les vendeurs de papier.

La femme de ménage

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Les secrets de la femme de ménage

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[1] https://www.franceinfo.fr/culture/livres/la-femme-de-menage-la-prof-la-psy-pourquoi-les-romans-de-freida-mcfadden-que-vous-allez-peut-etre-devorer-pendant-vos-vacances-font-ils-un-carton-en-librairie_7392136.html

[2] https://www.nouvelobs.com/bibliobs/20250722.OBS106108/ce-que-ton-regard-promet-la-rencontre-entre-un-lievre-et-une-ecrivaine-qui-a-emerveille-angelina-jolie.html

L’Algérie acceptera-t-elle la main tendue par le roi du Maroc?

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Mohammed VI surprend et prend le peuple algérien à témoin.


Les relations entre le Maroc et l’Algérie sont difficiles depuis plusieurs années. Les frontières sont fermées depuis 1994, en raison notamment de la question sahraouie, sensible pour la monarchie chérifienne. Du reste, la reconnaissance par la France, en 2024 à la même période, de la souveraineté marocaine sur cette région a provoqué l’ire du régime algérien.

Comme chiens et chats

Les petites avanies sont d’ailleurs récurrentes, déclenchées notamment lors de compétitions sportives ou de sommets internationaux. Ainsi, en 2022, Alger accusait le Maroc d’implication directe dans les feux de forêts ayant touché le nord du pays…

Cela avait même conduit le président Abdelmajid Tebboune à demander une « révision radicale » des relations ainsi que l’envoi de patrouilles à la frontière. Lors de la Coupe du monde de football de la même année, où le Maroc atteint une historique place en demi-finale, première pour un pays africain, la télévision algérienne ne diffusa pas les résultats. Des faits bien moins anecdotiques qu’ils n’y paraissent, révélateurs d’une profonde inimitié et d’une intense opposition géostratégique entre les deux puissances d’Afrique-du-Nord. Des cas plus graves sont aussi à rappeler, à l’image des touristes franco-marocains tués en mer alors qu’ils se promenaient en jet-skis et s’étaient perdus dans les eaux territoriales algériennes.

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Peu d’observateurs s’attendaient donc à ce que Mohammed VI « tende la main » à l’Algérie, au plus fort des tensions. Il l’a pourtant fait en disant : « Le peuple algérien est un peuple frère, que des attaches humaines et historiques séculaires lient au peuple marocain. » Il a aussi indiqué avoir « constamment tendu la main en direction de nos frères en Algérie ». C’est une manœuvre habile qui pourrait d’ailleurs aider la France, actuellement en grandes difficultés dans ses relations avec le régime algérien qui détient notamment le journaliste sportif Christophe Gleizes et l’écrivain Boualem Sansal dans ses geôles.

Depuis le mouvement du Hirak, le régime algérien s’est crispé. Le fait que le Roi du Maroc joue la détente est donc intelligent. Ahmed Azizar, directeur de la recherche de l’Institut marocain d’intelligence stratégique décrit la situation avec une certaine acuité : « Le timing de cette main tendue du Roi Mohammed VI est contre-intuitif. C’est précisément au moment où le Maroc a clairement distancié l’Algérie sur le plan économique et diplomatique que Mohammed VI choisit d’appeler à nouveau au calme et à la réconciliation, en prenant le peuple algérien à témoin ».

Gérontocratie algérienne

La stratégie algérienne est souvent inverse. Le pouvoir désigne dans ses médias des dérivatifs et des boucs-émissaires à la colère d’une jeunesse frappée par le chômage endémique et des conditions de vie de plus en plus difficiles, voire liberticides. En tête ces derniers temps la France, mais le Maroc n’est jamais loin derrière. Il s’agit pour Alger de trouver des motifs d’énervement autres que la politique menée actuellement, le peuple ayant légitimement la tenace impression d’être gouvernée par une gérontocratie aux objectifs anachroniques, multipliant les provocations diplomatiques et les sorties de route.

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En réalité, le Maroc positionne ici la « réconciliation » entre sa monarchie et la république voisine comme un objectif régional, voire civilisationnel, bien plus que comme une exigence conjoncturelle. En effet, Rabat n’a pas besoin de renouer ces liens de manière artificielle, n’entretenant pas de dépendance économique avec son voisin ni n’ayant besoin de son appui dans ses zones d’influence. La stratégie diplomatique marocaine marche. Sur la question du Sahara, le royaume vient d’obtenir les soutiens explicites du Royaume-Uni et du Portugal à sa proposition d’autonomie.

Le discours de la fête du trône dévoilait aussi des objectifs ambitieux en matière de développement territorial ainsi que de mise à niveau sur les questions d’éducation et de santé. Se voulant puissance régionale tournée vers l’Afrique, et entretenant des rapports de bonne intelligence avec la France ainsi que l’essentiel des pays européens, le Maroc montre la voie à l’Algérie. Abdelmajid Tebboune saisira-t-il cette opportunité ? Il est permis d’en douter.

Impunité algérienne – une grande réussite française

La capitale des Gaules hors de contrôle ? Un « sentiment d’impunité chez des Algériens en situation irrégulière » est dénoncé avec fracas par la préfète du Rhône, Fabienne Buccio, qui affirme que ces derniers représentent une part importante (plus de la moitié) des 60% d’étrangers en situation irrégulière impliqués dans les vols avec violences à Lyon.


Parfois, certains iraient jusqu’à douter que des liens très particuliers, spécifiques, privilégiés, presque chaleureux unissent nos deux pays. Par chance, Madame Fabienne Buccio, Préfète du Rhône et de la Région Rhône-Alpes vient, au cours d’une interview publiée ce mercredi par notre confrère Le Progrès[1], nous apporter sur ce point de précieux éclaircissements.

On n’arrive pas à les expulser

Dénonçant la très forte augmentation ces six premiers mois de l’année des « faits de vols avec violence » sur ses territoires, elle tient à préciser, non sans courage, qu’ils sont commis à 60%  « par des personnes étrangères en situation irrégulière ». Autre information du plus vif intérêt : plus de la moitié de ces 60% sont des Algériens. En situation irrégulière, répétons-le. « On a actuellement un sentiment d’impunité chez ces Algériens en situation irrégulière qui nous pose problème, insiste-t-elle, là encore avec un certain courage. On n’arrive pas à les expulser. »

A relire, Causeur #128 : Coupons le cordon! Pour l’indépendance de l’Algérie

Voilà bien le lien hyper privilégié que notre pays a réussi à tisser avec les ressortissants de cet autre rivage de la Méditerranée. Cela se résume en quelques mots : « Chez nous, ils sont chez eux », comme aimait à se féliciter François Mitterrand, grand bienfaiteur de la cause migratoire. Ils y sont tellement qu’ils n’ont rien à redouter, semble-t-il, de nos lois, puisque comme le souligne Madame la Préfète, désabusée, même lorsqu’on parvient à les mettre en prison, puis, à la sortie, en Centre de Rétention administrative, quatre-vingt-dix jours plus tard – durée maximum de cette rétention – les revoilà relâchés dans la nature comme si de rien n’était, prêts pour de nouvelles aventures. Elle est pas belle, la vie de ce côté-ci de la grande bleue !

Générosité à sens unique

Les prédicateurs de la générosité géopolitique à sens unique se plaisent à nous expliquer que si nos liens sont si spécifiquement bienveillants, ce n’est au fond que la contrepartie de l’horrible temps de la colonisation où nous avons poussé la barbarie jusqu’à bâtir des écoles, des hôpitaux, des routes, des entreprises, à cultiver d’arides campagnes… Autant de crimes contre l’humanité dûment avérés, comme l’a si justement reconnu en son temps le candidat Macron.

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Bien entendu, ce sentiment d’impunité dont jouissent ces délinquants a une tout autre origine : notre faiblesse. Rien d’autre que notre faiblesse. Notre abjecte et délétère faiblesse. Nous en crevons. En son temps un certain Hyde de Neuville, ardent royaliste adversaire résolu mais digne de Napoléon, affirmait : « La faiblesse est peut-être le plus grand des crimes en politique en ce qu’elle permet tous les autres ». Il parlait d’or. 

Ces Algériens en situation irrégulière ne font en réalité que reproduire le bel et grand exemple que leur donne leur président, M. Tebboune, qui, à peu près chaque matin et chaque soir, adresse à son homologue français – tout rose du contentement que lui valent les douces paroles du Hamas à son endroit – un magistral bras d’honneur. Ce qui ne serait rien, si ce n’était d’abord le peuple de France que l’insulte visait. Si ce n’était le malheureux Boualem Sansal qui, le premier, abandonné, emmuré dans sa geôle et la maladie, en faisait les frais.

Bras d’honneur servilement relayé par l’homme à tout faire du régime algérien en terre Rhône-Alpine, le consul général. Celui-ci, nous révèle encore Madame la Préfète, « n’ayant délivré aucun laisser-passer (de retour) depuis un an. » En d’autres termes, il fait sa loi. Ni plus, ni moins.  Le petit roi de Lyon, c’est lui, braves gens. Quelle réaction face à un tel état de fait, à un tel flux d’humiliations à répétition ?… Certes, du côté de Beauvau et de la Place Vendôme, on va sûrement, une fois de plus, donner de la voix, hausser le ton, vociférer. Malheureusement, nous avons appris de longtemps déjà que, si les chiens de guerre aboient, les chiens couchants aussi…

30 GLORIEUSES - LA DÉCONSTRUCTION EN MARCHE

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[1] https://www.leprogres.fr/faits-divers-justice/2025/07/30/vols-avec-violence-en-hausse-un-sentiment-d-impunite-chez-des-algeriens-en-situation-irreguliere-estime-la-prefete

Main basse des plus riches sur le Tour

Les deux équipes Visma et UAE se partagent le maillot jaune depuis cinq ans.


Un détail, et pas des moindres, car très révélateur de l’évolution du cyclisme, a échappé aux commentateurs dans leur bilan de cette 112e édition du Tour de France, qui a, entre autres, hissé la rue Lepic menant au sommet de la Butte Montmartre au rang de monument de l’épreuve, au même titre que les grands cols pyrénéens et alpestres qui ont fait sa légende (voir encadré).
La formation qui a remporté le classement par équipes avec près de 25 minutes d’avance, Visma-Lease a Bike, c’est celle du second au général, le Danois Jonas Vingegaard. La formation qui a pris la seconde place, UAE (Union des Émirats arabes), c’est tout bonnement celle du flamboyant vainqueur, le Slovène Tadej Pogačar.
Non seulement celui-ci s’est imposé pour la quatrième fois depuis sa première victoire en 2020, il est en outre le troisième coureur de l’histoire du Tour, après Merckx et Fignon, à avoir franchi la ligne d’arrivée aux Champs-Élysées revêtu à la fois de la tunique jaune et du maillot à pois du meilleur grimpeur. Et il s’en est fallu de peu qu’il n’endosse en outre le vert du classement par points.
Ayant franchi la limite d’âge de 25 ans, la conquête du blanc, celui de meilleur jeune, qu’il a gagné à deux reprises, lui était désormais interdite. Mais il a compensé en remportant quatre étapes, dont celle de Hautacam (65), où il a construit sa victoire. L’année précédente, il en avait gagné six. Pour compléter cette razzia de ces deux équipes, il faut ajouter les deux victoires d’étape de Visma-Lease a Bike, dont la plus prestigieuse, celle des Champs-Élysées, revenue au Belge Wout van Aert, le lieutenant de Vingegaard.
Parenthèse : c’est la Belgique, qui, avec un contingent de 30 coureurs, était la mieux représentée dans cette Grande Boucle après la France (elle, avec 38), qui arrive en tête des nations ayant remporté le plus d’étapes avec un total de six. Mais elle n’a aucun représentant dans le top 10, à la différence de la France, qui en place deux (Kévin Vauquelin 7e et Jordan Jegat 10e), mais doit se contenter en revanche d’une seule étape.

