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Une fille pour l’été

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Les jeunes filles, toujours les jeunes filles.

Que font-elles, sous le soleil des vacances, allongées sur leurs serviettes pleines de sable ?
Elles portent des lunettes noires, bronzent seins nus, remplissent des grilles de mots fléchés, laissent leur esprit dériver vers quelques envies inavouables – bel inconnu à embrasser, ivresse douce, nuit d’amour à la belle étoile.

Proposons leur un peu de son, des mélodies du monde d’avant à écouter sur leur Ipod ou autre Itruc: Sea sex and sun de Gainsbourg, J’aime regarder les filles de Patrick Coutin ou L’amour à la plage de Niagara.

Proposons leur aussi de découvrir l’art de la fessée tel que le raconte Jacques Serguine dans son roman coquin L’été des jeunes filles.

Parlons leur, surtout, de Roland Jaccard et de ce bijou qu’est Une fille pour l’été.

Sexe, sarcasmes et mélancolie

Homme des flirts en hiver, des escapades viennoises à la poursuite de Karl Kraus et du « rire du diable » quand le diable a la frange de Louise Brooks ou d’une lolycéenne du Soleil Levant, Jaccard fait sonner la langue avec la précision d’un sniper classieux : « Paris me pesait. Nous étions début juillet. Comme chaque année, je me demandais comment affronter le grand vide de l’été. » Pour éloigner, le temps d’une saison, son suicide programmé, Jaccard avance sa pièce maîtresse : « Une étudiante aux Beaux-Arts que je connaissais à peine, Shade, m’avait accompagné au cinéma Action Christine pour voir le film de Rokuro Mochikuzi : Onibi le démon. Nous avions distraitement échangé quelques baisers. Au moment de nous quitter, je lui avais dit : “Et si nous partions pour Tokyo ?” Pour seule réponse, j’avais senti sa langue frétiller dans ma bouche et ses doigts caresser mon sexe. ».

Direction Tokyo donc, où l’ombre érotique d’une certaine Asako est partout, où l’histoire d’amour ne commence pas. Chez Jaccard, l’amour est un échec et mat désabusé – « Je jouerai à être ton premier amour et toi à être mon dernier » – où les amants ne se retrouvent, bien plus tard à Paris, que pour voir Eyes wide shut de Stanley Kubrick. Le film ne plaît pas. La faute à Tom Cruise – Nicole Kidman fumant de l’herbe en caraco blanc est, quant à elle, d’une sensualité qu’elle n’offrira plus. La faute à Shade, qui oublie trop vite les mots de Pessoa tirés du Livre de l’intranquillité : « La vie m’écoeure comme un remède inutile. »

Incandescence triste

L’été s’en va, Shade aussi, laissant place à des « poupées frigides » et à des fantômes fragiles nommés Marie, Amélie, Mélanine ou Sylvia Plath qui écrivait : « J’ai besoin de ce qu’il y a de plus impossible, quelqu’un qui m’aime quand je me réveille la nuit. »

L’été s’en va, Jaccard croise ses vieux amis Louis Scutenaire, Charles Bukowski, Woody Allen et Ennio Flaiano, le scénariste de la Dolce vita et de Huit et demi.

L’été s’en va, il est l’heure, peut-être, du départ pour Vegas, ce voyage ultime qu’effectuait un Nicolas Cage ravagé, au plus près de l’incandescence lumineuse et triste d’Elisabeth Shue, dans le crépusculaire Leaving Las Vegas.

Pourquoi Las Vegas ? « Il y a des piscines, du soleil, de l’arnaque, de l’inanité, des jeux et ce grand jeu que nous jouons tous avec la mort. Vous le savez aussi bien que moi : la société a plus à voir avec une party de suicidaires à grande échelle qu’avec une organisation d’êtres rationnels. Ce désespoir tranquille qui nous bouffe ici, au moins dans le désert hystérico-orgiaque du Nevada nous y échapperons. »

Les jeunes filles, l’été, l’amour, la mort et, à la fin de l’envoi, Jaccard qui touche.

Déni de réalité

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C’est un document bizarre qui vient d’être rendu public par le FMI, une recherche classée « publication sélective » (selected issue paper) qui dit en substance que les Etats-Unis sont en faillite virtuelle! Selon le FMI, la résorption du déficit budgétaire et fiscal US nécessiterait ainsi un « réajustement fiscal permanent de l’ordre de 15% du P.I.B. Américain ». Autrement dit, comme l’Etat fédéral lève annuellement des impôts qui se montent à 14.7% de son P.I.B., il conviendrait de doubler la taxation, ce qui ne sera à l’évidence jamais mis en oeuvre.

Accessoirement, ces chiffres relativisent les débats quant au bien-fondé de l’adoption de mesures stimulatoires supplémentaires car ce pays ne peut tout simplement plus se payer le luxe de la moindre injection de liquidités! 

Vent d’Est sur Beaubourg

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Ewa Partum, Self-Identification, 1980
Ewa Partum, Self-Identification, 1980.

Avouez-le : vous ne connaissez pas l’art de l’Europe de l’Est. Vous ne l’avez jamais connu, en fait. Vous ne sauriez citer un seul nom d’artiste venant de l’Est. Pas un seul.

Une « meilleure » et une « moins bonne » Europe

Eh bien, ce n’est pas grave. Détendez-vous. Ce n’était pas une question piège de « Qui veut gagner des millions ? » Nous sommes dans le salon de Causeur et non pas sur un vulgaire plateau de télé. Ne connaissant pas l’art des pays de l’ancien bloc soviétique, vous ne perdez rien, ni au sens propre ni au sens figuré. En revanche, vous confirmez l’opinion d’un Polonais prix Nobel de littérature (il y en avait quatre jusqu’à présent), qui soutenait que l’Europe se divisait depuis toujours en une meilleure et en une moins bonne partie. À vous de deviner laquelle était « meilleure » et laquelle « moins bonne ». Reste que, comme le précisait ce même lauréat polonais du prix Nobel de littérature, la partie « moins bonne » savait énormément, pour ne pas dire tout, sur la partie « meilleure », tandis que la partie « meilleure » ignorait tout de la partie « moins bonne ».[access capability= »lire_inedits »]

Quand bien même l’opinion d’un lauréat polonais du prix Nobel de littérature serait juste, elle passe sous silence un fait notable. C’est que la partie « moins bonne » de l’Europe s’ignorait elle-même. En tant que Polonaise, je ne saurais pas, tout comme vous, citer un seul nom d’artiste venant de l’Est. Pis, je ne savais même pas qu’il existait des artistes contemporains en Roumanie, en Hongrie, en Slovaquie ou en Croatie.

Une courageuse initiative du Centre Pompidou, à Paris, vise à prouver qu’il y avait et qu’il y a toujours, en Europe de l’Est, non seulement des artistes contemporains, mais aussi des groupes d’artistes, des courants, des styles, des théories. Une cinquantaine de noms à forte consonance exotique sont regroupés jusqu’au 19 juillet sous l’enseigne « Les Promesses du passé. Une histoire discontinue de l’art dans l’ex-Europe de l’Est ». Ils sont censés faire poids face à un Lucian Freud exposé dans le même bâtiment, quelques étages plus haut, tout comme à deux autres manifestations connaissant une forte affluence du public : « elles@centrepompidou » (1 million de visiteurs !) et « Dreamlands ».

L’art du rez-de-chaussée

Très métaphorique, cette disposition spatiale. Le Freud au sommet (niveau 6), les Picasso et Rothko plus bas (niveau 5), ensuite les Dora Maar et Louise Bourgeois (niveau 4), enfin, au rez-de-chaussée, séparés par un écran translucide de la très animée rue Aubry-le-Boucher, les Grigorescu, Krasinski, Szentjoby, Ivekovic, Abramovic, Stilinovic…. Comment pouvaient-ils, ces artistes du rez-de-chaussée, résister à la pression de l’Occident, à sa richesse et à sa diversité incommensurables, à cette avalanche de talents ? Bien évidemment, je ne vous demande pas de répondre. Vous savez qu’ils ne pouvaient et qu’ils n’ont pas résisté. Leur art reste avant tout mimétique.

Vous ne verrez au rez-de-chaussée du Centre Pompidou que des grossières copies des œuvres exposées aux étages supérieurs. De pâles imitations, des reproductions maladroites et presque touchantes par leur ambition inavouée de se mesurer à des originaux, sinon de leur faire de l’ombre, et qui, dans les meilleurs des cas, vous feront sourire. Vous ne retiendrez aucun nom, vous ne succomberez devant aucune pièce se présentant devant vos yeux, vous ne découvrirez rien de nouveau. Vous aurez envie de crier à l’imposture. L’entrée est à 12 euros tout de même ! Et pour voir quoi ? Un mec à poil en train de se barbouiller de papier mâché dans une vieille baignoire en zinc ? Bon Dieu, mais vous avez vu ça il y a trente ans à Londres, et en plus, c’était gratuit ! Et que l’œuvre s’intitule Cardinal, et que le prétendu artiste interroge, à travers sa performance, la culture catholique de la Pologne, et qu’il laisse perplexes les critiques de l’Ouest quant à son attitude face à l’Église ? Très bien tout ça, mais ça ne vaut pas 12 euros.

