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Le féminisme à la sauce Schiappa renforce le nationalisme

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Une intervention de la néerlandaise Eva Vlaardingerbroek, enregistrée dans un congrès du parti conservateur de Thierry Baudet, le FVD, est devenue virale. Cette vidéo apporte la démonstration que dans les pays européens, le néoféminisme moderne est avant tout le marche-pied de la droite réactionnaire.


Plusieurs de mes amis m’ont montré cette vidéo (voir ci-dessous). Apparemment, elle tourne pas mal sur les réseaux sociaux, et comme ces amis et Causeur me demandent mon avis de féministe repentie, le voici donc.

Ce qui y est dénoncé par la jolie militante du FVD (c’est aussi la petite amie de Julien Rochedy) est le féminisme mainstream, majoritairement de gauche. Disons le tout de suite: la dénonciation est plutôt pertinente.

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En effet, le féminisme actuel est une forme de dissonance cognitive hardcore, vu qu’il dénonce en permanence le moindre mot, le moindre regard, mais soutient l’immigration, notamment afro-maghrébine, tout en sachant que la majorité des personnes qui la compose est venue de pays où on ne peut pas dire que niveau égalité et liberté sexuelle, ce soit la panacée…

Le seul exploit du néoféminisme

D’ailleurs, dans les affaires de viol collectif, de guet-apens d’homosexuels, de mariage forcé, de crime d’honneur, de viol punitif ou d’excision, force est de constater que cela vient un peu toujours des mêmes. Mais les néoféministes n’ont aucune réflexion sur ce que le multiculturalisme comporte de rétrograde ou de problématique, particulièrement sur le sujet qui les intéresse pourtant : le sexisme. Aussi, ce féminisme est effectivement l’une des plus immenses impostures actuelles qui soit.

Mais, de l’autre côté de l’échiquier politique, par effet de balancier, on a ce genre de militante qui émerge, et qui passe évidemment pour quelqu’un de très sensé et de très pertinent. Voilà ce que réussit le féminisme : rendre la droite identitaire pertinente ! 

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En réalité le féminisme, ou plutôt cette critique acerbe du féminisme permet de faire passer la droite identitaire comme la garante des « droits des femmes ». C’est une belle entourloupe intellectuelle. Regardez comment à droite des gens sont devenus incroyablement favorables à l’égalité hommes / femmes et à la liberté sexuelle ces dernières années, dis donc ! Cela leur permet de montrer qu’ils sont civilisationnellement parlant supérieurs à tous ces immigrés qui nous envahissent et transforment nos pays en les rendant dangereux pour nos valeurs et pour nos femmes.

Bien sûr comme il y a une part de vrai, ils marquent des points.

À choisir…

Mais personnellement, je me sens bien plus en phase avec une Zineb El Rhazoui ou un Hakim El Karoui qu’avec un Damien Rieu. Je me sens plus en phase avec un “maghrébin” ex-musulman qu’avec un “petit blanc” de chez Civitas !

Que l’on écoute les néoféministes ou Eva Vlaardingerbroek, en réalité, des deux côtés le sujet est bien le multiculturalisme. Celui-ci doit être abordé sans aucun tabou, sans la peur d’être accusé de racisme. Cette accusation menaçante qui continue d’être brandie est devenue pathétique, et il faut choisir de s’en moquer. Dans le même temps, le multiculturalisme doit être abordé sans essentialisation aucune, et en reconnaissant tous ceux (nombreux mais silencieux) qui, parmi les immigrés et les descendants d’immigrés, se bougent pour faire changer les mentalités. C’est compliqué, car quoi qu’on dise on est soit accusé d’être raciste facho, soit accusé d’être laxiste bien pensant. Aussi je me répète : le mieux est donc littéralement de s’en foutre et de dire simplement ce qu’on pense. Que ça plaise ou non.

Les pingouins bientôt délivrés de Ségolène Royal

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Comme elle a manqué de réserve dans ses propos sur l’exécutif, Ségo est contrainte de dire adieu aux réserves de manchots dont elle avait la garde. Causeur résume cette situation politique burlesque…


Hier soir, le bandeau de BFMTV s’inquiète : “Que reproche-t-on à Ségolène Royal ?” Mince, je ne savais pas qu’il fallait maintenant une raison légitime pour dire du mal de cette haute figure de Poitou-Charentes ! Dès qu’un nouvel épisode du feuilleton Ségolène Royal se produit, je prends ma plume.

Depuis quelques jours, l’ambassadrice des pôles est “dans la tourmente” comme on dit sur les chaines info. Alors qu’elle pensait avoir échappé au pire, alors que sa carrière ne semblait finalement pas devoir prendre fin – malgré les attaques si méchantes de Radio France (auxquelles elle avait bien maladroitement riposté) – , voilà que c’est maintenant le président Macron qui lui voudrait du mal.

Des pressions seraient exercées pour que le Parquet national financier se penche sur la façon de travailler de l’ex du capitaine de pédalo.

Un ambassadeur des pôles ça ferme sa gueule ou bien…

On lui a scandaleusement refusé l’entrée du gouvernement, il ne fallait pas la chercher. Tout ce qu’elle voulait, c’était une bonne place. Politicienne de premier plan, femme, née en Afrique, n’avait-elle pas le profil diversitaire idéal ? Pas assez pour ces snobs de macronistes, peut-être.

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Ségolène Royal passe désormais son temps à attaquer Emmanuel Macron, lequel est déjà fort occupé par ces vilaines histoires de violences policières, par ces médecins hospitaliers qui menacent de démissionner ou par la mise en place de la fameuse conférence de financement pour les retraites. Alors… on ne va pas tortiller du fion longtemps. Virons-la ! Validée en haut lieu, Ségo a reçu le 7 janvier dernier la missive suivante :

“Madame l’ambassadrice, il est envisagé de mettre fin à vos fonctions au regard de vos récentes prises de parole publiques, qui mettent en cause la politique du gouvernement, à la mise en œuvre de laquelle, en votre qualité d’ambassadrice (…) vous êtes étroitement associée.” Des fois qu’elle soit longue à la comprenette, la lettre – qui proviendrait du secrétariat du Ministère de l’Ecologie -, ajoute: “Les fonctions que vous exercez impliquent un devoir de réserve sur l’action du gouvernement et ne permettent pas des prises de position publiques qui peuvent être celles d’une personne n’exerçant pas de telles fonctions”. Quand on pense qu’Elisabeth Borne, l’actuelle ministre, a un temps été sa directrice de cabinet, Ségo avait de quoi être furieuse quand elle a reçu ces remontrances !

Depuis, par tous les moyens légaux, le moulin à paroles de la gauche de 2007 se victimise. En lui reprochant via une tierce personne ses prises de paroles et son manque de rectitude, le petit Monsieur de l’Élysée manque vraiment de bravitude !

Un parcours politique royal

Quoi d’autre ?

Les médias affirment qu’elle ne va jamais au Conseil sur l’Arctique ? C’est que Madame Royal préfère servir son pays, comme elle l’a toujours fait ! Libre à chaque citoyen de faire le bilan de ses exemplaires années d’action politique (elle a été pour la première fois ministre en 1992).

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Elle utiliserait ses assistants et son budget d’ambassadrice des pôles à des fins personnelles (déplacements en province pour la promotion de son livre ou de sa fondation) ? Et le déplacement d’Emmanuel Macron au CES de Las Vegas en 2016, vous voulez qu’elle en reparle ?

Désormais libre, on ne fera plus taire le César d’or 2007 de la parole creuse. Pour preuve, elle invoque par pure démagagie et par erreur Voltaire sur Twitter, et devient une fois encore la risée des réseaux sociaux. Poussée à démissionner de son poste d’ambassadrice, c’est avec fracas qu’elle entre dans l’opposition.

Se mettra-t-elle en campagne, comme l’affirment de nombreux journaux ? Naïve et moins habile politiquement que nombre de ses petits camarades en Macronie, le côté foutraque de Royal a quelque chose d’attachant. Macron s’inquiéterait d’avoir cette ancienne alliée comme adversaire en 2022. La France est franchement dans le pétrin.

Un silence religieux au lycée

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Le témoignage glaçant d’un professeur de philosophie de l’Éducation nationale.


J’exerce le métier de professeur de philosophie dans un de ces lycées de France et de Navarrela religion est désormais très présente. Certes, c’est une présence qui n’est pas ouvertement agressive, mais elle est néanmoins permanente et insistante, « enveloppante » et même obsédante pour tout dire. Si on laisse de côté la question des tenues vestimentaires (la fameuse loi de 2004 sur les signes religieux à l’école interdit les vêtements les plus ostentatoires dans l’enceinte des établissements scolaires, comme le voile des jeunes filles, lesquelles acceptent de plus ou moins bon gré de l’ôter à la grille d’entrée du lycée, or la loi reste silencieuse sur d’autres signes plus discrets quoique tout à fait explicites…), je dirais que cette omniprésence tient en outre à de petites choses quotidiennes et apparemment insignifiantes, des petits détails à peine perceptibles pour le profane inattentif.

Bienvenue en enfer

Mais je dois reconnaître également que mes élèves, des adolescents proches de l’âge de la majorité ou bien l’ayant dépassée, sont généralement très doux, souriants et bienveillants, si on excepte quelques olibrius à la barbe imposante qui tiennent à se faire remarquer par leur caractère atrabilaire et par leur mine sombre qui laisse deviner un esprit obnubilé par de sombres pensées.

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Un jour, c’est telle élève qui me demande soudain, avec une vive sollicitude, si je n’ai pas « peur de brûler en enfer avec tous les athées ». Une autre fois, c’est tel élève attentionné qui me propose de m’offrir un exemplaire du livre saint des musulmans afin de m’éviter la géhenne éternelle. Un autre jour encore, telle jeune fille me dit courtoisement et de façon impromptue, tout en me fixant du regard : « vous savez, moi je suis d’accord pour écouter tout ce que vous nous dites, mais je n’y crois pas, car je n’ai confiance que dans mon imam ». Cause toujours, tu m’intéresses ! Alors que je parlais en classe des découvertes scientifiques faites dans le « monde moderne », de Copernic à Einstein en passant par Newton ou Darwin, un de mes élèves studieux me fit aussitôt remarquer avec aplomb que toutes ces découvertes étaient en réalité « déjà toutes contenues dans le Coran ». Pourquoi chercher plus loin ?! Quand je leur demande ce qu’est la culture, mes élèves me répondent bien souvent et très spontanément : « la religion ». Et si je m’aventure à leur demander ce qu’est l’ignorance ou l’inculture, je reçois le plus souvent pour réponse : « l’athéisme ». Je me demande donc bien à quel titre, moi l’ignorant ou l’inculte, je pourrais leur enseigner quoi que ce soit ?! D’ailleurs mes élèves me demandent très souvent ce qu’est un « savant ». Quand je leur réponds que, dans notre société dite « moderne », on considère que les « savants », ce sont les scientifiques ou éventuellement les philosophes, mais pas les religieux, ils tombent des nues…

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Dans ces conditions, il est évident qu’il convient d’éviter de citer des auteurs ou d’évoquer des doctrines trop ouvertement anti-religieuses et « provocatrices », si l’on veut éviter les problèmes. Je m’y risque néanmoins parfois, par « bravade » ou « esprit d’aventure »… Un jour, alors que nous étions en train de faire un cours précisément sur le chapitre de la religion (eh oui car c’est au programme officiel !), et lorsque j’en fus venu à évoquer la pensée d’un certain Frédéric Nietzsche à ce sujet, une élève protesta sèchement : « on n’a pas le droit de dire cela, c’est péché ». Lorsque j’invitai cette élève à lire à haute voix la célèbre phrase tirée du Gai savoir qui faisait l’objet de son indignation : « Dieu est mort », afin que nous puissions en discuter et qu’elle puisse m’expliquer les motifs de son désaccord, l’élève en question m’opposa un refus catégorique. Elle déclara qu’il lui était impossible de prononcer ces paroles. Me tournant vers ses autres camarades, je lus une moue de vive désapprobation, proche du dégoût, sur le visage de plusieurs d’entre eux : ils étaient solidaires! Le reste de la classe, quant à lui, se tenait coi et m’observait avec curiosité: comment le professeur va-t-il réagir à ce défi ? Sauvé par le « gong » de la sonnerie, qui marquait à heure fixe la fin des cours, je n’eus pas à relever le défi, et je dois avouer que, cette fois-là j’en fus lâchement soulagé.

Briser le silence

Certes, j’aurais dû me méfier. J’avais bien entendu les chuchotements indignés de certains élèves lorsque j’avais tenté d’expliquer à la classe ce que signifiait l’expression « opium du peuple » sous la plume de Karl Marx. Je savais bien, de toute façon que le cours sur la religion serait une épreuve risquée, voir un passage dangereux dans un tel établissement. N’était-ce pas de ma faute après tout ? Les professeurs sont habitués à ce qu’on rejette la faute sur eux lorsque quelque chose se passe mal. D’où leur silence et leur autocensure. Moi-même, j’ai beaucoup hésité avant de m’exprimer ici, de peur d’être mis en cause dans mon professionnalisme. Un professeur ne se doit-il pas de préserver le secret de la relation professionnelle qu’il a avec ses élèves ? Ne se doit-il pas aussi de protéger ces derniers ? Enfin, attirer l’attention sur certains faits, fussent-ils réels et « déplaisants », n’est-ce pas prendre le risque de leur donner trop d’importance, de les « monter en épingle » ? Lorsque la température monte, c’est toujours le thermomètre qui finit sur le banc des accusés. Si j’en parle tout de même, c’est donc avec la conscience de faire une entorse à la fois au secret professionnel et au devoir de réserve, comme aussi à la décence commune qui commande de taire des faits qui risquent de fâcher la collectivité. En définitive, si j’ai choisi de rompre le « vœu de silence » des enseignants, c’est parce que j’ai le sentiment que le sens de la mission qui est la mienne est de moins en moins clair pour tout le monde, y compris au sein de la communauté éducative.

Extinction de la raison


Parmi les manifestants contre la réforme des retraites, Extinction Rébellion brille une fois de plus dans sa lutte contre l’« inaction climatique ». À Paris, ils s’en sont pris aux trottinettes « briseuses de grève »…


On se souvient de l’occupation illégale de la place de la République, organisée par le mouvement Nuit debout, à l’occasion des débats relatifs à la loi Travail. Trois ans plus tard, le même groupe a contribué aux festivités parisiennes par le blocage de la place du Châtelet, après avoir squatté le centre commercial Italie 2, « symbole du capitalisme » triomphant – le tout pour dénoncer l’« inaction climatique ».

Et les autorités de n’avoir rien à y redire, tant que le pacifisme de façade prévaut : le folklore des AG assis sur des bottes de paille et la recyclabilité des banderoles post-soixante-huitardes en lin bio ont presque fait oublier qu’en démocratie, la majorité « subissante » souvent se tait, mais n’en souffre pas moins. Anne Hidalgo a même indiqué soutenir cette action militante, tandis que la ministre de l’Environnement Élisabeth Borne disait ne pas pouvoir « être contre quand les gens se préoccupent du climat », la ligne jaune restant celle de la violence.

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En pénétrant la « ZAD de Châtelet » cet automne, on tombait nez à nez avec un amoncellement de trottinettes en libre-service sous le gardiennage prudent des forces de police postées en « réserve d’intervention ». Ce n’étaient là que les prémices de l’opération de vandalisme d’ampleur menée début décembre par la même organisation et ayant conduit à la mise hors service illégale de 4 000 de ces véhicules, sur l’ensemble du territoire.

