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Causeur: Viva la corrida!

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Causeur: Viva la corrida!
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« Toro ! toro ! » crie Causeur ce mois-ci. Nous célébrons cet art immémorial qui suscite ferveurs et passions, engouement et rejet. Pour Elisabeth Lévy, aimer la corrida, c’est entrer en religion, tandis que la combattre, c’est vouloir sa disparition. Parce qu’elle défie une époque qui refuse le tragique, l’histoire et la mort, les jours de la corrida sont sûrement comptés. Yannis Ezziadi nous raconte la passion subite pour la tauromachie qui a fait de lui un aficionado engagé, mais non sans un pressentiment mélancolique : « Le destin de la corrida sera probablement aussi tragique que la tragédie qu’elle met en scène. » Pour Michel Onfray, il faut justement en finir avec la mythologie du combat à mort entre l’homme et la bête et voir la corrida pour ce qu’elle est : une pure démonstration de sadisme. En revanche, Simon Casas, le directeur des arènes de Madrid, de Nîmes, de Valence et de Béziers, se confiant à Yannis Ezziadi, voit dans la corrida une quête identitaire, un rituel qui nous lie au passé et qu’il faut défendre à tout prix. Comme le souligne Frédéric Ferney, il n’y a pas de réconciliation possible entre le profane, pour qui la corrida est une boucherie, et le fervent, pour qui elle est ce par quoi tout devient vrai – un art, une religion. Pourtant, une fois mort, le taureau peut finir dans une assiette : Jonathan Siksou a rencontré le grand chef étoilé, Pierre Gagnaire, et son épouse, Sylvie, qui en savent quelque chose. Tenté par les arènes et l’odeur de la bête ? Nous vous livrons les dates des corridas en France cet été, ainsi que celles du spectacle théâtral de Yannis Ezziadis sur les paroles de toreros.

Attention : ça va piquer ! Le génial auteur-dessinateur, Marsault, débarque ce mois-ci dans Causeur. Attendez-vous à trouver des dessins et un portrait en prose susceptibles de pénétrer l’épiderme !

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L’actualité ces temps-ci ne manque pas de piquant non plus. Analysant le « lologate », autrement dit la question scandaleuse de l’allaitement en public, Elisabeth Lévy explique que, aujourd’hui, « ce qui est puritain est de considérer que la nudité ne recèle aucun danger, n’encourage aucune pulsion, comme si le corps était réduit à des fonctionnalités. » Ronan Cotten, revenant sur les tribunes de militaires et leurs nombreux signataires, affirme que, pour ceux qui ont été façonnés par la guerre contre l’islam conquérant au Sahel, l’intervention des armées dans nos banlieues n’est plus un tabou. Il y a comme une odeur d’élections dans l’air. Pour Hervé Algalarrondo, beaucoup de Français tiennent toujours Emmanuel Macron pour le « président des riches », permettant ainsi à Marine Le Pen de compter sur un sérieux coup de pouce d’une partie de la gauche en 2022. Erwan Seznec le confirme, dans la mesure où les enquêtes d’opinion montrent une nette porosité entre les électeurs de Jean-Luc Mélanchon et ceux de Marine Le Pen, malgré les nombreux appels de pied du leader de LFI aux communautaristes, aux islamistes et à l’électorat des cités… ou plutôt à cause de ces appels ?

Côté international, la guerre du Sahel risque d’être permanente, nous explique Gil Mihaely. Car si la France retire ses troupes, une marée montante de djihadisme, irriguée par le trafic de drogue, risque d’engloutir une grande partie de l’Afrique de l’Ouest. Ce n’est pas le seul combat dont on ne peut pas prévoir la fin : la prise de pouvoir par le Hamas à Gaza a transformé ce territoire en une usine de violence dont l’unique objectif est de perpétuer la guerre avec Israël. Côté LGBTQ et tutti quanti, Sylvie Perez a rencontré Debbie Hayton, une Anglaise qui, née homme il y a 52 ans, est aujourd’hui une femme, ce qui ne l’empêche pas de dénoncer l’idéologie transgenre et son militantisme dogmatique qui récuse la biologie et réduit tous ses adversaires au silence. Sans transition, Ana Pouvreau nous parle d’une des premières décisions de Joe Biden : les transgenres peuvent désormais s’engager dans l’armée américaine sous leur nouvelle identité et même, s’ils le désirent, se faire opérer aux frais de l’institution. Autre institution américaine, la banque centrale des États-Unis tient entre ses mains le destin économique du monde post-Covid. Elle a le choix entre l’inflation et la déflation : pour laquelle optera-t-elle ?

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Revenons à la France éternelle. Jonathan Siksou salue Sempé, le grand dessinateur d’humour qui soufflera cet été ses 89 bougies. Alors qu’expositions, publications d’albums et adaptations cinématographiques rencontrent un succès constant, la maison Artcurial lui consacre une vente exceptionnelle. Côté cuisine, Gautier Battistella nous dessine le portrait d’Andréas Mavrommátis, le chef étoilé qui a offert ses lettres de noblesse à la gastronomie grecque. Jérôme Leroy fait l’éloge du journal intime de Roland Jaccard, Le Monde d’avant, un témoignage irremplaçable sur le Paris des années 80 et une époque de liberté d’être et de penser malheureusement bien révolue aujourd’hui. Sophie Bachat chante les louanges de l’autobiographie de Michel Sardou, riche en souvenirs mais dénuée de nostalgie. Édouard Girard nous fait partager le jugement accablant sur la période actuelle de l’entrepreneur et philanthrope russe, Vitaly Malkin : « N’est-il pas révolu le temps où la libre communication des opinions permettait encore de faire société ? » Ainsi parle-t-il dans son nouveau livre, Crépuscule de la liberté d’expression. Mais ne cédons pas trop vite aux sentiments crépusculaires. L’été approche. Descendons dans l’arène. « Toro ! Toro ! »

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est directeur adjoint de la rédaction de Causeur.

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