Aurélien Taché, qui a comparé le port du voile chez les musulmanes de 12 ans à celui du serre-tête chez les « jeunes catholiques », vilipende un supposé « néorépublicanisme » hostile aux musulmans. Dans son interview à L’Obs, le député du Val d’Oise montre qu’il est davantage au service des « quartiers » qu’à celui de la France. 


Dans tous partis politiques, il est utile de trouver des spécimens : un homme ou une femme qui incarne la catégorie idéologique à laquelle il appartient. Chez LaREM, structure politique liquide, on en trouve de toutes les sortes. Si on soutient ce parti, on trouvera cela vivifiant, original, progressiste ; si on est habité par ces « passions tristes » réfractaires au changement, on y verra une absence de colonne vertébrale idéologique, un fourre-tout qui n’a qu’un crédo : le néolibéralisme. Pourquoi d’ailleurs y aurait-il un socle de pensées politiques articulées quand Emmanuel Macron est à lui seul une idée, une abstraction postmoderne, un concept qui s’est très bien vendu sur le marché en crise de la démocratie représentative, celle où l’on peut se faire élire grâce à la conjonction bienheureuse de « la peste brune » et de l’abstention.

« Macroniser les esprits »

Mais attention, maintenant que LaREM est aux manettes, pas question de la jouer petits bras. Certains élus, comme Aurélien Taché, ont bien l’intention de « mener la bataille culturelle et de macroniser les esprits ». M. Taché est au sein du parti jupitérien un beau spécimen du progressiste multiculturaliste, idéologiquement structuré par un passage au PS et à l’Unef. Dans une interview donnée à l’Obs prenant prétexte de l’antisémitisme, devenu cet accablant marronnier médiatique depuis vingt ans, le député Taché enfile tous les poncifs de la pensée postmoderne : relativisme intégral, dégoût du national, adoration de la diversité, culte victimaire et dévotion pénitentielle. Mais avec une certaine agressivité qui fait dire à ses collègues qu’il devrait « être à la France insoumise ». Il leur répond qu’il préfère LaREM où ne survivent plus « de néomarxistes ». Si l’on suit bien : Aurélien Taché récuse « les anciennes idéologies » mais n’hésite pas à en imiter la mécanique. Car affirmer vouloir « macroniser les esprits », qu’est-ce sinon de la manipulation mentale de masse, la fabrication d’un consentement à la pensée unique, prélude au parti unique ? Le progressiste Taché semble avoir des projets peu respectueux de la pluralité des opinions qui régissent un Etat un tant soit peu démocratique…

La République en marche, la « vraie » gauche

A travers la figure d’Aurélien Taché, qui vient notamment de faire plier Jean-Michel Blanquer souhaitant interdire aux parents accompagnateurs d’activités scolaires de porter des signes religieux ostentatoires, on cerne les contours de ce qu’est « l’aile gauche » de LaREM. Et elle s’avère plutôt proche de Benoit Hamon, Clémentine Autain et Danièle Obono. L’influence d’Aurélien Taché est à suivre car la gauche (ex PS, PRG, EELV, DVG) est la tendance politique la plus représentée au sein des élus LaREM, avec 126 députés dont 83 anciens élus/militants socialistes. Seuls 48 députés LaREM viennent de la droite et 17 du centre. Autant dire que si Taché prend le leadership sur le gros tiers des députés de gauche LaREM, qui plus est dans un contexte de politique centre-droite du Grand Chef et son gouvernement Philippe, ça pourrait tanguer. Mais, on peut aussi faire le pari que M. Taché va adopter la méthode classique du « gauchisme culturel » : prendre le pouvoir par l’influence idéologique à petits pas, en ciblant notamment la centaine d’élus novices, « ni droite ni gauche », sans réelle structure idéologique. Certains de ces « marcheurs » engagés auprès d’Emmanuel Macron après avoir été envoûtés par son charme robotique semblent, depuis Benalla et les gilets jaunes, donner des signes de sortie de la transe hypnotique commencée en 2017. Des contestations apparaissent, pour l’heure étouffées par le duo des pères fouettards Legendre-Ferrand. Mais il y a donc une clientèle potentielle pour le député Taché qui dit « irriter ceux qui ont une sensibilité néorépublicaine » ; késako le « néorépublicanisme » ?

