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Citroën C15, les lendemains qui chantent!

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Dans une rentrée sociale agitée, ce modèle populaire, disparu il y a presque 20 ans de la circulation, est à la fois annonciateur d’une prise de conscience politique et le creuset de tous les réenchantements…


Depuis plusieurs mois, la colère gronde. Comme souvent dans notre pays, c’est loin des villes, dans les campagnes évincées, sur des terres exsangues où les industries ont déserté et où la puissance publique a failli que la cristallisation s’est opérée. Au début, les politologues salonnards sont passés, comme de bien entendu, à côté du phénomène. Les sondeurs manquaient de capteurs sur place ; hors des périphéries actives et des centres décisionnels, une zone blanche s’étalait devant leurs ordinateurs blêmes. Tout un monde jadis organisé en bourgs et en cantons ne répondait plus à aucun signal. Dans cette carte du vide, on pouvait se demander si le cœur de la nation battait encore ? Les statistiques étaient formelles, les sociologues catégoriques, les médias à la ramasse, la ruralité était un concept aussi dépassé que le Solex et la brillantine. Les sociétés modernes se projetaient dès lors, loin des fenaisons d’antan et des comices agricoles, de l’école communale et du Gaffiot. Rappelons pour mémoire que tous ces experts patentés n’avaient pas vu arriver les « Gilets Jaunes », ils ne verront pas non plus des colonnes de C15 se diriger gaiement vers les Champs-Élysées et croiser le fer sur les pistes cyclables au milieu des taxis électriques et des vélos-cargos muletiers. L’aveuglement des « élites » (peut-on encore les qualifier ainsi ?) est une maladie incurable qui tient autant du déni que de l’incapacité physique à voir le réel. Je ne dis pas le comprendre, l’analyser ou y répondre par des actes, seulement le discerner dans la brume technocratique, constater les peurs et les errances de tout un peuple perdu, salement lâché, accepter l’état d’hébétement d’une population arrivée à son terme, à bout, ne croyant plus en rien et n’attendant plus rien. Et pourtant, il suffisait de se promener un peu partout sur notre territoire, en dehors des autoroutes et des rails TGV, en empruntant les remplaçants du « Corail » et en privilégiant les routes bordées de platanes. Et là, stupeur et tremblement, d’année en année, leur nombre s’est multiplié. La tache avec ou sans accent circonflexe sur le a grossissait à vue d’œil. Car leur prolifération ne faisait pas plaisir aux puissances marchandes, elle était même perçue comme une menace à la virtualité et à la technologie-reine. Un frein à la compétitivité et à l’obsolescence programmée. En somme, un méchant retour en arrière. Loin des oukases et des instances extraterritoriales, les Citroën C15 fédéraient les inadaptés, les reclus, les passifs du progrès. Elles faisaient corps. Au début, il n’y avait que quelques réfractaires au bonheur lyophilisé, des chasseurs et des pêcheurs, des artisans en pré-retraite et des exfiltrés des Domaines pour succomber au charme débonnaire et rustique de cet utilitaire léger produit principalement dans la péninsule ibérique entre 1984 et 2006. Une lame de fond s’est emparée de nos départements sans haine ni violence, du Finistère à la Moselle, des Ardennes aux Pyrénées-Orientales. Les réseaux sociaux en sont babas. Plus ou moins fatiguées, dans leur jus mais vaillantes, la carrosserie grignotée et la mécanique sonore, les cicatrices du temps apparentes, les C15 sont nées au siècle dernier en plein tournant de la rigueur, Fabius était alors Premier ministre et Léo Ferré chantait à l’Olympia.

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De la raillerie à l’affection, il n’y a qu’un tour de clé. Rouler avec cet objet solide et résistant, c’est l’adopter. Les C15 sont alors devenues un visage familier des marchés de primeurs et des chemins boueux. La météo ne semble pas les atteindre, ni les accabler. Elles affrontent l’hiver en Balagne et les étés chauds du Gard. Dans un climat déglingué, face à une classe politique défaite, dans un pays à la dérive, elles sont là. Indestructibles et chaleureuses. Populaires et angéliques. Rabelaisiennes et charpentées. Logeables et corvéables à merci. Elles nous redonnent un peu d’espoir. Elles ne trichent pas sur leur CV et leurs immenses mérites. On peut compter sur elles en cas de coup dur ! Leur persévérance, leur frugalité, leur sens du partage les rendent belles dans les yeux des Français à la recherche d’un amour éternel. Les Français en ont assez des promesses. Elles nous rappellent le sens des priorités : transporter à moindre frais, sans chichis et sans prêchas. Elles permettent de rouler économiquement et sans supporter des coûts excessifs de réparation. Elles conquièrent ainsi chaque jour de nouvelles cibles comme disent les marketeurs, leur cote grimpe. On se les arrache sur le marché de l’occasion. Elles ont même une mission pacificatrice, elles peuvent, par leur entremise miraculeuse, réconcilier des profils éloignés. Leur arc de la raison court des conservateurs aux antisystèmes, elles dessinent une autre France, celle du labeur, du coup de main et d’une indépendance d’esprit. Toutes les radicalités convergent aujourd’hui vers cette automobile déclassée qui arbore les chevrons victorieux comme un signe de réappropriation de notre destinée.

Tendre est la province

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Malades, go home!

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À six jours du très risqué vote de confiance réclamé par François Bayrou, le gouvernement a sorti de son chapeau un thème qui fait battre le cœur de la droite et de nombreux électeurs : il envisage de « réajuster » — comprenez restreindre — les soins couverts par l’Aide médicale d’État, ce fameux dispositif réservé aux clandestins. Analyse.


Le gouvernement veut réformer l’AME par décret. Il était temps. Après une tentative avortée en 2024, Bruno Retailleau avait promis la réforme de ce dispositif réservé aux immigrés clandestins en janvier. Six jours avant la chute programmée du gouvernement, Bayrou envoie dans les tuyaux quatre décrets durcissant mollement ce système unique. Un des plus généreux au monde, il coûte seulement 1,2 milliards mais contribue à l’attractivité migratoire.

Certains soins exclus

Deux textes concernent la gestion administrative (par exemple, on exigera désormais des pièces d’identité avec photos). Deux autres décrets restreignent l’accès en instaurant la prise en compte du revenu du conjoint, ou en excluant certains soins comme le traitement des oreilles décollées et la balnéothérapie.

Donc, jusque-là, un étranger en situation irrégulière pouvait se faire payer une balnéothérapie en présentant des papiers bidon. D’accord, c’est une caricature. Il n’est pas sûr qu’il y ait vraiment eu des cas de balnéothérapie, et, d’après Le Point, on ne décompte que 35 décollements – ce qui fait 70 oreilles. Autre innovation : l’accès à certains soins est soumis à une durée minimale de présence. Plus vous restez (illégalement), mieux vous êtes soigné. Curieux message, mais passons… Au final, l’économie est estimée à environ 400 000 euros annuels. Peanuts. C’est peut-être symbolique, mais cela va dans le bon sens.

A lire ensuite, Raphaël Piastra: OQTF: la France, championne du surplace

Tapage politique

Reste que la ficelle est un peu grosse. Des «mesures financièrement dérisoires mais politiquement tapageuses », résume Le Point[1]. Si l’on ajoute à cela la dissolution de l’Institut Européen des Sciences Humaines, sévissant depuis une trentaine d’années près de Château-Chinon[2], on pourrait dire que François Bayrou tente de cajoler le RN et LR, comme s’il espérait sauver sa tête avec quelques mesurettes qu’il aurait dû prendre depuis des mois. Il avait jusque-là préféré soigner son centre plutôt que sa droite… Et ignoré les attentes de ces millions d’électeurs qui pensent et à raison que la France fabrique sa propre destruction, en accueillant trop et en accueillant n’importe qui, sans se demander si les arrivants contribueront positivement à la société – on pense au Tunisien de Marseille en situation parfaitement légale.

