La stratégie perverse — et inefficace déployée par les gouvernants pendant l’épidémie fait penser à du sado-masochisme. Mais les Français sont de plus en plus lassés par les incohérences de leur Maître… L’analyse de Jean-Paul Brighelli.


La structure perverse suppose la culpabilisation d’autrui — puis sa punition. Il est entendu que si la punition est bien réelle, la culpabilité, elle, est imaginaire — ce sont les meilleures…

J’ai un peu étudié la structure perverse à l’œuvre dans les relations sado-masochistes, pour préfacer les récits de mon ami Hugo Trauer rassemblés dans les Patientes en 2004. Mon analyse était limitée aux relations entre Maître et Esclave, et ne concernait que des jeux plus ou moins cinglants entre adultes consentants.

Je n’aurais jamais pensé que le schéma que j’établissais alors (faiblesse initiale, construction d’une culpabilité, aveu, châtiment et réconfort — ad libitum) serait susceptible de s’appliquer à la politique menée par le gouvernement dans ce contexte d’urgence sanitaire.
Et pourtant…

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La fascination de nos élites dirigeantes pour l’univers anglo-saxon, dont la morale puritaine se charge si facilement de culpabilité, explique sans doute leur recours, depuis bientôt un an, à cette stratégie perverse. Le premier confinement a fonctionné comme punition a priori — et la punition, comme chez les enfants, justifie la culpabilité, même quand celle-ci est nulle. Les Français ont encaissé, face à un mal dont ils ignoraient tout, l’idée que c’était par eux que le virus passait. Cette stratégie a marché un temps : les enfants sont coupables de contaminer les adultes, qui contaminent les vieux, qui meurent. À cause de leurs descendants, et pas du tout parce qu’on leur administre du Rivotril. 

On accepte donc toutes sortes de vexations, comme les Soumis(es) acceptent des punitions imposées par le Maître ou la Maîtresse.

Et comme dans les structures perverses, les châtiments ont suivi une courbe de progression. Port du masque, puis confinement, puis ausweis, puis amendes. Variante additionnelle : couvre-feu de plus en plus tôt. Punition additionnelle, plus de café ni de bière au bistro, librairies, cinémas et théâtres fermés, plus de possibilité de rencontrer autrui. Et discours réitérés sur notre responsabilité dans la mort de nos aînés.
Comme il n’est pas facile de contrôler à distance, les autorités ont eu recours à l’usage massif de la télévision, instituant des rituels à heures fixes — les apparitions supposées ango

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