Il faut croire que les « nouvelles mobilités » ne sont jamais assez « douces » pour Extinction Rébellion. Hors de la stricte décroissance, point de salut ! Jamais en reste quand il s’agit de récupération idéologique, l’extrême gauche militante a justifié ce sabotage en taxant ces moyens de locomotion de « briseurs de grève », permettant aux usagers de continuer à se déplacer malgré les mouvements sociaux !

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Onfray: « Je veux que les hommes soient des hommes, les femmes des femmes et les enfants des enfants »

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À l’occasion de la sortie de deux de ses livres: Grandeur du petit peuple (Albin Michel) et Le Chemin de la Garenne (Gallimard), Michel Onfray s’est rendu chez REACnROLL, la webtélé des mécontemporains. Causeur vous propose de lire un extrait de l’intervention.


L’intégralité de l’émission est disponible sur REACnROLL (5€ par mois). Lors de leur échange, le plus prolifique des penseurs est interrogé par Elisabeth Lévy sur la masculinité. Il évoque alors son père.

Verbatim

Elisabeth Lévy. J’observe qu’il y a une autre chose que le catholicisme qui vous a formé, c’est votre détestation de la testostérone. Vous faites dans l’un de vos livres le récit de ce qu’est une enfance au milieu hommes, des odeurs d’hommes, etc. J’avais trouvé cela très bien vu. Mais j’ai peur que vous jetiez le bébé de la masculinité avec l’eau du bain.

Michel Onfray. Pas du tout ! Je veux que les hommes soient des hommes, les femmes des femmes, les enfants des enfants, et les adultes des adultes. Mais cela ne veut pas dire qu’un homme doit être ce que je déciderais : la testostérone, le football, l’apéritif, l’anisette, la chasse, la pêche, la grossièreté, la vulgarité, le fait de ne pas voir souvent la douche, etc. Mon père était un « vir » au sens romain, je ne l’ai jamais entendu dire une grossièreté, dire une méchanceté sur autrui, il travaillait, il supportait, ne se plaignait jamais, alors qu’on est aujourd’hui dans une génération de geignards : « mes ancêtres, ma couleur, ma religion, mon sexe ! »

Elisabeth Lévy (en faisant un clin d’oeil). « Ma retraite… » Je dis ça pour vous embêter.

Michel Ondray. C’est autre chose !

OnfrayTV, soutien de la presse de droite, origines sociales, gouvernement, retraites, place des femmes, affaire Matzneff, gilets jaunes… 50 minutes d’entretien entre Michel Onfray et Elisabeth Lévy sont à découvrir sur REACnROLL maintenant.

Elisabeth Lévy. Est-ce que votre père geignait sur la retraite ?

Michel Onfray. Non. Mon père a eu un problème cardiaque. On l’a mis à la retraite par la suite. Il ne serait pas parti à la retraite, sinon. Mon père avait des vacances qu’il ne prenait pas. Et quand il lui est arrivé de prendre des vacances c’était pour aller travailler ailleurs. On faisait la saison des betteraves, mon frère, mes parents et moi. Mon père ne se plaignait pas, ne geignait pas. Il prenait ses 8 jours de congés et pendant ces 8 jours nous allions faire les betteraves pour la ferme d’à côté. Il a eu plein d’occasions de souffrir dans son existence, y compris corporellement, mais il ne s’est jamais plaint. Nous sommes dans une civilisation de la plainte perpétuelle. Certains se plaignent encore de leurs ancêtres et vont vous dire « moi je suis black, mes ancêtres il y a trois siècles étaient des esclaves donc je me plains ». Bon ça va quoi ! (…)

michel-onfrayElisabeth Lévy. Vous semblez attribuer un excès de testostérone à un certain nombre de crimes de l’histoire. Est-ce que ça n’est pas explicatif d’un certain nombre d’entreprises glorieuses et
folles ?

Michel Onfray. Écoutez, là j’en parle dans ce livre sur les gilets jaunes. Regardez ce qu’ont été les femmes dans le mouvement gilet jaune, ce qu’elles ont dit, comment elles ont porté le mouvement et comment pour un certain nombre d’hommes, en face, ça n’est pas exactement la même chose… Jacline Mouraud, Priscillia Ludosky sont des femmes chez qui il n’y a jamais eu de débordement. En revanche en face, chez des Éric Drouet et autres…

Elisabeth Lévy. Certes. Mais on va jusqu’à dire que les femmes sont meilleures pour exercer le pouvoir. Il me semble qu’il faut faire attention…

Michel Onfray. Non je ne suis pas d’accord avec ça. Et je ne dis pas ça. J’ajoute que pendant la révolution française les grandes femmes étaient toutes…

>>> Retrouvez la suite sur RNR.TV <<<

OnfrayTV, soutien de la presse de droite, origines sociales, gouvernement, retraites, place des femmes, affaire Matzneff, gilets jaunes, antisémitisme, Guillaume Durand, Etienne Chouard… 50 minutes d’entretien entre Michel Onfray et Elisabeth Lévy sont à découvrir sur REACnROLL maintenant.

Grandeur du petit peuple: Heurs et malheurs des Gilets jaunes

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Sexe: consentement, attention zone grise!

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Alors que la vague #metoo a déferlé en Amérique du nord et dans tout l’occident, la notion de « consentement » n’en finit plus d’être redéfinie. Pour ne plus rien vouloir dire ? Laura Kipnis s’en inquiète. 


 

Tout le monde s’accorde sur le fait qu’une relation sexuelle non consentie est une agression ou un viol. Mais attention : encore faut-il s’entendre au préalable sur ce que signifie « une relation sexuelle non consentie ». Cette notion de consentement s’est en effet trouvée récemment redéfinie dans ces cénacles lexicographiques d’un nouveau genre que sont devenus les départements d’études féministes aux États-Unis, et de telle manière que ce concept apparemment clair est devenu un véritable sac de nœuds. Et le plus inquiétant dans tout ça, c’est que de telles redéfinitions trouvent désormais un écho complaisant, d’un côté comme de l’autre de l’Atlantique, tant dans le monde juridique qu’auprès des autorités politiques et administratives (universitaires notamment).

Sur cette question du consentement, on est ainsi passé en quelques années du slogan «Non, c’est non», qui ciblait de façon explicite la lutte contre les relations sexuelles non consenties, donc contre les agressions sexuelles caractérisées, à une nouvelle mouture : «Sans oui, c’est non», qui est beaucoup plus ambiguë. Un cas récent qui a défrayé la chronique au Canada est venu révéler le caractère problématique de ce nouveau slogan. Ce cas était d’autant plus intéressant qu’il impliquait deux députés du parlement canadien.

Consentement « enthousiaste » et « continu »

S’ennuyant probablement dans la capitale fédérale d’Ottawa, une députée du NPD (Nouveau Parti Démocratique, du centre-gauche) et un député du Parti libéral (centre-droit) se rencontrent dans un bar, boivent un verre, puis deux, flirtent ensemble, jusqu’à ce que l’homme politique propose à sa collègue de monter prendre un dernier verre dans sa chambre d’hôtel. Là, il devient plus entreprenant, et ils finissent par avoir une relation sexuelle, que la jeune femme – elle en convient elle-même – n’a jamais refusée explicitement. Seulement voilà, le lendemain ou quelques jours plus tard, elle réalise qu’elle n’a pas non plus consenti clairement à cette relation sexuelle, s’en plaint au chef de son parti, qui en réfère au chef du Parti libéral, et ce dernier contraint son député libidineux, ou malchanceux en amour, à démissionner.

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Il ne suffit donc plus pour un homme de ne pas insister quand une femme lui dit non. Il lui faut encore, avant tout geste osé ou aventureux, s’assurer de son consentement explicite. Et il ne doit pas uniquement s’en assurer une fois, avant un premier effleurement ou un premier baiser; car cette nouvelle conception du consentement qui a cours désormais en Amérique du Nord stipule en outre que celui-ci doit être non seulement libre et explicite, mais également enthousiaste et continu.

Négociation contractuelle

Les deux premiers termes de cette définition soulèvent déjà leur lot de problèmes. Le premier entraîne, par exemple, aux yeux des magistrats ou des autorités compétentes l’invalidation de tout consentement s’il y a eu préalablement consommation d’alcool (Adieu, ingestion désinhibitrice d’une coupe de champagne !) ou s’il y a présence entre les partenaires sexuels du moindre soupçon de relation hiérarchique. Quant au second – qui semble emprunter au répertoire de la chanson coquine façon Patti LaBelle[tooltips content= »Chanteuse américaine, qui chantait ce célèbre refrain : « Voulez-vous coucher avec moi, ce soir ? » »](1)[/tooltips] – ne risque-t-il pas de tuer dans l’œuf toute velléité de romantisme et de transformer les préliminaires amoureux en négociation contractuelle (il a d’ores et déjà donné naissance à des applications pour téléphones intelligents du genre We-consent qui permettent d’officialiser, et surtout de garder une trace de ces consentements contractualisés) ?

Mais ce sont les deux derniers termes qui soulèvent bien entendu le plus de questions. Tous les mauvais esprits qui ont vu un jour un film porno se plairont à imaginer en ricanant ce à quoi devrait ressembler un tel consentement enthousiaste et continu ! Et peut-être n’ont-ils pas tout à fait tort : cette conception du consentement amoureux ne peut guère être née que sur ces terres hollywoodiennes où l’on cultive en matière d’amour et de sexe tous les clichés les plus superficiels qui tendent ensuite à se substituer à la réalité. Même la chroniqueuse féministe du Monde Maïa Mazaurette semblait convenir du caractère artificiel de cette définition du consentement. « Un enthousiasme continu, écrivait-elle, demanderait soit un extraordinaire talent du partenaire (avec storytelling intégré pour ne laisser aucun espace de frustration ou d’ennui), soit une permanente mise en scène du plaisir, c’est-à-dire une forme de simulation »[tooltips content= »Maïa Mazaurette, « Consentement enthousiaste : pourquoi pas ? », publié le 24 décembre 2017 sur le site du Monde »](2)[/tooltips]Bien d’accord avec elle !

Le sexe polémique

Ce qu’elle ne semble pas voir en revanche, c’est que la principale conséquence du caractère artificiel de cette nouvelle définition : puisque celle-ci rend pratiquement impossible un consentement absolument univoque et donc incontestable (sauf pour ces donjuan millionnaires, qui feront signer aux impétrantes, sur le modèle de Cinquante nuances de gris, des contrats en bonne et due forme préparés par leurs avocats), il fait de tous les hommes sexuellement actifs des coupables potentiels ; en plus de contribuer à cette judiciarisation des rapports sociaux et de l’existence quotidienne, qui est sans doute la dynamique la plus évidente de la société américaine contemporaine.

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Ces messieurs ne sont d’ailleurs pas au bout de leur peine, ainsi qu’en témoigne l’excellent essai de Laura Kipnis, Le Sexe polémique, qui vient d’être récemment traduit en français[tooltips content= »Laura Kipnis, Le sexe polémique. Quand la paranoïa s’empare des campus américains, trad. par Gabriel Laverdière, Liber, 2019″](3)[/tooltips]. Cette universitaire y raconte par le menu les déboires d’un de ses collègues, le professeur de philosophie Peter Ludlow. Accusé par une étudiante de « comportement sexuel inapproprié », celui-ci a vu une de ses anciennes compagnes se retourner contre lui et affirmer que leur relation n’était pas… consentie. En dépit des milliers de textos amoureux qu’ils avaient échangés et du fait qu’ils étaient sortis ensemble plusieurs mois et avaient même partagé un appartement, celle-ci affirmait que son ex-amant avait profité de sa position de pouvoir pour abuser d’elle. De partenaire sexuelle consentante, elle se transformait ainsi, longtemps après les faits, en victime d’abus sexuel et même de viol.

L’effrayant avertissement de Laura Kipnis

Le plus étrange dans toute cette histoire, c’est que les autorités universitaires appelées à juger de cette affaire lui ont donné raison. Ludlow a été congédié. « Soyez donc avisé, conclut Laura Kipnis, que toute personne ayant jamais eu des rapports sexuels est à partir d’ici potentiellement coupable de viol. » (p. 115)

Ces nouvelles définitions pour le moins imaginatives de la notion de consentement ont donc de quoi inquiéter tous les hommes, du moins ceux qui n’ont pas prononcé de vœu de chasteté, risquant de faire même des plus galants d’entre eux des coupables idéaux. Mais elles ne sont guère beaucoup plus réjouissantes pour les femmes qu’elles semblent cantonner dans le rôle de victimes permanentes et passives de l’agressivité du mâle. Elles-mêmes sans désir, presqu’asexuées, elles seraient dans le fond trop faibles et trop influençables pour être en mesure d’offrir un consentement valide. On n’est pas bien loin de clichés misogynes éculés et c’est ce qui choque particulièrement Laura Kipnis, elle-même féministe convaincue, qui y voit non pas une avancée sur le chemin de l’égalité entre les femmes et les hommes, mais une formidable régression.

Le sommet de Pau a au moins clarifié les rôles

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Le 13 janvier les présidents des pays du G5 Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger, Tchad) étaient reçus en France par M. Macron pour un sommet. Au Sahel, la situation pourrait difficilement être pire : l’islamisme gagne des cœurs, les États souverains sont inefficaces et la France est peu soutenue.


À Pau, à l’issue de leurs discussions consacrées à la situation militaire au Sahel, lors de la conférence de presse commune, les présidents des six pays ont annoncé un renforcement de leur coopération militaire. Ils ont aussi clarifié leur position vis-à-vis de l’intervention militaire française dans la région, comme le souhaitait la France.

L’Afrique demain plus dangereuse que la Syrie ?

Après l’intensification récente des attaques islamistes (notamment au Faso), les centaines de victimes et les centaines de milliers de réfugiés, la situation au Sahel va devenir plus dangereuse que ne le fut celle de la Syrie. Et ceci pour plusieurs raisons. Principalement du fait de l’immensité des zones concernées ; pour le Sahara algérien, la Libye, le Niger, le Tchad, le Mali, le Burkina, au moins 6 millions de km2 (10 fois la France), sans même parler du Nigeria, nord Cameroun, Centrafrique ou l’islamisme sévit aussi.

De plus, désormais les criminels islamistes recrutent sur place (même au Burkina) et ce ne sont plus seulement à des katibas d’aventuriers transfrontaliers que l’on a affaire. De leur côté, les Américains ont annoncé leur volonté de se retirer (Donald Trump veut rapatrier tous ses  »boys »). À Tripoli, les soldats turcs ont débarqué pour aider la tendance Frères musulmans à se maintenir au pouvoir, et se regardent en chiens de faïence avec les troupes de l’est libyen (le maréchal Hafthar et ses soutiens de l’armée égyptienne). Les pays du G5 sont des pays pauvres et, à l’exception de la remarquable armée tchadienne, ils n’ont pas de forces militaires significatives en nombre et équipements modernes. Pour ne rien arranger, le budget militaire français est très tendu, du fait de notre situation économique et sociale, mauvaise depuis des années. Enfin divers mouvements d’opinion publique et certains médias se sont manifestés contre la France et l’armée française. L »’invitation » des cinq chefs d’état concernés par M. Macron aurait été vécue comme une humiliante convocation par les opinions publiques au sud du Sahara. D’autant que, pour faire plaisir à François Bayrou, à deux mois de municipales difficiles pour le pouvoir, la réunion expéditive des 5 chefs d’État a eu lieu à Pau ; ils ont dû apprécier de passer de 35 ° à 5 °… Les entretiens n’ont duré que trois heures, ce qui accroît le malaise dans les opinions africaines : était-il nécessaire et habile d’être arrogant avec des alliés souverains ?

