Comme chaque année depuis près de cinquante ans, je me rends dans mon village de Saint-Jeannet (Alpes-Maritimes). Je dis « mon » village − bien que je sois né à Paris − parce que je m’y suis créé des racines provinciales que tout bon Parisien se plaît à entretenir. Ce matin, en arrivant sur la placette à l’entrée de la Grand-Rue, j’ai vu les vieux assis sur les murets en pierre, face au monument aux morts, le chapeau de paille rabattu sur les sourcils, refaisant le monde à voix basse. Image rassurante que j’aurais pu tirer des souvenirs de Pagnol.

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