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Bien sûr, il est arrivé par le passé qu’une équipe domine l’épreuve. Mais jamais comme cette année : conséquence de la suprématie de Visma et UAE, les autres équipes ont dû se contenter des accessits, parmi lesquels, certes, quelques belles étapes, dont celle du Ventoux, la plus mythique de toutes, revenue au Français Valentin Paret-Peintre, de l’équipe belge Soudal-Quick Step, la cinquième formation la mieux dotée du peloton, avec un budget de l’ordre de 40 millions d’euros.
Force est de constater que si Visma et UAE ont fait main basse sur le Tour, et se partagent le maillot jaune depuis cinq ans, c’est parce qu’avec des budgets respectivement estimés à 55 et 60 millions d’euros, elles sont de loin les plus riches du peloton. Et avant elles, la britannique INEOS-Grenadiers (anciennement Sky), la troisième la mieux dotée, avec un budget aujourd’hui aussi de 55 millions d’euros, avait trusté pas moins de sept victoires sur les huit éditions de 2012 à 2019, dont quatre pour le seul Chris Froome, né au Kenya, premier Africain, mais blanc, à s’imposer sur la Grande Boucle. Une évidence s’impose : pas de pognon, pas de bouquet.
C’est donc ce qui explique en grande partie que la France soit bredouille depuis 40 ans. L’équipe Arkéa, de Vauquelin, qui a confirmé son potentiel en terminant 7e, ne disposait que d’un budget de 20 millions d’euros, soit trois fois moins que celle de Pogačar. L’équipe du 10e, Jegat, TotalEnergies, devait faire avec 17 petits millions. Si Romain Bardet, qui a raccroché son vélo en juin, une fois second et une autre troisième, n’a pas gagné, c’est probablement parce que son équipe, AG2R-La Mondiale, n’avait pas les moyens financiers de s’offrir une garde rapprochée formée des meilleurs coureurs du moment.
Les équipes dominantes, telles que Visma, UAE, INEOS, ont recruté des coureurs qui pourraient être des leaders dans des formations moyennes comme les françaises telles que Groupama-FDJ ou Decathlon-AG2R. À un palmarès aléatoire, ils préfèrent un salaire conséquent. Une carrière cycliste est courte…
Mais la donne, pour la France, pourrait très rapidement changer avec l’annonce, le 18 juillet, jour de repos du Tour : le troisième plus grand transporteur maritime mondial, CMA CGM, basé à Marseille, de la famille libano-française Saadé, a révélé qu’il allait co-sponsoriser l’équipe Decathlon-AG2R-La Mondiale. Cette famille, proche de Macron, est aussi propriétaire d’un groupe de presse (BFM, La Tribune du dimanche, notamment), rival de celui de Vincent Bolloré (CNews, JDD).
Son intention est de porter le budget de l’équipe, qui est de 25 millions d’euros, à 40 millions en 2026, et de monter en puissance jusqu’en 2030, de manière à être dans le top 3 du World Tour (la première division du cyclisme). AG2R, une mutuelle santé-retraite, se retirant, CMA CGM a jeté son dévolu sur cette équipe pour deux raisons : elle s’est dotée cette année d’une cellule performance dont la finalité, selon son directeur Paul Barrat, est de « gagner des courses grâce à la science et à la technologie », et dispose dans ses rangs d’un jeune très prometteur de 18 ans, Paul Seixas. Le projet est d’en faire le prochain Pogačar, car, aujourd’hui, un champion, ça se fabrique…


La rue Lepic probablement au menu des prochaines éditions

Le Tour à peine terminé, des discussions se sont engagées entre l’organisation (Amaury Sport Organisation – ASO) et les autorités publiques — préfecture de police, ministère des Sports et mairie de Paris —, pour intégrer la rue Lepic au parcours de la dernière étape des prochaines éditions, et ainsi l’élever au rang de monument de la vélocipédie.
« Évidemment que nous voulons continuer à passer par Montmartre », a déclaré au Parisien le directeur adjoint du Tour, Pierre-Yves Thouault. « La réussite a dépassé nos espérances et, forcément, l’envie de l’inscrire dans la durée se présente. »
La mairie de Paris abonde dans le même sens. L’adjoint aux Sports, Pierre Rabadan, a déclaré au même quotidien : « Il faut continuer à développer ces moments de partage et de communion. » Pour lui, la rue Lepic doit devenir un rendez-vous incontournable du Tour. « Il n’y a pas de raison pour que ça ne se fasse pas. »
Cette première expérience, après le coup d’essai des JO, a été un succès sans précédent. Plus de 500 000 personnes ont assisté, dans les rues de Paris, à cette dernière étape d’anthologie, dont 180 000 sur la butte Montmartre — contre 160 000 lors des JO. Contrairement aux craintes exprimées par beaucoup, notamment par de nombreux coureurs, l’étape s’est déroulée sans le moindre incident, sans la plus petite chute, et elle a sacré un grand champion : Wout van Aert, de l’équipe de Jonas Vingegaard, le deuxième du classement général et deux fois maillot jaune à Paris.
Peut-être « le début d’une longue histoire d’amour » entre le Tour et Montmartre, se demandait, dès le lendemain, Le Parisien.
Lepic, de son prénom Louis, était un général de Napoléon. Jamais de sa vie il n’aurait imaginé que son patronyme deviendrait, en quelque sorte, le théâtre probable de grandes batailles cyclistes… • RU

Palestine, Vueling: une semaine d’ébranlements

La reconnaissance précipitée d’un État palestinien par la France est une récompense injustifiée au terrorisme. La famine à Gaza est utilisée comme une arme médiatique contre l’État hébreu, malgré la responsabilité directe du Hamas dans cette crise humanitaire. Pendant ce temps, en Espagne, un incident s’est produit à l’aéroport de Valence, au cours duquel des adolescents français juifs ont été expulsés d’un avion. La compagnie Vueling est soupçonnée d’antisémitisme dans cette affaire troublante.


On dit qu’un séisme de magnitude 8,8 est survenu cette semaine au large du Kamtchatka[1]. Plus près de nous, en Europe, je ne sais comment mesurer les ébranlements anti-israéliens concomitants.

Les secousses ne sont pas uniquement diplomatiques, avec la déclaration française sur la reconnaissance d’un État palestinien dans laquelle le président Macron s’assied sur les exigences qu’il avait antérieurement formulées de libération des otages et de démantèlement du Hamas. Il pense qu’il ajoutera à son prestige et à celui de son pays en récompensant une Autorité palestinienne discréditée, notoirement impuissante et corrompue, chantant la gloire des terroristes en langue arabe et assurant dans les langues occidentales son désir de paix et d’une solution à deux États, solution qu’elle a dans le passé refusée chaque fois qu’un plan avait été proposé.

Cette famine « imminente » qu’on agite depuis 20 mois

Cette reconnaissance serait aujourd’hui celle d’un Hamas auréolé de ses actes «héroïques» du 7-Octobre et de sa résistance contre l’armée israélienne, un Hamas dont la véritable arme, qu’il utilise avec une habileté sordide est celle de l’exploitation de la tragédie qui touche les habitants de Gaza, du sort desquels il est comptable depuis près de 20 ans. 

Il est quasi certain que l’offensive israélienne s’arrêterait instantanément si les otages étaient libérés, quels que soient les désirs ou les déclarations de certains ministres du gouvernement israélien sans responsabilité militaire. Cette seule notion rend obscène l’idée que la reconnaissance serait une récompense morale à accorder aux Gazaouis. 

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La famine a été un moyen de victoire dans le lointain de l’histoire des sièges; elle a accompagné ou suivi les conflits, mais à Gaza c’est l’accusation de famine qui est devenue une arme de guerre. Elle a entrainé contre Israël des accusations virulentes même si les responsables israéliens niaient toute famine généralisée, une accusation que l’ONU agite faussement depuis déjà 20 mois mais qui reflète récemment à coup sûr une situation alimentaire extrêmement préoccupante.

Dans ce domaine au lieu de suivre les canaux informationnels qui me conviennent, je vais m’en tenir aux déclarations du PAM (Programme alimentaire mondial), l’organisme qui supervise le programme alimentaire de l’ONU et qu’on ne peut pas qualifier de proche d’Israël.

Que dit il le 27 et le 29 juillet? Que plus de 500 000 personnes, soit près d’un quart de la population de Gaza, dont de nombreux enfants, vivent dans des conditions de malnutrition grave. Il sonne l’alerte pour qu’on n’en arrive pas à une situation de famine. Il souligne qu’il dispose d’une quantité suffisante de vivres pour fournir à long terme les 2000 tonnes quotidiennes nécessaires à Gaza. Il insiste sur le fait que le blocage est celui de la distribution et salue les autorités israéliennes disposées à mettre en place des trêves humanitaires et à créer des couloirs sécurisés.

Ces problèmes de distribution ont été depuis longtemps mis en exergue par les Israéliens, car le PAM avait pour opérateur à Gaza l’UNWRA, dont la complaisance pour le Hamas est un secret de Polichinelle. Celui-ci, sous prétexte de protection, s’est emparé à de nombreuses reprises du contenu des convois, et l’a utilisé pour son propre compte. Ce fait a été discuté mais est avéré actuellement.

C’est dire que le Hamas porte une lourde responsabilité dans la dénutrition qui touche une partie des Gazaouis, sans compter son rôle dans l’insécurité et les fusillades qui ont entravé le fonctionnement de la Gazan Humanitarian Foundation (GHF). 

Les réseaux sociaux n’ont rien à faire de cette réalité complexe. Les étiquettes sont martelées sans cesse: Israël est affameur et génocidaire.  

Maudits sionistes

Dans toute l’Europe, la semaine a été parcourue d’agressions contre les maudits sionistes. Parmi eux se détache l’expulsion de leur avion à Valence en Espagne d’une cinquantaine d’adolescents français juifs et de leurs moniteurs. De ce qu’on sait actuellement, la compagnie Vueling a eu un comportement scandaleux. Son communiqué faisant état du danger pour la sécurité qu’auraient représenté ces jeunes manipulant bouteilles d’oxygène et gilets de sauvetage tout en manifestant un comportement fortement conflictuel ne correspond en rien ni aux témoignages de passagers non-juifs interrogés, ni aux caractéristiques techniques de l’avion qui interdisent des manipulations intempestives de ce genre. 

https://twitter.com/vueling/status/1949873688162992616

On peut imaginer ce qui s’est passé. Une colonie de vacances du nom de Kinneret estampillée comme juive dès l’enregistrement rencontre dans l’avion certains navigants dont l’affection pour Israël n’est pas la vertu première et qui veulent faire un exemple pour venger les malheureux Gazaouis. Un jeune entame, sans être suivi d’ailleurs, un chant en hébreu. C’en est trop, le processus est enclenché qui mènera à l’arrivée d’une Garde Civile elle-même émoustillée à l’idée de s’en prendre à des Israéliens. L’équation personnelle du commandant de bord, ancien moniteur de vol de Mohammed Atta, ne relève peut-être que d’une coïncidence fort troublante, comme la large présence du Qatar au capital de Vueling.

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Une expulsion avant vol d’un groupe aussi important est absolument rarissime. On signale un épisode analogue et, nouvelle coïncidence aussi peut-être, il s’agissait de Juifs. En 2022 pendant la pandémie, des ultra-orthodoxes avaient refusé de mettre des masques anti Covid et la compagnie avait expulsé tous les passagers identifiés comme Juifs quel qu’eût été leur comportement. Cela obligea la Lufthansa à des excuses publiques et à 4 millions de dollars d’amende.

Pour l’amende, je ne sais pas, mais pour les excuses, je suis sceptique. Le Ministre des Transports espagnol, Oscar Puente, s’est fendu d’un commentaire sur X où les adolescents sont qualifiés de «os niñatos israelis» ce qui ne peut se traduire que par «les morveux (ou petits cons) Israéliens.»

Donc ce ministre espagnol tient déjà son verdict: les enfants sont des petits cons, un Français juif, ça n’existe pas, et un Israélien ne peut être que coupable de ce qu’on l’accuse. Alors disons le simplement, M. Puentes est une ordure antisémite et dans cette affaire il n’est probablement pas le seul…


[1] La Kamtchatka est une péninsule de 1 380 km de long située en extrême-orient russe et qui s’avance dans l’océan Pacifique.

