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Même Delogu parvient à se mettre les islamistes à dos

Le baiser de la Maure…


Même Delogu parvient à se mettre les islamistes à dos
RS.

Joies du vivre-ensemble. Le député islamo-gauchiste de Marseille Sébastien Delogu se prend les pieds dans le tapis de prière. Le voilà tourmenté par des internautes après avoir fait un baise-main interdit par la religion qu’il passe son temps à courtiser.


Sébastien Delogu, député La France insoumise des Bouches-du-Rhône, pensait faire un geste symbolique magnifique. Le 4 avril dernier, il a publié sur les réseaux sociaux une photographie le montrant en compagnie d’une femme voilée. Sur le cliché, il lui baise la main avec un sourire. Il est à la fameuse manifestation de Saint-Denis de Bally Bagayoko.

«Ma nouvelle France »

Le geste, qui se voulait sans doute chaleureux et « inclusif », a malheureusement rapidement tourné au cauchemar. En quelques heures, le député s’est retrouvé submergé par une vague d’insultes voire de menaces de mort venues d’une partie de la communauté musulmane qu’il fréquente habituellement. Selon les règles strictes de l’islam rigoriste, un homme ne doit pas toucher – et encore moins baiser la main – une femme qui n’est pas son épouse ou une proche parente (mahram). Cette règle découlerait notamment du verset 31 de la sourate An-Nur (24:31) du Coran. Le geste a donc été perçu par certains radicaux comme une provocation, un manquement grave aux codes religieux, voire une forme d’humiliation. Les messages ont déferlé sur les réseaux sociaux: insultes, appels à la violence, menaces explicites de mort…

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Pour ceux qui ne passent pas leur temps sur X ou Instagram, précisons le contexte. Sébastien Delogu n’est pas n’importe quel élu : il fait partie de la galaxie LFI, formation qui a fait du soutien aux causes palestiniennes et de l’alliance avec une partie de l’électorat musulman un pilier de sa stratégie électorale, notamment dans les quartiers populaires de Marseille et des Bouches-du-Rhône. Courtiser cette base électorale fait partie de sa ligne politique depuis quelques années. Le baise-main était sans doute destiné à montrer qu’il était « proche du peuple », « respectueux des cultures », en phase avec cette « nouvelle France » qu’il appelle de ses vœux. Sauf que cette fois, la flatterie a été reçue comme une insulte.

Le retour de bâton inévitable

Ce qui se passe là n’est pas un simple incident de réseaux sociaux. C’est la démonstration, en direct et crue, des limites de la stratégie LFI: on ne peut pas indéfiniment caresser l’islam politique dans le sens du poil en espérant qu’il reste docile et reconnaissant. Sébastien Delogu découvre à ses dépens ce que beaucoup d’observateurs lucides savent depuis longtemps: l’islamisme rigoriste n’est pas un partenaire. C’est une idéologie qui a ses propres codes, ses propres exigences, et qui ne tolère aucune entorse, même symbolique.

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L’ironie est particulièrement savoureuse: le même député qui défile contre « l’islamophobie » et accuse la droite de stigmatiser les musulmans se fait menacer de mort par les plus radicaux de ceux qu’il courtise avec tant d’ardeur. Et la gauche, dans son ensemble, reste étrangement silencieuse. Pas de tribune collective, pas de grande indignation médiatique, pas de cortège pour défendre « la liberté de geste » du député. On préfère manifestement ne pas froisser une base électorale qui pèse désormais lourd dans certains bureaux de vote du pays.

L’affaire révèle surtout l’impasse dans laquelle s’est enfermée la gauche insoumise: elle a choisi de flatter un communautarisme qui ne partage ni ses valeurs ni ses codes, pensant pouvoir l’instrumentaliser contre la « droite fasciste ». Elle découvre aujourd’hui qu’elle a ouvert la boîte de Pandore et que les alliés d’hier peuvent très vite devenir les censeurs de demain. La République une et indivisible n’a pourtant pas à s’adapter aux exigences religieuses les plus strictes. C’est l’inverse qui devrait prévaloir. Le baise-main de Delogu n’était peut-être qu’un geste maladroit ; les menaces qu’il a reçues, elles, sont la preuve que le communautarisme ne négocie rien. Il impose. Et c’est bien là tout le problème.




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Étudiant à l'ESJ Paris

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