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Mamma mia! L’Italie passe (encore) à la trappe


Hier soir à Sarajevo, ce fut le choc. Pour la troisième fois d’affilée en huit ans, l’Italie rate la qualification pour la Coupe du monde de football. En 2017, c’était la Suède qui avait tenu tête à la Squadra lors d’un match de  barrage. En 2022, c’est au tour de la Macédoine du Nord de renverser les Transalpins avec un but à la 93ème minute. Et maintenant, la Bosnie, 65ème au classement FIFA, emmenée par le vétéran Edin Dzeko, 40 ans, qui a fait une bonne partie de sa carrière dans le Calcio. Curaçao, Haïti, le Cap Vert et la Jordanie disputeront le mondial en Amérique du Nord l’été prochain, mais pas l’Italie. La première fois, les rieurs de ce côté des Alpes avaient gentiment gloussé. A la troisième, ils regardent l’évolution de la frangine alpine avec tristesse et compassion. La Coupe du monde sans l’Italie, c’est comme l’Eurovision sans chanteur androgyne.

Le football italien en crise

« Une fois, c’est un hasard. Deux fois, c’est une coïncidence. La troisième fois, c’est un schéma », avait fait dire Ian Fleming à James Bond. Une série qui s’ajoute aux éliminations piteuses et prématurées au premier tour des mondiaux 2010 et 2014. C’est bien simple : depuis sa demi-finale gagnée contre l’Allemagne en 2006[i], l’Italie n’aura remporté qu’un match de phase finale de Coupe du monde, en 2014, contre l’Angleterre. Sans compter les déroutes des clubs en Coupe d’Europe. Plus aucune équipe en lice en Ligue des Champions en ce printemps, après les défaites de la Juventus contre les Turcs du Galatasaray et de l’Inter contre les Norvégiens de Bodø/Glimt, à quelques encablures du Cercle polaire. La clim, à fond, en plein hiver.

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Pas de doute. Le football italien est en crise. Longtemps, le Calcio a été roi, au point de réclamer aux Anglais la paternité du jeu. De 1962 à 2014, la Squadra azzurra n’a manqué aucune Coupe du monde. A la grande époque, quand l’Italie faisait un mondial décevant, c’est qu’elle n’avait pas atteint les demi-finales. Le football était un jeu qui se jouait à 11 à 11 à la fin duquel les Allemands gagnaient tout le temps… sauf quand ils croisaient sur leur route les Italiens. Heureusement, le sport transalpin se rachète ailleurs, puisque l’équipe de rugby tient tête désormais aux cinq autres nations du célèbre tournoi, tandis que Jannik Sinner est classé deuxième au classement ATP.

Sentant le coup venir, le magazine So Foot proposait en février dernier un numéro consacré au déclin du football italien. Plusieurs facteurs expliquent ce long déclin : le championnat national a longtemps aimé faire jouer ses vieilles gloires jusqu’à leur 40 ans, bloquant le développement des plus jeunes. Depuis les années 80 et plus encore depuis l’arrêt Bosman, la Série A a aussi ouvert en grand ses frontières. Socrates, Platini, Maradona, Ronaldo, Zidane : un passage en Italie était une étape obligatoire pour les plus grands joueurs, passant de Naples à Rome à la manière des peintres flamands à l’époque moderne. Une composition des équipes qui a privilégié les joueurs déjà formés à l’étranger, prêts à l’emploi, ce qui n’a pas favorisé l’éclosion des jeunes talents locaux. Au fil des ans, le niveau des recrues étrangères a commencé à décliner, au rythme du déclin global du football italien. Depuis les années 2000, la Série A est âprement concurrencée par les moyens de la Premier League anglaise. Après 2010, les mécènes du football italien (Berlusconi à Milan, Moratti à l’Inter) ont cédé leur jouet à des repreneurs asiatiques, lesquels n’avaient guère les grandes ambitions sportives de leurs prédécesseurs. L’intérêt du public décline : les stades sonnent souvent vides. Lesquels stades n’ont pour la plupart guère bénéficié d’un coup de neuf depuis le mondial 1990. En France, les chaînes ne se battent plus pour acquérir les matches de la Série A italienne.

Tactiquement dépassé

En 2016, lors de l’Euro en France, l’équipe d’Italie fit encore illusion avec une génération de joueurs relativement médiocre mais dotée d’une grande culture tactique. C’est ainsi que la Belgique fut attrapée dans la toile d’araignée italienne. Dans son histoire du football italien, John Foot estimait que le moindre footballeur des bas-fonds de la Botte naissait avec une culture tactique supérieure à la plupart des joueurs anglais.

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Oui mais voilà, le football, comme a dit un jour Kylian Mbappé, « il a changé ». Les équipes italiennes, portées par de vieux joueurs, ne se sont guère mises au jeu du jour, fait de pressing permanent sur l’équipe adverse. A l’heure où le nombre de kilomètres parcourus par les joueurs est calculé par des GPS, l’Italie fait pâle figure : les joueurs courent nettement moins qu’ailleurs. L’Italie vit mal l’évolution d’un football où la répétition des courses pèse plus que la grosse ruse et l’économie maligne de moyens. Lors de la Ligue des Champions 2025, l’Inter a su se défaire en demi-finale des fringants mais naïfs Barcelonais, toujours grâce à la bonne vieille rigueur défensive quasi-innée. En finale, en revanche, les Milanais n’ont rien pu contre le rouleau compresseur parisien. Dès les premiers instants, Ousmane Dembélé harcelait les mollets du gardien lombard sur chacune de ses relances au pied. En dix minutes, le téléspectateur avait compris que seul un miracle pouvait éviter à l’Inter une déroute complète. Le miracle n’a pas eu lieu.

Malheur d’un pays sans enfant ?

La piste démographique n’est jamais évoquée pour tenter d’expliquer ce déclin. Depuis la fin des années 80, le nombre d’enfants par femme en Italie est coincé entre 1,2 et 1,3. La réserve de jeunes mâles âgés de 15 à 35 ans s’élève à six millions. Une génération de jeunes fort étroite : ce nombre était de huit millions en 1982, quand l’Italie gagnait la Coupe du monde en Espagne. Un vivier encore plus restreint quand les jeunes Italiens décident de se mettre au rugby, au basket ou au volley ! Certes, la Croatie et les Pays-Bas font ces dernières années mieux avec moins. On mettra ça sur le compte de l’agilité des petites nations chères à Kundera. Certes, l’Allemagne connait des déboires démographiques depuis tout aussi longtemps, mais son équipe nationale a su intégrer des joueurs venus des différentes vagues migratoires ; elle décline aussi footballistiquement, mais de manière moins spectaculaire. Points de passage vers l’Europe du Nord, les grandes villes italiennes comptent leur lot de jeunes étrangers plus ou moins désœuvrés, mais l’État a distribué la nationalité italienne avec parcimonie. Ainsi, si la Squadra a intégré quelques Oriundi, lointains descendants d’italiens émigrés en Amérique du Sud, elle ne peut compter sur le flux de joueurs originaires d’Afrique qui ont fait les succès de l’équipe de France ces 30 dernières années. A part le fantasque Mario Balotelli, héros de la demi-finale de l’Euro 2012. Et Moïse Keane, buteur contre la Bosnie. A croire que le retour de l’Italie dans le gratin du football mondial doit passer par des naturalisations de joueurs africains… à la française.


[i] La finale rempotée en 2006 aux tirs au but contre la France est officiellement considérée comme un match nul.

« Lui » le bien-aimé

Le président du Parti foutuiste a été nommé à la tête de la rédaction de Lui. L’ancien « magazine de l’homme moderne » peut-il résister face à la pudeur ambiante et à la crise du genre ? En tout cas, Éric Naulleau va enfin pouvoir prendre son contre-pied.


Causeur. Dans ton édito, tu écris que la « chair ne devient pas triste à s’envelopper des songes d’un grand couturier ». Superbe phrase pour justifier que la nudité soit proscrite dans le nouveau Lui. Mais on dirait que tu fais des concessions aux bigotes du nouveau féminisme. Lui était autrefois « le magazine de l’homme moderne ». Serait-il devenu celui de l’homme un peu déconstruit sur les bords – ou en bonne voie de rééducation ?

Éric Naulleau. Il est bien sûr difficile de rester sourd aux voix de crécelle et aux bruits de casserole des nouvelles bigotes, mais je ne tiens aucun compte de leur vacarme. Autrement dit, les choix du Lui nouveau sont inspirés par d’autres considérations que les oukases des dames patronnesses de notre temps, ces chaînons manquants entre les grenouilles de bénitier et les supplétives de la police des mœurs iranienne, par d’autres voix que celles des renifleuses de caleçon travesties sous l’apparence de grossistes en moraline, narine frémissante et pierre à la main. Par des voix intérieures : il m’a semblé qu’en un temps placé sous le signe de la satisfaction immédiate et du voyeurisme généralisé, le désir sublimé, différé, prenait une dimension subversive. Citons Barthes : « L’endroit le plus érotique d’un corps n’est-il pas là où le vêtement bâille ? C’est l’intermittence qui est érotique : celle de la peau qui scintille entre deux pièces ; c’est le scintillement même qui séduit ou encore : la mise en scène d’une apparition/disparition. » Il reste à espérer que ce ne soit pas le lecteur qui bâille, plutôt que le vêtement.


Cela dit, il y a une chose qui change moins vite que les modes idéologiques, c’est l’obsession sexuelle des hommes, singulièrement des jeunes qui découvrent leur sexe et leur sexualité. Alors, je te repose la question : à quoi bon acheter Lui s’il n’y a plus de filles à poil ?

Il ne t’aura pas échappé qu’à la différence du temps de notre jeunesse, les filles à poil, comme tu dis, sont désormais accessibles un peu partout, à commencer par internet. Je vois mal un jeune acheter Lui aujourd’hui pour la seule raison de découvrir l’anatomie du sexe opposé, ce qui était pourtant à peu près le seul moyen à notre disposition à leur âge (j’en parle en connaissance de cause pour avoir passé une bonne partie de ma scolarité dans une école non mixte en compagnie d’un millier de jeunes mâles et d’une exception féminine, cette prof de sciences naturelles régulièrement enceinte). Il trouvera dans la nouvelle formule de nouveaux motifs de satisfaction en plus des anciens. Car il est grand temps de préciser qu’au rebours de ce que tu laisses entendre, ce premier numéro propose des photographies plutôt émouvantes d’un point de vue érotique (du mien en tout cas !) de Sasha Nikolic ou de Christelle Yambayisa.

Étais-tu un lecteur de revues érotiques ? L’es-tu encore ? Quel conseil donnerais-tu à un jeune lecteur de Lui qui ne sait pas comment s’y prendre avec les filles ?

Je l’ai été comme toute ma génération l’a été pour les raisons susdites. Les filles vivaient à la fois avec nous et sur une autre planète, à portée de bise et hors d’atteinte, on ne pouvait les déshabiller, excepté quelques dégourdis tenus pour des êtres supérieurs, dépositaires d’un savoir ésotérique, que par délégation à Lui ou à Playboy. Ça n’allait d’ailleurs guère plus loin, du moins dans mon cas, l’existence de films pornographiques tenant pour moi davantage d’une rumeur extravagante que d’une réalité vérifiable. Je ne le suis plus, mais le serais-je encore que je ne retrouverais pas l’extraordinaire émotion, l’incroyable excitation de feuilleter un de ces magazines – à quoi bon ? Je donnerais cher pour les revivre, tout comme je paierais volontiers pour (re)découvrir le riff d’ouverture du Jumpin’ Jack Flash des Stones tel qu’il me déchira le cerveau la première fois. D’autant que les femmes des années 1970, ce qui correspond à mon adolescence, représentent pour moi un sommet de la beauté de l’autre moitié du ciel – tous les fans de la série Mannix sauront de quoi je parle. Proust a dit que « la vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie pleinement vécue, c’est la littérature ». Je suis bien d’accord avec ce prodigieux écrivain, mais je n’ai pas son talent. Alors, je remplace la littérature par Lui. Passé de lecteur à rédacteur en chef, je revis mon existence en ouvrant de nouveau ce magazine un demi-siècle après la première fois – qui sait quelles découvertes et quels éclaircissements sortiront de cette expérience.

Au jeune lecteur de Lui qui ne sait pas comment s’y prendre avec les filles, je commencerais par dire que la vie est mal faite. À savoir que le moment où il saura enfin comment s’y prendre coïncidera avec l’âge où, baisse de libido oblige, il y accordera moins d’importance. Je lui donnerais ensuite le conseil de lire Lui, de s’y intéresser à la littérature avec l’interview de James Ellroy, à l’intelligence artificielle avec celle de Laurent Alexandre, au tourisme noir avec l’article dédié, etc. Pas seulement pour sa culture générale, mais parce que les filles, certaines en tout cas, apprécient les garçons avec un peu de conversation et de savoir, il existe même un marché en pleine expansion pour les hommes à l’ancienne, ceux qui savent par exemple qu’on écrit « quand même » et non « comme même ». L’avenir est à lui.

Frédéric Taddeï, qui craint que vous soyez accusés de sexisme, vous suggère de dénuder des hommes comme des femmes. Allez-vous le faire ?

Pas de mon vivant.

Au cœur du puritanisme contemporain, il y a l’affaire de la différence des sexes. Muray l’avait bien vu. L’Histoire commence avec la Chute, quand l’homme et la femme échappent à Dieu pour faire des cochonneries. Et notre monde post-historique veut revenir avant la Chute, quand les deux sexes n’existaient pas. Quel sens peut avoir un journal comme Lui, quand la différence des sexes et des sexualités est niée, voire criminalisée ?

Tout me plaît dans cette question. D’abord qu’il y soit question de Muray, le grand penseur devenu par sa disparition prématurée le grand prophète des temps postmodernes. Pas une journée sans que je me demande ce qu’il aurait écrit de tel ou tel événement, son mauvais esprit était une abondante source de consolation, la seule possible peut-être. Ensuite que le point de comparaison avec notre époque se situe dans un passé très lointain. Car « régression » me paraît le mot le plus juste pour définir la période actuelle. L’islamisme est une formidable régression, surtout quand il prend ses aises en France, pays où les femmes ont toujours occupé une place singulière. Pays où la gauche défend à présent des imams qui expliquent à longueur de prêche que la place d’une femme est dans sa cuisine et qu’elle ne saurait sortir sans être accompagnée d’un homme de la famille. Le wokisme est une régression sans doute plus spectaculaire encore de ce point de vue. L’inénarrable Sandrine Rousseau nous a ainsi expliqué qu’elle préférait les jeteuses de sorts aux ingénieurs EPR. Autrement dit que la place de Marie Curie n’était pas dans son laboratoire, deux prix Nobel à la clé, mais également dans sa cuisine à mitonner des philtres magiques au fond d’un chaudron. Ou dans une forêt par nuit de pleine lune à danser nue avec ses copines (un bon sujet photographique pour Lui, soit dit en passant). Le retour en force d’une figure autrefois négative, celle de la sorcière, dit assez la volonté d’un retour en arrière toute sous le signe du progressisme – nous n’en sommes plus à un oxymore près. Quant à la question précise de l’indifférenciation des sexes, on ne peut l’aborder sans livrer un deuxième mot-clé de l’époque : la bêtise. Nous vivons sous le règne advenu de la bêtise, nous pataugeons à longueur de journée dans cette tiède substance toxique, nous en recevons à chaque instant de pleins baquets à la gueule, nous mourrons noyés dans cette écœurante mélasse. Quiconque se définit selon les heures ou les humeurs du jour tantôt comme une femme, tantôt comme un homme, est d’une bêtise à manger du foin. D’une bêtise satisfaite, arrogante, celle qui croit pouvoir se définir en dehors des réalités biologiques de base, celle d’un docteur Frankenstein de soi-même, d’un bricoleur d’identité. Celle qui pense qu’il n’existait rien avant elle, qu’il faut faire table rase d’un passé tout entier entaché d’un nouveau péché originel, à savoir le patriarcat. La différence des sexes appartient à cet héritage honni.