Vous allez avoir raison de vous insurger. Seulement, la véritable imposture réside ailleurs que dans les œuvres présentées. La véritable imposture se cache derrière l’idée même que vous puissiez être intéressés par « des artistes issus de scènes éloignées des grands centres du marché », comme l’exprime avec beaucoup d’élégance, dans le catalogue de l’exposition, le directeur de Beaubourg. Soyons sincères : vous n’iriez pas spontanément vers ces « scènes éloignées ». Vous ne prendriez pas le risque de vous aventurer dans les banlieues mal famées de Lodz ou de Bucarest à la recherche de jeunes artistes en devenir. Vous ne le feriez pas, puisque vous ne croyez pas, ou plus, pouvoir y trouver ce qui constituait, selon Gombrowicz, la seule force de toute forme de la créativité de l’Europe centrale et orientale : l’autodérision, l’immaturité, le provincialisme.

Et vous avez raison de ne pas ou de ne plus le croire.

Le rideau de fer de la conscience historique

Car vous vivez à l’ère de la mondialisation. EasyJet vous propose trois vols quotidiens vers Cracovie, sept jours sur sept. Les organisateurs de l’exposition « Promesses du passé » en sont conscients, puisqu’ils vous disent explicitement que l’approche contemporaine de l’art ne peut être que transnationale : « L’Europe est une, à défaut d’être totalement unie. » Se restreindre au choix de la production artistique d’une seule nation, comme en 1983 lors de « Présences polonaises », au même Centre Pompidou, leur semble désormais impertinent. Ils vous disent que, vingt ans après la chute du Mur, la limite entre « meilleure » et « moins bonne » partie de l’Europe est devenue caduque. Et moi, je vous dis que c’est du bullshit !

Tout d’abord, c’est du bullshit dans la mesure où le pouvoir de consécration d’un artiste venant des provinces orientales de cette Europe sans frontières demeure continûment en sa partie occidentale. À vous de décider s’il y a oui ou non des Damien Hirst à l’est de Berlin.

Ensuite, c’est du bullshit parce que, si les « Promesses du passé » se sont accomplies et qu’il est désormais envisageable, pour un artiste est-européen, d’abandonner complètement les préoccupations politiques ou idéologiques au profit d’une recherche purement esthétique, cette recherche passe obligatoirement par l’analyse des traditions et des styles propres à l’histoire de l’art de chaque pays de l’ancienne sphère communiste. Or, si la tentation de l’Occident est grande, la conscience historique lui fait front. Tel un réservoir de citations et de références, mais aussi de représentations mentales, elle brave l’ambivalence des nouveaux territoires sans frontières. L’obsession quasi palpable, dans les œuvres des artistes des Balkans, de défaire le nœud traumatique de la guerre n’en est qu’un exemple.

Un autre exemple, infiniment plus proche de ma sensibilité, est celui d’une jeune Israélienne dont la vidéo, Mur i Wieza (Le Mur et la tour, en polonais), a été incluse dans les « Promesses du passé » en vertu de l’idée de ses concepteurs selon laquelle, à l’ère de mondialisation, chaque artiste se tournant vers l’ex-Europe de l’Est ou y cherchant des repères culturels devrait être considéré comme un artiste est-européen. Yael Bartana, car tel est le nom de la vidéaste, a donné libre cours à son imagination en faisant construire un kibboutz polono-hébraïque en plein centre de Varsovie. Je ne vous demande pas de deviner pourquoi elle a choisi Varsovie et non pas Belgrade… Pas plus que je ne vous demande de vous tordre de rire en regardant la première séquence de son film montrant la figure caricaturale d’un activiste politique en train de hurler depuis un podium : « Que les trois millions de juifs reviennent en Pologne ! »

Bon, vous avez compris. Ce n’est que de l’art à l’ère de la mondialisation.[/access]

Des chiffres et des prêtres

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C’est bien la première fois qu’une dépêche couplée Vatican-Pédophilie n’intéresse pas les médias. Début juillet, une nouvelle plainte est déposée contre le Vatican aux Etats-Unis. C’est une plainte, pas une condamnation. Mais ça intéresse. Toutes les rédactions. Ça intéresse Le Monde, Le Figaro, Le Point, Le Nouvel Observateur. Tiens, et la Libre Belgique. Mais là, mes amis, rien, non rien. De cette dépêche, vous ne saurez rien. Pas un média pour diffuser cette dépêche. Le choix du silence.

Dans ma recherche Google, elle est bien seulette, la pauvrette, elle se morfond, la dépêche. Pourtant, elle est pas bien méchante, la mignonnette de l’AFP : tenez, on en a même ôté toutes les réactions du Vatican – celle du Père Lombardi, celle de l’avocat du Vatican -, pour qu’elle ne fasse point trop peur. Ils ont pourtant des choses à dire. Mais dans notre dépêche à nous, seuls les avocats des victimes ont la parole. C’était digeste. Mais on ne l’aime pas, cette dépêche, dans les rédactions. Juste une reprise automatique par La Croix. Et puis… Radio Vatican. Sinon ? Sinon, juste rien. Vous ne saurez pas.

Trois plaintes contre le Vatican abandonnées

Pourtant, non, allez, debout, les gars de la marine ! Sonnez, trompettes et olifants ! Ce mardi, trois plaintes dirigées directement contre le Vatican ont été abandonnées, faute pour les plaignants de pouvoir remplir les conditions posées pour son implication. L’avocat voulait traduire le Vatican et pourquoi pas le Pape devant les tribunaux américains, il renonce. La responsabilité du Vatican ne sera pas mise en cause. Et chez les Saxons, en revanche, on en cause.

Oh, ça peut te sembler dérisoire, à toi l’athée. Mais nous, vois-tu, de notre côté, on s’en est juste pris plein la gueule pendant des semaines. On a encaissé, on a admis, on a assumé, on s’est excusé. Pour ce que l’on n’a pas commis. Par solidarité, par fraternité. Alors, ma foi, oui, un épisode de moins, ça soulage.
Et pourtant, c’était mal barré. Tiens, quand la Cour Suprême a refusé de se prononcer sur la possibilité de poursuivre le Vatican, ça ne faisait pas un pli. Au Monde, au Point, à L’Express, c’était écrit d’avance, gravé, définitif : ce refus ouvrait la voie aux poursuites. Le Vatican pouvait être tenu pour responsable… enfin.

Cela n’a pas été l’opinion de l’avocat des plaignants qui ont abandonné les poursuites, considérant que ce refus de la Cour Suprême de se prononcer confirmait un état du droit qui ne leur permettait pas de poursuivre le Vatican. En six ans de procédure, donc, et malgré les facilités ouvertes en droit américain, malgré la bonne volonté des médias en général et du New York Times en particulier, ils n’ont pu trouver les éléments de fait leur permettant de confirmer l’a priori qui servait de base à leur action. Malgré même le renfort d’Hans Küng, odieusement appliqué à citer à charge cette lettre De Delictis Gravioribus dans laquelle le Vatican annonçait sa décision de centraliser la gestion de ces cas, c’est qu’a contrario elle était décentralisée avant.

Non, ils n’ont pas d’éléments pour démontrer une prétendue politique concertée depuis le Vatican pour imposer le silence sur les cas d’abus.
Ils ont abandonné aussi devant l’ancienneté des faits. C’est qu’à l’image de la quasi-totalité des affaires qui ont fait la brûlante actualité des derniers mois, celle-ci est vieille de plusieurs dizaines d’années. McMurry, l’avocat des plaignants l’a lui-même déclaré : « comment donc allez-vous prouver qu’en 1928, un évêque savait que le prêtre qui a abusé d’un plaignant était un pédophile ? ». En effet, en effet. Que voilà une sage observation, mais qui souligne aussi chemin faisant qu’ils agissaient sans preuve. Voilà une question qu’il fallait se poser avant : avant de vouloir impliquer le Vatican, étaient-ils seulement en mesure de prouver qu’il y a près d’un siècle, avant la seconde guerre mondiale, avant la Grande Dépression, le Vatican était informé d’un cas intervenu dans le Kentucky ? C’est que la perspective était trop belle. Trop conforme à leurs préjugés.

Affaire de gros sous ou délire idéologique

Oh, il n’y a là rien de glorieux, bien sûr. On nage toujours dans la fange immonde. Et personne ne nie la souffrance du plaignant. Le Vatican ne nie pas les abus dont a été victime le plaignant, qui a d’ailleurs été indemnisé (si on peut l’être vraiment). Mais entraîner des victimes dans une longue aventure judiciaire impossible était soit affaire de gros sous pour les avocats soit délire idéologique. Soit les deux.
Idéologique, oui, le traitement réservé depuis l’origine à l’Eglise. Non, bien sûr, elle ne nie pas. Elle ne nie plus. Elle assume l’horreur et la trahison, et nous avec. Elle prend ses responsabilités. Mais elle est bien la seule à le faire.
Parce que « maintenant, nous avons une vraie preuve : la pédophilie n’est pas un « problème catholique »». Il en aura fallu du temps, au blog La Salette Journey, pour se faire entendre. Dès avril, il le disait : Thomas Plante, professeur à Santa Clara et à Stanford, a établi que « 2 à 5% des prêtres ont eu des rapports sexuels avec un mineur, ce qui est inférieur au taux concernant la population masculine générale, établi à environ 8% ».