Aurélien Taché, djihadologue

Il égrène dans l’Obs quelques unes des thématiques chères à la « gauche moraline » : politique de la ville et sa discrimination positive, récusation d’une sécession identitaire des banlieues, déni sur l’antisémitisme islamique, lutte contre les réacs de tous bords de Valls à Le Pen, promotion de la société inclusive. Il dit avoir « rejoint Emmanuel Macron le jour où [il l’a] entendu dire qu’il fallait que les élites s’interrogent sur leur part de responsabilités quand des jeunes font le choix de partir en Syrie ». C’est vrai ça : « J’ai pas de boulot, parce que j’ai pas de diplôme donc je vais faire le djihad en Syrie », voici bien un réflexe naturel en effet… Nos « élites » devraient être traduites devant les juges pour avoir contraint, par leur politique irresponsable, cette part de notre belle jeunesse de France à se lancer dans le djihadisme ! Il faut remercier Aurélien Taché de nous ouvrir les yeux sur cette nouvelle causalité du djihadisme.

Comme j’imagine qu’Aurélien Taché ne s’abaisse pas à lire autre chose que des auteurs estampillés de gauche, je lui conseillerai de lire Jean Birnbaum qui a le mérite d’avoir ouvert les yeux comme en témoignent ces deux derniers essais, Un silence religieux et La religion des faibles. Cela aiderait notre combattif député à penser la relation de sa « gauche morale » avec l’islam, et de là avec l’immigration de masse induite par ce progressisme néolibéral qu’il affirme chérir. Or cette idéologie au service des flux (des marchandises, des capitaux, des hommes, des identités) n’a en rien constitué un progrès, ni une libération, elle a approvisionné en « choses » le capitalisme financiarisé des nomades en costumes qui considèrent que les Etats-nations ne sont que des territoires de transit, des carrefours, des hubs.

Le peuple des « victimes » et « le populisme des imbéciles »

Le prétexte de l’entretien est l’antisémitisme, c’est donc par cela qu’il s’ouvre longuement. Mais après les condamnations d’usage, M. Taché botte vite en touche. On croirait alors lire une interview d’un responsable du CFCM, de la mosquée de Paris, voire du CCIF : accuser des idéologues musulmans de propager la haine antijuive, accuser certains musulmans de passer à l’acte criminel au nom d’un islam judéophobe délirant, c’est faire de tous les « musulmans des quartiers populaires un autre bouc émissaire ». C’est vrai ça, il n’y a que le Juif qui mérite d’être un bouc émissaire, qui a la force de l’expérience pour supporter l’opprobre, les jets de pierre, les coups de boule d’une racaille qui lui hurle « sale yahoud » ! Notre député, qui semble aussi un sociologue expert des banlieues, déclare que l’antisémitisme en banlieue ne « prend pas sa source dans l’immigration ou dans les versets du Coran […] mais dans l’ignorance et le sentiment anti-élites ». C’est vrai ça, les « élites » juives ont trop de pouvoir en France et cela suscite la jalousie d’une masse d’ignorants. Taché appelle cela « le populisme des imbéciles ». C’est pratique le populisme, ça n’a qu’un visage indistinct, celui du « peuple », ça évite de désigner les responsables des attaques et des meurtres de seize Français juifs depuis 2003.

C’est un peu embarrassant tout de même pour M. Taché – mais le journaliste de l’Obs n’allait quand même pas le lui faire remarquer – que tous les assassins de juifs en France depuis le meurtre de Sébastien Selam jusqu’à celui de Mireille Knoll soient tous des personnes issues de l’immigration maghrébine ou sub-saharienne de confession musulmane. « Le populisme des imbéciles » dites-vous M. Taché ? Rassurez-nous : l’islamisme criminel n’a rien à voir avec l’islam, n’est-ce pas ?