Les Africains renouvellent leur confiance en la France

Aucun chef des États africains ne s’est exprimé individuellement, mais leur déclaration conjointe insiste sur le « souhait de la poursuite de l’engagement militaire de la France au Sahel » et il est demandé « un renforcement de la présence internationale à leurs côtés ». Les présidents expriment aussi « leur reconnaissance à l’égard de l’appui crucial apporté par les États-Unis » et souhaitent que cet appui se poursuive.

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Le communiqué rappelle que « cette action commune vise à protéger les populations civiles, à défendre la souveraineté des États, à prévenir une extension de la menace terroriste dans les pays frontaliers ». On notera que même le “terrorisme” n’est pas nommé. N’est-ce pas dès lors une victoire pour l’islamisme ? Les chefs d’État déclarent par ailleurs souhaiter « accroître et coordonner leurs efforts en vue d’une solution rapide à la crise libyenne », origine de l’instabilité au Sahel.

Une coalition

Les six présidents annoncent enfin la mise en place d’un nouveau cadre politique, stratégique et opérationnel, cadre dénommé « coalition pour le Sahel », qui rassemblera les pays du G5, la France et d’autres pays partenaires, qui ne sont pas précisés, l’espoir d’impliquer d’autres pays européens restant plus que ténu.

Cette  »coalition » sera fondée sur quatre piliers : un pilier stratégique et militaire, un deuxième pilier relatif la formation des armées sahéliennes, le troisième pilier visera le retour de l’État et des administrations dans les territoires menacés (à haut risque si la sécurité n’est pas meilleure), et le dernier pilier sera consacré au développement (sans plus de précision). L’action militaire sera concentrée sur l’intersection des trois frontières entre le Mali, le Faso et le Niger, où se concentrent les attaques, notamment celles de la katiba la plus dangereuse : l’État islamique au grand Sahara (EIGS). Un commandement conjoint Barkhane/G5 Sahel dirigera les opérations. Les forces spéciales européennes (en réalité françaises), désormais dénommées « Task force Takouba », seront intégrées à Barkhane. La force française sera renforcée : 220 soldats viendront s’ajouter aux 4 500 déjà présents dans la région. La force Barkhane ne se dispersera plus : elle deviendra une force de réaction rapide au profit des armées locales. Une bonne nouvelle: le calendrier est accéléré, car le G5 se réunira de nouveau dès juin prochain en Mauritanie pour faire le point sur les progrès attendus.

La France, désintéressée et vexée

Monsieur Macron, agacé, nerveux, est également revenu sur le sentiment anti-français qui s’est exprimé dans la sous-région et a lancé : « Chaque fois qu’un État demandera à l’armée française de ne plus être là, nous le quitterons… Notre seul intérêt, c’est la lutte contre le terrorisme et la stabilité et la souveraineté des États où nous sommes présents… Donc, les discours que j’ai pu entendre ces dernières semaines sont indignes. Indignes ! Et ils sont combattus avec beaucoup de fermeté par vos dirigeants, je les en remercie, et encore, au moment des vœux. Ils sont indignes, parce qu’ils servent aussi d’autres intérêts ». On ne peut que l’approuver.

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Aux chefs d’État sahéliens désormais de prendre les mesures qui s’imposent en temps de guerre, contre les instigateurs de manifestations nuisibles à la sécurité de leurs pays. Notamment les sankaristes qui ont parlé de  »chantage de la France ». Plus responsable a été l’opposition tchadienne qui a souhaité le maintien de l’assistance militaire française. Il serait éminemment souhaitable que chaque parlement des pays concernés vote une résolution en ce sens. Il est bon de pouvoir compter ses amis et ses ennemis. Dans cette perspective, il faut que les imams des pays victimes fassent enfin une déclaration commune, largement diffusée, en plusieurs langues, séparant islam et islamisme.

Enfin, et cela la France ne l’a pas exprimé, il faut conseiller, pour les très vastes territoires où vivent des populations hétérogènes qui ont des langues et histoires propres, de décentraliser, régionaliser et démocratiser cette décentralisation. Ce que Hollande et Fabius n’ont pas su faire au Mali quand c’était possible. Les populations excentrées se sentent méprisées et abandonnées par les pouvoirs centraux souvent inefficaces et parfois corrompus. Ce qui est évidemment le terreau idéal pour le recrutement de terroristes. Mais là, vu la compréhension élyséenne des Gilets jaunes, on ne peut qu’être pessimiste sur le succès de cette proposition.

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Australie: le réchauffement climatique, vous êtes sûr?

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Jusqu’en Suisse, on relaye les images chocs du feu au pays des kangourous. Mais les médias helvètes comme français se gardent bien de traiter la polémique qui enflamme l’Australie. Certains mettent en cause l’administration et les Verts.


 

Plus personne n’ignore les terribles incendies qui ravagent l’Australie et qui pour l’heure ont tué 24 personnes, des centaines de millions d’animaux, et détruit des milliards d’hectares. Les journaux écrits et télévisés s’en sont abondamment fait l’écho.

La presse sous nos contrées est cependant restée très évasive, pour ne pas dire muette, sur les polémiques qui agitent l’Australie depuis le début des incendies. La cause la plus souvent évoquée par la presse incrimine le « réchauffement climatique » qui serait responsable de l’ampleur des incendies cette année, or c’est une affirmation contestée par nombre d’Australiens et de professionnels du feu. Pourquoi la presse helvétique n’en parle pas ?

Les feux de brousse ne sont pas une nouveauté sur le continent australien qui y fait face depuis aussi longtemps que l’homme s’y est installé. Des stratégies et des techniques de lutte contre le feu y ont été développées et pratiquées depuis plus d’un siècle, y compris des mesures comme le back-burning[tooltips content= »La technique de combat du feu par des feux préventifs (backburning) est aussi parfois utilisée en Suisse »][1][/tooltips] et le brûlis préventif qui consiste à faire de larges coupes dans la végétation en la brûlant par avance afin de créer des zones sans végétation et donc sans combustible, ce qui empêche le feu non maîtrisé de progresser et de se propager en cas de départ de feu accidentel.

Le réchauffement climatique a bon dos…

Sous la pression des Verts et des défenseurs de la biodiversité ces coupes de défrichement et ces brûlis préventifs ont été rendus par l’administration de plus en difficiles et compliqués à mettre en place. Le code de conduite écrit par les Verts australiens (Greens) montre clairement qu’ils sont à l’origine du problème, ils ne s’opposent pas aux brûlis préventifs mais seulement lorsque ce brûlis aura été autorisé par une personne habilitée et possédant les connaissances scientifiques nécessaires et qui inclut donc du personnel et une autorisation de l’administration.

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Le mieux est dit-on parfois l’ennemi du bien, et l’expérience faite par l’australien Liam Sheahan, 64 ans, et son fils, illustre parfaitement la problématique induite par les Verts qui dans leur extrémisme dogmatique dénient tout sens de la responsabilité chez les citoyens en prétendant que seuls leurs experts habilités sont en mesure d’apprécier les situations environnementales.

Liam Sheahan a demandé de pouvoir défricher une zone de protection autour de sa maison, cette autorisation lui a été refusée. Il a passé outre et a tout de même défriché et arraché des arbres et s’est vu infligé une amende pour un montant de 100’000 dollars australiens (env. 68’000.- CHF). Mais lors du grand incendie de 2009, du terrible samedi noir qui a fait 180 victimes, dans l’incendie qui a ravagé son secteur une seule maison a été épargnée et est restée debout, celle de Liam, qui s’il n’avait pas outrepassé la loi et défriché contre l’avis des greens experts, aurait vu sa maison brûler comme l’ont été celles de tous ses voisins, et peut-être même sa famille[tooltips content= »L’histoire complète de Liam Sheahan sur le Daily mail Australia :« Le nettoyage «illégal» de sa propriété lui a coûté 100 000 $ d’amendes. Mais lorsque les incendies du samedi noir ont fait 173 morts, sa famille et sa maison ont survécu pendant que ses voisins mouraient – alors LIAM SHEAHAN demande, pourquoi ne pouvons-nous pas contrôler nos propres maisons ? » »][2][/tooltips].

Bien sûr pour la presse helvétique il est beaucoup plus facile de fermer les yeux sur la responsabilité des Verts et de leur environnementalisme dogmatique et ainsi d’accuser le réchauffement climatique qui sert à justifier l’agenda politique. Mais ça ce n’est pas de l’information objective, complète et honnête. C’est de la manipulation des consciences. Pourquoi la presse protège certains acteurs, les Verts, au détriment d’autres citoyens ? Pourquoi elle ne fait pas entendre tous les sons de cloches ?

L’incrimination du réchauffement climatique comme cause des terribles incendies de cette année est également contredite par les données climatiques et météorologiques de l’Australie. Si les pics de chaleur et de sécheresse de cette année sont évidents ce ne sont ni des exceptions ni les premiers, ils y sont même des données communes du climat australien depuis des siècles[tooltips content= »Un blog australien réputé sur le débat du changement climatique et utilisant les données du BOM (Bureau of Meteorology) australien montre que la situation de la NSW Nouvelle-Galles du Sud en 2019, lieu des incendies, si elle présente des pics n’a rien d’exceptionnelle.Paul Homewood. Are Australian Wildfires Due To Climate Change ? DECEMBER 24, 2019″][3][/tooltips].

La catastrophe irrémédiable de cette année a d’autres causes, dont celle avancée, et qui incrimine les Verts et leur pression dogmatique sur toute la société.  Et l’opinion selon laquelle c’est la diminution des brûlis préventifs et des défrichements qui serait responsable du terrible désastre de cette année est partagée par des personnes qui ne sont pas des opposants politiques des Verts mais juste des professionnels de la lutte contre les incendies.

L’avis des soldats du feu

Sur sa page, le corps des sapeurs-pompiers volontaires d’Australie, c’est-à-dire des milliers de citoyens qui prennent des risques et parfois perdent la vie pour protéger du feu leurs familles et leurs communautés, incrimine directement l’idéologie environnementaliste.

C’est l’idéologie verte, et pas le changement climatique, qui empire les feux de brousse

Le 5 mars 2019 déjà, les pompiers volontaires de Nouvelles Galles du Sud, s’en prenaient à la Ministre australienne de l’environnement, Melissa Price, en lui reprochant d’incriminer le réchauffement climatique comme cause des feux de brousse alors qu’il était clair pour eux que ce sont les divers empêchements de l’Etat au débroussaillement qui était en cause.

« Désolé, Madame la ministre, ce n’est pas le changement climatique qui a causé les derniers feux de brousse qui ont jusqu’à présent détruit neuf maisons à Victoria, et ce n’est pas le changement climatique qui a tué près de 200 personnes dans les incendies du samedi noir il y a dix ans.

Le véritable coupable c’est l’idéologie verte qui s’oppose à la nécessaire réduction des risques de charges de combustibles dans les parcs nationaux et qui empêche les propriétaires fonciers de défricher la végétation autour de leurs maisons.

La mauvaise gestion continue des parcs nationaux et des forêts domaniales de Victoria et l’obstruction verte contre les stratégies d’atténuation des incendies ont conduit à des charges de combustibles dangereusement élevées au cours de la dernière décennie.
Cela signifie que lorsque des incendies éclatent inévitablement, ils sont si intenses qu’ils sont diaboliquement difficiles à contenir pour les pompiers. Comme une enquête parlementaire fédérale l’a entendu en 2003, si vous quadruplez le combustible au sol, vous obtenez une augmentation de 13 fois la chaleur générée par un incendie.
Les habitants connaissent la vérité. Andrew Clarke, propriétaire de Jinks Creek Winery, qui a été détruit par un incendie qui a ravagé la forêt d’État de Bunyip, avait « supplié » de réduire la quantité de combustible pour protéger sa propriété.

« Je les ai suppliés (le Forest Fire Management of Victoria) depuis 20 ans de brûler la forêt d’État à l’arrière de notre maison et, à ce jour, cela n’a toujours pas été fait », a-t-il déclaré à la chaine ABC Country Hour.

Clarke a déclaré qu’un brûlage planifié avait été annulé en raison de préoccupations concernant des oiseaux nicheurs.

Il y a à peine trois semaines, l’ancien chef des pompiers de Victoria, Ewan Waller, a averti que les charges de combustibles des forêts d’État atteignaient des niveaux mortels, semblables à ceux du samedi noir. Personne n’y a prêté attention.

Mais vous pouvez parier que le premier ministre Daniel Andrews se cachera derrière la furie du changement climatique.

Les mensonges des perroquets verts conviennent aux politiciens, car ils peuvent ainsi éviter d’être blâmés pour leur propre culpabilité.

La Commission d’enquête royale sur le feu de brousse du samedi noir (Black Saturday Bushfire) a critiqué le gouvernement victorien pour son incapacité à réduire les charges de combustible dans les forêts d’État. Il a recommandé de plus que doubler le nombre de brûlis préventifs.

Au lieu de cela, au cours des trois dernières années, le gouvernement d’Andrews a réduit de près des deux tiers la superficie des terres publiques à brûler.

C’est un crime. »

Association des pompiers volontaires de Nouvelle-Galles du Sud. 5 mars 2019[tooltips content= »Volunteer Fire Fighter Association of NSW (New South Wales). »][4][/tooltips].
Le problème des incendies en Australie touche donc désormais aussi la Suisse puisqu’il se présente maintenant comme un problème de désinformation dans notre pays, d’une information qui sélectionne certains faits pendant qu’elle en passe d’autres sous silence. La responsabilité des Verts en Australie n’intéresse pas notre presse mainstream. Elle la passe sous silence.

Pourtant une partie de ces millions de petits koalas et de kangourous atrocement brûlés ressortent bien de la responsabilité des Verts.

On se demande parfois si les Suisses se rendent vraiment compte de ce qui se passe avec les médias de leur pays, qu’ils payent bien plus chers que nulle part ailleurs au monde, entre les 350 millions qu’ils donnent chaque année à la RTS ou l’abonnement à des journaux locaux, comme par exemple la Tribune de Genève, qui coûte plus cher qu’un abonnement au Financial Time. Et pour ne se voir délivrer que des informations partiales et politiquement orientées.

Source : Article de Michel Piccand sur LesObservateurs.ch

Jacques Rigaut, le suicidé magnifique qui inspira Drieu


Dans une biographie passionnante, Jean-Luc Bitton retrace la vie de Jacques Rigaut, météore du dadaïsme suicidé à 30 ans en 1929. Le destin tragique de ce dandy héroïnomane inspira notamment Drieu, Gracq et Louis Malle.


 

Un siècle après, on n’a toujours pas fini de mesurer les ondes de choc de la Première Guerre mondiale. Cet événement n’a pas eu seulement un bilan humain effroyable et des conséquences géopolitiques désastreuses, il a aussi profondément remodelé les êtres eux-mêmes en faisant notamment apparaître un type d’homme enfermé dans une solitude radicale face à un monde définitivement vécu comme absurde. Dans la littérature, on a ainsi vu naître des personnages qui ne peuvent plus vivre, croire, ni aimer ; des personnages enfermés dans le solipsisme, c’est-à-dire dans une manière d’impasse métaphysique qui les fait douter de l’existence même du monde autour d’eux, qui leur font envisager la réalité comme une projection mentale, comme un mauvais rêve. Le solipsiste doute de tout : il est devenu, pour reprendre le mot de Schopenhauer, « un fou enfermé dans un blockhaus », inaccessible à la raison.