Ainsi, comme le souligne William Oddie dans son article publié le 10 août dernier, au-delà même de ce qu’établissait Newsweek, à savoir que rien ne permettait de penser que les prêtres catholiques étaient plus concernés que d’autres, il apparaît qu’ils sont 1,6 à 4 fois moins concernés que la population mâle générale. Pas plus, pas autant : moins. Pourtant, on en a souillé, des prêtres, et des vocations, avec ce soupçon ignoble. On en a tiré, des conclusions, sur l’Eglise…

Bref, vos enfants sont statistiquement quatre fois plus en sécurité avec un prêtre catholique qu’avec vous. Votre père. Votre frère…
D’ailleurs, comme le souligne Oddie, « the penny is beginning to drop ». On commence à s’agiter. On commence à s’inquiéter. C’est que selon un rapport, près de 10% des élèves aux Etats-Unis rapportent des cas de relations sexuelles non sollicitées par leurs éducateurs. Alors, ce qui était divertissant tant qu’il s’agissait de s’en prendre à l’Eglise perd soudain de son attrait. On a si bien joué avec elle que l’on pourrait se voir appliquer les solutions qu’on a défendues contre elle. Jim Dwyer, dans le New York Times, pose la question : « la ville de New York pourrait-elle être poursuivie pour des faits d’abus sexuels intervenus il y a des dizaines d’années par les professeurs des écoles publiques ? Et qu’en est-il des médecins ou des personnels hospitaliers ? Des officiers de police ? Des travailleurs sociaux ?». On sourit moins, et les lobbyistes s’agitent. Sans rire, ils posent la question : « Comment pourrait-on revenir 40 ans en arrière et certifier ce qui est arrivé ? Les témoins, les autorités responsables et même le ou la responsable des faits pourraient être morts !». Oui, en effet. Que ce soit en 1970 ou en 1928.
Et chez nous, que pourrait-il donc arriver ?

Et l’Education nationale ?

Que pourrait-il arriver lorsqu’on lit par exemple que si elle a pris des mesures, dans le même temps que l’Eglise, l’Education Nationale se contentait il y a seulement 13 ans, de muter les professeurs pédophiles, sans que rien ne soit indiqué sur leur dossier : « si elle préférait tenir secrètes ses mauvaises histoires, l’Education nationale a-t-elle, au moins, lavé son linge sale en famille ? Même pas. Les enseignants « à problèmes » sont juste mutés. Sans transmission d’information: on appelle ça se refiler le mistigri. » Que pourrait-il arriver lorsque l’on devine, malgré le silence maintenu, que les cas sont bien plus nombreux qu’avec les prêtres?

Non, la pédophilie n’est pas un « problème catholique ». C’est un problème que l’Eglise partage avec l’ensemble de la société. Elle en est toutefois quantitativement moins affectée et elle le reconnaît davantage que d’autres. Sa mise en cause acharnée, et le silence maintenu sur les faits à décharge, révèlent toutefois l’ampleur du traitement de faveur qui lui est réservé.

Small is beautiful

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Bonne nouvelle pour les petits : la barrière fatidique du mètre soixante qui interdisait la carrière de policier et de douanier aux impétrants de petite taille vient d’être supprimée. Cela n’a aucun rapport avec les éventuelles photos que Nicolas Sarkozy voudrait prendre en compagnie des forces de l’ordre, ce qui lui arrive souvent en ce moment. C’est tout simplement la volonté du secrétaire d’Etat Georges Tron d’«ouvrir la fonction publique à tous les Français, sans exception.» Cette mesure accompagne d’ailleurs la fin des limites d’âge pour se présenter aux concours le la fonction publique, quels qu’ils soient. On a hâte de voir ce que ça va donner, dans une téci à problèmes: une voiture de la BAC s’arrêtant dans un crissement de pneus avant que les portes ne s’ouvrent sur quatre septuagénaires d’un mètre vingt sept…

Le muret des vieux

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Paysage

Comme chaque année depuis près de cinquante ans, je me rends dans mon village de Saint-Jeannet (Alpes-Maritimes). Je dis « mon » village − bien que je sois né à Paris − parce que je m’y suis créé des racines provinciales que tout bon Parisien se plaît à entretenir. Ce matin, en arrivant sur la placette à l’entrée de la Grand-Rue, j’ai vu les vieux assis sur les murets en pierre, face au monument aux morts, le chapeau de paille rabattu sur les sourcils, refaisant le monde à voix basse. Image rassurante que j’aurais pu tirer des souvenirs de Pagnol.[access capability= »lire_inedits »]

Ne pas être confondu avec les « estrangers »

Arrivé à leur hauteur, je les ai salués d’un signe discret de la tête, comme on fait ici depuis des temps immémoriaux. Un geste de connivence entre villageois pour signifier qu’on se reconnaît et qu’on ne doit pas être confondu avec les touristes, avec les « estrangers ». En m’approchant des vieux au visage buriné par le soleil, je ne les ai pas reconnus. En forçant mes souvenirs, j’ai essayé de les rattacher à l’une ou l’autre famille que je connaissais. Rien ne me revenait. J’ai continué mon chemin, songeur : comment se fait-il que je ne reconnaisse pas de vieux paysans qui sont là depuis toujours ?…

En arrivant sur la place de l’église, une image m’est revenue, j’avais compris : je ne cherchais pas dans les bonnes cases de ma mémoire ; ces vieux, à l’entrée du village, je les avais déjà vus autrefois ; mais pas avec les paysans du cru. Avant, ils se tenaient légèrement à l’écart, un peu plus loin sur la place, là où l’ombre est plus rare. C’étaient des ouvriers agricoles arabes arrivés dans les années 1960.

Les derniers paysans originaires du cru ne sont plus là ; ils sont tous morts et leurs enfants ont vendu toutes les terres agricoles aux Parisiens qui y ont construit leurs villas. Et les ouvriers agricoles arabes se sont intégrés. Totalement intégrés et si bien intégrés qu’ils ont pris la place laissée vacante sur le muret par les paysans provençaux disparus. En parcourant le village, j’ai reconnu leurs femmes qui sortaient de chez le boulanger ou de chez le boucher. Pas de niqab, ni de boucherie hallal, mais des ménagères habillées comme toutes les ménagères provençales avec un cabas à la main. Rien ne distingue ces villageois d’aujourd’hui des autochtones d’hier, si ce n’est une chose qui aurait dû attirer mon attention : les paysans de mon enfance parlaient le provençal ou le nissart pour certains. Les villageois arabes d’aujourd’hui parlent le français. Sans accent.[/access]

Nationalité ? Ailier droit

C’est juste un symptôme, n’est-ce pas ? On ne va pas tout de même en tirer des conclusions générales sur les rapports entre les Etats, les Institutions, les organismes publics d’un côté et, de l’autre, les entreprises privées qui semblent concentrer des pouvoirs de plus en plus gigantesques, y compris dans des domaines qui n’ont rien à faire dans le périmètre du marché, comme la santé, l’éducation ou les transports publics. Mais tout de même, l’histoire mérite qu’on s’y arrête un peu.

Les meneurs (qui n’existaient pas) enfin convoqués par la FFF

Après de nombreuses danses du ventre, euphémisations et hésitations, la Fédération Française de Football, retrouvant un instant un peu de courage politique, décide de convoquer le 17 août cinq joueurs de la honteuse équipe des Bleus devant la commission fédérale de discipline.
Il s’agit de Patrick Evra le capitaine, de Franck Ribéry le vice-capitaine, d’Eric Abidal, de Jeremy Toulalan et bien entendu de l’inénarrable Anelka, l’homme qui parle à son entraineur comme un gamin de ZEP ne le ferait pas à son professeur. À moins qu’il ne s’agisse comme Domenech d’un professeur qui ne connaît pas son boulot et qui organise des ateliers-théâtre pour que ça ne se voie pas trop. Cela n’excuse en rien le comportement d’Anelka, mais rétrospectivement, qu’est-ce que Domenech a pu ressembler à un pur produit d’IUFM ! Par exemple, quand il disait : « Mon équipe n’a pas de style de jeu a priori, c’est aux joueurs de le donner. » Cela ne vous rappelle pas l’élève au centre du système, constructeur de son propre savoir ? De même, il pratiquait l’amphigourique comme une seconde langue pour mieux cacher une absence totale de vision, et même, simplement, de maitrise de son sujet.

Le Bayern envoie la FFF sur les roses

Mais revenons à notre affaire. La première chose intéressante, c’est qu’il est reconnu qu’il y avait des meneurs alors que d’après les quelques joueurs qui se sont répandus dans les médias, tout le monde était solidaire. Cette commission peut en théorie prononcer à l’encontre des joueurs des matchs de suspension, voire des radiations à vie. Le plus souvent, on se limite au rappel à l’ordre, au blâme ou à des amendes. Parmi les cinq joueurs convoqués, Frank Ribéry va créer un précédent.

Ribéry joue au Bayern de Munich et le Bayern de Munich a fait savoir qu’il ne fallait pas compter sur son meneur de jeu pour répondre aux juges en raison du début du championnat allemand. Voilà. C’est tout. Fermez le ban. Une juridiction nationale demande des comptes à un citoyen et une entreprise étrangère, avec l’accord ou non du citoyen en question, envoie cette juridiction sur les roses, avec le mépris le plus total. Toutes proportions gardées, c’est un peu comme si la France réclamait un criminel de guerre coupable d’avoir utilisé des armes chimiques et qu’une multinationale répondait : « cela ne va pas être possible car il est indispensable à la bonne marche du secteur Recherche et Développement.»