France, terre d’asile terroriste

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Affaire Nour Atallah. « Une étudiante gazaouie tenant des propos antisémites n’a rien à faire en France. Les criblages effectués par les services compétents des ministères concernés n’ont manifestement pas fonctionné. J’ai demandé à ce qu’une enquête interne soit diligentée pour que cela ne puisse en aucun cas se reproduire », s’indignait hier le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot


On l’a souvent présentée comme un phare pour les opprimés, une patrie des droits de l’homme. Mais en vérité, la France est devenue la base arrière des bourreaux. Depuis 1945, elle n’accueille pas des exilés — elle héberge des prédateurs. Fascistes, terroristes, islamistes, révolutionnaires sanguinaires, tueurs de masse : tous ont trouvé ici gîte, protection, indulgence. Pire : respectabilité.

1946 : Le Mufti nazi, invité du Quai d’Orsay

Tout commence juste après la guerre, dans l’odeur encore fraîche des fours crématoires. En 1946, le Grand Mufti de Jérusalem, Haj Amin al-Husseini, complice direct du projet nazi d’extermination des Juifs, est accueilli… à Paris. Il aurait dû comparaître à Nuremberg, au banc des accusés. Mais le Quai d’Orsay le protège. Pourquoi ? Parce qu’il incarne une figure de l’arabisme, utile dans la stratégie d’influence post-coloniale.

Cet homme a pourtant passé la guerre à Berlin, rencontré Himmler, levé une division musulmane pour les SS en Bosnie, et appelé à l’extermination des Juifs dans le monde arabe.

La France, déjà, fait le choix de l’ambiguïté : plutôt les ennemis d’Israël que les amis de la vérité.

1978 : Khomeini, l’ayatollah en résidence surveillée douce

En 1978, c’est au tour de Ruhollah Khomeini, chassé d’Irak, d’être accueilli à Neauphle-le-Château, en région parisienne. L’homme est inconnu du grand public, mais son programme est limpide : théocratie, charia, décapitations, torture et soumission des femmes. Giscard d’Estaing, toujours prompt à caresser l’Orient dans le sens du pétrole, l’accueille sans broncher. Khomeini y enregistre ses prêches, mobilise ses partisans, lance des appels à l’insurrection.

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Quelques mois plus tard, il rentre triomphalement en Iran. La révolution islamique commence, suivie de massacres, de purges, et d’un régime dont le terrorisme deviendra l’un des leviers d’exportation idéologique.

La France, encore une fois, a couvé un monstre.

Années 1980–1990 : Poseurs de bombes et islamistes d’avant-garde

Les années 1980 voient arriver un autre contingent : les terroristes d’« outre-gauche », ces Argentins, Allemands, Italiens, Espagnols, planqués à Paris. On les excuse : « contexte politique tendu », « répression franquiste », « fascisme sud-américain ». Résultat : des tueurs et des poseurs de bombes promus intellectuels de salon. La doctrine Mitterrand ira jusqu’à refuser l’extradition des membres des Brigades Rouges.

Pendant ce temps les réseaux islamistes se structurent librement dans les banlieues, à l’ombre du clientélisme local et de la lâcheté républicaine. Le djihad n’est pas encore armé, mais il est déjà structuré.

1990–1997 : Le GIA et le FIS, protégés français

En Algérie, c’est la guerre civile. Le Front Islamique du Salut (FIS) s’apprête à prendre le pouvoir par les urnes, avec un programme théocratique assumé. L’armée algérienne annule les élections. La répression est terrible, mais la France choisit son camp : elle accueille les dirigeants du FIS comme de simples réfugiés politiques. 

Le FIS a même bénéficié en France de relais universitaires et médiatiques puissants. Des tribunes dans Le Monde ont défendu sa légitimité ou dénoncé la répression algérienne. Des intellectuels proches idéologiquement du FIS ont été invités sur France Culture. Mais jamais — officiellement — ses chefs n’ont eu micro ou tribune directe dans ces médias.

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Puis viennent les GIA (Groupes Islamiques Armés). Égorgeurs d’enfants, démembreurs de femmes, bourreaux islamistes dont les communiqués citent Allah avant de mutiler. Des cellules sont actives en France même. Les attentats de 1995, à Paris, dans le métro Saint-Michel, rappellent que l’asile a un prix : le sang des Français.

Les djihadistes français : le retour du monstre

Vient ensuite le djihad version Daesh. Des centaines de Français partent pour la Syrie, brûlent leur passeport, prêtent allégeance à Baghdadi. On les filme en train de décapiter, de violer, d’élever leurs enfants dans la haine des kouffars. Et que fait la France ? Elle les recherche, les rapatrie, les soigne, les écoute.

Le summum : leurs enfants, élevés dans la haine, formés à tuer dès cinq ans, sont « réinsérés » en école maternelle républicaine, avec des accompagnateurs spécialisés.

Les mères, plus radicales que les pères, sont présentées comme des victimes. On les excuse : elles « ne savaient pas », « ont été manipulées ». En réalité, elles formaient la matrice du califat.

Nour Atallah : doctorante en haine génocidaire… mais protégée

Voici maintenant la génération issue de nos universités. Nour Atallah, doctorante en sciences politiques à Lille, admiratrice déclarée d’Hitler, relayant des appels à l’extermination des Juifs, en arabe et en français. Elle ne s’exprime pas dans une cave obscure mais depuis un compte public, dans un français soigné, avec la morgue tranquille de l’impunité.

Face à l’indignation, l’école l’a exclue — mesure rarissime, preuve de la gravité du cas. Mais ensuite ? Que faire ?

Elle n’est ni expulsée, ni inculpée. Parce qu’en France, poser le pied sur le territoire vous transforme en intouchable. Le Conseil d’État, les tribunaux administratifs, la CEDH, le droit à une vie familiale normale, l’interdiction de retour dans un pays « à risques »… Tout est prêt pour empêcher l’expulsion, même quand il s’agit d’un appel au génocide. Ce juridisme absurde, cette obsession procédurale, sont devenus les complices passifs du djihad. On ne peut pas expulser une étudiante salafiste qui encense Hitler, car cela heurterait sa dignité.

Voilà où nous en sommes : la haine est protégée par l’État de droit. Et la France, encore une fois, abrite ceux qui rêvent de la détruire.

Mais le plus grave, c’est peut-être ce que personne n’ose nommer : seul le Hamas est en mesure de délivrer les laissez-passer consulaires aux Gazaouis souhaitant quitter le territoire. Autrement dit, tout Palestinien prétendant à l’asile humanitaire ou politique passe, de fait, sous le filtre du Hamas. Et ce ne sont évidemment pas que les modérés qui seront exfiltrés — ce sont aussi les plus proches de l’appareil idéologique et militaire, les plus sûrs, les plus fanatiques. La France, sous couvert d’urgence humanitaire, s’apprête donc à récupérer aussi ceux que Tsahal traque — pas les victimes, mais les complices. On peut même supposer, sans paranoïa excessive, que des négociations discrètes ont peut-être été engagées entre des représentants du Hamas et la diplomatie française, comme cela s’est déjà fait dans l’histoire avec d’autres groupes islamistes. Résultat : l’asile devient une voie d’exfiltration pour les islamo-terroristes, validée par notre propre administration. À ce stade, la perversion de notre politique d’asile n’est plus une erreur : c’est une reddition organisée.

Le verbe et l’amour

À la recherche de l’esprit français


L’esprit français, c’est le « en même temps » ! Je ne parle pas ici de cette hasardeuse combinaison faite de reniement et de déni, d’un affaissement culturel certain et d’une schlague idéologique qui interdit la parole libre dans ce pays ; je parle plutôt du point de combustion, le plus élevé, le plus intense, le plus enivrant qui soit, entre la beauté du style, l’alchimie des mots et des sons, c’est-à-dire l’affirmation d’une identité propre et, « en même temps », l’introduction du potache, de l’humeur joyeuse, de l’érotisme chaste, du salutaire second degré et surtout du refus obstiné de se faire dévorer intellectuellement par l’esprit de sérieux. L’esprit français, c’est le contre-pied permanent, la tragédie goguenarde chez les héros de Léo Malet et la cavalcade amoureuse chère à mon réalisateur adoré Philippe de Broca. En littérature, en chanson, au cinéma, l’esprit français s’est toujours caractérisé par une recherche stylistique poussée qui rencontrerait sur son chemin la ferveur populaire. Cette onde populaire et cette exigence artistique sont des mots qui vont très bien ensemble. Chez Audiard, Guitry, Rabelais, Michel Delpech ou Nino Ferrer, dans la voix d’Arletty ou de Fanny Ardant, s’entrechoquent l’aristocratie du verbe et la blague sur le zinc, les amours impossibles et les corps moites. Railler les puissants tout en s’amusant de ses propres turpitudes, ne pas prophétiser l’avenir, être humble et modeste avec le réel, tout en essayant de réenchanter notre langue, c’est ça l’esprit français.

Monsieur Nostalgie

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Le patriotisme français, ce reproche fait aux juifs

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Alors que son mouvement a été critiqué par le rabbin de Metz lors d’une cérémonie commémorative, Jean-Luc Mélenchon a dénoncé un mélange des genres et exprimé le souhait de « rétablir le droit à la laïcité dans les cérémonies publiques ». Pourtant, l’islamo-gauchisme et le rejet de la laïcité par de nombreux militants de la France insoumise commencent, par ailleurs, à être bien documentés.


L’ire de Jean-Luc Mélenchon a été déclenchée par le Grand Rabbin de Metz et de Moselle, Bruno Fiszon, au point que l’ancien parlementaire et ministre considère comme « une provocation religieuse la mise en cause de LFI » lors de la cérémonie de commémoration de la rafle de Vel d’Hiv, le dimanche 20 juillet dernier au Fort-Queuleu.
Pour sa part, le Grand Rabbin de Metz et de Moselle, titulaire d’un diplôme de vétérinaire et spécialiste des questions relatives à l’abattage rituel, considère qu’en procédant à « l’instrumentalisation du conflit israélo-palestinien, La France Insoumise (…) attise les braises. » Il a exprimé ainsi la crainte croissante de nombre de juifs de l’hexagone.

Français juifs contre Nouvelle France

Un représentant institutionnel ou un rabbin doivent-ils, dans notre République, limiter leur parole à la déploration des juifs morts pendant la Shoah, lors de manifestations publiques auxquelles sont conviés tous les élus, lesquels communient sans exception dans le refus légitime de toute résurgence d’un antisémitisme de persécution tel que la France le connut et le subit ?
Devient-il, maintenant, inapproprié de s’inquiéter avec vivacité de la liaison perfide entretenue par certains entre les agissements d’Israël et les conséquences pour les juifs de France ou d’autres pays ? Derrière cette interrogation se tapit la clé d’une haine qui, au passé comme au présent, frappe des concitoyens en raison de leur confession car ils se revendiquent patriotes.

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Les Français juifs anciens combattants de la Première Guerre mondiale avaient manifesté un patriotisme infiniment supérieur à celui des collaborateurs zélés des nazis, qui procédaient à leur arrestation. L’affaire Dreyfus avait déjà démontré comment un officier de commandement coupable de trahison avait tout tenté pour faire condamner un patriote juif et français.
« Français d’abord et Juif d’abord », écrivait de manière lumineuse le Grand Rabbin Haguenau voici un siècle. Or Jean-Luc Mélenchon espère pour la France une autre langue et un autre peuple. Les juifs, en accord ou non avec le pouvoir politique en situation de gouverner, ont toujours aimé la France telle qu’elle est, participant à leur pleine manière à la vie nationale.
Se télescopent ainsi deux conceptions se situant aux antipodes l’une de l’autre, voire radicalement différentes. Ceux qui veulent transformer la France et changer sa nature ne peuvent supporter ceux qui, souvent venus d’ailleurs comme beaucoup d’autres, aiment notre pays comme il est, car ils mesurent le bienfait que représente son existence.

Une mécanique perverse est enclenchée

Dès lors, l’attaque contre les juifs de France va reposer sur un syllogisme: prendre appui sur les agissements d’Israël avec lesquels tout juif est supposément en accord pour discréditer ceux qui, dans notre pays, croient en notre vie républicaine telle qu’elle est, avec ses lignes de force, ses qualités et ses défauts. Cela accréditera l’idée qu’ils deviennent nécessairement attaquables.