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Exemples de personnages solipsistes dans la littérature française d’après la Grande Guerre : le Roquentin de Sartre dans La Nausée, le Meursault de Camus dans L’Étranger, le Lafcadio de Gide dans Les Caves du Vatican ou encore nombre d’antihéros gris de Simenon, en proie à un malaise constant qui les conduit le plus souvent à des tentatives radicales pour retrouver la consistance des choses : le meurtre ou le suicide. « Bien calé, la nuque à la pile d’oreillers, les pieds au bois de lit, bien arc-bouté. La poitrine en avant, nue, bien exposée. On sait où l’on a le cœur. Un revolver, c’est solide, c’est en acier. C’est un objet. Se heurter enfin à l’objet. » Il s’agit des dernières phrases du Feu follet, un roman de Drieu, qui s’inspire largement de la vie de Jacques Rigaut.

Rigaut, une vie de personnage

Et c’est peut-être par cet angle du solipsisme qu’il faudrait aborder Jacques Rigaut (1898-1929) pour comprendre la splendide et terrifiante ascèse nihiliste de celui auquel Jean-Luc Bitton vient de consacrer une monumentale biographie, fruit de quinze années de travail. On nous objectera que Jacques Rigaut n’est pas un personnage et qu’il a réellement existé. Voire : Rigaut n’a jamais été persuadé de sa propre existence ou plus exactement, il n’a jamais été persuadé que le monde qui l’entourait était autre chose qu’une farce sinistre et absurde mise en scène par un dieu caché, comme celui des jansénistes.

Jacques Rigaut, vers vingt ans, s’est condamné lui-même à mort et a attendu impatiemment, d’heure en heure, pendant dix ans, l’instant de parfaite convenance, où il pourrait mettre fin à ses jours

Et puis, qui vous dit que Rigaut n’était pas un personnage, plutôt qu’une personne ? Ce qui pourrait ainsi étonner à première vue, c’est la relative minceur de la bibliographie dans ce Jacques Rigaut : le suicidé magnifique de Bitton. À peine cinq pages dans un livre qui en compte plus de 700. Et encore, il s’agit pour l’essentiel de ce que l’on pourrait appeler une bibliographie indirecte : des mémoires de ses contemporains, des articles épars, des études sur le dadaïsme et le surréalisme, ces deux avant-gardes qui surgissent des ruines de la « der des ders » et qui tenteront d’explorer toutes les possibilités de l’imaginaire par une contestation radicale de l’ordre établi. Deux avant-gardes où Jacques Rigaut joue un rôle essentiel et souterrain, artiste sans œuvre ou presque, ludion noir et désespéré qui tente de trouver là, sans trop y croire, des portes de sortie. Avant de se suicider au revolver, d’une balle en plein cœur, après des soins de toilette minutieux, dans la chambre d’une clinique de Châtenay-Malabry où il tentait encore une fois de se sevrer de l’héroïne. C’était au matin du 6 novembre 1929 et il avait trente ans.

Dans les livres des autres

Dans cette mince bibliographie établie par Jean-Luc Bitton, il y a pourtant une section plus importante que de coutume. C’est la liste des œuvres de fiction inspirées directement par Jacques Rigaut. Excusez du peu : Jacques Rigaut est, entre autres, le personnage principal d’un roman et de trois nouvelles de Drieu La Rochelle (Le Feu follet, La Valise vide, Plainte contre inconnu et Adieu à Gonzague), d’un roman de Philippe Soupault (En joue !),  d’un roman de Julien Gracq (Un beau ténébreux), mais aussi de deux films inspirés du Feu follet, celui de Louis Malle avec Maurice Ronet en 1963, ainsi que plus récemment celui du Norvégien Joachim Trier, Oslo, 31 août en 2011 sans compter un spectacle théâtral de Jean-Michel Ribes en 1973, Par-delà les marronniers.

Cela dit assez l’aura durable de la belle figure aux yeux mangés par la nuit de Jacques Rigaut, dont les seuls textes connus n’ont été réunis en un seul volume par Gallimard sous le titre Écrits qu’en 1970 : on y trouve essentiellement des fragments, des ébauches, des textes publiés du temps de Dada et du surréalisme. Auparavant, c’est André Breton qui l’avait fait figurer au premier rang de son Anthologie de l’humour noir parue en 1940, livre capital dans lequel il voulait réunir ceux qui avaient été surréalistes avant le surréalisme (on y trouve Swift et Kafka, Edgar Poe et Rimbaud, Baudelaire et Alphonse Allais), mais aussi les compagnons de route qui avaient cheminé « à côté » du surréalisme, comme Gide ou Prévert. Breton voulait montrer qu’au-delà d’un simple mouvement artistique, le surréalisme était une attitude face au monde, qui avait toujours existé et existerait toujours, et dont cet humour noir était la manifestation la plus évidente.

Breton y résume parfaitement la courbe météorique de l’existence Jacques Rigaut : « Jacques Rigaut, vers vingt ans, s’est condamné lui-même à mort et a attendu impatiemment, d’heure en heure, pendant dix ans, l’instant de parfaite convenance, où il pourrait mettre fin à ses jours. » Il est vrai que cet homme au sourire crispé, inventeur d’une « Agence générale du suicide » ne cachait pas son jeu quand il écrivait : « Essayez, si vous le pouvez, d’arrêter un homme qui voyage avec son suicide à la boutonnière. »

On retrouve ici deux aspects essentiels pour comprendre Rigaut, qui sont minutieusement exposés dans la biographie de Jean-Luc Bitton : une volonté de fer et une préméditation tragique derrière les apparences funambulesques et velléitaires d’un jeune homme qui aima beaucoup trop l’alcool, la drogue, les femmes et aussi l’argent.

Plus grand mort que vivant

Rigaut est un enfant de la petite bourgeoisie, avec un arbre généalogique un peu honteux, son père et son oncle étaient des enfants naturels, fils d’une lingère et d’un grand naturaliste qui ne les a pas reconnus. Il voit le jour boulevard Raspail, poursuit une scolarité agitée dans de bons établissements. La seule chose dont il soit certain, c’est de sa beauté. Les photos qui accompagnent la biographie de Bitton montrent bien qu’il a raison. Il en joue, il en joue auprès des filles comme des garçons. Homosexualité ? Rien n’est sûr. Impuissance ? Sans doute. Cela n’empêchera pas les femmes, riches si possible, de l’aimer. Elles financeront son dandysme, même si son dandysme aurait existé sans son train de vie parfois somptueux.

Avant, il s’est engagé volontaire pour faire la guerre, il s’ennuie dans l’artillerie puis connaît une manière d’extase sur les champs de bataille en mars 1918. Après, il goûte à la drogue, il adopte le chic anglais. On comprend la fascination qu’il a pu exercer sur Drieu qui a eu les mêmes passions, les mêmes névroses, les mêmes goûts, la même angoisse sexuelle. Quand arrive la fin des années 1920, chacun sort de scène à sa façon : Rigaut se suicide, Drieu devient fasciste, ce qui chez lui est un suicide différé avant le vrai qui interviendra en 1945. Drieu éprouvera pour Rigaut un amour contrarié, inavouable. Il livre une première nouvelle à charge, en 1923, sur son ami : La Valise vide. Ce pourrait aussi bien être un autoportrait. Et pourtant, après la sortie de ce texte, quelques mois plus tard, c’est Drieu qui lance une souscription auprès des amis de Rigaut pour l’envoyer aux États-Unis, à New York, « Gotham City » comme dit avec humour Jean-Luc Bitton. La mode de ces années-là est à la fascination pour la Grosse Pomme : Morand écrit New York, Céline célébrera bientôt la beauté des Américaines, ces Vikings blondes et surhumaines d’un monde nouveau.

Ce séjour coïncide avec la dernière publication que Rigaut fera de son vivant, neuf aphorismes dans une revue d’avant-garde, The Little Review, et encore une fois on retrouve le solipsisme : « Vous vivez sans preuves, échangez vos confiances et riez, les rieurs sont toujours de l’autre côté. » Bitton ressuscite avec une précision étonnante la descente programmée aux enfers du dandy. La drogue toujours, les amis qui tentent de vous sauver, les admirateurs célèbres, comme le photographe Man Ray qui l’immortalisera malgré lui. Mais rien n’y fait, même pas un mariage américain lors d’un ultime retour à New York. On reste toujours seul face à son miroir, comme le double qu’il s’est créé, Lord Patchogue.

« Je serai un grand mort », écrit Rigaut. Ce qui est certain, c’est qu’il est plus grand mort que vivant. Il devient un mythe : il manquait de souffle pour faire une œuvre, mais c’est sa vie qui en est devenue une. Quelques fulgurances d’expression et une destinée presque christique qui, par son prodigieux travail du négatif, donnent une autre vision du XXsiècle : celui d’une dépersonnalisation généralisée, de l’impossibilité d’être soi, de se retrouver, de se ressaisir. Il est certain qu’à l’époque de l’éparpillement de l’homme dans le virtuel toujours plus envahissant qui caractérise désormais nos existences numérisées, le suicidé magnifique Jacques Rigaut est un contemporain capital et, mieux encore, il est une clef pour comprendre ce qui se passe, ce qui se passe vraiment.

Elisabeth Lévy a rencontré l’Indiana Jones français

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Pierre Malinowski a retrouvé le corps du général Gudin, proche de Napoléon tombé au combat lors de la campagne de Russie, qui sera prochainement enterré aux Invalides en présence de Vladimir Poutine et d’Emmanuel Macron. Sur REACnROLL, l’Indiana Jones français nous raconte ses aventures.


 

Son histoire passionne. Pierre Malinowski après huit années dans la Légion étrangère et deux années aux côtés de Jean-Marie Le Pen en tant qu’attaché parlementaire, se lance dans de longues recherches de terrain en Russie. Causeur vous propose de lire quelques extraits de l’entretien qu’il a eu avec Elisabeth Lévy et Jean-Baptiste Roques sur REACnROLL.

D’où vous vient cette attirance pour la chose militaire ?

Mon père est un écrivain-historien spécialiste de la Première Guerre mondiale, j’habite sur le chemin des Dames. J’ai découvert mon premier corps de poilu à 5 ans. Donc j’ai toujours été baigné dans ce côté « Grande-Guerre ». Dans des cas pareils soit ça vous choque, soit ça vous marque, moi ça m’a marqué du bon côté en l’occurrence, du côté patriote. Je suivais mon père dans les tranchées le week-end… bref je suis né dans un berceau avec un fusil. (…) Comme j’étais très turbulent quand j’étais gamin, la seule solution était l’armée, le seul endroit qui a pu me cadrer pendant huit ans.

Après ces huit années, vous vous mettez au service de Jean-Marie Le Pen, comment ça se passe ?

Je quitte l’armée parce qu’en fait je me suis broyé le dos après un saut en parachute, je ne pouvais plus faire de sauts opérationnels, ça m’ennuyait de retourner dans un régiment lambda et donc je suis parti au bout de huit ans, sur un coup de tête, je n’avais pas de travail.

>>> Retrouvez plus de 30 minutes d’émission avec Pierre Malinowski en vous abonnant à REACnROLL <<<

Je suis allé voir Jean-Marie Le Pen, lui demander « Vous n’avez pas un travail pour moi ? », il m’a répondu qu’il avait plein de CV mais que c’était moi qu’il allait prendre : « Tu vas faire de grandes choses » dit-il. Je suis propulsé au parlement européen seulement il fallait un master pour être pris et moi je n’avais pas de diplômes, j’ai finalement été recruté sur dossier militaire. Jean-Marie Le Pen m’a dit « tu vas t’occuper des affaires avec la Russie », moi je n’ai jamais mis un pied là-bas, je ne connais rien et il continue « essaie de rencontrer Poutine ». Six mois après je rencontre Vladimir Poutine au Kremlin.

Vous dites que vous avez formé des équipes, recruté des Français pour aller se battre en Syrie…

Des anciens légionnaires, anciens flics, anciens militaires, tous ceux qui en avaient marre après les attentats du Bataclan. On a mis un mois pour monter la mission et il y avait déjà des structures de gars qui partaient, Arte a voulu partir avec nous…

Ils m’informaient au fur et à mesure de ce qu’il se passait là-bas. Quand ils arrêtaient des gars après un combat ils leur demandaient la nationalité : Syriens, Afghans, en taule ! Quand certains disaient être Français, eh bien pas de chance, on s’occupait d’eux… Mais c’est toujours ça en moins qui rentre en France ! Ceux qui reviennent en France et qui ont l’expérience du combat, c’est pas bon.

Vous avez créé ensuite une fondation à visée historique ?

C’est ça. Une fois que j’ai quitté le Parlement européen, je me suis dit qu’il fallait que j’essaie de toucher Poutine avec quelque chose qu’il n’a pas encore. Pour le revoir, il fallait trouver quelque chose qui puisse l’intéresser…

Donc avec ma pelle, pendant deux et demi, j’ai creusé dans un champ français pour retrouver le corps d’un soldat russe de la Première Guerre mondiale envoyé par le Tsar en 1917. Je faisais que ça avec ma pelle, matin, midi, soir, tout le temps, tous les week-end, au pif. Le jour de Noël le 24 décembre 2016, je fais un trou, je descends à 1m50 et je tombe sur une croix orthodoxe et je me dis « Bingo » et le corps était là. Poutine a dit « je veux voir ce gamin-là qui a passé deux ans de sa vie à chercher un soldat russe ». Il est venu en France pour voir Macron à Versailles, je l’ai vu après. Il m’a dit de continuer, j’ai pris mes bagages, je suis allé en Russie, j’ai créé ma fondation.

J’ai enchaîné les projets, que j’ai réussis, parce qu’on disparaît vite dans ce milieu quand on n’enchaîne pas les succès : j’ai sorti le premier avion Normandie-Niemen. Je me suis dit qu’il fallait faire quelque chose qui sorte de l’ordinaire, qui touche du monde à l’international et on arrive sur le sujet que vous connaissez…

Vous avez retrouvé le corps de Gudin à Smolensk en Russie…

On a fait un premier essai au mois de juin après toutes les archives, etc. avec des experts français de l’INRAP et l’académie des sciences et on ne l’a pas trouvé. Les Français sont repartis. Je me retrouve tout seul au mois de juillet, je reviens voir la personne qui me finance, je lui demande une seconde chance. Je me retrouve avec quatre archéologues russes et qui m’indiquent 40 mètres carrés, je me dis « Si je suis Napoléon, où-est-ce que j’enterrerais mon meilleur ami ? » je leur dis de creuser là et deux jours après Gudin était là.

Tout cela est financé par des mécènes français ?

Non, russes. La seule fondation qui nous a un petit peu aidé c’est le Souvenir Napoléonien qui nous a un petit peu soutenu financièrement et moralement, sinon Bernard Arnault m’a fait recevoir mais son bras droit m’a coupé les fonds.

On a de la chance d’avoir à nos côtés un milliardaire russe, M. Andreï Kozitsyn, à qui on doit tout. Il est passionné par l’Histoire, c’est un mec super, il ne me demande rien.

Il sait bien sûr que j’ai une fondation d’État surveillée par le président donc c’est de l’intérêt pour tout le monde. Le président lui dit que c’est bien ce qu’il fait. Donc avec Gudin tout le monde s’y retrouve.

>>> Retrouvez tout l’entretien avec Pierre Malinowski, cet aventurier français extraordinaire, en vidéo ici <<<

Le féminisme à la sauce Schiappa renforce le nationalisme

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Eva Vlaardingerbroek Image: capture d'écran YouTube

Une intervention de la néerlandaise Eva Vlaardingerbroek, enregistrée dans un congrès du parti conservateur de Thierry Baudet, le FVD, est devenue virale. Cette vidéo apporte la démonstration que dans les pays européens, le néoféminisme moderne est avant tout le marche-pied de la droite réactionnaire.