La fable est éclairante et, rétrospectivement, montre bien que les footballeurs de cette génération sont bien des enfants de leur époque. Pour reprendre la belle phrase de Guy Debord dans ses Commentaires, « ils ressemblent plus à leur temps qu’à leurs pères ». On ne parle pas ici seulement de leur comportement autistique avec écouteurs intégrés dans les oreilles, de leur arrogance typique des nouveaux riches qui touche aussi le footeux, davantage jugé sur l’épaisseur de son compte en banque, le montant de son dernier transfert que par son habileté à centrer en retrait, n’est-ce pas, Ribery ? Non, on parle d’une hyper-classe nomadisée, errant dans les mêmes hôtels, les mêmes aéroports, les mêmes villas calibrées pour jouir du même luxe aseptisé des séries américaines, qui estime ne plus avoir de comptes à rendre à cet échelon obsolète qu’est la nation.

Footballeurs mondialisés

En ce sens, les footballeurs français, au service avant tout du club qui les surpaye, sont les traders du sport en plus d’en être les mercenaires. C’est simplement que le terrain a remplacé la salle des marchés. On ne se bat plus au nom d’un pays, ou même d’une ville, on ne se bat plus pour l’économie réelle, on se bat pour des dirigeants de banques ou de clubs qui vous gavent de prébendes délirantes afin que vous fassiez du spectacle ou de l’argent, encore plus d’argent, puisque le spectacle n’est plus une fin en soi pour le football comme la production de richesses ne l’est plus l’économie.

La FFF et sa commission de discipline découvrent ainsi le nouveau visage de la mondialisation qui va de moins en moins avoir besoin politiquement ou même juridiquement des échelons nationaux.

Vous savez sans doute quelle puissance militaire aligne en ce moment le plus grand nombre de soldats sur les points les plus chauds du globe. Les Etats-Unis ? La France ? L’OTAN ? Vous n’y êtes pas, c’est Blackwater, une entreprise militaire privée qui fournit des mercenaires mieux payés, bien mieux payés que des soldats nationaux à tous les pays qui lui demandent.

Franck Ribéry n’est plus français. Et il n’y a pas eu besoin de le déchoir de sa nationalité, ce n’est de toute manière pas le genre de menace qui peur aux riches – on sait depuis Jaurès que la patrie est le seul bien de celui qui n’a plus rien. Non, Ribéry n’est plus français : il est footballeur professionnel.

Martine Aubry au pays de kangourous

Tout le monde se souvient avec effroi des « emplois jeunes » lancés par Martine Aubry en 1997. Celle qui n’était pas encore patronne du PS s’était mise en tête à l’époque de développer – en direction de la jeunesse – des métiers « nouveaux » dédiés « aux services aux personnes, à l’environnement, à la qualité de vie ». Gardons-nous charitablement de nous gausser à nouveau de ces « agents d’ambiance », « correspondants de quartiers », « auxiliaires pédagogiques » et autres « agents de proximité »… qui ont déjà fait rigoler la terre entière, et appartiennent déjà à l’histoire.

La nouveauté, c’est que l’Australie semble avoir racheté le copyright Martine Aubry et lance à son tour des « emplois jeunes » aussi délicatement débiles que « goûteur de bière », « ramasseur de crottes de kangourous », « chasseur de koalas », « juge pour des concours Miss-plages », « décorateur pour abris à pingouins », etc…

Sauf que là, le ridicule ne tue pas : Il s’agit d’un coup de pub en forme d’opération-séduction loufoque, lancé par l’Etat d’Australie-Méridionale (une région passablement désertique dont Adélaïde est la capitale) en direction des jeunes diplômés britanniques susceptibles de s’expatrier. Elle a pour ambition de leur proposer – nous apprend l’AFP – un « équilibre entre travail et loisirs ». Du coup, il est permis de regretter que Martine Aubry ait manqué à ce point d’imagination – et de créativité – à l’époque du lancement des emplois jeunes en France. Espérons qu’elle saura s’inspirer de ce tonitruant exemple australien si elle revient un jour aux affaires, même si on suppute que la rigolade est aux antipodes de ses préoccupations.

La reprise, oui, mais pour qui ?

Bonne nouvelle : nous sommes sortis de la récession. Après la plus grave crise économique depuis près d’un siècle, les chiffres de croissance du 2ème trimestre confirment que nous échappons à une rechute. Mais cette embellie globale cache une grande divergence…

Pour le CAC 40, la crise est presque un souvenir

Le CAC 40 connaît des hauts et des bas depuis le début d’année. Après avoir rebondi au-delà des 4000 points en début d’année, il est tombé sous les 3300 points au moment de la crise des dettes souveraines avant de remonter à plus de 3700 points cet été, une hausse de plus de 10% depuis l’été. Ces mouvements erratiques montrent que les marchés sont pris entre deux sentiments contradictoires.
D’une part, ils doutent du potentiel de croissance du monde occidental et constatent le haut niveau du chômage et des dettes publiques, d’où leurs accès de nervosité.
D’autre part, ils prennent aussi en compte le rebond massif des profits des grandes entreprises. Le Figaro montre ainsi que pour les 28 entreprises du CAC 40 qui ont déjà annoncé leurs résultats semestriels, le cumul des profits atteint 33 milliards, plus du double des 14,7 milliards du premier semestre 2009 et à peine moins que les 39 milliards de 2008. Bref, les entreprises du CAC 40 ont déjà presque totalement effacé la crise et il y a fort à parier que dès l’an prochain, de nouveaux records devraient tomber. Pour ce secteur de l’économie, il aura donc suffi d’un an à peine pour effacer la plus grave crise depuis 80 ans.

Des citoyens à la peine

Cette situation contraste violemment avec la situation des citoyens. En France, le chômage (au sens large) approche le cap des 4 millions de personnes. Aux Etats-Unis, près de 10% de la population est officiellement sans emploi et le chiffre de 15 % est sans doute plus proche de la réalité. Le salaire médian, qui avait déjà baissé de 4% de 2000 à 2008 selon Joseph Stiglitz, a sans doute poursuivi sa chute. Enfin, si l’Allemagne n’a pas connu de forte hausse du chômage, cela s’explique à la fois par sa démographie et par l’augmentation du nombre de travailleurs pauvres (deux millions de salariés gagnent moins de six euros de l’heure).

Conclusion : cette crise a encore accentué les inégalités entre des multinationales (et leurs actionnaires) qui parviennent toujours à extraire plus de profits de leur activité, aussi bien grâce à la croissance des pays émergents qu’à la compression des coûts chez nous, et la population en général. Ce phénomène est à la fois injuste et inquiétant. Injuste car tout le bénéfice de la création de richesse, donc du travail de tous, passe dans les profits des grandes entreprises et les revenus d’une petite minorité. Inquiétant car cela montre bien que strictement rien n’a changé depuis la crise.

Dans ces conditions, beaucoup contestent le terme même de « reprise » même s’il paraît validé par des indicateurs économiques. Peut-être faudrait-il parler de pertes pour les uns et de profits pour les autres. Et que ceux-ci soient supérieurs à celles-là ne change rien à l’affaire : pour une immense majorité de citoyens, pendant la reprise, la crise continue.

Moralisez votre vie politique !

Bahamas

Restrictions budgétaires et morales obligent : plus question pour un homme politique d’utiliser à sa guise les deniers publics – sous peine d’être acculé à la démission spontanée. Et les ministres, hélas, ne sont pas les seuls concernés ! Le moindre voyage d’études d’un Conseil régional ou d’une délégation parlementaire avec risque désormais d’être dénoncé par ce torchon de Canard ou cette poubelle de Médiapart. Alors, autant prendre les devants en apprenant à justifier vos déplacements. Justifiez votre voyage d’étude en fonction de son objet d’intérêt public.[access capability= »lire_inedits »]

Destination
1. Thaïlande
2. Seychelles
3. Bahamas
4. Maurice
5. Iles Fidji

Etude
A – Explosion démographique
B – Réchauffement climatique
C – Défense de la francophonie
D – Aquaculture vivrière
E – Le pamplemousse, nouvel or rose ?

Réponses : 1C, 2A, 3D, 4B, 5E.

Travaux pratiques
Rédigez d’avance votre rapport circonstancié à l’intention de la Cour des comptes !

Compte-rendu de voyage d’études.

Ce voyage à (destination) a été particulièrement bénéfique pour notre (ville, département, région). L’enjeu est bien évidemment (économique, social, écologique, commercial, culturel). Cette région (Amérique, Océanie, Asie, Afrique, Antilles) nous lance aujourd’hui un défi.

Pouvons-nous en effet laisser croire à nos administrés que tout pourra durer comme avant, alors qu’à moins de (300, 5 000, 10 000) km de chez nous, le phénomène atteint déjà des proportions inquiétantes ?

Les conclusions de notre étude, qui seront publiées prochainement, montrent au contraire que, si nous voulons lutter contre ce fléau, il faudra remonter toute la filière, à commencer par (prochaine destination), dès l’année prochaine à la même époque.[/access]

Une fille pour l’été

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Les jeunes filles, toujours les jeunes filles.