Pendant que tu donnes des gages aux bonnes âmes avec ta ligne éditoriale chaste et inclusive, il paraît que des influenceurs « masculinistes » promeuvent la drague offensive et l’hypersexualisation des rapports humains. Sont-ils dangereux ?

L’invention d’un péril masculiniste est la dernière ruse en date du camp progressiste pour détourner l’attention des véritables prédateurs qui s’attaquent aux femmes. Les harceleurs du métro ou de la rue qui ne se réclament de nulle philosophie, mais de codes culturels importés sur notre sol. Les barbus iraniens qui emprisonnent, torturent, violent et massacrent des femmes au motif d’un voile mal ajusté. Pour ce qui est de la drague offensive, nous parlons en réalité de l’éternel bourrin à travers les âges. Il y a quelque temps, un type s’est vanté auprès de moi d’aborder systématiquement les passantes non loin du Louvre et de parvenir à coucher avec un certain pourcentage de celles-ci. Inutile de dire que cette sexualité d’ordre statistique et cette logique d’abattage provoquent chez moi une consternation sans mélange. La séduction consiste à se mouvoir dans une zone grise, à manier l’ambiguïté, à faire preuve de subtilité, pas à battre le pavé de ses gros sabots en débitant des phrases toutes faites à la chaîne. Plus généralement, le monde se porterait mieux sans les influenceurs masculinistes, sans les influenceuses féministes et sans les étudiants en sociologie.

Même Frédéric Beigbeder reconnaît sa défaite avec ironie et mélancolie : « Je pratiquais volontiers en ce temps-là une forme d’humour limite que je qualifierais de désuet, ce qui nous valait, plusieurs années avant #MeToo, d’être dans le collimateur des féministes[1]. » J’ai l’impression que vous vous rendez tous à l’époque sans grande résistance. Faut-il accepter les lubies totalitaires du nouveau féminisme ? Lui devrait être le porte-parole  de tous les hommes excédés par la criminalisation du désir masculin. De toute façon, les déconstruits et fiers de l’être ne l’achèteront pas.

Frédéric Beigbeder a payé très cher, et fort récemment encore, de ne pas s’être rendu à l’époque, justement. En représailles du mot « hétérosexuel » dans le titre de l’un de ses livres, son domicile a été tagué, de même que la vitrine d’une librairie dont les responsables prétendaient, insupportable provocation, inviter un écrivain non homologué par la Propagandastaffel féministe à parler de son travail. Tu remarques d’ailleurs à juste titre que, sous couvert d’un vague regret, il refourgue le jeu de mots sur Georgia May Jagger. Incorrigible. Et puis ce premier numéro de Lui contient assez de propos scandaleux aux oreilles des nouvelles tricoteuses pour envoyer toute la rédaction à l’échafaud. De toute façon, nous sommes déjà coupables par notre sexe, notre âge et notre orientation sexuelle. La plainte a été déposée, l’enquête a été menée, le procès a eu lieu, la peine a été prononcée et la sentence exécutée – le tout simultanément. Oui, marre des lubies totalitaires du nouveau féminisme, je n’hésite pas à chanter avec Patrick Coutin que j’aime regarder les filles qui passent sur la plage. Si tous les hommes dans mon cas achetaient Lui, il nous faudrait en effet augmenter le tirage.

Tu es le fondateur et le président à vie du Parti foutuiste. Pourquoi la sexualité survivrait-elle au désastre qui emporte tout ce que nous aimons ?

La sexualité ne survivra pas au naufrage général, d’abord parce qu’elle sera prise en charge, comme tout le reste, par l’intelligence artificielle et des robots toujours plus performants. Pour les amateurs de conversations érotiques et/ou de galipettes, des partenaires idéaux se tiendront jour et nuit à disposition – sous réserve d’avoir rechargé leur batterie. Cette mort sera-t-elle la première ou la seconde, précédera-t-elle ou suivra-t-elle l’extinction de l’érotisme sous les assauts du nouveau puritanisme ? Quoi qu’il en soit, c’est foutu. À l’affiche d’un spectacle autour des poèmes d’Aragon, je partage chaque lundi soir la scène du Théâtre de Poche avec Judith Magre, notre ultime diva qui fêtera en novembre prochain son centième anniversaire. Et ne se cache pas d’avoir beaucoup aimé et continuer de beaucoup aimer les hommes. J’écoute Judith me raconter sa vie et me dis que les femmes ne savent pas ce qu’elles ont perdu avec l’avènement de ces temps nouveaux. Les hommes non plus. Est-ce si grave ? Après tout, les personnages du 1984 de George Orwell ne sont pas malheureux – pour la bonne raison qu’ils ignorent le bonheur, qu’ils ignorent ce qui existait avant eux. Seuls les dissidents souffrent dans ce grand roman antitotalitaire. Tous les dissidents du nouvel ordre amoureux peuvent trouver refuge sous la couverture de Lui, nous leur accorderons bien volontiers l’asile érotique.


[1] Au passage, il nous offre une dernière blague en contrebande : « J’avais ainsi titré la couverture où figurait Georgia May Jagger : “La fille de Mick Jagger donne satisfaction”. Pas sûr que ça passerait aujourd’hui. » On peut même être sûr du contraire.

Tant qu’il y aura des films

Quand la fiction fait défaut, on peut toujours se tourner vers le documentaire, source inépuisable de pépites en tous genres, du plus sérieux jusqu’au réjouissant poisson d’avril.


Fantôme

L’Œuvre invisible, d’Avril Tembouret et Vladimir Rodionov
Sortie le 8 avril

Connaissez-vous le cinéaste Alexandre Trannoy ? Non, et c’est bien compréhensible. Après trente ans de projets et de tournages inachevés, aucun de ses films n’a vu le jour. L’Œuvre invisible est donc, selon ses deux auteurs Avril Tembouret et Vladimir Riodionov, « une enquête haletante sur un rêveur sublime ». Leur objectif est parfaitement atteint, avec ce qu’il faut d’enquête et ce qu’il faut de rêve…Tout a commencé, nous dit-on, avec Jean Rochefort qui a été l’ami de Trannoy dans sa jeunesse. L’acteur lance les deux réalisateurs sur sa piste. Ils sont alors convaincus d’avoir mis la main sur une sorte de trésor caché du cinéma français. Avec un paradoxe des plus stimulants à la clé : plus l’enquête progresse, plus les témoins abondent, moins les traces cinématographiques émergent. On ne trouve pas la moindre bobine de ses films avortés. Rien. Des bribes de vie apparaissent au fil des entretiens : il aurait tourné avec Belmondo et avec Ventura. Trannoy aurait fait un passage remarqué en Italie. Il serait même passé par Hollywood. « C’était, racontent les auteurs, comme découvrir un continent oublié, impression renforcée par l’absence du personnage, disparu depuis longtemps. » Le temps s’est d’ailleurs invité dans la partie puisque le tournage a duré quinze ans ! Le projet a plusieurs fois été arrêté, faute de financement notamment, car les producteurs trouvaient décourageant de retracer le destin d’un perdant. Les réalisateurs le trouvaient au contraire « magnifique dans son excès d’échecs », n’hésitant pas à le qualifier de « Don Quichotte du cinéma ». Il semble d’ailleurs que c’est aussi là-dessus que s’est construite sa carrière, sur une zone de fantasmes qu’il parvenait à créer dans l’esprit de chacun, producteurs, comédiens ou critiques. À l’époque, dans les années 1960, tout le monde savait que Trannoy n’arrivait pas à terminer ses films. Mais les gens le suivaient malgré tout : il parvenait à les convaincre avec autre chose que ses films eux-mêmes. Avec du charme, de la ferveur, voire une sorte de folie communicative proche de l’inconscience.

Un incroyable casting vient appuyer cette enquête. Au premier rang se trouve donc Jean Rochefort, qui témoigne face caméra de son amitié pour Trannoy qui lui avait juré qu’il serait l’acteur principal de tous ses films. Promesse non tenue, comme bien d’autres. Mais le comédien ne paraît pas amer, tout juste nostalgique, et c’est le souvenir d’un ami qu’il a emporté dans sa tombe. D’autres disparus témoignent ainsi de leur amitié ou de leur lien professionnel avec Trannoy. C’est le cas de l’actrice Anouk Aimée, contactée pour jouer dans un film qui ne sera jamais tourné. On croise également le scénariste Jean-Claude Carrière, ravi de parler de Trannoy avec, comme toujours, un fond de malice dans les yeux. Ou encore l’acteur et producteur Jacques Perrin. Sans oublier le très regretté critique Michel Boujut qui avait mis une fois pour toutes les rieurs de son côté en adoptant cette phrase sublime comme viatique : « Je ne vais pas voir les films dont je parle, ça pourrait m’influencer. » Dans le cas de Trannoy, cela prend tout son relief. En parrain inoxydable du cinéma français, Claude Lelouch se souvient aussi du cinéaste fantôme. Et cerise sur le gâteau, il revient à Édouard Baer de parachever l’ensemble avec son tourbillonnant « bavardage » propre à rafler définitivement la mise. En une heure et 11 minutes, L’Œuvre invisible fait ainsi le tour d’une personnalité à nulle autre pareille, et pour cause. Étrange situation en vérité que de parler d’un film bien visible sur une filmographie qui ne l’est pas. Les surréalistes auraient assurément adoré cette sorte de « cadavre exquis » dont chaque contribution chasse la précédente tout en la prolongeant… Peut-être même auraient-ils été sensibles à sa date de sortie, un 8 avril, sept jours après la date fatidique du 1er. Le temps, dit-on, de créer un monde.


Disparus

Holding Liat, de Brandon Kramer
Sortie le 1er avril

Le 7 octobre 2023, Liat Beirin Atzili, une institutrice, épouse et mère de famille, est enlevée avec son mari Aviv dans le kibboutz de Nir Oz où ils habitent. C’est le point de départ de Holding Liat, documentaire bouleversant réalisé par l’Américain Brandon Kramer. Passé la sidération de l’annonce de l’enlèvement terroriste, commence pour la famille de Liat (ses parents, sa sœur et son fils) une angoissante course contre la montre. Refusant un pathos trop facile, le film révèle rapidement l’assassinat d’Aviv et la libération potentielle de son épouse Liat. C’est le combat pour cette libération qui est ici raconté avec son lot de doutes, de contradictions et de frictions familiales inévitables – notamment entre un père aux fortes convictions pacifistes qui se démène et va aux États-Unis pour rencontrer des parlementaires de tous bords et un fils dévasté et débordant de colère. Le mot de la fin revient à Liat, elle-même, et c’est une parole qu’il faut impérativement entendre.


Fantôme (bis)

The Mad Dog of Europe, de Rubika Shah
Sortie le 15 avril

Derrière le génial scénario de Citizen Kane réalisé par Orson Welles se cache un scénariste, Herman J. Mankiewicz (le frère du cinéaste Joseph L. Mankiewicz). En 1932, il écrit un script intitulé The Mad Dog of Europe, soit un texte absolument visionnaire, dénonçant la nocivité de la montée du nazisme en Allemagne. Reprenant ce même titre, le documentaire de Rubika Shah s’avère passionnant. Il lève le voile de ce scénario qui est hélas resté dans les cartons. Entre pressions diplomatiques attentistes et intérêts économiques bien compris, les studios hollywoodiens ont préféré enterrer sans bruit un tel projet iconoclaste. Les censeurs de l’époque ne reculèrent devant rien pour empêcher le film de se faire, allant même jusqu’à évoquer l’antisémitisme ambiant, comme dans cette note écrite à l’époque : « On accusera les Juifs, en tant que groupe, d’être à l’origine d’un film antihitlérien et d’utiliser le cinéma à des fins de propagande personnelle. » Glaçant.

Élise Thiébaut: la ménopause contre le fascisme

Grace à L’Humanité et Élise Thiébaut, un écoféminisme critique du patriarcat a enfin voix au chapitre! La penseuse entend réhabiliter les expériences corporelles des femmes (règles, ménopause, et autres joyeusetés) pour faire la révolution, et libérer les femmes des tabous et de toutes ces affreuses normes sociales construites par les hommes.


L’Humanité verse de plus en plus dans le wokisme le plus délirant, mais également le plus cocasse.

Après avoir offert à ses lecteurs un dossier complet sur « l’offensive viriliste » et « l’hostilité masculiniste », deux piliers de la « bataille culturelle menée par l’extrême droite », selon Sandrine Rousseau, le journal a ouvert ses colonnes à Élise Thiébaut, une essayiste spécialiste de tout ce qui concerne les femmes, les titres de ses ouvrages sont là pour en attester : Les règles… quelle aventure ! ; Au bonheur des vulves ; Ceci est mon sang : petite histoire des règles ; Vierges, la folle histoire de la virginité. Le dernier en date s’intitule Chaudes : la folle histoire de la ménopause et se présente sous la forme d’une BD.Mme Thiébaut en est convaincue : la bataille culturelle, « c’est nous les féministes, nous les queers, les écologistes, les antiracistes, les animalistes, les trans et les anticapitalistes qui l’avons gagnée », s’enthousiasme-t-elle dans le quotidien communiste. Oh ! bien sûr, il y a bien encore ici où là de méchants réacs agitant le « bâton viriliste et raciste », de cruelles « fémino-nationalistes revendiquées de type Némésis » et même d’impardonnables « féministes libérales » prêtes à « sombrer dans un bain nauséabond orchestré par des médias vendus à l’extrême droite » – mais, globalement, le féminisme progressiste se porte de mieux en mieux et le fascisme recule grâce aux « femmes qui, de plus en plus nombreuses, refusent de mettre au monde des enfants ». Car si le ventre d’où peut sortir la bête immonde est toujours fécond, « il y a bien des façons d’empêcher sa fertilité », assure Mme Thiébaut. Parmi celles-ci, « la contraception, l’IVG, le sexe non reproductif et, bien sûr, le meilleur : la ménopause ! » On se demande d’abord où cette dame va chercher tout ça ; puis on tombe sur une de ses déclarations, qui semble sortie tout droit d’un nouveau manuel psychiatrique conforme à cette époque baroque : « Souffrir de maladie mentale aujourd’hui, c’est être sain d’esprit. »

Vu comme ça, évidemment…

En vue de 2027, la grande tambouille

Ce qui s’annonce, à gauche, à droite, au centre, a tout d’un épisode grand format de l’émission TV Cauchemar en cuisine. Sauf qu’on ne voit pas se profiler pour l’instant de costaud du genre d’Etchebest capable d’y mettre bon ordre. C’est que dans chacun de ces camps, on se prend à croire à ses chances de se voir couronné chef trois étoiles du palace élyséen…


Dès les résultats des municipales, on avait compris que ça se bousculerait au portillon. Tous, en effet, n’ont cessé de brailler sur l’air des lampions: « C’est nous qu’on a gagné ! » Considérant que la situation était moins grave que si elle avait été pire, on a vite fait de bomber le torse et de se hausser du col dans les arrière-cuisines de ces officines, même si quelque 43% des citoyens appelés aux urnes avaient préféré la pêche à la ligne ou la belote coinchée. Abstention record – hors Covid – pour les élections de proximité par excellence que sont les municipales.

Flamby au dessert ?

À gauche, la grande question est de faire figurer ou non au menu, en entrée avant le plat principal, une de ces bonnes vieilles primaires dont on y a le secret. Il y a ceux qui sont pour, ceux qui sont contre, ceux qui sont également contre mais qui font semblant d’être pour afin de ne pas se tirer dès à présent une balle dans le pied et se voir privés de dessert avant même d’être passés à table. Délicate affaire, la primaire. Le combat fratricide qui laisse des traces de gnons parfois indélébiles. Il est arrivé que ça ait marché. Le flamboyant François Hollande est passé par la case primaire avant d’accéder à l’Élysée. Il arrive aussi que ça foire lamentablement, comme la fois d’après. Alors, on se tâte… Pour LFI et son prince régnant Mélenchon, la messe est dite. Lui et lui seul ira, vu que lui et lui seul est en mesure de l’emporter. C’est lui qui le dit, alors pourquoi chercher à discuter ? À LFI, discuter n’est pas un banal aspect de la vie démocratique d’un mouvement politique, mais un fait de haute trahison doublé d’un crime de lèse-majesté. Donc, point de primaire. Des primaires, on en a envoyé assez comme ça sur les bancs de l’Assemblée et dans des conseils municipaux. Des primaires très primaires, parfois, donc on a déjà donné. Merci beaucoup.

