Bienvenue dans l’âge bête, PMA, Ayyam Sureau, guerre économique Chine-Etats-Unis, Jonathan Coe: notre numéro de septembre est en vente.


« En dehors de quelques peuplades vivant en autarcie comme les doctorants en sociologie et les journalistes-de-gauche, le sentiment que la sottise, la vulgarité et l’inculture progressent est-il très largement partagé, de ma boulangère, dont les vendeurs ne savent plus compter la monnaie, à Marcel Gauchet, que sa foi, jusque-là inébranlable, dans l’élévation par la connaissance ne protège plus contre le désenchantement », diagnostique Elisabeth Lévy en introduction de notre nouveau numéro.

Laurent Alexandre et Antoine Compagnon

Pour Causeur, certains signaux ne trompent pas : le nivellement par le bas atteint tous les secteurs de la vie quotidienne, de la richesse du langage aux capacités de concentration. Que le coupable s’appelle Q.I, informatique, école, ou tout cela à la fois, le constat justifiait amplement tout un dossier. Dépérissement de la langue, perte de la syntaxe, abandon de la culture générale : notre espèce redescend la pente du progrès intellectuel. Darwin, au secours !

>>> Lire le magazine <<<

D’après le spécialiste de l’intelligence artificielle Laurent Alexandre, que nous avons l’honneur de publier, 50% des inégalités de Q.I seraient d’origine génétique. Or, notre système éducatif se révèle incapable de corriger les inégalités dans l’héritage génétique qui conditionne une bonne part de notre intelligence. Ce qui condamne les enfants des classes populaires à la relégation culturelle – donc sociale.

Interrogé dans nos colonnes, le professeur au Collège de France Antoine Compagnon nuance quelque peu nos analyses en se félicitant de la démocratisation de l’enseignement et refuse d’idéaliser l’école de la IIIe République, réservée à une élite. Mais ce fin connaisseur de Proust, Montaigne ou Descartes déplore la perte des fondamentaux. Y compris chez les professeurs. L’agrégée Corinne Berger s’insurge d’ailleurs, dans une lettre ouverte à l’inspecteur d’académie, contre l’obligation faite aux enseignants de surnoter des copies indigentes. Une fausse bienveillance qui cache un vrai mépris.

L’inintelligence de la main

Jusqu’au sommet de nos grandes écoles, la culture générale a mauvaise presse. Après avoir renoncé à évaluer la culture générale des candidats, les jurés du concours d’admission à l’ENA prennent conscience de son importance, démontre Gil Mihaely qui a épluché les rapports de jury successifs.

Nul ne sera étonné que notre ami normalien Pierre Mari s’afflige du niveau des salariés adultes élèves des formations qu’il dispense. Vocabulaire indigent, syntaxe plus qu’incertaine, orthographe erratique en font des Français quasi-étrangers à leur propre langue.

Comme le décrit Ingrid Riocreux, leurs enfants savent de moins en moins tenir un stylo à force de manier tablettes tactiles et manettes de jeu. Leur manque de force et de dextérité dans les doigts désespère les professeurs et nécessite une rééducation par des grapho-pédagogues.

Quant aux politiques culturelles, entre Malraux et Lang, nos gouvernants, y compris de droite, ont (mal) choisi. Plutôt que d’encourager la transmission du patrimoine français, l’Etat met sur un même plan Picasso et Koons, suggérant que tout se vaut.

L’ombre portée de Trump 

Passons aux actualités. Pas encore votée, la PMA serait-elle déjà adoptée ? Pour trancher dans le vif, nous faisons débattre deux esprits déliés par articles interposés. La professeur de droit public Anne-Marie Le Pourhiet dénonce un projet de loi qui tourne le dos à l’éthique. Soumis au diktat des associations féministes et LGBT, ce texte crée un droit à l’enfant pour satisfaire des caprices individuels. Alain Neurohr lui répond qu’il serait vain de s’y opposer au nom de grands principes.

De l’autre côté de l’Atlantique, les Etats-Unis mènent une drôle de guerre économique contre la Chine… à moins que ce soit l’inverse. Au fond, la montée des tensions commerciales entre Pékin et Washington est la conséquence d’une redistribution des cartes de la puissance. Jeremy Stubbs brosse le portrait de Robert Lighthizer, conseiller commercial du président américain et apôtre d’un néoprotectionnisme de choc.

De mon côté, je vous emmène en reportage sur les bords de l’Adriatique. Au nord-est de l’Italie, le grand ensemble de Rozzol Melara abrite 1200 locataires en périphérie de Trieste. Objets d’un plan de requalification, ces HLM avec vue sur mer ne connaissent ni l’insécurité ni l’immigration massive de nos banlieues même si la souffrance sociale y est vive.

Retour dans l’hexagone. Elisabeth Lévy a interviewé Ayyam Sureau, fondatrice de l’association Pierre-Claver qui oeuvre à l’intégration des réfugiés. Loin du laxisme dominant, cette femme engagée invite les bénéficiaires du droit d’asile à assimiler les us, mœurs et coutumes qui font l’art d’être français.

Le roman du Brexit

Côté culture, Jérôme Leroy célèbre Jonathan Coe. L’auteur du Cœur de l’Angleterre raconte le Brexit en mêlant les destins individuels à l’actualité. Une  méditation drôle et douce-amère sur une identité anglaise en pleine crise. British toujours, la série Years and years, que Stéphane Germain dégomme gentiment. Du néoféminisme au culte des migrants, cette œuvre de la télévision publique britannique s’efforce de cocher toutes les cases politically correct. Enfin, l’écrivain Kamel Bencheikh nous offre une visite à Sétif. Dans la ville-symbole du nationalisme algérien, le patriarcat arabo-musulman se porte bien. Il y est hélas acquis que l’homme a tous les droits quand la femme n’a que des devoirs.

Pour réussir votre rentrée, n’oubliez pas les chroniques de Jean-Paul Lilienfeld, L’Ouvreuse, Roland Jaccard, Peggy Sastre, le « moi » de Basile. Mais oui, mais oui, les vacances sont finies.

>>> Lire le magazine <<<

Lire la suite