Plusieurs de mes amis m’ont montré cette vidéo (voir ci-dessous). Apparemment, elle tourne pas mal sur les réseaux sociaux, et comme ces amis et Causeur me demandent mon avis de féministe repentie, le voici donc.

Ce qui y est dénoncé par la jolie militante du FVD (c’est aussi la petite amie de Julien Rochedy) est le féminisme mainstream, majoritairement de gauche. Disons le tout de suite: la dénonciation est plutôt pertinente.

A lire aussi, enquête: Caroline de Haas, la fortune de la vertu

En effet, le féminisme actuel est une forme de dissonance cognitive hardcore, vu qu’il dénonce en permanence le moindre mot, le moindre regard, mais soutient l’immigration, notamment afro-maghrébine, tout en sachant que la majorité des personnes qui la compose est venue de pays où on ne peut pas dire que niveau égalité et liberté sexuelle, ce soit la panacée…

Le seul exploit du néoféminisme

D’ailleurs, dans les affaires de viol collectif, de guet-apens d’homosexuels, de mariage forcé, de crime d’honneur, de viol punitif ou d’excision, force est de constater que cela vient un peu toujours des mêmes. Mais les néoféministes n’ont aucune réflexion sur ce que le multiculturalisme comporte de rétrograde ou de problématique, particulièrement sur le sujet qui les intéresse pourtant : le sexisme. Aussi, ce féminisme est effectivement l’une des plus immenses impostures actuelles qui soit.

Mais, de l’autre côté de l’échiquier politique, par effet de balancier, on a ce genre de militante qui émerge, et qui passe évidemment pour quelqu’un de très sensé et de très pertinent. Voilà ce que réussit le féminisme : rendre la droite identitaire pertinente ! 

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En réalité le féminisme, ou plutôt cette critique acerbe du féminisme permet de faire passer la droite identitaire comme la garante des « droits des femmes ». C’est une belle entourloupe intellectuelle. Regardez comment à droite des gens sont devenus incroyablement favorables à l’égalité hommes / femmes et à la liberté sexuelle ces dernières années, dis donc ! Cela leur permet de montrer qu’ils sont civilisationnellement parlant supérieurs à tous ces immigrés qui nous envahissent et transforment nos pays en les rendant dangereux pour nos valeurs et pour nos femmes.

Bien sûr comme il y a une part de vrai, ils marquent des points.

À choisir…

Mais personnellement, je me sens bien plus en phase avec une Zineb El Rhazoui ou un Hakim El Karoui qu’avec un Damien Rieu. Je me sens plus en phase avec un “maghrébin” ex-musulman qu’avec un “petit blanc” de chez Civitas !

Que l’on écoute les néoféministes ou Eva Vlaardingerbroek, en réalité, des deux côtés le sujet est bien le multiculturalisme. Celui-ci doit être abordé sans aucun tabou, sans la peur d’être accusé de racisme. Cette accusation menaçante qui continue d’être brandie est devenue pathétique, et il faut choisir de s’en moquer. Dans le même temps, le multiculturalisme doit être abordé sans essentialisation aucune, et en reconnaissant tous ceux (nombreux mais silencieux) qui, parmi les immigrés et les descendants d’immigrés, se bougent pour faire changer les mentalités. C’est compliqué, car quoi qu’on dise on est soit accusé d’être raciste facho, soit accusé d’être laxiste bien pensant. Aussi je me répète : le mieux est donc littéralement de s’en foutre et de dire simplement ce qu’on pense. Que ça plaise ou non.

Les pingouins bientôt délivrés de Ségolène Royal

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Numéro de reportage : 00938046_000009

Comme elle a manqué de réserve dans ses propos sur l’exécutif, Ségo est contrainte de dire adieu aux réserves de manchots dont elle avait la garde. Causeur résume cette situation politique burlesque…


Hier soir, le bandeau de BFMTV s’inquiète : “Que reproche-t-on à Ségolène Royal ?” Mince, je ne savais pas qu’il fallait maintenant une raison légitime pour dire du mal de cette haute figure de Poitou-Charentes ! Dès qu’un nouvel épisode du feuilleton Ségolène Royal se produit, je prends ma plume.

Depuis quelques jours, l’ambassadrice des pôles est “dans la tourmente” comme on dit sur les chaines info. Alors qu’elle pensait avoir échappé au pire, alors que sa carrière ne semblait finalement pas devoir prendre fin – malgré les attaques si méchantes de Radio France (auxquelles elle avait bien maladroitement riposté) – , voilà que c’est maintenant le président Macron qui lui voudrait du mal.

Des pressions seraient exercées pour que le Parquet national financier se penche sur la façon de travailler de l’ex du capitaine de pédalo.

Un ambassadeur des pôles ça ferme sa gueule ou bien…

On lui a scandaleusement refusé l’entrée du gouvernement, il ne fallait pas la chercher. Tout ce qu’elle voulait, c’était une bonne place. Politicienne de premier plan, femme, née en Afrique, n’avait-elle pas le profil diversitaire idéal ? Pas assez pour ces snobs de macronistes, peut-être.

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Ségolène Royal passe désormais son temps à attaquer Emmanuel Macron, lequel est déjà fort occupé par ces vilaines histoires de violences policières, par ces médecins hospitaliers qui menacent de démissionner ou par la mise en place de la fameuse conférence de financement pour les retraites. Alors… on ne va pas tortiller du fion longtemps. Virons-la ! Validée en haut lieu, Ségo a reçu le 7 janvier dernier la missive suivante :

“Madame l’ambassadrice, il est envisagé de mettre fin à vos fonctions au regard de vos récentes prises de parole publiques, qui mettent en cause la politique du gouvernement, à la mise en œuvre de laquelle, en votre qualité d’ambassadrice (…) vous êtes étroitement associée.” Des fois qu’elle soit longue à la comprenette, la lettre – qui proviendrait du secrétariat du Ministère de l’Ecologie -, ajoute: “Les fonctions que vous exercez impliquent un devoir de réserve sur l’action du gouvernement et ne permettent pas des prises de position publiques qui peuvent être celles d’une personne n’exerçant pas de telles fonctions”. Quand on pense qu’Elisabeth Borne, l’actuelle ministre, a un temps été sa directrice de cabinet, Ségo avait de quoi être furieuse quand elle a reçu ces remontrances !

Depuis, par tous les moyens légaux, le moulin à paroles de la gauche de 2007 se victimise. En lui reprochant via une tierce personne ses prises de paroles et son manque de rectitude, le petit Monsieur de l’Élysée manque vraiment de bravitude !

Un parcours politique royal

Quoi d’autre ?

Les médias affirment qu’elle ne va jamais au Conseil sur l’Arctique ? C’est que Madame Royal préfère servir son pays, comme elle l’a toujours fait ! Libre à chaque citoyen de faire le bilan de ses exemplaires années d’action politique (elle a été pour la première fois ministre en 1992).

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Elle utiliserait ses assistants et son budget d’ambassadrice des pôles à des fins personnelles (déplacements en province pour la promotion de son livre ou de sa fondation) ? Et le déplacement d’Emmanuel Macron au CES de Las Vegas en 2016, vous voulez qu’elle en reparle ?

Désormais libre, on ne fera plus taire le César d’or 2007 de la parole creuse. Pour preuve, elle invoque par pure démagagie et par erreur Voltaire sur Twitter, et devient une fois encore la risée des réseaux sociaux. Poussée à démissionner de son poste d’ambassadrice, c’est avec fracas qu’elle entre dans l’opposition.

Se mettra-t-elle en campagne, comme l’affirment de nombreux journaux ? Naïve et moins habile politiquement que nombre de ses petits camarades en Macronie, le côté foutraque de Royal a quelque chose d’attachant. Macron s’inquiéterait d’avoir cette ancienne alliée comme adversaire en 2022. La France est franchement dans le pétrin.

Un silence religieux au lycée

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Le philosophe allemand Friedrich Nietzsche © MARY EVANS/SIPA Numéro de reportage: 51033739_000001

Le témoignage glaçant d’un professeur de philosophie de l’Éducation nationale.


J’exerce le métier de professeur de philosophie dans un de ces lycées de France et de Navarrela religion est désormais très présente. Certes, c’est une présence qui n’est pas ouvertement agressive, mais elle est néanmoins permanente et insistante, « enveloppante » et même obsédante pour tout dire. Si on laisse de côté la question des tenues vestimentaires (la fameuse loi de 2004 sur les signes religieux à l’école interdit les vêtements les plus ostentatoires dans l’enceinte des établissements scolaires, comme le voile des jeunes filles, lesquelles acceptent de plus ou moins bon gré de l’ôter à la grille d’entrée du lycée, or la loi reste silencieuse sur d’autres signes plus discrets quoique tout à fait explicites…), je dirais que cette omniprésence tient en outre à de petites choses quotidiennes et apparemment insignifiantes, des petits détails à peine perceptibles pour le profane inattentif.

Bienvenue en enfer

Mais je dois reconnaître également que mes élèves, des adolescents proches de l’âge de la majorité ou bien l’ayant dépassée, sont généralement très doux, souriants et bienveillants, si on excepte quelques olibrius à la barbe imposante qui tiennent à se faire remarquer par leur caractère atrabilaire et par leur mine sombre qui laisse deviner un esprit obnubilé par de sombres pensées.

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Un jour, c’est telle élève qui me demande soudain, avec une vive sollicitude, si je n’ai pas « peur de brûler en enfer avec tous les athées ». Une autre fois, c’est tel élève attentionné qui me propose de m’offrir un exemplaire du livre saint des musulmans afin de m’éviter la géhenne éternelle. Un autre jour encore, telle jeune fille me dit courtoisement et de façon impromptue, tout en me fixant du regard : « vous savez, moi je suis d’accord pour écouter tout ce que vous nous dites, mais je n’y crois pas, car je n’ai confiance que dans mon imam ». Cause toujours, tu m’intéresses ! Alors que je parlais en classe des découvertes scientifiques faites dans le « monde moderne », de Copernic à Einstein en passant par Newton ou Darwin, un de mes élèves studieux me fit aussitôt remarquer avec aplomb que toutes ces découvertes étaient en réalité « déjà toutes contenues dans le Coran ». Pourquoi chercher plus loin ?! Quand je leur demande ce qu’est la culture, mes élèves me répondent bien souvent et très spontanément : « la religion ». Et si je m’aventure à leur demander ce qu’est l’ignorance ou l’inculture, je reçois le plus souvent pour réponse : « l’athéisme ». Je me demande donc bien à quel titre, moi l’ignorant ou l’inculte, je pourrais leur enseigner quoi que ce soit ?! D’ailleurs mes élèves me demandent très souvent ce qu’est un « savant ». Quand je leur réponds que, dans notre société dite « moderne », on considère que les « savants », ce sont les scientifiques ou éventuellement les philosophes, mais pas les religieux, ils tombent des nues…

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Dans ces conditions, il est évident qu’il convient d’éviter de citer des auteurs ou d’évoquer des doctrines trop ouvertement anti-religieuses et « provocatrices », si l’on veut éviter les problèmes. Je m’y risque néanmoins parfois, par « bravade » ou « esprit d’aventure »… Un jour, alors que nous étions en train de faire un cours précisément sur le chapitre de la religion (eh oui car c’est au programme officiel !), et lorsque j’en fus venu à évoquer la pensée d’un certain Frédéric Nietzsche à ce sujet, une élève protesta sèchement : « on n’a pas le droit de dire cela, c’est péché ». Lorsque j’invitai cette élève à lire à haute voix la célèbre phrase tirée du Gai savoir qui faisait l’objet de son indignation : « Dieu est mort », afin que nous puissions en discuter et qu’elle puisse m’expliquer les motifs de son désaccord, l’élève en question m’opposa un refus catégorique. Elle déclara qu’il lui était impossible de prononcer ces paroles. Me tournant vers ses autres camarades, je lus une moue de vive désapprobation, proche du dégoût, sur le visage de plusieurs d’entre eux : ils étaient solidaires! Le reste de la classe, quant à lui, se tenait coi et m’observait avec curiosité: comment le professeur va-t-il réagir à ce défi ? Sauvé par le « gong » de la sonnerie, qui marquait à heure fixe la fin des cours, je n’eus pas à relever le défi, et je dois avouer que, cette fois-là j’en fus lâchement soulagé.

Briser le silence

Certes, j’aurais dû me méfier. J’avais bien entendu les chuchotements indignés de certains élèves lorsque j’avais tenté d’expliquer à la classe ce que signifiait l’expression « opium du peuple » sous la plume de Karl Marx. Je savais bien, de toute façon que le cours sur la religion serait une épreuve risquée, voir un passage dangereux dans un tel établissement. N’était-ce pas de ma faute après tout ? Les professeurs sont habitués à ce qu’on rejette la faute sur eux lorsque quelque chose se passe mal. D’où leur silence et leur autocensure. Moi-même, j’ai beaucoup hésité avant de m’exprimer ici, de peur d’être mis en cause dans mon professionnalisme. Un professeur ne se doit-il pas de préserver le secret de la relation professionnelle qu’il a avec ses élèves ? Ne se doit-il pas aussi de protéger ces derniers ? Enfin, attirer l’attention sur certains faits, fussent-ils réels et « déplaisants », n’est-ce pas prendre le risque de leur donner trop d’importance, de les « monter en épingle » ? Lorsque la température monte, c’est toujours le thermomètre qui finit sur le banc des accusés. Si j’en parle tout de même, c’est donc avec la conscience de faire une entorse à la fois au secret professionnel et au devoir de réserve, comme aussi à la décence commune qui commande de taire des faits qui risquent de fâcher la collectivité. En définitive, si j’ai choisi de rompre le « vœu de silence » des enseignants, c’est parce que j’ai le sentiment que le sens de la mission qui est la mienne est de moins en moins clair pour tout le monde, y compris au sein de la communauté éducative.

Extinction de la raison

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Manifestation place de la République contre la réforme des retraites © SEVGI/SIPA

Parmi les manifestants contre la réforme des retraites, Extinction Rébellion brille une fois de plus dans sa lutte contre l’« inaction climatique ». À Paris, ils s’en sont pris aux trottinettes « briseuses de grève »…


On se souvient de l’occupation illégale de la place de la République, organisée par le mouvement Nuit debout, à l’occasion des débats relatifs à la loi Travail. Trois ans plus tard, le même groupe a contribué aux festivités parisiennes par le blocage de la place du Châtelet, après avoir squatté le centre commercial Italie 2, « symbole du capitalisme » triomphant – le tout pour dénoncer l’« inaction climatique ».

Et les autorités de n’avoir rien à y redire, tant que le pacifisme de façade prévaut : le folklore des AG assis sur des bottes de paille et la recyclabilité des banderoles post-soixante-huitardes en lin bio ont presque fait oublier qu’en démocratie, la majorité « subissante » souvent se tait, mais n’en souffre pas moins. Anne Hidalgo a même indiqué soutenir cette action militante, tandis que la ministre de l’Environnement Élisabeth Borne disait ne pas pouvoir « être contre quand les gens se préoccupent du climat », la ligne jaune restant celle de la violence.

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En pénétrant la « ZAD de Châtelet » cet automne, on tombait nez à nez avec un amoncellement de trottinettes en libre-service sous le gardiennage prudent des forces de police postées en « réserve d’intervention ». Ce n’étaient là que les prémices de l’opération de vandalisme d’ampleur menée début décembre par la même organisation et ayant conduit à la mise hors service illégale de 4 000 de ces véhicules, sur l’ensemble du territoire.