Immigration : la prudence partout ailleurs en Europe

Au même moment, la Première ministre danoise Mette Frederiksen refuse l’accueil de tout Gazaoui. Pourquoi ? Par le jeu de la démographie et du regroupement familial, les quelques dizaines de ressortissants accueillis il y a trente ans dans son pays sont maintenant des milliers et pour l’essentiel ne travaillent pas.

De son côté, l’Allemagne expulse des déboutés du droit d’asile et des étrangers condamnés.

Enfin, en Grande-Bretagne, alors que des forêts de drapeaux envahissent les rues[3], le Premier ministre travailliste Keir Starmer lance la réforme du regroupement familial. Il est vrai qu’il y a eu en Angleterre de véritables ratonnades, sur fond de crimes commis par des immigrés et de mensonges gouvernementaux. Cela ne se passe pas chez nous, tant mieux.

Au diable toutes ces chicayas politiques qui commencent à ennuyer tout le monde: les Français ne sont pas racistes, ils ne veulent simplement pas être étrangers dans leur pays, devenir culturellement minoritaires. Avec notre gauche folle et notre droite molle, on n’est pas rendus.


Cette chronique a d’abord été diffusée sur Sud Radio

Retrouvez notre directrice de la rédaction dans la matinale de Patrick Roger


[1] https://www.lepoint.fr/societe/ame-le-tres-symbolique-coup-de-poker-de-francois-bayrou-03-09-2025-2597743_23.php

[2] L’institut qui formait des imams était dans le viseur de Bruno Retailleau depuis le fameux rapport sur l’emprise des Frères musulmans en France déclassifié en mai NDLR

[3] À ce sujet, relire https://www.causeur.fr/starmer-face-a-la-revolte-des-drapeaux-raise-the-colours-migrants-315487

L’an prochain à Jérusalem?

Antisémitisme d’atmosphère, intimidations, agressions, attentats islamistes… les menaces qui pèsent sur les Français juifs sont nombreuses et alimentées par l’extrême gauche qui nazifie les « sionistes » depuis le 7-Octobre. Conséquence : beaucoup de juifs fuient la France pour Israël malgré les difficultés d’intégration.


Les juifs ont-ils un avenir en France ? Il y a encore quelques années, une telle question pouvait paraître absurde. Mais aujourd’hui, à l’heure où l’antisémitisme est redevenu dans notre pays un levier politique puissant, elle se pose de façon pressante.

Pour y répondre, Dov Maïmon, conseiller du gouvernement israélien, et Didier Long, théologien spécialiste des liens entre judaïsme et christianisme, ont rencontré durant des mois de nombreux acteurs de la communauté juive de France, mais aussi des politiques, des policiers, des figures du renseignement ainsi que des juges antiterroristes. Ils ont aussi compilé toutes les statistiques disponibles.

Le résultat de leur enquête n’est guère enthousiasmant. Mais comme le rappelle Maïmon, citant Billy Wilder, le réalisateur américain de Certains l’aiment chaud, à propos des juifs d’Europe avant la Shoah : « Les optimistes ont fini à Auschwitz, les pessimistes à Hollywood. » Le décor est planté.

Matière explosive

Premier constat : dans la France du xxie siècle, ce sont des leaders soi-disant « antifascistes » qui sont les plus prompts à manipuler la matière explosive de l’antisémitisme. Deuxième constat : la haine contemporaine envers les juifs a été régénérée par les préjugés qui circulent abondamment dans la communauté musulmane. Troisième constat : ces préjugés ont été renforcés par le narratif mensonger – et rassembleur au-delà de la seule rue arabe – selon lequel la barbarie du 7-Octobre constitue une réponse logique à une « colonisation ». « Comme tout immigré est censé descendre d’ancêtres victimes de la violence coloniale, sa propre violence ne peut être conçue que comme une réaction légitime à l’oppression, explique Didier Long. Dans ce cadre, se dresser contre l’antisémitisme en France, c’est se moquer de la souffrance des enfants palestiniens et soutenir le colonialisme. »

Résultat, la propagande portraiturant les juifs en nazis a porté en France ses fruits au-delà même des attentes des extrémistes qui l’ont imaginée. Pire encore, elle est devenue également nécessaire à la survie politique de la gauche et du centre. Si les partis progressistes changeaient miraculeusement de discours et osaient nommer les véritables causes de l’antisémitisme, une partie de leur électorat les répudierait au nom d’un pseudo-antiracisme acoquiné au déni (vous stigmatisez les musulmans et oubliez les enfants de Gaza), et une autre comprendrait que leur silence coupable s’explique par le clientélisme électoral. Conclusion de Didier Long : « Les juifs doivent donc être coupables pour qu’Emmanuel Macron et une partie du spectre politique puissent rester innocents. »

A lire aussi, Gil Mihaely et Jean-Baptiste Roques: Crise politique: la résistible ascension de Jean-Luc Mélenchon

Dans leur enquête, les auteurs montrent aussi qu’en France le ressentiment communautaire s’exerce surtout dans un sens, et que ce sont les juifs – visés par 68 % des agressions racistes recensées en 2024 – qui en sont les principales victimes. En 2018, ils encouraient déjà 25 fois plus de risques d’être agressés que des musulmans. Depuis deux ans, selon les statistiques du ministère de l’Intérieur, ce risque est 72 fois supérieur. Cette vertigineuse inflation explique pourquoi plusieurs experts du renseignement et de la sécurité redoutent un 7-Octobre dans notre pays.

Le viol d’une fillette juive à Courbevoie en juin 2024 résonne à cet égard comme une terrible alerte. « Le Hamas n’est pas vu par les anti-juifs comme monstrueux, mais comme puissant, estime Didier Long. Son inhumanité fascine. C’est pourquoi une enfant juive de 12 ans a été violée au nom de la Palestine par des camarades de son âge. Ils obéissaient à un modèle. Le problème c’est que leurs références sont des terroristes et leur chemin initiatique, le crime contre l’humanité du 7-Octobre. »

Avenir cauchemardesque

Autre menace : les islamistes sortis de prison ou en passe d’en sortir. À ce jour, 486 sont déjà libres. Et 371 sont encore détenus, dont certains qui présentent des profils particulièrement dangereux. Cela sans compter le retour du Proche-Orient des femmes affiliées à Daech ou à Al-Qaïda et de leurs enfants. Un avenir qui promet bien des cauchemars.

Voilà pourquoi l’« alya », l’immigration en Israël, est dans l’esprit de tant de juifs de France. Dov Maïmon suit justement les dossiers de ceux qui franchissent ce pas. Selon lui, la première déconvenue que beaucoup rencontrent survient quand ils se rendent compte que l’État hébreu n’a pas un modèle aussi redistributif que notre pays : « Israël est une société qui compte beaucoup sur la débrouillardise de ses habitants, les aides sont rares. Pour un Français juif de milieu populaire, dont 30 à 40 % du revenu est issu de l’aide sociale, le départ peut s’avérer matériellement impossible. » Autre point d’achoppement : le travail. « Difficile de trouver sa place quand on exerce une profession liée à sa langue d’origine, indique Maïmon. Si en France, votre seule compétence est administrative ou réglementaire et que vous ne parlez pas l’hébreu, vos connaissances auront peu de valeur en Israël. Tandis qu’un boulanger ou un ingénieur sont toujours utiles, où qu’ils aillent. »

Exode inquiétant

Ceux pour qui la transplantation fonctionne le mieux sont les plus jeunes, qui viennent en majorité avec le projet de vivre leur judaïsme. Célibataires, ils ont pour la plupart (70 % des cas) un profil traditionaliste. Les 30 % restants sont au contraire des juifs très sécularisés, avec une forte proportion de LGBT. Viennent ensuite les familles avec de jeunes enfants. C’est souvent à travers leur progéniture que l’assimilation est facilitée. Le retraité aisé représente aussi un cas fréquent, mais souvent en s’organisant une vie à cheval entre la France et Israël. La situation est en revanche plus délicate pour ceux qui émigrent entre 35 ans et 65 ans : une fois sur place, la dépendance aux seuls réseaux francophones locaux et les difficultés en hébreu rendent l’intégration très compliquée.