L’enseignement des « jeunes ignorants »

Le Coran et surtout les hadiths qui constituent le substrat politico-théologique de l’antijudaïsme islamique n’ont rien à voir avec le réel. Circulez ! C’est d’ailleurs pourquoi le 9 décembre 2017, place de la République, des musulmans assemblés pour défendre « la cause palestinienne » criaient «  Khaybar Khaybar ya yahoud, Jaych Mhammad saoufa ya’ud » c’est-à-dire un appel à tuer les juifs comme le fit le prophète Mohamed avec ceux de l’oasis de Khaybar en 628, bataille inaugurale de l’islam comme système théocratique. Extermination des hommes et jeunes garçons juifs, femmes violées, enfants réduits en esclavage. Le 9 décembre 2017, à Paris, qu’on ne vienne pas parler d’importation du conflit israélo-palestinien, c’est bien l’importation de l’imaginaire islamiste : celui où les juifs sont de toute éternité voués à finir comme ceux de Khaybar, ces falsificateurs de la parole divine. Et certains s’étonnent encore que juif et sioniste soient absolument synonymes dans cette nébuleuse fréro-salafiste si influente ? Voilà ce que nombre d’imams de ce courant prêchent dans de nombreuses mosquées françaises. Mais M. Taché répond : « Musulmans de banlieue bouc émissaires », « il ne faut pas exagérer » cet antisémitisme des banlieues.

Mais le pompon, c’est sa solution pour déraciner l’antisémitisme criminel chez « ces jeunes » dont il consent à admettre qu’il en existe quelques uns qui posent problème : « leur enseigner des récits de mémoire partagée entre juifs et musulmans ». Le simple terme « récits de mémoire partagée » en dit long sur l’intox. Plutôt qu’une « mémoire partagée » autour d’habitudes folkloriques communes (le henné et les youyous dans les mariages, le couscous-boulette du vendredi soir) ou d’anecdotes personnelles (« au Maroc, en 1950, ma voisine musulmane venait allumer le feu le jour de shabbat, comme on s’entendait bien ! »), je propose des cours d’histoire. Surtout d’histoire précoloniale, c’est-à-dire avant que le Français ne vienne jouer les arbitres et place le maître musulman en situation de colonisé ; avant que le Français et sa République, avec l’Alliance israélite universelle dans ses bagages, ne viennent ouvrir aux juifs du Maghreb les portes de l’émancipation. Là ce sera autre chose peut-être en termes de « récits de mémoire partagée ».

Une autre histoire

On parlerait du statut du dhimmi et de la condition juive en terre d’islam depuis les conquêtes au VIIe siècle, de l’insécurité permanente et des pogroms, des Juifs de cour pour protéger la communauté et de la vie de misère dans le mellah avant la création du ghetto européen médiéval, du port de signes distinctifs avant que la Chrétienté ne s’y mette avec sa rouelle, des synagogues détruites quand elles étaient plus hautes que la mosquée, des juifs interdits de voyager à dos d’animaux nobles réservés au maître musulman. L’histoire permettra aussi, bien sûr, de raconter ces moments où la condition des juifs, ici ou là en terre d’Islam, fut un peu moins pire que dans la Chrétienté. Mais on finira sur les conditions de l’expulsion entre 1948 et 1970 du million de juifs du monde islamique, eux qui comme les chrétiens, étaient présents au Maghreb, en Egypte, en Iran, en Turquie avant l’islam…

Organiser des sessions de contes pour petits enfants dans les banlieues sur la radieuse coexistence judéo-islamique révèle bien l’ignorance de nos « élites » quant aux imaginaires véhiculés par des siècles d’antijudaïsme auquel est venu s’adjoindre l’antisémitisme européen – on leur rappellera que Drumont fut élu député d’Alger à la suite des émeutes antisémites de la ville en 1898. Il faudra aussi apprendre à « ces jeunes ignorants » ce qu’ils doivent en termes d’antisémitisme à un personnage comme le grand mufti de Jérusalem. Amin al-Husseini fit la jonction entre l’antijudaïsme islamique, le nationalisme arabe et le racisme nazi en se faisant le relai vers le monde arabophone de la propagande antijuive de son ami Adolf Hitler, depuis sa radio de Berlin entre 1941 et 1945. Fait prisonnier par les Français, il put s’échapper tranquillement en mai 1946 pour rejoindre l’Egypte… On pourrait ensuite leur lire des extraits de la littérature du fondateur des Frères musulmans Hassan al-Banna, le papi de Tariq Ramadan, ou de Sayyid Qutb dont la violence remiserait Céline au rang de comique dieudonnesque. Certes, cela risque de ne pas s’harmoniser avec « les récits de mémoire partagée » dont rêve Aurélien Taché, sur les bons conseils, dit-il, de Benjamin Stora qui aurait l’oreille du président.

