Pierre Malinowski a retrouvé le corps du général Gudin, proche de Napoléon tombé au combat lors de la campagne de Russie, qui sera prochainement enterré aux Invalides en présence de Vladimir Poutine et d’Emmanuel Macron. Sur REACnROLL, l’Indiana Jones français nous raconte ses aventures.


 

Son histoire passionne. Pierre Malinowski après huit années dans la Légion étrangère et deux années aux côtés de Jean-Marie Le Pen en tant qu’attaché parlementaire, se lance dans de longues recherches de terrain en Russie. Causeur vous propose de lire quelques extraits de l’entretien qu’il a eu avec Elisabeth Lévy et Jean-Baptiste Roques sur REACnROLL.

D’où vous vient cette attirance pour la chose militaire ?

Mon père est un écrivain-historien spécialiste de la Première Guerre mondiale, j’habite sur le chemin des Dames. J’ai découvert mon premier corps de poilu à 5 ans. Donc j’ai toujours été baigné dans ce côté « Grande-Guerre ». Dans des cas pareils soit ça vous choque, soit ça vous marque, moi ça m’a marqué du bon côté en l’occurrence, du côté patriote. Je suivais mon père dans les tranchées le week-end… bref je suis né dans un berceau avec un fusil. (…) Comme j’étais très turbulent quand j’étais gamin, la seule solution était l’armée, le seul endroit qui a pu me cadrer pendant huit ans.

Après ces huit années, vous vous mettez au service de Jean-Marie Le Pen, comment ça se passe ?

Je quitte l’armée parce qu’en fait je me suis broyé le dos après un saut en parachute, je ne pouvais plus faire de sauts opérationnels, ça m’ennuyait de retourner dans un régiment lambda et donc je suis parti au bout de huit ans, sur un coup de tête, je n’avais pas de travail.

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Je suis allé voir Jean-Marie Le Pen, lui demander « Vous n’avez pas un travail pour moi ? », il m’a répondu qu’il avait plein de CV mais que c’était moi qu’il allait prendre : « Tu vas faire de grandes choses » dit-il. Je suis propulsé au parlement européen seulement il fallait un master pour être pris et moi je n’avais pas de diplômes, j’ai finalement été recruté sur dossier militaire. Jean-Marie Le Pen m’a dit « tu vas t’occuper des affaires avec la Russie », moi je n’ai jamais mis un pied là-bas, je ne connais rien et il continue « essaie de rencontrer Poutine ». Six mois après je rencontre Vladimir Poutine au Kremlin.

Vous dites que vous avez formé des équipes, recruté des Français pour aller se battre en Syrie…

Des anciens légionnaires, anciens flics, anciens militaires, tous ceux qui en avaient marre après les attentats du Bataclan. On a mis un mois pour monter la mission et il y avait déjà des structures de gars qui partaient, Arte a voulu partir avec nous…

Ils m’informaient au fur et à mesure de ce qu’il se passait là-bas. Quand ils arrêtaient des gars après un combat ils leur demandaient la nationalité : Syriens, Afghans, en taule ! Quand certains disaient être Français, eh bien pas de chance, on s’occupait d’eux… Mais c’est toujours ça en moins qui rentre en France ! Ceux qui reviennent en France et qui ont l’expérience du combat, c’est pas bon.

Vous avez créé ensuite une fondation à visée historique ?

C’est ça. Une fois que j’ai quitté le Parlement européen, je me suis dit qu’il fallait que j’essaie de toucher Poutine avec quelque chose qu’il n’a pas encore. Pour le revoir, il fallait trouver quelque chose qui puisse l’intéresser…

Donc avec ma pelle, pendant deux et demi, j’ai creusé dans un champ français pour retrouver le corps d’un soldat russe de la Première Guerre mondiale envoyé par le Tsar en 1917. Je faisais que ça avec ma pelle, matin, midi, soir, tout le temps, tous les week-end, au pif. Le jour de Noël le 24 décembre 2016, je fais un trou, je descends à 1m50 et je tombe sur une croix orthodoxe et je me dis « Bingo » et le corps était là. Poutine a dit « je veux voir ce gamin-là qui a passé deux ans de sa vie à chercher un soldat russe ». Il est venu en France pour voir Macron à Versailles, je l’ai vu après. Il m’a dit de continuer, j’ai pris mes bagages, je suis allé en Russie, j’ai créé ma fondation.

J’ai enchaîné les projets, que j’ai réussis, parce qu’on disparaît vite dans ce milieu quand on n’enchaîne pas les succès : j’ai sorti le premier avion Normandie-Niemen. Je me suis dit qu’il fallait faire quelque chose qui sorte de l’ordinaire, qui touche du monde à l’international et on arrive sur le sujet que vous connaissez…

Vous avez retrouvé le corps de Gudin à Smolensk en Russie…

On a fait un premier essai au mois de juin après toutes les archives, etc. avec des experts français de l’INRAP et l’académie des sciences et on ne l’a pas trouvé. Les Français sont repartis. Je me retrouve tout seul au mois de juillet, je reviens voir la personne qui me finance, je lui demande une seconde chance. Je me retrouve avec quatre archéologues russes et qui m’indiquent 40 mètres carrés, je me dis « Si je suis Napoléon, où-est-ce que j’enterrerais mon meilleur ami ? » je leur dis de creuser là et deux jours après Gudin était là.

Tout cela est financé par des mécènes français ?

Non, russes. La seule fondation qui nous a un petit peu aidé c’est le Souvenir Napoléonien qui nous a un petit peu soutenu financièrement et moralement, sinon Bernard Arnault m’a fait recevoir mais son bras droit m’a coupé les fonds.

On a de la chance d’avoir à nos côtés un milliardaire russe, M. Andreï Kozitsyn, à qui on doit tout. Il est passionné par l’Histoire, c’est un mec super, il ne me demande rien.

Il sait bien sûr que j’ai une fondation d’État surveillée par le président donc c’est de l’intérêt pour tout le monde. Le président lui dit que c’est bien ce qu’il fait. Donc avec Gudin tout le monde s’y retrouve.

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