Que font-elles, sous le soleil des vacances, allongées sur leurs serviettes pleines de sable ?
Elles portent des lunettes noires, bronzent seins nus, remplissent des grilles de mots fléchés, laissent leur esprit dériver vers quelques envies inavouables – bel inconnu à embrasser, ivresse douce, nuit d’amour à la belle étoile.

Proposons leur un peu de son, des mélodies du monde d’avant à écouter sur leur Ipod ou autre Itruc: Sea sex and sun de Gainsbourg, J’aime regarder les filles de Patrick Coutin ou L’amour à la plage de Niagara.

Proposons leur aussi de découvrir l’art de la fessée tel que le raconte Jacques Serguine dans son roman coquin L’été des jeunes filles.

Parlons leur, surtout, de Roland Jaccard et de ce bijou qu’est Une fille pour l’été.

Sexe, sarcasmes et mélancolie

Homme des flirts en hiver, des escapades viennoises à la poursuite de Karl Kraus et du « rire du diable » quand le diable a la frange de Louise Brooks ou d’une lolycéenne du Soleil Levant, Jaccard fait sonner la langue avec la précision d’un sniper classieux : « Paris me pesait. Nous étions début juillet. Comme chaque année, je me demandais comment affronter le grand vide de l’été. » Pour éloigner, le temps d’une saison, son suicide programmé, Jaccard avance sa pièce maîtresse : « Une étudiante aux Beaux-Arts que je connaissais à peine, Shade, m’avait accompagné au cinéma Action Christine pour voir le film de Rokuro Mochikuzi : Onibi le démon. Nous avions distraitement échangé quelques baisers. Au moment de nous quitter, je lui avais dit : “Et si nous partions pour Tokyo ?” Pour seule réponse, j’avais senti sa langue frétiller dans ma bouche et ses doigts caresser mon sexe. ».

Direction Tokyo donc, où l’ombre érotique d’une certaine Asako est partout, où l’histoire d’amour ne commence pas. Chez Jaccard, l’amour est un échec et mat désabusé – « Je jouerai à être ton premier amour et toi à être mon dernier » – où les amants ne se retrouvent, bien plus tard à Paris, que pour voir Eyes wide shut de Stanley Kubrick. Le film ne plaît pas. La faute à Tom Cruise – Nicole Kidman fumant de l’herbe en caraco blanc est, quant à elle, d’une sensualité qu’elle n’offrira plus. La faute à Shade, qui oublie trop vite les mots de Pessoa tirés du Livre de l’intranquillité : « La vie m’écoeure comme un remède inutile. »

Incandescence triste

L’été s’en va, Shade aussi, laissant place à des « poupées frigides » et à des fantômes fragiles nommés Marie, Amélie, Mélanine ou Sylvia Plath qui écrivait : « J’ai besoin de ce qu’il y a de plus impossible, quelqu’un qui m’aime quand je me réveille la nuit. »

L’été s’en va, Jaccard croise ses vieux amis Louis Scutenaire, Charles Bukowski, Woody Allen et Ennio Flaiano, le scénariste de la Dolce vita et de Huit et demi.

L’été s’en va, il est l’heure, peut-être, du départ pour Vegas, ce voyage ultime qu’effectuait un Nicolas Cage ravagé, au plus près de l’incandescence lumineuse et triste d’Elisabeth Shue, dans le crépusculaire Leaving Las Vegas.

Pourquoi Las Vegas ? « Il y a des piscines, du soleil, de l’arnaque, de l’inanité, des jeux et ce grand jeu que nous jouons tous avec la mort. Vous le savez aussi bien que moi : la société a plus à voir avec une party de suicidaires à grande échelle qu’avec une organisation d’êtres rationnels. Ce désespoir tranquille qui nous bouffe ici, au moins dans le désert hystérico-orgiaque du Nevada nous y échapperons. »

Les jeunes filles, l’été, l’amour, la mort et, à la fin de l’envoi, Jaccard qui touche.

Une Fille pour l'été

Prix: 2,17 €

1 d'occasion et neuf disponible à partir de

Déni de réalité

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C’est un document bizarre qui vient d’être rendu public par le FMI, une recherche classée « publication sélective » (selected issue paper) qui dit en substance que les Etats-Unis sont en faillite virtuelle! Selon le FMI, la résorption du déficit budgétaire et fiscal US nécessiterait ainsi un « réajustement fiscal permanent de l’ordre de 15% du P.I.B. Américain ». Autrement dit, comme l’Etat fédéral lève annuellement des impôts qui se montent à 14.7% de son P.I.B., il conviendrait de doubler la taxation, ce qui ne sera à l’évidence jamais mis en oeuvre.

Accessoirement, ces chiffres relativisent les débats quant au bien-fondé de l’adoption de mesures stimulatoires supplémentaires car ce pays ne peut tout simplement plus se payer le luxe de la moindre injection de liquidités! 

Vent d’Est sur Beaubourg

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Ewa Partum, Self-Identification, 1980
Ewa Partum, Self-Identification, 1980.
Ewa Partum, Self-Identification, 1980
Ewa Partum, Self-Identification, 1980.

Avouez-le : vous ne connaissez pas l’art de l’Europe de l’Est. Vous ne l’avez jamais connu, en fait. Vous ne sauriez citer un seul nom d’artiste venant de l’Est. Pas un seul.

Une « meilleure » et une « moins bonne » Europe

Eh bien, ce n’est pas grave. Détendez-vous. Ce n’était pas une question piège de « Qui veut gagner des millions ? » Nous sommes dans le salon de Causeur et non pas sur un vulgaire plateau de télé. Ne connaissant pas l’art des pays de l’ancien bloc soviétique, vous ne perdez rien, ni au sens propre ni au sens figuré. En revanche, vous confirmez l’opinion d’un Polonais prix Nobel de littérature (il y en avait quatre jusqu’à présent), qui soutenait que l’Europe se divisait depuis toujours en une meilleure et en une moins bonne partie. À vous de deviner laquelle était « meilleure » et laquelle « moins bonne ». Reste que, comme le précisait ce même lauréat polonais du prix Nobel de littérature, la partie « moins bonne » savait énormément, pour ne pas dire tout, sur la partie « meilleure », tandis que la partie « meilleure » ignorait tout de la partie « moins bonne ».[access capability= »lire_inedits »]

Quand bien même l’opinion d’un lauréat polonais du prix Nobel de littérature serait juste, elle passe sous silence un fait notable. C’est que la partie « moins bonne » de l’Europe s’ignorait elle-même. En tant que Polonaise, je ne saurais pas, tout comme vous, citer un seul nom d’artiste venant de l’Est. Pis, je ne savais même pas qu’il existait des artistes contemporains en Roumanie, en Hongrie, en Slovaquie ou en Croatie.

Une courageuse initiative du Centre Pompidou, à Paris, vise à prouver qu’il y avait et qu’il y a toujours, en Europe de l’Est, non seulement des artistes contemporains, mais aussi des groupes d’artistes, des courants, des styles, des théories. Une cinquantaine de noms à forte consonance exotique sont regroupés jusqu’au 19 juillet sous l’enseigne « Les Promesses du passé. Une histoire discontinue de l’art dans l’ex-Europe de l’Est ». Ils sont censés faire poids face à un Lucian Freud exposé dans le même bâtiment, quelques étages plus haut, tout comme à deux autres manifestations connaissant une forte affluence du public : « elles@centrepompidou » (1 million de visiteurs !) et « Dreamlands ».

L’art du rez-de-chaussée

Très métaphorique, cette disposition spatiale. Le Freud au sommet (niveau 6), les Picasso et Rothko plus bas (niveau 5), ensuite les Dora Maar et Louise Bourgeois (niveau 4), enfin, au rez-de-chaussée, séparés par un écran translucide de la très animée rue Aubry-le-Boucher, les Grigorescu, Krasinski, Szentjoby, Ivekovic, Abramovic, Stilinovic…. Comment pouvaient-ils, ces artistes du rez-de-chaussée, résister à la pression de l’Occident, à sa richesse et à sa diversité incommensurables, à cette avalanche de talents ? Bien évidemment, je ne vous demande pas de répondre. Vous savez qu’ils ne pouvaient et qu’ils n’ont pas résisté. Leur art reste avant tout mimétique.

Vous ne verrez au rez-de-chaussée du Centre Pompidou que des grossières copies des œuvres exposées aux étages supérieurs. De pâles imitations, des reproductions maladroites et presque touchantes par leur ambition inavouée de se mesurer à des originaux, sinon de leur faire de l’ombre, et qui, dans les meilleurs des cas, vous feront sourire. Vous ne retiendrez aucun nom, vous ne succomberez devant aucune pièce se présentant devant vos yeux, vous ne découvrirez rien de nouveau. Vous aurez envie de crier à l’imposture. L’entrée est à 12 euros tout de même ! Et pour voir quoi ? Un mec à poil en train de se barbouiller de papier mâché dans une vieille baignoire en zinc ? Bon Dieu, mais vous avez vu ça il y a trente ans à Londres, et en plus, c’était gratuit ! Et que l’œuvre s’intitule Cardinal, et que le prétendu artiste interroge, à travers sa performance, la culture catholique de la Pologne, et qu’il laisse perplexes les critiques de l’Ouest quant à son attitude face à l’Église ? Très bien tout ça, mais ça ne vaut pas 12 euros.

