De l’importance du courage et du regard au temps du corona


Je ne suis plus des vôtres, mais tout de même, je voudrais vous dire que je vous aime. Vous allez rentrer. Je ne sais pas si les gens se rendent compte qu’un prof, c’est quelqu’un qui a toujours ressenti, comme enfant, comme adolescent, comme adulte, ce léger serrement de coeur, cette sensation d’apesanteur, cette répétition toujours différente toute sa vie. On ne s’habitue pas à une rentrée ou à une prérentrée, parce que l’enjeu est finalement très intime. Il a rapport avec le temps qui passe, la liberté, la mélancolie, le plaisir. Aujourd’hui encore, douze ans après, une année pour moi, c’est une année scolaire, pas une année civile. Elle commence dans la fin de l’été (dominante bleu pâle le matin, fausse impression de vacances prolongées vers midi, fraicheur précoce de l’après midi), et elle se termine dans le bleu intense de juillet et l’odeur de poussière que fait se lever une pluie d’orage dans la cour de récréation.

Le symbole le plus évident du monde du Covid

Evidemment, les signes de la fin du monde (ou du moins de ce monde-là) ont fini par gagner l’école. Elle n’était déjà plus le sanctuaire, la petite abbaye de Thélème qu’elle aurait dû rester quand j’ai fait ma première prérentrée en 1985, comme maitre-auxiliaire.

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Elle était déjà chargée de régler tous les problèmes de la société créés par d’autres: inégalit

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