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Raphaël Glucksmann lui aussi n’est pas pour. Hollande non plus, qui peut-être ne se souvient pas bien que c’est par cette voie-là qu’il est arrivé au sommet où il a pu mettre en œuvre, pour cinq belles années, son incomparable incompétence. 

Reconquêtes

Lucie Castets, qui n’abandonne sans doute pas ses vues sur Matignon, en attendant maire du XIIème arrondissement de Paris, est pour le jeu des chaises musicales de la primaire, avec grand rassemblement de la gauche, sans LFI, mais avec toute le reste de la clique. Celle qui n’a tout de même fait que 28% au premier tour des législatives de 2024. Voilà qui risque de ne pas suffire, d’autant que le parti communiste et Fabien Roussel croient en leur chance en se la jouant solo. On oublie évidemment le faramineux score aux présidentielles de 2022 du sieur Roussel : 2,8 %. Voilà qui est de nature à stimuler les ambitions. Cette fois nous aurons au programme, non pas le communisme tout venant, usé jusqu’à la corde mais « un communisme de conquêtes » (sic). Au pluriel, conquêtes. Ils ont bien pensé à « reconquête » en souvenir des très hauts scores de jadis, mais le label était déjà pris.

La primaire des losers ? A Tours, le 24 janvier 2026, la gauche annonce une élection primaire cette année pour un candidat unique à la présidentielle. Avec de gauche à droite, Lucie Castets, Marine Tondelier, Laurent Baumel, Olivier Faure, Alexis Corbiere, Clementine Autain et Francois Ruffin © ISA HARSIN/SIPA

François Ruffin, ex-LFI, candidat pour une présidence au SMIC, est lui aussi favorable au grand pugilat façon tour de chauffe. Quant aux écolos, on ne sait pas bien. Leur « C’est nous qu’on a gagné » d’après les municipales n’a guère été audible. Il est vrai que le plein succès n’a pas été au rendez-vous, avec les municipalités perdues de Bordeaux, Poitiers, Besançon ou Strasbourg. Mais Madame Tondelier a toute raison de croire qu’un heureux événement lui sera offert dans un avenir prochain. Familial à défaut d’être politique.

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Quant à l’éblouissant M. Faure, qui est probablement contre mais garde ça pour lui, il prétend être encore une phase réflexion. Et quand Faure réfléchit, à la sortie on a du lourd du très lourd. Du subtil aussi, entre pas d’accord national et accords locaux dans tout le pays, comme pour les municipales. Ça c’est du Faure au mieux de sa forme. Il paraît qu’un sein de son parti peau de chagrin tout le monde ne parvient pas à suivre. On comprend.

À droite, ce n’est guère mieux

Edouard Philippe se verrait bien y aller en solitaire. Cependant, il n’est pas pressé de partir en campagne. Il demeure fidèle au ralenti des 80 km / heure d’enchanteresse mémoire… Donc, pas de primaire pour lui. On aime la boxe certes, mais avec modération quand même. Un mauvais coup est si vite attrapé. Pas de primaire afin de « ne pas être prisonnier des partis politiques, » affirme-t-il. C’est beau, non ? Venant de lui qui n’a jamais craint de voter communiste aux élections départementales, de faire cause commune avec ce qu’il prétend combattre lors des dernières consultations nationales. Oui, c’est beau. Une chose est certaine, M. Philippe ne sera pas prisonnier de ses convictions, n’en ayant aucune.

En embuscade, trois mousquetaires en carton-pâte – en attendant mieux, le guichet n’est pas encore fermé – Retailleau et son grand ami, son merveilleux alter ego, Wauquiez ainsi que le fabuleux, l’irremplaçable Xavier Bertrand. Retailleau est contre les primaires, Wauquiez, pour une primaire élargie, s’étendant jusqu’à Sarah Knafo et Reconquête. Mais attention, n’allons pas nous méprendre, sans le RN, le parti du diable. Il y a, dans le catéchisme de M. Wauquiez, extrême droite et extrême droite. Se méfier de toute confusion hâtive, prêche-t-il avec ce sens de la cohérence qu’on lui connaît et que chacun est à même d’admirer. Et puis, au milieu du marigot, il y a Gabriel Attal, qui se voit, lui, en rescapé insubmersible du naufrage macroniste. Il y croit, fanfaronnant à la tête de son lambeau de parti. C’est beau, ça aussi. Beau d’être jeune, beau de conserver ses illusions des temps heureux.

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Enfin, il reste nous autres, les citoyens. Quantité négligeable, il est vrai. Durant toute l’année qui nous sépare de l’élection présidentielle nous allons être gavés – archi gavés – de cette tambouille indigeste, nauséabonde, de ce ragoût d’ambitions personnelles à la sauce avariée. Je dois cependant à l’honnêteté de reconnaître à une personnalité politique le mérite d’avoir su donner à tous, oui à tous, gauche, droite, centre confondus, une ligne de conduite inspirée d’une indéniable sagesse, marquée au coin de la pertinence politique la plus indiscutable. Il s’agit de Clémentine Autain qui, admirable de lucidité a lancé ces quelques mots dont tous – tous absolument, je le redis – devraient s’inspirer : « Arrêtez les conneries ! »

LES TÊTES MOLLES - HONTE ET RUINE DE LA FRANCE

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Disparition inquiétante: Raphaël Arnault ne répond plus

Le député lfiste, dont des assistants seraient impliqués dans la mort de Quentin Deranque, ne se présente plus à l’Assemblée. Mal à l’aise, son parti affirme qu’il reviendra et qu’il ne compte absolument pas démissionner. Reste une question à laquelle il n’a toujours pas répondu à la presse: savait-il que ses proches étaient présents à Lyon, lors de la bagarre mortelle avec le militant nationaliste ?


Notre contributeur F. Magellan vient de publier « Le sport à l’épreuve des idéologies: Des chemises noires aux brassards arc-en-ciel » (FYP éditions) que nous vous recommandonsLa rédaction.

Il avait été la vedette des législatives de 2024, auréolé de ses trois fiches S, et la révélation de la XVIIe législature. Pourtant, depuis le drame du 12 février 2026 et la mort de Quentin Deranque, Raphaël Arnault a disparu des radars. Filmé pour la dernière fois à l’Assemblée nationale quelques heures après l’événement, le député du Vaucluse a publié un dernier tweet légèrement hypocrite (« J’apprends ce décès avec horreur et dégoût. Ce que je redoute depuis des années à Lyon se perpétue »), puis a disparu pendant près de deux mois.

Raphaël ? Absent !

Depuis le 12 février, Raphaël Arnault ne répond plus aux SMS des journalistes, ne se rend plus dans l’hémicycle ni en commission. Le 26 février, il faisait encore déléguer ses votes. Puis plus rien. Silenzio stampa. Suffisant pour inquiéter la rédaction de Quotidien hier soir.

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L’histoire de France a offert quelques grandes disparitions. Après la fusillade du Champ-de-Mars en juillet 1791, et alors qu’un mandat d’arrêt court contre lui, Jean-Paul Marat prend l’habitude de se cacher dans les égouts de Paris, ce qui n’arrange rien à ses problèmes de peau. En pleine Fronde, Mazarin doit s’exiler à deux reprises, d’abord à Saint-Germain-en-Laye, puis à Brühl, en Allemagne. Plus proche de nous, Jacques Vergès disparut entre 1970 et 1978, et est peut-être passé alors chez Pol Pot.

Etiam mortuus redeo

Sur les réseaux, ses collègues viennent à la rescousse. Antoine Léaument interpelle Quotidien : « Vous vous rendez compte que même Frontières n’a pas fait ça comme sujet ? Vous êtes au courant que, pendant les municipales, il y avait trois semaines de pause parlementaire et que, donc, il n’était pas plus absent que n’importe lequel d’entre nous ? Vous devriez avoir honte de ce que vous faites. » Comme si l’Assemblée nationale avait été complètement fermée pendant deux mois…

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Et soudain, il revint ! Au petit matin du 1er avril, Raphaël Arnault redonna signe de vie. Répondant dans un entretien à Blast, média proche de l’extrême gauche, le cofondateur de la Jeune Garde s’explique sur son long silence : « Je n’avais pas le sentiment que prendre la parole dans ce moment aurait été très opportun pour apaiser les choses », et exprime sa « peur affreuse que la violence s’embrase dans le pays ». Emu, il ne prononce pas une fois le nom de Quentin Deranque pendant une heure d’interview.


Tour Montparnasse: le projet secret du nouveau maire


La Tour Montparnasse, le deuxième plus haut édifice parisien avec ses 209m d’altitude, a fermé ses portes mardi 31 mars au soir en raison de très importants travaux de rénovation.

Confiés au célèbre architecte Renzo Piano, père du Centre Pompidou, prix Pritzker (le Nobel d’architecture) et sénateur à vie dans son pays, ils devraient durer au mieux quatre ans.

Ses 600 000 visiteurs annuels, soit une moyenne de plus de 1500 par jour, seront privés d’une vue incomparable sur 360°, depuis son toit où a été aménagé un observatoire, sur la capitale. De cette terrasse située au-dessus de son 59ème et dernier étage, on peut même voir le décollage des avions de l’aéroport d’Orly, distant de 13,5 km, par temps clair.

En se jetant de là, trois individus ont mis fin à leurs jours en ses 52 ans d’existence du bâtiment.

Au cours de la décennie écoulée, sa fréquentation a chuté de moitié. Dans les années 2010, ils étaient 1 200 000 à visiter son sommet.

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Un bar restaurant panoramique occupe son 56ème étage. Il est surtout prisé des touristes et très peu des Parisiens. Depuis son inauguration en 1973, elle est en effet la mal-aimée de ces derniers qui la considèrent comme une grosse verrue au milieu du visage. Conséquence, le centre commercial situé à ses pieds, qui ressemble à un sinistre bunker, est un cuisant échec. Toutes les boutiques, en particulier celles des grandes marques qui auraient dû attirer le chaland, l’ont quitté…

C’est André Malraux, ministre de la Culture d’alors, qui délivra le permis de construire en 1968. L’année suivante, à peine élu, le président Georges Pompidou donne l’ordre de commencer sa construction, faisant fi d’une très vive contestation. Ce qui ne l’empêchera pas de persévérer, en 1971, faisant démarrer la construction du centre qui porte aujourd’hui son nom.  Son décès à 62 ans, en 1974, a sûrement sauvé Paris d’une défiguration irréversible. Se voulant grand modernisateur, Pompidou avait l’ambition, en outre, de strier la capitale d’autoroutes qui auraient relié les gares Saint-Lazare, de l’Est et Montparnasse. Il voulait également recouvrir le canal Saint Martin pour en faire une autre. Il déménagea les Halles, dites le ventre de Paris, à Rungis et ouvrit les voies sur berges à la circulation des automobiles, aujourd’hui fermées.

Tour The Link à Puteaux, dans l’ouest parisien. DR.

A son inauguration, la Tour Montparnasse était la plus haute d’Europe, titre qu’elle perdra en 1990 au profit de la Messeturm à Francfort. Puis en 2011, en France, elle sera détrônée par la tour First à la Défense qui la dépassera de 32m et elle-même reléguée en 2011 au 2ème rang après l’inauguration de la tour Link de Total-énergie qui la domine de 10 m, culminant grâce à une flèche à 241 m.

Aujourd’hui, la tour Montparnasse n’est plus que la 25ème la plus élevée d’Europe et, à l’échelle mondiale, elle fait figure de naine surtout par rapport à la géante planétaire, la Burj Kalifa et ses 828 m, à Dubaï.

Elle pèse 130 000 tonnes, repose sur 56 piliers de 70m et 3,5 m de diamètre enfoncés dans le sous-sol très friable de cette partie de Paris. Elle offre 100 000 m² plancher, soit 1 700 m² par étage. Ce qui lui permet d’héberger entre 12 000 à 13 000 bureaux desservis par 25 ascenseurs dont le plus rapide se déplace à 25m par seconde, soit près 20km/h. Ses façades, formées d’un vitrage sombre, ont une superficie totale de 40 000 m² et comptent 7200 fenêtres dont aucune n’est ouvrante.

Les travaux de rénovation visent à la rendre transparente, à lui donner une apparence de légèreté, à rendre plus convivial le centre commercial en y créant des façades vitrées, en plantant 151 arbres, et en installant des bistrots avec de vastes terrasses. Ils devraient commencer en septembre après un période de préparation. Mais rien n’est moins sûr depuis l’élection d’Emmanuel Grégoire à la tête de Paris.

D’après une source proche de ce dernier, digne de foi, le nouveau maire a exhumé un vieux projet porté à son époque par son prédécesseur, Betrand Delanoë (2001-2014) auprès duquel, étant membre de son cabinet, il a fait ses premières armes politiques : raser la tour pour la remplacer par une forêt urbaine et par un imposant aquarium. Sa démolition avait été au programme de Bernard Debré quand en 2008, il avait été candidat à maire, idem avec Nathalie KoscinKo-Morizet, en 2014, quand elle-même avait fait acte de candidature. Par ailleurs, rappelons que lorsque Emmanuel Grégoire était l’adjoint d’Anne Hidalgo, il a été l’homme de la piétonisation des berges de Seine.

Déconstruire une tour de cette hauteur en plein milieu urbain est tout à fait possible, a expliqué Lucien Demonteur à Causeur, le directeur de la société spécialisée dans cette activité de BTP, Rasetout.Co. de renommée mondiale.

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 « En gros, a-t-il dit, il existe deux techniques, le foudroyage qui consiste à miner les bases de l’édifice et des étages intermédiaires névralgiques, et l’écrêtage, qui lui repose dans la démolition mécanique étage par étage. Ces deux techniques aujourd’hui sont très bien maîtrisées. Les risques sont nuls. Concernant la Tour Montparnasse, on aurait recours aux deux. L’écrêtage pour la réduire jusqu’à 20 étages puis le foudroyage qui lui serait pratiqué de nuit. Les vingt derniers étages survivants seraient bâchés pour contenir la poussière. Au petit matin, les habitants du quartier découvriraient une place nette. Dans la nuit, les insomniaques n’auront entendu qu’une sourde rumeur de quelques secondes ».

Les raisons qui poussent Emmanuel Grégoire à raser à la tour ne sont pas seulement esthétiques. Elle a été classée par un site américain, Virtual tourism, comme le second édifice le plus laid du monde après l’hôtel de ville de Boston. La raison est essentiellement écologique. Elle s’inscrit dans la politique contre le réchauffement climatique qu’il entend mener « avec la plus grande fermeté car il ne veut en la matière se contenter de parole », a confié la source. Son système d’aération et de climatisation sont de gros pulvérisateurs de CO2. La raison est aussi économique. L’agglomération regorge de bureaux inoccupés. A la Défense 6 millions de mètres carrés sont vides.

Le coût de la démolition ne serait en rien prohibitif. Il avait été estimé par Delanoë à un milliard d’euros avec indemnisation des 300 propriétaires. Le coût de la rénovation serait au minimun de 600 millions. Or on sait qu’il y a toujours des dépassements conséquents car il n’y a jamais rénovation sans surprises.

D’après la source, le nouveau maire a eu des contacts très discrets indirects avec ses potentielles oppositions pendant la campagne. Elles se seraient montrées très favorables au projet, y compris Rachi Dati. Dès lors, son intention serait de le soumettre à référendum avant la fin de l’année pour ne pas interférer avec la présidentielle. Un premier sondage secret indique que les Parisiens ainsi que les habitants de la dite petite couronne ne seraient pas hostiles, voire même très favorables.

