Prières de rue à Clichy pour protester contre la fermeture d’une salle de prière, mars 2017. SIPA. AP22034698_000001

Le 30 mai 1806, Napoléon adresse à l’Assemblée des notables juifs qu’il a instaurée par décret 12 questions destinées à évaluer leur capacité d’assimilation : pratiquent-ils la polygamie, autorisent-ils le divorce par les tribunaux civils, les mariages mixtes sont-ils licites. On sonde aussi leur volonté d’adhérer à l’universalisme français et la profondeur de leur patriotisme – « Aux yeux des Juifs, les Français sont-ils leurs frères ou sont-ils des étrangers ? Quels sont les rapports que leur loi leur prescrit avec les Français qui ne sont pas de leur religion ? Les Juifs nés en France et traités par la loi comme citoyens français regardent-ils la France comme leur patrie ? » L’Empereur dévoile ses objectifs dans une lettre à son ministre de l’Intérieur : « Il faut atténuer, sinon détruire, la tendance du peuple juif à un si grand nombre de pratiques contraires à la civilisation et au bon ordre de la société dans tous les pays du monde. Il faut arrêter le mal en l’empêchant ; il faut l’empêcher en changeant les Juifs. […] Lorsqu’on exigera qu’une partie de la jeunesse aille dans les armées, ils cesseront d’avoir des intérêts et des sentiments juifs ; ils prendront des intérêts et des sentiments français. » Un an et moult controverses politico-talmudiques plus tard, la messe est dite : quoiqu’en renâclant sur les mariages mixtes, les membres du futur Consistoire central israélite de France donnent pour l’essentiel des réponses satisfaisantes aux questions de l’Empereur. Le 7 mars 1807, la communauté juive remercie Napoléon : « Béni soit à jamais le Seigneur Dieu d’Israël, qui a placé sur le trône de France, un prince selon son cœur. »

Le CFCM se demande ce que la France peut faire pour lui

En réalité, pas mal de Juifs devaient penser que Napoléon – qui ne les aimait guère – était un pur salaud. S’il leur a donné une place dans la société, il a pris à leur encontre nombre de mesures vexatoires. Une grande partie des conditions qu’il leur imposa pour faire pleinement partie de la communauté nationale serait aujourd’hui jugée discriminatoire et attentatoire aux libertés individuelles, comme cette drôle de demande faite au sanhédrin de « prévoir

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Avril 2017 - #45

Article extrait du Magazine Causeur

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