Comme elle a manqué de réserve dans ses propos sur l’exécutif, Ségo est contrainte de dire adieu aux réserves de manchots dont elle avait la garde. Causeur résume cette situation politique burlesque…


Hier soir, le bandeau de BFMTV s’inquiète : “Que reproche-t-on à Ségolène Royal ?” Mince, je ne savais pas qu’il fallait maintenant une raison légitime pour dire du mal de cette haute figure de Poitou-Charentes ! Dès qu’un nouvel épisode du feuilleton Ségolène Royal se produit, je prends ma plume.

Depuis quelques jours, l’ambassadrice des pôles est “dans la tourmente” comme on dit sur les chaines info. Alors qu’elle pensait avoir échappé au pire, alors que sa carrière ne semblait finalement pas devoir prendre fin – malgré les attaques si méchantes de Radio France (auxquelles elle avait bien maladroitement riposté) – , voilà que c’est maintenant le président Macron qui lui voudrait du mal.

Des pressions seraient exercées pour que le Parquet national financier se penche sur la façon de travailler de l’ex du capitaine de pédalo.

Un ambassadeur des pôles ça ferme sa gueule ou bien…

On lui a scandaleusement refusé l’entrée du gouvernement, il ne fallait pas la chercher. Tout ce qu’elle voulait, c’était une bonne place. Politicienne de premier plan, femme, née en Afrique, n’avait-elle pas le profil diversitaire idéal ? Pas assez pour ces snobs de macronistes, peut-être.

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Ségolène Royal passe désormais son temps à attaquer Emmanuel Macron, lequel est déjà fort occupé par ces vilaines histoires de violences policières, par ces médecins hospitaliers qui menacent de démissionner ou par la mise en place de la fameuse conférence de financement pour les retraites. Alors… on ne va pas tortiller du fion longtemps. Virons-la ! Validée en haut lieu, Ségo a reçu le 7 janvier dernier la missive suivante :

“Madame l’ambassadrice, il est envisagé de mettre fin à vos fonctions au regard de vos récentes prises de parole publiques, qui mettent en cause la politique du gouvernement, à la mise en œuvre de laquelle, en votre qualité d’ambassadrice (…) vous êtes étroitement associée.” Des fois qu’elle soit longue à la comprenette, la lettre – qui proviendrait du secrétariat du Ministère de l’Ecologie -, ajoute: “Les fonctions que vous exercez impliquent un devoir de réserve sur l’action du gouvernement et ne permettent pas des prises de position publiques qui peuvent être celles d’une personne n’exerçant pas de telles fonctions”. Quand on pense qu’Elisabeth Borne, l’actuelle ministre, a un temps été sa directrice de cabinet, Ségo avait de quoi être furieuse quand elle a reçu ces remontrances !

Depuis, par tous les moyens légaux, le moulin à paroles de la gauche de 2007 se victimise. En lui reprochant via une tierce personne ses prises de paroles et son manque de rectitude, le petit Monsieur de l’Élysée manque vraiment de bravitude !

Un parcours politique royal

Quoi d’autre ?

Les médias affirment qu’elle ne va jamais au Conseil sur l’Arctique ? C’est que Madame Royal préfère servir son pays, comme elle l’a toujours fait ! Libre à chaque citoyen de faire le bilan de ses exemplaires années d’action politique (elle a été pour la première fois ministre en 1992).

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Elle utiliserait ses assistants et son budget d’ambassadrice des pôles à des fins personnelles (déplacements en province pour la promotion de son livre ou de sa fondation) ? Et le déplacement d’Emmanuel Macron au CES de Las Vegas en 2016, vous voulez qu’elle en reparle ?

Désormais libre, on ne fera plus taire le César d’or 2007 de la parole creuse. Pour preuve, elle invoque par pure démagagie et par erreur Voltaire sur Twitter, et devient une fois encore la risée des réseaux sociaux. Poussée à démissionner de son poste d’ambassadrice, c’est avec fracas qu’elle entre dans l’opposition.

Se mettra-t-elle en campagne, comme l’affirment de nombreux journaux ? Naïve et moins habile politiquement que nombre de ses petits camarades en Macronie, le côté foutraque de Royal a quelque chose d’attachant. Macron s’inquiéterait d’avoir cette ancienne alliée comme adversaire en 2022. La France est franchement dans le pétrin.

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