Le projet, outre la plantation d’une forêt aux multiples essences pour lui donner un côté amazonien, consisterait aussi à donner à la façade la gare Montparnasse un aspect haussmannien. Mais le point d’attraction serait, au milieu de la forêt qui occuperait toute l’esplanade devant la gare, un gigantesque aquarium, à moitié en sous-sol entouré d’une galerie marchande qui relierait aussi les différentes lignes de métro, et à moitié au-dessus du sol. Il hébergerait toutes les espèces de poissons peuplant l’Atlantique y compris ceux d’avril.

Le dindon de la Perse?

L’affrontement entre l’Iran et les États-Unis n’a jamais cessé depuis 1979. L’offensive américaine de 2026 n’est que le dernier épisode d’un conflit où chaque phase prépare la suivante. Washington cherche à fragiliser le régime et Téhéran cible l’économie mondiale. Deux stratégies qui s’inscrivent dans le temps long.


« Je ne vais pas commencer une guerre. Je vais mettre fin à des guerres. » Donald Trump s’est clairement engagé au cours la campagne électorale de 2024 à ne pas impliquer son pays dans un nouveau conflit. En attaquant l’Iran, le 28 février, il semble avoir trahi sa promesse. Certes Trump n’est pas le premier président américain à se faire élire en pacifiste avant de gouverner en belliciste (son modèle, McKinley en est un exemple flagrant) mais son électorat, affecté par l’inflation provoquée par le conflit, pourrait ne pas le lui pardonner. À sa décharge, il peut soutenir que son offensive contre le régime des mollahs n’est que le prolongement d’une guerre qui a commencé en 1979. Cette guerre est passée par des phases plus froides ou plus chaudes. Aujourd’hui, sa température a atteint son niveau le plus élevé. Est-ce le début de la fin ou simplement une nouvelle phase transitoire ?

Résistance à l’impérialisme occidental

Lors de la chute du régime du shah en 1979, les États-Unis ont perdu un allié sur lequel ils comptaient, depuis dix ans, pour stabiliser le Moyen-Orient. Cette complicité a nourri chez les révolutionnaires iraniens le mythe de la « main étrangère » – britannique, puis américaine – qui aurait manipulé et exploité l’Iran depuis des décennies. Cette main aurait été seule responsable du coup d’État de 1953 qui a permis au shah de consolider son pouvoir. Ainsi, le futur guide suprême, l’ayatollah Khomeini, était obsédé par le principe d’esteqlal ou « indépendance ». Pour lui, celle de l’Iran était menacée en permanence par les États-Unis et l’impérialisme occidental contre lequel il fallait organiser la résistance. Il partageait les buts de ses corévolutionnaires de gauche, mais les exprimait dans un langage religieux. La prise d’otage à l’ambassade américaine de Téhéran lui a permis d’évincer ses rivaux laïques, d’imposer le régime des mollahs et de réunir le pays autour d’une stratégie antiaméricaine devenue la pièce maîtresse de sa politique étrangère. Pour les Américains, l’Iran était désormais une force déstabilisatrice dans une région vitale pour l’économie mondiale.

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Les épisodes de cet affrontement sont connus : la crise des otages et l’imposition de sanctions contre l’Iran ; le soutien américain à Saddam Hussein dans la guerre Iran-Irak de 1980 à 1988 ; la campagne d’attentats contre les Américains au Liban et ailleurs par les proxys de l’Iran dans les années 1980 et 1990 ; la mort de plus de 600 militaires américains tués en Irak, entre 2003 et 2011, par des milices chiites armées par l’Iran… jusqu’à des tentatives – déjouées – d’assassiner Trump en 2024 et la guerre des Douze Jours en 2025. L’Iran espérait-il vaincre les États-Unis ? En 2015 à New York, Henry Kissinger a rencontré de manière informelle Ali Larijani, le même dirigeant influent qui vient d’être éliminé le 17 mars. Larijani a expliqué que son objectif stratégique était d’épuiser les Américains pour que, las, ils quittent le Moyen-Orient et laissent l’Iran en paix.

Effet d’usure

Afin d’atteindre cet objectif, les Iraniens comptent depuis toujours sur un effet d’usure : tôt ou tard, harcelés de toutes parts, les Américains décideront que le jeu ne vaut plus la chandelle et renonceront à s’immiscer dans les affaires de la région. À cette fin et en attendant l’acquisition de la menace suprême, la bombe nucléaire, l’Iran a adopté des méthodes de guerre asymétriques, particulièrement le terrorisme et la guérilla. Dans l’espoir d’affaiblir durablement l’Iran, les États-Unis ont essentiellement répondu par des méthodes plus classiques : troupes au sol, frappes aériennes et bombardements navals. Toutefois, en même temps, ils ont développé, en coopération avec Israël, leur propre réponse asymétrique conjuguant pression économique, guerre cyber et opérations secrètes.

Imaginaires antagonistes

Aujourd’hui, nous assistons à une épreuve de force non seulement entre deux nations, mais entre deux stratégies totalement opposées, portées par des imaginaires antagonistes. Du côté iranien, le régime mise beaucoup sur le culte du martyr qui structure la mentalité chiite depuis le massacre de Hussein, petit-fils de Mahomet et prétendant au califat, ainsi que de son entourage, en 680. Ce culte a joué un rôle central dans les sacrifices de soldats iraniens dans la guerre contre l’Irak. Il a inspiré les campagnes d’attentats-suicides contre des Américains, Français et Israéliens. Aujourd’hui, il est invoqué pour glorifier les dirigeants du régime qui viennent d’être éliminés, comme Ali Khamenei. L’idée du sacrifice de soi est parfaitement adaptée à la stratégie de guerre asymétrique. Le régime iranien croit avoir un seuil de tolérance à la douleur beaucoup plus élevé que celui des Américains. Il peut donc se laisser pulvériser presque indéfiniment (au moins tant que la majorité antirégime qui en paie le prix reste plus au moins docile), pendant qu’il utilise drones, missiles et mines à bas coût pour bloquer le détroit d’Ormuz et bombarder l’infrastructure des pays pétroliers du Golfe. C’est ainsi que, par la force des faibles, l’Iran est en train de provoquer un nouveau choc pétrolier pire que celui de 1973.

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Du côté américain, Trump semble appliquer ce qu’on appelle « la théorie du fou », approche développée par des théoriciens du conflit nucléaire, adaptée par Henry Kissinger et adoptée – avec un succès mitigé – par Richard Nixon dans ses relations avec l’Union soviétique et le Vietnam du Nord. Selon cette théorie, un dirigeant qui paraît capable de faire n’importe quoi peut déstabiliser son adversaire et le faire reculer. Selon certains, Trump a utilisé cette approche avec succès dans ses relations avec l’UE et l’OTAN, et avec moins de bonheur avec la Chine et la Corée du Nord, ce qui suggère que cela marche surtout avec des alliés. Aujourd’hui, il fait preuve d’imprévisibilité dans ses déclarations sur les objectifs, la durée et les tactiques de la guerre. La Maison-Blanche parle d’« ambiguïté stratégique délibérée ». Cette approche doit s’accompagner d’une cohérence sous-jacente dans les actions, cohérence fournie par Israël dans sa maîtrise du renseignement et son rôle dans l’élimination des chefs du régime des mollahs.

Malheureusement, à ces deux approches correspondent maintenant deux guerres. Celle que livrent Trump le « fou » et un Netanyahou beaucoup moins fou pour neutraliser les capacités nucléaires et balistiques de l’Iran et, si possible, faire tomber le régime. Et celle que l’Iran a déclarée à l’économie globale en étranglant les sources d’approvisionnement en énergie. Pour mettre fin à cette deuxième guerre, il faudra, coûte que coûte, mettre fin définitivement à la première.

Dans les coulisses des best-sellers français: ce que disent vraiment les chiffres

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En 2025‑2026, les ventes françaises se concentrent sur l’intime et l’émotionnel. La fiction ambitieuse recule, et seuls quelques auteurs franchissent encore les frontières pour rappeler que la littérature peut dépasser le miroir du quotidien.


La fiction recule en France. En 2025‑2026, les chiffres de ventes dessinent un portrait paradoxal : Marie NDiaye se hisse sur la shortlist du Booker Prize, traduite et saluée hors de nos frontières, tandis que le marché national s’agite autour de récits domestiques et émotionnellement calibrés. Les auteurs qui dominent vraiment les ventes – Virginie Grimaldi, Mélissa Da Costa, Morgane Moncomble, David Foenkinos – ne traversent presque jamais l’Hexagone. Guillaume Musso et Agnès Martin‑Lugand, eux, s’imposent à l’international grâce à des intrigues universelles et lisibles, vendus à des millions d’exemplaires, mais ils n’occupent pas le cœur de l’attention nationale.

Têtes de gondole

Dans ce paysage, certains auteurs incarnent encore une fiction ambitieuse, structurée, qui explore des enjeux sociaux et politiques, mais ils restent rares, isolés. Leur existence rappelle que la littérature française peut encore dépasser le miroir domestique, mais ces voix sont marginales face au flux dominant.

Le Top 10 national ne raconte pas le monde, il reflète l’intérieur. Grimaldi distribue ruptures et résilience comme des kleenex ; Da Costa compose des micro-univers sentimentaux ; Moncomble polit l’intime jusqu’à ce qu’il devienne miroir du lecteur ; Foenkinos tisse des intrigues accessoires où l’émotion prime sur la structure. Ensemble, ces auteurs cumulent plus de huit millions d’exemplaires vendus, concentrant l’essentiel de la consommation et écrasant la diversité du reste du marché.

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La concentration est nette : quelques têtes de gondole absorbent l’essentiel de la consommation tandis que l’édition, silencieuse, réorganise ses choix. Le format poche joue un rôle central : il impose lisibilité, accessibilité, circulation rapide. Les textes plus complexes, expérimentaux ou hétérodoxes y ont peu de chances. L’autofiction omniprésente illustre cette tendance : diluée, elle consolide l’intime sans créer de trajectoires inédites.

Le roman noir français : comme tous les autres !

Le contraste avec l’étranger est révélateur. Les polars et thrillers – Franck Thilliez, Michel Bussi – se vendent et se traduisent grâce à des structures claires et universelles. Les succès domestiques français, eux, restent largement invisibles hors de France. Certains auteurs continuent d’être lus au‑delà de nos frontières grâce à l’universalité de leur intrigue ou à la force de leur voix narrative, mais ces succès exportables se comptent sur les doigts d’une main.

Le recul de la fiction classique se lit partout : elle se replie sur l’intime, sur l’identification immédiate, perd sa capacité à structurer des récits complexes, à construire des univers, à confronter le lecteur. La littérature française dominante ne traverse plus le monde : elle confirme, reproduit, stabilise l’intérieur.

L’invention s’efface derrière le familier, le conflit narratif cède au miroir émotionnel, et la fiction ambitieuse (Patrice Jean, Patrick Modiano, Pascal Quignard, par exemple) survit comme un phare discret dans l’océan des best-sellers : visible, nécessaire, mais bien trop isolée pour imposer sa lumière.

À Fresnes, la casse du troisième tour

Ensauvagement. La mairie de la commune de 30000 âmes située dans le Val-de-Marne a été saccagée par les voyous après le résultat de l’élection municipale


Bien connue pour sa prison, la bonne ville de Fresnes (Val-de- Marne) l’est désormais pour la vingtaine de citoyens-sauvageons dont on espère bien qu’ils auront au plus vite l’honneur et l’avantage d’y effectuer un séjour, si possible de longue durée.

Ces dynamiques jeunes gens sont mécontents du résultat des élections municipales dans leur cité et le font donc savoir. À leur manière. Idiote, violente, haineuse. Ils ont attaqué la mairie, la maison commune. Carrément.

Il faut dire que, à Fresnes, le résultat des urnes a effectivement de quoi contrarier un petit milieu bien installé dans ses habitudes et ses pratiques lucratives. Lucratives et prohibées par les lois de la République, on s’en doute.

Après quatre-vingt-deux années de ronronnante gouvernance de gauche, voilà bien que ces urnes ont accouché d’un maire LR[1] qui, avec une audace sans pareille, n’a pas craint d’afficher et d’annoncer urbi et orbi ses très mauvaises intentions : renforcement de la sécurité, installation d’un réseau de caméras de surveillance, montée en puissance également de la police municipale. Bref il s’agit de s’efforcer de faire en sorte que la population se sente enfin protégée et puisse retrouver, dans son quotidien, une once de sérénité.

En d’autres termes, le nouveau maire n’a pas craint de donner dans la provocation. Non mais, où va-t-on ! se sont insurgés ces jeunes citoyens devant un tel déploiement de mauvaises manières. Voudrait-on faire de la ville de Fresnes tout entière une annexe de la prison ? Ou un ilot de répression fasciste généralisée, pour dire les choses telles qu’elles sont ? Alors, ces lascars n’ont fait ni une ni deux et sont entrés en Résistance, comme on dit dans ces cas-là. Avec passage à l’acte immédiat. Attaque de la mairie, saccage du premier étage, bris de vitrines, y compris de commerces voisins. Tout vite fait bien fait histoire de montrer qu’on n’est pas là pour rigoler. Et que la vie de la nouvelle municipalité sera tout ce qu’on voudra sauf un long fleuve tranquille.

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Bien entendu, devant une telle situation le ministre de l’Intérieur et le président de la République ont fait les gros yeux. Probablement, les casseurs de Fresnes en ont-ils été terrifiés au point de s’oublier dans leur froc. On peut rêver[2].

Le message adressé au maire nouvellement élu est des plus clairs. Sa sécurité, ses policiers municipaux, ses caméras, pas de ça chez nous ! Tout est dans le « chez nous », vous l’aurez compris. « Chez moi, ils sont chez eux », disait Mitterrand évoquant les nouveaux venus débarqués en France d’horizons lointains. Comment s’étonner que, à Fresnes comme ailleurs, certains l’aient pris au mot ?

Ils se seront dit que les mauvaises intentions du maire élu seraient sans doute très préjudiciables au bon fonctionnement de leur petit commerce de farces et attrapes en tout genre, ce négoce de moins en moins à la sauvette qui prospère certes à Fresnes mais désormais à peu près partout en France. Oser déranger, entraver l’initiative économique de sa jeunesse locale, voilà ce que le nouveau maire se permet ! A-t-on idée ? Ne devrait-il pas plutôt applaudir devant le dynamisme entrepreneurial dont ces jeunes font preuve, justement ? Et transformer la mairie de Fresnes en point de libre-échange, avec l’organisation d’un grand salon annuel de présentation des dernières innovations flippantes, le tout placé sous la protection de brigades composées d’une main d’œuvre de proximité, les taulards de l’établissement tout proche recrutés dans le cadre d’une politique vigoureuse et enfin efficace de réinsertion ? Voilà qui serait, vous l’aurez compris, de beaucoup préférable à ces ridicules provocations de lendemain d’élection.

Hélas, mes bons amis, à Fresnes, le vivre ensemble façon ultra-gauche libertarienne devra donc attendre encore un peu. Nous en sommes bien tristes, non ?


[1] Christophe Carlier NDLR

[2] Neuf mineurs ont été interpellés ce mardi 31 mars dans la matinée, et placés en garde à vue.

LES TÊTES MOLLES - HONTE ET RUINE DE LA FRANCE

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Mamma mia! L’Italie passe (encore) à la trappe

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Marco Palestra et Leonardo Spinazzola se consolent après avoir perdu une séance de tirs au but lors du match final de barrage de qualification pour la Coupe du monde entre la Bosnie et l’Italie à Zenica, en Bosnie, le mardi 31 mars 2026 © Armin Durgut/AP/SIPA

Hier soir à Sarajevo, ce fut le choc. Pour la troisième fois d’affilée en huit ans, l’Italie rate la qualification pour la Coupe du monde de football. En 2017, c’était la Suède qui avait tenu tête à la Squadra lors d’un match de  barrage. En 2022, c’est au tour de la Macédoine du Nord de renverser les Transalpins avec un but à la 93ème minute. Et maintenant, la Bosnie, 65ème au classement FIFA, emmenée par le vétéran Edin Dzeko, 40 ans, qui a fait une bonne partie de sa carrière dans le Calcio. Curaçao, Haïti, le Cap Vert et la Jordanie disputeront le mondial en Amérique du Nord l’été prochain, mais pas l’Italie. La première fois, les rieurs de ce côté des Alpes avaient gentiment gloussé. A la troisième, ils regardent l’évolution de la frangine alpine avec tristesse et compassion. La Coupe du monde sans l’Italie, c’est comme l’Eurovision sans chanteur androgyne.