Vous allez avoir raison de vous insurger. Seulement, la véritable imposture réside ailleurs que dans les œuvres présentées. La véritable imposture se cache derrière l’idée même que vous puissiez être intéressés par « des artistes issus de scènes éloignées des grands centres du marché », comme l’exprime avec beaucoup d’élégance, dans le catalogue de l’exposition, le directeur de Beaubourg. Soyons sincères : vous n’iriez pas spontanément vers ces « scènes éloignées ». Vous ne prendriez pas le risque de vous aventurer dans les banlieues mal famées de Lodz ou de Bucarest à la recherche de jeunes artistes en devenir. Vous ne le feriez pas, puisque vous ne croyez pas, ou plus, pouvoir y trouver ce qui constituait, selon Gombrowicz, la seule force de toute forme de la créativité de l’Europe centrale et orientale : l’autodérision, l’immaturité, le provincialisme.

Et vous avez raison de ne pas ou de ne plus le croire.

Le rideau de fer de la conscience historique

Car vous vivez à l’ère de la mondialisation. EasyJet vous propose trois vols quotidiens vers Cracovie, sept jours sur sept. Les organisateurs de l’exposition « Promesses du passé » en sont conscients, puisqu’ils vous disent explicitement que l’approche contemporaine de l’art ne peut être que transnationale : « L’Europe est une, à défaut d’être totalement unie. » Se restreindre au choix de la production artistique d’une seule nation, comme en 1983 lors de « Présences polonaises », au même Centre Pompidou, leur semble désormais impertinent. Ils vous disent que, vingt ans après la chute du Mur, la limite entre « meilleure » et « moins bonne » partie de l’Europe est devenue caduque. Et moi, je vous dis que c’est du bullshit !

Tout d’abord, c’est du bullshit dans la mesure où le pouvoir de consécration d’un artiste venant des provinces orientales de cette Europe sans frontières demeure continûment en sa partie occidentale. À vous de décider s’il y a oui ou non des Damien Hirst à l’est de Berlin.

Ensuite, c’est du bullshit parce que, si les « Promesses du passé » se sont accomplies et qu’il est désormais envisageable, pour un artiste est-européen, d’abandonner complètement les préoccupations politiques ou idéologiques au profit d’une recherche purement esthétique, cette recherche passe obligatoirement par l’analyse des traditions et des styles propres à l’histoire de l’art de chaque pays de l’ancienne sphère communiste. Or, si la tentation de l’Occident est grande, la conscience historique lui fait front. Tel un réservoir de citations et de références, mais aussi de représentations mentales, elle brave l’ambivalence des nouveaux territoires sans frontières. L’obsession quasi palpable, dans les œuvres des artistes des Balkans, de défaire le nœud traumatique de la guerre n’en est qu’un exemple.

Un autre exemple, infiniment plus proche de ma sensibilité, est celui d’une jeune Israélienne dont la vidéo, Mur i Wieza (Le Mur et la tour, en polonais), a été incluse dans les « Promesses du passé » en vertu de l’idée de ses concepteurs selon laquelle, à l’ère de mondialisation, chaque artiste se tournant vers l’ex-Europe de l’Est ou y cherchant des repères culturels devrait être considéré comme un artiste est-européen. Yael Bartana, car tel est le nom de la vidéaste, a donné libre cours à son imagination en faisant construire un kibboutz polono-hébraïque en plein centre de Varsovie. Je ne vous demande pas de deviner pourquoi elle a choisi Varsovie et non pas Belgrade… Pas plus que je ne vous demande de vous tordre de rire en regardant la première séquence de son film montrant la figure caricaturale d’un activiste politique en train de hurler depuis un podium : « Que les trois millions de juifs reviennent en Pologne ! »

Bon, vous avez compris. Ce n’est que de l’art à l’ère de la mondialisation.[/access]

Des chiffres et des prêtres

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C’est bien la première fois qu’une dépêche couplée Vatican-Pédophilie n’intéresse pas les médias. Début juillet, une nouvelle plainte est déposée contre le Vatican aux Etats-Unis. C’est une plainte, pas une condamnation. Mais ça intéresse. Toutes les rédactions. Ça intéresse Le Monde, Le Figaro, Le Point, Le Nouvel Observateur. Tiens, et la Libre Belgique. Mais là, mes amis, rien, non rien. De cette dépêche, vous ne saurez rien. Pas un média pour diffuser cette dépêche. Le choix du silence.

Dans ma recherche Google, elle est bien seulette, la pauvrette, elle se morfond, la dépêche. Pourtant, elle est pas bien méchante, la mignonnette de l’AFP : tenez, on en a même ôté toutes les réactions du Vatican – celle du Père Lombardi, celle de l’avocat du Vatican -, pour qu’elle ne fasse point trop peur. Ils ont pourtant des choses à dire. Mais dans notre dépêche à nous, seuls les avocats des victimes ont la parole. C’était digeste. Mais on ne l’aime pas, cette dépêche, dans les rédactions. Juste une reprise automatique par La Croix. Et puis… Radio Vatican. Sinon ? Sinon, juste rien. Vous ne saurez pas.

Trois plaintes contre le Vatican abandonnées

Pourtant, non, allez, debout, les gars de la marine ! Sonnez, trompettes et olifants ! Ce mardi, trois plaintes dirigées directement contre le Vatican ont été abandonnées, faute pour les plaignants de pouvoir remplir les conditions posées pour son implication. L’avocat voulait traduire le Vatican et pourquoi pas le Pape devant les tribunaux américains, il renonce. La responsabilité du Vatican ne sera pas mise en cause. Et chez les Saxons, en revanche, on en cause.

Oh, ça peut te sembler dérisoire, à toi l’athée. Mais nous, vois-tu, de notre côté, on s’en est juste pris plein la gueule pendant des semaines. On a encaissé, on a admis, on a assumé, on s’est excusé. Pour ce que l’on n’a pas commis. Par solidarité, par fraternité. Alors, ma foi, oui, un épisode de moins, ça soulage.
Et pourtant, c’était mal barré. Tiens, quand la Cour Suprême a refusé de se prononcer sur la possibilité de poursuivre le Vatican, ça ne faisait pas un pli. Au Monde, au Point, à L’Express, c’était écrit d’avance, gravé, définitif : ce refus ouvrait la voie aux poursuites. Le Vatican pouvait être tenu pour responsable… enfin.

Cela n’a pas été l’opinion de l’avocat des plaignants qui ont abandonné les poursuites, considérant que ce refus de la Cour Suprême de se prononcer confirmait un état du droit qui ne leur permettait pas de poursuivre le Vatican. En six ans de procédure, donc, et malgré les facilités ouvertes en droit américain, malgré la bonne volonté des médias en général et du New York Times en particulier, ils n’ont pu trouver les éléments de fait leur permettant de confirmer l’a priori qui servait de base à leur action. Malgré même le renfort d’Hans Küng, odieusement appliqué à citer à charge cette lettre De Delictis Gravioribus dans laquelle le Vatican annonçait sa décision de centraliser la gestion de ces cas, c’est qu’a contrario elle était décentralisée avant.

Non, ils n’ont pas d’éléments pour démontrer une prétendue politique concertée depuis le Vatican pour imposer le silence sur les cas d’abus.
Ils ont abandonné aussi devant l’ancienneté des faits. C’est qu’à l’image de la quasi-totalité des affaires qui ont fait la brûlante actualité des derniers mois, celle-ci est vieille de plusieurs dizaines d’années. McMurry, l’avocat des plaignants l’a lui-même déclaré : « comment donc allez-vous prouver qu’en 1928, un évêque savait que le prêtre qui a abusé d’un plaignant était un pédophile ? ». En effet, en effet. Que voilà une sage observation, mais qui souligne aussi chemin faisant qu’ils agissaient sans preuve. Voilà une question qu’il fallait se poser avant : avant de vouloir impliquer le Vatican, étaient-ils seulement en mesure de prouver qu’il y a près d’un siècle, avant la seconde guerre mondiale, avant la Grande Dépression, le Vatican était informé d’un cas intervenu dans le Kentucky ? C’est que la perspective était trop belle. Trop conforme à leurs préjugés.

Affaire de gros sous ou délire idéologique

Oh, il n’y a là rien de glorieux, bien sûr. On nage toujours dans la fange immonde. Et personne ne nie la souffrance du plaignant. Le Vatican ne nie pas les abus dont a été victime le plaignant, qui a d’ailleurs été indemnisé (si on peut l’être vraiment). Mais entraîner des victimes dans une longue aventure judiciaire impossible était soit affaire de gros sous pour les avocats soit délire idéologique. Soit les deux.
Idéologique, oui, le traitement réservé depuis l’origine à l’Eglise. Non, bien sûr, elle ne nie pas. Elle ne nie plus. Elle assume l’horreur et la trahison, et nous avec. Elle prend ses responsabilités. Mais elle est bien la seule à le faire.
Parce que « maintenant, nous avons une vraie preuve : la pédophilie n’est pas un « problème catholique »». Il en aura fallu du temps, au blog La Salette Journey, pour se faire entendre. Dès avril, il le disait : Thomas Plante, professeur à Santa Clara et à Stanford, a établi que « 2 à 5% des prêtres ont eu des rapports sexuels avec un mineur, ce qui est inférieur au taux concernant la population masculine générale, établi à environ 8% ».

