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Notre-Dame: l’archevêché voudrait se débarrasser des vieilleries

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La contribution du XIXe siècle – et notamment de Viollet-le-Duc – est dénigrée par certains, qui souhaiteraient faire de la cathédrale Notre-Dame une bimbeloterie contemporaine. 


L’archevêché de Paris a surpris tout le monde au sujet de Notre-Dame. Un groupe de travail interne vient de présenter aux prêtres du diocèse l’état de ses cogitations non encore officielles, mais ayant largement fuité. Les ecclésiastiques envisagent tout bonnement de demander un grand réaménagement intérieur de la cathédrale s’avérant non seulement coûteux, mais aussi très destructeur sur le plan du patrimoine. Ils voudraient d’abord qu’on enlève les vitraux des bas-côtés, créés et implantés par Viollet-le-Duc, pour mettre à la place des choses plus branchées. Ils souhaiteraient remiser le mobilier d’époque, tels que confessionnaux et autels, également dessinés par le maître et ses collaborateurs. L’aggiornamento s’étendrait même probablement à des statues et peintures d’artistes associés à Viollet-le-Duc. Tant qu’à faire, on se débarrasserait des modestes chaises paillées actuelles au profit de bancs imaginés par des designers et rehaussés de leds, à la façon des parkings, pour repérer de loin un espace libre. Des dispositifs de projections sur les parois et les voûtes permettraient enfin une communication évangélique en format XXL.

À lire aussi, Benoît Rayski : Monseigneur Aupetit, mais qu’est-ce qu’il a sous sa mitre?

Tout le problème avec Notre-Dame, on l’a assez dit, est que beaucoup de gens, même éminents, ignorent ou dénigrent la contribution décisive du XIXe siècle et de Viollet-le-Duc. Notre-Dame est, certes, une cathédrale du XIIIe siècle, mais elle est aussi et surtout, jusque dans les moindres détails, une cathédrale du XIXe siècle. Ce serait absurde et d’une grande vulgarité de mettre à la place de ce legs une bimbeloterie contemporaine. La Charte de Venise, traité international qui régit la protection du patrimoine, nous impose d’ailleurs de respecter l’œuvre des artistes d’autrefois.

Puisse la ministre de la Culture tenir le cap de la défense du patrimoine !

Déjà, dans les années 1960, d’autres vitraux de Viollet-le-Duc, jugés insuffisamment gais, sont malencontreusement déposés. Les années Malraux (1959-1969) sont, on le sait, des années noires pour le patrimoine. Des verrières plus modernes sont alors commandées à un certain Jacques Le Chevallier qui prétend « renouveler l’art du vitrail » en « renonçant à la figuration » et en faisant des choses « extrêmement simples ». En réalité, avec le recul, on voit que sa verroterie est surtout simpliste. Disons-le, c’est très moche. C’est du moderne qui a mal vieilli. Heureusement, ces verrières sont placées si haut qu’elles ne sont pas très gênantes. Si on en avait la possibilité, le mieux serait cependant de réimplanter les verrières d’origine de Viollet-le-Duc. À défaut de pouvoir réaliser ce rêve, le bon sens exige d’éviter de gâcher ce qui reste.

Roselyne Bachelot a d’ores et déjà exclu la possibilité de retirer les vitraux classés. C’est le plus important et il faut se réjouir de son intervention claire et nette. Souhaitons que la ministre de la Culture continue à tenir fermement le cap de la défense du patrimoine à Notre-Dame.

Notre-Dame de Paris: Ô reine de douleur

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Pour en finir avec le virus, finissons-en avec la Vème!

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La cinquième république, surtout entre les mains de Macron, est devenue un régime archaïque et antidémocratique.


La chose qu’à titre personnel, j’aurais eu le plus de mal à  supporter, depuis le mois de mars de l’année dernière, c’est le caractère divin de la parole présidentielle, la manière dont l’ensemble de la population est suspendue aux  discours de Macron à 20 heures tapantes. Qui est Macron, à ce moment-là ? Le président élu, certes. Mais c’est aussi un homme seul derrière son bureau qui a décidé en dernier ressort de ce qu’il serait possible de faire et de ce qui ne le serait pas. Il décide si vous pourrez aller travailler, et comment. Si vous irez à l’école et comment. Il décide même, jusqu’au ridicule, de ce que vous pourrez consommer ou pas. L’infantilisation est totale.

 Le conseil de défense, « the place to be »

C’est la constitution de la Vème république qui lui donne ce pouvoir exorbitant et humiliant pour les citoyens d’une démocratie. Elle a été voulue par De Gaulle mais De Gaulle était un géant, comme Gargantua. Le géant, parce qu’il est sûr d’être un géant, n’hésite pas à limiter son pouvoir de lui-même.

Jusqu’à la sinistre réforme du quinquennat, il y avait par exemple la possibilité que la majorité change à l’assemblée en cours de mandat. Cela avait l’avantage de religitimer ou pas l’action du président. Désormais, depuis Chirac, le président a autant de pouvoir pendant cinq ans, plus peut-être, qu’en avait un roi de France qui lui au moins, avait en guise de légitimité le droit divin et des siècles d’Histoire. Et puis De Gaulle, le jour où un referendum l’a désavoué, il est parti. Il avait même failli partir dès 1965 quand lors de la première élection au suffrage universel, il avait ressenti comme une humiliation le fait d’être contraint à un second tour.

A lire aussi, du même auteur: De Gaulle memories

La perversité de la cinquième république, en plus, c’est qu’elle est séduisante même pour celui qui l’avait toujours condamnée, une fois qu’il est élu. L’exemple le plus éclatant de cette séduction, c’est Mitterrand, inlassable pourfendeur de cette constitution qu’il qualifiait de coup d’état permanent mais qu’il a trouvée, une fois élu, tout à fait confortable. Quant à Macron, évidemment, dès le soir de l’élection, on a bien compris avec la métaphore jupitérienne, que son entreprise de soi-disant modernisation de la France s’exercerait dans tous les domaines, sauf dans celui de son pouvoir absolu qui lui permet aujourd’hui de prendre ses décisions sanitaires et politiques par l’intermédiaire d’un conseil de défense qui a, de facto, remplacé le conseil des ministres. Le conseil de défense, c’est « the place to be » si on aime le pouvoir.

Sécurité globale

Regardez par curiosité la composition de cette instance. Il n’y a pas d’élus de terrain et ses membres sont tenus au secret défense. On pourrait au moins y associer des parlementaires ou des maires de grandes villes. Mais non, la pandémie est une affaire trop sérieuse pour la laisser, de près ou de loin, au peuple qui en est pourtant la première victime.

A lire aussi, Philippe Bilger: Ils voient dans les nécessaires lois sécuritaires notre « asservissement de demain »…

Chaque allocution présidentielle me paraît donc comme un archaïsme effrayant et liberticide. Je me sens beaucoup plus atteint dans mes libertés par le fait de dépendre de cette seule parole que d’être obligé de porter le masque ou de remplir une attestation kafkaïenne. Ce sont certes des atteintes à ma liberté mais plutôt moins que la loi de sécurité globale qui inquiète même l’ONU et la Commission européenne car évidemment, avec une telle constitution, la tentation est grande quand on dispose d’un tel pouvoir, de profiter de la pandémie pour négocier un virage autoritaire, voire franchement illibéral.

Marionnettes épuisées

Je n’aurais jamais cru écrire cela un jour, mais je regrette de ne pas être allemand,  d’avoir à la manœuvre une Angela Merkel qui mène sa barque sans tralalas dramatisants, avec méthode, modestie. Avec plus d’efficacité aussi, au moment où nous avons dépassé les cinquante mille décès.

Et surtout, elle arrive à ce résultat sans avoir besoin de réduire son parlement à une chambre d’enregistrement, ses ministres à des sous-fifres chargés de l’intendance et ses concitoyens à des marionnettes épuisées.

L’Entente cordiale: une nécessité pour la France

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Service minimum, côté français, pour les 10 ans des traités de Lancaster House. Un tweet d’Emmanuel Macron et c’est tout. Pas question de célébrer avec faste, en plein Brexit, cette alliance stratégique franco-britannique. Ni de risquer de contrarier nos amis allemands. Elle est pourtant fondamentale.


Le 2 novembre 2010, le Premier ministre britannique David Cameron et le président français Nicolas Sarkozy signaient les traités de Lancaster House (également appelés traités de Londres). Deux textes purement bilatéraux, s’extrayant du carcan de la Politique étrangère et de sécurité commune (PESC) de l’Union européenne créée par le traité de Maastricht (1992) et amplifiée par le traité de Lisbonne (2007), virtuellement du moins, car il n’y a pas de politique étrangère de l’Union européenne.

Des traités utiles pour la défense

La nouvelle Entente cordiale est d’une tout autre nature. De quoi s’agit-il ? De rien de moins que de l’instauration d’une coopération de défense franco-britannique approfondie, dans le cadre d’un vaste « partenariat à long terme », dans les domaines pour le moins sensibles de la dissuasion nucléaire et des missiles de souveraineté, ainsi que de la montée en puissance de la force conjointe interarmées. Un rapprochement qualifié, à juste titre, de « sans précédent », prévu pour durer un demi-siècle, et parfaitement respectueux de la souveraineté des deux États.

Or, ces traités, qui n’auraient pu demeurer que des vœux pieux entre les deux principales puissances européennes si on les mesure à leur poids dans l’industrie de Défense (40% à eux deux), ont déjà, pour partie, des applications concrètes. Sur les treize domaines prévus, trois au moins ont connu des avancées.

Pour renforcer leur coopération dans la gestion des arsenaux nucléaires, Français et Britanniques ont prévu une installation commune à Valduc (Côte-d’Or), où sera « modélisée la performance des têtes nucléaires et des équipements associés, afin d’en assurer la viabilité, la sécurité et la sûreté à long terme ». Un Centre de développement technologique commun, situé à Aldermaston, dans le Berkshire, soutiendra ce projet.

La Force Expéditionnaire Commune Interarmées (CJEF), « adaptée à toute une série de scénarii, y compris des opérations de haute intensité », sera bientôt opérationnelle. Elle comprendra des composantes terrestre, maritime et aérienne, avec leurs états-majors associés, ainsi que la logistique et les fonctions de soutien. Il ne s’agira pas d’une force permanente, mais elle sera « disponible avec un préavis pour des opérations bilatérales » et, si les États le jugent nécessaire, pour des opérations de l’OTAN, de l’Union européenne, des Nations Unies ou autres.

Enfin, en matière de missiles, les deux pays se sont accordés pour « travailler à la mise en place d’un maître d’œuvre industriel européen unique » dans le cadre d’un « plan stratégique décennal ». Concrètement, il s’agit…

>>> Lire la fin de l’article sur le site de la revue Conflits <<<

Tous à la messe dimanche!

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Jean Castex maintient une jauge de 30 personnes pour les messes, y compris pour le dimanche 29 novembre. Voici une tribune libre des Éveilleurs.


Après Emmanuel Macron, Jean Castex a confirmé ce matin fixer à 30 le nombre de fidèles autorisés à assister à la messe jusqu’au 15 décembre, sous prétexte d’une accusation non vérifiée : « En effet les lieux de culte ont été des lieux de contamination ». 

Nos dirigeants semblent avoir tellement perdu le sens commun qu’ils ne voient pas la différence entre un oratoire, une chapelle, une église, une cathédrale ou une basilique. Tandis que les restrictions sanitaires pour les commerces sont pensées en pourcentage d’occupation par rapport à la surface disponible, les catholiques devront pointer afin d’être sûrs qu’une 31e personne ne se cache pas dans les 7000m2 de Saint-Sulpice. 

À une décision qui mêle le grotesque, l’inutile et l’illégitime, aucun citoyen n’est tenu d’obéir. 

