Les signataires de la pétition « Zapper Bolloré », comme l’ex-actrice Adèle Haenel, redoutent de faire désormais partie d’une « liste noire » qu’ils ont pourtant eux-mêmes établie.
Scandale : le patron de Canal + n’entend pas se laisser insulter par ceux qu’il finance. Mardi, la ministre de la Culture, Catherine Pégard, a jugé « disproportionnée » la décision de Maxime Saada d’envoyer paître les 600 pétitionnaires du monde du cinéma, infamant la chaîne de Vincent Bolloré. Dans une tribune publiée le 11 mai par Libération (« Zapper Bolloré »), ces Jean-Moulin de la Croisette écrivent : « En laissant le cinéma français aux mains d’un patron d’extrême droite, nous ne risquons pas seulement une uniformisation des films mais une prise de contrôle fasciste sur l’imaginaire collectif ».
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Réponse de Saada, dimanche : « Je ne travaillerai plus, je ne souhaite plus que Canal+ travaille avec les gens qui ont signé cette pétition. (…) Je n’ai pas envie de travailler avec des gens qui me traitent de crypto-fasciste ». Comment ne pas comprendre cette indignation ? La multiplication des accusations en fascisme ou en nazisme, lancées par l’extrême gauche et une partie de la gauche sociale-démocrate, relève d’un vieux procédé stalinien. Il dispense d’argumenter et détourne les regards. Or, s’il y a bien une menace totalitaire en France, elle est portée par ces faux résistants. Ces comités de salut public auto-promus s’estiment les uniques dépositaires de la morale.
Ce sont les mêmes qui pactisent, derrière Jean-Luc Mélenchon, avec un islam régressif qui méprise les femmes, la liberté d’expression, la démocratie. Ce petit cercle de privilégiés, protégés par une préférence nationale (l’exception culturelle) qu’ils dénoncent pour les autres, ne brille pas par l’esprit. Non content de cracher dans la main (Canal) qui les nourrit, ils récitent des slogans qui illustrent leur panurgisme.
Face à ces intimidations à gros sabots, qui prospèrent en terrain conquis, rien n’est plus légitime que la réplique. Cet hégémonisme d’une caste, qui assimile les angoisses existentielles du peuple oublié à des caractéristiques fascistes ou d’extrême droite, a toutes les raisons d’être contesté dans son manichéisme.
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Comment s’émouvoir que ceux qui veulent « zapper Bolloré » soient zappés en retour ? D’autant que Canal +, premier soutien du cinéma français, ne peut être accusé de parti pris au vu de la diversité des films qu’il finance. Pour ma part, confronté au déversoir d’insultes que la meute déverse sur X, j’ai décidé depuis quelques mois de ne plus être poli. Je réponds et duplique désormais, assez systématiquement, à mes procureurs bas du front : « J’emmerde les fascistes ».
Je nomme ainsi un poison qui, en puisant dans le lynchage et la haine, ressemble en effet comme deux gouttes d’eau au fascisme que ces automates disent combattre. Les « antifas », bras armés de l’islamo-gauchisme, sont en réalité les « néofas ». La guerre menée contre Bolloré par les derniers bastions de la gauche sectaire et prolophobe révèle la volonté désespérée de maintenir une pensée unique, interdisant d’aborder d’autres sujets que ceux autorisés par les promoteurs du wokisme, de la société ouverte et du multiculturalisme. « L’esprit Canal », en partant ainsi à l’assaut des sycophantes et des épurateurs éthiques, ne fait que renouer avec sa tradition d’impertinence. Oui, il est urgent d’emmerder les fascistes.
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