Le football italien en crise

« Une fois, c’est un hasard. Deux fois, c’est une coïncidence. La troisième fois, c’est un schéma », avait fait dire Ian Fleming à James Bond. Une série qui s’ajoute aux éliminations piteuses et prématurées au premier tour des mondiaux 2010 et 2014. C’est bien simple : depuis sa demi-finale gagnée contre l’Allemagne en 2006[i], l’Italie n’aura remporté qu’un match de phase finale de Coupe du monde, en 2014, contre l’Angleterre. Sans compter les déroutes des clubs en Coupe d’Europe. Plus aucune équipe en lice en Ligue des Champions en ce printemps, après les défaites de la Juventus contre les Turcs du Galatasaray et de l’Inter contre les Norvégiens de Bodø/Glimt, à quelques encablures du Cercle polaire. La clim, à fond, en plein hiver.

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Pas de doute. Le football italien est en crise. Longtemps, le Calcio a été roi, au point de réclamer aux Anglais la paternité du jeu. De 1962 à 2014, la Squadra azzurra n’a manqué aucune Coupe du monde. A la grande époque, quand l’Italie faisait un mondial décevant, c’est qu’elle n’avait pas atteint les demi-finales. Le football était un jeu qui se jouait à 11 à 11 à la fin duquel les Allemands gagnaient tout le temps… sauf quand ils croisaient sur leur route les Italiens. Heureusement, le sport transalpin se rachète ailleurs, puisque l’équipe de rugby tient tête désormais aux cinq autres nations du célèbre tournoi, tandis que Jannik Sinner est classé deuxième au classement ATP.

Sentant le coup venir, le magazine So Foot proposait en février dernier un numéro consacré au déclin du football italien. Plusieurs facteurs expliquent ce long déclin : le championnat national a longtemps aimé faire jouer ses vieilles gloires jusqu’à leur 40 ans, bloquant le développement des plus jeunes. Depuis les années 80 et plus encore depuis l’arrêt Bosman, la Série A a aussi ouvert en grand ses frontières. Socrates, Platini, Maradona, Ronaldo, Zidane : un passage en Italie était une étape obligatoire pour les plus grands joueurs, passant de Naples à Rome à la manière des peintres flamands à l’époque moderne. Une composition des équipes qui a privilégié les joueurs déjà formés à l’étranger, prêts à l’emploi, ce qui n’a pas favorisé l’éclosion des jeunes talents locaux. Au fil des ans, le niveau des recrues étrangères a commencé à décliner, au rythme du déclin global du football italien. Depuis les années 2000, la Série A est âprement concurrencée par les moyens de la Premier League anglaise. Après 2010, les mécènes du football italien (Berlusconi à Milan, Moratti à l’Inter) ont cédé leur jouet à des repreneurs asiatiques, lesquels n’avaient guère les grandes ambitions sportives de leurs prédécesseurs. L’intérêt du public décline : les stades sonnent souvent vides. Lesquels stades n’ont pour la plupart guère bénéficié d’un coup de neuf depuis le mondial 1990. En France, les chaînes ne se battent plus pour acquérir les matches de la Série A italienne.

Tactiquement dépassé

En 2016, lors de l’Euro en France, l’équipe d’Italie fit encore illusion avec une génération de joueurs relativement médiocre mais dotée d’une grande culture tactique. C’est ainsi que la Belgique fut attrapée dans la toile d’araignée italienne. Dans son histoire du football italien, John Foot estimait que le moindre footballeur des bas-fonds de la Botte naissait avec une culture tactique supérieure à la plupart des joueurs anglais.

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Oui mais voilà, le football, comme a dit un jour Kylian Mbappé, « il a changé ». Les équipes italiennes, portées par de vieux joueurs, ne se sont guère mises au jeu du jour, fait de pressing permanent sur l’équipe adverse. A l’heure où le nombre de kilomètres parcourus par les joueurs est calculé par des GPS, l’Italie fait pâle figure : les joueurs courent nettement moins qu’ailleurs. L’Italie vit mal l’évolution d’un football où la répétition des courses pèse plus que la grosse ruse et l’économie maligne de moyens. Lors de la Ligue des Champions 2025, l’Inter a su se défaire en demi-finale des fringants mais naïfs Barcelonais, toujours grâce à la bonne vieille rigueur défensive quasi-innée. En finale, en revanche, les Milanais n’ont rien pu contre le rouleau compresseur parisien. Dès les premiers instants, Ousmane Dembélé harcelait les mollets du gardien lombard sur chacune de ses relances au pied. En dix minutes, le téléspectateur avait compris que seul un miracle pouvait éviter à l’Inter une déroute complète. Le miracle n’a pas eu lieu.

Malheur d’un pays sans enfant ?

La piste démographique n’est jamais évoquée pour tenter d’expliquer ce déclin. Depuis la fin des années 80, le nombre d’enfants par femme en Italie est coincé entre 1,2 et 1,3. La réserve de jeunes mâles âgés de 15 à 35 ans s’élève à six millions. Une génération de jeunes fort étroite : ce nombre était de huit millions en 1982, quand l’Italie gagnait la Coupe du monde en Espagne. Un vivier encore plus restreint quand les jeunes Italiens décident de se mettre au rugby, au basket ou au volley ! Certes, la Croatie et les Pays-Bas font ces dernières années mieux avec moins. On mettra ça sur le compte de l’agilité des petites nations chères à Kundera. Certes, l’Allemagne connait des déboires démographiques depuis tout aussi longtemps, mais son équipe nationale a su intégrer des joueurs venus des différentes vagues migratoires ; elle décline aussi footballistiquement, mais de manière moins spectaculaire. Points de passage vers l’Europe du Nord, les grandes villes italiennes comptent leur lot de jeunes étrangers plus ou moins désœuvrés, mais l’État a distribué la nationalité italienne avec parcimonie. Ainsi, si la Squadra a intégré quelques Oriundi, lointains descendants d’italiens émigrés en Amérique du Sud, elle ne peut compter sur le flux de joueurs originaires d’Afrique qui ont fait les succès de l’équipe de France ces 30 dernières années. A part le fantasque Mario Balotelli, héros de la demi-finale de l’Euro 2012. Et Moïse Keane, buteur contre la Bosnie. A croire que le retour de l’Italie dans le gratin du football mondial doit passer par des naturalisations de joueurs africains… à la française.


[i] La finale rempotée en 2006 aux tirs au but contre la France est officiellement considérée comme un match nul.

« Lui » le bien-aimé

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Éric Naulleau. Photo : Hannah Assouline.

Le président du Parti foutuiste a été nommé à la tête de la rédaction de Lui. L’ancien « magazine de l’homme moderne » peut-il résister face à la pudeur ambiante et à la crise du genre ? En tout cas, Éric Naulleau va enfin pouvoir prendre son contre-pied.


Causeur. Dans ton édito, tu écris que la « chair ne devient pas triste à s’envelopper des songes d’un grand couturier ». Superbe phrase pour justifier que la nudité soit proscrite dans le nouveau Lui. Mais on dirait que tu fais des concessions aux bigotes du nouveau féminisme. Lui était autrefois « le magazine de l’homme moderne ». Serait-il devenu celui de l’homme un peu déconstruit sur les bords – ou en bonne voie de rééducation ?

Éric Naulleau. Il est bien sûr difficile de rester sourd aux voix de crécelle et aux bruits de casserole des nouvelles bigotes, mais je ne tiens aucun compte de leur vacarme. Autrement dit, les choix du Lui nouveau sont inspirés par d’autres considérations que les oukases des dames patronnesses de notre temps, ces chaînons manquants entre les grenouilles de bénitier et les supplétives de la police des mœurs iranienne, par d’autres voix que celles des renifleuses de caleçon travesties sous l’apparence de grossistes en moraline, narine frémissante et pierre à la main. Par des voix intérieures : il m’a semblé qu’en un temps placé sous le signe de la satisfaction immédiate et du voyeurisme généralisé, le désir sublimé, différé, prenait une dimension subversive. Citons Barthes : « L’endroit le plus érotique d’un corps n’est-il pas là où le vêtement bâille ? C’est l’intermittence qui est érotique : celle de la peau qui scintille entre deux pièces ; c’est le scintillement même qui séduit ou encore : la mise en scène d’une apparition/disparition. » Il reste à espérer que ce ne soit pas le lecteur qui bâille, plutôt que le vêtement.


Cela dit, il y a une chose qui change moins vite que les modes idéologiques, c’est l’obsession sexuelle des hommes, singulièrement des jeunes qui découvrent leur sexe et leur sexualité. Alors, je te repose la question : à quoi bon acheter Lui s’il n’y a plus de filles à poil ?

Il ne t’aura pas échappé qu’à la différence du temps de notre jeunesse, les filles à poil, comme tu dis, sont désormais accessibles un peu partout, à commencer par internet. Je vois mal un jeune acheter Lui aujourd’hui pour la seule raison de découvrir l’anatomie du sexe opposé, ce qui était pourtant à peu près le seul moyen à notre disposition à leur âge (j’en parle en connaissance de cause pour avoir passé une bonne partie de ma scolarité dans une école non mixte en compagnie d’un millier de jeunes mâles et d’une exception féminine, cette prof de sciences naturelles régulièrement enceinte). Il trouvera dans la nouvelle formule de nouveaux motifs de satisfaction en plus des anciens. Car il est grand temps de préciser qu’au rebours de ce que tu laisses entendre, ce premier numéro propose des photographies plutôt émouvantes d’un point de vue érotique (du mien en tout cas !) de Sasha Nikolic ou de Christelle Yambayisa.

Étais-tu un lecteur de revues érotiques ? L’es-tu encore ? Quel conseil donnerais-tu à un jeune lecteur de Lui qui ne sait pas comment s’y prendre avec les filles ?

Je l’ai été comme toute ma génération l’a été pour les raisons susdites. Les filles vivaient à la fois avec nous et sur une autre planète, à portée de bise et hors d’atteinte, on ne pouvait les déshabiller, excepté quelques dégourdis tenus pour des êtres supérieurs, dépositaires d’un savoir ésotérique, que par délégation à Lui ou à Playboy. Ça n’allait d’ailleurs guère plus loin, du moins dans mon cas, l’existence de films pornographiques tenant pour moi davantage d’une rumeur extravagante que d’une réalité vérifiable. Je ne le suis plus, mais le serais-je encore que je ne retrouverais pas l’extraordinaire émotion, l’incroyable excitation de feuilleter un de ces magazines – à quoi bon ? Je donnerais cher pour les revivre, tout comme je paierais volontiers pour (re)découvrir le riff d’ouverture du Jumpin’ Jack Flash des Stones tel qu’il me déchira le cerveau la première fois. D’autant que les femmes des années 1970, ce qui correspond à mon adolescence, représentent pour moi un sommet de la beauté de l’autre moitié du ciel – tous les fans de la série Mannix sauront de quoi je parle. Proust a dit que « la vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie pleinement vécue, c’est la littérature ». Je suis bien d’accord avec ce prodigieux écrivain, mais je n’ai pas son talent. Alors, je remplace la littérature par Lui. Passé de lecteur à rédacteur en chef, je revis mon existence en ouvrant de nouveau ce magazine un demi-siècle après la première fois – qui sait quelles découvertes et quels éclaircissements sortiront de cette expérience.

Au jeune lecteur de Lui qui ne sait pas comment s’y prendre avec les filles, je commencerais par dire que la vie est mal faite. À savoir que le moment où il saura enfin comment s’y prendre coïncidera avec l’âge où, baisse de libido oblige, il y accordera moins d’importance. Je lui donnerais ensuite le conseil de lire Lui, de s’y intéresser à la littérature avec l’interview de James Ellroy, à l’intelligence artificielle avec celle de Laurent Alexandre, au tourisme noir avec l’article dédié, etc. Pas seulement pour sa culture générale, mais parce que les filles, certaines en tout cas, apprécient les garçons avec un peu de conversation et de savoir, il existe même un marché en pleine expansion pour les hommes à l’ancienne, ceux qui savent par exemple qu’on écrit « quand même » et non « comme même ». L’avenir est à lui.

Frédéric Taddeï, qui craint que vous soyez accusés de sexisme, vous suggère de dénuder des hommes comme des femmes. Allez-vous le faire ?

Pas de mon vivant.

Au cœur du puritanisme contemporain, il y a l’affaire de la différence des sexes. Muray l’avait bien vu. L’Histoire commence avec la Chute, quand l’homme et la femme échappent à Dieu pour faire des cochonneries. Et notre monde post-historique veut revenir avant la Chute, quand les deux sexes n’existaient pas. Quel sens peut avoir un journal comme Lui, quand la différence des sexes et des sexualités est niée, voire criminalisée ?

Tout me plaît dans cette question. D’abord qu’il y soit question de Muray, le grand penseur devenu par sa disparition prématurée le grand prophète des temps postmodernes. Pas une journée sans que je me demande ce qu’il aurait écrit de tel ou tel événement, son mauvais esprit était une abondante source de consolation, la seule possible peut-être. Ensuite que le point de comparaison avec notre époque se situe dans un passé très lointain. Car « régression » me paraît le mot le plus juste pour définir la période actuelle. L’islamisme est une formidable régression, surtout quand il prend ses aises en France, pays où les femmes ont toujours occupé une place singulière. Pays où la gauche défend à présent des imams qui expliquent à longueur de prêche que la place d’une femme est dans sa cuisine et qu’elle ne saurait sortir sans être accompagnée d’un homme de la famille. Le wokisme est une régression sans doute plus spectaculaire encore de ce point de vue. L’inénarrable Sandrine Rousseau nous a ainsi expliqué qu’elle préférait les jeteuses de sorts aux ingénieurs EPR. Autrement dit que la place de Marie Curie n’était pas dans son laboratoire, deux prix Nobel à la clé, mais également dans sa cuisine à mitonner des philtres magiques au fond d’un chaudron. Ou dans une forêt par nuit de pleine lune à danser nue avec ses copines (un bon sujet photographique pour Lui, soit dit en passant). Le retour en force d’une figure autrefois négative, celle de la sorcière, dit assez la volonté d’un retour en arrière toute sous le signe du progressisme – nous n’en sommes plus à un oxymore près. Quant à la question précise de l’indifférenciation des sexes, on ne peut l’aborder sans livrer un deuxième mot-clé de l’époque : la bêtise. Nous vivons sous le règne advenu de la bêtise, nous pataugeons à longueur de journée dans cette tiède substance toxique, nous en recevons à chaque instant de pleins baquets à la gueule, nous mourrons noyés dans cette écœurante mélasse. Quiconque se définit selon les heures ou les humeurs du jour tantôt comme une femme, tantôt comme un homme, est d’une bêtise à manger du foin. D’une bêtise satisfaite, arrogante, celle qui croit pouvoir se définir en dehors des réalités biologiques de base, celle d’un docteur Frankenstein de soi-même, d’un bricoleur d’identité. Celle qui pense qu’il n’existait rien avant elle, qu’il faut faire table rase d’un passé tout entier entaché d’un nouveau péché originel, à savoir le patriarcat. La différence des sexes appartient à cet héritage honni.

Pendant que tu donnes des gages aux bonnes âmes avec ta ligne éditoriale chaste et inclusive, il paraît que des influenceurs « masculinistes » promeuvent la drague offensive et l’hypersexualisation des rapports humains. Sont-ils dangereux ?

