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Ali Khamenei, le Guide devenu geôlier

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L’Iran, la doctrine khomeiniste, la machine répressive et la menace de guerre


Ce n’est pas moi qui le demande, c’est Dieu qui exige que vous soyez pendu. Ce sont, dit-on, les paroles qu’un juge avait prononcées lors de l’une des précédentes manifestations contre le régime iranien. C’est l’accusation d’« ennemi de Dieu » qui devrait être déployée ces jours-ci contre les manifestants arrêtés. Le verdict habituel d’une telle incrimination est la mort, car Dieu ne se négocie pas.

Une répression sanglante

Il parait que les juges ne vont pas prononcer ce verdict pour retirer à Trump une raison de frapper le régime iranien. Mais dans ce pays en blackout qui a coupé Internet et pourchasse sans relâche les utilisateurs de terminaux Starlink, tout indique que la répression est terrible, même si la prudence légitime de certains médias sur l’Iran contraste avec leur empressement à publier les chiffres du Hamas à Gaza. Un Iranien témoignant à visage découvert (un courage inouï) fait état de 15 000 morts au 15 janvier.

La morgue de Kahrizak, au Sud de Téhéran, d’où sont parvenues les effrayantes images des cadavres dans des bâches en plastique n’est pas un lieu inconnu. C’est déjà là que les corps de nombreux détenus torturés à mort dans les centres de détentions voisins étaient rendus aux familles, sous paiement dit-on, avec de faux certificats de décès, lors des révoltes de 2009 et 2022.

Kahrizak, province de Téhéran, Iran, 13/01/2026 – Des familles et des habitants se rassemblent au bureau du médecin légiste de Kahrizak le 13 janvier 2026, faisant face à des rangées de sacs mortuaires alors qu’ils recherchent des proches tués lors de la violente répression du régime contre les manifestations nationales. La scène reflète l’ampleur des pertes signalées ces derniers jours, tandis que les endeuillés se déplacent en silence et dans la détresse parmi les corps recouverts. Photo obtenue auprès de l’Organisation des Moudjahidine du Peuple d’Iran. (C) MEK/The Media Express/SIPA

Ce régime sanguinaire manipule jusqu’au nom même de l’accusation qui conduit à la mort. Se comporter en ennemi de Dieu signifiait avant 1979 être un bandit de grand chemin dépouillant les voyageurs. Ce terme désuet de «muharabeh» a été depuis lors recyclé pour juger des manifestants dont l’immense majorité sont pacifiques. Rien n’exprime plus clairement l’essence de la théocratie iranienne : être un opposant du régime, c’est être un ennemi de Dieu.

Ce n’est là que l’une des distorsions au chiisme traditionnel que l’on doit à l’imam Khomeini.

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Celui-ci, alors qu’il était exilé à Najaf, la grande ville chiite de l’Irak, a développé une doctrine à l’encontre de celle des responsables religieux traditionnels du chiisme. Alors que ceux-ci estimaient que leur rôle était d’enseigner la population, de la protéger si besoin contre les abus et surtout de maintenir l’espoir du retour du Messie chiite, l’imam caché, ce douzième imam (chiisme duodécimain) mystérieusement disparu, qu’on appelle le Mahdi et qui fera régner la justice. A Najaf aujourd’hui encore le vieil ayatollah Sostani prêche cette doctrine qui fut largement majoritaire et qu’on qualifie de quiétiste.

En Irak, à l’abri de la police du Shah, qui de toute façon méprisait ce vieux clerc déconnecté du monde moderne,  Khomeini commença à enseigner une autre doctrine, suivant laquelle le pouvoir politique devait être arraché des mains des laïcs, susceptibles  de conduire la société vers des abominations modernistes et remis aux soins d’un responsable religieux, un «savant» de la foi chiite qui serait le garant ultime, tant que le douzième imam ne réapparaissait pas, de l’adéquation des lois avec les ordres divins. 

C’est le velayat e-faqih, qu’on traduit par «tutelle du jurisconsulte», ce jurisconsulte qu’on appelle le  «Guide Suprême». 

A la mort de Khomeini, le successeur désigné, l’Ayatollah Montazeri, était en disgrâce car il avait critiqué les exécutions massives d’opposants politiques. C’est Ali Khamenei qui le remplaça : il n’avait aucun charisme, une compétence religieuse minime (il fut bombardé ayatollah en urgence), un passé de terroriste ; il était dévoué au défunt Khomeini. 

Le très malin Akbar Hashemi Rafsandjani, président de la République, qui fait élire Khamenei par l’Assemblée des experts, pense qu’avec un Guide Suprême aussi peu reluisant, c’est lui qui deviendra le véritable maitre du pays. Erreur : s’appuyant sur les Gardiens de la Révolution, leur concédant des pouvoirs de plus en plus exorbitants, Khamenei entame un règne qui depuis 37 ans a prolongé la servitude de la population iranienne.

Khomeini avait confisqué Dieu. Au nom de cette appropriation, il a envoyé sans l’ombre d’un remords des enfants de douze ans, munis d’un collier en plastique présentant les clefs du paradis, se faire massacrer sur les mines et les batteries irakiennes pendant la guerre qui ravagea les deux pays.

Axe de la « résistance »

Par sa victoire sur le Shah, il était devenu une référence pour certains penseurs occidentaux qui se voulaient alors à la pointe du progrès intellectuel. Certains de leurs héritiers sont prêts encore aujourd’hui à témoigner à la théocratie qu’il a créée beaucoup d’indulgence et beaucoup de silence puisqu’elle se trouve dans le camp du bien, celui de l’anti-impérialisme, de l’anticolonialisme et de l’antisionisme. Le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU a même offert à l’Iran la présidence d’un Forum social dédié aux droits des femmes, une décision particulièrement sinistre quelques mois après l’assassinat de Mahsa Amini et la répression féroce du mouvement Femme, Vie, Liberté.

En 1979, Khomeini ne cherchait pas uniquement à bâtir une théocratie en Iran. Il désirait éloigner le monde musulman des néfastes tentations occidentales, l’islamiser suivant ses normes avant de l’envoyer à la conquête du monde. Mais comment faire alors qu’un musulman sur dix seulement est chiite duodécimain, la seule catégorie, et encore, susceptible de considérer l’ayatollah Khomeini comme son guide spirituel ?

La solution, d’une simplicité géniale, a été reprise par Khomeini aux candidats laïcs à l’hégémonie arabe : il s’agissait de faire de l’Iran  la tête de file d’un combat sacré unissant tous les musulmans contre un ennemi commun diabolisé. L’Etat d’Israel, cet Etat dont le nom n’est jamais prononcé, présentait évidemment tous les avantages : suffisamment récent pour que le ressentiment soit vif, suffisamment petit pour que la victoire paraisse à portée de main, suffisamment ancien pour que ressorte le vieux mépris envers le juif dhimmi et suffisamment cohérent politiquement puisque le Shah avait avec Israël des relations quasi-diplomatiques.

Lorsque Khomeini s’installe au pouvoir en 1979, Yasser Arafat est donc le premier homme politique accueilli à Téhéran. Il reçoit les clefs de l’ancienne délégation d’Israel devenue Ambassade de la Palestine et une journée de Jérusalem est décrétée chaque année le dernier vendredi du mois de Ramadan. 

Mais – hélas! –  l’idylle est de courte durée. Au lieu de soutenir Khomeini lors de la guerre avec l’Irak, Arafat reste fidèle au camp sunnite et prend le parti de Saddam Hussein.

Mais Khomeini a une autre carte sunnite dans la main, celle des Frères Musulmans. Il apprécie leurs théories, surtout la version deSayyid Qutb, héritier intellectuel de Hassan el Banna, plus radical que ce dernier, qui a explicitement appelé au djihad contre l’Occident et que Nasser a pendu. C’est un jeune militant extrémiste iranien, Navvab Safavi, plus tard exécuté par le Shah, qui a servi de lien idéologique alors que Khomeini était encore à Qom et qui l’a convaincu que les divergences entre sunnites et chiites pesaient moins que la lutte contre l’ennemi impérialiste et sioniste.

L’alliance entre Frères Musulmans et Iraniens passera par des périodes de tension, par exemple en 1982 quand les frères Assad, alliés de l’Iran, massacreront les Frères musulmans en Syrie à Hama, mais elle ne sera jamais complètement rompue.

Dans les années 80, une partie des Frères Musulmans égyptiens, très malmenés par Nasser, sort des prisons sous Sadate qui cherche à les cantonner à des activités sociales. Mais une branche plus jeune du mouvement, influencée par Qutb, retourne dans la clandestinité, assassine Sadate, et prépare la future al-Qaida. Le Frère musulman palestinien Abdullah Azzam devient le mentor du jeune Oussama Ben  Laden. Celui-ci entretiendra un mariage de raison avec l’Iran sur la base de leurs ennemis communs, faisant des différences religieuses entre sunnites et chiites un point de divergence secondaire par rapport à la lutte contre l’ennemi commun occidental (Daech, au contraire, a fait du massacre des renégats chiites une exigence religieuse).

Au début des années 90, l’Iran, désormais dominé par les Gardiens de la Révolution, est devenu ainsi le principal soutien financier du Hamas, créé en 1987 par la branche palestinienne des Frères Musulmans. Khaled Machaal, l’un de ses chefs, a déclaré que le Hamas était le fils spirituel de l’Ayatollah Khomeini.

Au-delà des financements, l’Iran a fourni au Hamas un savoir-faire militaire (missiles) et une profondeur stratégique (l’axe de la «résistance» avec le Hezbollah libanais, la Syrie des Assad, les chiites irakiens, les Houthis du Yémen).  A l’abri derrière ses proxies, l’Iran, aidé par la naïveté et le déni de la guerre qui étaient de règle en Occident, construisait patiemment son arsenal nucléaire dont il voulait faire le symbole de sa suprématie dans le monde islamique et dont chacun comprenait que Israël en serait la première cible.

L’alliance avec les Frères Musulmans ne facilitait pas seulement à l’Iran le soutien du monde sunnite. L’utilisation des réseaux relationnels que les Frères avaient patiemment tissés dans les pays occidentaux lui permettait de mieux infiltrer ce monde et y trouver des soutiens d’autant plus efficaces qu’ils n’étaient pas explicites.

Des spécialistes comme Emmanuel Razavi ont expliqué le détail de la « pieuvre » que l’Iran avait peu à peu construite à l’intérieur de nos pays avec l’appui naïf ou intéressé de personnalités d’influence ou de pouvoir. Il ressort notamment de leurs travaux l’image d’un Iran extrêmement actif dans la désinformation et la propagande anti-israélienne.

Demain, la guerre ?

La question de l’intervention des Américains ou des Israéliens ou des deux est aujourd’hui sur toutes les lèvres. Beaucoup pensent qu’elle est inéluctable. Certains regrettent déjà une nouvelle atteinte à l’ordre international, comme si ces termes avaient un sens avec un régime qui depuis près de cinquante ans vit par la terreur, le mensonge, l’hypocrisie et la menace et qui n’hésitera devant rien pour détruire ses opposants.

D’autres alertent sur une chute des mollahs qui engendrerait un chaos inimaginable, et ils rappellent des exemples tels celui de l’Irak ou de l’Afghanistan. Ces exemples ne sont pas pertinents, s’agissant pour le premier d’un pays artificiel aux multiples fractures ethniques et religieuses, pour l’autre d’une impossible géographie combinée à un grand conservatisme matériel et spirituel et pour les deux à l’absence d’une figure d’incarnation démocratique.

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Le gouvernement iranien est unanimement détesté dans son pays (plus de 80% d’opposants disent les spécialistes), alors que, contrairement au passé, un successeur potentiel largement consensuel se détache, Reza Pahlavi, dont les récentes interventions ont montré qu’il avait une véritable envergure de rassembleur pour une nation traumatisée mais en grande partie de haut niveau intellectuel.

Plus importants, probablement aux yeux de Donald Trump, sont les réactions de ses alliés arabes qui malgré les divergences avec l’Iran ne voient pas d’un bon œil un écrasement de l’Iran qui pourrait renforcer un Etat d’Israel qui, accords d’Abraham ou pas, est perçu par leur population comme l’ennemi.

A cela s’ajoutent les deux pays où l’influence des Frères Musulmans est majeure: le Qatar qui partage avec l’Iran l’exploitation de ses ressources gazières et surtout la Turquie d’Erdogan, un allié américain au poids militaire important, à la fiabilité douteuse et à l’hostilité anti-israélienne profonde, dont les grandes ambitions géopolitiques se concilient assez bien, sur le dos des Kurdes notamment, avec un Iran voisin aux abois avec lequel il entretient des relations économiques profondes.

Et puis, il y a la Russie qui perdrait un allié militairement important dans sa guerre contre l’Ukraine alors qu’elle vient de subir un échec au Vénézuéla. Il y a la réaction potentielle de la Chine qui apprécie les fournisseurs de pétrole à prix cassés comme le sont les Iraniens, qui pour l’instant ne s’est pas exprimée, qui ne peut qu’être hostile à la chute des mollahs, qui sait qu’elle est en ligne de mire du président américain et qui ne peut que chercher à profiter de ses moindres défaillances.

Il y a surtout l’imprévisibilité de Donald Trump lui-même, un homme dont l’inculture, la brutalité langagière, le narcissisme, la fausse virilité et le goût du spectacle masquent une réelle cohérence géopolitique. Enfin, bien entendu, il y a la crainte des conséquences de la guerre sur les populations civiles en Iran, mais aussi dans les pays que l’Iran menace de représailles. Israël, qui est au premier rang de ces menaces s’y prépare depuis longtemps. Malgré les risques à court terme pour le pays, on y trouve bien peu de citoyens prêts à accorder la moindre confiance à une mollahcratie qui a fait du mensonge, de la terreur et de la haine des Juifs l’oxygène de sa survie.

Malentendus et quiproquos

Terroriste ou résistant ? Antisémite ou antisioniste ? Nous employons tous les mêmes mots mais ils n’ont pas toujours le même sens. Nous n’avons pas le même récit, les mêmes héros, les mêmes valeurs. Le séparatisme est aussi dans la langue.