Salauds de pauvres contre gentils pauvres

Après tout, cet antisémitisme n’est-ce pas la faute à la misère économique, c’est ce que nous assène Aurélien Taché : « Ce n’est pas non plus dans la France périphérique mais dans les quartiers et les grandes villes que se concentre la pauvreté. » L’inénarrable équation « pauvreté = perméabilité à l’antisémitisme », que ne l’a-t-on entendue répétée par ceux qui ne veulent pas se fatiguer à lire des ouvrages d’histoire. Ils seraient mieux renseignés sur la longue durée de la haine antijuive, la pluralité de ses motifs, loin de se réduire aux aléas économiques. Cela fait longtemps que les historiens ont montré que la jalousie sociale n’était pas la cause prédominante de l’obsession antijuive. C’est un peu comme l’équation « pauvreté = délinquance et criminalité », ignorant que l’immense majorité des pauvres ne tombe pas dans la routine des trafics. Mais cette majorité silencieuse-là on ne veut pas trop la voir car elle réduit à néant « la culture de l’excuse », rente morale de tant de bien-pensants. Et quand cette France des travailleurs pauvres descend dans la rue ou se fixe sur un rond-point, le beauf sert de « plouc émissaire » (Ph. Murray). Autre question adressée à M. Taché : le taux de pauvreté chez les agriculteurs est de 25% (moyenne nationale 14%), observe-t-on chez eux un goût particulier pour la vulgate antijuive ? Quand les petits exploitants manifestent, crient-ils « mort aux juifs » ?

On peut rejoindre au moins Aurélien Taché sur un point : la gauche n’a fait « qu’agiter des slogans antiracistes et paternalistes qui n’ont mené nulle part ». Mais la suite de son analyse est édifiante… La faute à qui ? A Julien Dray, qui a surfé sur la marche des Beurs de 1983 pour se faire élire, explique le député LaREM. Dray à lui tout seul c’est la gauche qui a « cocufié » (sic) les banlieues. Ca ne va pas aider à y lutter contre l’antisémitisme, ce « populisme des imbéciles » !

« J’ai été élevé en écoutant Renaud, en mangeant de l’entrecôte, mais j’aime aussi le rap et les kébabs. »

De toute façon, pour Aurélien Taché, les populations de ces quartiers n’ont strictement aucune responsabilité dans la situation calamiteuse dans laquelle elles se trouvent depuis plus de trois générations. Chômage, échec scolaire, absence de qualification pour le marché de l’emploi, salafisation des modes de vie coexistant avec les trafics en tous genres. Tout cela est la faute, en vrac, « des élites », de « l’Etat qui a abandonné ces quartiers », du « républicanisme guerrier » qui produit des tensions communautaires, du « modèle assimilationniste » qui est « la négation de l’autre ». Yassine Belattar, sors de ce corps !

