Les paroles du procureur adjoint de Nantes font un bruit terrible dans la tête des parents de la victime.


François V., 46 ans, a violé puis assassiné une adolescente de 15 ans. Il avait déjà été condamné pour douze viols et tentatives de viols à dix-huit ans de réclusion criminelle en 2003. Puis il avait été libéré par anticipation, et sans doute pour bonne conduite, en 2016. Pour nombre de lecteurs du Figaro qui rend compte de cette affreuse tragédie, le compte n’y est pas.

Pourquoi a-t-il été libéré si tôt, s’indignent-ils. Ils sont tout aussi nombreux à s’étonner qu’on dévoile son identité : s’il s’était appelé Mohammed ou Idriss elle aurait été tue, écrivent-ils. Ces polémiques sont constantes et récurrentes. On ne s’y attardera pas.

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Écoutons plutôt Yvon Ollivier, le procureur adjoint de Nantes. Lors de sa conférence de presse il a déclaré, a osé déclarer, que François V., suivi psychologiquement, n’avait ces derniers temps, manifesté aucun signe de fragilisation. On en déduira qu’il est devenu fragile en cachette des autorités. Sa victime l’était peut-être encore un peu plus…

L’adolescente a, a ajouté Yvon Ollivier, « eu le malheur de lui plaire ». Quand une fille vous plaît on la demande en mariage, on la drague.

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De toute façon, d’après Yvon Ollivier, ce drame est un échec pour la société. Voilà enfin la vraie coupable : la société ! C’est elle qui permet qu’on viole et qu’on tue. Le procureur adjoint de Nantes s’est opportunément abstenu d’évoquer un échec de la justice. On ne parle pas de corde dans la maison d’un pendu.

À ce degré de sécheresse de cœur, autant que ce soient des robots qui rendent la justice. Il serait bon qu’à l’École de la magistrature on apprenne à avoir un peu d’empathie pour les victimes et un peu moins de tendresse pour les coupables.

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