Avec Harold Hyman, Gil Mihaely et Jeremy Stubbs.
A l’heure actuelle, Donald Trump semble avoir mis en pause l’idée d’une intervention militaire en Iran – à moins que ce ne soit une feinte avant une frappe décisive. En tout cas, depuis son action contre le régime des mollahs en juin 2025 et celle, plus récente, pour décapiter le régime de Maduro au Venezuela, toute menace de la part de Donald Trump est à prendre au sérieux.
On apprend que les Américains seraient en négociation avec les autorités iraniennes. En réalité, il y a toujours des contacts fréquents entre les deux gouvernements, par exemple au sujet d’événements se passant en Irak où les deux sont présents. Quand on annonce des « négociations », il s’agit d’une mise en scène particulière de ces contacts. Dans le cas présent, ce n’est pas dans l’intérêt des Etats-Unis d’accepter trop vite des concessions de la part du régime iranien, car en continuant de mettre la pressions sur ce dernier, ils pourront en obtenir beaucoup plus.
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Si l’opération pour enlever Maduro s’est révélée une réussite totale sur le plan de l’exécution, il faut se demander si le risque pris par Donald Trump en commandant une telle action n’était pas trop élevé par rapport à l’avantage à en tirer. Il se peut que le président américain ne soit pas prêt, à l’heure présente, à prendre un risque similaire ou encore plus élevé en Iraq.
Dans le cas du Venezuela, Trump semble jouer sur deux tableaux à la fois, en maintenant au pouvoir le numéro deux de Maduro, Delcy Rodríguez, et en recevant à Washington la grande figure de l’opposition, María Corina Machado. Cet opportunisme d’acrobate trouve un reflet dans la posture qu’il adopte, qui n’est ni celle d’un George Bush va-t-en-guerre, ni celle d’un Jimmy Carter timide.
Dans la mesure où il ne faut pas sous-estimer le sérieux des menaces de Donald Trump, celles concernant le Groenland pourraient représenter un grand danger pour son administration si elles étaient réalisées. Non seulement une action militaire contre le Groenland pourrait ébranler sérieusement l’alliance atlantique avec les Européens, mais elle pourrait aussi constituer un cas de conscience pour tout officier supérieur appelé à conduire des missions dans le cadre d’une telle action. De plus, il est fort possible qu’une trop grande focalisation sur la politique étrangère finisse par empoisonner le mouvement MAGA de l’intérieur, d’autant que la base du président ne partage pas son intérêt pour le Groenland.
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Donald Trump a l’air d’être omniprésent en ce moment. Est-ce qu’il n’est pas en train de trop présumer de ses propres forces – et des forces américaines ainsi que de la patience du public américain?
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