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Mais Aurélien Taché ne fait pas que dénoncer. Il a des solutions fondées sur sa propre expérience : « J’ai été élevé en écoutant Renaud, en mangeant de l’entrecôte, mais j’aime aussi le rap et les kébabs. On peut être dans une forme de cosmopolitisme. » Les référentiels culturels qui semblent définir l’identité nationale de M. Taché sont du plus bel effet postmoderne et se passent de commentaires. D’ailleurs, il ne faut pas trop compter sur cet élu de la République pour rendre hommage aux emblèmes de la nation. Pour lui le drapeau tricolore « renvoie au régiment […] est-ce bien le rôle de l’école de se transformer en caserne ? » Il préfère citer Jean Zay qualifiant le drapeau national de « saloperie tricolore ». Sauf que comme son collègue Griveaux sur France Inter confondant Bloch et Maurras, Taché se prend les pieds dans le tapis de l’histoire politique complexe des années 1930 ! Zay a bien écrit un poème en 1924 (il avait 19 ans) intitulé Drapeau dans lequel il exprimait avec virulence son désenchantement patriotique après la Grande guerre. Poème qu’il a ensuite décrit comme un pastiche. Son texte de jeunesse ne fut jamais publié avant que la presse maurrassienne ne s’en saisisse en 1932 pour dénoncer l’antipatriotisme du jeune député du Loiret, futur ministre de l’Education. Le poème sera relayé par Céline en 1938 avec son « Je vous Zay ! » puis par la diplomatie antisémite de Vichy pour démasquer « ce Zay juif-bolchévique-antipatriote ». Dans les faits, Zay avait été élevé dans le protestantisme, était un Radical profondément patriote. M. Taché reprend donc à son compte la propagande antijuive des années 1930 contre Zay… Une fois encore, j’adresse une supplique à nos hommes politiques dont les références historiques ressemblent à de lointains souvenirs de bachotage Sciences Po : évitez d’utiliser des citations historiques dont vous ne maîtrisez ni les termes, ni le contexte ! Heureusement que le journaliste de l’Obs ne l’a pas lancé sur la Marseillaise, sinon on aurait eu droit à la dénonciation du « sang impur » et l’impérieuse nécessité de réécrire notre hymne pour l’adapter aux nouveaux visages de la France.

Le vote ethnique et la fin de la souveraineté par Aurélien Taché

Mais on y vient à la promotion des quotas ethniques. C’est d’ailleurs ce que l’on préfère chez les progressistes multiculturalistes : cette appétence antiraciste pour la racialisation, ce goût moraliste pour l’ethnicisation des individus, histoire d’assigner « chacune et chacun, toutes et tous » à leur petite boutique communautaire respective. Pour Aurélien Taché, il faut « des listes vraiment inclusives aux prochaines municipales » parce qu’il n’y a « pas un Noir ou un Arabe parmi les maires des cinquante plus grosses villes ». Parce que c’est une obligation démocratique l’ethnicisation des élus ? Et il faudrait des quotas selon la taille des municipalités ? Quid des Asiatiques par exemple ? Jean Coumet, maire du 13ème arrondissement de Paris doit en toute hâte céder sa place ; à moins que les « Asiatiques » de l’arrondissement n’aient rien revendiqué ! M. Taché a l’indignation républicaine sélective : tous ces Français en situation de handicap, bien plus nombreux que toutes les minorités assemblées, subissent une exclusion sociale, éducative, professionnelle, culturelle et politique autrement plus violente que les « Noirs et les Arabes des quartiers » dont se préoccupe exclusivement M. Taché ? En outre, ses affirmations sont contredites par la réalité du terrain : les Français issus de l’immigration sont acteurs de la vie politique locale dans la plupart des « quartiers ». Dans certaines équipes municipales, ils sont tout à fait « représentés » et certains y ont d’ailleurs un poids politique indéniable. Quand on veut s’engager en politique en banlieue, c’est possible et ça paye. Ca se monnaye même parfois : une petite place d’adjoint en échange d’une aide pour obtenir les suffrages de tel ou tel quartier, de telle ou telle « communauté » ; mais passons sur ce clientélisme dans ces quartiers où on se fait élire avec 70% d’abstention !

Après tout, pourquoi s’étonner des idées de M. Taché, lui qui exprimait son enthousiasme au projet de « transférer la souveraineté de la France au niveau européen » (Les terriens du dimanche, C8, 2 décembre 2018), annonçant d’ailleurs que ce serait « le cœur des propositions » de LaREM aux Européennes de mai prochain. Il faut avoir de l’audace quand on est un grand homme politique : pourquoi ne pas transférer carrément notre souveraineté à l’ONU ? D’ailleurs M. Taché aimerait que l’on y cède notre siège à notre partenaire allemand… Notre député, ennemi des « néorépublicains », regrette être « souvent seul à [s’]exprimer sur ce terrain », mais il dit « recevoir beaucoup d’encouragements ». Et n’est ce pas finalement ce qu’il y a de plus inquiétant ?

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