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Cette stratégie, parce qu’elle se révèle efficace auprès des esprits assiégés par les images de Gaza, est particulièrement perverse, dangereuse et nuisible. Que ses concepteurs ne s’étonnent pas des dégâts qu’ils peuvent encore causer, ni de devoir en répondre. Chacun peut intégrer que les immenses souffrances passées des juifs en France appellent la retenue.
C’est explicitement ce qu’a rappelé le Grand Rabbin Bruno Fiszon, pendant le temps dédié d’une commémoration lors de laquelle il n’était pas interdit, même aux plus sectaires, de réfléchir. Rappelons qu’il n’est pas obligatoire d’être antisémite pour faire profession d’antisémitisme, catégorie dans laquelle se complaisent des velléitaires prétendument opposés.

Corruption sur Terre et paranoïa dans les airs

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À Téhéran, les mollahs aux abois n’aiment pas les espions… ni les opposants, ni les trafiquants de drogue, ni les chansons tristes. Les religieux tentent de réactiver la fibre nationaliste et pendent à tour de bras dans les prisons.


Il y a tout juste un mois, le monde retenait son souffle alors que l’escalade entre Israël et l’Iran battait son plein. Au cours de ce que l’on peut appeler désormais la guerre des 12 jours, la République islamique a déploré la mort de mille de ses ressortissants, dont quelques figures majeures du régime.

Devant la Chine à la fin de l’année ?

À l’intérieur, la répression ne faiblit pas. Le 25 juillet dernier, Mehdi Hassani et Behrouz Ehsani ont été exécutés. Les deux hommes avaient été condamnés à mort en janvier pour « rébellion armée », « inimitié envers Dieu » et « corruption sur Terre », en lien avec leur appartenance supposée à l’organisation d’opposition des Moudjahidines du peuple (MeK), au terme d’un procès qui a duré cinq minutes. Ils s’ajoutent à la liste des 612 détenus exécutés au cours du premier semestre 2025.

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Le chiffre est deux fois plus élevé que pour le premier semestre 2024 (297 exécutions alors). De quoi écraser le rival saoudien dans ce macabre exercice, et égaler ou dépasser la Chine à la fin de l’année. L’agence Fars News, proche des Gardiens de la révolution, évoque le souvenir de l’été 1988, quand les opposants à l’ayatollah Khomeini, de la gauche aux royalistes en passant par les Moudjahidines du peuple, avaient été exécutés. En moins de trois semaines, entre 2 800 et 5 000 détenus avaient été abattus dans les geôles iraniennes.

Téhéran, nid d’espions

Plus de 40 % des personnes exécutées en 2025 l’ont été à cause d’activités liées à la drogue. Pour le reste des condamnés, il s’agit d’accusations « fourre-tout », comme celle d’« inimitié envers Dieu » ou de « corruption sur Terre », accusations tirées du droit islamique, bien utiles pour mener la guerre aux opposants politiques et aux minorités religieuses. La guerre des 12 jours n’a pas freiné la paranoïa au sein de la République islamique à l’égard de ceux qui collaborent « avec des États hostiles », bien au contraire : plus de 700 Iraniens et un nombre indéterminé de ressortissants étrangers ont été arrêtés, d’après les médias persans.

Les autorités iraniennes ont par exemple affirmé avoir démantelé un réseau d’espionnage lié au Mossad, qui aurait été impliqué dans des assassinats ciblés de scientifiques, des sabotages industriels et des infiltrations de sites militaires et nucléaires, avec des agents non pas iraniens ou israéliens… mais indiens, pour certains techniciens, logisticiens ou ingénieurs civils employés à Bahreïn, aux Émirats arabes unis ou à Oman, ayant un accès logistique, administratif ou informatique à des structures régionales stratégiques.

La mue nationaliste des mollahs

Il faut dire que même les paranoïaques ont de bonnes raisons d’être inquiets. Si l’objectif israélien de renverser le régime de Téhéran a échoué, l’opposition perse continue de réclamer des changements. L’opposant réformiste Mir Hossein Moussavi a publié, le 10 juillet, une déclaration appelant à la libération des prisonniers politiques et à la rédaction d’une nouvelle Constitution. Il a été rejoint par 800 personnalités politiques. La déclaration se dissocie de toute allégeance à une puissance étrangère ennemie, proposant une troisième voie, « celle du peuple, qui trace une route indépendante, pour conjurer la répression et l’autoritarisme tout comme la guerre et l’agression extérieure ».

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En réaction, Téhéran semble « iraniser » sa propagande depuis la guerre des 12 jours, ajoutant aux références chiites d’autres plus nationalistes. C’est ainsi que des chants patriotiques datant de l’époque de l’invasion anglo-soviétique ressurgissent. « Aujourd’hui, Iran et islam ne font qu’un », a soutenu un clerc ultra-conservateur en marge des festivités de l’Achoura.

Face à la menace extérieure et aux dissensions internes, le régime doit activer la fibre nationale et encourager l’union sacrée.

Au lendemain de la guerre du Golfe, Saddam Hussein avait dû « réislamiser » le régime baasiste (ajoutant même les mots Allahu akbar sur le drapeau) pour tenir une nation rendue exsangue par les sanctions internationales ; trente-cinq ans plus tard, l’ennemi iranien doit faire le chemin inverse, pour résister à la double pression de l’extérieur et de l’intérieur.

Qu’est-ce qu’une guerre civile d’atmosphère?

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Deauville, mai 2025 © SICCOLI PATRICK/SIPA

Le plus inquiétant n’est pas que les partis politiques s’opposent de plus en plus violemment à l’Assemblée nationale, ou que les débats médiatiques s’enflamment. Le plus inquiétant, c’est que les fractures sont descendues dans les consciences. Les citoyens ne forment plus vraiment un peuple uni, ils deviennent des camps retranchés et des forteresses de ressentiment…


Il y a des événements qui révèlent plus que mille discours. L’affaire de cette étudiante palestinienne de vingt-cinq ans, idéologiquement proche du Hamas et auteure de tweets d’un antisémitisme d’une violence nue, appartient à cette catégorie. Vingt-cinq ans : l’âge où les convictions ne sont plus des maladresses, mais des choix assumés. Ce qu’elle a écrit ne relève pas d’un excès de jeunesse mais d’un imaginaire formé dès l’enfance : la haine du juif comme principe fondateur et, derrière elle, la volonté d’anéantir ce qu’il incarne – un monde, une mémoire, une altérité – pour imposer à l’Occident sa conversion idéologique et religieuse. Le Juif n’est ici qu’un avant-poste : c’est l’Occident lui-même qui est visé, non seulement pour être détruit, mais pour être refondu dans un autre ordre moral, un autre récit de civilisation.

Et pourtant, cette jeune femme a été accueillie comme réfugiée, inscrite à Sciences Po Lille, hébergée par son directeur. Ce n’est pas simplement de la naïveté. Ce geste est un basculement. Il ne s’agit pas seulement d’offrir l’asile à une personne : en fermant les yeux sur ce qu’elle porte en elle, c’est une idéologie que nous introduisons au cœur de nos institutions. Et elle n’est pas seule. D’autres viendront. D’autres jeunes adultes, Palestiniens ou non, nourris depuis l’enfance à la haine du Juif et au rêve d’un Occident humilié, converti de force à leur récit.

Alliances douteuses

Il faut cesser de croire qu’il ne s’agit que d’un aveuglement. Ce sont déjà des complicités. Derrière la façade de l’humanisme, il y a des alliances silencieuses, des trahisons qui se préparent, certaines déjà à l’œuvre. Dans les années 30, les élites françaises et européennes, persuadées de défendre la paix universelle, ont tendu la main à des forces qui allaient devenir l’instrument de la collaboration. Elles croyaient défendre la civilisation ; elles en préparaient la reddition. Aujourd’hui, nous répétons ce geste : accueillir au nom de la générosité une idéologie dont le but avoué est la soumission et la transformation de notre monde.

Je n’ai pas découvert ce discours sur les réseaux sociaux. Il y a vingt ans, à Marseille, l’école de police avait choisi de loger ses élèves au cœur d’une cité sensible. Ces jeunes policiers vivaient plusieurs semaines dans les mêmes immeubles que les habitants. J’ai animé des rencontres entre les policiers et les adolescents de ce quartier. Et déjà, ces jeunes regardaient les vidéos du Hamas, glorifiaient ses combattants, commentaient les attentats comme des victoires. C’était il y a vingt-cinq ans. Cette culture n’a pas disparu ; elle s’est enracinée, consolidée, et elle entre désormais par nos frontières, protégée par le masque de l’asile.

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Pendant que nous sanctuarisons cette idéologie au nom d’un humanisme devenu aveugle, un autre signe retentit, implacable : les juifs quittent à nouveau l’Europe. Leur départ n’est jamais une donnée statistique, mais une alarme historique. Dans les années 30, leur exode annonçait que la civilisation européenne était prête à se trahir elle-même. Aujourd’hui, leur fuite nous dit que l’air est redevenu irrespirable, que la guerre civile d’atmosphère est déjà là, avant même que les armes ne parlent.

Le grand effacement

Ce n’est donc pas seulement de l’aveuglement. C’est un mouvement plus profond : l’acceptation passive, parfois complice, de l’anéantissement des juifs comme prélude à la conversion forcée de l’Occident. Une nation qui fait de ce projet le symbole de sa générosité n’est pas seulement perdue : elle prépare son effacement. Et c’est ainsi que commence une guerre civile d’atmosphère : par ces signes diffus, ces silences complices, ce brouillard moral qui précède toujours les catastrophes visibles.

Qu’est-ce qu’une guerre civile d’atmosphère ? Ce n’est pas la guerre ouverte, avec ses colonnes de fumée et ses cadavres au coin des rues. Ce n’est pas encore l’embrasement des quartiers, l’affrontement des milices, le fracas des armes. C’est autre chose, de plus sourd, de plus insinuant : une tension diffuse, qui s’épaissit dans l’air au point que chacun la respire sans même la nommer. C’est une guerre invisible, sans déclaration ni front officiel, mais dont tout le monde pressent qu’elle est déjà commencée dans les têtes et qu’elle pourrait, à la moindre étincelle, se matérialiser en actes.

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Avant les blessures irréparables, avant les pages sanglantes de l’Histoire, il y a l’ambiance. Ce mot, banal et pourtant décisif, dit tout : l’atmosphère sociale, ce climat d’invisible qui imprègne les gestes, les regards, les silences, jusqu’aux réseaux où circulent les colères anonymes. Une ambiance de guerre civile, c’est quand le lien social cesse d’être une évidence et devient un champ de suspicion. Ce n’est pas la rupture brutale mais la fissure progressive, le tissu du commun qui se délite fil après fil, jusqu’à ce que tout se rompe. Ce n’est pas encore l’odeur du sang, mais déjà la crispation des mâchoires, l’évitement de l’autre, la haine muette. On ne s’écoute plus. On ne parle plus que pour s’invectiver. La conversation se transforme en ligne de front.

Drôle d’ambiance

Le plus inquiétant n’est pas que les partis s’opposent, que les débats médiatiques s’enflamment. Le plus inquiétant, c’est que cette fracture est descendue dans les consciences. Les citoyens ne forment plus un peuple ; ils deviennent des camps retranchés, des forteresses de ressentiment. L’adversaire politique cesse d’être un contradicteur : il devient un traître. Dans une guerre civile d’atmosphère, l’autre n’est plus un partenaire de débat ; il est celui avec qui toute coexistence devient impossible. La politique ne consiste plus à chercher des compromis mais à désigner des ennemis.

Depuis longtemps, je l’affirme : la guerre civile commence dans les têtes avant de se manifester dans les rues. Avant les balles, il y a les regards qui se détournent. Avant les barricades, il y a les mots qui blessent. Avant la tragédie, il y a ce refus de reconnaître en face de soi un semblable.

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Et aujourd’hui ? Est-il trop tard ? Trop tard pour réparer les morceaux épars de ce corps social que tout semble pousser à la dislocation ? Peut-on encore recoudre l’esprit d’une nation quand chacun vit dans une mémoire blessée et une peur de l’avenir ? J’ai longtemps voulu y croire. J’ai voulu parier sur la possibilité d’un sursaut : que la conscience du péril nous ramène à l’essentiel. Mais je vois les lignes se durcir, les rancunes s’installer, les haines devenir habitudes. Et le doute s’insinue.