A lire aussi: Après les rassemblements « pour les messes »: le dilemme de Darmanin

Un subordonné n’est pas tenu d’obéir à un ordre dès lors qu’il contrevient gravement à la justice. Un subordonné n’est pas non plus tenu à l’obéissance dans un domaine où il n’est pas soumis. En vertu de la loi de séparation de l’Église et de l’État, le gouvernement n’a aucune légitimité pour dicter aux catholiques la manière dont ils doivent rendre leur culte à Dieu. Saint Thomas d’Aquin a affirmé dans la Somme Théologique : « Ainsi en est-il des lois des tyrans qui incitent à l’idolâtrie ou à toute autre chose qui serait contraire à la loi divine. Il n’est en aucun cas licite d’observer de telles lois » (Ia-IIae, q.96, a.4). 

Pour ce docteur dominicain qu’on ne peut soupçonner d’anarchisme théocratique, lui qui justifie l’obéissance comme conséquence ordonnée au bien commun de la nature sociale et politique de l’homme, il s’agissait de rappeler au politique la place prééminente du sacré et de la loi divine. 

A lire aussi: Qu’est-ce qu’une cathédrale?

De nombreuses voix se sont levées dans l’histoire des hommes pour rappeler qu’il existe une loi supérieure aux décrets humains temporels, telle Antigone face à Créon, ou encore des témoins de notre longue histoire, de Jeanne d’Arc répondant à ses voix jusqu’aux martyrs de Vendée, faisant le choix de Dieu face au totalitarisme.

Forts de cet enseignement séculaire, les Éveilleurs appellent tous les catholiques de France à ne pas craindre de désobéir à un ordre injuste et disproportionné. À quelques semaines de Noël, les menaces puériles de Monsieur Darmanin et le tropisme anticlérical de Monsieur Macron n’empêcheront pas les Chrétiens d’entrer massivement dans leurs églises dès ce dimanche pour assister à la messe.

Ils pétitionnent en faveur des «enfants musulmans»: mais pourquoi les signataires éprouvent-ils le besoin de dire qu’ils sont juifs?

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Nous approchons là des frontières de l’immonde, selon Benoît Rayski


Des écoliers musulmans sont, disent-ils, persécutés en France. Certains d’entre eux ont, s’indignent-ils, été interrogés pendant des heures par la police. D’autres sanctionnés par le rectorat. Comble de l’horreur, un de ces enfants a été contrôlé « pour un mot écrit en arabe sur une feuille ». Quel mot ? La pétition ne le dit pas.

Ces enfants, des adolescents plutôt, ont fait un doigt d’honneur pendant la minute de silence consacrée à Samuel Paty. Certains, fort nombreux, se sont repassés en boucle sur leur portable la tête coupée de l’enseignant. Ça non plus la pétition ne le dit pas.

« Personnalités juives »

Elle a été publiée dans L’Obs avec la carte de visite suivante : « 38 personnalités juives » !

Rien de tel qu’une étoile jaune, pour déverser en toute bonne conscience son lot de saloperies. Se dire juif vaut ainsi un sauf-conduit pour l’immonde.

Ayant rappelé le sort funeste des enfants musulmans, les pétitionnaires établissent un parallèle entre ce qui se passe aujourd’hui et ce qui s’est passé dans les années 40. On ne peut s’empêcher, écrivent-ils, de penser « aux milliers d’enfants juifs dépouillés de leur liberté et de leur dignité par Vichy ».

Une démonstration fumeuse

Il n’est nullement fait mention dans la pétition que ces enfants juifs furent envoyés à Auschwitz. En effet cela ruinerait la démonstration des signataires car – que l’on sache – aucune chambre à gaz n’est prévue pour les enfants musulmans. Si vous voulez savoir pourquoi les signataires se déclarent juifs, la réponse est là : se prévaloir de leur origine leur permet de parler des enfants juifs. Selon une rhétorique bien éprouvée, les « 38 personnalités juives » précisent, bien sûr, que « rien n’est comparable ». Et pourtant ils comparent.

À lire aussi, Terrorisme: pour eux, c’est (toujours) la faute de la France!

Quelques noms des signataires maintenant:

Rony Brauman, qui consacre toute son énergie à vomir Israël. Michèle Sibony, porte-parole de l’Union des Français Juifs pour la Paix, un groupuscule haineux dont la seule vocation est de débaptiser Israël pour l’appeler Palestine. Dominique Vidal du Monde Diplomatique, un journaliste spécialisé dans la dénonciation des crimes de la soldatesque sioniste. Eyal Sivan, un cinéaste qui réalisa un film abject sur le procès Eichmann à Jérusalem. Sur nombre d’écoles parisiennes figurent des plaques avec les noms des enfants juifs envoyés à la chambre à gaz par Vichy. Nous suggérons à ces 38 Juifs d’aller voir et de s’incliner devant.

Affaire de l’instituteur de Malicornay: la justice tranche aujourd’hui

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La cour d’appel administrative de Bordeaux doit trancher ce jeudi le conflit qui oppose l’instituteur Matthieu Faucher à l’Éducation nationale. Par dénonciation anonyme, Monsieur Faucher avait été accusé de faire étudier des extraits bibliques en classe…


Jeudi 26 novembre, jour banal pour le plus grand nombre, jour essentiel pour quelques uns, mais jour fondamental pour l’enseignement en France. Ce soir, nous saurons si nous vivons dans un pays où un enseignant peut-être sanctionné sur la base d’une lettre anonyme dénonçant un contenu de cours parfaitement règlementaire. En outre, en cas de maintien de la sanction, les professeurs auront confirmation d’une injonction paradoxale de plus : le fait religieux doit être enseigné, mais « l’école de la confiance » ne les protègera pas en cas d’insatisfaction d’un usager.

Extrême sensibilité

Bref rappel des faits. Année scolaire 2016/2017, Matthieu Faucher enseigne en CM1/CM2 dans le petit village de Malicornay. Il choisit de mettre à profit sa formation de lettres classiques pour offrir à ses élèves un enseignement du fait religieux très riche, reliant l’Éducation Morale et Civique, le vocabulaire, l’éducation à l’image et illustrant la partie « récits mythologiques » du programme de littérature par des textes de la Bible. Il a préalablement expliqué son approche aux parents. Malgré cette précaution, la première pierre lui est jetée sous la forme d’une lettre anonyme l’accusant de « prosélythisme » (écrit tel quel). Une semaine après, sa hiérarchie le suspend de ses fonctions (promptitude réservée aux faits les plus graves). Malgré le soutien argumenté de nombreux élus et parents d’élèves, de spécialistes de l’enseignement laïc du fait religieux (Régis Debray, René Nouilhat, Jean Carpentier…), de professeurs engagés tels René Chiche, la commission disciplinaire voulue par le Directeur Académique de l’époque, Pierre-François Gachet, le sanctionne en lui imposant un déplacement d’office, c’est-à-dire le départ de l’école de Malicornay.

A lire ensuite: Après les rassemblements « pour les messes »: le dilemme de Darmanin

Notons au passage l’extrême sensibilité de Pierre-François Gachet en matière de références culturelles, puisqu’il s’est également illustré en 2018 par l’interdiction signifiée au maire de Tournon-Saint-Martin de la Chanson de Craonne, traditionnellement chantée après la Marseillaise par les enfants des écoles à la cérémonie du 11 novembre. Soulignons également que si l’Autonome de Solidarité et le syndicat SE-UNSA ont apporté leur aide à Matthieu Faucher, la représentante locale du syndicat SNUIPP/FSU a approuvé la sanction. En juillet 2019, le Tribunal administratif de Limoges ordonne cependant l’annulation de cette sanction, au motif que celle-ci est disproportionnée par rapport aux faits reprochés mais le cabinet de Jean-Michel Blanquer dépose un recours auprès de la Cour d’appel administrative de Bordeaux dont le résultat est attendu ce 26 novembre.

Culture de la satisfaction de l’usager

La lecture de cet enchainement de faits ne peut que rendre perplexe. Jusqu’en mai 2017, un fonctionnaire académique, peut s’être senti poussé une vocation de censeur, porté par le climat du quinquennat Hollande. La culture de la satisfaction de l’usager venait d’apparaître noir sur blanc dans les grilles d’évaluation des directeurs d’école grâce à Najat Vallaud-Belkacem. Parallèlement, l’opinion de Pierre Nora sur les programmes d’histoire remaniés par cette dernière permet de comprendre que les racines chrétiennes de notre pays n’étaient pas les bienvenues : « Ils portent à l’évidence la marque de l’époque: une forme de culpabilité nationale qui fait la part belle à l’Islam, aux traites négrières, à l’esclavage et qui tend à réinterpréter l’ensemble du développement de l’Occident et de la France à travers le prisme du colonialisme et de ses crimes. […] C’est l’expression d’une France fatiguée d’être elle-même, d’un pays qui ne sait pas trop où il va et ne sait donc pas dire d’où il vient. »

A lire: La laïcité ne peut être aimée, si l’on n’a pas rendu aimable le pays qui l’a inventée

Mais comment expliquer l’acharnement des équipes de Jean-Michel Blanquer, ce ministre qui a souhaité apposer le label « confiance » sur son passage rue de Grenelle ? Comment croire celui qui déclare, en mars 2018 que « nous devons donner à nos enfants des racines et des ailes » tout en coupant celles d’un enseignant ? Exprime-t-il de réelles convictions lorsqu’il prétend que les élèves « doivent savoir d’où ils viennent et où ils vont. Quand vous faites une visite dans une cathédrale aujourd’hui, souvent des enfants ignorent tout des codes qui permettent de comprendre l’endroit où ils sont. De la même façon, il y a des interprétations complètement sauvages des différents textes sacrés. Cette ignorance est vecteur d’intolérance, d’incompréhension, d’absurdité. Cela génère de l’obscurantisme. On a besoin d’une culture générale sur les religions. D’où l’intérêt de l’enseignement laïc du fait religieux » ?

Un ministre qui n’aide pas

Une fois de plus l’ambigu ministre Blanquer montre l’écart qui sépare ses paroles rutilantes de ses actes obscurs. Il ne redressera pas l’école de la République en poignardant les derniers hussards. Il ne leur facilitera pas non plus la tâche en laissant en l’état les programmes d’histoire destructurés et appauvris par Najat Vallaud-Belkacem. Matthieu Faucher est un homme dont la rectitude est palpable jusque dans le costume qu’il porte pour enseigner par respect pour ses élèves. Lire ses fiches de préparation dans La leçon de Malicornay de René Nouilhat permet de constater la rigueur de ses préparations de classe, la parfaite cohérence de la mise en réseau des disciplines et sa grande culture générale, si rare dans le premier degré aujourd’hui. 60% des enseignants disent déjà éviter le sujet de la religion pourtant fondamental comme le démontrait le rapport Debray en 2002. La connaissance de la culture chrétienne est indispensable pour comprendre l’histoire de l’art, la littérature, les dates du calendrier, l’architecture, la musique, l’histoire de France…

Matthieu Faucher, agnostique père de trois enfants non baptisés, a eu l’honnêteté de vouloir offrir à ses élèves la même culture générale qu’à sa progéniture, cela ne peut en aucun cas constituer une faute.

Dieu est mort. Le diable aussi…

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Philippe David nous rappelle les exploits de Diego Maradona, décédé hier. Le joueur d’1m66 était le plus grand géant du football. 


Un certain Jacques Chirac disait il y a quelques années que « les merdes ça vole en escadrille ». Et pour les amoureux de sport, entre les disparitions de Christophe Dominici, Jacques Secrétin et Diego Maradona en à peine vingt-heures, on peut dire que cette citation prend tout son sens.