Depuis l’an 2000, 51 455 Français juifs se sont ainsi installés en Israël, formant le premier contingent d’immigrés des nations occidentales. Tous les Français devraient s’inquiéter de cet exode. Car les juifs sont souvent les premiers sur la liste, mais jamais les derniers. Ceux qui les ont nazifiés n’en pensent pas moins au sujet des autres Occidentaux. Derrière l’accusation de colonialisme, s’instruit le genre de procès en inhumanité qui prélude au massacre. Alors si les juifs sont le canari dans la mine, nous devrions commencer à nous alarmer : depuis le 7 octobre 2023, le canari ne chante plus et le désastre arrive.

La Fin des juifs de France ? Didier Long et Dov Maïmon, Le Cherche midi, 2025. 208 pages.

La Fin des Juifs de France ?

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Lady Bail

La travailliste Rushanara Ali contrainte de démissionner du gouvernement britannique, pour une raison plutôt cocasse


C’est une pratique peu glorieuse, quoique parfaitement autorisée. Au Royaume-Uni, les bailleurs de logement ont parfois recours à une méthode un rien sournoise quand ils veulent profiter de la hausse des prix de l’immobilier et encaisser des loyers plus élevés. Le plan se déroule en deux étapes.

Tout d’abord il s’agit de se débarrasser du locataire en place, en lui notifiant qu’on a l’intention de vendre l’appartement ou la maison habitée par celui-ci. Puis, une fois les lieux vidés, il suffit de changer d’avis, comme la loi le permet, et de se mettre en quête d’un nouvel occupant prêt à payer plus cher. Cet été, on a appris que la députée travailliste de Bow, à l’est de Londres, Rushanara Ali, avait employé cet efficace stratagème pour doper le revenu que lui procure un bien dont elle est propriétaire dans sa circonscription. En novembre dernier, elle a donné congé à ses quatre colocataires, qui arrivaient en fin de bail. Une fois leur départ acté, prétextant ne pas arriver à trouver acheteur, la jeune femme a remis le logement sur le marché locatif pour 4 000 livres par mois, contre 3 300 auparavant. Seul hic : Rushanara Ali, première femme d’origine bangladaise à siéger au Parlement britannique, était, quand elle a eu recours à cette ruse quelque peu hypocrite, la sous-ministre… des sans domicile fixe ! Face au tollé des associations de défense des mal-logés et aux railleries cruelles de l’opposition, la diplômée d’Oxford n’a eu d’autre choix que d’annoncer sa démission du gouvernement le 7 août en rappelant toutefois, à juste titre, qu’elle n’avait commis aucune infraction. Pas sûr qu’elle trouve beaucoup de soutiens dans ses rangs.

La très remuante Jess Barnard, figure de la nouvelle génération woke dans le comité national du Parti travailliste, suggère même à présent qu’Ali rende carrément son mandat à Westminster.

« Le moment semble opportun pour affirmer que les députés du Labour ne devraient pas être des bailleurs immobiliers et que les bailleurs immobiliers ne devraient pas être députés du Labour », a-t-elle déclaré dans un tweet partagé des centaines de milliers de fois.

À décolonial, décolonial et demi

Wokisme. «Vous êtes tous racistes» : au festival Les Résistantes de Saint-Hilaire-de-Briouze (Orne), tout ne s’est pas passé comme prévu.


Organisé pour « penser l’avenir des luttes écologistes » en lien avec « les luttes sociales, féministes, antiracistes et décoloniales », le festival Les Résistantes s’est déroulé du 7 au 10 août, rapporte le média Reporterre. Tout le monde a semblé satisfait. Les ateliers – « Déconstruire le patriarcat », « Savoir se préparer à une garde à vue », « La place des animaux non humains dans les luttes écologistes », « Comment riposter contre Bolloré et Stérin »… – et les stands merguez végétales et apéros tofu ont connu un grand succès. Bref, tout s’est bien passé.

Enfin, presque tout… Des « militants racisés, la voix tremblante d’émotion et de colère », ont en effet manifesté leur mécontentement lors de la cérémonie de clôture. Motif : le racisme des écolos blancs. Une preuve parmi dix : lors d’une table ronde « consacrée aux pesticides comme forme de colonialisme chimique », la discussion sur le chlordécone (pesticide utilisé jusqu’en 1993 aux Antilles) a été évincée au profit d’une autre sur la loi Duplomb et l’acétamipride. « Nos histoires douloureuses ne sont pas écoutées par les Blancs qui se disent antiracistes décoloniaux » se sont plaints ces militants avant de recommander aux festivaliers de s’informer sur la notion de « privilège blanc ». L’un d’entre eux sanglote : « Moi, ce que j’aurais voulu, c’est des excuses, qu’on me dise : “Pardon, je n’ai pas prêté attention à ce que tu as dit ou à la personne que tu es” ». Tourneboulé, Victor Vauquois, cofondateur du collectif Terres de luttes, a déclaré que les promoteurs du festival allaient « prendre le sujet à bras-le-corps et voir comment réparer et apprendre de leurs erreurs ». C’est un bon début, mais les « militants racisés » préfèrent prévenir : même si les écolos reconnaissent leurs erreurs, il est hors de question que « les personnes racisées rassurent les personnes blanches », car soulager les Blancs du poids de leur culpabilité ne ferait qu’ajouter à la « charge raciale » qu’elles subissent déjà.

Les organisateurs ont d’ores et déjà prévu un stock d’anti-migraineux pour la prochaine édition des Résistantes…

Architecture: une verrue à l’Assemblée

Une nouvelle entrée visiteurs de fort mauvais goût prévue pour 2028


La presse et, avec elle, les défenseurs du patrimoine, ont appris à la mi-juin le projet couvé par la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet et validé par les questeurs un an auparavant dans le plus grand secret. De quoi rêvent nos députés ? D’une nouvelle entrée pour les visiteurs du Palais-Bourbon. Le rêve est grand, de mauvais goût et va surtout à l’encontre de toutes les règles patrimoniales. Mais ils peuvent se le permettre : la colonnade de l’Assemblée construite par Bernard Poyet en 1806 a beau se trouver dans un site inscrit, un site du patrimoine mondial de l’Unesco soumis à un plan de sauvegarde et de mise en valeur (PSMV), elle n’est pas classée monument historique ! Donc non protégée. Aussi, l’agence d’architecture Moatti & Rivière qui a remporté le concours a pu laisser libre cours à son inspiration. En lieu et place de l’actuel pavillon d’accueil à droite de la colonnade – sans intérêt, mais qui a le mérite de se fondre dans le paysage –, l’Assemblée espère ériger un immeuble d’un étage de plus de 4 000 mètres carrés afin d’abriter « un parcours citoyen, immersif, participatif et pédagogique » et, bien sûr, un restaurant panoramique. Selon nos élus bâtisseurs, « ce nouvel accueil, qui respectera l’identité du site et les dimensions du pavillon actuel, s’ouvrira sur la ville et mettra en valeur l’emblématique colonnade, comme un message de bienvenue ». Ladite mise en valeur est une façade de verre et de laiton qui peut, au choix, faire penser à celle d’un aéroport ou de la Samaritaine, rue de Rivoli, ou encore à un distributeur de bonbons géant. Qu’importe, puisque le projet vise à « ouvrir encore plus grand les portes de la démocratie ». Pour voir le jour d’ici 2028, ce symbole de « transparence » devra être validé dans la plus grande opacité. Rachida Dati et les services de la Rue de Valois sauront-ils s’y opposer ?

