Le parti de Nigel Farage est en tête des intentions de vote au sein de la population masculine et homosexuelle d’Angleterre. Un phénomène étrange pour un parti connu pour sa défense de la famille traditionnelle.
Avec son éternelle veste Barbour sur le dos et son goût affiché pour la bière brune et le cigare, Nigel Farage, le leader de Reform UK (le nouveau nom du Brexit Party) n’a pas exactement l’image d’un ardent défenseur de la cause LGBT.
Quelle n’a donc pas été la surprise de ses opposants quand, il y a quelques semaines, une enquête commandée par la fondation progressiste More in Common a révélé que 33 % de la population homosexuelle masculine du Royaume-Uni a l’intention de voter pour son mouvement souverainiste lors des prochaines élections, ce qui le place nettement en tête, loin devant les travaillistes (26 %) et les écologistes (22 %). On notera cependant que, toujours d’après le même sondage, les lesbiennes britanniques, elles, ne sont que 12 % à envisager de voter pour la formation de Farage. Difficile, en attendant, d’expliquer pourquoi celui-ci est si populaire outre-Manche parmi les messieurs qui préfèrent les messieurs.
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Certes, le numéro trois de Reform UK, l’ancien animateur de télévision David Bull, est ouvertement un membre de la communauté gay. Mais il fait figure d’exception dans un parti qui se flatte de compter parmi ses dirigeants vedettes l’ancien conseiller politique de Boris Johnson, Danny Kruger, connu pour avoir affirmé en 2023 que « la famille normative, structurée par l’union d’un père et d’une mère, est la seule base possible d’une société sûre et prospère ». Interrogé sur cette déclaration, Farage avait plaidé la liberté de conscience de son collègue tout en indiquant n’être pour sa part « en aucun cas un absolutiste en la matière ». En 2013, si son parti avait été le seul à s’opposer à la légalisation du mariage homosexuel, c’était, insistait-il, seulement pour protéger le cadre institutionnel chrétien du pays et non par rejet des minorités sexuelles. Le 12 février, l’Église d’Angleterre vient d’ailleurs de se ranger à son avis. En synode général, elle a décidé d’interdire les bénédictions de couples gay et lesbiens pratiquées dans certaines paroisses « inclusives » depuis quelques années.