Il y a beaucoup de malentendus chez nous autres Occidentaux. Nous péchons trop souvent par occidentalo-morphisme. Nous prêtons aux populations du tiers-monde des sentiments, des idéaux, des aspirations qui sont ceux du monde libre mais qui ne font pas rêver grand monde de l’autre côté de la planète. Les islamistes succèdent aux dictateurs après les printemps arabes. L’URSS tombe et les masses russes nostalgiques d’une l’époque où l’empire écrasait, annexait, soumettait ses voisins élisent un petit caporal du KGB aux pratiques mafieuses. Ailleurs, la liberté qui devait sauver le monde effraye ou indiffère, et nous allons de déceptions en désillusions.

Revenus des échecs répétés à exporter la démocratie, conscients que l’idéalisme néo-conservateur est une utopie dangereuse, c’est à présent chez nous que nous sommes déçus. Après avoir laissé entrer des millions de musulmans à qui nous avons donné des papiers et offert le monde libre, nous constatons, amers et inquiets, qu’une partie d’entre eux crache dessus. Dans les années 1980, les vieilles femmes arabes intégralement voilées de blanc que l’on croisait à la Goutte d’or nous semblaient être une espèce en voie de disparition. Le vent de notre liberté envolait les voiles des jeunes générations de maghrébines échevelées et délurées. À présent, le quartier serait hanté par des fantômes de femmes dans l’uniforme de l’ennemi si on laissait faire.

Des Français arabes avec cuir et banane faisaient du rock’n’roll. Les Costards chantaient : « Pour me remplir les poches, je m’envoie des vieilles pleines d’artiche, et plus elles sont moches, et plus je deviens riche. » Carte de séjour reprenait « Douce France, cher pays de mon enfance. »

Aujourd’hui, c’est Nique la France à tous les étages. Quelque chose a changé. Entre la France et ces néo-Français, il y a comme un malentendu.

Il y a aussi quelques quiproquos dans le débat public. Nous utilisons les mêmes mots que nos adversaires politiques mais ils n’ont pas toujours le même sens.

Nous nous insurgeons lorsque l’islamo-gauchiste appelle « résistant » un membre du Hamas.

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Pour nous, un résistant, c’est un Français qui est parti à Londres continuer le combat quand la France chantait Maréchal nous voilà.

Un résistant, c’est aussi celui qui fait sauter les rails d’une voie de chemin de fer pour stopper un train qui emporte des soldats, des tableaux de maîtres vers l’Allemagne, ou même, quand il reste de la dynamite, un convoi de familles juives en partance pour l’extermination.

Un résistant, c’est même celui qui s’est planqué dans le maquis pour échapper au STO et en est redescendu après la bataille pour tondre celles qui s’étaient données au vainqueur.

Mais dans notre langue, jamais le résistant ne prend en otages des civils, ne viole des femmes ou ne tue des enfants, et inversement.

Dans le monde islamique, la résistance c’est autre chose. N’est-ce pas par le viol, le meurtre et le rapt de civils, depuis l’Hégire, la conquête ottomane, les barbaresques, le FLN algérien, les mouvements de libération de la Palestine, et aujourd’hui le djihadisme, que l’Islam résiste à l’existence offensante d’autres religions, d’autres peuples, d’autres pensées, d’autres mœurs, d’autres façons d’être femme et à toutes les façons d’être homosexuel ?

Aussi, lorsque l’islamo-gauchiste tient à reconnaître au Hamas aujourd’hui comme à l’OLP hier, qui n’avait pas attendu les Frères musulmans pour poser des bombes réglées sur l’heure de la sortie devant les écoles ou pour attaquer des athlètes dans un village olympique ; lorsque le LFiste voit des résistants chez ceux qui se planquent derrière leurs femmes et leurs enfants pour lancer des roquettes sur des villages israéliens, même si nous avons du mal à lui donner raison, nous devons reconnaître qu’il a ses raisons. Et manifestement, il n’est pas question pour lui d’accepter que l’on réduise le terme « résistant » à sa seule acception occidentale et judéo-chrétienne.

Sur l’antisémitisme et l’antisionisme, là encore, il y a malentendu. Nous disons à l’islamo-gauchiste, au bord de l’intelligence avec l’ennemi, que l’antisionisme est le nouveau nom de l’antisémitisme et il s’en indigne. Il défend son droit d’être antisioniste sans être antisémite, enfin celui chez qui le gauchisme est la conviction et l’islamisme l’opportunité car les choses sont moins claires chez celui pour qui c’est l’inverse. Il faut le comprendre. Le sioniste est le Juif souverain, celui qui relève la tête, hisse un drapeau, chante un hymne, défend ses frontières, prend les armes et rend les coups. Le juif qui, s’il voulait contrarier un gauchiste ne s’y prendrait pas autrement.

En revanche, il n’a rien contre le juif sans frontières, donc sans défense. Celui d’avant, qui rasait les murs dans les ghettos, à la merci des pogroms. Il n’a aucun problème avec le capitaine Dreyfus ou avec Anne Frank. En poussant un peu on pourrait dire que pour l’islamo-gauchiste, un bon juif est un juif persécuté ou un juif mort.

Et puis il a de très bons amis juifs parmi lesquels il compte Daniel Schneiderman ou Rony Brauman, alors l’accuser d’antisémitisme, on n’est pas loin du complot juif, enfin sioniste.

Il aime les juifs apatrides, dhimmis, dilués ou dispersés parmi les nations, pas souverains. Stefan Zweig et Marc Chagall, oui. Ariel Sharon et Benyamin Netanyahu, non.

Il n’est donc pas antisémite, il est antisioniste, dans le cadre de la définition : l’antisionisme, c’est le droit des peuples à disposer de leurs juifs.

L'affranchi

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La fermeture des maisons Klaus

La France a décidé d’interdire les maisons closes (réellement closes depuis 1946) après la collaboration


Pour Jean-Philippe Tanguy, membre actif du RN et député de la Somme, ce serait une bonne chose que la réouverture des maisons closes, afin d’offrir aux prostituées un cadre de travail sécurisant et à leurs clients un plaisir sécurisé.

N’en déplaise aux coincés de la braguette, à l’heure où les bistrots et bars PMU demandent leur inscription au patrimoine de l’Unesco, les maisons closes méritent une opération portes ouvertes. Elles ont inspiré la plume d’écrivains comme Guy de Maupassant, le pinceau de peintres comme Toulouse-Lautrec… illustrant tous les charmes de la Belle Époque.

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Une éventuelle réouverture de ces maisons de tolérance, réellement closes depuis 1946, amène à se demander pourquoi elles ont été fermées. C’est, à la fin de la dernière guerre, à la Libération, à l’heure de l’épuration, l’idée d’une certaine Marthe Richard. Élue de Paris, elle prétendait mettre fin à l’exploitation des morues par des maquereaux, mais ce n’est pas ce fléau qui fit pencher la balance. Durant l’Occupation, les Hans, Franz et autres Klaus de l’armée allemande composaient une clientèle qui raffolait des petites femmes du Gross Paris, dans des établissements comme le One Two Two ou Le Chabanais. Marthe Richard enfonça le clou : « Durant l’Occupation, les maisons de tolérance ont été des centres actifs de la trahison, leurs tenanciers des pourvoyeurs de la Gestapo ». La fermeture le 13 avril 1946 des bordels sanctionnait ainsi la fesse cachée de la collaboration. Accessoirement Marthe Richard demandait la destruction du fichier des filles « soumises », tenu par la police. Pour se refaire une « virginité » ? Née le 15 avril 1889 en Lorraine, Marthe avait fait ses premiers pas dans la vie active en battant les trottoirs de Nancy, avant de monter à Paris, pour tenir le haut du pavé, grâce à des amours intéressées et des liaisons enrichissantes.

Un scoop: les policiers ne sont pas des bureaucrates…

Une révolution procédurale ? Le nouveau préfet de Paris entend décharger les policiers des tâches répétitives grâce à l’IA et aux technologies (vidéoprotection algorithmique, automatisation, simplification administrative) pour qu’ils puissent se consacrer pleinement à l’enquête et à la sécurité opérationnelle.


Le nouveau préfet de police, Patrice Faure, a un plan de bataille pour endiguer la délinquance à Paris[1]. Il mise « sur le savoir-faire de ses 43 000 agents mais également sur les nouvelles technologies telles que les drones, l’IA et les caméras intelligentes ». Je ne doute pas de l’efficacité de ces dispositifs, mais l’essentiel réside dans la volonté du préfet – confortée par la détermination du ministre de l’Intérieur – de redynamiser l’investigation et le judiciaire.

Formalisme procédural excessif

Actuellement, au sein de la préfecture de police, la filière investigation emploie environ 6 000 enquêteurs, dont un tiers au sein de la PJ et deux tiers au sein de la sécurité publique. Cela fait des années que, sans me pousser du col, je dénonce oralement et par écrit la plaie de la bureaucratie procédurale, qui affecte pour le pire aussi bien l’activité policière que les processus judiciaires. Aussi, quand le préfet déclare que « les enquêteurs ploient sous des montagnes de dossiers et ont le sentiment de passer davantage de temps à répondre au formalisme procédural qu’à contribuer à la manifestation de la vérité », on comprendra pourquoi sa dénonciation me touche et me convainc.

Le culte excessif des formes et des garanties, le respect obsessionnel de la périphérie, sont en train d’étouffer l’essentiel : le fond et la possibilité qu’il devrait offrir – débarrassé de toutes les superfluités qui font souvent davantage plaisir aux transgresseurs qu’aux enquêteurs – de se consacrer à l’élucidation et, en définitive, à la manifestation de la vérité.

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Ce n’est pas l’accumulation des délais, des détails, des permissions ici, des interdictions là, de mille obstacles entre le réel à questionner et la mission des investigateurs, qui rendra les enquêtes plus rapides et plus opératoires, bien au contraire. Elle n’a pour effet, et souvent pour but, que d’entraver, en se trompant de cible, l’impératif premier d’une société et d’une démocratie décidées à se protéger et à se défendre : la qualité des armes dont elles disposent et le droit d’en user.

Rupture

Ce propos du préfet de police dépasse très largement le champ qui est le sien et renvoie, bien au-delà de celui-ci, aux méfaits du byzantinisme procédural et de l’enchevêtrement des normes dans le domaine judiciaire, notamment en matière criminelle.

Quand, à Paris comme à Aix-en-Provence, « les juridictions vont libérer des criminels faute de pouvoir les juger dans les temps… la justice pénale n’étant plus au bord du gouffre mais en chute libre », l’alternative est simple pour les magistrats concernés : soit ils s’estiment capables et légitimes pour adopter des pratiques de rupture qui, devançant ou contredisant la loi, chercheraient par tous les moyens à éviter le scandale de libérations dangereuses ; soit l’on change très rapidement les règles de l’État de droit, en lui assignant une priorité de sauvegarde sociale, afin de prévenir le pire annoncé par certains procureurs généraux. Qui, réunis, ont d’ailleurs suggéré que puisse être instauré un plaider-coupable en matière criminelle, à la double condition que les faits soient intégralement reconnus et que leur auteur y consente. Une telle procédure réduirait à l’évidence le nombre considérable de dossiers en souffrance.

La conclusion à tirer de ces constats négatifs est qu’il convient de ne pas faire endosser aux enquêteurs et aux juges un rôle pour lequel ils ne sont pas faits : ils ne sont pas voués à être des bureaucrates.


[1] https://www.lefigaro.fr/actualite-france/agressions-cambriolages-escroqueries-le-plan-de-bataille-du-nouveau-prefet-de-police-pour-endiguer-la-delinquance-a-paris-20260113

🎙️ Podcast: Iran, Venezuela, Groenland: Donald Trump omniprésent

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Avec Harold Hyman, Gil Mihaely et Jeremy Stubbs.


A l’heure actuelle, Donald Trump semble avoir mis en pause l’idée d’une intervention militaire en Iran – à moins que ce ne soit une feinte avant une frappe décisive. En tout cas, depuis son action contre le régime des mollahs en juin 2025 et celle, plus récente, pour décapiter le régime de Maduro au Venezuela, toute menace de la part de Donald Trump est à prendre au sérieux.

On apprend que les Américains seraient en négociation avec les autorités iraniennes. En réalité, il y a toujours des contacts fréquents entre les deux gouvernements, par exemple au sujet d’événements se passant en Irak où les deux sont présents. Quand on annonce des « négociations », il s’agit d’une mise en scène particulière de ces contacts. Dans le cas présent, ce n’est pas dans l’intérêt des Etats-Unis d’accepter trop vite des concessions de la part du régime iranien, car en continuant de mettre la pressions sur ce dernier, ils pourront en obtenir beaucoup plus.

A lire: Iran: qui aura le plus peur?

Si l’opération pour enlever Maduro s’est révélée une réussite totale sur le plan de l’exécution, il faut se demander si le risque pris par Donald Trump en commandant une telle action n’était pas trop élevé par rapport à l’avantage à en tirer. Il se peut que le président américain ne soit pas prêt, à l’heure présente, à prendre un risque similaire ou encore plus élevé en Iran.

Dans le cas du Venezuela, Trump semble jouer sur deux tableaux à la fois, en maintenant au pouvoir le numéro deux de Maduro, Delcy Rodríguez, et en recevant à Washington la grande figure de l’opposition, María Corina Machado. Cet opportunisme d’acrobate trouve un reflet dans la posture qu’il adopte, qui n’est ni celle d’un George Bush va-t-en-guerre, ni celle d’un Jimmy Carter timide.

Dans la mesure où il ne faut pas sous-estimer le sérieux des menaces de Donald Trump, celles concernant le Groenland pourraient représenter un grand danger pour son administration si elles étaient réalisées. Non seulement une action militaire contre le Groenland pourrait ébranler sérieusement l’alliance atlantique avec les Européens, mais elle pourrait aussi constituer un cas de conscience pour tout officier supérieur appelé à conduire des missions dans le cadre d’une telle action. De plus, il est fort possible qu’une trop grande focalisation sur la politique étrangère finisse par empoisonner le mouvement MAGA de l’intérieur, d’autant que la base du président ne partage pas son intérêt pour le Groenland.