Il faut croire que les « nouvelles mobilités » ne sont jamais assez « douces » pour Extinction Rébellion. Hors de la stricte décroissance, point de salut ! Jamais en reste quand il s’agit de récupération idéologique, l’extrême gauche militante a justifié ce sabotage en taxant ces moyens de locomotion de « briseurs de grève », permettant aux usagers de continuer à se déplacer malgré les mouvements sociaux !

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Onfray: « Je veux que les hommes soient des hommes, les femmes des femmes et les enfants des enfants »

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Michel Onfray a accordé un long entretien à REACnROLL. Image: capture d'écran RNR.tv

À l’occasion de la sortie de deux de ses livres: Grandeur du petit peuple (Albin Michel) et Le Chemin de la Garenne (Gallimard), Michel Onfray s’est rendu chez REACnROLL, la webtélé des mécontemporains. Causeur vous propose de lire un extrait de l’intervention.


L’intégralité de l’émission est disponible sur REACnROLL (5€ par mois). Lors de leur échange, le plus prolifique des penseurs est interrogé par Elisabeth Lévy sur la masculinité. Il évoque alors son père.

Verbatim

Elisabeth Lévy. J’observe qu’il y a une autre chose que le catholicisme qui vous a formé, c’est votre détestation de la testostérone. Vous faites dans l’un de vos livres le récit de ce qu’est une enfance au milieu hommes, des odeurs d’hommes, etc. J’avais trouvé cela très bien vu. Mais j’ai peur que vous jetiez le bébé de la masculinité avec l’eau du bain.

Michel Onfray. Pas du tout ! Je veux que les hommes soient des hommes, les femmes des femmes, les enfants des enfants, et les adultes des adultes. Mais cela ne veut pas dire qu’un homme doit être ce que je déciderais : la testostérone, le football, l’apéritif, l’anisette, la chasse, la pêche, la grossièreté, la vulgarité, le fait de ne pas voir souvent la douche, etc. Mon père était un « vir » au sens romain, je ne l’ai jamais entendu dire une grossièreté, dire une méchanceté sur autrui, il travaillait, il supportait, ne se plaignait jamais, alors qu’on est aujourd’hui dans une génération de geignards : « mes ancêtres, ma couleur, ma religion, mon sexe ! »

Elisabeth Lévy (en faisant un clin d’oeil). « Ma retraite… » Je dis ça pour vous embêter.

Michel Ondray. C’est autre chose !

OnfrayTV, soutien de la presse de droite, origines sociales, gouvernement, retraites, place des femmes, affaire Matzneff, gilets jaunes… 50 minutes d’entretien entre Michel Onfray et Elisabeth Lévy sont à découvrir sur REACnROLL maintenant.

Elisabeth Lévy. Est-ce que votre père geignait sur la retraite ?

Michel Onfray. Non. Mon père a eu un problème cardiaque. On l’a mis à la retraite par la suite. Il ne serait pas parti à la retraite, sinon. Mon père avait des vacances qu’il ne prenait pas. Et quand il lui est arrivé de prendre des vacances c’était pour aller travailler ailleurs. On faisait la saison des betteraves, mon frère, mes parents et moi. Mon père ne se plaignait pas, ne geignait pas. Il prenait ses 8 jours de congés et pendant ces 8 jours nous allions faire les betteraves pour la ferme d’à côté. Il a eu plein d’occasions de souffrir dans son existence, y compris corporellement, mais il ne s’est jamais plaint. Nous sommes dans une civilisation de la plainte perpétuelle. Certains se plaignent encore de leurs ancêtres et vont vous dire « moi je suis black, mes ancêtres il y a trois siècles étaient des esclaves donc je me plains ». Bon ça va quoi ! (…)

michel-onfrayElisabeth Lévy. Vous semblez attribuer un excès de testostérone à un certain nombre de crimes de l’histoire. Est-ce que ça n’est pas explicatif d’un certain nombre d’entreprises glorieuses et
folles ?

Michel Onfray. Écoutez, là j’en parle dans ce livre sur les gilets jaunes. Regardez ce qu’ont été les femmes dans le mouvement gilet jaune, ce qu’elles ont dit, comment elles ont porté le mouvement et comment pour un certain nombre d’hommes, en face, ça n’est pas exactement la même chose… Jacline Mouraud, Priscillia Ludosky sont des femmes chez qui il n’y a jamais eu de débordement. En revanche en face, chez des Éric Drouet et autres…

Elisabeth Lévy. Certes. Mais on va jusqu’à dire que les femmes sont meilleures pour exercer le pouvoir. Il me semble qu’il faut faire attention…

Michel Onfray. Non je ne suis pas d’accord avec ça. Et je ne dis pas ça. J’ajoute que pendant la révolution française les grandes femmes étaient toutes…

>>> Retrouvez la suite sur RNR.TV <<<

OnfrayTV, soutien de la presse de droite, origines sociales, gouvernement, retraites, place des femmes, affaire Matzneff, gilets jaunes, antisémitisme, Guillaume Durand, Etienne Chouard… 50 minutes d’entretien entre Michel Onfray et Elisabeth Lévy sont à découvrir sur REACnROLL maintenant.

Grandeur du petit peuple: Heurs et malheurs des Gilets jaunes

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Sexe: consentement, attention zone grise!

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Michael Douglas et Demi Moore dans "Harcèlement" © WEBER ANITA/SIPA Numéro de reportage: 00255942_000001

Alors que la vague #metoo a déferlé en Amérique du nord et dans tout l’occident, la notion de « consentement » n’en finit plus d’être redéfinie. Pour ne plus rien vouloir dire ? Laura Kipnis s’en inquiète. 


 

Tout le monde s’accorde sur le fait qu’une relation sexuelle non consentie est une agression ou un viol. Mais attention : encore faut-il s’entendre au préalable sur ce que signifie « une relation sexuelle non consentie ». Cette notion de consentement s’est en effet trouvée récemment redéfinie dans ces cénacles lexicographiques d’un nouveau genre que sont devenus les départements d’études féministes aux États-Unis, et de telle manière que ce concept apparemment clair est devenu un véritable sac de nœuds. Et le plus inquiétant dans tout ça, c’est que de telles redéfinitions trouvent désormais un écho complaisant, d’un côté comme de l’autre de l’Atlantique, tant dans le monde juridique qu’auprès des autorités politiques et administratives (universitaires notamment).

Sur cette question du consentement, on est ainsi passé en quelques années du slogan «Non, c’est non», qui ciblait de façon explicite la lutte contre les relations sexuelles non consenties, donc contre les agressions sexuelles caractérisées, à une nouvelle mouture : «Sans oui, c’est non», qui est beaucoup plus ambiguë. Un cas récent qui a défrayé la chronique au Canada est venu révéler le caractère problématique de ce nouveau slogan. Ce cas était d’autant plus intéressant qu’il impliquait deux députés du parlement canadien.

Consentement « enthousiaste » et « continu »

S’ennuyant probablement dans la capitale fédérale d’Ottawa, une députée du NPD (Nouveau Parti Démocratique, du centre-gauche) et un député du Parti libéral (centre-droit) se rencontrent dans un bar, boivent un verre, puis deux, flirtent ensemble, jusqu’à ce que l’homme politique propose à sa collègue de monter prendre un dernier verre dans sa chambre d’hôtel. Là, il devient plus entreprenant, et ils finissent par avoir une relation sexuelle, que la jeune femme – elle en convient elle-même – n’a jamais refusée explicitement. Seulement voilà, le lendemain ou quelques jours plus tard, elle réalise qu’elle n’a pas non plus consenti clairement à cette relation sexuelle, s’en plaint au chef de son parti, qui en réfère au chef du Parti libéral, et ce dernier contraint son député libidineux, ou malchanceux en amour, à démissionner.

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Il ne suffit donc plus pour un homme de ne pas insister quand une femme lui dit non. Il lui faut encore, avant tout geste osé ou aventureux, s’assurer de son consentement explicite. Et il ne doit pas uniquement s’en assurer une fois, avant un premier effleurement ou un premier baiser; car cette nouvelle conception du consentement qui a cours désormais en Amérique du Nord stipule en outre que celui-ci doit être non seulement libre et explicite, mais également enthousiaste et continu.

Négociation contractuelle

Les deux premiers termes de cette définition soulèvent déjà leur lot de problèmes. Le premier entraîne, par exemple, aux yeux des magistrats ou des autorités compétentes l’invalidation de tout consentement s’il y a eu préalablement consommation d’alcool (Adieu, ingestion désinhibitrice d’une coupe de champagne !) ou s’il y a présence entre les partenaires sexuels du moindre soupçon de relation hiérarchique. Quant au second – qui semble emprunter au répertoire de la chanson coquine façon Patti LaBelle[tooltips content= »Chanteuse américaine, qui chantait ce célèbre refrain : « Voulez-vous coucher avec moi, ce soir ? » »](1)[/tooltips] – ne risque-t-il pas de tuer dans l’œuf toute velléité de romantisme et de transformer les préliminaires amoureux en négociation contractuelle (il a d’ores et déjà donné naissance à des applications pour téléphones intelligents du genre We-consent qui permettent d’officialiser, et surtout de garder une trace de ces consentements contractualisés) ?

Mais ce sont les deux derniers termes qui soulèvent bien entendu le plus de questions. Tous les mauvais esprits qui ont vu un jour un film porno se plairont à imaginer en ricanant ce à quoi devrait ressembler un tel consentement enthousiaste et continu ! Et peut-être n’ont-ils pas tout à fait tort : cette conception du consentement amoureux ne peut guère être née que sur ces terres hollywoodiennes où l’on cultive en matière d’amour et de sexe tous les clichés les plus superficiels qui tendent ensuite à se substituer à la réalité. Même la chroniqueuse féministe du Monde Maïa Mazaurette semblait convenir du caractère artificiel de cette définition du consentement. « Un enthousiasme continu, écrivait-elle, demanderait soit un extraordinaire talent du partenaire (avec storytelling intégré pour ne laisser aucun espace de frustration ou d’ennui), soit une permanente mise en scène du plaisir, c’est-à-dire une forme de simulation »[tooltips content= »Maïa Mazaurette, « Consentement enthousiaste : pourquoi pas ? », publié le 24 décembre 2017 sur le site du Monde »](2)[/tooltips]Bien d’accord avec elle !

Le sexe polémique

Ce qu’elle ne semble pas voir en revanche, c’est que la principale conséquence du caractère artificiel de cette nouvelle définition : puisque celle-ci rend pratiquement impossible un consentement absolument univoque et donc incontestable (sauf pour ces donjuan millionnaires, qui feront signer aux impétrantes, sur le modèle de Cinquante nuances de gris, des contrats en bonne et due forme préparés par leurs avocats), il fait de tous les hommes sexuellement actifs des coupables potentiels ; en plus de contribuer à cette judiciarisation des rapports sociaux et de l’existence quotidienne, qui est sans doute la dynamique la plus évidente de la société américaine contemporaine.

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Ces messieurs ne sont d’ailleurs pas au bout de leur peine, ainsi qu’en témoigne l’excellent essai de Laura Kipnis, Le Sexe polémique, qui vient d’être récemment traduit en français[tooltips content= »Laura Kipnis, Le sexe polémique. Quand la paranoïa s’empare des campus américains, trad. par Gabriel Laverdière, Liber, 2019″](3)[/tooltips]. Cette universitaire y raconte par le menu les déboires d’un de ses collègues, le professeur de philosophie Peter Ludlow. Accusé par une étudiante de « comportement sexuel inapproprié », celui-ci a vu une de ses anciennes compagnes se retourner contre lui et affirmer que leur relation n’était pas… consentie. En dépit des milliers de textos amoureux qu’ils avaient échangés et du fait qu’ils étaient sortis ensemble plusieurs mois et avaient même partagé un appartement, celle-ci affirmait que son ex-amant avait profité de sa position de pouvoir pour abuser d’elle. De partenaire sexuelle consentante, elle se transformait ainsi, longtemps après les faits, en victime d’abus sexuel et même de viol.

L’effrayant avertissement de Laura Kipnis

Le plus étrange dans toute cette histoire, c’est que les autorités universitaires appelées à juger de cette affaire lui ont donné raison. Ludlow a été congédié. « Soyez donc avisé, conclut Laura Kipnis, que toute personne ayant jamais eu des rapports sexuels est à partir d’ici potentiellement coupable de viol. » (p. 115)

Ces nouvelles définitions pour le moins imaginatives de la notion de consentement ont donc de quoi inquiéter tous les hommes, du moins ceux qui n’ont pas prononcé de vœu de chasteté, risquant de faire même des plus galants d’entre eux des coupables idéaux. Mais elles ne sont guère beaucoup plus réjouissantes pour les femmes qu’elles semblent cantonner dans le rôle de victimes permanentes et passives de l’agressivité du mâle. Elles-mêmes sans désir, presqu’asexuées, elles seraient dans le fond trop faibles et trop influençables pour être en mesure d’offrir un consentement valide. On n’est pas bien loin de clichés misogynes éculés et c’est ce qui choque particulièrement Laura Kipnis, elle-même féministe convaincue, qui y voit non pas une avancée sur le chemin de l’égalité entre les femmes et les hommes, mais une formidable régression.

Le sommet de Pau a au moins clarifié les rôles

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Emmanuel Macron à Pau, le 13 janvier 2020 © Guillaume Horcajuelo/AP/SIPA Numéro de reportage: AP22417656_000049

Le 13 janvier les présidents des pays du G5 Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger, Tchad) étaient reçus en France par M. Macron pour un sommet. Au Sahel, la situation pourrait difficilement être pire : l’islamisme gagne des cœurs, les États souverains sont inefficaces et la France est peu soutenue.


À Pau, à l’issue de leurs discussions consacrées à la situation militaire au Sahel, lors de la conférence de presse commune, les présidents des six pays ont annoncé un renforcement de leur coopération militaire. Ils ont aussi clarifié leur position vis-à-vis de l’intervention militaire française dans la région, comme le souhaitait la France.

L’Afrique demain plus dangereuse que la Syrie ?

Après l’intensification récente des attaques islamistes (notamment au Faso), les centaines de victimes et les centaines de milliers de réfugiés, la situation au Sahel va devenir plus dangereuse que ne le fut celle de la Syrie. Et ceci pour plusieurs raisons. Principalement du fait de l’immensité des zones concernées ; pour le Sahara algérien, la Libye, le Niger, le Tchad, le Mali, le Burkina, au moins 6 millions de km2 (10 fois la France), sans même parler du Nigeria, nord Cameroun, Centrafrique ou l’islamisme sévit aussi.

De plus, désormais les criminels islamistes recrutent sur place (même au Burkina) et ce ne sont plus seulement à des katibas d’aventuriers transfrontaliers que l’on a affaire. De leur côté, les Américains ont annoncé leur volonté de se retirer (Donald Trump veut rapatrier tous ses  »boys »). À Tripoli, les soldats turcs ont débarqué pour aider la tendance Frères musulmans à se maintenir au pouvoir, et se regardent en chiens de faïence avec les troupes de l’est libyen (le maréchal Hafthar et ses soutiens de l’armée égyptienne). Les pays du G5 sont des pays pauvres et, à l’exception de la remarquable armée tchadienne, ils n’ont pas de forces militaires significatives en nombre et équipements modernes. Pour ne rien arranger, le budget militaire français est très tendu, du fait de notre situation économique et sociale, mauvaise depuis des années. Enfin divers mouvements d’opinion publique et certains médias se sont manifestés contre la France et l’armée française. L »’invitation » des cinq chefs d’état concernés par M. Macron aurait été vécue comme une humiliante convocation par les opinions publiques au sud du Sahara. D’autant que, pour faire plaisir à François Bayrou, à deux mois de municipales difficiles pour le pouvoir, la réunion expéditive des 5 chefs d’État a eu lieu à Pau ; ils ont dû apprécier de passer de 35 ° à 5 °… Les entretiens n’ont duré que trois heures, ce qui accroît le malaise dans les opinions africaines : était-il nécessaire et habile d’être arrogant avec des alliés souverains ?