La culpabilité des enfants gâtés de la gauche et la fabrication de l’ennemi


Ils sont les rejetons maladifs d’une Europe qui ne sait plus vieillir, enfants d’un monde repu qui croit avoir dompté l’Histoire, nourris de lait tiède et de discours maternels, assis dès la naissance dans le velours du confort, et pourtant rongés par une angoisse sourde, héritée des ventres possessifs qui les ont portés. Car leurs mères, trop présentes, trop aimantes en apparence, n’ont cessé de les accabler d’une tendresse conditionnelle : amour distribué comme une aumône, à la mesure de la soumission affective exigée. On leur a tout donné, mais avec cette insinuation empoisonnée : « tu n’en feras jamais assez ». Ainsi furent-ils comblés de biens et de soins, mais dépossédés d’eux-mêmes, saturés de culpabilité et de dette.

Histoire criminelle et parodie de croisade

De cette éducation sentimentale est née une colère muette, un ressentiment qu’ils ne parviennent pas à nommer et qu’ils projettent sur le monde extérieur. Incapables d’affronter la Mère, ils cherchent partout une figure de domination à abattre : l’État, la patrie, l’armée, l’Église, les colonisateurs, les pères symboliques. Ils se sont faits les orphelins volontaires d’une histoire qu’ils jugent criminelle. Et comme ils ont besoin d’aimer, mais qu’ils ne savent plus qui aimer, ils se précipitent du côté des « victimes » : les damnés de la terre, les peuples lointains, les révoltés de service, les insurgés dont la violence leur semble pure parce qu’elle s’oppose à l’ordre. Leur compassion est une liturgie, leur révolte une parodie de croisade.

Ils rêvent d’un monde sans frontière, d’une fusion planétaire où les antagonismes seraient dissous, d’un amour universel qui viendrait enfin combler le vide matriciel. Mais ce rêve est un délire de maternité manquée. Ils sacralisent l’Autre, jusqu’à lui prêter une innocence immaculée. Ils ferment les yeux sur la cruauté, l’humiliation, la haine pourtant palpables. Ils préfèrent exalter une humanité imaginaire plutôt que de reconnaître la violence réelle, comme si toute lucidité équivalait à une trahison de l’amour.

Leur culpabilité est sans fond. Coupables de leurs privilèges, coupables de ne pas aimer assez, coupables de haïr en secret, ils se rachètent en fabriquant un nouvel ennemi. L’Occident devient l’incarnation du mal, et avec lui ses satellites honnis : le capitalisme, les élites, Israël. Ils pleurent sur les juifs assassinés dans les camps, mais méprisent ceux qui, aujourd’hui, osent se défendre les armes à la main. Auschwitz leur inspire une compassion abstraite ; Tel-Aviv les révulse comme un scandale moral. C’est ainsi que, par un retournement d’une ironie diabolique, l’antiracisme d’Occident ressuscite la vieille figure du juif dominateur, l’éternel persécuteur, pourvu que ce juif soit israélien. Le mythe antisémite, loin d’avoir disparu, s’habille à nouveau des couleurs de la vertu.

Plus jamais ça… jusqu’à la prochaine

Car l’idéologie dominante est née de la cendre et du sang : « Plus jamais ça », répète-t-elle comme une prière expiatoire. L’Europe, honteuse de ses crimes, a fait du rejet du racisme et du vivre-ensemble les piliers de sa nouvelle religion. Le péché originel, désormais, c’est la peur. Il ne faut plus craindre. Il faut aimer sans condition, célébrer la diversité, accueillir l’étranger comme un frère. L’Autre est devenu le saint d’un catéchisme séculier.

Mais la peur n’est pas un vice, elle est une vérité de la chair. Elle est ce frisson ancestral qui avertit du danger, cette vigilance née de siècles de violence et de mémoire. Le moine bouddhiste en robe safran, dans le métro, ne suscite nulle crainte, car il ne porte pas en lui la menace. Mais le jeune homme agressif, qu’il soit d’ici ou d’ailleurs, fait trembler non parce qu’il est autre, mais parce qu’il incarne la possibilité du coup, de l’humiliation, de la haine. L’Occident a désappris cette distinction élémentaire : ce n’est pas l’altérité qui effraie, mais la violence.

Le mensonge du vivre-ensemble consiste à croire que la paix naît du consensus. Non. La paix naît du conflit reconnu, assumé, traversé. Refuser le conflit, c’est préparer l’explosion, l’irrationnel, le chaos. Il est légitime d’avoir peur de perdre son pays, sa langue, son emploi, sa dignité. Il est légitime d’interroger les pratiques religieuses qui contredisent les principes démocratiques. Il est légitime d’aimer son sol, ses morts, ses ancêtres, et de craindre leur effacement.

Il faut donc réhabiliter la peur, non comme un fantasme maladif, mais comme un signal vital. Il faut réhabiliter le conflit, non comme une guerre, mais comme un espace de vérité. La société sans tension est une fiction mortifère, un mensonge éducatif qui engendre le morcellement et la haine rentrée. Seul le conflit civilisé permet de regarder l’adversaire en face et de lui reconnaître une part d’humanité.

Culpabilité sans fin

Ils croient aimer, mais leur amour n’est qu’un miroir brisé. Ils croient lutter, mais leur lutte n’est qu’un théâtre moral, une pièce où ils tiennent le rôle du juste en condamnant des oppresseurs imaginaires. Car au fond d’eux-mêmes, ils savent qu’ils n’ont rien risqué, qu’ils vivent dans la sécurité douillette des métropoles, que leur rébellion se consomme comme une distraction, à l’ombre d’institutions qu’ils vilipendent mais qui les protègent encore.

C’est pourquoi leur culpabilité n’a pas de fin. Elle est la vraie jouissance de l’enfant gâté : se haïr soi-même, se flageller par procuration, déléguer au Palestinien, au migrant, à l’ennemi d’Israël, la violence qu’ils n’osent pas assumer. Ils jouissent du sang versé, à condition qu’il ne soit pas le leur ; ils jouissent de la haine, pourvu qu’elle soit exprimée par d’autres. Le monde devient pour eux une scène sacrificielle où ils se lavent de leur honte par l’offrande des victimes lointaines.

L’Europe, fatiguée d’elle-même, leur fournit le décor : une civilisation qui ne sait plus transmettre que la mémoire de sa faute, qui se croit condamnée à expier son histoire coloniale et son génocide fondateur. Elle n’enseigne plus la grandeur, mais la repentance. Elle ne produit plus de héros, mais des accusés permanents. Elle ne croit plus à son avenir, seulement à l’utopie d’un vivre-ensemble qui ressemble à une salle d’attente cosmopolite avant la disparition.

Le tragique, dès lors, n’est plus vécu : il est sublimé en moraline. On ne meurt plus pour sa patrie; on crie contre Israël. On ne se bat plus pour son peuple ; on brandit des pancartes au nom de l’Autre sacralisé. Le sang, le vrai, celui qui rappelle que l’histoire est tragique, on le nie ; mais le sang rêvé, celui de Gaza ou d’ailleurs, devient une drogue, un rituel d’innocence retrouvée.

Ainsi s’avance la fin de l’Europe, non pas dans le tumulte d’une guerre épique, mais dans le soupir honteux d’une civilisation qui se suicide à petit feu, en inventant sans cesse des ennemis de substitution pour donner sens à sa culpabilité. Ses enfants gâtés ne connaissent plus la joie tragique de vivre et de mourir ; ils ne connaissent que la jouissance morbide d’accuser et de condamner.