Ainsi, comme le souligne William Oddie dans son article publié le 10 août dernier, au-delà même de ce qu’établissait Newsweek, à savoir que rien ne permettait de penser que les prêtres catholiques étaient plus concernés que d’autres, il apparaît qu’ils sont 1,6 à 4 fois moins concernés que la population mâle générale. Pas plus, pas autant : moins. Pourtant, on en a souillé, des prêtres, et des vocations, avec ce soupçon ignoble. On en a tiré, des conclusions, sur l’Eglise…

Bref, vos enfants sont statistiquement quatre fois plus en sécurité avec un prêtre catholique qu’avec vous. Votre père. Votre frère…
D’ailleurs, comme le souligne Oddie, « the penny is beginning to drop ». On commence à s’agiter. On commence à s’inquiéter. C’est que selon un rapport, près de 10% des élèves aux Etats-Unis rapportent des cas de relations sexuelles non sollicitées par leurs éducateurs. Alors, ce qui était divertissant tant qu’il s’agissait de s’en prendre à l’Eglise perd soudain de son attrait. On a si bien joué avec elle que l’on pourrait se voir appliquer les solutions qu’on a défendues contre elle. Jim Dwyer, dans le New York Times, pose la question : « la ville de New York pourrait-elle être poursuivie pour des faits d’abus sexuels intervenus il y a des dizaines d’années par les professeurs des écoles publiques ? Et qu’en est-il des médecins ou des personnels hospitaliers ? Des officiers de police ? Des travailleurs sociaux ?». On sourit moins, et les lobbyistes s’agitent. Sans rire, ils posent la question : « Comment pourrait-on revenir 40 ans en arrière et certifier ce qui est arrivé ? Les témoins, les autorités responsables et même le ou la responsable des faits pourraient être morts !». Oui, en effet. Que ce soit en 1970 ou en 1928.
Et chez nous, que pourrait-il donc arriver ?

Et l’Education nationale ?

Que pourrait-il arriver lorsqu’on lit par exemple que si elle a pris des mesures, dans le même temps que l’Eglise, l’Education Nationale se contentait il y a seulement 13 ans, de muter les professeurs pédophiles, sans que rien ne soit indiqué sur leur dossier : « si elle préférait tenir secrètes ses mauvaises histoires, l’Education nationale a-t-elle, au moins, lavé son linge sale en famille ? Même pas. Les enseignants « à problèmes » sont juste mutés. Sans transmission d’information: on appelle ça se refiler le mistigri. » Que pourrait-il arriver lorsque l’on devine, malgré le silence maintenu, que les cas sont bien plus nombreux qu’avec les prêtres?

Non, la pédophilie n’est pas un « problème catholique ». C’est un problème que l’Eglise partage avec l’ensemble de la société. Elle en est toutefois quantitativement moins affectée et elle le reconnaît davantage que d’autres. Sa mise en cause acharnée, et le silence maintenu sur les faits à décharge, révèlent toutefois l’ampleur du traitement de faveur qui lui est réservé.

Small is beautiful

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Bonne nouvelle pour les petits : la barrière fatidique du mètre soixante qui interdisait la carrière de policier et de douanier aux impétrants de petite taille vient d’être supprimée. Cela n’a aucun rapport avec les éventuelles photos que Nicolas Sarkozy voudrait prendre en compagnie des forces de l’ordre, ce qui lui arrive souvent en ce moment. C’est tout simplement la volonté du secrétaire d’Etat Georges Tron d’«ouvrir la fonction publique à tous les Français, sans exception.» Cette mesure accompagne d’ailleurs la fin des limites d’âge pour se présenter aux concours le la fonction publique, quels qu’ils soient. On a hâte de voir ce que ça va donner, dans une téci à problèmes: une voiture de la BAC s’arrêtant dans un crissement de pneus avant que les portes ne s’ouvrent sur quatre septuagénaires d’un mètre vingt sept…

Le muret des vieux

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Paysage

Paysage

Comme chaque année depuis près de cinquante ans, je me rends dans mon village de Saint-Jeannet (Alpes-Maritimes). Je dis « mon » village − bien que je sois né à Paris − parce que je m’y suis créé des racines provinciales que tout bon Parisien se plaît à entretenir. Ce matin, en arrivant sur la placette à l’entrée de la Grand-Rue, j’ai vu les vieux assis sur les murets en pierre, face au monument aux morts, le chapeau de paille rabattu sur les sourcils, refaisant le monde à voix basse. Image rassurante que j’aurais pu tirer des souvenirs de Pagnol.[access capability= »lire_inedits »]

Ne pas être confondu avec les « estrangers »

Arrivé à leur hauteur, je les ai salués d’un signe discret de la tête, comme on fait ici depuis des temps immémoriaux. Un geste de connivence entre villageois pour signifier qu’on se reconnaît et qu’on ne doit pas être confondu avec les touristes, avec les « estrangers ». En m’approchant des vieux au visage buriné par le soleil, je ne les ai pas reconnus. En forçant mes souvenirs, j’ai essayé de les rattacher à l’une ou l’autre famille que je connaissais. Rien ne me revenait. J’ai continué mon chemin, songeur : comment se fait-il que je ne reconnaisse pas de vieux paysans qui sont là depuis toujours ?…

En arrivant sur la place de l’église, une image m’est revenue, j’avais compris : je ne cherchais pas dans les bonnes cases de ma mémoire ; ces vieux, à l’entrée du village, je les avais déjà vus autrefois ; mais pas avec les paysans du cru. Avant, ils se tenaient légèrement à l’écart, un peu plus loin sur la place, là où l’ombre est plus rare. C’étaient des ouvriers agricoles arabes arrivés dans les années 1960.

Les derniers paysans originaires du cru ne sont plus là ; ils sont tous morts et leurs enfants ont vendu toutes les terres agricoles aux Parisiens qui y ont construit leurs villas. Et les ouvriers agricoles arabes se sont intégrés. Totalement intégrés et si bien intégrés qu’ils ont pris la place laissée vacante sur le muret par les paysans provençaux disparus. En parcourant le village, j’ai reconnu leurs femmes qui sortaient de chez le boulanger ou de chez le boucher. Pas de niqab, ni de boucherie hallal, mais des ménagères habillées comme toutes les ménagères provençales avec un cabas à la main. Rien ne distingue ces villageois d’aujourd’hui des autochtones d’hier, si ce n’est une chose qui aurait dû attirer mon attention : les paysans de mon enfance parlaient le provençal ou le nissart pour certains. Les villageois arabes d’aujourd’hui parlent le français. Sans accent.[/access]

Nationalité ? Ailier droit

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C’est juste un symptôme, n’est-ce pas ? On ne va pas tout de même en tirer des conclusions générales sur les rapports entre les Etats, les Institutions, les organismes publics d’un côté et, de l’autre, les entreprises privées qui semblent concentrer des pouvoirs de plus en plus gigantesques, y compris dans des domaines qui n’ont rien à faire dans le périmètre du marché, comme la santé, l’éducation ou les transports publics. Mais tout de même, l’histoire mérite qu’on s’y arrête un peu.

Les meneurs (qui n’existaient pas) enfin convoqués par la FFF

Après de nombreuses danses du ventre, euphémisations et hésitations, la Fédération Française de Football, retrouvant un instant un peu de courage politique, décide de convoquer le 17 août cinq joueurs de la honteuse équipe des Bleus devant la commission fédérale de discipline.
Il s’agit de Patrick Evra le capitaine, de Franck Ribéry le vice-capitaine, d’Eric Abidal, de Jeremy Toulalan et bien entendu de l’inénarrable Anelka, l’homme qui parle à son entraineur comme un gamin de ZEP ne le ferait pas à son professeur. À moins qu’il ne s’agisse comme Domenech d’un professeur qui ne connaît pas son boulot et qui organise des ateliers-théâtre pour que ça ne se voie pas trop. Cela n’excuse en rien le comportement d’Anelka, mais rétrospectivement, qu’est-ce que Domenech a pu ressembler à un pur produit d’IUFM ! Par exemple, quand il disait : « Mon équipe n’a pas de style de jeu a priori, c’est aux joueurs de le donner. » Cela ne vous rappelle pas l’élève au centre du système, constructeur de son propre savoir ? De même, il pratiquait l’amphigourique comme une seconde langue pour mieux cacher une absence totale de vision, et même, simplement, de maitrise de son sujet.

Le Bayern envoie la FFF sur les roses

Mais revenons à notre affaire. La première chose intéressante, c’est qu’il est reconnu qu’il y avait des meneurs alors que d’après les quelques joueurs qui se sont répandus dans les médias, tout le monde était solidaire. Cette commission peut en théorie prononcer à l’encontre des joueurs des matchs de suspension, voire des radiations à vie. Le plus souvent, on se limite au rappel à l’ordre, au blâme ou à des amendes. Parmi les cinq joueurs convoqués, Frank Ribéry va créer un précédent.

Ribéry joue au Bayern de Munich et le Bayern de Munich a fait savoir qu’il ne fallait pas compter sur son meneur de jeu pour répondre aux juges en raison du début du championnat allemand. Voilà. C’est tout. Fermez le ban. Une juridiction nationale demande des comptes à un citoyen et une entreprise étrangère, avec l’accord ou non du citoyen en question, envoie cette juridiction sur les roses, avec le mépris le plus total. Toutes proportions gardées, c’est un peu comme si la France réclamait un criminel de guerre coupable d’avoir utilisé des armes chimiques et qu’une multinationale répondait : « cela ne va pas être possible car il est indispensable à la bonne marche du secteur Recherche et Développement.»