Diego Armando Maradona est décédé moins d’un mois après son soixantième anniversaire, emporté par un arrêt cardio-respiratoire selon la presse argentine. Maradona, « el pibe de oro », le gamin en or, qui dans sa carrière aura tout gagné ou presque, aura disputé quatre coupes du monde, laissant dans chacune la marque de Dieu et celle du diable. Il aurait même pu en disputer cinq si son âge, 17 ans, n’avait pas dissuadé César Luis Menotti, le sélectionneur argentin pour la coupe du monde 1978 jouée à domicile et remportée par l’Albiceleste, de le prendre dans l’effectif alors qu’il lui avait offert sa première sélection à 16 ans en février 1977 contre la Hongrie.

La main de Dieu

1982 : Après un match d’ouverture perdu face aux redoutables Belges, Maradona réalise un match magnifique avec un doublé contre la Hongrie. Le Dieu Maradona était né. Lors du premier match du second tour, dans le groupe de la mort avec l’Italie et le Brésil, il subit un marquage odieux de Gentile qui serait renvoyé au vestiaire après 20 minutes aujourd’hui et l’Argentine s’incline 2-1. Face au magnifique Brésil de Télé Santana, Zico et Socrates, les Brésiliens mènent 3-0 à un quart d’heure du coup de sifflet final synonyme d’élimination et de perte du titre de champions du monde. Maradona pète les plombs en assénant un coup de pied dans le ventre de Batista avec pour conséquence un carton rouge on ne peut plus logique. Le diable Maradona venait de naître.

1986 : Après un premier tour où Maradona égalise pour un match nul contre les champions du monde italiens, c’est en quart de finale contre l’Angleterre qu’il va passer cette fois-ci de diable à Dieu en cinq minutes. Cinquante et unième minute, il trompe le gardien Peter Shilton de la main, « la main de Dieu » dira-t-il en faisant référence à la revanche de la guerre des Malouines. Le diable venait de frapper. Cinq minutes plus tard, le même Maradona troque le costume du diable pour celui de Dieu. Il prend le ballon sur le côté droit  une dizaine de mètres dans le camp argentin. Il accélère, élimine la moitié de l’équipe d’Angleterre, dribble le gardien et fait trembler les filets. Dieu venait de marquer. Victor Hugo Morales, le commentateur argentin, pleurera après ce but en le qualifiant de « Dieu Saint » et de « cerf-volant cosmique » en demandant « de quelle planète il venait ? ». Dieu allait réapparaitre avec un somptueux doublé contre les Belges en demie et une passe décisive magistrale pour Burruchaga en finale permettant à l’Argentine, qui venait de se faire remonter deux buts contre la RFA, de remporter son second trophée mondial en huit ans. En 1986, le Dieu du football avait un nom : Maradona.

De la cocaïne dans les urines

1990 : Lors de cette coupe du monde en Italie, l’Argentine arriva miraculeusement en finale avec un Maradona bien moins bon que quatre ans plus tôt mais leader incontesté, avec Claudio Caniggia, de la sélection Albiceleste. Sortie des poules miraculeuse comme meilleurs troisièmes. Victoire en huitième de finale contre le Brésil, une victoire dont Maradona dira en décembre 2004 lors d’une émission télévisée que les Argentins avaient mis du somnifère dans l’eau des joueurs auriverdes. En demi-finale à Naples, où il venait de remporter un second Scudetto en trois ans, il marqua le tir au but décisif contre le pays organisateur. Dieu avait permis à l’Argentine d’atteindre sa troisième finale en quatre coupes du monde. Mais le diable frappa quand Maradona traita les supporters italiens, qui éliminés par l’Argentine voulaient une revanche en finale en sifflant l’hymne de l’Albiceleste, de « hijos de p… », pas besoin de traduire, à voix haute face aux caméras.

1994 : la coupe du monde sera courte pour Maradona. Premier match contre la Grèce, et à l’heure de jeu alors que l’Argentine mène 2-0, une action à trois supersonique avec Redondo et Caniggia voit Maradona propulser le ballon en pleine lucarne. Dieu était encore là à 33 ans. Mais Dieu avait les apparences du démon puisque, au contrôle anti-dopage on trouvait de la cocaïne dans ses urines. Exclu du mondial, Maradona faisait ses adieux à la coupe du monde à 33 ans, un âge qui n’est pas anodin pour un Dieu du football.

Trois jours de deuil national

La fin de sa vie sera chaotique entre propos faisant scandale, cocaïne et soutien à des régimes fort peu démocratiques comme le Cuba de Castro et le Venezuela de Chavez. Peut-être parce que Dieu l’avait créé pour le football et rien que pour le football ?

Aujourd’hui l’Argentine a décrété trois jours de deuil national, le peuple de ce merveilleux pays pleurant des larmes grandes comme le Rio de la Plata. Une Argentine qui commémorera dans quinze jours les 130 ans de la naissance de son autre Dieu, Carlos Gardel. On imagine bien le Roi du tango accueillir Diego en lui chantant « la última copa » ou « mi noche triste ».

Dieu est mort, le diable aussi…

Mes Mots du jour

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Expulsions: l’État de droit dans le mur


Ancien préfet, Michel Auboin connaît de l’intérieur les rouages et chausse-trappes du système administratif chargé de l’expulsion des étrangers dangereux. Son constat: aujourd’hui ces rouages sont grippés à cause d’un transfert de pouvoir des élus et des fonctionnaires vers les juges. Encore un mauvais coup des énarques!


Pour répondre à l’émotion légitime des Français, le ministre de l’Intérieur a annoncé des mesures immédiates. Les préfets sont à la manœuvre et la manœuvre est délicate, car les actes de police administrative qu’on leur demande de prendre sont semés d’embûches et de chausses-trappes. L’une de ces mesures concerne la fermeture de la mosquée de Pantin. La fermeture d’un lieu de culte où est prêchée l’incitation au crime terroriste est prévue à l’article L. 227-1 du Code de sécurité intérieure et elle est régulièrement utilisée. Mais, comme elle touche « à la liberté de conscience et au libre exercice des cultes », le Conseil constitutionnel l’a fortement encadrée. Elle ne peut, ainsi, excéder six mois. Dans un pays comme le nôtre qui compte plus de 2 500 mosquées et un grand nombre de salles de prière, on ne voit pas bien en quoi la fermeture de l’une d’entre elles nuit à l’exercice du culte. Personne ne s’émeut de la fermeture d’une gare, qui nuit pourtant à la liberté de se déplacer, ou de celle d’un commerce essentiel à l’alimentation des habitants en milieu rural.

Le Conseil constitutionnel est animé par d’éminents membres du Conseil d’État, la plus haute instance de la juridiction administrative, dont toute la jurisprudence, depuis des décennies, consiste à défendre les droits des usagers contre l’empiétement de l’administration. Cette jurisprudence a créé un corpus juridique qui verrouille et encadre l’élaboration de la norme, qu’elle émane de la représentation nationale élue par le peuple (la loi) ou du gouvernement en charge de diriger le pays (le règlement). Ce verrou est d’autant plus puissant que les mêmes membres du Conseil d’État, sortis premiers de leur promotion de l’ENA, occupent dans l’administration les postes les plus en vue et que certains finissent même Premier ministre. Tous les directeurs d’administration centrale redoutent le passage d’un texte qu’ils doivent défendre devant cette « haute » assemblée qui gère le dialogue comme un grand oral. Je n’ai pas fait exception à la règle.

Le Conseil constitutionnel est un verrou puissant

De décision en décision, le Conseil constitutionnel, faisant de la Constitution une lecture parfois contestable, a déplacé le curseur qui permettait d’assumer le juste équilibre entre la défense des intérêts collectifs – ce que nous appelions auparavant l’intérêt général – et les libertés des individus. Ce faisant, il a privé le décideur politique (le ministre) ou administratif (le préfet ou le maire) d’une grande partie de son pouvoir. Il le soumet à tout moment au contrôle du juge. Il multiplie les voies de recours qui entravent son action. On est arrivé à cette situation absurde où l’administration, convoquée comme coupable dans les procès engagés par des tiers, est contrainte de prendre des avocats pour se défendre.

La mosquée radicale de Pantin, qui avait critiqué sur Facebook le professeur assassiné à Conflans Sainte Honorine, est menacée d'une fermeture administrative de 6 mois © CHRISTOPHE SAIDI/SIPA Numéro de reportage : 00986850_000004
La mosquée radicale de Pantin, qui avait critiqué sur Facebook le professeur assassiné à Conflans Sainte Honorine, est menacée d’une fermeture administrative de 6 mois © CHRISTOPHE SAIDI/SIPA Numéro de reportage : 00986850_000004

Les autres mesures prises par les préfets à la demande du ministre de l’Intérieur (il n’existe plus beaucoup de mesures que les préfets prennent de leur propre chef) concernent le droit des étrangers. Dans ce domaine, l’action est plus compliquée encore, car la loi a ajouté au contrôle du juge administratif celui du juge judiciaire, investi du rôle de « juge des libertés ». Le ministre a annoncé des expulsions, mais en l’écoutant attentivement, les spécialistes ont compris qu’il ne parlait pas d’expulsion, mais de reconduite à la frontière, ce qui n’est pas la même chose. La reconduite à la frontière concerne les individus de nationalité étrangère vivant en France en situation irrégulière. Ce sont pour l’essentiel des étrangers qui ont passé la frontière sans en avoir été autorisés (des clandestins) ou des déboutés du droit d’asile invités à quitter la France, mais qui y sont restés. L’expulsion concerne, en revanche, des étrangers admis à séjourner en France. Cette confusion a conduit plusieurs commentateurs de la presse télévisée à soulever, par ignorance, la question enterrée de la double peine, sans comprendre que la reconduite de personnes incarcérées n’est pas un effet de leur condamnation, mais de leur situation au regard du droit au séjour. La plupart des prisonniers en situation irrégulière font l’objet d’une mesure de reconduite, parce que l’administration, les ayant sous la main, préfère les cueillir à la sortie de leur détention plutôt que d’attendre qu’ils se soient volatilisés dans la nature. De ce point de vue, la portée de l’annonce est assez relative.

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Répondre aux actes criminels de l’islam politique par des mesures de police des étrangers ne suffit pas à éradiquer le mal, car nous savons, depuis longtemps, le loup dans la bergerie. Une grande majorité des agitateurs, des sympathisants et des exécutants/exécuteurs de l’islam politique est de nationalité française. Beaucoup sont même des Français d’origine française. Mais il va de soi que commettre un crime dans un pays où l’on ne vit que comme invité ne mérite aucune clémence.

Peu de reconductions pour les étrangers en situation irrégulière

Les reconduites à la frontière sont mises en œuvre par les préfets et leurs services. Il faut reconnaître que, dans ce domaine, le gouvernement fait mieux que les précédents. Pourtant, les difficultés de procédure ne manquent pas. En 2018 (ce sont les derniers chiffres connus), 110 000 étrangers en situation irrégulière ont été interpellés, 39 400 ont été placés en centre de rétention administrative (dont 25 300 en métropole), mais seuls 15 700 ont été effectivement reconduits, dont seulement 7 300 vers des pays autres que ceux de l’Union européenne. Cette incroyable déperdition est liée à toute une série de facteurs. Dans près de la moitié des cas, l’administration n’a pas réussi à récupérer à temps le laissez-passer consulaire (LPC) qui permet à l’étranger de prendre l’avion ou le bateau, ce dernier ayant pris soin de faire disparaître son passeport. Certains pays rechignent, et on les comprend, à fournir ce document pour ne pas avoir à accueillir chez eux des individus hautement indésirables. Beaucoup contestent même leur nationalité, y compris lorsque tout les désigne. Et la France ne dispose, en la matière, d’aucun fichier fiable.

Grâce à un meilleur dialogue avec les États concernés, la délivrance des LPC a été améliorée, mais elle est loin d’être satisfaisante. Si l’on prend l’exemple de l’Algérie, pourtant le premier pays d’émigration vers la France, seuls 1 800 éloignements ont été exécutés sur 13 900 mesures prononcées. Le Quai d’Orsay, sur ce point, devrait montrer plus d’empressement à accompagner les démarches du ministre de l’Intérieur.