Ce qui glace, c’est que cette fissure ne concerne pas seulement la France. C’est tout l’Occident qui se défait. Non pas sous l’effet d’un ennemi extérieur, mais par usure intérieure : par ses divisions, ses rancunes accumulées, son épuisement spirituel. Nous devenons faibles parce que nous avons cessé de croire en un avenir commun. Et l’histoire nous donne un signe : déjà, des juifs commencent à quitter l’Europe. Encore. Toujours eux, éternels baromètres de la santé morale d’un continent. Leur départ n’est jamais anodin : il annonce la faillite d’un monde. Quand les juifs s’en vont, c’est que la civilisation se prépare à se trahir elle-même.

Il ne s’agit plus seulement de préserver une capacité abstraite à être ensemble. Nous sommes entrés dans un combat pour la survie même de la nation, avec tous ceux qui, quelles que soient leur confession, leur couleur de peau ou leurs origines, choisissent résolument d’en faire partie et de la défendre. Ce n’est plus une question morale mais une bataille existentielle : maintenir un pays vivant, ou le voir se dissoudre dans une guerre intérieure larvée dont nous aurons nous-mêmes pavé le chemin.

Sommes-nous encore capables de livrer ce combat ? De reconnaître nos alliés véritables et nos ennemis réels ? De briser la complaisance et de nommer ce qui menace ? Je l’ignore. Mais il reste peut-être un court instant avant la bascule. Alors, parlons. Écoutons. Rassemblons ceux qui veulent encore que ce pays vive, et faisons-le avec lucidité. Car une guerre civile d’atmosphère ne prévient pas. Elle est là, silencieuse, et un matin, elle a déjà changé l’air que l’on respire.

Des livres de femmes de ménage pour des femmes de ménage

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La romancière américaine Freida McFadden. DR.

Les romans de la quadra américaine Freida McFadden se vendent comme des petits pains. Même les lectrices françaises se laissent tenter, déplore notre contributeur.


On apprend sur France Info que les romans d’une certaine Freida McFadden se vendent comme des petits pains : « avec ses thrillers domestiques, la romancière américaine est le nouveau phénomène mondial de la littérature populaire[1] ». Voyez plutôt : rien qu’en France, deux millions d’exemplaires pour La Femme de ménage (2022) ; ce roman, qui figure en tête des ventes dans huit pays, compte déjà trois suites : Les Secrets de la femme de ménage, La femme de ménage voit tout et La femme de ménage se marie. N’est-ce pas, ça fait rêver ?… au règne de la quantité, on ne regarde que le chiffre, guère la qualité — en littérature comme aux résultats du bac.

Malbouffe

Le Nouvel Obs, journal copieusement subventionné (il publiait le 22 juillet un article passionnant sur « la rencontre entre un lièvre et une écrivaine qui a émerveillé Angelina Jolie[2] »), a reconnu du bout des lèvres une certaine efficacité de l’ouvrage — du produit, plutôt, la nuance a son importance. Pour Libération, plus perfide, La Femme de ménage, « ça se dévore comme un fast-food » : du MacDo, donc.

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L’article de France Info — de grande tenue, décidément —, après avoir souligné pour la mettre en valeur la « flopée de rebondissements » de La Femme de ménage, en propose quelques analyses pertinentes, par des intervenants valant bien nos critiques littéraires du siècle dernier (G. Lanson). Virginie, par exemple, chroniqueuse TikTok : « On pense comprendre au début où elle nous emmène, mais sa spécialité, c’est de rajouter une information dans l’épilogue qui fait tout basculer. » Du MacDo, disais-je : des recettes qui feraient vomir si on ne les bourrait de sucre. Et les éditeurs de se jeter comme des chiens sur ces hamburgers dégueulasses pour les dévorer, avant de les digérer, ignoblement.

Girl power

Laissons parler la romancière : « J’ai voulu que ces deux livres soient des récits de girl power, où les femmes triomphent d’un homme qui a du pouvoir sur elles ». Une déclaration à la fois courageuse et profonde ; on croirait lire Baudelaire défendant les Fleurs du Mal. Freida McFadden écrit le point levé : espérons-lui un Maître Senard capable de citer du Bossuet dans le texte aux procureurs, lorsqu’elle passera au tribunal de la société facho-patriarcale — à moins que ce ne soit le tribunal de l’art et du bon goût, pour crime contre la littérature.

Le pire est à venir. La journaliste de France Info, toute contente, précise que Freida McFadden « parvient à convertir un nouveau public, d’ordinaire éloigné de la lecture. » Et de citer le témoignage de Sylvie : « Faute d’entraînement » et par « manque de concentration », elle lisait « très peu », avant de découvrir La Femme de ménage. La conclusion fera se dresser les cheveux sur la tête à plus d’un, et d’abord à ceux qui veulent encore croire à l’initiation dans l’art, à la valeur artisanale de l’œuvre, à ceux pour qui « c’est un métier que de faire un livre, comme de faire une pendule » (La Bruyère) : « « C’est si facile à lire qu’on se dit qu’on pourrait l’écrire nous-même », estime avec satisfaction la sexagénaire. »

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Mais c’est parce que c’est médiocre, Madame, que c’est si facile à lire : pourquoi s’en gargariser ?… Qu’est-ce qu’une littérature « facile à lire », d’ailleurs ? Une littérature qui ne fait plus réfléchir ? Une littérature qui ne mobilise aucune notion culturelle ?… Quand on a du goût, quand on a de l’exigence, on combat la facilité — au nom de l’intelligence.

Bonjour le niveau

Parcourant au hasard les commentaires de l’article de France Info, je tombe là-dessus : « Des livres de femmes de ménage pour des femmes de ménage. » Impitoyable ! Certes, la République a depuis longtemps abandonné l’espoir de relever le niveau des femmes de ménage : elle s’abaisse plutôt au rang de la bêtise et de la pauvreté : ce doit être l’égalité à la française en 2025, profondément injurieuse pour les déclassés du capital culturel, et qui participe de la grande adoration à la déesse Médiocrité — au nom de la haine de l’élitisme.

Et si, au lieu de la daube commerciale abrutissante et consumériste (polluante, de surcroît), on lisait les œuvres d’esthètes, les traités des maîtres ? Ce serait un peu aristocrate… anti-moderne… guère égalitaire… mais d’un bon goût qu’on nous envia pendant des siècles, et autrement plus subversif que toute cette littérature de fausses rebelles, qui ne fait que s’enrichir les vendeurs de papier.

La femme de ménage

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Les secrets de la femme de ménage

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[1] https://www.franceinfo.fr/culture/livres/la-femme-de-menage-la-prof-la-psy-pourquoi-les-romans-de-freida-mcfadden-que-vous-allez-peut-etre-devorer-pendant-vos-vacances-font-ils-un-carton-en-librairie_7392136.html

[2] https://www.nouvelobs.com/bibliobs/20250722.OBS106108/ce-que-ton-regard-promet-la-rencontre-entre-un-lievre-et-une-ecrivaine-qui-a-emerveille-angelina-jolie.html

L’Algérie acceptera-t-elle la main tendue par le roi du Maroc?

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Le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, assiste à la cérémonie de remise des diplômes des officiers cadets à l’Académie militaire de Cherchell, 11 juillet 2025 © apaimages/SIPA

Mohammed VI surprend et prend le peuple algérien à témoin.


Les relations entre le Maroc et l’Algérie sont difficiles depuis plusieurs années. Les frontières sont fermées depuis 1994, en raison notamment de la question sahraouie, sensible pour la monarchie chérifienne. Du reste, la reconnaissance par la France, en 2024 à la même période, de la souveraineté marocaine sur cette région a provoqué l’ire du régime algérien.

Comme chiens et chats

Les petites avanies sont d’ailleurs récurrentes, déclenchées notamment lors de compétitions sportives ou de sommets internationaux. Ainsi, en 2022, Alger accusait le Maroc d’implication directe dans les feux de forêts ayant touché le nord du pays…

Cela avait même conduit le président Abdelmajid Tebboune à demander une « révision radicale » des relations ainsi que l’envoi de patrouilles à la frontière. Lors de la Coupe du monde de football de la même année, où le Maroc atteint une historique place en demi-finale, première pour un pays africain, la télévision algérienne ne diffusa pas les résultats. Des faits bien moins anecdotiques qu’ils n’y paraissent, révélateurs d’une profonde inimitié et d’une intense opposition géostratégique entre les deux puissances d’Afrique-du-Nord. Des cas plus graves sont aussi à rappeler, à l’image des touristes franco-marocains tués en mer alors qu’ils se promenaient en jet-skis et s’étaient perdus dans les eaux territoriales algériennes.

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Peu d’observateurs s’attendaient donc à ce que Mohammed VI « tende la main » à l’Algérie, au plus fort des tensions. Il l’a pourtant fait en disant : « Le peuple algérien est un peuple frère, que des attaches humaines et historiques séculaires lient au peuple marocain. » Il a aussi indiqué avoir « constamment tendu la main en direction de nos frères en Algérie ». C’est une manœuvre habile qui pourrait d’ailleurs aider la France, actuellement en grandes difficultés dans ses relations avec le régime algérien qui détient notamment le journaliste sportif Christophe Gleizes et l’écrivain Boualem Sansal dans ses geôles.

Depuis le mouvement du Hirak, le régime algérien s’est crispé. Le fait que le Roi du Maroc joue la détente est donc intelligent. Ahmed Azizar, directeur de la recherche de l’Institut marocain d’intelligence stratégique décrit la situation avec une certaine acuité : « Le timing de cette main tendue du Roi Mohammed VI est contre-intuitif. C’est précisément au moment où le Maroc a clairement distancié l’Algérie sur le plan économique et diplomatique que Mohammed VI choisit d’appeler à nouveau au calme et à la réconciliation, en prenant le peuple algérien à témoin ».

Gérontocratie algérienne

La stratégie algérienne est souvent inverse. Le pouvoir désigne dans ses médias des dérivatifs et des boucs-émissaires à la colère d’une jeunesse frappée par le chômage endémique et des conditions de vie de plus en plus difficiles, voire liberticides. En tête ces derniers temps la France, mais le Maroc n’est jamais loin derrière. Il s’agit pour Alger de trouver des motifs d’énervement autres que la politique menée actuellement, le peuple ayant légitimement la tenace impression d’être gouvernée par une gérontocratie aux objectifs anachroniques, multipliant les provocations diplomatiques et les sorties de route.

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En réalité, le Maroc positionne ici la « réconciliation » entre sa monarchie et la république voisine comme un objectif régional, voire civilisationnel, bien plus que comme une exigence conjoncturelle. En effet, Rabat n’a pas besoin de renouer ces liens de manière artificielle, n’entretenant pas de dépendance économique avec son voisin ni n’ayant besoin de son appui dans ses zones d’influence. La stratégie diplomatique marocaine marche. Sur la question du Sahara, le royaume vient d’obtenir les soutiens explicites du Royaume-Uni et du Portugal à sa proposition d’autonomie.

Le discours de la fête du trône dévoilait aussi des objectifs ambitieux en matière de développement territorial ainsi que de mise à niveau sur les questions d’éducation et de santé. Se voulant puissance régionale tournée vers l’Afrique, et entretenant des rapports de bonne intelligence avec la France ainsi que l’essentiel des pays européens, le Maroc montre la voie à l’Algérie. Abdelmajid Tebboune saisira-t-il cette opportunité ? Il est permis d’en douter.

Impunité algérienne – une grande réussite française

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L'immigration incontrôlable rend la lutte contre la criminalité plus difficile, selon la préfète Fabienne Buccio (ici photographiée en février) © Romain Doucelin/SIPA

La capitale des Gaules hors de contrôle ? Un « sentiment d’impunité chez des Algériens en situation irrégulière » est dénoncé avec fracas par la préfète du Rhône, Fabienne Buccio, qui affirme que ces derniers représentent une part importante (plus de la moitié) des 60% d’étrangers en situation irrégulière impliqués dans les vols avec violences à Lyon.


Parfois, certains iraient jusqu’à douter que des liens très particuliers, spécifiques, privilégiés, presque chaleureux unissent nos deux pays. Par chance, Madame Fabienne Buccio, Préfète du Rhône et de la Région Rhône-Alpes vient, au cours d’une interview publiée ce mercredi par notre confrère Le Progrès[1], nous apporter sur ce point de précieux éclaircissements.