La fable est éclairante et, rétrospectivement, montre bien que les footballeurs de cette génération sont bien des enfants de leur époque. Pour reprendre la belle phrase de Guy Debord dans ses Commentaires, « ils ressemblent plus à leur temps qu’à leurs pères ». On ne parle pas ici seulement de leur comportement autistique avec écouteurs intégrés dans les oreilles, de leur arrogance typique des nouveaux riches qui touche aussi le footeux, davantage jugé sur l’épaisseur de son compte en banque, le montant de son dernier transfert que par son habileté à centrer en retrait, n’est-ce pas, Ribery ? Non, on parle d’une hyper-classe nomadisée, errant dans les mêmes hôtels, les mêmes aéroports, les mêmes villas calibrées pour jouir du même luxe aseptisé des séries américaines, qui estime ne plus avoir de comptes à rendre à cet échelon obsolète qu’est la nation.

Footballeurs mondialisés

En ce sens, les footballeurs français, au service avant tout du club qui les surpaye, sont les traders du sport en plus d’en être les mercenaires. C’est simplement que le terrain a remplacé la salle des marchés. On ne se bat plus au nom d’un pays, ou même d’une ville, on ne se bat plus pour l’économie réelle, on se bat pour des dirigeants de banques ou de clubs qui vous gavent de prébendes délirantes afin que vous fassiez du spectacle ou de l’argent, encore plus d’argent, puisque le spectacle n’est plus une fin en soi pour le football comme la production de richesses ne l’est plus l’économie.

La FFF et sa commission de discipline découvrent ainsi le nouveau visage de la mondialisation qui va de moins en moins avoir besoin politiquement ou même juridiquement des échelons nationaux.

Vous savez sans doute quelle puissance militaire aligne en ce moment le plus grand nombre de soldats sur les points les plus chauds du globe. Les Etats-Unis ? La France ? L’OTAN ? Vous n’y êtes pas, c’est Blackwater, une entreprise militaire privée qui fournit des mercenaires mieux payés, bien mieux payés que des soldats nationaux à tous les pays qui lui demandent.

Franck Ribéry n’est plus français. Et il n’y a pas eu besoin de le déchoir de sa nationalité, ce n’est de toute manière pas le genre de menace qui peur aux riches – on sait depuis Jaurès que la patrie est le seul bien de celui qui n’a plus rien. Non, Ribéry n’est plus français : il est footballeur professionnel.

Martine Aubry au pays de kangourous

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Tout le monde se souvient avec effroi des « emplois jeunes » lancés par Martine Aubry en 1997. Celle qui n’était pas encore patronne du PS s’était mise en tête à l’époque de développer – en direction de la jeunesse – des métiers « nouveaux » dédiés « aux services aux personnes, à l’environnement, à la qualité de vie ». Gardons-nous charitablement de nous gausser à nouveau de ces « agents d’ambiance », « correspondants de quartiers », « auxiliaires pédagogiques » et autres « agents de proximité »… qui ont déjà fait rigoler la terre entière, et appartiennent déjà à l’histoire.

La nouveauté, c’est que l’Australie semble avoir racheté le copyright Martine Aubry et lance à son tour des « emplois jeunes » aussi délicatement débiles que « goûteur de bière », « ramasseur de crottes de kangourous », « chasseur de koalas », « juge pour des concours Miss-plages », « décorateur pour abris à pingouins », etc…

Sauf que là, le ridicule ne tue pas : Il s’agit d’un coup de pub en forme d’opération-séduction loufoque, lancé par l’Etat d’Australie-Méridionale (une région passablement désertique dont Adélaïde est la capitale) en direction des jeunes diplômés britanniques susceptibles de s’expatrier. Elle a pour ambition de leur proposer – nous apprend l’AFP – un « équilibre entre travail et loisirs ». Du coup, il est permis de regretter que Martine Aubry ait manqué à ce point d’imagination – et de créativité – à l’époque du lancement des emplois jeunes en France. Espérons qu’elle saura s’inspirer de ce tonitruant exemple australien si elle revient un jour aux affaires, même si on suppute que la rigolade est aux antipodes de ses préoccupations.

La reprise, oui, mais pour qui ?

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Bonne nouvelle : nous sommes sortis de la récession. Après la plus grave crise économique depuis près d’un siècle, les chiffres de croissance du 2ème trimestre confirment que nous échappons à une rechute. Mais cette embellie globale cache une grande divergence…

Pour le CAC 40, la crise est presque un souvenir

Le CAC 40 connaît des hauts et des bas depuis le début d’année. Après avoir rebondi au-delà des 4000 points en début d’année, il est tombé sous les 3300 points au moment de la crise des dettes souveraines avant de remonter à plus de 3700 points cet été, une hausse de plus de 10% depuis l’été. Ces mouvements erratiques montrent que les marchés sont pris entre deux sentiments contradictoires.
D’une part, ils doutent du potentiel de croissance du monde occidental et constatent le haut niveau du chômage et des dettes publiques, d’où leurs accès de nervosité.
D’autre part, ils prennent aussi en compte le rebond massif des profits des grandes entreprises. Le Figaro montre ainsi que pour les 28 entreprises du CAC 40 qui ont déjà annoncé leurs résultats semestriels, le cumul des profits atteint 33 milliards, plus du double des 14,7 milliards du premier semestre 2009 et à peine moins que les 39 milliards de 2008. Bref, les entreprises du CAC 40 ont déjà presque totalement effacé la crise et il y a fort à parier que dès l’an prochain, de nouveaux records devraient tomber. Pour ce secteur de l’économie, il aura donc suffi d’un an à peine pour effacer la plus grave crise depuis 80 ans.

Des citoyens à la peine

Cette situation contraste violemment avec la situation des citoyens. En France, le chômage (au sens large) approche le cap des 4 millions de personnes. Aux Etats-Unis, près de 10% de la population est officiellement sans emploi et le chiffre de 15 % est sans doute plus proche de la réalité. Le salaire médian, qui avait déjà baissé de 4% de 2000 à 2008 selon Joseph Stiglitz, a sans doute poursuivi sa chute. Enfin, si l’Allemagne n’a pas connu de forte hausse du chômage, cela s’explique à la fois par sa démographie et par l’augmentation du nombre de travailleurs pauvres (deux millions de salariés gagnent moins de six euros de l’heure).

Conclusion : cette crise a encore accentué les inégalités entre des multinationales (et leurs actionnaires) qui parviennent toujours à extraire plus de profits de leur activité, aussi bien grâce à la croissance des pays émergents qu’à la compression des coûts chez nous, et la population en général. Ce phénomène est à la fois injuste et inquiétant. Injuste car tout le bénéfice de la création de richesse, donc du travail de tous, passe dans les profits des grandes entreprises et les revenus d’une petite minorité. Inquiétant car cela montre bien que strictement rien n’a changé depuis la crise.

Dans ces conditions, beaucoup contestent le terme même de « reprise » même s’il paraît validé par des indicateurs économiques. Peut-être faudrait-il parler de pertes pour les uns et de profits pour les autres. Et que ceux-ci soient supérieurs à celles-là ne change rien à l’affaire : pour une immense majorité de citoyens, pendant la reprise, la crise continue.

Moralisez votre vie politique !

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Bahamas

Bahamas

Restrictions budgétaires et morales obligent : plus question pour un homme politique d’utiliser à sa guise les deniers publics – sous peine d’être acculé à la démission spontanée. Et les ministres, hélas, ne sont pas les seuls concernés ! Le moindre voyage d’études d’un Conseil régional ou d’une délégation parlementaire avec risque désormais d’être dénoncé par ce torchon de Canard ou cette poubelle de Médiapart. Alors, autant prendre les devants en apprenant à justifier vos déplacements. Justifiez votre voyage d’étude en fonction de son objet d’intérêt public.[access capability= »lire_inedits »]

Destination
1. Thaïlande
2. Seychelles
3. Bahamas
4. Maurice
5. Iles Fidji

Etude
A – Explosion démographique
B – Réchauffement climatique
C – Défense de la francophonie
D – Aquaculture vivrière
E – Le pamplemousse, nouvel or rose ?

Réponses : 1C, 2A, 3D, 4B, 5E.

Travaux pratiques
Rédigez d’avance votre rapport circonstancié à l’intention de la Cour des comptes !

Compte-rendu de voyage d’études.

Ce voyage à (destination) a été particulièrement bénéfique pour notre (ville, département, région). L’enjeu est bien évidemment (économique, social, écologique, commercial, culturel). Cette région (Amérique, Océanie, Asie, Afrique, Antilles) nous lance aujourd’hui un défi.

Pouvons-nous en effet laisser croire à nos administrés que tout pourra durer comme avant, alors qu’à moins de (300, 5 000, 10 000) km de chez nous, le phénomène atteint déjà des proportions inquiétantes ?

Les conclusions de notre étude, qui seront publiées prochainement, montrent au contraire que, si nous voulons lutter contre ce fléau, il faudra remonter toute la filière, à commencer par (prochaine destination), dès l’année prochaine à la même époque.[/access]