Le gouvernement nous annonçait il y a quelques semaines qu’un consentement éclairé serait demandé à toute personne recevant un vaccin anti-Covid-19. Or pour qu’un consentement soit éclairé, il faut que l’information soit honnête et intelligible. Discuter l’innocuité et l’efficacité du vaccin anti-Covid-19 à ARN messager avant de décider de se faire vacciner ou non devrait pouvoir se faire sans susciter immédiatement une levée de boucliers dans la presse et la communauté médicale.


Quelles sont les données connues sur le vaccin à ARNm de Pfizer-BioNTech(1), autorisé hier par l’Agence européenne des médicaments?

Si pour un cancer agressif le bénéfice que l’on peut retirer d’un traitement expérimental potentiellement toxique surpasse les risques associés à ce traitement, cela est plus discutable pour une maladie dont la létalité varie de 0,01 à 1,63 % suivant les régions du monde et qui ne touche qu’exceptionnellement de façon sévère les enfants et les jeunes adultes(2). Dans ces conditions, même quelques jours de fatigue ou de maux de tête (principaux effets secondaires rapportés par Pfizer-BioNTech), qui peuvent être sévères dans 4 à 6 % des cas, c’est-à-dire entraver les activités de la vie quotidienne, peuvent être difficiles à accepter pour une personne active en bonne santé. D’autant plus que l’argument selon lequel les gens qui ne font pas partie des personnes à risque devraient se faire vacciner pour la collectivité ne peut être pour le moment avancé. Car si l’étude de Pfizer-BioNTech suggère que le vaccin diminue le risque de faire une forme symptomatique et même une forme grave de Covid-19(3), elle ne répond pas à la question de la capacité du vaccin à empêcher la transmission du virus d’une personne à l’autre. De plus, quatre effets indésirables graves ont été rapportés dans cette étude. Quatre chez plus de vingt mille participants vaccinés, ce n’est pas grand-chose ; mais comme les statistiques ne s’appliquent pas à l’individu et que par ailleurs on ne connait pas le profil des individus touchés par ces effets graves (personnes âgées ou jeunes ? avec ou sans comorbidité ?), on peut comprendre que certaines personnes n’aient pas envie de prendre le risque de compter parmi ces exceptions. De la même façon qu’une personne jeune pourrait ne pas avoir envie de prendre le risque de faire partie des exceptionnels cas de patients jeunes sans comorbidité connue qui sont décédés de la Covid-19 et opter pour la vaccination sans hésitation. Ce qui importe est que chacun puisse prendre la décision de se faire vacciner en étant honnêtement et clairement informé.  

Si certaines réticences paraissent donc justifiées, certaines craintes devraient pouvoir être surmontées avec les données désormais disponibles. 

Le vaccin anti-Covid-19 à ARNm est une belle prouesse avec des premiers résultats encourageants. Mais doit-on pour autant se prosterner devant Pfizer et sa performance sans sourciller? Doit-on interdire le doute?

Certes on ignore quels sont les effets du vaccin anti-Covid-19 à ARNm au-delà de trois mois. Les auteurs de l’étude de Pfizer-BioNtech précisent que le suivi des participants se poursuivra sur deux ans. D’autres vaccins à ARNm ont été testés chez l’homme, comme un vaccin contre la grippe aviaire testé aux États-Unis et en Allemagne entre 2016 et 2017(4) ou ce vac

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