L’invention d’un péril masculiniste est la dernière ruse en date du camp progressiste pour détourner l’attention des véritables prédateurs qui s’attaquent aux femmes. Les harceleurs du métro ou de la rue qui ne se réclament de nulle philosophie, mais de codes culturels importés sur notre sol. Les barbus iraniens qui emprisonnent, torturent, violent et massacrent des femmes au motif d’un voile mal ajusté. Pour ce qui est de la drague offensive, nous parlons en réalité de l’éternel bourrin à travers les âges. Il y a quelque temps, un type s’est vanté auprès de moi d’aborder systématiquement les passantes non loin du Louvre et de parvenir à coucher avec un certain pourcentage de celles-ci. Inutile de dire que cette sexualité d’ordre statistique et cette logique d’abattage provoquent chez moi une consternation sans mélange. La séduction consiste à se mouvoir dans une zone grise, à manier l’ambiguïté, à faire preuve de subtilité, pas à battre le pavé de ses gros sabots en débitant des phrases toutes faites à la chaîne. Plus généralement, le monde se porterait mieux sans les influenceurs masculinistes, sans les influenceuses féministes et sans les étudiants en sociologie.

Même Frédéric Beigbeder reconnaît sa défaite avec ironie et mélancolie : « Je pratiquais volontiers en ce temps-là une forme d’humour limite que je qualifierais de désuet, ce qui nous valait, plusieurs années avant #MeToo, d’être dans le collimateur des féministes[1]. » J’ai l’impression que vous vous rendez tous à l’époque sans grande résistance. Faut-il accepter les lubies totalitaires du nouveau féminisme ? Lui devrait être le porte-parole  de tous les hommes excédés par la criminalisation du désir masculin. De toute façon, les déconstruits et fiers de l’être ne l’achèteront pas.

Frédéric Beigbeder a payé très cher, et fort récemment encore, de ne pas s’être rendu à l’époque, justement. En représailles du mot « hétérosexuel » dans le titre de l’un de ses livres, son domicile a été tagué, de même que la vitrine d’une librairie dont les responsables prétendaient, insupportable provocation, inviter un écrivain non homologué par la Propagandastaffel féministe à parler de son travail. Tu remarques d’ailleurs à juste titre que, sous couvert d’un vague regret, il refourgue le jeu de mots sur Georgia May Jagger. Incorrigible. Et puis ce premier numéro de Lui contient assez de propos scandaleux aux oreilles des nouvelles tricoteuses pour envoyer toute la rédaction à l’échafaud. De toute façon, nous sommes déjà coupables par notre sexe, notre âge et notre orientation sexuelle. La plainte a été déposée, l’enquête a été menée, le procès a eu lieu, la peine a été prononcée et la sentence exécutée – le tout simultanément. Oui, marre des lubies totalitaires du nouveau féminisme, je n’hésite pas à chanter avec Patrick Coutin que j’aime regarder les filles qui passent sur la plage. Si tous les hommes dans mon cas achetaient Lui, il nous faudrait en effet augmenter le tirage.

Tu es le fondateur et le président à vie du Parti foutuiste. Pourquoi la sexualité survivrait-elle au désastre qui emporte tout ce que nous aimons ?

La sexualité ne survivra pas au naufrage général, d’abord parce qu’elle sera prise en charge, comme tout le reste, par l’intelligence artificielle et des robots toujours plus performants. Pour les amateurs de conversations érotiques et/ou de galipettes, des partenaires idéaux se tiendront jour et nuit à disposition – sous réserve d’avoir rechargé leur batterie. Cette mort sera-t-elle la première ou la seconde, précédera-t-elle ou suivra-t-elle l’extinction de l’érotisme sous les assauts du nouveau puritanisme ? Quoi qu’il en soit, c’est foutu. À l’affiche d’un spectacle autour des poèmes d’Aragon, je partage chaque lundi soir la scène du Théâtre de Poche avec Judith Magre, notre ultime diva qui fêtera en novembre prochain son centième anniversaire. Et ne se cache pas d’avoir beaucoup aimé et continuer de beaucoup aimer les hommes. J’écoute Judith me raconter sa vie et me dis que les femmes ne savent pas ce qu’elles ont perdu avec l’avènement de ces temps nouveaux. Les hommes non plus. Est-ce si grave ? Après tout, les personnages du 1984 de George Orwell ne sont pas malheureux – pour la bonne raison qu’ils ignorent le bonheur, qu’ils ignorent ce qui existait avant eux. Seuls les dissidents souffrent dans ce grand roman antitotalitaire. Tous les dissidents du nouvel ordre amoureux peuvent trouver refuge sous la couverture de Lui, nous leur accorderons bien volontiers l’asile érotique.


[1] Au passage, il nous offre une dernière blague en contrebande : « J’avais ainsi titré la couverture où figurait Georgia May Jagger : “La fille de Mick Jagger donne satisfaction”. Pas sûr que ça passerait aujourd’hui. » On peut même être sûr du contraire.

Tant qu’il y aura des films

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Holding Liat © L'Atelier Distribution

Quand la fiction fait défaut, on peut toujours se tourner vers le documentaire, source inépuisable de pépites en tous genres, du plus sérieux jusqu’au réjouissant poisson d’avril.


Fantôme

L’Œuvre invisible, d’Avril Tembouret et Vladimir Rodionov
Sortie le 8 avril

Connaissez-vous le cinéaste Alexandre Trannoy ? Non, et c’est bien compréhensible. Après trente ans de projets et de tournages inachevés, aucun de ses films n’a vu le jour. L’Œuvre invisible est donc, selon ses deux auteurs Avril Tembouret et Vladimir Riodionov, « une enquête haletante sur un rêveur sublime ». Leur objectif est parfaitement atteint, avec ce qu’il faut d’enquête et ce qu’il faut de rêve…Tout a commencé, nous dit-on, avec Jean Rochefort qui a été l’ami de Trannoy dans sa jeunesse. L’acteur lance les deux réalisateurs sur sa piste. Ils sont alors convaincus d’avoir mis la main sur une sorte de trésor caché du cinéma français. Avec un paradoxe des plus stimulants à la clé : plus l’enquête progresse, plus les témoins abondent, moins les traces cinématographiques émergent. On ne trouve pas la moindre bobine de ses films avortés. Rien. Des bribes de vie apparaissent au fil des entretiens : il aurait tourné avec Belmondo et avec Ventura. Trannoy aurait fait un passage remarqué en Italie. Il serait même passé par Hollywood. « C’était, racontent les auteurs, comme découvrir un continent oublié, impression renforcée par l’absence du personnage, disparu depuis longtemps. » Le temps s’est d’ailleurs invité dans la partie puisque le tournage a duré quinze ans ! Le projet a plusieurs fois été arrêté, faute de financement notamment, car les producteurs trouvaient décourageant de retracer le destin d’un perdant. Les réalisateurs le trouvaient au contraire « magnifique dans son excès d’échecs », n’hésitant pas à le qualifier de « Don Quichotte du cinéma ». Il semble d’ailleurs que c’est aussi là-dessus que s’est construite sa carrière, sur une zone de fantasmes qu’il parvenait à créer dans l’esprit de chacun, producteurs, comédiens ou critiques. À l’époque, dans les années 1960, tout le monde savait que Trannoy n’arrivait pas à terminer ses films. Mais les gens le suivaient malgré tout : il parvenait à les convaincre avec autre chose que ses films eux-mêmes. Avec du charme, de la ferveur, voire une sorte de folie communicative proche de l’inconscience.

Un incroyable casting vient appuyer cette enquête. Au premier rang se trouve donc Jean Rochefort, qui témoigne face caméra de son amitié pour Trannoy qui lui avait juré qu’il serait l’acteur principal de tous ses films. Promesse non tenue, comme bien d’autres. Mais le comédien ne paraît pas amer, tout juste nostalgique, et c’est le souvenir d’un ami qu’il a emporté dans sa tombe. D’autres disparus témoignent ainsi de leur amitié ou de leur lien professionnel avec Trannoy. C’est le cas de l’actrice Anouk Aimée, contactée pour jouer dans un film qui ne sera jamais tourné. On croise également le scénariste Jean-Claude Carrière, ravi de parler de Trannoy avec, comme toujours, un fond de malice dans les yeux. Ou encore l’acteur et producteur Jacques Perrin. Sans oublier le très regretté critique Michel Boujut qui avait mis une fois pour toutes les rieurs de son côté en adoptant cette phrase sublime comme viatique : « Je ne vais pas voir les films dont je parle, ça pourrait m’influencer. » Dans le cas de Trannoy, cela prend tout son relief. En parrain inoxydable du cinéma français, Claude Lelouch se souvient aussi du cinéaste fantôme. Et cerise sur le gâteau, il revient à Édouard Baer de parachever l’ensemble avec son tourbillonnant « bavardage » propre à rafler définitivement la mise. En une heure et 11 minutes, L’Œuvre invisible fait ainsi le tour d’une personnalité à nulle autre pareille, et pour cause. Étrange situation en vérité que de parler d’un film bien visible sur une filmographie qui ne l’est pas. Les surréalistes auraient assurément adoré cette sorte de « cadavre exquis » dont chaque contribution chasse la précédente tout en la prolongeant… Peut-être même auraient-ils été sensibles à sa date de sortie, un 8 avril, sept jours après la date fatidique du 1er. Le temps, dit-on, de créer un monde.


Disparus

Holding Liat, de Brandon Kramer
Sortie le 1er avril

Le 7 octobre 2023, Liat Beirin Atzili, une institutrice, épouse et mère de famille, est enlevée avec son mari Aviv dans le kibboutz de Nir Oz où ils habitent. C’est le point de départ de Holding Liat, documentaire bouleversant réalisé par l’Américain Brandon Kramer. Passé la sidération de l’annonce de l’enlèvement terroriste, commence pour la famille de Liat (ses parents, sa sœur et son fils) une angoissante course contre la montre. Refusant un pathos trop facile, le film révèle rapidement l’assassinat d’Aviv et la libération potentielle de son épouse Liat. C’est le combat pour cette libération qui est ici raconté avec son lot de doutes, de contradictions et de frictions familiales inévitables – notamment entre un père aux fortes convictions pacifistes qui se démène et va aux États-Unis pour rencontrer des parlementaires de tous bords et un fils dévasté et débordant de colère. Le mot de la fin revient à Liat, elle-même, et c’est une parole qu’il faut impérativement entendre.


Fantôme (bis)

The Mad Dog of Europe, de Rubika Shah
Sortie le 15 avril

Derrière le génial scénario de Citizen Kane réalisé par Orson Welles se cache un scénariste, Herman J. Mankiewicz (le frère du cinéaste Joseph L. Mankiewicz). En 1932, il écrit un script intitulé The Mad Dog of Europe, soit un texte absolument visionnaire, dénonçant la nocivité de la montée du nazisme en Allemagne. Reprenant ce même titre, le documentaire de Rubika Shah s’avère passionnant. Il lève le voile de ce scénario qui est hélas resté dans les cartons. Entre pressions diplomatiques attentistes et intérêts économiques bien compris, les studios hollywoodiens ont préféré enterrer sans bruit un tel projet iconoclaste. Les censeurs de l’époque ne reculèrent devant rien pour empêcher le film de se faire, allant même jusqu’à évoquer l’antisémitisme ambiant, comme dans cette note écrite à l’époque : « On accusera les Juifs, en tant que groupe, d’être à l’origine d’un film antihitlérien et d’utiliser le cinéma à des fins de propagande personnelle. » Glaçant.

Élise Thiébaut: la ménopause contre le fascisme

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DR.

Grace à L’Humanité et Élise Thiébaut, un écoféminisme critique du patriarcat a enfin voix au chapitre! La penseuse entend réhabiliter les expériences corporelles des femmes (règles, ménopause, et autres joyeusetés) pour faire la révolution, et libérer les femmes des tabous et de toutes ces affreuses normes sociales construites par les hommes.


L’Humanité verse de plus en plus dans le wokisme le plus délirant, mais également le plus cocasse.

Après avoir offert à ses lecteurs un dossier complet sur « l’offensive viriliste » et « l’hostilité masculiniste », deux piliers de la « bataille culturelle menée par l’extrême droite », selon Sandrine Rousseau, le journal a ouvert ses colonnes à Élise Thiébaut, une essayiste spécialiste de tout ce qui concerne les femmes, les titres de ses ouvrages sont là pour en attester : Les règles… quelle aventure ! ; Au bonheur des vulves ; Ceci est mon sang : petite histoire des règles ; Vierges, la folle histoire de la virginité. Le dernier en date s’intitule Chaudes : la folle histoire de la ménopause et se présente sous la forme d’une BD.Mme Thiébaut en est convaincue : la bataille culturelle, « c’est nous les féministes, nous les queers, les écologistes, les antiracistes, les animalistes, les trans et les anticapitalistes qui l’avons gagnée », s’enthousiasme-t-elle dans le quotidien communiste. Oh ! bien sûr, il y a bien encore ici où là de méchants réacs agitant le « bâton viriliste et raciste », de cruelles « fémino-nationalistes revendiquées de type Némésis » et même d’impardonnables « féministes libérales » prêtes à « sombrer dans un bain nauséabond orchestré par des médias vendus à l’extrême droite » – mais, globalement, le féminisme progressiste se porte de mieux en mieux et le fascisme recule grâce aux « femmes qui, de plus en plus nombreuses, refusent de mettre au monde des enfants ». Car si le ventre d’où peut sortir la bête immonde est toujours fécond, « il y a bien des façons d’empêcher sa fertilité », assure Mme Thiébaut. Parmi celles-ci, « la contraception, l’IVG, le sexe non reproductif et, bien sûr, le meilleur : la ménopause ! » On se demande d’abord où cette dame va chercher tout ça ; puis on tombe sur une de ses déclarations, qui semble sortie tout droit d’un nouveau manuel psychiatrique conforme à cette époque baroque : « Souffrir de maladie mentale aujourd’hui, c’est être sain d’esprit. »

Vu comme ça, évidemment…

En vue de 2027, la grande tambouille

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De gauche à droite : François Hollande, Jérôme Guedj et Boris Vallaud, Assemblée nationale, 29 aoctobre 2025 © Stephane Lemouton/SIPA

Ce qui s’annonce, à gauche, à droite, au centre, a tout d’un épisode grand format de l’émission TV Cauchemar en cuisine. Sauf qu’on ne voit pas se profiler pour l’instant de costaud du genre d’Etchebest capable d’y mettre bon ordre. C’est que dans chacun de ces camps, on se prend à croire à ses chances de se voir couronné chef trois étoiles du palace élyséen…


Dès les résultats des municipales, on avait compris que ça se bousculerait au portillon. Tous, en effet, n’ont cessé de brailler sur l’air des lampions: « C’est nous qu’on a gagné ! » Considérant que la situation était moins grave que si elle avait été pire, on a vite fait de bomber le torse et de se hausser du col dans les arrière-cuisines de ces officines, même si quelque 43% des citoyens appelés aux urnes avaient préféré la pêche à la ligne ou la belote coinchée. Abstention record – hors Covid – pour les élections de proximité par excellence que sont les municipales.

Flamby au dessert ?

À gauche, la grande question est de faire figurer ou non au menu, en entrée avant le plat principal, une de ces bonnes vieilles primaires dont on y a le secret. Il y a ceux qui sont pour, ceux qui sont contre, ceux qui sont également contre mais qui font semblant d’être pour afin de ne pas se tirer dès à présent une balle dans le pied et se voir privés de dessert avant même d’être passés à table. Délicate affaire, la primaire. Le combat fratricide qui laisse des traces de gnons parfois indélébiles. Il est arrivé que ça ait marché. Le flamboyant François Hollande est passé par la case primaire avant d’accéder à l’Élysée. Il arrive aussi que ça foire lamentablement, comme la fois d’après. Alors, on se tâte… Pour LFI et son prince régnant Mélenchon, la messe est dite. Lui et lui seul ira, vu que lui et lui seul est en mesure de l’emporter. C’est lui qui le dit, alors pourquoi chercher à discuter ? À LFI, discuter n’est pas un banal aspect de la vie démocratique d’un mouvement politique, mais un fait de haute trahison doublé d’un crime de lèse-majesté. Donc, point de primaire. Des primaires, on en a envoyé assez comme ça sur les bancs de l’Assemblée et dans des conseils municipaux. Des primaires très primaires, parfois, donc on a déjà donné. Merci beaucoup.