Il y a là l’image exacte de notre crépuscule : des générations assises sur les ruines, accusant les vivants d’être des bourreaux, célébrant les morts pour mieux mépriser ceux qui survivent. Et pendant qu’ils rêvent d’un amour universel, le monde réel se fracture, se durcit, se prépare à la guerre. L’Europe, elle, s’endort dans sa liturgie expiatoire, confondant l’ennemi et l’adversaire, abolissant le tragique dans la moraline, et s’abandonnant au luxe morbide de sa propre disparition.

Mozart et son premier violon

Alors que François Bayrou cherche désespérément 44 milliards d’euros d’économies, une idée fait son chemin: fiscaliser les pourboires des serveurs. Au risque d’attiser la colère d’un secteur déjà en crise. 71% des salariés de l’hôtellerie-restauration toucheraient des pourboires, mais 81% d’entre eux sont évidemment opposés à l’idée qu’ils soient imposés. 41% menacent même de quitter le secteur si la mesure voyait le jour. De son côté, Emmanuel Macron envisage de rejoindre les compétiteurs de « Yu-Gi-Ho »


Voilà bien que le « Mozart de la finance » envisagerait de faire les poches des garçons de café. Ou si ce n’est lui, ce serait notre futur ex-Premier ministre que les pythies les mieux armées dans l’art de la prédiction politique voient d’ores et déjà condamné à venir gonfler dès les calendes de septembre l’immense bataillon des boomers ordinaires, des retraités du commun, qui, je le suppose, lui feront un accueil triomphal.

Le projet « garçons de café » consisterait à faire passer leurs pourboires sous les fourches caudines de l’impôt. Quand je dis garçons de café il s’agit aussi, tout le monde l’aura compris, des serveuses z-et serveurs des restaurants, salons de thé, etc…

Ceux-là officient dans des secteurs qu’on nous dit en crise et où les employeurs rament comme des galériens pour trouver le personnel nécessaire en nombre suffisant et en qualité. Du côté du Mozart et de son futur ex-premier violon on se refuserait donc à considérer que plomber d’impôts les gratifications de ces personnes n’aboutirait au bout du compte qu’à compliquer le recrutement, à dissuader les potentiels candidats d’entrer dans la carrière. Il est vrai que, définitivement, le bon sens ne semble pas être la caractéristique dominante de leurs réflexions et décisions. Taxer le pourboire du serveur aujourd’hui, demain la sébile du SDF, après-demain le tronc de la basilique sainte Euphrosyne. Il faut des sous, il est vrai. L’homme, le prédicateur de Matignon bientôt en partance pour retrouver la riante vallée de Betharram nous l’a dit et redit dimanche dernier lors de son office dominical à l’heure des vêpres, à moins que ce ne soit celle des complies. Cela avait en effet un petit air, oui, de sermon, avec menaces des foudres de l’enfer en cas d’insoumission des brebis jusqu’alors égarées. Ne manquait à la liturgie le toujours très émouvant et édifiant mea-culpa. Vous savez, le « c’est ma faute, ma très grande faute ». Manifestement, cette humilité-là n’est pas dans le répertoire du servant du jour. Le pécheur, c’est l’autre. Les autres. Comme l’enfer chez Sartre, quoi. Ces débiles de Français qui toutes ces années ont voté les budgets de la dette. Car, c’est bel et bien ce qu’ils ont appris dimanche : ce ne sont pas l’orateur et ses disciples Modem qui, année après année, ont voté et creusé le gouffre mais vous et moi, les Français.

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Je suppose que si le Mozart évoqué avait assisté à la scène, il eût applaudi à tout rompre. Mais il avait mieux à faire. Il avait à s’occuper du salut du vaste monde, de cultiver le lopin de terre politique qui semble lui rester, l’international. Deux chantiers, en ce dimanche. Un sommet franco-allemand, une broutille, sans doute, et apparemment, d’une tout autre importance, la finale, chez nous en France, d’un championnat du monde d’un jeu de cartes très oriental, le Yu-Gi-Oh!  J’avoue ignorer totalement ce qu’est ce jeu de Yu-Gi-OH! en étant resté culturellement aux finales de championnats de belote coinchée à Pérouville-la-Feuillue et autres charmantes bourgades franco-françaises.

Je ne doute pas que cette discipline puisse avoir elle aussi son Mozart. Aussi, me dis-je que celui de la finance pourrait, le moment venu, libéré de ses harassantes obligations hexagonales, ambitionner le titre. Doublé historique, à n’en pas douter. Son ego y trouverait assurément son compte. Le gaillard s’est fait filmer en bras de chemise, saluant la manifestation, affirmant combien la France était honorée de l’accueillir. Ça, c’était pour les convenances. En fait, il tenait avant tout à exhiber sa carte – un dragon, me dit-on – histoire de bien faire comprendre aux compétiteurs que lui-même était chaud bouillant, qu’il s’apprêtait à descendre dans l’arène et qu’il allait falloir compter avec lui.

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Bref, je pense que, devant ces images dominicales, celles du Mozart et de son premier violon, ils étaient quelques-uns à se dire que, pour ce qui est de rejoindre les compétiteurs de Yu-Gi-Ho et les charmes de Betharram, le plus tôt serait le mieux.

LES TÊTES MOLLES - HONTE ET RUINE DE LA FRANCE

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Elisabeth Lévy sur Sud Radio: « Nous sommes tous responsables de la dette ! »

Crise politique: la résistible ascension de Jean-Luc Mélenchon

En menaçant de faire tomber François Bayrou, Marine Le Pen croit être maîtresse du jeu politique. Mais c’est en réalité Jean-Luc Mélenchon qui tire profit de cette crise en imposant ses thèmes et en misant sur les sombres pulsions de son électorat: préjugés, rancunes, haines et jalousies.


François Bayrou tombera-t-il à la rentrée, comme tout porte à le croire au moment où nous mettons sous presse ? Évidemment, la politique peut toujours réserver une de ces surprises dont elle a le secret : coup de théâtre, journée de dupes, pacte faustien. Rien n’est jamais impossible au royaume de France.

Mais la rapidité et l’aplomb avec lesquels les Insoumis, les Verts, les socialistes, les communistes et surtout le Rassemblement national ont indiqué, aussitôt après l’annonce par le Premier ministre d’un vote de confiance le 8 septembre, qu’ils ne lui accorderaient pas cette confiance, laissent penser que la messe est dite. Surtout que, d’après nos sources en interne, aucune négociation de la dernière chance – du type retrait de la suppression des deux jours de congé – qui pourrait accorder un sursis à François Bayrou n’est envisagée du côté du parti de Marine Le Pen.

Sous-entendu inquiétant

La France n’est pas le seul pays européen à vivre des temps d’incertitude. Tous nos voisins sont placés sous la triple pression des marchés financiers, du mécontentement populaire et de la guerre en Ukraine. Et tous ont connu depuis le début de la décennie un épisode de fièvre politique : ici une chute brutale de gouvernement, là une chambre introuvable, ailleurs encore une secousse dégagiste. Seulement, avec quatre gouvernements en deux ans, nous sommes les seuls à être alités en permanence avec une compresse humide sur le front. Car au-delà des circonstances du moment, telles que le fiasco de sa dissolution en 2024, la crise française a une cause plus profonde, plus singulière. Elle tient à la manière même dont notre pays est dirigé depuis 1958, manière qui semble arrivée en bout de course.

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Conçue avec l’obsession de la puissance et de la stabilité, la Ve République a sacrifié la représentativité du pouvoir législatif au profit de l’efficacité de l’exécutif. Problème : à force de mettre sous le boisseau l’expression de la volonté populaire, le système a fini par perdre sa capacité de produire de la légitimité et du consensus.