Manque de diligence des pays d’origine

Mais le problème ne tient pas qu’au manque de diligence des pays d’origine, il tient aussi aux délais qu’on leur impose, contraints eux-mêmes par la durée de la rétention. Quand la référence européenne est de dix-huit mois, la France, elle, n’applique qu’une durée maximale de quatre-vingt-dix jours (elle a doublé en 2018). Et si elle ne peut faire mieux, c’est parce que les centres de rétention sont saturés et qu’il n’est pas prévu d’en construire d’autres. Nous sommes là dans la même situation que pour les prisons ou les centres éducatifs fermés, la question des murs conditionne les orientations politiques. La construction coûte trop cher dans un pays qui perd chaque année une partie de ses capacités d’investissement. La question est d’autant plus incompréhensible que les entreprises françaises construisent partout en Europe des centres adaptés et moins coûteux. Avec seulement 23 centres de rétention, en métropole, pour 1 571 places, la France ne possède que 4,7 % des capacités de l’Union européenne, alors qu’elle est le premier pays d’accueil des demandeurs d’asile. Il faut donc en construire et trouver un mode de gestion plus économe (le coût de fonctionnement est de 215 millions d’euros par an), en confiant au secteur privé ce qui ne relève pas stricto sensu de la compétence de la police.

Comparée à la reconduite, l’expulsion est rarement mise en œuvre

L’obstacle des LPC n’est pas le seul. Les personnes placées en rétention sont invitées à saisir à la fois le juge judiciaire, sur le fondement de la privation de liberté, et le juge administratif, sur la légalité de la mesure prise par le préfet. En 2018, 4 600 étrangers ont été libérés par un juge judiciaire, 1 750 par un juge administratif. Par ailleurs, même si le droit l’autorise, il devient de plus en plus difficile d’éloigner des familles entières, et donc des parents, cette position de principe étant intervenue pour répondre aux exigences d’associations issues du corps enseignant.

Place de la République à Paris, le 23 novembre 2020 © MICHEL SETBOUN/SIPA Numéro de reportage: 00992241_000006.
Place de la République à Paris, le 23 novembre 2020 © MICHEL SETBOUN/SIPA Numéro de reportage: 00992241_000006.

Comparée à la reconduite, l’expulsion est rarement mise en œuvre. Elle concerne à titre principal les étrangers en situation régulière qui présentent une menace grave pour l’ordre public, qu’ils aient été ou non condamnés. Les activités à caractère terroriste sont précisément visées par le Code. La personne menacée par une procédure d’expulsion est convoquée devant une commission d’expulsion, qui se réunit au tribunal de grande instance et comprend son président, un magistrat de l’ordre judiciaire et un magistrat de tribunal administratif. J’ai un souvenir assez cuisant de cette procédure. Elle concernait un imam considéré comme très dangereux officiant dans une salle de prière de la région parisienne. N’ayant jamais auparavant participé à une commission, je pensais m’y retrouver entre personnes de bonne compagnie. Je fus mis au banc des accusés, mortifié, obligé de justifier une mesure qui tombait pourtant sous le sens, quand le prévenu, de son côté, était interrogé avec égards. Les rapports émis sur l’individu provenaient d’un service de renseignement non autorisé à les signer, et les juges n’entendent pas les arguments formulés par des institutions anonymes. Heureusement pour moi, ce sinistre personnage avait fait violer sa fille de 13 ans pour la marier de force et cet acte odieux a fini par emporter la conviction du juge.

Il est parfois difficile d’être seul contre tous, quand vous savez de surcroît qu’une mesure prise en application d’un texte de loi peut être contestée par votre ministre lui-même parce qu’entre-temps un groupe de pression influent a fait valoir son point de vue. Tout en sachant qu’on vous reprochera une absence de mesure si cette défaillance conduit à un acte criminel, comme l’a appris à ses dépens un ancien préfet de Lyon.

Nelson prend l’eau


Le vice-amiral Nelson, accusé de complicité avec le commerce d’esclaves, est la cible des militants de Black Lives Matter. Il rejoint Napoléon son ennemi de toujours.


Le vice-amiral Nelson, du haut de sa colonne à Trafalgar Square, regardait passer les iconoclastes emmenés par Black Lives Matter. Au cœur de Londres, ceux-ci s’en prenaient aux statues des figures historiques accusées de complicité envers le commerce d’esclaves au xviiie siècle (ou taxés de racisme, comme l’ignoble Winston Churchill). Dans The Guardian, une éditorialiste vigilante s’était occupée de rétrécir le héros national, qualifiant Nelson de « suprémaciste blanc ». Mais, à 50 mètres d’altitude, la sculpture du vainqueur de Trafalgar était à l’abri des crachats.

Une fausse lettre comme mobile…

Les néo-abolitionnistes ont trouvé une statue plus à leur portée. Ils ont attaqué l’amiral stratège boulonné près de la cathédrale de Norwich (Norfolk), Nelson étant un enfant du pays. Lors de son arrestation, la jeune vandale auteur des dégradations de la sculpture a expliqué qu’elle voulait ouvrir le débat. Le vandalisme comme préliminaire à la discussion, c’est très tendance.

Pourquoi s’en prendre à Nelson, qui n’a jamais possédé ni transporté d’esclaves ? À cause d’une lettre qu’il aurait écrite à bord du Victory le 10 juin 1805 : adressée à un propriétaire de plantations en Jamaïque, elle trahirait son soutien aux négriers. Or cette lettre est une contrefaçon. Une copie de l’originale figure à la British Library. Au jeu des différences, on ne trouve pas moins de 25 erreurs dans cette version apocryphe publiée en 1807 par les anti-abolitionnistes, désireux de mettre le prestige de feu Nelson au service de l’esclavage.

À lire aussi, François-Xavier Ajavon: La politique du socle vide

Martin Downer, fin connaisseur de la correspondance de Nelson, affirme qu’il n’y a, parmi ses 8 000 lettres, pas une once de racisme, si ce n’est vis-à-vis des Français qu’il haïssait passionnément… Or, en France, on veut déboulonner Napoléon. L’internationale progressiste aura réussi ce tour de force de faire de Bonaparte et Nelson des alliés objectifs dans cette aberrante « guerre culturelle ».

Tous gros!

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Le confinement fait craindre une augmentation de l’obésité de nos ados


Le Figaro s’émeut : la sédentarité des adolescents, dit Delphine Chayet, atteint des niveaux alarmants. Et de parler d’ « épidémie silencieuse », parce que les 11-17 ans passent désormais devant des écrans le double du temps qu’ils consacrent au sport — et sans doute bien davantage. Sans compter le confinement, qui oblige à la paresse, particulièrement chez les plus pauvres, ceux qui n’ont pas la place d’installer un vélo d’appartement — ou le partagent à douze.

Notez qu’avec un peu de chance, l’ascenseur de leur HLM est en panne. Une bonne occasion de faire de l’exercice. Toute plaisanterie mise à part, les gosses les plus démunis sont les heureux gagnants d’une loterie à double tirage. Privés de cours et de culture, ils sont en même temps assignés à obésité.

Un cardiologue de Rennes, le professeur François Carré, parle de « bombe sanitaire à retardement ». « À long terme, le manque d’exercice va favoriser une augmentation à bas bruit des niveaux d’inflammation et de stress oxydatif à l’origine de la plupart des maladies chroniques comme le diabète, les maladies cardiovasculaires, la dépression et certains cancers. » Étonnez-vous que le centre anti-diabétique de Marseille ait été construit dans les quartiers Nord, là où la misère se nourrit de sucres rapides… Sans compter que les habitudes prises à dix ans ont tendance à se perpétuer. « Un enfant assis sera un adulte assis ». Belle formule, qui rappelle ces enfants battus qui deviennent des adultes batteurs. Gros culs un jour, gros culs toujours. Est-ce en prévision de cette mutation physiologique que les sœurs Kardashian, avec leurs postérieurs de fermières, sont devenues des modèles callipyges ?

C’en est bien fini des « cintres » que Lagerfeld voulait pour ses défilés, adolescentes filiformes importées de pays de l’Est mal remis de l’Holodomor. Et retour général des Vénus hottentotes de toutes origines. Les petits boudins, hin hin hin, chantait jadis Dominique Walter. Demain, nous serons tous gros tas. Et gros tas dépressifs. Les centres d’aide psychologique reçoivent des centaines d’appels d’étudiants confinés, de moins en moins capables de suivre des cours distribués dans des conditions acrobatiques, privés des petits boulots qui les faisaient vivre, enfermés dans 9m2, et suicidaires à court terme. Plus vieux, on a tendance à compenser l’absence des autres — le gouvernement, qui compte tant de ministres intelligents, a manifestement oublié que l’homme est un animal grégaire — en se jetant sur les nourritures compensatrices. Fin du « régime crétois », et bonjour Nutella. Les ventes de saloperies arrosées à l’huile de palme ont augmenté très significativement pendant le confinement — près de 50% en sus. Et habitude prise, habitude perpétuée. Mais on ne doit pas savoir cela, dans les cantines des ministères, où les nourritures restent raffinées et les vins de qualité…

À noter que nombre de cantines scolaires, qui délivraient souvent le seul repas chaud et équilibré des enfants les plus déshérités, ont fermé, sous la pression des angoissés du virus. Un grand pas en avant dans la malbouffe.

J’avais l’habitude de marcher au moins une dizaine de kilomètres par jour. Me voici réduit à un aller-retour quotidien jusqu’au lycée où j’enseigne. Deux fois 15 minutes. Le reste du temps, pour compenser l’ennui massif né du manque de divertissement — le gouvernement, qui compte tant d’esprits supérieurs, a manifestement oublié de relire Pascal —, je cuisine : là aussi, adieu les salades et bonjour couscous, cassoulet et choucroute. Lipides et glucides vont en bateau, je tombe à l’eau.

Nos gouvernants, hantés par la mémoire de l’affaire du sang contaminé, se bardent de précautions pour éviter qu’on les traîne en justice : le Covid ne passera pas ! Pas par eux !

Mais le diabète, les décompensations psychiques, les suicides, l’obésité galopante, la destruction rapide des corps envahi par des graisses opportunistes — de tout cela aussi on devra exiger des comptes. « Ne négligez pas votre santé ! » disent les médecins, « n’hésitez pas à consulter ! » Oui — sauf que les hôpitaux postposent les opérations considérées comme non urgentes. Voici deux mois qu’une amie se balade avec les tendons du pied arrachés, et que l’opération qui devait les rattacher est indéfiniment reportée — broutilles que cela ! Elle boitera à vie, mais qu’importe ! On aura au moins conservé un lit vide, au cas où. Merci, Olivier Véran !

Il est temps d’en finir avec ces restrictions qui seront à terme dévastatrices en termes de santé publique. Oui, mais le Covid ? Nous le combattrons bien mieux en nous activant, en ayant une vie sportive et un moral d’acier, qu’en jouant, comme on dit éloquemment en anglais, aux couch potatoes. Mais c’est peut-être cela, l’idéal de la société post-libérale. Une France peuplée d’obèses, vautrés sur leurs canapés, et vivant de sucreries bon marché achetées avec un salaire universel de misère. Comme disait Houellebecq, le monde d’après sera le même, mais en pire.

Notre-Dame: l’archevêché voudrait se débarrasser des vieilleries

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La cathédrale Notre-Dame de Paris, le 19 octobre 2020. © xavier FRANCOLON/SIPA Numéro de reportage : 00990191_000001

La contribution du XIXe siècle – et notamment de Viollet-le-Duc – est dénigrée par certains, qui souhaiteraient faire de la cathédrale Notre-Dame une bimbeloterie contemporaine. 