A lire: Delcy Rodriguez: femme de paille ou grande intrigante?

Donald Trump a l’air d’être omniprésent en ce moment. Est-ce qu’il n’est pas en train de trop présumer de ses propres forces – et des forces américaines ainsi que de la patience du public américain?

À table avec Albert Nahmias

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Figure incontournable de la gastronomie française depuis près d’un demi-siècle, le critique, consultant et confident des grands chefs Albert Nahmias publie le guide de ses meilleures tables parisiennes. De quoi ouvrir l’appétit.


Albert Nahmias ne touche pas une casserole mais règne sur les cuisines de France et de Navarre avec une prédilection pour celles de la capitale. « Marrakchi d’inspiration, parisien à mi-temps et newyorkais de cœur (ou l’inverse) », selon les mots de son fidèle ami Gilles Pudlowski, Monsieur Albert est doté d’une insatiable curiosité et d’un sérieux flair pour dénicher le chef talentueux et la table accueillante. Il a lui-même construit sa légende dès la fin des années 1970 en ouvrant avec son épouse d’alors, Dominique Versini, le restaurant Olympe dans le quartier Montparnasse. Cuisinière autodidacte et inspirée, Madame est aux fourneaux et Monsieur à la salle. Personne ne résiste à sa faconde, à son humour, et Olympe devient le refuge discret du Tout-Paris.

120 adresses

La vie l’éloigne du XVe arrondissement mais le rapproche de tous les chefs qui ont inscrit la gastronomie dans notre roman national. La lecture de ses Petites Histoires de grands chefs (Éditions Hugo & Cie, 2015), préfacé par Alain Ducasse, donne la mesure de la démesure rabelaisienne d’une existence vouée à la bonne chère et à ceux qui la travaillent, jusqu’à devenir une histoire d’amitiés. Albert Nahmias aime les saveurs exotiques autant que les brasseries chics, les bistrots autant que les grandes tables. Il aime la fantaisie et la subtilité, ces compagnons d’une noble bombance.

A lire aussi, Emmanuel Tresmontant: « La morue? Oui, chef! »

On retrouve cette générosité au fil des pages de Promenades d’un Parisien. Soit 120 adresses, connues et méconnues, qui prouvent que Paris demeure une capitale de la gastronomie. Ne cherchez pas les petits cœurs ou la note sur dix. Si ces restaurants figurent dans ce guide, c’est qu’ils le méritent. Le seul classement dans cet ouvrage est thématique : viande ; poisson ; innovant ; bistrot ; brasserie ; classique ; méditerranéen ; italien, asiatique et bouillon. Albert Nahmias franchit même le Périph pour fureter les bons plats servis à Boulogne-Billancourt, Clichy et Meudon.

De son œil, il décrit la salle, son décor et son atmosphère ; de son palais, il passe au crible la qualité des mets. Tous les mets. Du cèleri rémoulade du Bacca’v de Gilles Choukroun (Ve) à la gelée de homard au caviar de l’Atelier Joël Robuchon (VIIIe) en passant par la soupe du Phở Bida Vietnam (XIIIe), ce sont toutes les traditions, tous les savoir-faire qui défilent pour le plus grand bonheur de l’amateur qui cherche à se sustenter.

Le plus dur sera de choisir.


Promenades d’un Parisien, Albert Nahmias, préface de Gilles Pudlowski, Florentin, 2025. 164 pages

Promenades d'un parisien

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Petites histoires de grands chefs

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Mercosur, festival de postures

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L’Assemblée nationale n’a pas adopté les deux motions de censure défendues par Mathilde Panot pour LFI et Hélène Laporte pour le RN, hier. La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen devrait signer le traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur le 17 janvier au Paraguay.


En dépit de l’opposition française, le traité du Mercosur sera signé. Ce qui nous offre un impayable festival de postures. Comme l’a dit le Premier ministre en réponse aux motions de censure à venir de la part du RN ou LFI, tout le monde en France est désormais contre, y compris ceux qui l’ont soutenu.

À l’exception de quelques éditorialistes courageux, traités de « libéraux » – une insulte suprême en France, nous observons une soudaine unanimité contre un traité négocié depuis 30 ans.

Torrents d’émotion et de pleurnicheries

Les Européistes qui nous expliquaient qu’être contre l’UE, c’était fasciste découvrent que dans l’Europe à 27 très peu de décisions sont prises à l’unanimité et que donc, une opposition de la France peut être surmontée. Si le Mercosur peut exister contre la France, c’est parce que le traité de Lisbonne a fait revenir par la fenêtre la Constitution chassée par la porte.

Les libre-échangistes qui éructaient dès qu’on parlait de protectionnisme découvrent tout à coup les vertus des frontières. Même Emmanuel Macron, président qui assume en temps normal son européisme, renonce à défendre les améliorations qu’il a obtenues dans la négociation pour aller dans le sens de l’opinion.

Résultat : le Mercosur, c’est notre bouc-émissaire idéal, le nouveau diable, le Goldstein de 1984 qui est responsable de tous nos maux.

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Mais on peut comprendre la colère des agriculteurs, bien sûr. On peut et on doit la comprendre. Cela ne signifie pas pour autant qu’ils ont raison sur tout. Or, comme les gilets jaunes à leurs débuts, les agriculteurs et leur colère sont sanctifiés. Les « agriculteurs », déjà, cela ne veut rien dire. Ils ne pensent pas tous la même chose. On pleure sur leur sort et pendant ce temps on achète de la sauce tomate fabriquée en Chine ou des ananas en décembre.

Si des paysans se suicident, si leurs enfants abandonnent, si tant d’exploitations disparaissent, ce n’est pas à cause du Mercosur, lequel n’est pas encore entré en vigueur. La concurrence intra-européenne voire chinoise les pénalise beaucoup plus, ainsi que l’avalanche de normes européennes parfois alourdies par la France. Le Mercosur devrait être bénéfique, non seulement pour notre industrie, mais aussi pour certains secteurs agricoles. Il ne s’agit pas d’applaudir le Mercosur, mais on doit pouvoir aussi le dire.

Par ailleurs, de même qu’on ne peut pas avoir une industrie française et payer nos iPhones au prix du travail chinois, on ne peut pas exiger une alimentation à bas prix et une agriculture de qualité. Il faut choisir. Si on veut des poulets qui gambadent en France et des vaches qui broutent de l’herbe dans nos jolies provinces, il faut changer de téléphone ou de Nike moins souvent. Les agriculteurs devraient se méfier de leurs 60 millions d’amis qui dénoncent en cœur les effets dont ils chérissaient les causes.


Cette chronique a été diffusée sur Sud Radio

Retrouvez Elisabeth Lévy dans la matinale de Patrick Roger

Nouvelle-Calédonie: l’État doit soutenir les loyalistes attachés à la France

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Demain, 16 janvier, Emmanuel Macron réunit à Paris les responsables politiques calédoniens pour relancer les discussions sur l’avenir institutionnel du territoire. Mais la rencontre semble vouée à l’échec avant même d’avoir commencé, le FLNKS ayant, dans un ultime affront au chef de l’Etat, refusé d’y participer.


Depuis mai 2024, l’État recule face à une stratégie indépendantiste fondée sur le rapport de force. Les faits sont éloquents. Cette année-là, le gouvernement entreprend de corriger une anomalie démocratique majeure issue des accords de Nouméa: le gel du corps électoral, privant des citoyens français du vote là où ils habitent, pour les élections provinciales déterminantes sur ce territoire largement autonome.

Chronique d’un abandon progressif

À l’initiative de Gérald Darmanin et de Gabriel Attal, une réforme est proposée pour intégrer les natifs et les résidents installés depuis plus de dix ans : près de 26 000 citoyens français, soit environ un quart du corps électoral potentiel, jusque-là exclus du vote provincial, qui détermine également la composition du Congrès de Nouvelle-Calédonie, organe législatif dont est issu l’exécutif local. Le Sénat puis l’Assemblée nationale adoptent le texte à une très large majorité, lui conférant une légitimité politique et institutionnelle incontestable.

Les émeutes insurrectionnelles

Le jour même du vote à l’Assemblée nationale, des émeutes insurrectionnelles éclatent sur le Caillou. Elles durent plusieurs semaines, provoquant 14 morts – dont deux gendarmes –, plus de 700 blessés, ainsi qu’une paralysie économique durable. Les dégâts matériels sont estimés à 2,2 milliards d’euros. L’État cède immédiatement : la réforme est suspendue, puis abandonnée à l’automne 2024 et les élections provinciales sont reportées.

C’est dans ce contexte que Manuel Valls, nommé ministre des Outre-mer, reprend le dossier. En mai 2025, lors de la réunion de Deva en Nouvelle Calédonie, il propose – à la stupéfaction générale – un schéma d’« indépendance-association » perçu par beaucoup comme un renoncement à la souveraineté française. Le projet prévoit le transfert de compétences régaliennes essentielles à un futur « État calédonien », ne laissant à la France que des prérogatives résiduelles. Les loyalistes s’y opposent, estimant qu’il s’agirait d’un abandon du territoire au profit des indépendantistes.

Le compromis de Bougival, puis son effondrement

Face à un rapport de force défavorable, avec désormais un gouvernement qui ne les défend plus, les loyalistes adoptent une stratégie de repli pragmatique. À Bougival, en juillet 2025, ils acceptent un compromis institutionnel déséquilibré, comportant de nombreuses concessions : création d’un « État de Nouvelle-Calédonie » au sein de la République, reconnaissance d’une nationalité calédonienne distincte, élargissement des compétences locales et possibilité de transferts régaliens par un vote renforcé du Congrès. En échange, ils obtiennent un dégel partiel du corps électoral pour les résidents depuis plus de dix ans.  L’accord est signé par toutes les parties, y compris le FLNKS.

Mais dès l’été 2025, le FLNKS renie sa signature et se retire de l’accord sous la pression de sa base, jugeant le texte incompatible avec l’objectif d’indépendance pleine et entière. L’État tente alors de sauver le processus en annonçant une consultation populaire sur le texte de Bougival, avant d’y renoncer face à la menace de boycott et au risque de nouvelles violences.

Retour à la case départ

La concertation annoncée début 2026 par Emmanuel Macron intervient dans un climat d’incertitude totale : la réforme électorale a été abandonnée, l’accord de Bougival est caduc et la Nouvelle-Calédonie se retrouve dans une situation identique à celle de début 2024, mais avec un État affaibli et une économie exsangue.

Dans cette séquence, les loyalistes apparaissent comme les grands perdants. Ils ont accepté des compromis défavorables proposés par l’État et assumé la responsabilité de la stabilité de l’île, sans jamais obtenir de réciprocité.

Le dégel du corps électoral, une nécessité

Le dégel du corps électoral est indispensable. Il conditionne la légitimité des élections provinciales et l’égalité civique des citoyens français de Nouvelle-Calédonie. Tant que l’État n’affirmera pas clairement cette priorité, il restera prisonnier d’un dialogue asymétrique où l’un des acteurs refuse toute solution qui ne conduirait pas mécaniquement à l’indépendance.

Il faut également tirer une conclusion politique évidente : le FLNKS n’acceptera aucun compromis significatif.  Son objectif est l’indépendance, et rien d’autre. L’État doit en prendre acte et cesser de structurer sa stratégie autour d’un acteur qui refuse la démocratie et mise sur le départ des non kanak de l’île.  A trois reprises, les Calédoniens ont voté par référendum pour rester français. La responsabilité de Paris est désormais d’avancer avec la population calédonienne attachée à la France, à l’égalité civique et à la stabilité.

Mayotte : Comment l’immigration détruit une société

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Antisèches antisémites

Le président Emmanuel Macron a dénoncé hier le contenu d’un manuel scolaire de révision du baccalauréat jugé « intolérable » pour avoir déformé les faits du conflit israélo-palestinien et relativisé les attaques du Hamas du 7 octobre 2023, poussant l’éditeur Hachette à rappeler les exemplaires concernés. « Un manuel de révision du baccalauréat qui falsifie les faits: c’est intolérable », a estimé M. Macron, ajoutant que « le révisionnisme n’a pas sa place en République ». Face à la polémique, la LICRA avait signalé les passages controversés et motivé les excuses publiques et la correction de l’ouvrage par l’éditeur.


Ça ose tout… C’est même à ça qu’on les reconnaît. Bien sûr, en fins connaisseurs d’Audiard que vous êtes, vous aurez immédiatement complété le propos. « Les » mais qui donc sont ces « Les » ? Les cons bien entendu.

En fait vous y êtes presque. Il s’agit bien de cons. Mais en pire, en plus dangereux puisqu’ils appartiennent à cette engeance bien pourrie qui s’immisce un peu partout dans notre société ces temps-ci, les négationnistes-révisionnistes-antisémites.

On les trouve même à la rédaction de manuels de révision pour le bac publiés par une des plus glorieuses enseignes de l’édition française, Hachette pour ne pas la nommer.

L’objet du délit. J’allais écrire l’objet du crime, car, en effet, à ce niveau de mauvaise foi, de malhonnêteté intellectuelle, de falsification du réel, de viol de la vérité, on peut parler de crime. Le manuel en question prétend aborder le conflit israélo-palestinien, en particulier les sinistres événements du 7 octobre 2023. Voilà ce qu’on peut y lire : « En 2023, à la suite de la mort de plus de 1200 colons juifs lors d’une série d’attaques du Hamas, Israël décide de renforcer son blocus économique et d’envahir une grande partie de la bande de Gaza, entraînant une crise humanitaire de grande ampleur dans la région. »

Nous sommes devant une transcription pour le moins militante des faits, qui en douterait ? « La mort (de quoi, d’ailleurs ? d’un coup de chaud concomitamment à l’attaque, sans doute) de plus de 1200 colons juifs, est-il écrit. »  Oui, « colons juifs » tient-on à préciser, histoire bien évidemment de laisser entendre que les horreurs, les viols, les tortures subis par ces victimes n’étaient pas si immérités que cela et que ce qui leur a été infligé ne saurait être désigné par les seuls mots qui pourtant conviennent : pogrom, massacre, barbarie…

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On soulignera par ailleurs le peu de souci que le rédacteur a de préciser ce qu’est en réalité le Hamas. À lire ces lignes, quel élève en révision de bac irait de lui-même lui accoler le qualificatif terroriste ? Qualificatif que les instances internationales ont d’ailleurs validé, certaines en traînant quelque peu les pieds, il est vrai.