On n’arrive pas à les expulser

Dénonçant la très forte augmentation ces six premiers mois de l’année des « faits de vols avec violence » sur ses territoires, elle tient à préciser, non sans courage, qu’ils sont commis à 60%  « par des personnes étrangères en situation irrégulière ». Autre information du plus vif intérêt : plus de la moitié de ces 60% sont des Algériens. En situation irrégulière, répétons-le. « On a actuellement un sentiment d’impunité chez ces Algériens en situation irrégulière qui nous pose problème, insiste-t-elle, là encore avec un certain courage. On n’arrive pas à les expulser. »

A relire, Causeur #128 : Coupons le cordon! Pour l’indépendance de l’Algérie

Voilà bien le lien hyper privilégié que notre pays a réussi à tisser avec les ressortissants de cet autre rivage de la Méditerranée. Cela se résume en quelques mots : « Chez nous, ils sont chez eux », comme aimait à se féliciter François Mitterrand, grand bienfaiteur de la cause migratoire. Ils y sont tellement qu’ils n’ont rien à redouter, semble-t-il, de nos lois, puisque comme le souligne Madame la Préfète, désabusée, même lorsqu’on parvient à les mettre en prison, puis, à la sortie, en Centre de Rétention administrative, quatre-vingt-dix jours plus tard – durée maximum de cette rétention – les revoilà relâchés dans la nature comme si de rien n’était, prêts pour de nouvelles aventures. Elle est pas belle, la vie de ce côté-ci de la grande bleue !

Générosité à sens unique

Les prédicateurs de la générosité géopolitique à sens unique se plaisent à nous expliquer que si nos liens sont si spécifiquement bienveillants, ce n’est au fond que la contrepartie de l’horrible temps de la colonisation où nous avons poussé la barbarie jusqu’à bâtir des écoles, des hôpitaux, des routes, des entreprises, à cultiver d’arides campagnes… Autant de crimes contre l’humanité dûment avérés, comme l’a si justement reconnu en son temps le candidat Macron.

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Bien entendu, ce sentiment d’impunité dont jouissent ces délinquants a une tout autre origine : notre faiblesse. Rien d’autre que notre faiblesse. Notre abjecte et délétère faiblesse. Nous en crevons. En son temps un certain Hyde de Neuville, ardent royaliste adversaire résolu mais digne de Napoléon, affirmait : « La faiblesse est peut-être le plus grand des crimes en politique en ce qu’elle permet tous les autres ». Il parlait d’or. 

Ces Algériens en situation irrégulière ne font en réalité que reproduire le bel et grand exemple que leur donne leur président, M. Tebboune, qui, à peu près chaque matin et chaque soir, adresse à son homologue français – tout rose du contentement que lui valent les douces paroles du Hamas à son endroit – un magistral bras d’honneur. Ce qui ne serait rien, si ce n’était d’abord le peuple de France que l’insulte visait. Si ce n’était le malheureux Boualem Sansal qui, le premier, abandonné, emmuré dans sa geôle et la maladie, en faisait les frais.

Bras d’honneur servilement relayé par l’homme à tout faire du régime algérien en terre Rhône-Alpine, le consul général. Celui-ci, nous révèle encore Madame la Préfète, « n’ayant délivré aucun laisser-passer (de retour) depuis un an. » En d’autres termes, il fait sa loi. Ni plus, ni moins.  Le petit roi de Lyon, c’est lui, braves gens. Quelle réaction face à un tel état de fait, à un tel flux d’humiliations à répétition ?… Certes, du côté de Beauvau et de la Place Vendôme, on va sûrement, une fois de plus, donner de la voix, hausser le ton, vociférer. Malheureusement, nous avons appris de longtemps déjà que, si les chiens de guerre aboient, les chiens couchants aussi…

30 GLORIEUSES - LA DÉCONSTRUCTION EN MARCHE

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[1] https://www.leprogres.fr/faits-divers-justice/2025/07/30/vols-avec-violence-en-hausse-un-sentiment-d-impunite-chez-des-algeriens-en-situation-irreguliere-estime-la-prefete

Main basse des plus riches sur le Tour

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Le vainqueur du Tour de France, le Slovène Tadej Pogačar, sur le podium à Paris, le 27 juillet 2025 © PIPA/SIPA

Les deux équipes Visma et UAE se partagent le maillot jaune depuis cinq ans.


Un détail, et pas des moindres, car très révélateur de l’évolution du cyclisme, a échappé aux commentateurs dans leur bilan de cette 112e édition du Tour de France, qui a, entre autres, hissé la rue Lepic menant au sommet de la Butte Montmartre au rang de monument de l’épreuve, au même titre que les grands cols pyrénéens et alpestres qui ont fait sa légende (voir encadré).
La formation qui a remporté le classement par équipes avec près de 25 minutes d’avance, Visma-Lease a Bike, c’est celle du second au général, le Danois Jonas Vingegaard. La formation qui a pris la seconde place, UAE (Union des Émirats arabes), c’est tout bonnement celle du flamboyant vainqueur, le Slovène Tadej Pogačar.
Non seulement celui-ci s’est imposé pour la quatrième fois depuis sa première victoire en 2020, il est en outre le troisième coureur de l’histoire du Tour, après Merckx et Fignon, à avoir franchi la ligne d’arrivée aux Champs-Élysées revêtu à la fois de la tunique jaune et du maillot à pois du meilleur grimpeur. Et il s’en est fallu de peu qu’il n’endosse en outre le vert du classement par points.
Ayant franchi la limite d’âge de 25 ans, la conquête du blanc, celui de meilleur jeune, qu’il a gagné à deux reprises, lui était désormais interdite. Mais il a compensé en remportant quatre étapes, dont celle de Hautacam (65), où il a construit sa victoire. L’année précédente, il en avait gagné six. Pour compléter cette razzia de ces deux équipes, il faut ajouter les deux victoires d’étape de Visma-Lease a Bike, dont la plus prestigieuse, celle des Champs-Élysées, revenue au Belge Wout van Aert, le lieutenant de Vingegaard.
Parenthèse : c’est la Belgique, qui, avec un contingent de 30 coureurs, était la mieux représentée dans cette Grande Boucle après la France (elle, avec 38), qui arrive en tête des nations ayant remporté le plus d’étapes avec un total de six. Mais elle n’a aucun représentant dans le top 10, à la différence de la France, qui en place deux (Kévin Vauquelin 7e et Jordan Jegat 10e), mais doit se contenter en revanche d’une seule étape.

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Bien sûr, il est arrivé par le passé qu’une équipe domine l’épreuve. Mais jamais comme cette année : conséquence de la suprématie de Visma et UAE, les autres équipes ont dû se contenter des accessits, parmi lesquels, certes, quelques belles étapes, dont celle du Ventoux, la plus mythique de toutes, revenue au Français Valentin Paret-Peintre, de l’équipe belge Soudal-Quick Step, la cinquième formation la mieux dotée du peloton, avec un budget de l’ordre de 40 millions d’euros.
Force est de constater que si Visma et UAE ont fait main basse sur le Tour, et se partagent le maillot jaune depuis cinq ans, c’est parce qu’avec des budgets respectivement estimés à 55 et 60 millions d’euros, elles sont de loin les plus riches du peloton. Et avant elles, la britannique INEOS-Grenadiers (anciennement Sky), la troisième la mieux dotée, avec un budget aujourd’hui aussi de 55 millions d’euros, avait trusté pas moins de sept victoires sur les huit éditions de 2012 à 2019, dont quatre pour le seul Chris Froome, né au Kenya, premier Africain, mais blanc, à s’imposer sur la Grande Boucle. Une évidence s’impose : pas de pognon, pas de bouquet.
C’est donc ce qui explique en grande partie que la France soit bredouille depuis 40 ans. L’équipe Arkéa, de Vauquelin, qui a confirmé son potentiel en terminant 7e, ne disposait que d’un budget de 20 millions d’euros, soit trois fois moins que celle de Pogačar. L’équipe du 10e, Jegat, TotalEnergies, devait faire avec 17 petits millions. Si Romain Bardet, qui a raccroché son vélo en juin, une fois second et une autre troisième, n’a pas gagné, c’est probablement parce que son équipe, AG2R-La Mondiale, n’avait pas les moyens financiers de s’offrir une garde rapprochée formée des meilleurs coureurs du moment.
Les équipes dominantes, telles que Visma, UAE, INEOS, ont recruté des coureurs qui pourraient être des leaders dans des formations moyennes comme les françaises telles que Groupama-FDJ ou Decathlon-AG2R. À un palmarès aléatoire, ils préfèrent un salaire conséquent. Une carrière cycliste est courte…
Mais la donne, pour la France, pourrait très rapidement changer avec l’annonce, le 18 juillet, jour de repos du Tour : le troisième plus grand transporteur maritime mondial, CMA CGM, basé à Marseille, de la famille libano-française Saadé, a révélé qu’il allait co-sponsoriser l’équipe Decathlon-AG2R-La Mondiale. Cette famille, proche de Macron, est aussi propriétaire d’un groupe de presse (BFM, La Tribune du dimanche, notamment), rival de celui de Vincent Bolloré (CNews, JDD).
Son intention est de porter le budget de l’équipe, qui est de 25 millions d’euros, à 40 millions en 2026, et de monter en puissance jusqu’en 2030, de manière à être dans le top 3 du World Tour (la première division du cyclisme). AG2R, une mutuelle santé-retraite, se retirant, CMA CGM a jeté son dévolu sur cette équipe pour deux raisons : elle s’est dotée cette année d’une cellule performance dont la finalité, selon son directeur Paul Barrat, est de « gagner des courses grâce à la science et à la technologie », et dispose dans ses rangs d’un jeune très prometteur de 18 ans, Paul Seixas. Le projet est d’en faire le prochain Pogačar, car, aujourd’hui, un champion, ça se fabrique…


La rue Lepic probablement au menu des prochaines éditions

Le Tour à peine terminé, des discussions se sont engagées entre l’organisation (Amaury Sport Organisation – ASO) et les autorités publiques — préfecture de police, ministère des Sports et mairie de Paris —, pour intégrer la rue Lepic au parcours de la dernière étape des prochaines éditions, et ainsi l’élever au rang de monument de la vélocipédie.
« Évidemment que nous voulons continuer à passer par Montmartre », a déclaré au Parisien le directeur adjoint du Tour, Pierre-Yves Thouault. « La réussite a dépassé nos espérances et, forcément, l’envie de l’inscrire dans la durée se présente. »
La mairie de Paris abonde dans le même sens. L’adjoint aux Sports, Pierre Rabadan, a déclaré au même quotidien : « Il faut continuer à développer ces moments de partage et de communion. » Pour lui, la rue Lepic doit devenir un rendez-vous incontournable du Tour. « Il n’y a pas de raison pour que ça ne se fasse pas. »
Cette première expérience, après le coup d’essai des JO, a été un succès sans précédent. Plus de 500 000 personnes ont assisté, dans les rues de Paris, à cette dernière étape d’anthologie, dont 180 000 sur la butte Montmartre — contre 160 000 lors des JO. Contrairement aux craintes exprimées par beaucoup, notamment par de nombreux coureurs, l’étape s’est déroulée sans le moindre incident, sans la plus petite chute, et elle a sacré un grand champion : Wout van Aert, de l’équipe de Jonas Vingegaard, le deuxième du classement général et deux fois maillot jaune à Paris.
Peut-être « le début d’une longue histoire d’amour » entre le Tour et Montmartre, se demandait, dès le lendemain, Le Parisien.
Lepic, de son prénom Louis, était un général de Napoléon. Jamais de sa vie il n’aurait imaginé que son patronyme deviendrait, en quelque sorte, le théâtre probable de grandes batailles cyclistes… • RU

Palestine, Vueling: une semaine d’ébranlements

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DR.

La reconnaissance précipitée d’un État palestinien par la France est une récompense injustifiée au terrorisme. La famine à Gaza est utilisée comme une arme médiatique contre l’État hébreu, malgré la responsabilité directe du Hamas dans cette crise humanitaire. Pendant ce temps, en Espagne, un incident s’est produit à l’aéroport de Valence, au cours duquel des adolescents français juifs ont été expulsés d’un avion. La compagnie Vueling est soupçonnée d’antisémitisme dans cette affaire troublante.