L’archevêché de Paris a surpris tout le monde au sujet de Notre-Dame. Un groupe de travail interne vient de présenter aux prêtres du diocèse l’état de ses cogitations non encore officielles, mais ayant largement fuité. Les ecclésiastiques envisagent tout bonnement de demander un grand réaménagement intérieur de la cathédrale s’avérant non seulement coûteux, mais aussi très destructeur sur le plan du patrimoine. Ils voudraient d’abord qu’on enlève les vitraux des bas-côtés, créés et implantés par Viollet-le-Duc, pour mettre à la place des choses plus branchées. Ils souhaiteraient remiser le mobilier d’époque, tels que confessionnaux et autels, également dessinés par le maître et ses collaborateurs. L’aggiornamento s’étendrait même probablement à des statues et peintures d’artistes associés à Viollet-le-Duc. Tant qu’à faire, on se débarrasserait des modestes chaises paillées actuelles au profit de bancs imaginés par des designers et rehaussés de leds, à la façon des parkings, pour repérer de loin un espace libre. Des dispositifs de projections sur les parois et les voûtes permettraient enfin une communication évangélique en format XXL.

À lire aussi, Benoît Rayski : Monseigneur Aupetit, mais qu’est-ce qu’il a sous sa mitre?

Tout le problème avec Notre-Dame, on l’a assez dit, est que beaucoup de gens, même éminents, ignorent ou dénigrent la contribution décisive du XIXe siècle et de Viollet-le-Duc. Notre-Dame est, certes, une cathédrale du XIIIe siècle, mais elle est aussi et surtout, jusque dans les moindres détails, une cathédrale du XIXe siècle. Ce serait absurde et d’une grande vulgarité de mettre à la place de ce legs une bimbeloterie contemporaine. La Charte de Venise, traité international qui régit la protection du patrimoine, nous impose d’ailleurs de respecter l’œuvre des artistes d’autrefois.

Puisse la ministre de la Culture tenir le cap de la défense du patrimoine !

Déjà, dans les années 1960, d’autres vitraux de Viollet-le-Duc, jugés insuffisamment gais, sont malencontreusement déposés. Les années Malraux (1959-1969) sont, on le sait, des années noires pour le patrimoine. Des verrières plus modernes sont alors commandées à un certain Jacques Le Chevallier qui prétend « renouveler l’art du vitrail » en « renonçant à la figuration » et en faisant des choses « extrêmement simples ». En réalité, avec le recul, on voit que sa verroterie est surtout simpliste. Disons-le, c’est très moche. C’est du moderne qui a mal vieilli. Heureusement, ces verrières sont placées si haut qu’elles ne sont pas très gênantes. Si on en avait la possibilité, le mieux serait cependant de réimplanter les verrières d’origine de Viollet-le-Duc. À défaut de pouvoir réaliser ce rêve, le bon sens exige d’éviter de gâcher ce qui reste.

Roselyne Bachelot a d’ores et déjà exclu la possibilité de retirer les vitraux classés. C’est le plus important et il faut se réjouir de son intervention claire et nette. Souhaitons que la ministre de la Culture continue à tenir fermement le cap de la défense du patrimoine à Notre-Dame.

Notre-Dame de Paris: Ô reine de douleur

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Pour en finir avec le virus, finissons-en avec la Vème!

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Manifestation à Rennes, le 17 novembre 2020 © Mathieu Pattier/SIPA Numéro de reportage: 00991448_000005

La cinquième république, surtout entre les mains de Macron, est devenue un régime archaïque et antidémocratique.


La chose qu’à titre personnel, j’aurais eu le plus de mal à  supporter, depuis le mois de mars de l’année dernière, c’est le caractère divin de la parole présidentielle, la manière dont l’ensemble de la population est suspendue aux  discours de Macron à 20 heures tapantes. Qui est Macron, à ce moment-là ? Le président élu, certes. Mais c’est aussi un homme seul derrière son bureau qui a décidé en dernier ressort de ce qu’il serait possible de faire et de ce qui ne le serait pas. Il décide si vous pourrez aller travailler, et comment. Si vous irez à l’école et comment. Il décide même, jusqu’au ridicule, de ce que vous pourrez consommer ou pas. L’infantilisation est totale.

 Le conseil de défense, « the place to be »

C’est la constitution de la Vème république qui lui donne ce pouvoir exorbitant et humiliant pour les citoyens d’une démocratie. Elle a été voulue par De Gaulle mais De Gaulle était un géant, comme Gargantua. Le géant, parce qu’il est sûr d’être un géant, n’hésite pas à limiter son pouvoir de lui-même.

Jusqu’à la sinistre réforme du quinquennat, il y avait par exemple la possibilité que la majorité change à l’assemblée en cours de mandat. Cela avait l’avantage de religitimer ou pas l’action du président. Désormais, depuis Chirac, le président a autant de pouvoir pendant cinq ans, plus peut-être, qu’en avait un roi de France qui lui au moins, avait en guise de légitimité le droit divin et des siècles d’Histoire. Et puis De Gaulle, le jour où un referendum l’a désavoué, il est parti. Il avait même failli partir dès 1965 quand lors de la première élection au suffrage universel, il avait ressenti comme une humiliation le fait d’être contraint à un second tour.

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La perversité de la cinquième république, en plus, c’est qu’elle est séduisante même pour celui qui l’avait toujours condamnée, une fois qu’il est élu. L’exemple le plus éclatant de cette séduction, c’est Mitterrand, inlassable pourfendeur de cette constitution qu’il qualifiait de coup d’état permanent mais qu’il a trouvée, une fois élu, tout à fait confortable. Quant à Macron, évidemment, dès le soir de l’élection, on a bien compris avec la métaphore jupitérienne, que son entreprise de soi-disant modernisation de la France s’exercerait dans tous les domaines, sauf dans celui de son pouvoir absolu qui lui permet aujourd’hui de prendre ses décisions sanitaires et politiques par l’intermédiaire d’un conseil de défense qui a, de facto, remplacé le conseil des ministres. Le conseil de défense, c’est « the place to be » si on aime le pouvoir.

Sécurité globale

Regardez par curiosité la composition de cette instance. Il n’y a pas d’élus de terrain et ses membres sont tenus au secret défense. On pourrait au moins y associer des parlementaires ou des maires de grandes villes. Mais non, la pandémie est une affaire trop sérieuse pour la laisser, de près ou de loin, au peuple qui en est pourtant la première victime.

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Chaque allocution présidentielle me paraît donc comme un archaïsme effrayant et liberticide. Je me sens beaucoup plus atteint dans mes libertés par le fait de dépendre de cette seule parole que d’être obligé de porter le masque ou de remplir une attestation kafkaïenne. Ce sont certes des atteintes à ma liberté mais plutôt moins que la loi de sécurité globale qui inquiète même l’ONU et la Commission européenne car évidemment, avec une telle constitution, la tentation est grande quand on dispose d’un tel pouvoir, de profiter de la pandémie pour négocier un virage autoritaire, voire franchement illibéral.

Marionnettes épuisées

Je n’aurais jamais cru écrire cela un jour, mais je regrette de ne pas être allemand,  d’avoir à la manœuvre une Angela Merkel qui mène sa barque sans tralalas dramatisants, avec méthode, modestie. Avec plus d’efficacité aussi, au moment où nous avons dépassé les cinquante mille décès.

Et surtout, elle arrive à ce résultat sans avoir besoin de réduire son parlement à une chambre d’enregistrement, ses ministres à des sous-fifres chargés de l’intendance et ses concitoyens à des marionnettes épuisées.

L’Entente cordiale: une nécessité pour la France

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Le porte-avions Charles de Gaulle, à Toulon, le 11 avril 2020. © MARINE NATIONALE/SIPA Numéro de reportage : 00956239_000003

Service minimum, côté français, pour les 10 ans des traités de Lancaster House. Un tweet d’Emmanuel Macron et c’est tout. Pas question de célébrer avec faste, en plein Brexit, cette alliance stratégique franco-britannique. Ni de risquer de contrarier nos amis allemands. Elle est pourtant fondamentale.


Le 2 novembre 2010, le Premier ministre britannique David Cameron et le président français Nicolas Sarkozy signaient les traités de Lancaster House (également appelés traités de Londres). Deux textes purement bilatéraux, s’extrayant du carcan de la Politique étrangère et de sécurité commune (PESC) de l’Union européenne créée par le traité de Maastricht (1992) et amplifiée par le traité de Lisbonne (2007), virtuellement du moins, car il n’y a pas de politique étrangère de l’Union européenne.

Des traités utiles pour la défense

La nouvelle Entente cordiale est d’une tout autre nature. De quoi s’agit-il ? De rien de moins que de l’instauration d’une coopération de défense franco-britannique approfondie, dans le cadre d’un vaste « partenariat à long terme », dans les domaines pour le moins sensibles de la dissuasion nucléaire et des missiles de souveraineté, ainsi que de la montée en puissance de la force conjointe interarmées. Un rapprochement qualifié, à juste titre, de « sans précédent », prévu pour durer un demi-siècle, et parfaitement respectueux de la souveraineté des deux États.

Or, ces traités, qui n’auraient pu demeurer que des vœux pieux entre les deux principales puissances européennes si on les mesure à leur poids dans l’industrie de Défense (40% à eux deux), ont déjà, pour partie, des applications concrètes. Sur les treize domaines prévus, trois au moins ont connu des avancées.

Pour renforcer leur coopération dans la gestion des arsenaux nucléaires, Français et Britanniques ont prévu une installation commune à Valduc (Côte-d’Or), où sera « modélisée la performance des têtes nucléaires et des équipements associés, afin d’en assurer la viabilité, la sécurité et la sûreté à long terme ». Un Centre de développement technologique commun, situé à Aldermaston, dans le Berkshire, soutiendra ce projet.

La Force Expéditionnaire Commune Interarmées (CJEF), « adaptée à toute une série de scénarii, y compris des opérations de haute intensité », sera bientôt opérationnelle. Elle comprendra des composantes terrestre, maritime et aérienne, avec leurs états-majors associés, ainsi que la logistique et les fonctions de soutien. Il ne s’agira pas d’une force permanente, mais elle sera « disponible avec un préavis pour des opérations bilatérales » et, si les États le jugent nécessaire, pour des opérations de l’OTAN, de l’Union européenne, des Nations Unies ou autres.

Enfin, en matière de missiles, les deux pays se sont accordés pour « travailler à la mise en place d’un maître d’œuvre industriel européen unique » dans le cadre d’un « plan stratégique décennal ». Concrètement, il s’agit…

>>> Lire la fin de l’article sur le site de la revue Conflits <<<

Tous à la messe dimanche!

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Devant l'église Saint-Sulpice à Paris, le 22 novembre 2020 © Dolidze Sabrina/SIPA Numéro de reportage: 00992187_000005

Jean Castex maintient une jauge de 30 personnes pour les messes, y compris pour le dimanche 29 novembre. Voici une tribune libre des Éveilleurs.


Après Emmanuel Macron, Jean Castex a confirmé ce matin fixer à 30 le nombre de fidèles autorisés à assister à la messe jusqu’au 15 décembre, sous prétexte d’une accusation non vérifiée : « En effet les lieux de culte ont été des lieux de contamination ». 

Nos dirigeants semblent avoir tellement perdu le sens commun qu’ils ne voient pas la différence entre un oratoire, une chapelle, une église, une cathédrale ou une basilique. Tandis que les restrictions sanitaires pour les commerces sont pensées en pourcentage d’occupation par rapport à la surface disponible, les catholiques devront pointer afin d’être sûrs qu’une 31e personne ne se cache pas dans les 7000m2 de Saint-Sulpice. 

À une décision qui mêle le grotesque, l’inutile et l’illégitime, aucun citoyen n’est tenu d’obéir. 