Pire encore, Israël est ici désigné comme le seul vrai coupable de cette avalanche de drames. Coupable d’avoir décidé (sans vraie raison, par caprice, sous le feu d’un subit délire paranoïaque, peut-être bien ?) « d’envahir une grande partie de la bande de Gaza et d’avoir causé la grande crise humanitaire qui s’en est suivie ».    

J’imagine un instant la frustration du pondeur – ou de la pondeuse – de ces lignes, son dépit de n’avoir pas pu aller au bout de son intention,  d’avoir dû renoncer à employer le terme de « génocide » ! Il (ou elle) aurait tellement préféré cela ! Mais c’était poussé le bouchon de la haine et du mensonge un peu trop loin tout de même.

Devant un tel déni, une telle manipulation de la réalité, même le président Macron a jugé utile de se cabrer. C’est dire. Il condamne. Avec fermeté. Sa main ne tremblera pas, croit-on comprendre, chaque fois qu’il s’agira de lutter contre l’antisémitisme. Comment le croire, lui qui, plombé de trouille, s’est abstenu de marcher contre cette peste désormais revigorée chez nous, lorsque les présidents des deux chambres parlementaires de la République y appelaient. Allons donc ! Tartuffe un jour, Tartuffe toujours…

Reste la question terrifiante : comment est-il possible que quelqu’un, aujourd’hui, au sein de l’équipe éditoriale d’une maison d’édition  – que dis-je ? Une maison d’édition ! Une institution culturelle, un fleuron patrimonial du savoir français – ait pu délibérément écrire une telle foutaise, tant intellectuelle que morale ? Et comment celle-ci a-t-elle pu franchir les étapes de relectures et de corrections sans que personne ne s’avise de la gravité des faits ?

Encore un petit peu de patience, et ils en viendront à nous exposer tranquillement que c’est à la suite d’une malencontreuse et regrettable épidémie de gastro mal soignée que trois ou quatre millions d’êtres humains sont morts à Auschwitz-Birkenau. Ils osent tout, vous dis-je. Et nous n’en sommes probablement qu’au début.

Qu’on ne me dise pas que j’exagère. L’usage ad nauseam du terme génocide pour évoquer ce qui se déroulait à Gaza – si affligeant et douloureux, si triste que cela ait été – avait aussi, en filigrane, pour finalité d’instiller l’intention perverse de donner à penser que, toutes choses étant égales par ailleurs, le génocide, le vrai, le bien réel, celui de la Shoah, n’était finalement pas aussi monstrueux que cela !

LES TÊTES MOLLES - HONTE ET RUINE DE LA FRANCE

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Delcy Rodriguez: femme de paille ou grande intrigante?

Qui est vraiment la présidente par intérim du Venezuela? Si elle donnait sous Maduro l’image d’une dure, dogmatique et fidèle, des rumeurs avancent à présent qu’elle aurait pu n’être qu’une traîtresse, une gorge profonde de la CIA cachant bien son double-jeu… À la différence de tous les autres hiérarques du régime, elle ne figurait pas, ainsi que son frère président de l’Assemblée, sur la liste de la DEA. En revanche, elle est sanctionnée par l’Europe pour non-respect des droits de l’homme.


Dans les années 1990, à Paris où régnait « une xénophobie très forte, dans le métro, par exemple, des arabes étaient brûlés vifs, le système était vraiment terrible et très excluant… » Mais qui est donc à l’origine de cette aussi stupéfiante que surprenante révélation passée à l’époque inaperçue ? Rien de moins que l’actuelle présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez Gomez. Cette anecdote est très révélatrice d’un tempérament peu enclin, le moins qu’on puisse dire, à la nuance…

Une « emmerdeuse »

D’ailleurs, son mentor politique, Nicolás Maduro, aujourd’hui incarcéré à New York après sa spectaculaire capture, digne de la scène culte des hélicoptères d’Apocalypse Now, et qui attend, aux côtés de son épouse Celia Flores, un procès qui s’annonce long, principalement pour trafic de drogue, l’avait surnommée « la tigresse ». En espagnol, « tigresa » a la connotation de teigneuse. Si elle s’est vue reconnaître cette qualité ambiguë d’emmerdeuse qui ne lâche rien, c’est pour une raison simple : sa propension à invectiver sans la moindre retenue, à la manière d’un Fidel Castro, non seulement les opposants au régime, mais aussi les dirigeants d’autres pays, notamment lors de forums internationaux tels que ceux de l’Organisation des États américains (OEA), auxquels elle participait lorsqu’elle était ministre des Affaires étrangères, de 2014 à 2017. Mais après, au choix, l’arrestation ou l’enlèvement de l’ancien président, la « tigresse » a soudain montré qu’elle pouvait n’être que « de papier ».

A peine, en raison de sa qualité de vice-présidente depuis 2018, avait-elle succédé à ce dernier, faisant d’elle à 56 ans la première femme à la tête de cet Etat tropical disposant des plus grandes réserves de pétrole du monde, elle s’était empressée de proclamer avec la touche d’arrogance qui la singularise que « Maduro était l’unique président », qu’elle exigeait des preuves immédiates de vie et affirmait péremptoirement que « le Venezuela ne serait la colonie de personne. »

Du tac au tac, Trump lui rappela que c’était lui qui l’avait installée dans le fauteuil présidentiel et qu’en conséquence elle avait à prendre soin de ses abattis. « Si elle ne fait pas ce qu’il faut, avait-il prévenu sans ambages dans une interview à The Atlantic, elle va payer un prix très cher, probablement plus élevé que celui de Maduro. »

Le message, elle le reçut 5/5. Dans la foulée, elle réunit d’urgence son gouvernement et fit repentance. A l’issue de la réunion, elle publia un communiqué dans lequel elle se proposait « de travailler conjointement (…) avec les Etats-unis à un agenda de coopération axé sur un développement partagé (…). »

Marco Rubio, vice-roi de l’Amérique latine

Dans sa conférence de presse confirmant la totale réussite de l’opération « Détermination totale », Trump avait révélé que son chef de la diplomatie, le secrétaire d’Etat Marco Rubio, de parents cubains venus en Floride bien avant la prise du pouvoir par Castro en 1958, avait eu quelque temps auparavant une conversation avec elle. Cette confidence délibérée pose la question clé à laquelle il est difficile de répondre pour le moment : qui est donc en réalité Delcy Rogriguez Gomez ? La femme de paille, d’abord de Maduro puis maintenant de Trump, ou une grande intrigante qui joue sa carte personnelle sans trop s’embarrasser de considérations éthiques ?

Que se sont dit Rubio, qu’on surnomme maintenant le Vice-roi de l’Amérique latine, et elle ? Bien sûr, il n’a pu que la mettre au parfum de ce qui s’ourdissait et lui signifier ce qu’on attendait d’elle. Et pour ce faire, il fallait qu’il ait une pleine confiance en la personne, être certain qu’elle serait plus muette qu’une carpe. Curieux, étrange, qu’il ait pensé à elle. Sa réputation jusqu’alors était celle d’une dure de dure du régime, une dogmatique invétérée, une passionaria véhémente, d’être la seule personne de totale confiance de Maduro, celle dont on ne pouvait pas imaginer qu’elle puisse jouer un double-jeu. De toute évidence, il apparaît que MM. Trump et Rubio ne l’ont pas trouvée dans une pochette surprise… pour lui confier la mission d’assurer une transition ne devant pas virer au chaos, forts des enseignements des moultes autres désastreuses interventions américaines tous azimuts, inaugurées avec la guerre du Vietnam.

Plusieurs organes de presse latinos ou espagnols se sont aventurés à suggérer qu’elle pourrait être probablement l’agent de la CIA, placée ou retournée par l’agence de renseignements, auprès de Maduro. Un détail qui tend à donner du crédit à cette hypothèse : comment ont-ils communiqué entre eux ? Rubio ne l’a pas appelée sur son portable ou sur son fixe à son domicile et encore moins à son bureau pour avoir un échange de cette nature. Dans un régime totalitaire, quiconque a des responsabilités se sent épié donc est toujours, peu ou prou, sur ses gardes. C’est la moindre des prudences. Ils ont eu recours très certainement à un moyen spécifique, propre à un service de renseignements les mettant à l’abri d’oreilles curieuses.

Cependant, ce n’est certainement pas elle qui a donné les renseignements techniques qui ont permis la prouesse militaire de la capture de Maduro. Elle n’en avait pas la compétence. Cela n’a pu être que le fait d’un expert de la chose guerrière. Les soupçons se portent sur deux hommes. Le premier est le chef de la Garde d’honneur de la république, le général Javier Marcano Tabata, à qui incombait la responsabilité de la protection de Maduro, donc au parfum de son intimité. Il avait sous ses ordres les 32 gardes du corps cubains dont deux colonels qui ont été tués. Le second est le ministre de la Défense, le général Vladimir Padrino Lopez, en fonction depuis 2014. La passivité des forces armées interroge. Aucun des 5 000 missiles sol-air russes à la leur disposition n’a été tiré pour faire barrage à la « chevauchée fantastique » des 150 avions et hélicoptères impliqués. Si Delcy Rodriguez Gomez a été une taupe de la CIA, sa collaboration n’a pu être que politique.

Des études en Europe, un frère président de l’Assemblée nationale

De petite taille, ayant pris quelques rondeurs avec la soixantaine approchant, lunettes à monture fine mais aux grands verres lui mangeant la moitié du visage, cheveux mi-longs noirs de jais, souriante malgré sa réputation de peste, l’actuelle présidente a dès sa prime enfance baignée dans une ambiance de gauche radicale petite bourgeoise. Son père, José Antonio Rodriguez, a été le fondateur de la Ligue socialiste, une organisation guevariste prônant la lutte armée. Elle avait 7 ans quand il est mort en 1976 en prison sous le régime du corrompu social-démocrate Carlos Andrès Perez. Il était accusé d’être impliqué dans l’enlèvement du patron de la filiale d’une société américaine. Officiellement, il se serait suicidé ; ses proches affirment qu’il a succombé à la torture. Dès ses années de collège, Delcy Rodriguez Gomez s’est engagée en politique « pour d’abord venger, dira-t-elle, son père. »

En 1993, à la fin de son droit à l’université de Caracas, elle obtient une bourse pour faire un 3ème cycle de droit social à Nanterre qu’elle n’a apparemment jamais terminé. C’est pendant les quatre années passées à Paris qu’elle a constaté qu’on « brûlait vifs des arabes dans le métro. » Ensuite, elle va à Londres et s’inscrit en sciences sociales à l’université privée Birkbeck, accueillant surtout des étudiants étrangers. Là aussi, semble-t-il, elle n’a pas conclu ses études.

A son retour au pays, Hugo Chavez est déjà au pouvoir, a échappé en 2002 à un coup d’Etat de l’armée. Grâce à l’entremise de son frère unique, Jorge, de 4 ans son aîné, psychiatre, membre très influent du régime, vice-président de Chavez de 2007 à 2008, à un moment où le pouvoir s’est radicalisé et est devenu répressif, elle se retrouve en février 2006 chef de cabinet de la présidence. Mais ne la supportant plus, Chavez s’en débarrasse au bout de six mois. Elle ne cessait pas de lui faire la leçon, lui n’ayant eu qu’une formation un peu rudimentaire de militaire…  Son frère est aujourd’hui le président de l’Assemblée nationale ce qui lui confère un rôle crucial dans l’évolution du régime, notamment en pouvant être le pont éventuel entre le pouvoir et l’opposition.

Elle ne reviendra aux affaires qu’avec l’accession au pouvoir de Maduro après la mort en 2013 de Chavez d’un cancer. Il la fait d’abord sa ministre de la Communication et de l’Information, puis, de 2014 à 2017 des Affaires étrangères à cause de son expérience européenne. L’année suivante, il lui confie la présidence de l’Assemblée constituante. Son rôle consistera alors à museler l’opposition. Une fois la constitution adoptée en 2018 – elle était écrite d’avance afin de donner les pleins pouvoirs au chef de l’Etat-  elle est promue vice-présidente, fonction qu’elle cumulera avec deux ministères coquilles vides, celui en 2020 des Finances dont la tâche essentielle consiste à procéder à des dévaluations successives, et en 2024 celui du Pétrole dont l’exploitation tourne au ralenti.

Aucune de ses biographies ne fait mention d’un quelconque mariage ou d’enfants. Elle serait célibataire. Une rumeur lui prête une liaison avec l’un des fils d’une des plus riches familles du pays, ayant fait sa fortune dans l’import-export, d’origine syro-libanaise, de 20 ans plus jeune qu’elle, s’appelant Youssef Aboud Nassif. Son mandat d’intérim se terminera le 5 avril. Il peut être reconduit pour 90 jours. Ce qui devrait la conduire à la tête de l’Etat jusqu’au 5 juillet… en principe, sauf…

Ali Khamenei, le Guide devenu geôlier

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Téhéran, 9 janvier 2026 © Iranian Supreme Leader'S Office/ZUMA/SIPA

L’Iran, la doctrine khomeiniste, la machine répressive et la menace de guerre


Ce n’est pas moi qui le demande, c’est Dieu qui exige que vous soyez pendu. Ce sont, dit-on, les paroles qu’un juge avait prononcées lors de l’une des précédentes manifestations contre le régime iranien. C’est l’accusation d’« ennemi de Dieu » qui devrait être déployée ces jours-ci contre les manifestants arrêtés. Le verdict habituel d’une telle incrimination est la mort, car Dieu ne se négocie pas.

