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Un président antiraciste

Un édito de Charles Rojzman

Un président antiraciste
Emmanuel Macron le 4 décembre 2020 Image capture d'écran YouTube

Lors de son entretien à la jeunesse sur les réseaux sociaux, Emmanuel Macron a affirmé que « quand on a une couleur de peau qui n’est pas blanche, on est beaucoup plus contrôlé. » Le propos est problématique compte tenu de notre contexte où l’assimilation est en panne.


Les délinquants qui composent la clientèle des policiers en tenue et des baqueux sont aujourd’hui, en grande majorité, des arabes, des immigrés des pays de l’est ou des noirs, que les causes de cet état de fait soient économiques, sociales, psychologiques ou même djihadistes. Dans la rue, on ne contrôle pas la délinquance en col blanc qui est généralement en règle mais celle qui empoisonne la vie quotidienne des gens. Les policiers font du profilage fondé sur des statistiques, puisque c’est leur travail et qu’ils doivent aussi faire du chiffre demandé par leur hiérarchie. Les délinquants en col blanc, quant à eux, sont appréhendés par d’autres services qui ne travaillent pas sur la voie publique.

En déclarant que « quand on a une couleur de peau qui n’est pas blanche, on est beaucoup plus contrôlé », le président Macron, semblant énoncer une parole tout à fait factuelle, conforte les thèses indigénistes et islamistes et jette de l’huile sur le feu des relations déjà fort mauvaises entre la jeunesse des quartiers et la police.

Jusqu’à présent par souci légitimiste et par respect pour la fonction présidentielle et pour des institutions qui permettent à un pays divisé et chancelant de tenir encore debout, j’ai tenu bon face aux perpétuels « en même temps », aux errements de la politique sécuritaire ou sanitaire, mais cette fois-ci mes limites sont atteintes. On ne peut pas parler de séparatisme et en même temps creuser davantage par des formulations irresponsables le fossé entre la police et précisément les principaux candidats au séparatisme. A-t-il mesuré la portée de ses paroles? Croit-il peut-être apaiser les haines d’une jeunesse en rupture de la nation, favoriser son intégration ? Est-ce par un calcul électoraliste pour amadouer ceux qu’il voit comme des jeunes turbulents à qui il suffit de donner un sucre pour les amadouer ou pour complaire à une partie de ce qui reste du peuple de gauche ? Ou bien est-il simplement manipulé, lui et ses conseillers par la doxa antiraciste de leur milieu bourgeois ?


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Essayiste et fondateur d'une approche et d'une école de psychologie politique clinique, " la Thérapie sociale", exercée en France et dans de nombreux pays en prévention ou en réconciliation de violences individuelles et collectives.

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