A lire aussi: Après les rassemblements « pour les messes »: le dilemme de Darmanin

Un subordonné n’est pas tenu d’obéir à un ordre dès lors qu’il contrevient gravement à la justice. Un subordonné n’est pas non plus tenu à l’obéissance dans un domaine où il n’est pas soumis. En vertu de la loi de séparation de l’Église et de l’État, le gouvernement n’a aucune légitimité pour dicter aux catholiques la manière dont ils doivent rendre leur culte à Dieu. Saint Thomas d’Aquin a affirmé dans la Somme Théologique : « Ainsi en est-il des lois des tyrans qui incitent à l’idolâtrie ou à toute autre chose qui serait contraire à la loi divine. Il n’est en aucun cas licite d’observer de telles lois » (Ia-IIae, q.96, a.4). 

Pour ce docteur dominicain qu’on ne peut soupçonner d’anarchisme théocratique, lui qui justifie l’obéissance comme conséquence ordonnée au bien commun de la nature sociale et politique de l’homme, il s’agissait de rappeler au politique la place prééminente du sacré et de la loi divine. 

A lire aussi: Qu’est-ce qu’une cathédrale?

De nombreuses voix se sont levées dans l’histoire des hommes pour rappeler qu’il existe une loi supérieure aux décrets humains temporels, telle Antigone face à Créon, ou encore des témoins de notre longue histoire, de Jeanne d’Arc répondant à ses voix jusqu’aux martyrs de Vendée, faisant le choix de Dieu face au totalitarisme.

Forts de cet enseignement séculaire, les Éveilleurs appellent tous les catholiques de France à ne pas craindre de désobéir à un ordre injuste et disproportionné. À quelques semaines de Noël, les menaces puériles de Monsieur Darmanin et le tropisme anticlérical de Monsieur Macron n’empêcheront pas les Chrétiens d’entrer massivement dans leurs églises dès ce dimanche pour assister à la messe.

Ils pétitionnent en faveur des «enfants musulmans»: mais pourquoi les signataires éprouvent-ils le besoin de dire qu’ils sont juifs?

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De gauche à droite : Rony Brauman, Dominique Vidal et Eyal Sivan. Photos : IBO/SIPA / PIERRE VERDY/AFP / STEPHANE DE SAKUTIN/AFP Numéro de reportage SIPA : 00669693_000008

Nous approchons là des frontières de l’immonde, selon Benoît Rayski


Des écoliers musulmans sont, disent-ils, persécutés en France. Certains d’entre eux ont, s’indignent-ils, été interrogés pendant des heures par la police. D’autres sanctionnés par le rectorat. Comble de l’horreur, un de ces enfants a été contrôlé « pour un mot écrit en arabe sur une feuille ». Quel mot ? La pétition ne le dit pas.

Ces enfants, des adolescents plutôt, ont fait un doigt d’honneur pendant la minute de silence consacrée à Samuel Paty. Certains, fort nombreux, se sont repassés en boucle sur leur portable la tête coupée de l’enseignant. Ça non plus la pétition ne le dit pas.

« Personnalités juives »

Elle a été publiée dans L’Obs avec la carte de visite suivante : « 38 personnalités juives » !

Rien de tel qu’une étoile jaune, pour déverser en toute bonne conscience son lot de saloperies. Se dire juif vaut ainsi un sauf-conduit pour l’immonde.

Ayant rappelé le sort funeste des enfants musulmans, les pétitionnaires établissent un parallèle entre ce qui se passe aujourd’hui et ce qui s’est passé dans les années 40. On ne peut s’empêcher, écrivent-ils, de penser « aux milliers d’enfants juifs dépouillés de leur liberté et de leur dignité par Vichy ».

Une démonstration fumeuse

Il n’est nullement fait mention dans la pétition que ces enfants juifs furent envoyés à Auschwitz. En effet cela ruinerait la démonstration des signataires car – que l’on sache – aucune chambre à gaz n’est prévue pour les enfants musulmans. Si vous voulez savoir pourquoi les signataires se déclarent juifs, la réponse est là : se prévaloir de leur origine leur permet de parler des enfants juifs. Selon une rhétorique bien éprouvée, les « 38 personnalités juives » précisent, bien sûr, que « rien n’est comparable ». Et pourtant ils comparent.

À lire aussi, Terrorisme: pour eux, c’est (toujours) la faute de la France!

Quelques noms des signataires maintenant:

Rony Brauman, qui consacre toute son énergie à vomir Israël. Michèle Sibony, porte-parole de l’Union des Français Juifs pour la Paix, un groupuscule haineux dont la seule vocation est de débaptiser Israël pour l’appeler Palestine. Dominique Vidal du Monde Diplomatique, un journaliste spécialisé dans la dénonciation des crimes de la soldatesque sioniste. Eyal Sivan, un cinéaste qui réalisa un film abject sur le procès Eichmann à Jérusalem. Sur nombre d’écoles parisiennes figurent des plaques avec les noms des enfants juifs envoyés à la chambre à gaz par Vichy. Nous suggérons à ces 38 Juifs d’aller voir et de s’incliner devant.

Affaire de l’instituteur de Malicornay: la justice tranche aujourd’hui

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L'enseignant Matthieu Faucher Image: capture d'écran YouTube / Cnews

La cour d’appel administrative de Bordeaux doit trancher ce jeudi le conflit qui oppose l’instituteur Matthieu Faucher à l’Éducation nationale. Par dénonciation anonyme, Monsieur Faucher avait été accusé de faire étudier des extraits bibliques en classe…


Jeudi 26 novembre, jour banal pour le plus grand nombre, jour essentiel pour quelques uns, mais jour fondamental pour l’enseignement en France. Ce soir, nous saurons si nous vivons dans un pays où un enseignant peut-être sanctionné sur la base d’une lettre anonyme dénonçant un contenu de cours parfaitement règlementaire. En outre, en cas de maintien de la sanction, les professeurs auront confirmation d’une injonction paradoxale de plus : le fait religieux doit être enseigné, mais « l’école de la confiance » ne les protègera pas en cas d’insatisfaction d’un usager.

Extrême sensibilité

Bref rappel des faits. Année scolaire 2016/2017, Matthieu Faucher enseigne en CM1/CM2 dans le petit village de Malicornay. Il choisit de mettre à profit sa formation de lettres classiques pour offrir à ses élèves un enseignement du fait religieux très riche, reliant l’Éducation Morale et Civique, le vocabulaire, l’éducation à l’image et illustrant la partie « récits mythologiques » du programme de littérature par des textes de la Bible. Il a préalablement expliqué son approche aux parents. Malgré cette précaution, la première pierre lui est jetée sous la forme d’une lettre anonyme l’accusant de « prosélythisme » (écrit tel quel). Une semaine après, sa hiérarchie le suspend de ses fonctions (promptitude réservée aux faits les plus graves). Malgré le soutien argumenté de nombreux élus et parents d’élèves, de spécialistes de l’enseignement laïc du fait religieux (Régis Debray, René Nouilhat, Jean Carpentier…), de professeurs engagés tels René Chiche, la commission disciplinaire voulue par le Directeur Académique de l’époque, Pierre-François Gachet, le sanctionne en lui imposant un déplacement d’office, c’est-à-dire le départ de l’école de Malicornay.

A lire ensuite: Après les rassemblements « pour les messes »: le dilemme de Darmanin

Notons au passage l’extrême sensibilité de Pierre-François Gachet en matière de références culturelles, puisqu’il s’est également illustré en 2018 par l’interdiction signifiée au maire de Tournon-Saint-Martin de la Chanson de Craonne, traditionnellement chantée après la Marseillaise par les enfants des écoles à la cérémonie du 11 novembre. Soulignons également que si l’Autonome de Solidarité et le syndicat SE-UNSA ont apporté leur aide à Matthieu Faucher, la représentante locale du syndicat SNUIPP/FSU a approuvé la sanction. En juillet 2019, le Tribunal administratif de Limoges ordonne cependant l’annulation de cette sanction, au motif que celle-ci est disproportionnée par rapport aux faits reprochés mais le cabinet de Jean-Michel Blanquer dépose un recours auprès de la Cour d’appel administrative de Bordeaux dont le résultat est attendu ce 26 novembre.

Culture de la satisfaction de l’usager

La lecture de cet enchainement de faits ne peut que rendre perplexe. Jusqu’en mai 2017, un fonctionnaire académique, peut s’être senti poussé une vocation de censeur, porté par le climat du quinquennat Hollande. La culture de la satisfaction de l’usager venait d’apparaître noir sur blanc dans les grilles d’évaluation des directeurs d’école grâce à Najat Vallaud-Belkacem. Parallèlement, l’opinion de Pierre Nora sur les programmes d’histoire remaniés par cette dernière permet de comprendre que les racines chrétiennes de notre pays n’étaient pas les bienvenues : « Ils portent à l’évidence la marque de l’époque: une forme de culpabilité nationale qui fait la part belle à l’Islam, aux traites négrières, à l’esclavage et qui tend à réinterpréter l’ensemble du développement de l’Occident et de la France à travers le prisme du colonialisme et de ses crimes. […] C’est l’expression d’une France fatiguée d’être elle-même, d’un pays qui ne sait pas trop où il va et ne sait donc pas dire d’où il vient. »

A lire: La laïcité ne peut être aimée, si l’on n’a pas rendu aimable le pays qui l’a inventée

Mais comment expliquer l’acharnement des équipes de Jean-Michel Blanquer, ce ministre qui a souhaité apposer le label « confiance » sur son passage rue de Grenelle ? Comment croire celui qui déclare, en mars 2018 que « nous devons donner à nos enfants des racines et des ailes » tout en coupant celles d’un enseignant ? Exprime-t-il de réelles convictions lorsqu’il prétend que les élèves « doivent savoir d’où ils viennent et où ils vont. Quand vous faites une visite dans une cathédrale aujourd’hui, souvent des enfants ignorent tout des codes qui permettent de comprendre l’endroit où ils sont. De la même façon, il y a des interprétations complètement sauvages des différents textes sacrés. Cette ignorance est vecteur d’intolérance, d’incompréhension, d’absurdité. Cela génère de l’obscurantisme. On a besoin d’une culture générale sur les religions. D’où l’intérêt de l’enseignement laïc du fait religieux » ?

Un ministre qui n’aide pas

Une fois de plus l’ambigu ministre Blanquer montre l’écart qui sépare ses paroles rutilantes de ses actes obscurs. Il ne redressera pas l’école de la République en poignardant les derniers hussards. Il ne leur facilitera pas non plus la tâche en laissant en l’état les programmes d’histoire destructurés et appauvris par Najat Vallaud-Belkacem. Matthieu Faucher est un homme dont la rectitude est palpable jusque dans le costume qu’il porte pour enseigner par respect pour ses élèves. Lire ses fiches de préparation dans La leçon de Malicornay de René Nouilhat permet de constater la rigueur de ses préparations de classe, la parfaite cohérence de la mise en réseau des disciplines et sa grande culture générale, si rare dans le premier degré aujourd’hui. 60% des enseignants disent déjà éviter le sujet de la religion pourtant fondamental comme le démontrait le rapport Debray en 2002. La connaissance de la culture chrétienne est indispensable pour comprendre l’histoire de l’art, la littérature, les dates du calendrier, l’architecture, la musique, l’histoire de France…

Matthieu Faucher, agnostique père de trois enfants non baptisés, a eu l’honnêteté de vouloir offrir à ses élèves la même culture générale qu’à sa progéniture, cela ne peut en aucun cas constituer une faute.

Dieu est mort. Le diable aussi…

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Coupe du monde 1986 © Colorsport/Shutterstock/SIPA Numéro de reportage: Shutterstock40808452_000028.

Philippe David nous rappelle les exploits de Diego Maradona, décédé hier. Le joueur d’1m66 était le plus grand géant du football. 


Un certain Jacques Chirac disait il y a quelques années que « les merdes ça vole en escadrille ». Et pour les amoureux de sport, entre les disparitions de Christophe Dominici, Jacques Secrétin et Diego Maradona en à peine vingt-heures, on peut dire que cette citation prend tout son sens.