Une répression sanglante

Il parait que les juges ne vont pas prononcer ce verdict pour retirer à Trump une raison de frapper le régime iranien. Mais dans ce pays en blackout qui a coupé Internet et pourchasse sans relâche les utilisateurs de terminaux Starlink, tout indique que la répression est terrible, même si la prudence légitime de certains médias sur l’Iran contraste avec leur empressement à publier les chiffres du Hamas à Gaza. Un Iranien témoignant à visage découvert (un courage inouï) fait état de 15 000 morts au 15 janvier.

La morgue de Kahrizak, au Sud de Téhéran, d’où sont parvenues les effrayantes images des cadavres dans des bâches en plastique n’est pas un lieu inconnu. C’est déjà là que les corps de nombreux détenus torturés à mort dans les centres de détentions voisins étaient rendus aux familles, sous paiement dit-on, avec de faux certificats de décès, lors des révoltes de 2009 et 2022.

Kahrizak, province de Téhéran, Iran, 13/01/2026 – Des familles et des habitants se rassemblent au bureau du médecin légiste de Kahrizak le 13 janvier 2026, faisant face à des rangées de sacs mortuaires alors qu’ils recherchent des proches tués lors de la violente répression du régime contre les manifestations nationales. La scène reflète l’ampleur des pertes signalées ces derniers jours, tandis que les endeuillés se déplacent en silence et dans la détresse parmi les corps recouverts. Photo obtenue auprès de l’Organisation des Moudjahidine du Peuple d’Iran. (C) MEK/The Media Express/SIPA

Ce régime sanguinaire manipule jusqu’au nom même de l’accusation qui conduit à la mort. Se comporter en ennemi de Dieu signifiait avant 1979 être un bandit de grand chemin dépouillant les voyageurs. Ce terme désuet de «muharabeh» a été depuis lors recyclé pour juger des manifestants dont l’immense majorité sont pacifiques. Rien n’exprime plus clairement l’essence de la théocratie iranienne : être un opposant du régime, c’est être un ennemi de Dieu.

Ce n’est là que l’une des distorsions au chiisme traditionnel que l’on doit à l’imam Khomeini.

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Celui-ci, alors qu’il était exilé à Najaf, la grande ville chiite de l’Irak, a développé une doctrine à l’encontre de celle des responsables religieux traditionnels du chiisme. Alors que ceux-ci estimaient que leur rôle était d’enseigner la population, de la protéger si besoin contre les abus et surtout de maintenir l’espoir du retour du Messie chiite, l’imam caché, ce douzième imam (chiisme duodécimain) mystérieusement disparu, qu’on appelle le Mahdi et qui fera régner la justice. A Najaf aujourd’hui encore le vieil ayatollah Sostani prêche cette doctrine qui fut largement majoritaire et qu’on qualifie de quiétiste.

En Irak, à l’abri de la police du Shah, qui de toute façon méprisait ce vieux clerc déconnecté du monde moderne,  Khomeini commença à enseigner une autre doctrine, suivant laquelle le pouvoir politique devait être arraché des mains des laïcs, susceptibles  de conduire la société vers des abominations modernistes et remis aux soins d’un responsable religieux, un «savant» de la foi chiite qui serait le garant ultime, tant que le douzième imam ne réapparaissait pas, de l’adéquation des lois avec les ordres divins. 

C’est le velayat e-faqih, qu’on traduit par «tutelle du jurisconsulte», ce jurisconsulte qu’on appelle le  «Guide Suprême». 

A la mort de Khomeini, le successeur désigné, l’Ayatollah Montazeri, était en disgrâce car il avait critiqué les exécutions massives d’opposants politiques. C’est Ali Khamenei qui le remplaça : il n’avait aucun charisme, une compétence religieuse minime (il fut bombardé ayatollah en urgence), un passé de terroriste ; il était dévoué au défunt Khomeini. 

Le très malin Akbar Hashemi Rafsandjani, président de la République, qui fait élire Khamenei par l’Assemblée des experts, pense qu’avec un Guide Suprême aussi peu reluisant, c’est lui qui deviendra le véritable maitre du pays. Erreur : s’appuyant sur les Gardiens de la Révolution, leur concédant des pouvoirs de plus en plus exorbitants, Khamenei entame un règne qui depuis 37 ans a prolongé la servitude de la population iranienne.

Khomeini avait confisqué Dieu. Au nom de cette appropriation, il a envoyé sans l’ombre d’un remords des enfants de douze ans, munis d’un collier en plastique présentant les clefs du paradis, se faire massacrer sur les mines et les batteries irakiennes pendant la guerre qui ravagea les deux pays.

Axe de la « résistance »

Par sa victoire sur le Shah, il était devenu une référence pour certains penseurs occidentaux qui se voulaient alors à la pointe du progrès intellectuel. Certains de leurs héritiers sont prêts encore aujourd’hui à témoigner à la théocratie qu’il a créée beaucoup d’indulgence et beaucoup de silence puisqu’elle se trouve dans le camp du bien, celui de l’anti-impérialisme, de l’anticolonialisme et de l’antisionisme. Le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU a même offert à l’Iran la présidence d’un Forum social dédié aux droits des femmes, une décision particulièrement sinistre quelques mois après l’assassinat de Mahsa Amini et la répression féroce du mouvement Femme, Vie, Liberté.

En 1979, Khomeini ne cherchait pas uniquement à bâtir une théocratie en Iran. Il désirait éloigner le monde musulman des néfastes tentations occidentales, l’islamiser suivant ses normes avant de l’envoyer à la conquête du monde. Mais comment faire alors qu’un musulman sur dix seulement est chiite duodécimain, la seule catégorie, et encore, susceptible de considérer l’ayatollah Khomeini comme son guide spirituel ?

La solution, d’une simplicité géniale, a été reprise par Khomeini aux candidats laïcs à l’hégémonie arabe : il s’agissait de faire de l’Iran  la tête de file d’un combat sacré unissant tous les musulmans contre un ennemi commun diabolisé. L’Etat d’Israel, cet Etat dont le nom n’est jamais prononcé, présentait évidemment tous les avantages : suffisamment récent pour que le ressentiment soit vif, suffisamment petit pour que la victoire paraisse à portée de main, suffisamment ancien pour que ressorte le vieux mépris envers le juif dhimmi et suffisamment cohérent politiquement puisque le Shah avait avec Israël des relations quasi-diplomatiques.

Lorsque Khomeini s’installe au pouvoir en 1979, Yasser Arafat est donc le premier homme politique accueilli à Téhéran. Il reçoit les clefs de l’ancienne délégation d’Israel devenue Ambassade de la Palestine et une journée de Jérusalem est décrétée chaque année le dernier vendredi du mois de Ramadan. 

Mais – hélas! –  l’idylle est de courte durée. Au lieu de soutenir Khomeini lors de la guerre avec l’Irak, Arafat reste fidèle au camp sunnite et prend le parti de Saddam Hussein.

Mais Khomeini a une autre carte sunnite dans la main, celle des Frères Musulmans. Il apprécie leurs théories, surtout la version deSayyid Qutb, héritier intellectuel de Hassan el Banna, plus radical que ce dernier, qui a explicitement appelé au djihad contre l’Occident et que Nasser a pendu. C’est un jeune militant extrémiste iranien, Navvab Safavi, plus tard exécuté par le Shah, qui a servi de lien idéologique alors que Khomeini était encore à Qom et qui l’a convaincu que les divergences entre sunnites et chiites pesaient moins que la lutte contre l’ennemi impérialiste et sioniste.

L’alliance entre Frères Musulmans et Iraniens passera par des périodes de tension, par exemple en 1982 quand les frères Assad, alliés de l’Iran, massacreront les Frères musulmans en Syrie à Hama, mais elle ne sera jamais complètement rompue.

Dans les années 80, une partie des Frères Musulmans égyptiens, très malmenés par Nasser, sort des prisons sous Sadate qui cherche à les cantonner à des activités sociales. Mais une branche plus jeune du mouvement, influencée par Qutb, retourne dans la clandestinité, assassine Sadate, et prépare la future al-Qaida. Le Frère musulman palestinien Abdullah Azzam devient le mentor du jeune Oussama Ben  Laden. Celui-ci entretiendra un mariage de raison avec l’Iran sur la base de leurs ennemis communs, faisant des différences religieuses entre sunnites et chiites un point de divergence secondaire par rapport à la lutte contre l’ennemi commun occidental (Daech, au contraire, a fait du massacre des renégats chiites une exigence religieuse).

Au début des années 90, l’Iran, désormais dominé par les Gardiens de la Révolution, est devenu ainsi le principal soutien financier du Hamas, créé en 1987 par la branche palestinienne des Frères Musulmans. Khaled Machaal, l’un de ses chefs, a déclaré que le Hamas était le fils spirituel de l’Ayatollah Khomeini.

Au-delà des financements, l’Iran a fourni au Hamas un savoir-faire militaire (missiles) et une profondeur stratégique (l’axe de la «résistance» avec le Hezbollah libanais, la Syrie des Assad, les chiites irakiens, les Houthis du Yémen).  A l’abri derrière ses proxies, l’Iran, aidé par la naïveté et le déni de la guerre qui étaient de règle en Occident, construisait patiemment son arsenal nucléaire dont il voulait faire le symbole de sa suprématie dans le monde islamique et dont chacun comprenait que Israël en serait la première cible.

L’alliance avec les Frères Musulmans ne facilitait pas seulement à l’Iran le soutien du monde sunnite. L’utilisation des réseaux relationnels que les Frères avaient patiemment tissés dans les pays occidentaux lui permettait de mieux infiltrer ce monde et y trouver des soutiens d’autant plus efficaces qu’ils n’étaient pas explicites.

Des spécialistes comme Emmanuel Razavi ont expliqué le détail de la « pieuvre » que l’Iran avait peu à peu construite à l’intérieur de nos pays avec l’appui naïf ou intéressé de personnalités d’influence ou de pouvoir. Il ressort notamment de leurs travaux l’image d’un Iran extrêmement actif dans la désinformation et la propagande anti-israélienne.

Demain, la guerre ?

La question de l’intervention des Américains ou des Israéliens ou des deux est aujourd’hui sur toutes les lèvres. Beaucoup pensent qu’elle est inéluctable. Certains regrettent déjà une nouvelle atteinte à l’ordre international, comme si ces termes avaient un sens avec un régime qui depuis près de cinquante ans vit par la terreur, le mensonge, l’hypocrisie et la menace et qui n’hésitera devant rien pour détruire ses opposants.

D’autres alertent sur une chute des mollahs qui engendrerait un chaos inimaginable, et ils rappellent des exemples tels celui de l’Irak ou de l’Afghanistan. Ces exemples ne sont pas pertinents, s’agissant pour le premier d’un pays artificiel aux multiples fractures ethniques et religieuses, pour l’autre d’une impossible géographie combinée à un grand conservatisme matériel et spirituel et pour les deux à l’absence d’une figure d’incarnation démocratique.

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Le gouvernement iranien est unanimement détesté dans son pays (plus de 80% d’opposants disent les spécialistes), alors que, contrairement au passé, un successeur potentiel largement consensuel se détache, Reza Pahlavi, dont les récentes interventions ont montré qu’il avait une véritable envergure de rassembleur pour une nation traumatisée mais en grande partie de haut niveau intellectuel.

Plus importants, probablement aux yeux de Donald Trump, sont les réactions de ses alliés arabes qui malgré les divergences avec l’Iran ne voient pas d’un bon œil un écrasement de l’Iran qui pourrait renforcer un Etat d’Israel qui, accords d’Abraham ou pas, est perçu par leur population comme l’ennemi.

A cela s’ajoutent les deux pays où l’influence des Frères Musulmans est majeure: le Qatar qui partage avec l’Iran l’exploitation de ses ressources gazières et surtout la Turquie d’Erdogan, un allié américain au poids militaire important, à la fiabilité douteuse et à l’hostilité anti-israélienne profonde, dont les grandes ambitions géopolitiques se concilient assez bien, sur le dos des Kurdes notamment, avec un Iran voisin aux abois avec lequel il entretient des relations économiques profondes.

Et puis, il y a la Russie qui perdrait un allié militairement important dans sa guerre contre l’Ukraine alors qu’elle vient de subir un échec au Vénézuéla. Il y a la réaction potentielle de la Chine qui apprécie les fournisseurs de pétrole à prix cassés comme le sont les Iraniens, qui pour l’instant ne s’est pas exprimée, qui ne peut qu’être hostile à la chute des mollahs, qui sait qu’elle est en ligne de mire du président américain et qui ne peut que chercher à profiter de ses moindres défaillances.

Il y a surtout l’imprévisibilité de Donald Trump lui-même, un homme dont l’inculture, la brutalité langagière, le narcissisme, la fausse virilité et le goût du spectacle masquent une réelle cohérence géopolitique. Enfin, bien entendu, il y a la crainte des conséquences de la guerre sur les populations civiles en Iran, mais aussi dans les pays que l’Iran menace de représailles. Israël, qui est au premier rang de ces menaces s’y prépare depuis longtemps. Malgré les risques à court terme pour le pays, on y trouve bien peu de citoyens prêts à accorder la moindre confiance à une mollahcratie qui a fait du mensonge, de la terreur et de la haine des Juifs l’oxygène de sa survie.

Malentendus et quiproquos

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Des manifestants brandissent une banderole « Résistance » lors d’un rassemblement pro-palestinien à Paris, 14 novembre 2024 © SOPA Images/SIPA

Terroriste ou résistant ? Antisémite ou antisioniste ? Nous employons tous les mêmes mots mais ils n’ont pas toujours le même sens. Nous n’avons pas le même récit, les mêmes héros, les mêmes valeurs. Le séparatisme est aussi dans la langue.