On dit qu’un séisme de magnitude 8,8 est survenu cette semaine au large du Kamtchatka[1]. Plus près de nous, en Europe, je ne sais comment mesurer les ébranlements anti-israéliens concomitants.

Les secousses ne sont pas uniquement diplomatiques, avec la déclaration française sur la reconnaissance d’un État palestinien dans laquelle le président Macron s’assied sur les exigences qu’il avait antérieurement formulées de libération des otages et de démantèlement du Hamas. Il pense qu’il ajoutera à son prestige et à celui de son pays en récompensant une Autorité palestinienne discréditée, notoirement impuissante et corrompue, chantant la gloire des terroristes en langue arabe et assurant dans les langues occidentales son désir de paix et d’une solution à deux États, solution qu’elle a dans le passé refusée chaque fois qu’un plan avait été proposé.

Cette famine « imminente » qu’on agite depuis 20 mois

Cette reconnaissance serait aujourd’hui celle d’un Hamas auréolé de ses actes «héroïques» du 7-Octobre et de sa résistance contre l’armée israélienne, un Hamas dont la véritable arme, qu’il utilise avec une habileté sordide est celle de l’exploitation de la tragédie qui touche les habitants de Gaza, du sort desquels il est comptable depuis près de 20 ans. 

Il est quasi certain que l’offensive israélienne s’arrêterait instantanément si les otages étaient libérés, quels que soient les désirs ou les déclarations de certains ministres du gouvernement israélien sans responsabilité militaire. Cette seule notion rend obscène l’idée que la reconnaissance serait une récompense morale à accorder aux Gazaouis. 

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La famine a été un moyen de victoire dans le lointain de l’histoire des sièges; elle a accompagné ou suivi les conflits, mais à Gaza c’est l’accusation de famine qui est devenue une arme de guerre. Elle a entrainé contre Israël des accusations virulentes même si les responsables israéliens niaient toute famine généralisée, une accusation que l’ONU agite faussement depuis déjà 20 mois mais qui reflète récemment à coup sûr une situation alimentaire extrêmement préoccupante.

Dans ce domaine au lieu de suivre les canaux informationnels qui me conviennent, je vais m’en tenir aux déclarations du PAM (Programme alimentaire mondial), l’organisme qui supervise le programme alimentaire de l’ONU et qu’on ne peut pas qualifier de proche d’Israël.

Que dit il le 27 et le 29 juillet? Que plus de 500 000 personnes, soit près d’un quart de la population de Gaza, dont de nombreux enfants, vivent dans des conditions de malnutrition grave. Il sonne l’alerte pour qu’on n’en arrive pas à une situation de famine. Il souligne qu’il dispose d’une quantité suffisante de vivres pour fournir à long terme les 2000 tonnes quotidiennes nécessaires à Gaza. Il insiste sur le fait que le blocage est celui de la distribution et salue les autorités israéliennes disposées à mettre en place des trêves humanitaires et à créer des couloirs sécurisés.

Ces problèmes de distribution ont été depuis longtemps mis en exergue par les Israéliens, car le PAM avait pour opérateur à Gaza l’UNWRA, dont la complaisance pour le Hamas est un secret de Polichinelle. Celui-ci, sous prétexte de protection, s’est emparé à de nombreuses reprises du contenu des convois, et l’a utilisé pour son propre compte. Ce fait a été discuté mais est avéré actuellement.

C’est dire que le Hamas porte une lourde responsabilité dans la dénutrition qui touche une partie des Gazaouis, sans compter son rôle dans l’insécurité et les fusillades qui ont entravé le fonctionnement de la Gazan Humanitarian Foundation (GHF). 

Les réseaux sociaux n’ont rien à faire de cette réalité complexe. Les étiquettes sont martelées sans cesse: Israël est affameur et génocidaire.  

Maudits sionistes

Dans toute l’Europe, la semaine a été parcourue d’agressions contre les maudits sionistes. Parmi eux se détache l’expulsion de leur avion à Valence en Espagne d’une cinquantaine d’adolescents français juifs et de leurs moniteurs. De ce qu’on sait actuellement, la compagnie Vueling a eu un comportement scandaleux. Son communiqué faisant état du danger pour la sécurité qu’auraient représenté ces jeunes manipulant bouteilles d’oxygène et gilets de sauvetage tout en manifestant un comportement fortement conflictuel ne correspond en rien ni aux témoignages de passagers non-juifs interrogés, ni aux caractéristiques techniques de l’avion qui interdisent des manipulations intempestives de ce genre. 

https://twitter.com/vueling/status/1949873688162992616

On peut imaginer ce qui s’est passé. Une colonie de vacances du nom de Kinneret estampillée comme juive dès l’enregistrement rencontre dans l’avion certains navigants dont l’affection pour Israël n’est pas la vertu première et qui veulent faire un exemple pour venger les malheureux Gazaouis. Un jeune entame, sans être suivi d’ailleurs, un chant en hébreu. C’en est trop, le processus est enclenché qui mènera à l’arrivée d’une Garde Civile elle-même émoustillée à l’idée de s’en prendre à des Israéliens. L’équation personnelle du commandant de bord, ancien moniteur de vol de Mohammed Atta, ne relève peut-être que d’une coïncidence fort troublante, comme la large présence du Qatar au capital de Vueling.

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Une expulsion avant vol d’un groupe aussi important est absolument rarissime. On signale un épisode analogue et, nouvelle coïncidence aussi peut-être, il s’agissait de Juifs. En 2022 pendant la pandémie, des ultra-orthodoxes avaient refusé de mettre des masques anti Covid et la compagnie avait expulsé tous les passagers identifiés comme Juifs quel qu’eût été leur comportement. Cela obligea la Lufthansa à des excuses publiques et à 4 millions de dollars d’amende.

Pour l’amende, je ne sais pas, mais pour les excuses, je suis sceptique. Le Ministre des Transports espagnol, Oscar Puente, s’est fendu d’un commentaire sur X où les adolescents sont qualifiés de «os niñatos israelis» ce qui ne peut se traduire que par «les morveux (ou petits cons) Israéliens.»

Donc ce ministre espagnol tient déjà son verdict: les enfants sont des petits cons, un Français juif, ça n’existe pas, et un Israélien ne peut être que coupable de ce qu’on l’accuse. Alors disons le simplement, M. Puentes est une ordure antisémite et dans cette affaire il n’est probablement pas le seul…


[1] La Kamtchatka est une péninsule de 1 380 km de long située en extrême-orient russe et qui s’avance dans l’océan Pacifique.

France, terre d’asile terroriste

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La présence en France de Nour Atallah est contestée, y compris par le gouvernement. DR.

Affaire Nour Atallah. « Une étudiante gazaouie tenant des propos antisémites n’a rien à faire en France. Les criblages effectués par les services compétents des ministères concernés n’ont manifestement pas fonctionné. J’ai demandé à ce qu’une enquête interne soit diligentée pour que cela ne puisse en aucun cas se reproduire », s’indignait hier le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot


On l’a souvent présentée comme un phare pour les opprimés, une patrie des droits de l’homme. Mais en vérité, la France est devenue la base arrière des bourreaux. Depuis 1945, elle n’accueille pas des exilés — elle héberge des prédateurs. Fascistes, terroristes, islamistes, révolutionnaires sanguinaires, tueurs de masse : tous ont trouvé ici gîte, protection, indulgence. Pire : respectabilité.

1946 : Le Mufti nazi, invité du Quai d’Orsay

Tout commence juste après la guerre, dans l’odeur encore fraîche des fours crématoires. En 1946, le Grand Mufti de Jérusalem, Haj Amin al-Husseini, complice direct du projet nazi d’extermination des Juifs, est accueilli… à Paris. Il aurait dû comparaître à Nuremberg, au banc des accusés. Mais le Quai d’Orsay le protège. Pourquoi ? Parce qu’il incarne une figure de l’arabisme, utile dans la stratégie d’influence post-coloniale.

Cet homme a pourtant passé la guerre à Berlin, rencontré Himmler, levé une division musulmane pour les SS en Bosnie, et appelé à l’extermination des Juifs dans le monde arabe.

La France, déjà, fait le choix de l’ambiguïté : plutôt les ennemis d’Israël que les amis de la vérité.

1978 : Khomeini, l’ayatollah en résidence surveillée douce

En 1978, c’est au tour de Ruhollah Khomeini, chassé d’Irak, d’être accueilli à Neauphle-le-Château, en région parisienne. L’homme est inconnu du grand public, mais son programme est limpide : théocratie, charia, décapitations, torture et soumission des femmes. Giscard d’Estaing, toujours prompt à caresser l’Orient dans le sens du pétrole, l’accueille sans broncher. Khomeini y enregistre ses prêches, mobilise ses partisans, lance des appels à l’insurrection.

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Quelques mois plus tard, il rentre triomphalement en Iran. La révolution islamique commence, suivie de massacres, de purges, et d’un régime dont le terrorisme deviendra l’un des leviers d’exportation idéologique.

La France, encore une fois, a couvé un monstre.

Années 1980–1990 : Poseurs de bombes et islamistes d’avant-garde

Les années 1980 voient arriver un autre contingent : les terroristes d’« outre-gauche », ces Argentins, Allemands, Italiens, Espagnols, planqués à Paris. On les excuse : « contexte politique tendu », « répression franquiste », « fascisme sud-américain ». Résultat : des tueurs et des poseurs de bombes promus intellectuels de salon. La doctrine Mitterrand ira jusqu’à refuser l’extradition des membres des Brigades Rouges.

Pendant ce temps les réseaux islamistes se structurent librement dans les banlieues, à l’ombre du clientélisme local et de la lâcheté républicaine. Le djihad n’est pas encore armé, mais il est déjà structuré.

1990–1997 : Le GIA et le FIS, protégés français

En Algérie, c’est la guerre civile. Le Front Islamique du Salut (FIS) s’apprête à prendre le pouvoir par les urnes, avec un programme théocratique assumé. L’armée algérienne annule les élections. La répression est terrible, mais la France choisit son camp : elle accueille les dirigeants du FIS comme de simples réfugiés politiques. 

Le FIS a même bénéficié en France de relais universitaires et médiatiques puissants. Des tribunes dans Le Monde ont défendu sa légitimité ou dénoncé la répression algérienne. Des intellectuels proches idéologiquement du FIS ont été invités sur France Culture. Mais jamais — officiellement — ses chefs n’ont eu micro ou tribune directe dans ces médias.

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Puis viennent les GIA (Groupes Islamiques Armés). Égorgeurs d’enfants, démembreurs de femmes, bourreaux islamistes dont les communiqués citent Allah avant de mutiler. Des cellules sont actives en France même. Les attentats de 1995, à Paris, dans le métro Saint-Michel, rappellent que l’asile a un prix : le sang des Français.

Les djihadistes français : le retour du monstre

Vient ensuite le djihad version Daesh. Des centaines de Français partent pour la Syrie, brûlent leur passeport, prêtent allégeance à Baghdadi. On les filme en train de décapiter, de violer, d’élever leurs enfants dans la haine des kouffars. Et que fait la France ? Elle les recherche, les rapatrie, les soigne, les écoute.

Le summum : leurs enfants, élevés dans la haine, formés à tuer dès cinq ans, sont « réinsérés » en école maternelle républicaine, avec des accompagnateurs spécialisés.

Les mères, plus radicales que les pères, sont présentées comme des victimes. On les excuse : elles « ne savaient pas », « ont été manipulées ». En réalité, elles formaient la matrice du califat.

Nour Atallah : doctorante en haine génocidaire… mais protégée

Voici maintenant la génération issue de nos universités. Nour Atallah, doctorante en sciences politiques à Lille, admiratrice déclarée d’Hitler, relayant des appels à l’extermination des Juifs, en arabe et en français. Elle ne s’exprime pas dans une cave obscure mais depuis un compte public, dans un français soigné, avec la morgue tranquille de l’impunité.

Face à l’indignation, l’école l’a exclue — mesure rarissime, preuve de la gravité du cas. Mais ensuite ? Que faire ?