Diego Armando Maradona est décédé moins d’un mois après son soixantième anniversaire, emporté par un arrêt cardio-respiratoire selon la presse argentine. Maradona, « el pibe de oro », le gamin en or, qui dans sa carrière aura tout gagné ou presque, aura disputé quatre coupes du monde, laissant dans chacune la marque de Dieu et celle du diable. Il aurait même pu en disputer cinq si son âge, 17 ans, n’avait pas dissuadé César Luis Menotti, le sélectionneur argentin pour la coupe du monde 1978 jouée à domicile et remportée par l’Albiceleste, de le prendre dans l’effectif alors qu’il lui avait offert sa première sélection à 16 ans en février 1977 contre la Hongrie.

La main de Dieu

1982 : Après un match d’ouverture perdu face aux redoutables Belges, Maradona réalise un match magnifique avec un doublé contre la Hongrie. Le Dieu Maradona était né. Lors du premier match du second tour, dans le groupe de la mort avec l’Italie et le Brésil, il subit un marquage odieux de Gentile qui serait renvoyé au vestiaire après 20 minutes aujourd’hui et l’Argentine s’incline 2-1. Face au magnifique Brésil de Télé Santana, Zico et Socrates, les Brésiliens mènent 3-0 à un quart d’heure du coup de sifflet final synonyme d’élimination et de perte du titre de champions du monde. Maradona pète les plombs en assénant un coup de pied dans le ventre de Batista avec pour conséquence un carton rouge on ne peut plus logique. Le diable Maradona venait de naître.

1986 : Après un premier tour où Maradona égalise pour un match nul contre les champions du monde italiens, c’est en quart de finale contre l’Angleterre qu’il va passer cette fois-ci de diable à Dieu en cinq minutes. Cinquante et unième minute, il trompe le gardien Peter Shilton de la main, « la main de Dieu » dira-t-il en faisant référence à la revanche de la guerre des Malouines. Le diable venait de frapper. Cinq minutes plus tard, le même Maradona troque le costume du diable pour celui de Dieu. Il prend le ballon sur le côté droit  une dizaine de mètres dans le camp argentin. Il accélère, élimine la moitié de l’équipe d’Angleterre, dribble le gardien et fait trembler les filets. Dieu venait de marquer. Victor Hugo Morales, le commentateur argentin, pleurera après ce but en le qualifiant de « Dieu Saint » et de « cerf-volant cosmique » en demandant « de quelle planète il venait ? ». Dieu allait réapparaitre avec un somptueux doublé contre les Belges en demie et une passe décisive magistrale pour Burruchaga en finale permettant à l’Argentine, qui venait de se faire remonter deux buts contre la RFA, de remporter son second trophée mondial en huit ans. En 1986, le Dieu du football avait un nom : Maradona.

De la cocaïne dans les urines

1990 : Lors de cette coupe du monde en Italie, l’Argentine arriva miraculeusement en finale avec un Maradona bien moins bon que quatre ans plus tôt mais leader incontesté, avec Claudio Caniggia, de la sélection Albiceleste. Sortie des poules miraculeuse comme meilleurs troisièmes. Victoire en huitième de finale contre le Brésil, une victoire dont Maradona dira en décembre 2004 lors d’une émission télévisée que les Argentins avaient mis du somnifère dans l’eau des joueurs auriverdes. En demi-finale à Naples, où il venait de remporter un second Scudetto en trois ans, il marqua le tir au but décisif contre le pays organisateur. Dieu avait permis à l’Argentine d’atteindre sa troisième finale en quatre coupes du monde. Mais le diable frappa quand Maradona traita les supporters italiens, qui éliminés par l’Argentine voulaient une revanche en finale en sifflant l’hymne de l’Albiceleste, de « hijos de p… », pas besoin de traduire, à voix haute face aux caméras.

1994 : la coupe du monde sera courte pour Maradona. Premier match contre la Grèce, et à l’heure de jeu alors que l’Argentine mène 2-0, une action à trois supersonique avec Redondo et Caniggia voit Maradona propulser le ballon en pleine lucarne. Dieu était encore là à 33 ans. Mais Dieu avait les apparences du démon puisque, au contrôle anti-dopage on trouvait de la cocaïne dans ses urines. Exclu du mondial, Maradona faisait ses adieux à la coupe du monde à 33 ans, un âge qui n’est pas anodin pour un Dieu du football.

Trois jours de deuil national

La fin de sa vie sera chaotique entre propos faisant scandale, cocaïne et soutien à des régimes fort peu démocratiques comme le Cuba de Castro et le Venezuela de Chavez. Peut-être parce que Dieu l’avait créé pour le football et rien que pour le football ?

Aujourd’hui l’Argentine a décrété trois jours de deuil national, le peuple de ce merveilleux pays pleurant des larmes grandes comme le Rio de la Plata. Une Argentine qui commémorera dans quinze jours les 130 ans de la naissance de son autre Dieu, Carlos Gardel. On imagine bien le Roi du tango accueillir Diego en lui chantant « la última copa » ou « mi noche triste ».

Dieu est mort, le diable aussi…

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Expulsions: l’État de droit dans le mur

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Le centre de rétention administrative (CRA) de Vincennes, 18 septembre 2019.© Stephane de Sakutin/AFP

Ancien préfet, Michel Auboin connaît de l’intérieur les rouages et chausse-trappes du système administratif chargé de l’expulsion des étrangers dangereux. Son constat: aujourd’hui ces rouages sont grippés à cause d’un transfert de pouvoir des élus et des fonctionnaires vers les juges. Encore un mauvais coup des énarques!


Pour répondre à l’émotion légitime des Français, le ministre de l’Intérieur a annoncé des mesures immédiates. Les préfets sont à la manœuvre et la manœuvre est délicate, car les actes de police administrative qu’on leur demande de prendre sont semés d’embûches et de chausses-trappes. L’une de ces mesures concerne la fermeture de la mosquée de Pantin. La fermeture d’un lieu de culte où est prêchée l’incitation au crime terroriste est prévue à l’article L. 227-1 du Code de sécurité intérieure et elle est régulièrement utilisée. Mais, comme elle touche « à la liberté de conscience et au libre exercice des cultes », le Conseil constitutionnel l’a fortement encadrée. Elle ne peut, ainsi, excéder six mois. Dans un pays comme le nôtre qui compte plus de 2 500 mosquées et un grand nombre de salles de prière, on ne voit pas bien en quoi la fermeture de l’une d’entre elles nuit à l’exercice du culte. Personne ne s’émeut de la fermeture d’une gare, qui nuit pourtant à la liberté de se déplacer, ou de celle d’un commerce essentiel à l’alimentation des habitants en milieu rural.

Le Conseil constitutionnel est animé par d’éminents membres du Conseil d’État, la plus haute instance de la juridiction administrative, dont toute la jurisprudence, depuis des décennies, consiste à défendre les droits des usagers contre l’empiétement de l’administration. Cette jurisprudence a créé un corpus juridique qui verrouille et encadre l’élaboration de la norme, qu’elle émane de la représentation nationale élue par le peuple (la loi) ou du gouvernement en charge de diriger le pays (le règlement). Ce verrou est d’autant plus puissant que les mêmes membres du Conseil d’État, sortis premiers de leur promotion de l’ENA, occupent dans l’administration les postes les plus en vue et que certains finissent même Premier ministre. Tous les directeurs d’administration centrale redoutent le passage d’un texte qu’ils doivent défendre devant cette « haute » assemblée qui gère le dialogue comme un grand oral. Je n’ai pas fait exception à la règle.

Le Conseil constitutionnel est un verrou puissant

De décision en décision, le Conseil constitutionnel, faisant de la Constitution une lecture parfois contestable, a déplacé le curseur qui permettait d’assumer le juste équilibre entre la défense des intérêts collectifs – ce que nous appelions auparavant l’intérêt général – et les libertés des individus. Ce faisant, il a privé le décideur politique (le ministre) ou administratif (le préfet ou le maire) d’une grande partie de son pouvoir. Il le soumet à tout moment au contrôle du juge. Il multiplie les voies de recours qui entravent son action. On est arrivé à cette situation absurde où l’administration, convoquée comme coupable dans les procès engagés par des tiers, est contrainte de prendre des avocats pour se défendre.

La mosquée radicale de Pantin, qui avait critiqué sur Facebook le professeur assassiné à Conflans Sainte Honorine, est menacée d'une fermeture administrative de 6 mois © CHRISTOPHE SAIDI/SIPA Numéro de reportage : 00986850_000004
La mosquée radicale de Pantin, qui avait critiqué sur Facebook le professeur assassiné à Conflans Sainte Honorine, est menacée d’une fermeture administrative de 6 mois © CHRISTOPHE SAIDI/SIPA Numéro de reportage : 00986850_000004

Les autres mesures prises par les préfets à la demande du ministre de l’Intérieur (il n’existe plus beaucoup de mesures que les préfets prennent de leur propre chef) concernent le droit des étrangers. Dans ce domaine, l’action est plus compliquée encore, car la loi a ajouté au contrôle du juge administratif celui du juge judiciaire, investi du rôle de « juge des libertés ». Le ministre a annoncé des expulsions, mais en l’écoutant attentivement, les spécialistes ont compris qu’il ne parlait pas d’expulsion, mais de reconduite à la frontière, ce qui n’est pas la même chose. La reconduite à la frontière concerne les individus de nationalité étrangère vivant en France en situation irrégulière. Ce sont pour l’essentiel des étrangers qui ont passé la frontière sans en avoir été autorisés (des clandestins) ou des déboutés du droit d’asile invités à quitter la France, mais qui y sont restés. L’expulsion concerne, en revanche, des étrangers admis à séjourner en France. Cette confusion a conduit plusieurs commentateurs de la presse télévisée à soulever, par ignorance, la question enterrée de la double peine, sans comprendre que la reconduite de personnes incarcérées n’est pas un effet de leur condamnation, mais de leur situation au regard du droit au séjour. La plupart des prisonniers en situation irrégulière font l’objet d’une mesure de reconduite, parce que l’administration, les ayant sous la main, préfère les cueillir à la sortie de leur détention plutôt que d’attendre qu’ils se soient volatilisés dans la nature. De ce point de vue, la portée de l’annonce est assez relative.

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Répondre aux actes criminels de l’islam politique par des mesures de police des étrangers ne suffit pas à éradiquer le mal, car nous savons, depuis longtemps, le loup dans la bergerie. Une grande majorité des agitateurs, des sympathisants et des exécutants/exécuteurs de l’islam politique est de nationalité française. Beaucoup sont même des Français d’origine française. Mais il va de soi que commettre un crime dans un pays où l’on ne vit que comme invité ne mérite aucune clémence.

Peu de reconductions pour les étrangers en situation irrégulière

Les reconduites à la frontière sont mises en œuvre par les préfets et leurs services. Il faut reconnaître que, dans ce domaine, le gouvernement fait mieux que les précédents. Pourtant, les difficultés de procédure ne manquent pas. En 2018 (ce sont les derniers chiffres connus), 110 000 étrangers en situation irrégulière ont été interpellés, 39 400 ont été placés en centre de rétention administrative (dont 25 300 en métropole), mais seuls 15 700 ont été effectivement reconduits, dont seulement 7 300 vers des pays autres que ceux de l’Union européenne. Cette incroyable déperdition est liée à toute une série de facteurs. Dans près de la moitié des cas, l’administration n’a pas réussi à récupérer à temps le laissez-passer consulaire (LPC) qui permet à l’étranger de prendre l’avion ou le bateau, ce dernier ayant pris soin de faire disparaître son passeport. Certains pays rechignent, et on les comprend, à fournir ce document pour ne pas avoir à accueillir chez eux des individus hautement indésirables. Beaucoup contestent même leur nationalité, y compris lorsque tout les désigne. Et la France ne dispose, en la matière, d’aucun fichier fiable.

