Accueil Édition Abonné Emmanuel Macron attendu à Rome

Emmanuel Macron attendu à Rome

Le billet sarcastique de Dominique Labarrière


Emmanuel Macron attendu à Rome
Le Pape Léon XIV avec des basketteurs américains au Vatican, le 8 avril 2026 © Grzegorz Galazka/SIPA

Le président français rencontrera pour la première fois Léon XIV vendredi au Vatican.


Avec environ une semaine de retard sur les cloches qui, elles, se rendent dans la Ville Sainte en toute fin de Carême, ce n’est que le 10 avril que le président de la République sera une nouvelle fois reçu au Vatican par le Saint-Père, le Pape Léon XIV.

Quelques jours après le pèlerinage des cloches donc, mais aussi quelques jours après que M. Laurent Nunez, ministre de l’Intérieur de l’actuel gouvernement, se sera fait, solennellement, à la Grande Mosquée de Paris, le porteur d’un message de ce même Emmanuel Macron, affirmant que le président avait le plus grand souci du « développement » (sic) de l’islam en France. Paroles douces, indéniablement, aux oreilles des membres de la communauté musulmane du pays. Quelque sept ou huit millions d’âmes aujourd’hui, croit-on savoir.

Paroles douces également aux oreilles du chef de l’Église catholique romaine ? Allez donc savoir ? Nous verrons bien à l’issue de l’audience ce qu’il en aura pensé et quels commentaires il aura bien voulu en livrer.

Prenant le risque de m’avancer un brin, je m’autorise à imaginer que sa réprobation – si réprobation il y a – ne sera qu’extrêmement tempérée.

Le Vatican ne nous annonce-t-il pas en effet que le Pape, le 4 juillet prochain, se rendra de nouveau à Lampedusa, cette île du sud de l’Italie où viennent s’échouer les embarcations de migrants ?

On connaît d’avance la teneur des prédications qui seront tenues à cette occasion. Elles s’inscriront dans le droit fil de l’initiative prise par le Pape l’automne dernier lorsque, afin de favoriser de toute son autorité morale et politique l’inscription des « gestes d’hospitalité » (sic) de Lampedusa au patrimoine immatériel mondial de l’UNESCO, il a enregistré et envoyé une vidéo allant dans ce sens à la commission ad hoc. Non sans avoir préalablement, bien sûr, fustigé notre prétendue indifférence à la détresse de ces gens, ce qu’avait déjà eu l’insigne délicatesse de faire, on s’en souvient, son prédécesseur le pape François.

A lire aussi: Une solution simple et consensuelle: les migrants au Vatican

Procès d’intention assez injuste en vérité. Nous ne sommes pas indifférents, nous nous permettons seulement de considérer que nous ne sommes pas – nous autres et nos nations – la seule solution à leurs problèmes. Passons.

Donc, début juillet, attendons-nous à devoir entendre les mêmes mises en cause, la même défense de l’immigration.

Or, il se trouve que le Vatican est aussi un État. Un État européen, occidental. Et que son Souverain pontife, est quant à lui, de ce fait, un chef d’État. Nous avons donc un chef d’État occidental qui se livre très ouvertement, très officiellement, à l’échelle planétaire – urbi et orbi, si vous préférez –  à la promotion de l’émigration massive à destination de nos contrées.

Bref, on peut pronostiquer que, entre un chef d’État qui s’emploie à travailler à cette promotion et un autre qui se dit soucieux du développement d’une religion largement importée dans les bagages de l’immigration ainsi promue, tout devrait se passer au mieux lors de cette visite du 10 avril.

Cela est une bonne nouvelle pour l’ambiance souhaitable dans le cadre des relations diplomatiques entre ces deux entités. Pas sûr que c’en soit une aussi bonne pour la civilisation occidentale et son devenir.

À cet égard, je ne résisterai pas à la tentation de citer une fois de plus ce que dit le prince Salinas – personnage central du roman et du film Le Guépard – à son confesseur jésuite: « Si pour sa survie, l’Église a besoin de nous éliminer, elle nous éliminera. » Il pense alors à sa caste, l’aristocratie italienne, plus particulièrement sicilienne.

Petite phrase à méditer, assurément. Si pour son rayonnement, son développement après des populations désormais les plus nombreuses, les plus influentes de la planète, l’Église se sentait encline à faire quelque peu l’impasse sur l’Occident, irait-elle jusque-là ?

Interrogation dont, me semble-t-il, il serait assez souhaitable que les catholiques de France et d’ailleurs fassent au plus tôt l’une de leurs priorités.

LES TÊTES MOLLES - HONTE ET RUINE DE LA FRANCE

Price: ---

0 used & new available from




Article précédent Avec Houellebecq, la modernité n’a plus d’alibi
Ex-prof de philo, auteur, conférencier, chroniqueur. Dernière parution : « Je suis Solognot mais je me soigne » éditions Héliopoles, 2025

RÉAGISSEZ À CET ARTICLE

Pour laisser un commentaire sur un article, nous vous invitons à créer un compte Disqus ci-dessous (bouton S'identifier) ou à vous connecter avec votre compte existant.
Une tenue correcte est exigée. Soyez courtois et évitez le hors sujet.
Notre charte de modération