Il y a beaucoup de malentendus chez nous autres Occidentaux. Nous péchons trop souvent par occidentalo-morphisme. Nous prêtons aux populations du tiers-monde des sentiments, des idéaux, des aspirations qui sont ceux du monde libre mais qui ne font pas rêver grand monde de l’autre côté de la planète. Les islamistes succèdent aux dictateurs après les printemps arabes. L’URSS tombe et les masses russes nostalgiques d’une l’époque où l’empire écrasait, annexait, soumettait ses voisins élisent un petit caporal du KGB aux pratiques mafieuses. Ailleurs, la liberté qui devait sauver le monde effraye ou indiffère, et nous allons de déceptions en désillusions.

Revenus des échecs répétés à exporter la démocratie, conscients que l’idéalisme néo-conservateur est une utopie dangereuse, c’est à présent chez nous que nous sommes déçus. Après avoir laissé entrer des millions de musulmans à qui nous avons donné des papiers et offert le monde libre, nous constatons, amers et inquiets, qu’une partie d’entre eux crache dessus. Dans les années 1980, les vieilles femmes arabes intégralement voilées de blanc que l’on croisait à la Goutte d’or nous semblaient être une espèce en voie de disparition. Le vent de notre liberté envolait les voiles des jeunes générations de maghrébines échevelées et délurées. À présent, le quartier serait hanté par des fantômes de femmes dans l’uniforme de l’ennemi si on laissait faire.

Des Français arabes avec cuir et banane faisaient du rock’n’roll. Les Costards chantaient : « Pour me remplir les poches, je m’envoie des vieilles pleines d’artiche, et plus elles sont moches, et plus je deviens riche. » Carte de séjour reprenait « Douce France, cher pays de mon enfance. »

Aujourd’hui, c’est Nique la France à tous les étages. Quelque chose a changé. Entre la France et ces néo-Français, il y a comme un malentendu.

Il y a aussi quelques quiproquos dans le débat public. Nous utilisons les mêmes mots que nos adversaires politiques mais ils n’ont pas toujours le même sens.

Nous nous insurgeons lorsque l’islamo-gauchiste appelle « résistant » un membre du Hamas.

A lire aussi: Pour la séparation des bêtises et de l’Etat

Pour nous, un résistant, c’est un Français qui est parti à Londres continuer le combat quand la France chantait Maréchal nous voilà.

Un résistant, c’est aussi celui qui fait sauter les rails d’une voie de chemin de fer pour stopper un train qui emporte des soldats, des tableaux de maîtres vers l’Allemagne, ou même, quand il reste de la dynamite, un convoi de familles juives en partance pour l’extermination.

Un résistant, c’est même celui qui s’est planqué dans le maquis pour échapper au STO et en est redescendu après la bataille pour tondre celles qui s’étaient données au vainqueur.

Mais dans notre langue, jamais le résistant ne prend en otages des civils, ne viole des femmes ou ne tue des enfants, et inversement.

Dans le monde islamique, la résistance c’est autre chose. N’est-ce pas par le viol, le meurtre et le rapt de civils, depuis l’Hégire, la conquête ottomane, les barbaresques, le FLN algérien, les mouvements de libération de la Palestine, et aujourd’hui le djihadisme, que l’Islam résiste à l’existence offensante d’autres religions, d’autres peuples, d’autres pensées, d’autres mœurs, d’autres façons d’être femme et à toutes les façons d’être homosexuel ?

Aussi, lorsque l’islamo-gauchiste tient à reconnaître au Hamas aujourd’hui comme à l’OLP hier, qui n’avait pas attendu les Frères musulmans pour poser des bombes réglées sur l’heure de la sortie devant les écoles ou pour attaquer des athlètes dans un village olympique ; lorsque le LFiste voit des résistants chez ceux qui se planquent derrière leurs femmes et leurs enfants pour lancer des roquettes sur des villages israéliens, même si nous avons du mal à lui donner raison, nous devons reconnaître qu’il a ses raisons. Et manifestement, il n’est pas question pour lui d’accepter que l’on réduise le terme « résistant » à sa seule acception occidentale et judéo-chrétienne.

Sur l’antisémitisme et l’antisionisme, là encore, il y a malentendu. Nous disons à l’islamo-gauchiste, au bord de l’intelligence avec l’ennemi, que l’antisionisme est le nouveau nom de l’antisémitisme et il s’en indigne. Il défend son droit d’être antisioniste sans être antisémite, enfin celui chez qui le gauchisme est la conviction et l’islamisme l’opportunité car les choses sont moins claires chez celui pour qui c’est l’inverse. Il faut le comprendre. Le sioniste est le Juif souverain, celui qui relève la tête, hisse un drapeau, chante un hymne, défend ses frontières, prend les armes et rend les coups. Le juif qui, s’il voulait contrarier un gauchiste ne s’y prendrait pas autrement.

En revanche, il n’a rien contre le juif sans frontières, donc sans défense. Celui d’avant, qui rasait les murs dans les ghettos, à la merci des pogroms. Il n’a aucun problème avec le capitaine Dreyfus ou avec Anne Frank. En poussant un peu on pourrait dire que pour l’islamo-gauchiste, un bon juif est un juif persécuté ou un juif mort.

Et puis il a de très bons amis juifs parmi lesquels il compte Daniel Schneiderman ou Rony Brauman, alors l’accuser d’antisémitisme, on n’est pas loin du complot juif, enfin sioniste.

Il aime les juifs apatrides, dhimmis, dilués ou dispersés parmi les nations, pas souverains. Stefan Zweig et Marc Chagall, oui. Ariel Sharon et Benyamin Netanyahu, non.

Il n’est donc pas antisémite, il est antisioniste, dans le cadre de la définition : l’antisionisme, c’est le droit des peuples à disposer de leurs juifs.

L'affranchi

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La fermeture des maisons Klaus

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DR

La France a décidé d’interdire les maisons closes (réellement closes depuis 1946) après la collaboration


Pour Jean-Philippe Tanguy, membre actif du RN et député de la Somme, ce serait une bonne chose que la réouverture des maisons closes, afin d’offrir aux prostituées un cadre de travail sécurisant et à leurs clients un plaisir sécurisé.

N’en déplaise aux coincés de la braguette, à l’heure où les bistrots et bars PMU demandent leur inscription au patrimoine de l’Unesco, les maisons closes méritent une opération portes ouvertes. Elles ont inspiré la plume d’écrivains comme Guy de Maupassant, le pinceau de peintres comme Toulouse-Lautrec… illustrant tous les charmes de la Belle Époque.

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Une éventuelle réouverture de ces maisons de tolérance, réellement closes depuis 1946, amène à se demander pourquoi elles ont été fermées. C’est, à la fin de la dernière guerre, à la Libération, à l’heure de l’épuration, l’idée d’une certaine Marthe Richard. Élue de Paris, elle prétendait mettre fin à l’exploitation des morues par des maquereaux, mais ce n’est pas ce fléau qui fit pencher la balance. Durant l’Occupation, les Hans, Franz et autres Klaus de l’armée allemande composaient une clientèle qui raffolait des petites femmes du Gross Paris, dans des établissements comme le One Two Two ou Le Chabanais. Marthe Richard enfonça le clou : « Durant l’Occupation, les maisons de tolérance ont été des centres actifs de la trahison, leurs tenanciers des pourvoyeurs de la Gestapo ». La fermeture le 13 avril 1946 des bordels sanctionnait ainsi la fesse cachée de la collaboration. Accessoirement Marthe Richard demandait la destruction du fichier des filles « soumises », tenu par la police. Pour se refaire une « virginité » ? Née le 15 avril 1889 en Lorraine, Marthe avait fait ses premiers pas dans la vie active en battant les trottoirs de Nancy, avant de monter à Paris, pour tenir le haut du pavé, grâce à des amours intéressées et des liaisons enrichissantes.

Un scoop: les policiers ne sont pas des bureaucrates…

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© Rachel Boßmeyer/DPA/SIPA

Une révolution procédurale ? Le nouveau préfet de Paris entend décharger les policiers des tâches répétitives grâce à l’IA et aux technologies (vidéoprotection algorithmique, automatisation, simplification administrative) pour qu’ils puissent se consacrer pleinement à l’enquête et à la sécurité opérationnelle.


Le nouveau préfet de police, Patrice Faure, a un plan de bataille pour endiguer la délinquance à Paris[1]. Il mise « sur le savoir-faire de ses 43 000 agents mais également sur les nouvelles technologies telles que les drones, l’IA et les caméras intelligentes ». Je ne doute pas de l’efficacité de ces dispositifs, mais l’essentiel réside dans la volonté du préfet – confortée par la détermination du ministre de l’Intérieur – de redynamiser l’investigation et le judiciaire.

Formalisme procédural excessif

Actuellement, au sein de la préfecture de police, la filière investigation emploie environ 6 000 enquêteurs, dont un tiers au sein de la PJ et deux tiers au sein de la sécurité publique. Cela fait des années que, sans me pousser du col, je dénonce oralement et par écrit la plaie de la bureaucratie procédurale, qui affecte pour le pire aussi bien l’activité policière que les processus judiciaires. Aussi, quand le préfet déclare que « les enquêteurs ploient sous des montagnes de dossiers et ont le sentiment de passer davantage de temps à répondre au formalisme procédural qu’à contribuer à la manifestation de la vérité », on comprendra pourquoi sa dénonciation me touche et me convainc.

Le culte excessif des formes et des garanties, le respect obsessionnel de la périphérie, sont en train d’étouffer l’essentiel : le fond et la possibilité qu’il devrait offrir – débarrassé de toutes les superfluités qui font souvent davantage plaisir aux transgresseurs qu’aux enquêteurs – de se consacrer à l’élucidation et, en définitive, à la manifestation de la vérité.

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Ce n’est pas l’accumulation des délais, des détails, des permissions ici, des interdictions là, de mille obstacles entre le réel à questionner et la mission des investigateurs, qui rendra les enquêtes plus rapides et plus opératoires, bien au contraire. Elle n’a pour effet, et souvent pour but, que d’entraver, en se trompant de cible, l’impératif premier d’une société et d’une démocratie décidées à se protéger et à se défendre : la qualité des armes dont elles disposent et le droit d’en user.

Rupture

Ce propos du préfet de police dépasse très largement le champ qui est le sien et renvoie, bien au-delà de celui-ci, aux méfaits du byzantinisme procédural et de l’enchevêtrement des normes dans le domaine judiciaire, notamment en matière criminelle.

Quand, à Paris comme à Aix-en-Provence, « les juridictions vont libérer des criminels faute de pouvoir les juger dans les temps… la justice pénale n’étant plus au bord du gouffre mais en chute libre », l’alternative est simple pour les magistrats concernés : soit ils s’estiment capables et légitimes pour adopter des pratiques de rupture qui, devançant ou contredisant la loi, chercheraient par tous les moyens à éviter le scandale de libérations dangereuses ; soit l’on change très rapidement les règles de l’État de droit, en lui assignant une priorité de sauvegarde sociale, afin de prévenir le pire annoncé par certains procureurs généraux. Qui, réunis, ont d’ailleurs suggéré que puisse être instauré un plaider-coupable en matière criminelle, à la double condition que les faits soient intégralement reconnus et que leur auteur y consente. Une telle procédure réduirait à l’évidence le nombre considérable de dossiers en souffrance.

La conclusion à tirer de ces constats négatifs est qu’il convient de ne pas faire endosser aux enquêteurs et aux juges un rôle pour lequel ils ne sont pas faits : ils ne sont pas voués à être des bureaucrates.


[1] https://www.lefigaro.fr/actualite-france/agressions-cambriolages-escroqueries-le-plan-de-bataille-du-nouveau-prefet-de-police-pour-endiguer-la-delinquance-a-paris-20260113

🎙️ Podcast: Iran, Venezuela, Groenland: Donald Trump omniprésent

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Donald Trump débarque de Air Force One à Joint Base Andrews, Midland, Etats-Unis, le 13/01/2026 Luis M. Alvarez/AP/SIPA

Avec Harold Hyman, Gil Mihaely et Jeremy Stubbs.


A l’heure actuelle, Donald Trump semble avoir mis en pause l’idée d’une intervention militaire en Iran – à moins que ce ne soit une feinte avant une frappe décisive. En tout cas, depuis son action contre le régime des mollahs en juin 2025 et celle, plus récente, pour décapiter le régime de Maduro au Venezuela, toute menace de la part de Donald Trump est à prendre au sérieux.

On apprend que les Américains seraient en négociation avec les autorités iraniennes. En réalité, il y a toujours des contacts fréquents entre les deux gouvernements, par exemple au sujet d’événements se passant en Irak où les deux sont présents. Quand on annonce des « négociations », il s’agit d’une mise en scène particulière de ces contacts. Dans le cas présent, ce n’est pas dans l’intérêt des Etats-Unis d’accepter trop vite des concessions de la part du régime iranien, car en continuant de mettre la pressions sur ce dernier, ils pourront en obtenir beaucoup plus.

A lire: Iran: qui aura le plus peur?

Si l’opération pour enlever Maduro s’est révélée une réussite totale sur le plan de l’exécution, il faut se demander si le risque pris par Donald Trump en commandant une telle action n’était pas trop élevé par rapport à l’avantage à en tirer. Il se peut que le président américain ne soit pas prêt, à l’heure présente, à prendre un risque similaire ou encore plus élevé en Iran.

Dans le cas du Venezuela, Trump semble jouer sur deux tableaux à la fois, en maintenant au pouvoir le numéro deux de Maduro, Delcy Rodríguez, et en recevant à Washington la grande figure de l’opposition, María Corina Machado. Cet opportunisme d’acrobate trouve un reflet dans la posture qu’il adopte, qui n’est ni celle d’un George Bush va-t-en-guerre, ni celle d’un Jimmy Carter timide.