Les Africains renouvellent leur confiance en la France

Aucun chef des États africains ne s’est exprimé individuellement, mais leur déclaration conjointe insiste sur le « souhait de la poursuite de l’engagement militaire de la France au Sahel » et il est demandé « un renforcement de la présence internationale à leurs côtés ». Les présidents expriment aussi « leur reconnaissance à l’égard de l’appui crucial apporté par les États-Unis » et souhaitent que cet appui se poursuive.

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Le communiqué rappelle que « cette action commune vise à protéger les populations civiles, à défendre la souveraineté des États, à prévenir une extension de la menace terroriste dans les pays frontaliers ». On notera que même le “terrorisme” n’est pas nommé. N’est-ce pas dès lors une victoire pour l’islamisme ? Les chefs d’État déclarent par ailleurs souhaiter « accroître et coordonner leurs efforts en vue d’une solution rapide à la crise libyenne », origine de l’instabilité au Sahel.

Une coalition

Les six présidents annoncent enfin la mise en place d’un nouveau cadre politique, stratégique et opérationnel, cadre dénommé « coalition pour le Sahel », qui rassemblera les pays du G5, la France et d’autres pays partenaires, qui ne sont pas précisés, l’espoir d’impliquer d’autres pays européens restant plus que ténu.

Cette  »coalition » sera fondée sur quatre piliers : un pilier stratégique et militaire, un deuxième pilier relatif la formation des armées sahéliennes, le troisième pilier visera le retour de l’État et des administrations dans les territoires menacés (à haut risque si la sécurité n’est pas meilleure), et le dernier pilier sera consacré au développement (sans plus de précision). L’action militaire sera concentrée sur l’intersection des trois frontières entre le Mali, le Faso et le Niger, où se concentrent les attaques, notamment celles de la katiba la plus dangereuse : l’État islamique au grand Sahara (EIGS). Un commandement conjoint Barkhane/G5 Sahel dirigera les opérations. Les forces spéciales européennes (en réalité françaises), désormais dénommées « Task force Takouba », seront intégrées à Barkhane. La force française sera renforcée : 220 soldats viendront s’ajouter aux 4 500 déjà présents dans la région. La force Barkhane ne se dispersera plus : elle deviendra une force de réaction rapide au profit des armées locales. Une bonne nouvelle: le calendrier est accéléré, car le G5 se réunira de nouveau dès juin prochain en Mauritanie pour faire le point sur les progrès attendus.

La France, désintéressée et vexée

Monsieur Macron, agacé, nerveux, est également revenu sur le sentiment anti-français qui s’est exprimé dans la sous-région et a lancé : « Chaque fois qu’un État demandera à l’armée française de ne plus être là, nous le quitterons… Notre seul intérêt, c’est la lutte contre le terrorisme et la stabilité et la souveraineté des États où nous sommes présents… Donc, les discours que j’ai pu entendre ces dernières semaines sont indignes. Indignes ! Et ils sont combattus avec beaucoup de fermeté par vos dirigeants, je les en remercie, et encore, au moment des vœux. Ils sont indignes, parce qu’ils servent aussi d’autres intérêts ». On ne peut que l’approuver.

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Aux chefs d’État sahéliens désormais de prendre les mesures qui s’imposent en temps de guerre, contre les instigateurs de manifestations nuisibles à la sécurité de leurs pays. Notamment les sankaristes qui ont parlé de  »chantage de la France ». Plus responsable a été l’opposition tchadienne qui a souhaité le maintien de l’assistance militaire française. Il serait éminemment souhaitable que chaque parlement des pays concernés vote une résolution en ce sens. Il est bon de pouvoir compter ses amis et ses ennemis. Dans cette perspective, il faut que les imams des pays victimes fassent enfin une déclaration commune, largement diffusée, en plusieurs langues, séparant islam et islamisme.

Enfin, et cela la France ne l’a pas exprimé, il faut conseiller, pour les très vastes territoires où vivent des populations hétérogènes qui ont des langues et histoires propres, de décentraliser, régionaliser et démocratiser cette décentralisation. Ce que Hollande et Fabius n’ont pas su faire au Mali quand c’était possible. Les populations excentrées se sentent méprisées et abandonnées par les pouvoirs centraux souvent inefficaces et parfois corrompus. Ce qui est évidemment le terreau idéal pour le recrutement de terroristes. Mais là, vu la compréhension élyséenne des Gilets jaunes, on ne peut qu’être pessimiste sur le succès de cette proposition.

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Australie: le réchauffement climatique, vous êtes sûr?

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Feu de forêt en Australie, 30 décembre 2019, East Gippsland © AP/SIPA

Jusqu’en Suisse, on relaye les images chocs du feu au pays des kangourous. Mais les médias helvètes comme français se gardent bien de traiter la polémique qui enflamme l’Australie. Certains mettent en cause l’administration et les Verts.


 

Plus personne n’ignore les terribles incendies qui ravagent l’Australie et qui pour l’heure ont tué 24 personnes, des centaines de millions d’animaux, et détruit des milliards d’hectares. Les journaux écrits et télévisés s’en sont abondamment fait l’écho.

La presse sous nos contrées est cependant restée très évasive, pour ne pas dire muette, sur les polémiques qui agitent l’Australie depuis le début des incendies. La cause la plus souvent évoquée par la presse incrimine le « réchauffement climatique » qui serait responsable de l’ampleur des incendies cette année, or c’est une affirmation contestée par nombre d’Australiens et de professionnels du feu. Pourquoi la presse helvétique n’en parle pas ?

Les feux de brousse ne sont pas une nouveauté sur le continent australien qui y fait face depuis aussi longtemps que l’homme s’y est installé. Des stratégies et des techniques de lutte contre le feu y ont été développées et pratiquées depuis plus d’un siècle, y compris des mesures comme le back-burning[tooltips content= »La technique de combat du feu par des feux préventifs (backburning) est aussi parfois utilisée en Suisse »][1][/tooltips] et le brûlis préventif qui consiste à faire de larges coupes dans la végétation en la brûlant par avance afin de créer des zones sans végétation et donc sans combustible, ce qui empêche le feu non maîtrisé de progresser et de se propager en cas de départ de feu accidentel.

Le réchauffement climatique a bon dos…

Sous la pression des Verts et des défenseurs de la biodiversité ces coupes de défrichement et ces brûlis préventifs ont été rendus par l’administration de plus en difficiles et compliqués à mettre en place. Le code de conduite écrit par les Verts australiens (Greens) montre clairement qu’ils sont à l’origine du problème, ils ne s’opposent pas aux brûlis préventifs mais seulement lorsque ce brûlis aura été autorisé par une personne habilitée et possédant les connaissances scientifiques nécessaires et qui inclut donc du personnel et une autorisation de l’administration.

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Le mieux est dit-on parfois l’ennemi du bien, et l’expérience faite par l’australien Liam Sheahan, 64 ans, et son fils, illustre parfaitement la problématique induite par les Verts qui dans leur extrémisme dogmatique dénient tout sens de la responsabilité chez les citoyens en prétendant que seuls leurs experts habilités sont en mesure d’apprécier les situations environnementales.

Liam Sheahan a demandé de pouvoir défricher une zone de protection autour de sa maison, cette autorisation lui a été refusée. Il a passé outre et a tout de même défriché et arraché des arbres et s’est vu infligé une amende pour un montant de 100’000 dollars australiens (env. 68’000.- CHF). Mais lors du grand incendie de 2009, du terrible samedi noir qui a fait 180 victimes, dans l’incendie qui a ravagé son secteur une seule maison a été épargnée et est restée debout, celle de Liam, qui s’il n’avait pas outrepassé la loi et défriché contre l’avis des greens experts, aurait vu sa maison brûler comme l’ont été celles de tous ses voisins, et peut-être même sa famille[tooltips content= »L’histoire complète de Liam Sheahan sur le Daily mail Australia :« Le nettoyage «illégal» de sa propriété lui a coûté 100 000 $ d’amendes. Mais lorsque les incendies du samedi noir ont fait 173 morts, sa famille et sa maison ont survécu pendant que ses voisins mouraient – alors LIAM SHEAHAN demande, pourquoi ne pouvons-nous pas contrôler nos propres maisons ? » »][2][/tooltips].

Bien sûr pour la presse helvétique il est beaucoup plus facile de fermer les yeux sur la responsabilité des Verts et de leur environnementalisme dogmatique et ainsi d’accuser le réchauffement climatique qui sert à justifier l’agenda politique. Mais ça ce n’est pas de l’information objective, complète et honnête. C’est de la manipulation des consciences. Pourquoi la presse protège certains acteurs, les Verts, au détriment d’autres citoyens ? Pourquoi elle ne fait pas entendre tous les sons de cloches ?

L’incrimination du réchauffement climatique comme cause des terribles incendies de cette année est également contredite par les données climatiques et météorologiques de l’Australie. Si les pics de chaleur et de sécheresse de cette année sont évidents ce ne sont ni des exceptions ni les premiers, ils y sont même des données communes du climat australien depuis des siècles[tooltips content= »Un blog australien réputé sur le débat du changement climatique et utilisant les données du BOM (Bureau of Meteorology) australien montre que la situation de la NSW Nouvelle-Galles du Sud en 2019, lieu des incendies, si elle présente des pics n’a rien d’exceptionnelle.Paul Homewood. Are Australian Wildfires Due To Climate Change ? DECEMBER 24, 2019″][3][/tooltips].

La catastrophe irrémédiable de cette année a d’autres causes, dont celle avancée, et qui incrimine les Verts et leur pression dogmatique sur toute la société.  Et l’opinion selon laquelle c’est la diminution des brûlis préventifs et des défrichements qui serait responsable du terrible désastre de cette année est partagée par des personnes qui ne sont pas des opposants politiques des Verts mais juste des professionnels de la lutte contre les incendies.

L’avis des soldats du feu

Sur sa page, le corps des sapeurs-pompiers volontaires d’Australie, c’est-à-dire des milliers de citoyens qui prennent des risques et parfois perdent la vie pour protéger du feu leurs familles et leurs communautés, incrimine directement l’idéologie environnementaliste.

C’est l’idéologie verte, et pas le changement climatique, qui empire les feux de brousse

Le 5 mars 2019 déjà, les pompiers volontaires de Nouvelles Galles du Sud, s’en prenaient à la Ministre australienne de l’environnement, Melissa Price, en lui reprochant d’incriminer le réchauffement climatique comme cause des feux de brousse alors qu’il était clair pour eux que ce sont les divers empêchements de l’Etat au débroussaillement qui était en cause.

« Désolé, Madame la ministre, ce n’est pas le changement climatique qui a causé les derniers feux de brousse qui ont jusqu’à présent détruit neuf maisons à Victoria, et ce n’est pas le changement climatique qui a tué près de 200 personnes dans les incendies du samedi noir il y a dix ans.

Le véritable coupable c’est l’idéologie verte qui s’oppose à la nécessaire réduction des risques de charges de combustibles dans les parcs nationaux et qui empêche les propriétaires fonciers de défricher la végétation autour de leurs maisons.

La mauvaise gestion continue des parcs nationaux et des forêts domaniales de Victoria et l’obstruction verte contre les stratégies d’atténuation des incendies ont conduit à des charges de combustibles dangereusement élevées au cours de la dernière décennie.
Cela signifie que lorsque des incendies éclatent inévitablement, ils sont si intenses qu’ils sont diaboliquement difficiles à contenir pour les pompiers. Comme une enquête parlementaire fédérale l’a entendu en 2003, si vous quadruplez le combustible au sol, vous obtenez une augmentation de 13 fois la chaleur générée par un incendie.
Les habitants connaissent la vérité. Andrew Clarke, propriétaire de Jinks Creek Winery, qui a été détruit par un incendie qui a ravagé la forêt d’État de Bunyip, avait « supplié » de réduire la quantité de combustible pour protéger sa propriété.

« Je les ai suppliés (le Forest Fire Management of Victoria) depuis 20 ans de brûler la forêt d’État à l’arrière de notre maison et, à ce jour, cela n’a toujours pas été fait », a-t-il déclaré à la chaine ABC Country Hour.

Clarke a déclaré qu’un brûlage planifié avait été annulé en raison de préoccupations concernant des oiseaux nicheurs.

Il y a à peine trois semaines, l’ancien chef des pompiers de Victoria, Ewan Waller, a averti que les charges de combustibles des forêts d’État atteignaient des niveaux mortels, semblables à ceux du samedi noir. Personne n’y a prêté attention.

Mais vous pouvez parier que le premier ministre Daniel Andrews se cachera derrière la furie du changement climatique.

Les mensonges des perroquets verts conviennent aux politiciens, car ils peuvent ainsi éviter d’être blâmés pour leur propre culpabilité.

La Commission d’enquête royale sur le feu de brousse du samedi noir (Black Saturday Bushfire) a critiqué le gouvernement victorien pour son incapacité à réduire les charges de combustible dans les forêts d’État. Il a recommandé de plus que doubler le nombre de brûlis préventifs.

Au lieu de cela, au cours des trois dernières années, le gouvernement d’Andrews a réduit de près des deux tiers la superficie des terres publiques à brûler.

C’est un crime. »

Association des pompiers volontaires de Nouvelle-Galles du Sud. 5 mars 2019[tooltips content= »Volunteer Fire Fighter Association of NSW (New South Wales). »][4][/tooltips].
Le problème des incendies en Australie touche donc désormais aussi la Suisse puisqu’il se présente maintenant comme un problème de désinformation dans notre pays, d’une information qui sélectionne certains faits pendant qu’elle en passe d’autres sous silence. La responsabilité des Verts en Australie n’intéresse pas notre presse mainstream. Elle la passe sous silence.

Pourtant une partie de ces millions de petits koalas et de kangourous atrocement brûlés ressortent bien de la responsabilité des Verts.

On se demande parfois si les Suisses se rendent vraiment compte de ce qui se passe avec les médias de leur pays, qu’ils payent bien plus chers que nulle part ailleurs au monde, entre les 350 millions qu’ils donnent chaque année à la RTS ou l’abonnement à des journaux locaux, comme par exemple la Tribune de Genève, qui coûte plus cher qu’un abonnement au Financial Time. Et pour ne se voir délivrer que des informations partiales et politiquement orientées.

Source : Article de Michel Piccand sur LesObservateurs.ch

Jacques Rigaut, le suicidé magnifique qui inspira Drieu

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Jean-Luc Bitton © Francesca Mantovani

Dans une biographie passionnante, Jean-Luc Bitton retrace la vie de Jacques Rigaut, météore du dadaïsme suicidé à 30 ans en 1929. Le destin tragique de ce dandy héroïnomane inspira notamment Drieu, Gracq et Louis Malle.


 

Un siècle après, on n’a toujours pas fini de mesurer les ondes de choc de la Première Guerre mondiale. Cet événement n’a pas eu seulement un bilan humain effroyable et des conséquences géopolitiques désastreuses, il a aussi profondément remodelé les êtres eux-mêmes en faisant notamment apparaître un type d’homme enfermé dans une solitude radicale face à un monde définitivement vécu comme absurde. Dans la littérature, on a ainsi vu naître des personnages qui ne peuvent plus vivre, croire, ni aimer ; des personnages enfermés dans le solipsisme, c’est-à-dire dans une manière d’impasse métaphysique qui les fait douter de l’existence même du monde autour d’eux, qui leur font envisager la réalité comme une projection mentale, comme un mauvais rêve. Le solipsiste doute de tout : il est devenu, pour reprendre le mot de Schopenhauer, « un fou enfermé dans un blockhaus », inaccessible à la raison.