Depuis au moins cinquante ans, ce problème est pointé par la droite nationaliste anti-gaulliste, dont les inquiétudes quant à l’immigration, l’islam et la souveraineté, quoique partagées par un grand nombre d’électeurs, ont longtemps été tues ou niées au sommet du pouvoir. Cependant, malgré tous les vents contraires, dont ses propres turpitudes, à partir de l’an 2000, le discours du Front national a fini par s’imposer dans le débat public. Depuis, sans avoir jamais été ministres, Jean-Marie Le Pen, puis sa fille ont pour ainsi dire co-produit l’agenda politique.

Mais en cette rentrée 2025, la situation a complètement muté. Désormais, c’est Jean-Luc Mélenchon qui dicte les thèmes. Il est en effet parvenu à formuler une version gagnante du populisme de gauche. À son message subliminal traditionnel « il y a de l’argent, il est chez les riches, il n’y a qu’à le prendre », avec son corollaire « la dette n’est qu’un jeu d’écriture bidon destiné à asservir le peuple, yaka pas payer », s’ajoute désormais un sous-entendu inquiétant, à peine voilé derrière une critique d’Israël, mais parfaitement compris par l’électorat ciblé : « c’est la faute aux juifs ». Pour la première fois depuis des décennies, une proposition politique promet de résoudre les difficultés sans effort tout en légitimant des pulsions sombres : les préjugés, les rancunes, les jalousies, les frustrations et les haines.

Cet assemblage redoutable, assaisonné de considérations écologistes et économiques faussement rationnelles, tend à supplanter les recettes de la droite. Là où le café du commerce se lamentait naguère sur l’immigration, mai 68 et l’Union européenne s’impose désormais une nouvelle grammaire idéologique et émotionnelle qui désigne comme causes principales de nos malheurs l’abolition de l’ISF, la réforme des retraites et les riches en général – mais aussi le désir masculin, Israël et CNews. Certes, ces trois boucs émissaires de l’extrême gauche ne sont nullement ciblés par le RN qui ne montre aucune complaisance avec l’antisémitisme. Reste que cette mixture fixe l’ordre du jour, oriente les débats et oblige les autres forces politiques à adopter une position défensive et presque honteuse. Ainsi le parti mariniste, jadis maître caché du tempo, pourrait-il être réduit à suivre la musique sociale jouée par les flûtistes de La France insoumise en risquant au passage d’y perdre son solfège identitaire.

Peur paralysante

Ce renversement n’est pas le fruit du hasard. Mélenchon a constitué un mouvement politique autoritaire, que certains de ses propres membres qualifient de « secte », et une armée impitoyable de communicants capables de transformer chaque tweet en polémique. De Louis Boyard à Sébastien Delogu en passant par Thomas Portes et Aymeric Caron, ces soldats du chaos nous bombardent de provocations et saturent l’espace d’outrance. Dans quel autre pays riche les thèses de la gauche radicale obtiennent-elles un tel écho ? Aucun.

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La stratégie des Insoumis relève d’une logique léniniste. Comme les révolutionnaires de 1917, leur chef sait que l’essentiel n’est pas d’exercer le pouvoir mais de s’en emparer, puis de s’y barricader. Une fois en poste, pense-t-il, il saura inventer l’histoire à raconter pour expliquer pourquoi il avait parfaitement raison d’avoir tort. Il appliquera à la France la méthode qu’il emploie à la tête de sa formation : désignation des saboteurs, exploitation des divisions, intimidation des éléments trop brillants.

Dans cette affaire, tout le monde joue avec le feu, à commencer par le RN. Les dirigeants lepénistes ont certes de solides raisons d’en vouloir à Emmanuel Macron, qui a laissé son parti leur préférer le Nouveau Front populaire aux dernières législatives et ne semble toujours pas envisager de nommer un gouvernement d’union des droites (qui pourtant recueillerait l’adhésion d’une grande partie des Français). Cela justifie-t-il de se mettre dans la roue des Insoumis ? « Les Français préféreront toujours l’original à la copie », dit-on au RN pour se rassurer. C’est sous-estimer la capacité de nuisance de Mélenchon, qui est parvenu à instiller dans leur esprit une peur paralysante : celle d’être traités de collabos des puissants, d’amis de Macron. Le risque, c’est que la copie passe aujourd’hui pour l’original. Réveille-toi Marine : au jeu de la démagogie, le général Tapioca est imbattable.

Le dégagisme ne vient pas de nulle part

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Le Premier ministre n’a pas réussi à convaincre les chefs des groupes parlementaires d’accorder leur confiance lundi prochain. Derrière l’échec de Bayrou, la fin d’un vieux monde…


Dans son mépris débridé à l’égard des Français, le pouvoir précipite sa chute. Les rejets que suscitent Emmanuel Macron et François Bayrou dans l’opinion sont proportionnels à leurs agressions gratuites contre la population. Lundi, dans sa prestation crépusculaire sur les quatre chaines d’information, le Premier ministre a désigné les Français comme responsables de la dette publique faramineuse accumulée depuis 1974 par tous les dirigeants successifs. Il a accusé les citoyens d’avoir « demandé » et « dépensé » l’argent distribué, tout en justifiant la politique irréfléchie du « quoi qu’il en coûte » du chef de l’État. À lui seul, Macron a creusé la dette de 1300 milliards d’euros supplémentaires.

A ne pas manquer: Crise politique: la résistible ascension de Jean-Luc Mélenchon

Social-démocratie : l’heure des comptes

Macron n’a de cesse depuis son premier mandat de vouloir faire la guerre au populisme, qu’il assimile à l’extrême droite. Or derrière ce qualificatif qu’il croit infamant se rassemblent des millions de Français révoltés par la morgue des dirigeants faillis. Quand le Premier ministre désigne ses compatriotes comme boucs émissaires – en s’interdisant dans le même temps d’accabler l’immigration de masse -, quand le président de la République caricature ses opposants en pestiférés, quand tous deux verrouillent la démocratie et excluent le moindre mea-culpa, comment ne pas comprendre le dégagisme qui parcourt la société ? Bayrou quittera Matignon lundi ; il n’aura évidemment pas la confiance qu’il réclame. Mais derrière son échec, c’est le vieux monde progressiste qui est aussi remercié.

A lire dans le magazine: Remis en liberté, les carnets d’Ivan Rioufol

Larcher déconnecté

Nous assistons à la fin d’une époque. La sociale-démocratie, hégémonique depuis un demi-siècle, est comptable des désastres accumulés. Or, un système qui ne sait plus garantir la sécurité collective doit passer la main. Dans Le Parisien de ce mercredi, Gérard Larcher, président du Sénat, estime que les Français « n’ont pas pris la mesure de la gravité de la situation[1] » ; il leur faut des « pédagogues ». C’est l’inverse qui est vrai: les « élites » mirobolantes n’ont pas pris la mesure de la gravité de la colère des Français lucides ; elles doivent redécouvrir le réel.

Les Républicains, soutiens du bloc central, n’ont rien à faire dans cette coalition des perdants. Bruno Retailleau, qui appelle à voter la confiance par solidarité gouvernementale, va sombrer avec le Titanic. De nombreux députés LR ne suivront pas le ministre de l’Intérieur. L’urgence est de rompre avec cette caste prétentieuse. Elle s’accroche à ses privilèges en écartant le peuple encombrant. Mais c’est à lui qu’il revient de remettre de la clarté dans un paysage obscurci par les foucades de Macron puis de Bayrou. Une dissolution de l’Assemblée s’impose, à défaut d’une démission du président. Pour l’instant, l’hôte de l’Élysée a dit qu’il excluait ces deux possibilités. Retranché dans son Fort Chabrol, Macron est prêt à tout pour tenir jusqu’au bout de son mandat. Cette fois, il ne dira pas, comme dans l’affaire Benalla: « Qu’ils viennent me chercher ! » de peur d’en donner l’idée aux Français exaspérés.


[1] https://www.leparisien.fr/politique/gerard-larcher-quest-ce-quune-dissolution-va-apporter-au-pays-02-09-2025-AXXIMU3NLNCOFGBB6KQWDS3EUU.php

Citroën C15, les lendemains qui chantent!