Dans la mesure où il ne faut pas sous-estimer le sérieux des menaces de Donald Trump, celles concernant le Groenland pourraient représenter un grand danger pour son administration si elles étaient réalisées. Non seulement une action militaire contre le Groenland pourrait ébranler sérieusement l’alliance atlantique avec les Européens, mais elle pourrait aussi constituer un cas de conscience pour tout officier supérieur appelé à conduire des missions dans le cadre d’une telle action. De plus, il est fort possible qu’une trop grande focalisation sur la politique étrangère finisse par empoisonner le mouvement MAGA de l’intérieur, d’autant que la base du président ne partage pas son intérêt pour le Groenland.

A lire: Delcy Rodriguez: femme de paille ou grande intrigante?

Donald Trump a l’air d’être omniprésent en ce moment. Est-ce qu’il n’est pas en train de trop présumer de ses propres forces – et des forces américaines ainsi que de la patience du public américain?

À table avec Albert Nahmias

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Albert Nahmias. DR.

Figure incontournable de la gastronomie française depuis près d’un demi-siècle, le critique, consultant et confident des grands chefs Albert Nahmias publie le guide de ses meilleures tables parisiennes. De quoi ouvrir l’appétit.


Albert Nahmias ne touche pas une casserole mais règne sur les cuisines de France et de Navarre avec une prédilection pour celles de la capitale. « Marrakchi d’inspiration, parisien à mi-temps et newyorkais de cœur (ou l’inverse) », selon les mots de son fidèle ami Gilles Pudlowski, Monsieur Albert est doté d’une insatiable curiosité et d’un sérieux flair pour dénicher le chef talentueux et la table accueillante. Il a lui-même construit sa légende dès la fin des années 1970 en ouvrant avec son épouse d’alors, Dominique Versini, le restaurant Olympe dans le quartier Montparnasse. Cuisinière autodidacte et inspirée, Madame est aux fourneaux et Monsieur à la salle. Personne ne résiste à sa faconde, à son humour, et Olympe devient le refuge discret du Tout-Paris.

120 adresses

La vie l’éloigne du XVe arrondissement mais le rapproche de tous les chefs qui ont inscrit la gastronomie dans notre roman national. La lecture de ses Petites Histoires de grands chefs (Éditions Hugo & Cie, 2015), préfacé par Alain Ducasse, donne la mesure de la démesure rabelaisienne d’une existence vouée à la bonne chère et à ceux qui la travaillent, jusqu’à devenir une histoire d’amitiés. Albert Nahmias aime les saveurs exotiques autant que les brasseries chics, les bistrots autant que les grandes tables. Il aime la fantaisie et la subtilité, ces compagnons d’une noble bombance.

A lire aussi, Emmanuel Tresmontant: « La morue? Oui, chef! »

On retrouve cette générosité au fil des pages de Promenades d’un Parisien. Soit 120 adresses, connues et méconnues, qui prouvent que Paris demeure une capitale de la gastronomie. Ne cherchez pas les petits cœurs ou la note sur dix. Si ces restaurants figurent dans ce guide, c’est qu’ils le méritent. Le seul classement dans cet ouvrage est thématique : viande ; poisson ; innovant ; bistrot ; brasserie ; classique ; méditerranéen ; italien, asiatique et bouillon. Albert Nahmias franchit même le Périph pour fureter les bons plats servis à Boulogne-Billancourt, Clichy et Meudon.

De son œil, il décrit la salle, son décor et son atmosphère ; de son palais, il passe au crible la qualité des mets. Tous les mets. Du cèleri rémoulade du Bacca’v de Gilles Choukroun (Ve) à la gelée de homard au caviar de l’Atelier Joël Robuchon (VIIIe) en passant par la soupe du Phở Bida Vietnam (XIIIe), ce sont toutes les traditions, tous les savoir-faire qui défilent pour le plus grand bonheur de l’amateur qui cherche à se sustenter.

Le plus dur sera de choisir.


Promenades d’un Parisien, Albert Nahmias, préface de Gilles Pudlowski, Florentin, 2025. 164 pages

Promenades d'un parisien

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Petites histoires de grands chefs

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Mercosur, festival de postures

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Paris, 13 janvier 2026 © Stephane Lemouton/SIPA

L’Assemblée nationale n’a pas adopté les deux motions de censure défendues par Mathilde Panot pour LFI et Hélène Laporte pour le RN, hier. La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen devrait signer le traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur le 17 janvier au Paraguay.


En dépit de l’opposition française, le traité du Mercosur sera signé. Ce qui nous offre un impayable festival de postures. Comme l’a dit le Premier ministre en réponse aux motions de censure à venir de la part du RN ou LFI, tout le monde en France est désormais contre, y compris ceux qui l’ont soutenu.

À l’exception de quelques éditorialistes courageux, traités de « libéraux » – une insulte suprême en France, nous observons une soudaine unanimité contre un traité négocié depuis 30 ans.

Torrents d’émotion et de pleurnicheries

Les Européistes qui nous expliquaient qu’être contre l’UE, c’était fasciste découvrent que dans l’Europe à 27 très peu de décisions sont prises à l’unanimité et que donc, une opposition de la France peut être surmontée. Si le Mercosur peut exister contre la France, c’est parce que le traité de Lisbonne a fait revenir par la fenêtre la Constitution chassée par la porte.

Les libre-échangistes qui éructaient dès qu’on parlait de protectionnisme découvrent tout à coup les vertus des frontières. Même Emmanuel Macron, président qui assume en temps normal son européisme, renonce à défendre les améliorations qu’il a obtenues dans la négociation pour aller dans le sens de l’opinion.

Résultat : le Mercosur, c’est notre bouc-émissaire idéal, le nouveau diable, le Goldstein de 1984 qui est responsable de tous nos maux.

A lire aussi: Les juges et les urnes

Mais on peut comprendre la colère des agriculteurs, bien sûr. On peut et on doit la comprendre. Cela ne signifie pas pour autant qu’ils ont raison sur tout. Or, comme les gilets jaunes à leurs débuts, les agriculteurs et leur colère sont sanctifiés. Les « agriculteurs », déjà, cela ne veut rien dire. Ils ne pensent pas tous la même chose. On pleure sur leur sort et pendant ce temps on achète de la sauce tomate fabriquée en Chine ou des ananas en décembre.

Si des paysans se suicident, si leurs enfants abandonnent, si tant d’exploitations disparaissent, ce n’est pas à cause du Mercosur, lequel n’est pas encore entré en vigueur. La concurrence intra-européenne voire chinoise les pénalise beaucoup plus, ainsi que l’avalanche de normes européennes parfois alourdies par la France. Le Mercosur devrait être bénéfique, non seulement pour notre industrie, mais aussi pour certains secteurs agricoles. Il ne s’agit pas d’applaudir le Mercosur, mais on doit pouvoir aussi le dire.

Par ailleurs, de même qu’on ne peut pas avoir une industrie française et payer nos iPhones au prix du travail chinois, on ne peut pas exiger une alimentation à bas prix et une agriculture de qualité. Il faut choisir. Si on veut des poulets qui gambadent en France et des vaches qui broutent de l’herbe dans nos jolies provinces, il faut changer de téléphone ou de Nike moins souvent. Les agriculteurs devraient se méfier de leurs 60 millions d’amis qui dénoncent en cœur les effets dont ils chérissaient les causes.


Cette chronique a été diffusée sur Sud Radio

Retrouvez Elisabeth Lévy dans la matinale de Patrick Roger

Nouvelle-Calédonie: l’État doit soutenir les loyalistes attachés à la France

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Militants indépendantistes du FLNKS à Nouméa, 13 avril 2024 © Nicolas Job/SIPA

Demain, 16 janvier, Emmanuel Macron réunit à Paris les responsables politiques calédoniens pour relancer les discussions sur l’avenir institutionnel du territoire. Mais la rencontre semble vouée à l’échec avant même d’avoir commencé, le FLNKS ayant, dans un ultime affront au chef de l’Etat, refusé d’y participer.


Depuis mai 2024, l’État recule face à une stratégie indépendantiste fondée sur le rapport de force. Les faits sont éloquents. Cette année-là, le gouvernement entreprend de corriger une anomalie démocratique majeure issue des accords de Nouméa: le gel du corps électoral, privant des citoyens français du vote là où ils habitent, pour les élections provinciales déterminantes sur ce territoire largement autonome.

Chronique d’un abandon progressif

À l’initiative de Gérald Darmanin et de Gabriel Attal, une réforme est proposée pour intégrer les natifs et les résidents installés depuis plus de dix ans : près de 26 000 citoyens français, soit environ un quart du corps électoral potentiel, jusque-là exclus du vote provincial, qui détermine également la composition du Congrès de Nouvelle-Calédonie, organe législatif dont est issu l’exécutif local. Le Sénat puis l’Assemblée nationale adoptent le texte à une très large majorité, lui conférant une légitimité politique et institutionnelle incontestable.

Les émeutes insurrectionnelles

Le jour même du vote à l’Assemblée nationale, des émeutes insurrectionnelles éclatent sur le Caillou. Elles durent plusieurs semaines, provoquant 14 morts – dont deux gendarmes –, plus de 700 blessés, ainsi qu’une paralysie économique durable. Les dégâts matériels sont estimés à 2,2 milliards d’euros. L’État cède immédiatement : la réforme est suspendue, puis abandonnée à l’automne 2024 et les élections provinciales sont reportées.

C’est dans ce contexte que Manuel Valls, nommé ministre des Outre-mer, reprend le dossier. En mai 2025, lors de la réunion de Deva en Nouvelle Calédonie, il propose – à la stupéfaction générale – un schéma d’« indépendance-association » perçu par beaucoup comme un renoncement à la souveraineté française. Le projet prévoit le transfert de compétences régaliennes essentielles à un futur « État calédonien », ne laissant à la France que des prérogatives résiduelles. Les loyalistes s’y opposent, estimant qu’il s’agirait d’un abandon du territoire au profit des indépendantistes.

Le compromis de Bougival, puis son effondrement

Face à un rapport de force défavorable, avec désormais un gouvernement qui ne les défend plus, les loyalistes adoptent une stratégie de repli pragmatique. À Bougival, en juillet 2025, ils acceptent un compromis institutionnel déséquilibré, comportant de nombreuses concessions : création d’un « État de Nouvelle-Calédonie » au sein de la République, reconnaissance d’une nationalité calédonienne distincte, élargissement des compétences locales et possibilité de transferts régaliens par un vote renforcé du Congrès. En échange, ils obtiennent un dégel partiel du corps électoral pour les résidents depuis plus de dix ans.  L’accord est signé par toutes les parties, y compris le FLNKS.

Mais dès l’été 2025, le FLNKS renie sa signature et se retire de l’accord sous la pression de sa base, jugeant le texte incompatible avec l’objectif d’indépendance pleine et entière. L’État tente alors de sauver le processus en annonçant une consultation populaire sur le texte de Bougival, avant d’y renoncer face à la menace de boycott et au risque de nouvelles violences.

Retour à la case départ

La concertation annoncée début 2026 par Emmanuel Macron intervient dans un climat d’incertitude totale : la réforme électorale a été abandonnée, l’accord de Bougival est caduc et la Nouvelle-Calédonie se retrouve dans une situation identique à celle de début 2024, mais avec un État affaibli et une économie exsangue.

Dans cette séquence, les loyalistes apparaissent comme les grands perdants. Ils ont accepté des compromis défavorables proposés par l’État et assumé la responsabilité de la stabilité de l’île, sans jamais obtenir de réciprocité.

Le dégel du corps électoral, une nécessité

Le dégel du corps électoral est indispensable. Il conditionne la légitimité des élections provinciales et l’égalité civique des citoyens français de Nouvelle-Calédonie. Tant que l’État n’affirmera pas clairement cette priorité, il restera prisonnier d’un dialogue asymétrique où l’un des acteurs refuse toute solution qui ne conduirait pas mécaniquement à l’indépendance.

Il faut également tirer une conclusion politique évidente : le FLNKS n’acceptera aucun compromis significatif.  Son objectif est l’indépendance, et rien d’autre. L’État doit en prendre acte et cesser de structurer sa stratégie autour d’un acteur qui refuse la démocratie et mise sur le départ des non kanak de l’île.  A trois reprises, les Calédoniens ont voté par référendum pour rester français. La responsabilité de Paris est désormais d’avancer avec la population calédonienne attachée à la France, à l’égalité civique et à la stabilité.

Mayotte : Comment l’immigration détruit une société

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Antisèches antisémites

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DR.

Le président Emmanuel Macron a dénoncé hier le contenu d’un manuel scolaire de révision du baccalauréat jugé « intolérable » pour avoir déformé les faits du conflit israélo-palestinien et relativisé les attaques du Hamas du 7 octobre 2023, poussant l’éditeur Hachette à rappeler les exemplaires concernés. « Un manuel de révision du baccalauréat qui falsifie les faits: c’est intolérable », a estimé M. Macron, ajoutant que « le révisionnisme n’a pas sa place en République ». Face à la polémique, la LICRA avait signalé les passages controversés et motivé les excuses publiques et la correction de l’ouvrage par l’éditeur.


Ça ose tout… C’est même à ça qu’on les reconnaît. Bien sûr, en fins connaisseurs d’Audiard que vous êtes, vous aurez immédiatement complété le propos. « Les » mais qui donc sont ces « Les » ? Les cons bien entendu.

En fait vous y êtes presque. Il s’agit bien de cons. Mais en pire, en plus dangereux puisqu’ils appartiennent à cette engeance bien pourrie qui s’immisce un peu partout dans notre société ces temps-ci, les négationnistes-révisionnistes-antisémites.

On les trouve même à la rédaction de manuels de révision pour le bac publiés par une des plus glorieuses enseignes de l’édition française, Hachette pour ne pas la nommer.