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Raphaël Glucksmann lui aussi n’est pas pour. Hollande non plus, qui peut-être ne se souvient pas bien que c’est par cette voie-là qu’il est arrivé au sommet où il a pu mettre en œuvre, pour cinq belles années, son incomparable incompétence. 

Reconquêtes

Lucie Castets, qui n’abandonne sans doute pas ses vues sur Matignon, en attendant maire du XIIème arrondissement de Paris, est pour le jeu des chaises musicales de la primaire, avec grand rassemblement de la gauche, sans LFI, mais avec toute le reste de la clique. Celle qui n’a tout de même fait que 28% au premier tour des législatives de 2024. Voilà qui risque de ne pas suffire, d’autant que le parti communiste et Fabien Roussel croient en leur chance en se la jouant solo. On oublie évidemment le faramineux score aux présidentielles de 2022 du sieur Roussel : 2,8 %. Voilà qui est de nature à stimuler les ambitions. Cette fois nous aurons au programme, non pas le communisme tout venant, usé jusqu’à la corde mais « un communisme de conquêtes » (sic). Au pluriel, conquêtes. Ils ont bien pensé à « reconquête » en souvenir des très hauts scores de jadis, mais le label était déjà pris.

La primaire des losers ? A Tours, le 24 janvier 2026, la gauche annonce une élection primaire cette année pour un candidat unique à la présidentielle. Avec de gauche à droite, Lucie Castets, Marine Tondelier, Laurent Baumel, Olivier Faure, Alexis Corbiere, Clementine Autain et Francois Ruffin © ISA HARSIN/SIPA

François Ruffin, ex-LFI, candidat pour une présidence au SMIC, est lui aussi favorable au grand pugilat façon tour de chauffe. Quant aux écolos, on ne sait pas bien. Leur « C’est nous qu’on a gagné » d’après les municipales n’a guère été audible. Il est vrai que le plein succès n’a pas été au rendez-vous, avec les municipalités perdues de Bordeaux, Poitiers, Besançon ou Strasbourg. Mais Madame Tondelier a toute raison de croire qu’un heureux événement lui sera offert dans un avenir prochain. Familial à défaut d’être politique.

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Quant à l’éblouissant M. Faure, qui est probablement contre mais garde ça pour lui, il prétend être encore une phase réflexion. Et quand Faure réfléchit, à la sortie on a du lourd du très lourd. Du subtil aussi, entre pas d’accord national et accords locaux dans tout le pays, comme pour les municipales. Ça c’est du Faure au mieux de sa forme. Il paraît qu’un sein de son parti peau de chagrin tout le monde ne parvient pas à suivre. On comprend.

À droite, ce n’est guère mieux

Edouard Philippe se verrait bien y aller en solitaire. Cependant, il n’est pas pressé de partir en campagne. Il demeure fidèle au ralenti des 80 km / heure d’enchanteresse mémoire… Donc, pas de primaire pour lui. On aime la boxe certes, mais avec modération quand même. Un mauvais coup est si vite attrapé. Pas de primaire afin de « ne pas être prisonnier des partis politiques, » affirme-t-il. C’est beau, non ? Venant de lui qui n’a jamais craint de voter communiste aux élections départementales, de faire cause commune avec ce qu’il prétend combattre lors des dernières consultations nationales. Oui, c’est beau. Une chose est certaine, M. Philippe ne sera pas prisonnier de ses convictions, n’en ayant aucune.

En embuscade, trois mousquetaires en carton-pâte – en attendant mieux, le guichet n’est pas encore fermé – Retailleau et son grand ami, son merveilleux alter ego, Wauquiez ainsi que le fabuleux, l’irremplaçable Xavier Bertrand. Retailleau est contre les primaires, Wauquiez, pour une primaire élargie, s’étendant jusqu’à Sarah Knafo et Reconquête. Mais attention, n’allons pas nous méprendre, sans le RN, le parti du diable. Il y a, dans le catéchisme de M. Wauquiez, extrême droite et extrême droite. Se méfier de toute confusion hâtive, prêche-t-il avec ce sens de la cohérence qu’on lui connaît et que chacun est à même d’admirer. Et puis, au milieu du marigot, il y a Gabriel Attal, qui se voit, lui, en rescapé insubmersible du naufrage macroniste. Il y croit, fanfaronnant à la tête de son lambeau de parti. C’est beau, ça aussi. Beau d’être jeune, beau de conserver ses illusions des temps heureux.

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Enfin, il reste nous autres, les citoyens. Quantité négligeable, il est vrai. Durant toute l’année qui nous sépare de l’élection présidentielle nous allons être gavés – archi gavés – de cette tambouille indigeste, nauséabonde, de ce ragoût d’ambitions personnelles à la sauce avariée. Je dois cependant à l’honnêteté de reconnaître à une personnalité politique le mérite d’avoir su donner à tous, oui à tous, gauche, droite, centre confondus, une ligne de conduite inspirée d’une indéniable sagesse, marquée au coin de la pertinence politique la plus indiscutable. Il s’agit de Clémentine Autain qui, admirable de lucidité a lancé ces quelques mots dont tous – tous absolument, je le redis – devraient s’inspirer : « Arrêtez les conneries ! »

LES TÊTES MOLLES - HONTE ET RUINE DE LA FRANCE

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Disparition inquiétante: Raphaël Arnault ne répond plus

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Le député d'extrème gauche Raphaël Arnault répond aux questions du média "Blast", qui dénonce un "récit officiel" dans le cadre de l'affaire des "antifas" à Lyon. Capture YouTube / Blast.

Le député lfiste, dont des assistants seraient impliqués dans la mort de Quentin Deranque, ne se présente plus à l’Assemblée. Mal à l’aise, son parti affirme qu’il reviendra et qu’il ne compte absolument pas démissionner. Reste une question à laquelle il n’a toujours pas répondu à la presse: savait-il que ses proches étaient présents à Lyon, lors de la bagarre mortelle avec le militant nationaliste ?


Notre contributeur F. Magellan vient de publier « Le sport à l’épreuve des idéologies: Des chemises noires aux brassards arc-en-ciel » (FYP éditions) que nous vous recommandonsLa rédaction.

Il avait été la vedette des législatives de 2024, auréolé de ses trois fiches S, et la révélation de la XVIIe législature. Pourtant, depuis le drame du 12 février 2026 et la mort de Quentin Deranque, Raphaël Arnault a disparu des radars. Filmé pour la dernière fois à l’Assemblée nationale quelques heures après l’événement, le député du Vaucluse a publié un dernier tweet légèrement hypocrite (« J’apprends ce décès avec horreur et dégoût. Ce que je redoute depuis des années à Lyon se perpétue »), puis a disparu pendant près de deux mois.

Raphaël ? Absent !

Depuis le 12 février, Raphaël Arnault ne répond plus aux SMS des journalistes, ne se rend plus dans l’hémicycle ni en commission. Le 26 février, il faisait encore déléguer ses votes. Puis plus rien. Silenzio stampa. Suffisant pour inquiéter la rédaction de Quotidien hier soir.

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L’histoire de France a offert quelques grandes disparitions. Après la fusillade du Champ-de-Mars en juillet 1791, et alors qu’un mandat d’arrêt court contre lui, Jean-Paul Marat prend l’habitude de se cacher dans les égouts de Paris, ce qui n’arrange rien à ses problèmes de peau. En pleine Fronde, Mazarin doit s’exiler à deux reprises, d’abord à Saint-Germain-en-Laye, puis à Brühl, en Allemagne. Plus proche de nous, Jacques Vergès disparut entre 1970 et 1978, et est peut-être passé alors chez Pol Pot.

Etiam mortuus redeo

Sur les réseaux, ses collègues viennent à la rescousse. Antoine Léaument interpelle Quotidien : « Vous vous rendez compte que même Frontières n’a pas fait ça comme sujet ? Vous êtes au courant que, pendant les municipales, il y avait trois semaines de pause parlementaire et que, donc, il n’était pas plus absent que n’importe lequel d’entre nous ? Vous devriez avoir honte de ce que vous faites. » Comme si l’Assemblée nationale avait été complètement fermée pendant deux mois…

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Et soudain, il revint ! Au petit matin du 1er avril, Raphaël Arnault redonna signe de vie. Répondant dans un entretien à Blast, média proche de l’extrême gauche, le cofondateur de la Jeune Garde s’explique sur son long silence : « Je n’avais pas le sentiment que prendre la parole dans ce moment aurait été très opportun pour apaiser les choses », et exprime sa « peur affreuse que la violence s’embrase dans le pays ». Emu, il ne prononce pas une fois le nom de Quentin Deranque pendant une heure d’interview.


Tour Montparnasse: le projet secret du nouveau maire

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© HOUPLINE-RENARD/SIPA

La Tour Montparnasse, le deuxième plus haut édifice parisien avec ses 209m d’altitude, a fermé ses portes mardi 31 mars au soir en raison de très importants travaux de rénovation.

Confiés au célèbre architecte Renzo Piano, père du Centre Pompidou, prix Pritzker (le Nobel d’architecture) et sénateur à vie dans son pays, ils devraient durer au mieux quatre ans.

Ses 600 000 visiteurs annuels, soit une moyenne de plus de 1500 par jour, seront privés d’une vue incomparable sur 360°, depuis son toit où a été aménagé un observatoire, sur la capitale. De cette terrasse située au-dessus de son 59ème et dernier étage, on peut même voir le décollage des avions de l’aéroport d’Orly, distant de 13,5 km, par temps clair.

En se jetant de là, trois individus ont mis fin à leurs jours en ses 52 ans d’existence du bâtiment.

Au cours de la décennie écoulée, sa fréquentation a chuté de moitié. Dans les années 2010, ils étaient 1 200 000 à visiter son sommet.

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Un bar restaurant panoramique occupe son 56ème étage. Il est surtout prisé des touristes et très peu des Parisiens. Depuis son inauguration en 1973, elle est en effet la mal-aimée de ces derniers qui la considèrent comme une grosse verrue au milieu du visage. Conséquence, le centre commercial situé à ses pieds, qui ressemble à un sinistre bunker, est un cuisant échec. Toutes les boutiques, en particulier celles des grandes marques qui auraient dû attirer le chaland, l’ont quitté…

C’est André Malraux, ministre de la Culture d’alors, qui délivra le permis de construire en 1968. L’année suivante, à peine élu, le président Georges Pompidou donne l’ordre de commencer sa construction, faisant fi d’une très vive contestation. Ce qui ne l’empêchera pas de persévérer, en 1971, faisant démarrer la construction du centre qui porte aujourd’hui son nom.  Son décès à 62 ans, en 1974, a sûrement sauvé Paris d’une défiguration irréversible. Se voulant grand modernisateur, Pompidou avait l’ambition, en outre, de strier la capitale d’autoroutes qui auraient relié les gares Saint-Lazare, de l’Est et Montparnasse. Il voulait également recouvrir le canal Saint Martin pour en faire une autre. Il déménagea les Halles, dites le ventre de Paris, à Rungis et ouvrit les voies sur berges à la circulation des automobiles, aujourd’hui fermées.

Tour The Link à Puteaux, dans l’ouest parisien. DR.

A son inauguration, la Tour Montparnasse était la plus haute d’Europe, titre qu’elle perdra en 1990 au profit de la Messeturm à Francfort. Puis en 2011, en France, elle sera détrônée par la tour First à la Défense qui la dépassera de 32m et elle-même reléguée en 2011 au 2ème rang après l’inauguration de la tour Link de Total-énergie qui la domine de 10 m, culminant grâce à une flèche à 241 m.

Aujourd’hui, la tour Montparnasse n’est plus que la 25ème la plus élevée d’Europe et, à l’échelle mondiale, elle fait figure de naine surtout par rapport à la géante planétaire, la Burj Kalifa et ses 828 m, à Dubaï.

Elle pèse 130 000 tonnes, repose sur 56 piliers de 70m et 3,5 m de diamètre enfoncés dans le sous-sol très friable de cette partie de Paris. Elle offre 100 000 m² plancher, soit 1 700 m² par étage. Ce qui lui permet d’héberger entre 12 000 à 13 000 bureaux desservis par 25 ascenseurs dont le plus rapide se déplace à 25m par seconde, soit près 20km/h. Ses façades, formées d’un vitrage sombre, ont une superficie totale de 40 000 m² et comptent 7200 fenêtres dont aucune n’est ouvrante.

Les travaux de rénovation visent à la rendre transparente, à lui donner une apparence de légèreté, à rendre plus convivial le centre commercial en y créant des façades vitrées, en plantant 151 arbres, et en installant des bistrots avec de vastes terrasses. Ils devraient commencer en septembre après un période de préparation. Mais rien n’est moins sûr depuis l’élection d’Emmanuel Grégoire à la tête de Paris.

D’après une source proche de ce dernier, digne de foi, le nouveau maire a exhumé un vieux projet porté à son époque par son prédécesseur, Betrand Delanoë (2001-2014) auprès duquel, étant membre de son cabinet, il a fait ses premières armes politiques : raser la tour pour la remplacer par une forêt urbaine et par un imposant aquarium. Sa démolition avait été au programme de Bernard Debré quand en 2008, il avait été candidat à maire, idem avec Nathalie KoscinKo-Morizet, en 2014, quand elle-même avait fait acte de candidature. Par ailleurs, rappelons que lorsque Emmanuel Grégoire était l’adjoint d’Anne Hidalgo, il a été l’homme de la piétonisation des berges de Seine.

Déconstruire une tour de cette hauteur en plein milieu urbain est tout à fait possible, a expliqué Lucien Demonteur à Causeur, le directeur de la société spécialisée dans cette activité de BTP, Rasetout.Co. de renommée mondiale.

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 « En gros, a-t-il dit, il existe deux techniques, le foudroyage qui consiste à miner les bases de l’édifice et des étages intermédiaires névralgiques, et l’écrêtage, qui lui repose dans la démolition mécanique étage par étage. Ces deux techniques aujourd’hui sont très bien maîtrisées. Les risques sont nuls. Concernant la Tour Montparnasse, on aurait recours aux deux. L’écrêtage pour la réduire jusqu’à 20 étages puis le foudroyage qui lui serait pratiqué de nuit. Les vingt derniers étages survivants seraient bâchés pour contenir la poussière. Au petit matin, les habitants du quartier découvriraient une place nette. Dans la nuit, les insomniaques n’auront entendu qu’une sourde rumeur de quelques secondes ».

Les raisons qui poussent Emmanuel Grégoire à raser à la tour ne sont pas seulement esthétiques. Elle a été classée par un site américain, Virtual tourism, comme le second édifice le plus laid du monde après l’hôtel de ville de Boston. La raison est essentiellement écologique. Elle s’inscrit dans la politique contre le réchauffement climatique qu’il entend mener « avec la plus grande fermeté car il ne veut en la matière se contenter de parole », a confié la source. Son système d’aération et de climatisation sont de gros pulvérisateurs de CO2. La raison est aussi économique. L’agglomération regorge de bureaux inoccupés. A la Défense 6 millions de mètres carrés sont vides.

Le coût de la démolition ne serait en rien prohibitif. Il avait été estimé par Delanoë à un milliard d’euros avec indemnisation des 300 propriétaires. Le coût de la rénovation serait au minimun de 600 millions. Or on sait qu’il y a toujours des dépassements conséquents car il n’y a jamais rénovation sans surprises.