Elle n’est ni expulsée, ni inculpée. Parce qu’en France, poser le pied sur le territoire vous transforme en intouchable. Le Conseil d’État, les tribunaux administratifs, la CEDH, le droit à une vie familiale normale, l’interdiction de retour dans un pays « à risques »… Tout est prêt pour empêcher l’expulsion, même quand il s’agit d’un appel au génocide. Ce juridisme absurde, cette obsession procédurale, sont devenus les complices passifs du djihad. On ne peut pas expulser une étudiante salafiste qui encense Hitler, car cela heurterait sa dignité.

Voilà où nous en sommes : la haine est protégée par l’État de droit. Et la France, encore une fois, abrite ceux qui rêvent de la détruire.

Mais le plus grave, c’est peut-être ce que personne n’ose nommer : seul le Hamas est en mesure de délivrer les laissez-passer consulaires aux Gazaouis souhaitant quitter le territoire. Autrement dit, tout Palestinien prétendant à l’asile humanitaire ou politique passe, de fait, sous le filtre du Hamas. Et ce ne sont évidemment pas que les modérés qui seront exfiltrés — ce sont aussi les plus proches de l’appareil idéologique et militaire, les plus sûrs, les plus fanatiques. La France, sous couvert d’urgence humanitaire, s’apprête donc à récupérer aussi ceux que Tsahal traque — pas les victimes, mais les complices. On peut même supposer, sans paranoïa excessive, que des négociations discrètes ont peut-être été engagées entre des représentants du Hamas et la diplomatie française, comme cela s’est déjà fait dans l’histoire avec d’autres groupes islamistes. Résultat : l’asile devient une voie d’exfiltration pour les islamo-terroristes, validée par notre propre administration. À ce stade, la perversion de notre politique d’asile n’est plus une erreur : c’est une reddition organisée.

Le verbe et l’amour

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© Hassah Assouline / Causeur

À la recherche de l’esprit français


L’esprit français, c’est le « en même temps » ! Je ne parle pas ici de cette hasardeuse combinaison faite de reniement et de déni, d’un affaissement culturel certain et d’une schlague idéologique qui interdit la parole libre dans ce pays ; je parle plutôt du point de combustion, le plus élevé, le plus intense, le plus enivrant qui soit, entre la beauté du style, l’alchimie des mots et des sons, c’est-à-dire l’affirmation d’une identité propre et, « en même temps », l’introduction du potache, de l’humeur joyeuse, de l’érotisme chaste, du salutaire second degré et surtout du refus obstiné de se faire dévorer intellectuellement par l’esprit de sérieux. L’esprit français, c’est le contre-pied permanent, la tragédie goguenarde chez les héros de Léo Malet et la cavalcade amoureuse chère à mon réalisateur adoré Philippe de Broca. En littérature, en chanson, au cinéma, l’esprit français s’est toujours caractérisé par une recherche stylistique poussée qui rencontrerait sur son chemin la ferveur populaire. Cette onde populaire et cette exigence artistique sont des mots qui vont très bien ensemble. Chez Audiard, Guitry, Rabelais, Michel Delpech ou Nino Ferrer, dans la voix d’Arletty ou de Fanny Ardant, s’entrechoquent l’aristocratie du verbe et la blague sur le zinc, les amours impossibles et les corps moites. Railler les puissants tout en s’amusant de ses propres turpitudes, ne pas prophétiser l’avenir, être humble et modeste avec le réel, tout en essayant de réenchanter notre langue, c’est ça l’esprit français.

Monsieur Nostalgie

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Le patriotisme français, ce reproche fait aux juifs

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Marseille, novembre 2023 © SOPA Images/SIPA

Alors que son mouvement a été critiqué par le rabbin de Metz lors d’une cérémonie commémorative, Jean-Luc Mélenchon a dénoncé un mélange des genres et exprimé le souhait de « rétablir le droit à la laïcité dans les cérémonies publiques ». Pourtant, l’islamo-gauchisme et le rejet de la laïcité par de nombreux militants de la France insoumise commencent, par ailleurs, à être bien documentés.


L’ire de Jean-Luc Mélenchon a été déclenchée par le Grand Rabbin de Metz et de Moselle, Bruno Fiszon, au point que l’ancien parlementaire et ministre considère comme « une provocation religieuse la mise en cause de LFI » lors de la cérémonie de commémoration de la rafle de Vel d’Hiv, le dimanche 20 juillet dernier au Fort-Queuleu.
Pour sa part, le Grand Rabbin de Metz et de Moselle, titulaire d’un diplôme de vétérinaire et spécialiste des questions relatives à l’abattage rituel, considère qu’en procédant à « l’instrumentalisation du conflit israélo-palestinien, La France Insoumise (…) attise les braises. » Il a exprimé ainsi la crainte croissante de nombre de juifs de l’hexagone.

Français juifs contre Nouvelle France

Un représentant institutionnel ou un rabbin doivent-ils, dans notre République, limiter leur parole à la déploration des juifs morts pendant la Shoah, lors de manifestations publiques auxquelles sont conviés tous les élus, lesquels communient sans exception dans le refus légitime de toute résurgence d’un antisémitisme de persécution tel que la France le connut et le subit ?
Devient-il, maintenant, inapproprié de s’inquiéter avec vivacité de la liaison perfide entretenue par certains entre les agissements d’Israël et les conséquences pour les juifs de France ou d’autres pays ? Derrière cette interrogation se tapit la clé d’une haine qui, au passé comme au présent, frappe des concitoyens en raison de leur confession car ils se revendiquent patriotes.

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Les Français juifs anciens combattants de la Première Guerre mondiale avaient manifesté un patriotisme infiniment supérieur à celui des collaborateurs zélés des nazis, qui procédaient à leur arrestation. L’affaire Dreyfus avait déjà démontré comment un officier de commandement coupable de trahison avait tout tenté pour faire condamner un patriote juif et français.
« Français d’abord et Juif d’abord », écrivait de manière lumineuse le Grand Rabbin Haguenau voici un siècle. Or Jean-Luc Mélenchon espère pour la France une autre langue et un autre peuple. Les juifs, en accord ou non avec le pouvoir politique en situation de gouverner, ont toujours aimé la France telle qu’elle est, participant à leur pleine manière à la vie nationale.
Se télescopent ainsi deux conceptions se situant aux antipodes l’une de l’autre, voire radicalement différentes. Ceux qui veulent transformer la France et changer sa nature ne peuvent supporter ceux qui, souvent venus d’ailleurs comme beaucoup d’autres, aiment notre pays comme il est, car ils mesurent le bienfait que représente son existence.

Une mécanique perverse est enclenchée

Dès lors, l’attaque contre les juifs de France va reposer sur un syllogisme: prendre appui sur les agissements d’Israël avec lesquels tout juif est supposément en accord pour discréditer ceux qui, dans notre pays, croient en notre vie républicaine telle qu’elle est, avec ses lignes de force, ses qualités et ses défauts. Cela accréditera l’idée qu’ils deviennent nécessairement attaquables.

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Cette stratégie, parce qu’elle se révèle efficace auprès des esprits assiégés par les images de Gaza, est particulièrement perverse, dangereuse et nuisible. Que ses concepteurs ne s’étonnent pas des dégâts qu’ils peuvent encore causer, ni de devoir en répondre. Chacun peut intégrer que les immenses souffrances passées des juifs en France appellent la retenue.
C’est explicitement ce qu’a rappelé le Grand Rabbin Bruno Fiszon, pendant le temps dédié d’une commémoration lors de laquelle il n’était pas interdit, même aux plus sectaires, de réfléchir. Rappelons qu’il n’est pas obligatoire d’être antisémite pour faire profession d’antisémitisme, catégorie dans laquelle se complaisent des velléitaires prétendument opposés.

Corruption sur Terre et paranoïa dans les airs

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Des femmes iraniennes passent devant un immeuble ciblé pendant la guerre de 12 jours entre l’Iran et Israël, dans un quartier résidentiel de Téhéran, le 19 juillet 2025 © Pacific Press/Shutterstock/SIPA

À Téhéran, les mollahs aux abois n’aiment pas les espions… ni les opposants, ni les trafiquants de drogue, ni les chansons tristes. Les religieux tentent de réactiver la fibre nationaliste et pendent à tour de bras dans les prisons.


Il y a tout juste un mois, le monde retenait son souffle alors que l’escalade entre Israël et l’Iran battait son plein. Au cours de ce que l’on peut appeler désormais la guerre des 12 jours, la République islamique a déploré la mort de mille de ses ressortissants, dont quelques figures majeures du régime.

Devant la Chine à la fin de l’année ?

À l’intérieur, la répression ne faiblit pas. Le 25 juillet dernier, Mehdi Hassani et Behrouz Ehsani ont été exécutés. Les deux hommes avaient été condamnés à mort en janvier pour « rébellion armée », « inimitié envers Dieu » et « corruption sur Terre », en lien avec leur appartenance supposée à l’organisation d’opposition des Moudjahidines du peuple (MeK), au terme d’un procès qui a duré cinq minutes. Ils s’ajoutent à la liste des 612 détenus exécutés au cours du premier semestre 2025.

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Le chiffre est deux fois plus élevé que pour le premier semestre 2024 (297 exécutions alors). De quoi écraser le rival saoudien dans ce macabre exercice, et égaler ou dépasser la Chine à la fin de l’année. L’agence Fars News, proche des Gardiens de la révolution, évoque le souvenir de l’été 1988, quand les opposants à l’ayatollah Khomeini, de la gauche aux royalistes en passant par les Moudjahidines du peuple, avaient été exécutés. En moins de trois semaines, entre 2 800 et 5 000 détenus avaient été abattus dans les geôles iraniennes.

Téhéran, nid d’espions

Plus de 40 % des personnes exécutées en 2025 l’ont été à cause d’activités liées à la drogue. Pour le reste des condamnés, il s’agit d’accusations « fourre-tout », comme celle d’« inimitié envers Dieu » ou de « corruption sur Terre », accusations tirées du droit islamique, bien utiles pour mener la guerre aux opposants politiques et aux minorités religieuses. La guerre des 12 jours n’a pas freiné la paranoïa au sein de la République islamique à l’égard de ceux qui collaborent « avec des États hostiles », bien au contraire : plus de 700 Iraniens et un nombre indéterminé de ressortissants étrangers ont été arrêtés, d’après les médias persans.

Les autorités iraniennes ont par exemple affirmé avoir démantelé un réseau d’espionnage lié au Mossad, qui aurait été impliqué dans des assassinats ciblés de scientifiques, des sabotages industriels et des infiltrations de sites militaires et nucléaires, avec des agents non pas iraniens ou israéliens… mais indiens, pour certains techniciens, logisticiens ou ingénieurs civils employés à Bahreïn, aux Émirats arabes unis ou à Oman, ayant un accès logistique, administratif ou informatique à des structures régionales stratégiques.

La mue nationaliste des mollahs

Il faut dire que même les paranoïaques ont de bonnes raisons d’être inquiets. Si l’objectif israélien de renverser le régime de Téhéran a échoué, l’opposition perse continue de réclamer des changements. L’opposant réformiste Mir Hossein Moussavi a publié, le 10 juillet, une déclaration appelant à la libération des prisonniers politiques et à la rédaction d’une nouvelle Constitution. Il a été rejoint par 800 personnalités politiques. La déclaration se dissocie de toute allégeance à une puissance étrangère ennemie, proposant une troisième voie, « celle du peuple, qui trace une route indépendante, pour conjurer la répression et l’autoritarisme tout comme la guerre et l’agression extérieure ».

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En réaction, Téhéran semble « iraniser » sa propagande depuis la guerre des 12 jours, ajoutant aux références chiites d’autres plus nationalistes. C’est ainsi que des chants patriotiques datant de l’époque de l’invasion anglo-soviétique ressurgissent. « Aujourd’hui, Iran et islam ne font qu’un », a soutenu un clerc ultra-conservateur en marge des festivités de l’Achoura.

Face à la menace extérieure et aux dissensions internes, le régime doit activer la fibre nationale et encourager l’union sacrée.

Au lendemain de la guerre du Golfe, Saddam Hussein avait dû « réislamiser » le régime baasiste (ajoutant même les mots Allahu akbar sur le drapeau) pour tenir une nation rendue exsangue par les sanctions internationales ; trente-cinq ans plus tard, l’ennemi iranien doit faire le chemin inverse, pour résister à la double pression de l’extérieur et de l’intérieur.