L’objet du délit. J’allais écrire l’objet du crime, car, en effet, à ce niveau de mauvaise foi, de malhonnêteté intellectuelle, de falsification du réel, de viol de la vérité, on peut parler de crime. Le manuel en question prétend aborder le conflit israélo-palestinien, en particulier les sinistres événements du 7 octobre 2023. Voilà ce qu’on peut y lire : « En 2023, à la suite de la mort de plus de 1200 colons juifs lors d’une série d’attaques du Hamas, Israël décide de renforcer son blocus économique et d’envahir une grande partie de la bande de Gaza, entraînant une crise humanitaire de grande ampleur dans la région. »

Nous sommes devant une transcription pour le moins militante des faits, qui en douterait ? « La mort (de quoi, d’ailleurs ? d’un coup de chaud concomitamment à l’attaque, sans doute) de plus de 1200 colons juifs, est-il écrit. »  Oui, « colons juifs » tient-on à préciser, histoire bien évidemment de laisser entendre que les horreurs, les viols, les tortures subis par ces victimes n’étaient pas si immérités que cela et que ce qui leur a été infligé ne saurait être désigné par les seuls mots qui pourtant conviennent : pogrom, massacre, barbarie…

A lire aussi, Jeremy Stubbs: L’Ukraine: le zakouski de Poutine?

On soulignera par ailleurs le peu de souci que le rédacteur a de préciser ce qu’est en réalité le Hamas. À lire ces lignes, quel élève en révision de bac irait de lui-même lui accoler le qualificatif terroriste ? Qualificatif que les instances internationales ont d’ailleurs validé, certaines en traînant quelque peu les pieds, il est vrai.

Pire encore, Israël est ici désigné comme le seul vrai coupable de cette avalanche de drames. Coupable d’avoir décidé (sans vraie raison, par caprice, sous le feu d’un subit délire paranoïaque, peut-être bien ?) « d’envahir une grande partie de la bande de Gaza et d’avoir causé la grande crise humanitaire qui s’en est suivie ».    

J’imagine un instant la frustration du pondeur – ou de la pondeuse – de ces lignes, son dépit de n’avoir pas pu aller au bout de son intention,  d’avoir dû renoncer à employer le terme de « génocide » ! Il (ou elle) aurait tellement préféré cela ! Mais c’était poussé le bouchon de la haine et du mensonge un peu trop loin tout de même.

Devant un tel déni, une telle manipulation de la réalité, même le président Macron a jugé utile de se cabrer. C’est dire. Il condamne. Avec fermeté. Sa main ne tremblera pas, croit-on comprendre, chaque fois qu’il s’agira de lutter contre l’antisémitisme. Comment le croire, lui qui, plombé de trouille, s’est abstenu de marcher contre cette peste désormais revigorée chez nous, lorsque les présidents des deux chambres parlementaires de la République y appelaient. Allons donc ! Tartuffe un jour, Tartuffe toujours…

Reste la question terrifiante : comment est-il possible que quelqu’un, aujourd’hui, au sein de l’équipe éditoriale d’une maison d’édition  – que dis-je ? Une maison d’édition ! Une institution culturelle, un fleuron patrimonial du savoir français – ait pu délibérément écrire une telle foutaise, tant intellectuelle que morale ? Et comment celle-ci a-t-elle pu franchir les étapes de relectures et de corrections sans que personne ne s’avise de la gravité des faits ?

Encore un petit peu de patience, et ils en viendront à nous exposer tranquillement que c’est à la suite d’une malencontreuse et regrettable épidémie de gastro mal soignée que trois ou quatre millions d’êtres humains sont morts à Auschwitz-Birkenau. Ils osent tout, vous dis-je. Et nous n’en sommes probablement qu’au début.

Qu’on ne me dise pas que j’exagère. L’usage ad nauseam du terme génocide pour évoquer ce qui se déroulait à Gaza – si affligeant et douloureux, si triste que cela ait été – avait aussi, en filigrane, pour finalité d’instiller l’intention perverse de donner à penser que, toutes choses étant égales par ailleurs, le génocide, le vrai, le bien réel, celui de la Shoah, n’était finalement pas aussi monstrueux que cela !

LES TÊTES MOLLES - HONTE ET RUINE DE LA FRANCE

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Delcy Rodriguez: femme de paille ou grande intrigante?

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Caracas, 14 janvier 2026 © Ariana Cubillos/AP/SIPA

Qui est vraiment la présidente par intérim du Venezuela? Si elle donnait sous Maduro l’image d’une dure, dogmatique et fidèle, des rumeurs avancent à présent qu’elle aurait pu n’être qu’une traîtresse, une gorge profonde de la CIA cachant bien son double-jeu… À la différence de tous les autres hiérarques du régime, elle ne figurait pas, ainsi que son frère président de l’Assemblée, sur la liste de la DEA. En revanche, elle est sanctionnée par l’Europe pour non-respect des droits de l’homme.


Dans les années 1990, à Paris où régnait « une xénophobie très forte, dans le métro, par exemple, des arabes étaient brûlés vifs, le système était vraiment terrible et très excluant… » Mais qui est donc à l’origine de cette aussi stupéfiante que surprenante révélation passée à l’époque inaperçue ? Rien de moins que l’actuelle présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez Gomez. Cette anecdote est très révélatrice d’un tempérament peu enclin, le moins qu’on puisse dire, à la nuance…

Une « emmerdeuse »

D’ailleurs, son mentor politique, Nicolás Maduro, aujourd’hui incarcéré à New York après sa spectaculaire capture, digne de la scène culte des hélicoptères d’Apocalypse Now, et qui attend, aux côtés de son épouse Celia Flores, un procès qui s’annonce long, principalement pour trafic de drogue, l’avait surnommée « la tigresse ». En espagnol, « tigresa » a la connotation de teigneuse. Si elle s’est vue reconnaître cette qualité ambiguë d’emmerdeuse qui ne lâche rien, c’est pour une raison simple : sa propension à invectiver sans la moindre retenue, à la manière d’un Fidel Castro, non seulement les opposants au régime, mais aussi les dirigeants d’autres pays, notamment lors de forums internationaux tels que ceux de l’Organisation des États américains (OEA), auxquels elle participait lorsqu’elle était ministre des Affaires étrangères, de 2014 à 2017. Mais après, au choix, l’arrestation ou l’enlèvement de l’ancien président, la « tigresse » a soudain montré qu’elle pouvait n’être que « de papier ».

A peine, en raison de sa qualité de vice-présidente depuis 2018, avait-elle succédé à ce dernier, faisant d’elle à 56 ans la première femme à la tête de cet Etat tropical disposant des plus grandes réserves de pétrole du monde, elle s’était empressée de proclamer avec la touche d’arrogance qui la singularise que « Maduro était l’unique président », qu’elle exigeait des preuves immédiates de vie et affirmait péremptoirement que « le Venezuela ne serait la colonie de personne. »

Du tac au tac, Trump lui rappela que c’était lui qui l’avait installée dans le fauteuil présidentiel et qu’en conséquence elle avait à prendre soin de ses abattis. « Si elle ne fait pas ce qu’il faut, avait-il prévenu sans ambages dans une interview à The Atlantic, elle va payer un prix très cher, probablement plus élevé que celui de Maduro. »

Le message, elle le reçut 5/5. Dans la foulée, elle réunit d’urgence son gouvernement et fit repentance. A l’issue de la réunion, elle publia un communiqué dans lequel elle se proposait « de travailler conjointement (…) avec les Etats-unis à un agenda de coopération axé sur un développement partagé (…). »

Marco Rubio, vice-roi de l’Amérique latine

Dans sa conférence de presse confirmant la totale réussite de l’opération « Détermination totale », Trump avait révélé que son chef de la diplomatie, le secrétaire d’Etat Marco Rubio, de parents cubains venus en Floride bien avant la prise du pouvoir par Castro en 1958, avait eu quelque temps auparavant une conversation avec elle. Cette confidence délibérée pose la question clé à laquelle il est difficile de répondre pour le moment : qui est donc en réalité Delcy Rogriguez Gomez ? La femme de paille, d’abord de Maduro puis maintenant de Trump, ou une grande intrigante qui joue sa carte personnelle sans trop s’embarrasser de considérations éthiques ?

Que se sont dit Rubio, qu’on surnomme maintenant le Vice-roi de l’Amérique latine, et elle ? Bien sûr, il n’a pu que la mettre au parfum de ce qui s’ourdissait et lui signifier ce qu’on attendait d’elle. Et pour ce faire, il fallait qu’il ait une pleine confiance en la personne, être certain qu’elle serait plus muette qu’une carpe. Curieux, étrange, qu’il ait pensé à elle. Sa réputation jusqu’alors était celle d’une dure de dure du régime, une dogmatique invétérée, une passionaria véhémente, d’être la seule personne de totale confiance de Maduro, celle dont on ne pouvait pas imaginer qu’elle puisse jouer un double-jeu. De toute évidence, il apparaît que MM. Trump et Rubio ne l’ont pas trouvée dans une pochette surprise… pour lui confier la mission d’assurer une transition ne devant pas virer au chaos, forts des enseignements des moultes autres désastreuses interventions américaines tous azimuts, inaugurées avec la guerre du Vietnam.

Plusieurs organes de presse latinos ou espagnols se sont aventurés à suggérer qu’elle pourrait être probablement l’agent de la CIA, placée ou retournée par l’agence de renseignements, auprès de Maduro. Un détail qui tend à donner du crédit à cette hypothèse : comment ont-ils communiqué entre eux ? Rubio ne l’a pas appelée sur son portable ou sur son fixe à son domicile et encore moins à son bureau pour avoir un échange de cette nature. Dans un régime totalitaire, quiconque a des responsabilités se sent épié donc est toujours, peu ou prou, sur ses gardes. C’est la moindre des prudences. Ils ont eu recours très certainement à un moyen spécifique, propre à un service de renseignements les mettant à l’abri d’oreilles curieuses.

Cependant, ce n’est certainement pas elle qui a donné les renseignements techniques qui ont permis la prouesse militaire de la capture de Maduro. Elle n’en avait pas la compétence. Cela n’a pu être que le fait d’un expert de la chose guerrière. Les soupçons se portent sur deux hommes. Le premier est le chef de la Garde d’honneur de la république, le général Javier Marcano Tabata, à qui incombait la responsabilité de la protection de Maduro, donc au parfum de son intimité. Il avait sous ses ordres les 32 gardes du corps cubains dont deux colonels qui ont été tués. Le second est le ministre de la Défense, le général Vladimir Padrino Lopez, en fonction depuis 2014. La passivité des forces armées interroge. Aucun des 5 000 missiles sol-air russes à la leur disposition n’a été tiré pour faire barrage à la « chevauchée fantastique » des 150 avions et hélicoptères impliqués. Si Delcy Rodriguez Gomez a été une taupe de la CIA, sa collaboration n’a pu être que politique.

Des études en Europe, un frère président de l’Assemblée nationale

De petite taille, ayant pris quelques rondeurs avec la soixantaine approchant, lunettes à monture fine mais aux grands verres lui mangeant la moitié du visage, cheveux mi-longs noirs de jais, souriante malgré sa réputation de peste, l’actuelle présidente a dès sa prime enfance baignée dans une ambiance de gauche radicale petite bourgeoise. Son père, José Antonio Rodriguez, a été le fondateur de la Ligue socialiste, une organisation guevariste prônant la lutte armée. Elle avait 7 ans quand il est mort en 1976 en prison sous le régime du corrompu social-démocrate Carlos Andrès Perez. Il était accusé d’être impliqué dans l’enlèvement du patron de la filiale d’une société américaine. Officiellement, il se serait suicidé ; ses proches affirment qu’il a succombé à la torture. Dès ses années de collège, Delcy Rodriguez Gomez s’est engagée en politique « pour d’abord venger, dira-t-elle, son père. »

En 1993, à la fin de son droit à l’université de Caracas, elle obtient une bourse pour faire un 3ème cycle de droit social à Nanterre qu’elle n’a apparemment jamais terminé. C’est pendant les quatre années passées à Paris qu’elle a constaté qu’on « brûlait vifs des arabes dans le métro. » Ensuite, elle va à Londres et s’inscrit en sciences sociales à l’université privée Birkbeck, accueillant surtout des étudiants étrangers. Là aussi, semble-t-il, elle n’a pas conclu ses études.

A son retour au pays, Hugo Chavez est déjà au pouvoir, a échappé en 2002 à un coup d’Etat de l’armée. Grâce à l’entremise de son frère unique, Jorge, de 4 ans son aîné, psychiatre, membre très influent du régime, vice-président de Chavez de 2007 à 2008, à un moment où le pouvoir s’est radicalisé et est devenu répressif, elle se retrouve en février 2006 chef de cabinet de la présidence. Mais ne la supportant plus, Chavez s’en débarrasse au bout de six mois. Elle ne cessait pas de lui faire la leçon, lui n’ayant eu qu’une formation un peu rudimentaire de militaire…  Son frère est aujourd’hui le président de l’Assemblée nationale ce qui lui confère un rôle crucial dans l’évolution du régime, notamment en pouvant être le pont éventuel entre le pouvoir et l’opposition.

Elle ne reviendra aux affaires qu’avec l’accession au pouvoir de Maduro après la mort en 2013 de Chavez d’un cancer. Il la fait d’abord sa ministre de la Communication et de l’Information, puis, de 2014 à 2017 des Affaires étrangères à cause de son expérience européenne. L’année suivante, il lui confie la présidence de l’Assemblée constituante. Son rôle consistera alors à museler l’opposition. Une fois la constitution adoptée en 2018 – elle était écrite d’avance afin de donner les pleins pouvoirs au chef de l’Etat-  elle est promue vice-présidente, fonction qu’elle cumulera avec deux ministères coquilles vides, celui en 2020 des Finances dont la tâche essentielle consiste à procéder à des dévaluations successives, et en 2024 celui du Pétrole dont l’exploitation tourne au ralenti.

Aucune de ses biographies ne fait mention d’un quelconque mariage ou d’enfants. Elle serait célibataire. Une rumeur lui prête une liaison avec l’un des fils d’une des plus riches familles du pays, ayant fait sa fortune dans l’import-export, d’origine syro-libanaise, de 20 ans plus jeune qu’elle, s’appelant Youssef Aboud Nassif. Son mandat d’intérim se terminera le 5 avril. Il peut être reconduit pour 90 jours. Ce qui devrait la conduire à la tête de l’Etat jusqu’au 5 juillet… en principe, sauf…