D’après la source, le nouveau maire a eu des contacts très discrets indirects avec ses potentielles oppositions pendant la campagne. Elles se seraient montrées très favorables au projet, y compris Rachi Dati. Dès lors, son intention serait de le soumettre à référendum avant la fin de l’année pour ne pas interférer avec la présidentielle. Un premier sondage secret indique que les Parisiens ainsi que les habitants de la dite petite couronne ne seraient pas hostiles, voire même très favorables.

Le projet, outre la plantation d’une forêt aux multiples essences pour lui donner un côté amazonien, consisterait aussi à donner à la façade la gare Montparnasse un aspect haussmannien. Mais le point d’attraction serait, au milieu de la forêt qui occuperait toute l’esplanade devant la gare, un gigantesque aquarium, à moitié en sous-sol entouré d’une galerie marchande qui relierait aussi les différentes lignes de métro, et à moitié au-dessus du sol. Il hébergerait toutes les espèces de poissons peuplant l’Atlantique y compris ceux d’avril.

Le dindon de la Perse?

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Donald Trump accueille Benyamin Netanyahou à Mar-a-Lago, Palm Beach, 29 décembre 2025 © Amos Ben Gershom/ZUMA Press Wire/SIPA

L’affrontement entre l’Iran et les États-Unis n’a jamais cessé depuis 1979. L’offensive américaine de 2026 n’est que le dernier épisode d’un conflit où chaque phase prépare la suivante. Washington cherche à fragiliser le régime et Téhéran cible l’économie mondiale. Deux stratégies qui s’inscrivent dans le temps long.


« Je ne vais pas commencer une guerre. Je vais mettre fin à des guerres. » Donald Trump s’est clairement engagé au cours la campagne électorale de 2024 à ne pas impliquer son pays dans un nouveau conflit. En attaquant l’Iran, le 28 février, il semble avoir trahi sa promesse. Certes Trump n’est pas le premier président américain à se faire élire en pacifiste avant de gouverner en belliciste (son modèle, McKinley en est un exemple flagrant) mais son électorat, affecté par l’inflation provoquée par le conflit, pourrait ne pas le lui pardonner. À sa décharge, il peut soutenir que son offensive contre le régime des mollahs n’est que le prolongement d’une guerre qui a commencé en 1979. Cette guerre est passée par des phases plus froides ou plus chaudes. Aujourd’hui, sa température a atteint son niveau le plus élevé. Est-ce le début de la fin ou simplement une nouvelle phase transitoire ?

Résistance à l’impérialisme occidental

Lors de la chute du régime du shah en 1979, les États-Unis ont perdu un allié sur lequel ils comptaient, depuis dix ans, pour stabiliser le Moyen-Orient. Cette complicité a nourri chez les révolutionnaires iraniens le mythe de la « main étrangère » – britannique, puis américaine – qui aurait manipulé et exploité l’Iran depuis des décennies. Cette main aurait été seule responsable du coup d’État de 1953 qui a permis au shah de consolider son pouvoir. Ainsi, le futur guide suprême, l’ayatollah Khomeini, était obsédé par le principe d’esteqlal ou « indépendance ». Pour lui, celle de l’Iran était menacée en permanence par les États-Unis et l’impérialisme occidental contre lequel il fallait organiser la résistance. Il partageait les buts de ses corévolutionnaires de gauche, mais les exprimait dans un langage religieux. La prise d’otage à l’ambassade américaine de Téhéran lui a permis d’évincer ses rivaux laïques, d’imposer le régime des mollahs et de réunir le pays autour d’une stratégie antiaméricaine devenue la pièce maîtresse de sa politique étrangère. Pour les Américains, l’Iran était désormais une force déstabilisatrice dans une région vitale pour l’économie mondiale.

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Les épisodes de cet affrontement sont connus : la crise des otages et l’imposition de sanctions contre l’Iran ; le soutien américain à Saddam Hussein dans la guerre Iran-Irak de 1980 à 1988 ; la campagne d’attentats contre les Américains au Liban et ailleurs par les proxys de l’Iran dans les années 1980 et 1990 ; la mort de plus de 600 militaires américains tués en Irak, entre 2003 et 2011, par des milices chiites armées par l’Iran… jusqu’à des tentatives – déjouées – d’assassiner Trump en 2024 et la guerre des Douze Jours en 2025. L’Iran espérait-il vaincre les États-Unis ? En 2015 à New York, Henry Kissinger a rencontré de manière informelle Ali Larijani, le même dirigeant influent qui vient d’être éliminé le 17 mars. Larijani a expliqué que son objectif stratégique était d’épuiser les Américains pour que, las, ils quittent le Moyen-Orient et laissent l’Iran en paix.

Effet d’usure

Afin d’atteindre cet objectif, les Iraniens comptent depuis toujours sur un effet d’usure : tôt ou tard, harcelés de toutes parts, les Américains décideront que le jeu ne vaut plus la chandelle et renonceront à s’immiscer dans les affaires de la région. À cette fin et en attendant l’acquisition de la menace suprême, la bombe nucléaire, l’Iran a adopté des méthodes de guerre asymétriques, particulièrement le terrorisme et la guérilla. Dans l’espoir d’affaiblir durablement l’Iran, les États-Unis ont essentiellement répondu par des méthodes plus classiques : troupes au sol, frappes aériennes et bombardements navals. Toutefois, en même temps, ils ont développé, en coopération avec Israël, leur propre réponse asymétrique conjuguant pression économique, guerre cyber et opérations secrètes.

Imaginaires antagonistes

Aujourd’hui, nous assistons à une épreuve de force non seulement entre deux nations, mais entre deux stratégies totalement opposées, portées par des imaginaires antagonistes. Du côté iranien, le régime mise beaucoup sur le culte du martyr qui structure la mentalité chiite depuis le massacre de Hussein, petit-fils de Mahomet et prétendant au califat, ainsi que de son entourage, en 680. Ce culte a joué un rôle central dans les sacrifices de soldats iraniens dans la guerre contre l’Irak. Il a inspiré les campagnes d’attentats-suicides contre des Américains, Français et Israéliens. Aujourd’hui, il est invoqué pour glorifier les dirigeants du régime qui viennent d’être éliminés, comme Ali Khamenei. L’idée du sacrifice de soi est parfaitement adaptée à la stratégie de guerre asymétrique. Le régime iranien croit avoir un seuil de tolérance à la douleur beaucoup plus élevé que celui des Américains. Il peut donc se laisser pulvériser presque indéfiniment (au moins tant que la majorité antirégime qui en paie le prix reste plus au moins docile), pendant qu’il utilise drones, missiles et mines à bas coût pour bloquer le détroit d’Ormuz et bombarder l’infrastructure des pays pétroliers du Golfe. C’est ainsi que, par la force des faibles, l’Iran est en train de provoquer un nouveau choc pétrolier pire que celui de 1973.

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Du côté américain, Trump semble appliquer ce qu’on appelle « la théorie du fou », approche développée par des théoriciens du conflit nucléaire, adaptée par Henry Kissinger et adoptée – avec un succès mitigé – par Richard Nixon dans ses relations avec l’Union soviétique et le Vietnam du Nord. Selon cette théorie, un dirigeant qui paraît capable de faire n’importe quoi peut déstabiliser son adversaire et le faire reculer. Selon certains, Trump a utilisé cette approche avec succès dans ses relations avec l’UE et l’OTAN, et avec moins de bonheur avec la Chine et la Corée du Nord, ce qui suggère que cela marche surtout avec des alliés. Aujourd’hui, il fait preuve d’imprévisibilité dans ses déclarations sur les objectifs, la durée et les tactiques de la guerre. La Maison-Blanche parle d’« ambiguïté stratégique délibérée ». Cette approche doit s’accompagner d’une cohérence sous-jacente dans les actions, cohérence fournie par Israël dans sa maîtrise du renseignement et son rôle dans l’élimination des chefs du régime des mollahs.

Malheureusement, à ces deux approches correspondent maintenant deux guerres. Celle que livrent Trump le « fou » et un Netanyahou beaucoup moins fou pour neutraliser les capacités nucléaires et balistiques de l’Iran et, si possible, faire tomber le régime. Et celle que l’Iran a déclarée à l’économie globale en étranglant les sources d’approvisionnement en énergie. Pour mettre fin à cette deuxième guerre, il faudra, coûte que coûte, mettre fin définitivement à la première.

Dans les coulisses des best-sellers français: ce que disent vraiment les chiffres

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L'écrivain Marie NDiaye, ici photographiée en 2022 est en lice pour le prix "International Booker Prize 2026" pour "La Sorcière" © SADAKA EDMOND/SIPA

En 2025‑2026, les ventes françaises se concentrent sur l’intime et l’émotionnel. La fiction ambitieuse recule, et seuls quelques auteurs franchissent encore les frontières pour rappeler que la littérature peut dépasser le miroir du quotidien.


La fiction recule en France. En 2025‑2026, les chiffres de ventes dessinent un portrait paradoxal : Marie NDiaye se hisse sur la shortlist du Booker Prize, traduite et saluée hors de nos frontières, tandis que le marché national s’agite autour de récits domestiques et émotionnellement calibrés. Les auteurs qui dominent vraiment les ventes – Virginie Grimaldi, Mélissa Da Costa, Morgane Moncomble, David Foenkinos – ne traversent presque jamais l’Hexagone. Guillaume Musso et Agnès Martin‑Lugand, eux, s’imposent à l’international grâce à des intrigues universelles et lisibles, vendus à des millions d’exemplaires, mais ils n’occupent pas le cœur de l’attention nationale.

Têtes de gondole

Dans ce paysage, certains auteurs incarnent encore une fiction ambitieuse, structurée, qui explore des enjeux sociaux et politiques, mais ils restent rares, isolés. Leur existence rappelle que la littérature française peut encore dépasser le miroir domestique, mais ces voix sont marginales face au flux dominant.

Le Top 10 national ne raconte pas le monde, il reflète l’intérieur. Grimaldi distribue ruptures et résilience comme des kleenex ; Da Costa compose des micro-univers sentimentaux ; Moncomble polit l’intime jusqu’à ce qu’il devienne miroir du lecteur ; Foenkinos tisse des intrigues accessoires où l’émotion prime sur la structure. Ensemble, ces auteurs cumulent plus de huit millions d’exemplaires vendus, concentrant l’essentiel de la consommation et écrasant la diversité du reste du marché.

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La concentration est nette : quelques têtes de gondole absorbent l’essentiel de la consommation tandis que l’édition, silencieuse, réorganise ses choix. Le format poche joue un rôle central : il impose lisibilité, accessibilité, circulation rapide. Les textes plus complexes, expérimentaux ou hétérodoxes y ont peu de chances. L’autofiction omniprésente illustre cette tendance : diluée, elle consolide l’intime sans créer de trajectoires inédites.

Le roman noir français : comme tous les autres !

Le contraste avec l’étranger est révélateur. Les polars et thrillers – Franck Thilliez, Michel Bussi – se vendent et se traduisent grâce à des structures claires et universelles. Les succès domestiques français, eux, restent largement invisibles hors de France. Certains auteurs continuent d’être lus au‑delà de nos frontières grâce à l’universalité de leur intrigue ou à la force de leur voix narrative, mais ces succès exportables se comptent sur les doigts d’une main.

Le recul de la fiction classique se lit partout : elle se replie sur l’intime, sur l’identification immédiate, perd sa capacité à structurer des récits complexes, à construire des univers, à confronter le lecteur. La littérature française dominante ne traverse plus le monde : elle confirme, reproduit, stabilise l’intérieur.

L’invention s’efface derrière le familier, le conflit narratif cède au miroir émotionnel, et la fiction ambitieuse (Patrice Jean, Patrick Modiano, Pascal Quignard, par exemple) survit comme un phare discret dans l’océan des best-sellers : visible, nécessaire, mais bien trop isolée pour imposer sa lumière.

À Fresnes, la casse du troisième tour

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Vidéosurveillance à Fresnes (94) dans la nuit du 27 au 28 mars 2026. DR.

Ensauvagement. La mairie de la commune de 30000 âmes située dans le Val-de-Marne a été saccagée par les voyous après le résultat de l’élection municipale


Bien connue pour sa prison, la bonne ville de Fresnes (Val-de- Marne) l’est désormais pour la vingtaine de citoyens-sauvageons dont on espère bien qu’ils auront au plus vite l’honneur et l’avantage d’y effectuer un séjour, si possible de longue durée.

Ces dynamiques jeunes gens sont mécontents du résultat des élections municipales dans leur cité et le font donc savoir. À leur manière. Idiote, violente, haineuse. Ils ont attaqué la mairie, la maison commune. Carrément.

Il faut dire que, à Fresnes, le résultat des urnes a effectivement de quoi contrarier un petit milieu bien installé dans ses habitudes et ses pratiques lucratives. Lucratives et prohibées par les lois de la République, on s’en doute.

Après quatre-vingt-deux années de ronronnante gouvernance de gauche, voilà bien que ces urnes ont accouché d’un maire LR[1] qui, avec une audace sans pareille, n’a pas craint d’afficher et d’annoncer urbi et orbi ses très mauvaises intentions : renforcement de la sécurité, installation d’un réseau de caméras de surveillance, montée en puissance également de la police municipale. Bref il s’agit de s’efforcer de faire en sorte que la population se sente enfin protégée et puisse retrouver, dans son quotidien, une once de sérénité.

En d’autres termes, le nouveau maire n’a pas craint de donner dans la provocation. Non mais, où va-t-on ! se sont insurgés ces jeunes citoyens devant un tel déploiement de mauvaises manières. Voudrait-on faire de la ville de Fresnes tout entière une annexe de la prison ? Ou un ilot de répression fasciste généralisée, pour dire les choses telles qu’elles sont ? Alors, ces lascars n’ont fait ni une ni deux et sont entrés en Résistance, comme on dit dans ces cas-là. Avec passage à l’acte immédiat. Attaque de la mairie, saccage du premier étage, bris de vitrines, y compris de commerces voisins. Tout vite fait bien fait histoire de montrer qu’on n’est pas là pour rigoler. Et que la vie de la nouvelle municipalité sera tout ce qu’on voudra sauf un long fleuve tranquille.

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Bien entendu, devant une telle situation le ministre de l’Intérieur et le président de la République ont fait les gros yeux. Probablement, les casseurs de Fresnes en ont-ils été terrifiés au point de s’oublier dans leur froc. On peut rêver[2].

Le message adressé au maire nouvellement élu est des plus clairs. Sa sécurité, ses policiers municipaux, ses caméras, pas de ça chez nous ! Tout est dans le « chez nous », vous l’aurez compris. « Chez moi, ils sont chez eux », disait Mitterrand évoquant les nouveaux venus débarqués en France d’horizons lointains. Comment s’étonner que, à Fresnes comme ailleurs, certains l’aient pris au mot ?

Ils se seront dit que les mauvaises intentions du maire élu seraient sans doute très préjudiciables au bon fonctionnement de leur petit commerce de farces et attrapes en tout genre, ce négoce de moins en moins à la sauvette qui prospère certes à Fresnes mais désormais à peu près partout en France. Oser déranger, entraver l’initiative économique de sa jeunesse locale, voilà ce que le nouveau maire se permet ! A-t-on idée ? Ne devrait-il pas plutôt applaudir devant le dynamisme entrepreneurial dont ces jeunes font preuve, justement ? Et transformer la mairie de Fresnes en point de libre-échange, avec l’organisation d’un grand salon annuel de présentation des dernières innovations flippantes, le tout placé sous la protection de brigades composées d’une main d’œuvre de proximité, les taulards de l’établissement tout proche recrutés dans le cadre d’une politique vigoureuse et enfin efficace de réinsertion ? Voilà qui serait, vous l’aurez compris, de beaucoup préférable à ces ridicules provocations de lendemain d’élection.

Hélas, mes bons amis, à Fresnes, le vivre ensemble façon ultra-gauche libertarienne devra donc attendre encore un peu. Nous en sommes bien tristes, non ?


[1] Christophe Carlier NDLR

[2] Neuf mineurs ont été interpellés ce mardi 31 mars dans la matinée, et placés en garde à vue.

LES TÊTES MOLLES - HONTE ET RUINE DE LA FRANCE

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