Après deux semaines de vacances et plusieurs concessions du gouvernement, l’exécutif espérait un retour au calme. Ce lundi matin, 41 lycées étaient encore bloqués, soit environ 1 % des établissements. Édouard Geffray parle d’un mouvement «résiduel». Les organisations lycéennes, elles, promettent une montée en puissance mardi puis jeudi 5 novembre, lorsqu’elles doivent rejoindre la mobilisation interprofessionnelle. Le nombre de blocages baisse, mais le bras de fer n’est donc pas terminé.
Il y a deux manières de regarder les chiffres de ce lundi matin. La première est celle du gouvernement : 41 lycées bloqués sur l’ensemble du pays, soit environ 1 % des établissements, après plusieurs semaines d’une mobilisation parfois très tendue. À ce compte-là, le mouvement semble avoir sérieusement perdu de sa force. La seconde est celle des organisations lycéennes : après quinze jours de vacances, alors que l’exécutif a multiplié les annonces pour tenter de refermer la crise, des dizaines d’établissements ont tout de même repris le mouvement dès le premier jour de classe.
Édouard Geffray a choisi la première lecture. Invité de France Inter, le ministre de l’Éducation nationale a qualifié la mobilisation de « résiduelle » et insisté sur sa priorité : permettre aux élèves de retourner en cours. À la mi-journée, son ministère recensait 41 lycées bloqués. La contestation n’a donc rien à voir, en volume, avec les journées les plus fortes d’octobre.
À Toulouse, douze lycées touchés
Le tableau est pourtant très différent selon les villes. À Toulouse, douze établissements ont de nouveau connu des blocages selon l’Union syndicale lycéenne de Haute-Garonne. En région parisienne et dans le Nord, plusieurs lycées ont également été perturbés. À Montpellier, l’interpellation musclée d’une infirmière scolaire de 53 ans devant un établissement, ainsi que celle de deux lycéens, a immédiatement alimenté les réseaux sociaux et donné aux organisations un nouveau motif de dénoncer la gestion policière du mouvement.
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Il faut surtout éviter de prendre ce lundi pour la journée décisive. Plusieurs syndicats avaient eux-mêmes présenté la rentrée comme un moment d’assemblées générales et de réorganisation. Pierre Sourzat, à la tête de l’organisation Les Lycéens !, avait promis des blocages « dès lundi », mais l’Union syndicale lycéenne et l’Union étudiante ont surtout appelé à durcir le mouvement mardi, puis à rejoindre jeudi la journée de mobilisation nationale interprofessionnelle.
Le gouvernement a pourtant lâché du lest
Le paradoxe est là. Pendant les vacances, Matignon a cherché à couper l’herbe sous le pied des contestataires. L’exécutif a annoncé une remise à plat de Parcoursup, des créations de postes et de nouvelles places dans l’enseignement supérieur, ainsi qu’une réduction progressive de la taille de certaines classes. Emmanuel Macron a estimé que la jeunesse avait été « entendue » et son entourage juge désormais que « le temps d’un retour en classe est venu ».
Les syndicats lycéens répondent exactement l’inverse. Pierre Sourzat estime que le président « ne nous a pas entendus » et que les annonces ne répondent pas au problème du manque de places dans le supérieur. Ryad Rani, président de l’Union syndicale lycéenne, promet de bloquer « mardi, mercredi, jeudi, vendredi et autant qu’il faudra ». L’Union étudiante prévoit de faire de même dans les universités.
Le vrai test sera jeudi
Le gouvernement peut donc se réjouir d’un chiffre : 1 % de lycées bloqués lundi matin. Mais il serait imprudent d’en déduire que la séquence est terminée. La mobilisation d’octobre a précisément changé de nature en s’élargissant au-delà des seuls établissements scolaires. Jeudi, lycéens et étudiants doivent retrouver dans la rue des salariés appelés à la grève par la quasi-totalité des organisations syndicales.
C’est là que se jouera probablement la suite. Si la mobilisation reste faible, les annonces de Matignon auront réussi à isoler le noyau le plus déterminé du mouvement. Si elle repart, les vacances de la Toussaint n’auront été qu’une parenthèse. Pour l’instant, le gouvernement a gagné du terrain, mais pas encore la bataille du retour au calme.
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