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Citroën C15, increvable ! DR.

Dans une rentrée sociale agitée, ce modèle populaire, disparu il y a presque 20 ans de la circulation, est à la fois annonciateur d’une prise de conscience politique et le creuset de tous les réenchantements…


Depuis plusieurs mois, la colère gronde. Comme souvent dans notre pays, c’est loin des villes, dans les campagnes évincées, sur des terres exsangues où les industries ont déserté et où la puissance publique a failli que la cristallisation s’est opérée. Au début, les politologues salonnards sont passés, comme de bien entendu, à côté du phénomène. Les sondeurs manquaient de capteurs sur place ; hors des périphéries actives et des centres décisionnels, une zone blanche s’étalait devant leurs ordinateurs blêmes. Tout un monde jadis organisé en bourgs et en cantons ne répondait plus à aucun signal. Dans cette carte du vide, on pouvait se demander si le cœur de la nation battait encore ? Les statistiques étaient formelles, les sociologues catégoriques, les médias à la ramasse, la ruralité était un concept aussi dépassé que le Solex et la brillantine. Les sociétés modernes se projetaient dès lors, loin des fenaisons d’antan et des comices agricoles, de l’école communale et du Gaffiot. Rappelons pour mémoire que tous ces experts patentés n’avaient pas vu arriver les « Gilets Jaunes », ils ne verront pas non plus des colonnes de C15 se diriger gaiement vers les Champs-Élysées et croiser le fer sur les pistes cyclables au milieu des taxis électriques et des vélos-cargos muletiers. L’aveuglement des « élites » (peut-on encore les qualifier ainsi ?) est une maladie incurable qui tient autant du déni que de l’incapacité physique à voir le réel. Je ne dis pas le comprendre, l’analyser ou y répondre par des actes, seulement le discerner dans la brume technocratique, constater les peurs et les errances de tout un peuple perdu, salement lâché, accepter l’état d’hébétement d’une population arrivée à son terme, à bout, ne croyant plus en rien et n’attendant plus rien. Et pourtant, il suffisait de se promener un peu partout sur notre territoire, en dehors des autoroutes et des rails TGV, en empruntant les remplaçants du « Corail » et en privilégiant les routes bordées de platanes. Et là, stupeur et tremblement, d’année en année, leur nombre s’est multiplié. La tache avec ou sans accent circonflexe sur le a grossissait à vue d’œil. Car leur prolifération ne faisait pas plaisir aux puissances marchandes, elle était même perçue comme une menace à la virtualité et à la technologie-reine. Un frein à la compétitivité et à l’obsolescence programmée. En somme, un méchant retour en arrière. Loin des oukases et des instances extraterritoriales, les Citroën C15 fédéraient les inadaptés, les reclus, les passifs du progrès. Elles faisaient corps. Au début, il n’y avait que quelques réfractaires au bonheur lyophilisé, des chasseurs et des pêcheurs, des artisans en pré-retraite et des exfiltrés des Domaines pour succomber au charme débonnaire et rustique de cet utilitaire léger produit principalement dans la péninsule ibérique entre 1984 et 2006. Une lame de fond s’est emparée de nos départements sans haine ni violence, du Finistère à la Moselle, des Ardennes aux Pyrénées-Orientales. Les réseaux sociaux en sont babas. Plus ou moins fatiguées, dans leur jus mais vaillantes, la carrosserie grignotée et la mécanique sonore, les cicatrices du temps apparentes, les C15 sont nées au siècle dernier en plein tournant de la rigueur, Fabius était alors Premier ministre et Léo Ferré chantait à l’Olympia.

A lire aussi: Bienvenue chez les Routiers!

De la raillerie à l’affection, il n’y a qu’un tour de clé. Rouler avec cet objet solide et résistant, c’est l’adopter. Les C15 sont alors devenues un visage familier des marchés de primeurs et des chemins boueux. La météo ne semble pas les atteindre, ni les accabler. Elles affrontent l’hiver en Balagne et les étés chauds du Gard. Dans un climat déglingué, face à une classe politique défaite, dans un pays à la dérive, elles sont là. Indestructibles et chaleureuses. Populaires et angéliques. Rabelaisiennes et charpentées. Logeables et corvéables à merci. Elles nous redonnent un peu d’espoir. Elles ne trichent pas sur leur CV et leurs immenses mérites. On peut compter sur elles en cas de coup dur ! Leur persévérance, leur frugalité, leur sens du partage les rendent belles dans les yeux des Français à la recherche d’un amour éternel. Les Français en ont assez des promesses. Elles nous rappellent le sens des priorités : transporter à moindre frais, sans chichis et sans prêchas. Elles permettent de rouler économiquement et sans supporter des coûts excessifs de réparation. Elles conquièrent ainsi chaque jour de nouvelles cibles comme disent les marketeurs, leur cote grimpe. On se les arrache sur le marché de l’occasion. Elles ont même une mission pacificatrice, elles peuvent, par leur entremise miraculeuse, réconcilier des profils éloignés. Leur arc de la raison court des conservateurs aux antisystèmes, elles dessinent une autre France, celle du labeur, du coup de main et d’une indépendance d’esprit. Toutes les radicalités convergent aujourd’hui vers cette automobile déclassée qui arbore les chevrons victorieux comme un signe de réappropriation de notre destinée.

Tendre est la province

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Malades, go home!

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DR.

À six jours du très risqué vote de confiance réclamé par François Bayrou, le gouvernement a sorti de son chapeau un thème qui fait battre le cœur de la droite et de nombreux électeurs : il envisage de « réajuster » — comprenez restreindre — les soins couverts par l’Aide médicale d’État, ce fameux dispositif réservé aux clandestins. Analyse.


Le gouvernement veut réformer l’AME par décret. Il était temps. Après une tentative avortée en 2024, Bruno Retailleau avait promis la réforme de ce dispositif réservé aux immigrés clandestins en janvier. Six jours avant la chute programmée du gouvernement, Bayrou envoie dans les tuyaux quatre décrets durcissant mollement ce système unique. Un des plus généreux au monde, il coûte seulement 1,2 milliards mais contribue à l’attractivité migratoire.

Certains soins exclus

Deux textes concernent la gestion administrative (par exemple, on exigera désormais des pièces d’identité avec photos). Deux autres décrets restreignent l’accès en instaurant la prise en compte du revenu du conjoint, ou en excluant certains soins comme le traitement des oreilles décollées et la balnéothérapie.

Donc, jusque-là, un étranger en situation irrégulière pouvait se faire payer une balnéothérapie en présentant des papiers bidon. D’accord, c’est une caricature. Il n’est pas sûr qu’il y ait vraiment eu des cas de balnéothérapie, et, d’après Le Point, on ne décompte que 35 décollements – ce qui fait 70 oreilles. Autre innovation : l’accès à certains soins est soumis à une durée minimale de présence. Plus vous restez (illégalement), mieux vous êtes soigné. Curieux message, mais passons… Au final, l’économie est estimée à environ 400 000 euros annuels. Peanuts. C’est peut-être symbolique, mais cela va dans le bon sens.

A lire ensuite, Raphaël Piastra: OQTF: la France, championne du surplace

Tapage politique

Reste que la ficelle est un peu grosse. Des «mesures financièrement dérisoires mais politiquement tapageuses », résume Le Point[1]. Si l’on ajoute à cela la dissolution de l’Institut Européen des Sciences Humaines, sévissant depuis une trentaine d’années près de Château-Chinon[2], on pourrait dire que François Bayrou tente de cajoler le RN et LR, comme s’il espérait sauver sa tête avec quelques mesurettes qu’il aurait dû prendre depuis des mois. Il avait jusque-là préféré soigner son centre plutôt que sa droite… Et ignoré les attentes de ces millions d’électeurs qui pensent et à raison que la France fabrique sa propre destruction, en accueillant trop et en accueillant n’importe qui, sans se demander si les arrivants contribueront positivement à la société – on pense au Tunisien de Marseille en situation parfaitement légale.

