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Chambord, le puits du fou

Le billet sarcastique de Dominique Labarrière


Chambord, le puits du fou
DR.

Le Domaine national de Chambord recherche activement 37 millions d’euros. Face à ce manque de fonds, Nicolas de Villiers, président du Puy du Fou, a proposé de manière informelle l’aide du célèbre parc vendéen. L’État a rapidement opposé une fin de recevoir, refusant de confier les clés de l’animation du château au privé ou à des projets historiquement « clivants ».


Le puits en l’occurrence, le gouffre financier que représentent les travaux indispensables et urgents à entreprendre pour tenter de restaurer l’aile François 1er de ce monument phare du patrimoine historique et culturel qu’est le château de Chambord.

100 millions d’euros, tel est le coût total estimé de cette entreprise de sauvetage. Inutile de préciser que l’Etat n’est nullement en capacité de dénicher une telle somme. En la circonstance, le fou, c’est lui, l’Etat, qui refuse l’aide que se propose d’apporter le site vendéen du Puy-du-Fou en la personne de son président, Nicolas de Villiers.

Motif, l’actuel directeur du domaine de Chambord, exprimant ainsi l’opinion de la gauche culturelle indéracinable, en place depuis des décennies aux postes clef du ministère, se ferait une frayeur sans pareille à la perspective que la proposition pourrait receler une embrouille idéologique. En bref, que les Vendéens prennent ici leur revanche sur les bleus de 1793. En clair, l’épouvante est qu’un récit peu conforme à la doxa bien-pensante de l’actuelle direction vienne se substituer à celui d’aujourd’hui, au demeurant consternant de platitude.

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Balivernes que tout cela, bien sûr. Il ne s’agit évidemment pas d’une OPA sur Chambord, seulement et bien plus noblement de voler au secours d’un de nos joyaux nationaux les plus connus au monde.
La bêtise d’Etat mériterait bien son Panthéon. Quelle stupidité en effet que ce refus ! Quelle serait donc la prochaine étape ? Qu’on boute les fonds américains – si bien venus et si considérables – déversés sur Versailles de peur que l’imprévisible Trump ne convertisse le palais en méga ranch à la gloire de Buffalo Bill et de la conquête de l’Ouest (avec salle XXL pour bal country) ?

Permettons-nous un conseil : si l’argent du Puy-du-Fou sent trop mauvais pour nos emplumés de la Culture, qu’ils se tournent vers celui de la came. Il y a de quoi par là. Et le discours de leurs détenteurs est des plus chimiquement purs. Aucun risque de pollution souverainiste ou nationale.

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Ex-prof de philo, auteur, conférencier, chroniqueur. Dernière parution : « Je suis Solognot mais je me soigne » éditions Héliopoles, 2025

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