Grâce à un meilleur dialogue avec les États concernés, la délivrance des LPC a été améliorée, mais elle est loin d’être satisfaisante. Si l’on prend l’exemple de l’Algérie, pourtant le premier pays d’émigration vers la France, seuls 1 800 éloignements ont été exécutés sur 13 900 mesures prononcées. Le Quai d’Orsay, sur ce point, devrait montrer plus d’empressement à accompagner les démarches du ministre de l’Intérieur.

Manque de diligence des pays d’origine

Mais le problème ne tient pas qu’au manque de diligence des pays d’origine, il tient aussi aux délais qu’on leur impose, contraints eux-mêmes par la durée de la rétention. Quand la référence européenne est de dix-huit mois, la France, elle, n’applique qu’une durée maximale de quatre-vingt-dix jours (elle a doublé en 2018). Et si elle ne peut faire mieux, c’est parce que les centres de rétention sont saturés et qu’il n’est pas prévu d’en construire d’autres. Nous sommes là dans la même situation que pour les prisons ou les centres éducatifs fermés, la question des murs conditionne les orientations politiques. La construction coûte trop cher dans un pays qui perd chaque année une partie de ses capacités d’investissement. La question est d’autant plus incompréhensible que les entreprises françaises construisent partout en Europe des centres adaptés et moins coûteux. Avec seulement 23 centres de rétention, en métropole, pour 1 571 places, la France ne possède que 4,7 % des capacités de l’Union européenne, alors qu’elle est le premier pays d’accueil des demandeurs d’asile. Il faut donc en construire et trouver un mode de gestion plus économe (le coût de fonctionnement est de 215 millions d’euros par an), en confiant au secteur privé ce qui ne relève pas stricto sensu de la compétence de la police.

Comparée à la reconduite, l’expulsion est rarement mise en œuvre

L’obstacle des LPC n’est pas le seul. Les personnes placées en rétention sont invitées à saisir à la fois le juge judiciaire, sur le fondement de la privation de liberté, et le juge administratif, sur la légalité de la mesure prise par le préfet. En 2018, 4 600 étrangers ont été libérés par un juge judiciaire, 1 750 par un juge administratif. Par ailleurs, même si le droit l’autorise, il devient de plus en plus difficile d’éloigner des familles entières, et donc des parents, cette position de principe étant intervenue pour répondre aux exigences d’associations issues du corps enseignant.

Place de la République à Paris, le 23 novembre 2020 © MICHEL SETBOUN/SIPA Numéro de reportage: 00992241_000006.
Place de la République à Paris, le 23 novembre 2020 © MICHEL SETBOUN/SIPA Numéro de reportage: 00992241_000006.

Comparée à la reconduite, l’expulsion est rarement mise en œuvre. Elle concerne à titre principal les étrangers en situation régulière qui présentent une menace grave pour l’ordre public, qu’ils aient été ou non condamnés. Les activités à caractère terroriste sont précisément visées par le Code. La personne menacée par une procédure d’expulsion est convoquée devant une commission d’expulsion, qui se réunit au tribunal de grande instance et comprend son président, un magistrat de l’ordre judiciaire et un magistrat de tribunal administratif. J’ai un souvenir assez cuisant de cette procédure. Elle concernait un imam considéré comme très dangereux officiant dans une salle de prière de la région parisienne. N’ayant jamais auparavant participé à une commission, je pensais m’y retrouver entre personnes de bonne compagnie. Je fus mis au banc des accusés, mortifié, obligé de justifier une mesure qui tombait pourtant sous le sens, quand le prévenu, de son côté, était interrogé avec égards. Les rapports émis sur l’individu provenaient d’un service de renseignement non autorisé à les signer, et les juges n’entendent pas les arguments formulés par des institutions anonymes. Heureusement pour moi, ce sinistre personnage avait fait violer sa fille de 13 ans pour la marier de force et cet acte odieux a fini par emporter la conviction du juge.

Il est parfois difficile d’être seul contre tous, quand vous savez de surcroît qu’une mesure prise en application d’un texte de loi peut être contestée par votre ministre lui-même parce qu’entre-temps un groupe de pression influent a fait valoir son point de vue. Tout en sachant qu’on vous reprochera une absence de mesure si cette défaillance conduit à un acte criminel, comme l’a appris à ses dépens un ancien préfet de Lyon.

Nelson prend l’eau

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Statue de Nelson. © D.R.

Le vice-amiral Nelson, accusé de complicité avec le commerce d’esclaves, est la cible des militants de Black Lives Matter. Il rejoint Napoléon son ennemi de toujours.


Le vice-amiral Nelson, du haut de sa colonne à Trafalgar Square, regardait passer les iconoclastes emmenés par Black Lives Matter. Au cœur de Londres, ceux-ci s’en prenaient aux statues des figures historiques accusées de complicité envers le commerce d’esclaves au xviiie siècle (ou taxés de racisme, comme l’ignoble Winston Churchill). Dans The Guardian, une éditorialiste vigilante s’était occupée de rétrécir le héros national, qualifiant Nelson de « suprémaciste blanc ». Mais, à 50 mètres d’altitude, la sculpture du vainqueur de Trafalgar était à l’abri des crachats.

Une fausse lettre comme mobile…

Les néo-abolitionnistes ont trouvé une statue plus à leur portée. Ils ont attaqué l’amiral stratège boulonné près de la cathédrale de Norwich (Norfolk), Nelson étant un enfant du pays. Lors de son arrestation, la jeune vandale auteur des dégradations de la sculpture a expliqué qu’elle voulait ouvrir le débat. Le vandalisme comme préliminaire à la discussion, c’est très tendance.

Pourquoi s’en prendre à Nelson, qui n’a jamais possédé ni transporté d’esclaves ? À cause d’une lettre qu’il aurait écrite à bord du Victory le 10 juin 1805 : adressée à un propriétaire de plantations en Jamaïque, elle trahirait son soutien aux négriers. Or cette lettre est une contrefaçon. Une copie de l’originale figure à la British Library. Au jeu des différences, on ne trouve pas moins de 25 erreurs dans cette version apocryphe publiée en 1807 par les anti-abolitionnistes, désireux de mettre le prestige de feu Nelson au service de l’esclavage.

À lire aussi, François-Xavier Ajavon: La politique du socle vide

Martin Downer, fin connaisseur de la correspondance de Nelson, affirme qu’il n’y a, parmi ses 8 000 lettres, pas une once de racisme, si ce n’est vis-à-vis des Français qu’il haïssait passionnément… Or, en France, on veut déboulonner Napoléon. L’internationale progressiste aura réussi ce tour de force de faire de Bonaparte et Nelson des alliés objectifs dans cette aberrante « guerre culturelle ».

Tous gros!

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Une plaque commémorative dans un restaurant KFC à Paris, après le passage des stars américaines Kim Kardashian et Kanye West en 2020. © SEVGI/SIPA Numéro de reportage : 00964077_000007.

Le confinement fait craindre une augmentation de l’obésité de nos ados


Le Figaro s’émeut : la sédentarité des adolescents, dit Delphine Chayet, atteint des niveaux alarmants. Et de parler d’ « épidémie silencieuse », parce que les 11-17 ans passent désormais devant des écrans le double du temps qu’ils consacrent au sport — et sans doute bien davantage. Sans compter le confinement, qui oblige à la paresse, particulièrement chez les plus pauvres, ceux qui n’ont pas la place d’installer un vélo d’appartement — ou le partagent à douze.

Notez qu’avec un peu de chance, l’ascenseur de leur HLM est en panne. Une bonne occasion de faire de l’exercice. Toute plaisanterie mise à part, les gosses les plus démunis sont les heureux gagnants d’une loterie à double tirage. Privés de cours et de culture, ils sont en même temps assignés à obésité.

Un cardiologue de Rennes, le professeur François Carré, parle de « bombe sanitaire à retardement ». « À long terme, le manque d’exercice va favoriser une augmentation à bas bruit des niveaux d’inflammation et de stress oxydatif à l’origine de la plupart des maladies chroniques comme le diabète, les maladies cardiovasculaires, la dépression et certains cancers. » Étonnez-vous que le centre anti-diabétique de Marseille ait été construit dans les quartiers Nord, là où la misère se nourrit de sucres rapides… Sans compter que les habitudes prises à dix ans ont tendance à se perpétuer. « Un enfant assis sera un adulte assis ». Belle formule, qui rappelle ces enfants battus qui deviennent des adultes batteurs. Gros culs un jour, gros culs toujours. Est-ce en prévision de cette mutation physiologique que les sœurs Kardashian, avec leurs postérieurs de fermières, sont devenues des modèles callipyges ?

C’en est bien fini des « cintres » que Lagerfeld voulait pour ses défilés, adolescentes filiformes importées de pays de l’Est mal remis de l’Holodomor. Et retour général des Vénus hottentotes de toutes origines. Les petits boudins, hin hin hin, chantait jadis Dominique Walter. Demain, nous serons tous gros tas. Et gros tas dépressifs. Les centres d’aide psychologique reçoivent des centaines d’appels d’étudiants confinés, de moins en moins capables de suivre des cours distribués dans des conditions acrobatiques, privés des petits boulots qui les faisaient vivre, enfermés dans 9m2, et suicidaires à court terme. Plus vieux, on a tendance à compenser l’absence des autres — le gouvernement, qui compte tant de ministres intelligents, a manifestement oublié que l’homme est un animal grégaire — en se jetant sur les nourritures compensatrices. Fin du « régime crétois », et bonjour Nutella. Les ventes de saloperies arrosées à l’huile de palme ont augmenté très significativement pendant le confinement — près de 50% en sus. Et habitude prise, habitude perpétuée. Mais on ne doit pas savoir cela, dans les cantines des ministères, où les nourritures restent raffinées et les vins de qualité…

À noter que nombre de cantines scolaires, qui délivraient souvent le seul repas chaud et équilibré des enfants les plus déshérités, ont fermé, sous la pression des angoissés du virus. Un grand pas en avant dans la malbouffe.

J’avais l’habitude de marcher au moins une dizaine de kilomètres par jour. Me voici réduit à un aller-retour quotidien jusqu’au lycée où j’enseigne. Deux fois 15 minutes. Le reste du temps, pour compenser l’ennui massif né du manque de divertissement — le gouvernement, qui compte tant d’esprits supérieurs, a manifestement oublié de relire Pascal —, je cuisine : là aussi, adieu les salades et bonjour couscous, cassoulet et choucroute. Lipides et glucides vont en bateau, je tombe à l’eau.

Nos gouvernants, hantés par la mémoire de l’affaire du sang contaminé, se bardent de précautions pour éviter qu’on les traîne en justice : le Covid ne passera pas ! Pas par eux !

Mais le diabète, les décompensations psychiques, les suicides, l’obésité galopante, la destruction rapide des corps envahi par des graisses opportunistes — de tout cela aussi on devra exiger des comptes. « Ne négligez pas votre santé ! » disent les médecins, « n’hésitez pas à consulter ! » Oui — sauf que les hôpitaux postposent les opérations considérées comme non urgentes. Voici deux mois qu’une amie se balade avec les tendons du pied arrachés, et que l’opération qui devait les rattacher est indéfiniment reportée — broutilles que cela ! Elle boitera à vie, mais qu’importe ! On aura au moins conservé un lit vide, au cas où. Merci, Olivier Véran !

Il est temps d’en finir avec ces restrictions qui seront à terme dévastatrices en termes de santé publique. Oui, mais le Covid ? Nous le combattrons bien mieux en nous activant, en ayant une vie sportive et un moral d’acier, qu’en jouant, comme on dit éloquemment en anglais, aux couch potatoes. Mais c’est peut-être cela, l’idéal de la société post-libérale. Une France peuplée d’obèses, vautrés sur leurs canapés, et vivant de sucreries bon marché achetées avec un salaire universel de misère. Comme disait Houellebecq, le monde d’après sera le même, mais en pire.