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Exemples de personnages solipsistes dans la littérature française d’après la Grande Guerre : le Roquentin de Sartre dans La Nausée, le Meursault de Camus dans L’Étranger, le Lafcadio de Gide dans Les Caves du Vatican ou encore nombre d’antihéros gris de Simenon, en proie à un malaise constant qui les conduit le plus souvent à des tentatives radicales pour retrouver la consistance des choses : le meurtre ou le suicide. « Bien calé, la nuque à la pile d’oreillers, les pieds au bois de lit, bien arc-bouté. La poitrine en avant, nue, bien exposée. On sait où l’on a le cœur. Un revolver, c’est solide, c’est en acier. C’est un objet. Se heurter enfin à l’objet. » Il s’agit des dernières phrases du Feu follet, un roman de Drieu, qui s’inspire largement de la vie de Jacques Rigaut.

Rigaut, une vie de personnage

Et c’est peut-être par cet angle du solipsisme qu’il faudrait aborder Jacques Rigaut (1898-1929) pour comprendre la splendide et terrifiante ascèse nihiliste de celui auquel Jean-Luc Bitton vient de consacrer une monumentale biographie, fruit de quinze années de travail. On nous objectera que Jacques Rigaut n’est pas un personnage et qu’il a réellement existé. Voire : Rigaut n’a jamais été persuadé de sa propre existence ou plus exactement, il n’a jamais été persuadé que le monde qui l’entourait était autre chose qu’une farce sinistre et absurde mise en scène par un dieu caché, comme celui des jansénistes.

Jacques Rigaut, vers vingt ans, s’est condamné lui-même à mort et a attendu impatiemment, d’heure en heure, pendant dix ans, l’instant de parfaite convenance, où il pourrait mettre fin à ses jours

Et puis, qui vous dit que Rigaut n’était pas un personnage, plutôt qu’une personne ? Ce qui pourrait ainsi étonner à première vue, c’est la relative minceur de la bibliographie dans ce Jacques Rigaut : le suicidé magnifique de Bitton. À peine cinq pages dans un livre qui en compte plus de 700. Et encore, il s’agit pour l’essentiel de ce que l’on pourrait appeler une bibliographie indirecte : des mémoires de ses contemporains, des articles épars, des études sur le dadaïsme et le surréalisme, ces deux avant-gardes qui surgissent des ruines de la « der des ders » et qui tenteront d’explorer toutes les possibilités de l’imaginaire par une contestation radicale de l’ordre établi. Deux avant-gardes où Jacques Rigaut joue un rôle essentiel et souterrain, artiste sans œuvre ou presque, ludion noir et désespéré qui tente de trouver là, sans trop y croire, des portes de sortie. Avant de se suicider au revolver, d’une balle en plein cœur, après des soins de toilette minutieux, dans la chambre d’une clinique de Châtenay-Malabry où il tentait encore une fois de se sevrer de l’héroïne. C’était au matin du 6 novembre 1929 et il avait trente ans.

Dans les livres des autres

Dans cette mince bibliographie établie par Jean-Luc Bitton, il y a pourtant une section plus importante que de coutume. C’est la liste des œuvres de fiction inspirées directement par Jacques Rigaut. Excusez du peu : Jacques Rigaut est, entre autres, le personnage principal d’un roman et de trois nouvelles de Drieu La Rochelle (Le Feu follet, La Valise vide, Plainte contre inconnu et Adieu à Gonzague), d’un roman de Philippe Soupault (En joue !),  d’un roman de Julien Gracq (Un beau ténébreux), mais aussi de deux films inspirés du Feu follet, celui de Louis Malle avec Maurice Ronet en 1963, ainsi que plus récemment celui du Norvégien Joachim Trier, Oslo, 31 août en 2011 sans compter un spectacle théâtral de Jean-Michel Ribes en 1973, Par-delà les marronniers.

Cela dit assez l’aura durable de la belle figure aux yeux mangés par la nuit de Jacques Rigaut, dont les seuls textes connus n’ont été réunis en un seul volume par Gallimard sous le titre Écrits qu’en 1970 : on y trouve essentiellement des fragments, des ébauches, des textes publiés du temps de Dada et du surréalisme. Auparavant, c’est André Breton qui l’avait fait figurer au premier rang de son Anthologie de l’humour noir parue en 1940, livre capital dans lequel il voulait réunir ceux qui avaient été surréalistes avant le surréalisme (on y trouve Swift et Kafka, Edgar Poe et Rimbaud, Baudelaire et Alphonse Allais), mais aussi les compagnons de route qui avaient cheminé « à côté » du surréalisme, comme Gide ou Prévert. Breton voulait montrer qu’au-delà d’un simple mouvement artistique, le surréalisme était une attitude face au monde, qui avait toujours existé et existerait toujours, et dont cet humour noir était la manifestation la plus évidente.

Breton y résume parfaitement la courbe météorique de l’existence Jacques Rigaut : « Jacques Rigaut, vers vingt ans, s’est condamné lui-même à mort et a attendu impatiemment, d’heure en heure, pendant dix ans, l’instant de parfaite convenance, où il pourrait mettre fin à ses jours. » Il est vrai que cet homme au sourire crispé, inventeur d’une « Agence générale du suicide » ne cachait pas son jeu quand il écrivait : « Essayez, si vous le pouvez, d’arrêter un homme qui voyage avec son suicide à la boutonnière. »

On retrouve ici deux aspects essentiels pour comprendre Rigaut, qui sont minutieusement exposés dans la biographie de Jean-Luc Bitton : une volonté de fer et une préméditation tragique derrière les apparences funambulesques et velléitaires d’un jeune homme qui aima beaucoup trop l’alcool, la drogue, les femmes et aussi l’argent.

Plus grand mort que vivant

Rigaut est un enfant de la petite bourgeoisie, avec un arbre généalogique un peu honteux, son père et son oncle étaient des enfants naturels, fils d’une lingère et d’un grand naturaliste qui ne les a pas reconnus. Il voit le jour boulevard Raspail, poursuit une scolarité agitée dans de bons établissements. La seule chose dont il soit certain, c’est de sa beauté. Les photos qui accompagnent la biographie de Bitton montrent bien qu’il a raison. Il en joue, il en joue auprès des filles comme des garçons. Homosexualité ? Rien n’est sûr. Impuissance ? Sans doute. Cela n’empêchera pas les femmes, riches si possible, de l’aimer. Elles financeront son dandysme, même si son dandysme aurait existé sans son train de vie parfois somptueux.

Avant, il s’est engagé volontaire pour faire la guerre, il s’ennuie dans l’artillerie puis connaît une manière d’extase sur les champs de bataille en mars 1918. Après, il goûte à la drogue, il adopte le chic anglais. On comprend la fascination qu’il a pu exercer sur Drieu qui a eu les mêmes passions, les mêmes névroses, les mêmes goûts, la même angoisse sexuelle. Quand arrive la fin des années 1920, chacun sort de scène à sa façon : Rigaut se suicide, Drieu devient fasciste, ce qui chez lui est un suicide différé avant le vrai qui interviendra en 1945. Drieu éprouvera pour Rigaut un amour contrarié, inavouable. Il livre une première nouvelle à charge, en 1923, sur son ami : La Valise vide. Ce pourrait aussi bien être un autoportrait. Et pourtant, après la sortie de ce texte, quelques mois plus tard, c’est Drieu qui lance une souscription auprès des amis de Rigaut pour l’envoyer aux États-Unis, à New York, « Gotham City » comme dit avec humour Jean-Luc Bitton. La mode de ces années-là est à la fascination pour la Grosse Pomme : Morand écrit New York, Céline célébrera bientôt la beauté des Américaines, ces Vikings blondes et surhumaines d’un monde nouveau.

Ce séjour coïncide avec la dernière publication que Rigaut fera de son vivant, neuf aphorismes dans une revue d’avant-garde, The Little Review, et encore une fois on retrouve le solipsisme : « Vous vivez sans preuves, échangez vos confiances et riez, les rieurs sont toujours de l’autre côté. » Bitton ressuscite avec une précision étonnante la descente programmée aux enfers du dandy. La drogue toujours, les amis qui tentent de vous sauver, les admirateurs célèbres, comme le photographe Man Ray qui l’immortalisera malgré lui. Mais rien n’y fait, même pas un mariage américain lors d’un ultime retour à New York. On reste toujours seul face à son miroir, comme le double qu’il s’est créé, Lord Patchogue.

« Je serai un grand mort », écrit Rigaut. Ce qui est certain, c’est qu’il est plus grand mort que vivant. Il devient un mythe : il manquait de souffle pour faire une œuvre, mais c’est sa vie qui en est devenue une. Quelques fulgurances d’expression et une destinée presque christique qui, par son prodigieux travail du négatif, donnent une autre vision du XXsiècle : celui d’une dépersonnalisation généralisée, de l’impossibilité d’être soi, de se retrouver, de se ressaisir. Il est certain qu’à l’époque de l’éparpillement de l’homme dans le virtuel toujours plus envahissant qui caractérise désormais nos existences numérisées, le suicidé magnifique Jacques Rigaut est un contemporain capital et, mieux encore, il est une clef pour comprendre ce qui se passe, ce qui se passe vraiment.

Elisabeth Lévy a rencontré l’Indiana Jones français

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Pierre Malinovski sur REAC n ROLL

Pierre Malinowski a retrouvé le corps du général Gudin, proche de Napoléon tombé au combat lors de la campagne de Russie, qui sera prochainement enterré aux Invalides en présence de Vladimir Poutine et d’Emmanuel Macron. Sur REACnROLL, l’Indiana Jones français nous raconte ses aventures.


 

Son histoire passionne. Pierre Malinowski après huit années dans la Légion étrangère et deux années aux côtés de Jean-Marie Le Pen en tant qu’attaché parlementaire, se lance dans de longues recherches de terrain en Russie. Causeur vous propose de lire quelques extraits de l’entretien qu’il a eu avec Elisabeth Lévy et Jean-Baptiste Roques sur REACnROLL.

D’où vous vient cette attirance pour la chose militaire ?

Mon père est un écrivain-historien spécialiste de la Première Guerre mondiale, j’habite sur le chemin des Dames. J’ai découvert mon premier corps de poilu à 5 ans. Donc j’ai toujours été baigné dans ce côté « Grande-Guerre ». Dans des cas pareils soit ça vous choque, soit ça vous marque, moi ça m’a marqué du bon côté en l’occurrence, du côté patriote. Je suivais mon père dans les tranchées le week-end… bref je suis né dans un berceau avec un fusil. (…) Comme j’étais très turbulent quand j’étais gamin, la seule solution était l’armée, le seul endroit qui a pu me cadrer pendant huit ans.

Après ces huit années, vous vous mettez au service de Jean-Marie Le Pen, comment ça se passe ?

Je quitte l’armée parce qu’en fait je me suis broyé le dos après un saut en parachute, je ne pouvais plus faire de sauts opérationnels, ça m’ennuyait de retourner dans un régiment lambda et donc je suis parti au bout de huit ans, sur un coup de tête, je n’avais pas de travail.

>>> Retrouvez plus de 30 minutes d’émission avec Pierre Malinowski en vous abonnant à REACnROLL <<<

Je suis allé voir Jean-Marie Le Pen, lui demander « Vous n’avez pas un travail pour moi ? », il m’a répondu qu’il avait plein de CV mais que c’était moi qu’il allait prendre : « Tu vas faire de grandes choses » dit-il. Je suis propulsé au parlement européen seulement il fallait un master pour être pris et moi je n’avais pas de diplômes, j’ai finalement été recruté sur dossier militaire. Jean-Marie Le Pen m’a dit « tu vas t’occuper des affaires avec la Russie », moi je n’ai jamais mis un pied là-bas, je ne connais rien et il continue « essaie de rencontrer Poutine ». Six mois après je rencontre Vladimir Poutine au Kremlin.

Vous dites que vous avez formé des équipes, recruté des Français pour aller se battre en Syrie…

Des anciens légionnaires, anciens flics, anciens militaires, tous ceux qui en avaient marre après les attentats du Bataclan. On a mis un mois pour monter la mission et il y avait déjà des structures de gars qui partaient, Arte a voulu partir avec nous…

Ils m’informaient au fur et à mesure de ce qu’il se passait là-bas. Quand ils arrêtaient des gars après un combat ils leur demandaient la nationalité : Syriens, Afghans, en taule ! Quand certains disaient être Français, eh bien pas de chance, on s’occupait d’eux… Mais c’est toujours ça en moins qui rentre en France ! Ceux qui reviennent en France et qui ont l’expérience du combat, c’est pas bon.

Vous avez créé ensuite une fondation à visée historique ?

C’est ça. Une fois que j’ai quitté le Parlement européen, je me suis dit qu’il fallait que j’essaie de toucher Poutine avec quelque chose qu’il n’a pas encore. Pour le revoir, il fallait trouver quelque chose qui puisse l’intéresser…

Donc avec ma pelle, pendant deux et demi, j’ai creusé dans un champ français pour retrouver le corps d’un soldat russe de la Première Guerre mondiale envoyé par le Tsar en 1917. Je faisais que ça avec ma pelle, matin, midi, soir, tout le temps, tous les week-end, au pif. Le jour de Noël le 24 décembre 2016, je fais un trou, je descends à 1m50 et je tombe sur une croix orthodoxe et je me dis « Bingo » et le corps était là. Poutine a dit « je veux voir ce gamin-là qui a passé deux ans de sa vie à chercher un soldat russe ». Il est venu en France pour voir Macron à Versailles, je l’ai vu après. Il m’a dit de continuer, j’ai pris mes bagages, je suis allé en Russie, j’ai créé ma fondation.

J’ai enchaîné les projets, que j’ai réussis, parce qu’on disparaît vite dans ce milieu quand on n’enchaîne pas les succès : j’ai sorti le premier avion Normandie-Niemen. Je me suis dit qu’il fallait faire quelque chose qui sorte de l’ordinaire, qui touche du monde à l’international et on arrive sur le sujet que vous connaissez…

Vous avez retrouvé le corps de Gudin à Smolensk en Russie…

On a fait un premier essai au mois de juin après toutes les archives, etc. avec des experts français de l’INRAP et l’académie des sciences et on ne l’a pas trouvé. Les Français sont repartis. Je me retrouve tout seul au mois de juillet, je reviens voir la personne qui me finance, je lui demande une seconde chance. Je me retrouve avec quatre archéologues russes et qui m’indiquent 40 mètres carrés, je me dis « Si je suis Napoléon, où-est-ce que j’enterrerais mon meilleur ami ? » je leur dis de creuser là et deux jours après Gudin était là.

Tout cela est financé par des mécènes français ?

Non, russes. La seule fondation qui nous a un petit peu aidé c’est le Souvenir Napoléonien qui nous a un petit peu soutenu financièrement et moralement, sinon Bernard Arnault m’a fait recevoir mais son bras droit m’a coupé les fonds.

On a de la chance d’avoir à nos côtés un milliardaire russe, M. Andreï Kozitsyn, à qui on doit tout. Il est passionné par l’Histoire, c’est un mec super, il ne me demande rien.

Il sait bien sûr que j’ai une fondation d’État surveillée par le président donc c’est de l’intérêt pour tout le monde. Le président lui dit que c’est bien ce qu’il fait. Donc avec Gudin tout le monde s’y retrouve.

>>> Retrouvez tout l’entretien avec Pierre Malinowski, cet aventurier français extraordinaire, en vidéo ici <<<