Immigration : la prudence partout ailleurs en Europe

Au même moment, la Première ministre danoise Mette Frederiksen refuse l’accueil de tout Gazaoui. Pourquoi ? Par le jeu de la démographie et du regroupement familial, les quelques dizaines de ressortissants accueillis il y a trente ans dans son pays sont maintenant des milliers et pour l’essentiel ne travaillent pas.

De son côté, l’Allemagne expulse des déboutés du droit d’asile et des étrangers condamnés.

Enfin, en Grande-Bretagne, alors que des forêts de drapeaux envahissent les rues[3], le Premier ministre travailliste Keir Starmer lance la réforme du regroupement familial. Il est vrai qu’il y a eu en Angleterre de véritables ratonnades, sur fond de crimes commis par des immigrés et de mensonges gouvernementaux. Cela ne se passe pas chez nous, tant mieux.

Au diable toutes ces chicayas politiques qui commencent à ennuyer tout le monde: les Français ne sont pas racistes, ils ne veulent simplement pas être étrangers dans leur pays, devenir culturellement minoritaires. Avec notre gauche folle et notre droite molle, on n’est pas rendus.


Cette chronique a d’abord été diffusée sur Sud Radio

Retrouvez notre directrice de la rédaction dans la matinale de Patrick Roger


[1] https://www.lepoint.fr/societe/ame-le-tres-symbolique-coup-de-poker-de-francois-bayrou-03-09-2025-2597743_23.php

[2] L’institut qui formait des imams était dans le viseur de Bruno Retailleau depuis le fameux rapport sur l’emprise des Frères musulmans en France déclassifié en mai NDLR

[3] À ce sujet, relire https://www.causeur.fr/starmer-face-a-la-revolte-des-drapeaux-raise-the-colours-migrants-315487

L’an prochain à Jérusalem?

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Manifestation contre l’antisémitisme, Paris, 19 juin 2024 © JEANNE ACCORSINI/SIPA

Antisémitisme d’atmosphère, intimidations, agressions, attentats islamistes… les menaces qui pèsent sur les Français juifs sont nombreuses et alimentées par l’extrême gauche qui nazifie les « sionistes » depuis le 7-Octobre. Conséquence : beaucoup de juifs fuient la France pour Israël malgré les difficultés d’intégration.


Les juifs ont-ils un avenir en France ? Il y a encore quelques années, une telle question pouvait paraître absurde. Mais aujourd’hui, à l’heure où l’antisémitisme est redevenu dans notre pays un levier politique puissant, elle se pose de façon pressante.

Pour y répondre, Dov Maïmon, conseiller du gouvernement israélien, et Didier Long, théologien spécialiste des liens entre judaïsme et christianisme, ont rencontré durant des mois de nombreux acteurs de la communauté juive de France, mais aussi des politiques, des policiers, des figures du renseignement ainsi que des juges antiterroristes. Ils ont aussi compilé toutes les statistiques disponibles.

Le résultat de leur enquête n’est guère enthousiasmant. Mais comme le rappelle Maïmon, citant Billy Wilder, le réalisateur américain de Certains l’aiment chaud, à propos des juifs d’Europe avant la Shoah : « Les optimistes ont fini à Auschwitz, les pessimistes à Hollywood. » Le décor est planté.

Matière explosive

Premier constat : dans la France du xxie siècle, ce sont des leaders soi-disant « antifascistes » qui sont les plus prompts à manipuler la matière explosive de l’antisémitisme. Deuxième constat : la haine contemporaine envers les juifs a été régénérée par les préjugés qui circulent abondamment dans la communauté musulmane. Troisième constat : ces préjugés ont été renforcés par le narratif mensonger – et rassembleur au-delà de la seule rue arabe – selon lequel la barbarie du 7-Octobre constitue une réponse logique à une « colonisation ». « Comme tout immigré est censé descendre d’ancêtres victimes de la violence coloniale, sa propre violence ne peut être conçue que comme une réaction légitime à l’oppression, explique Didier Long. Dans ce cadre, se dresser contre l’antisémitisme en France, c’est se moquer de la souffrance des enfants palestiniens et soutenir le colonialisme. »

Résultat, la propagande portraiturant les juifs en nazis a porté en France ses fruits au-delà même des attentes des extrémistes qui l’ont imaginée. Pire encore, elle est devenue également nécessaire à la survie politique de la gauche et du centre. Si les partis progressistes changeaient miraculeusement de discours et osaient nommer les véritables causes de l’antisémitisme, une partie de leur électorat les répudierait au nom d’un pseudo-antiracisme acoquiné au déni (vous stigmatisez les musulmans et oubliez les enfants de Gaza), et une autre comprendrait que leur silence coupable s’explique par le clientélisme électoral. Conclusion de Didier Long : « Les juifs doivent donc être coupables pour qu’Emmanuel Macron et une partie du spectre politique puissent rester innocents. »

A lire aussi, Gil Mihaely et Jean-Baptiste Roques: Crise politique: la résistible ascension de Jean-Luc Mélenchon

Dans leur enquête, les auteurs montrent aussi qu’en France le ressentiment communautaire s’exerce surtout dans un sens, et que ce sont les juifs – visés par 68 % des agressions racistes recensées en 2024 – qui en sont les principales victimes. En 2018, ils encouraient déjà 25 fois plus de risques d’être agressés que des musulmans. Depuis deux ans, selon les statistiques du ministère de l’Intérieur, ce risque est 72 fois supérieur. Cette vertigineuse inflation explique pourquoi plusieurs experts du renseignement et de la sécurité redoutent un 7-Octobre dans notre pays.

Le viol d’une fillette juive à Courbevoie en juin 2024 résonne à cet égard comme une terrible alerte. « Le Hamas n’est pas vu par les anti-juifs comme monstrueux, mais comme puissant, estime Didier Long. Son inhumanité fascine. C’est pourquoi une enfant juive de 12 ans a été violée au nom de la Palestine par des camarades de son âge. Ils obéissaient à un modèle. Le problème c’est que leurs références sont des terroristes et leur chemin initiatique, le crime contre l’humanité du 7-Octobre. »

Avenir cauchemardesque

Autre menace : les islamistes sortis de prison ou en passe d’en sortir. À ce jour, 486 sont déjà libres. Et 371 sont encore détenus, dont certains qui présentent des profils particulièrement dangereux. Cela sans compter le retour du Proche-Orient des femmes affiliées à Daech ou à Al-Qaïda et de leurs enfants. Un avenir qui promet bien des cauchemars.

Voilà pourquoi l’« alya », l’immigration en Israël, est dans l’esprit de tant de juifs de France. Dov Maïmon suit justement les dossiers de ceux qui franchissent ce pas. Selon lui, la première déconvenue que beaucoup rencontrent survient quand ils se rendent compte que l’État hébreu n’a pas un modèle aussi redistributif que notre pays : « Israël est une société qui compte beaucoup sur la débrouillardise de ses habitants, les aides sont rares. Pour un Français juif de milieu populaire, dont 30 à 40 % du revenu est issu de l’aide sociale, le départ peut s’avérer matériellement impossible. » Autre point d’achoppement : le travail. « Difficile de trouver sa place quand on exerce une profession liée à sa langue d’origine, indique Maïmon. Si en France, votre seule compétence est administrative ou réglementaire et que vous ne parlez pas l’hébreu, vos connaissances auront peu de valeur en Israël. Tandis qu’un boulanger ou un ingénieur sont toujours utiles, où qu’ils aillent. »

Exode inquiétant

Ceux pour qui la transplantation fonctionne le mieux sont les plus jeunes, qui viennent en majorité avec le projet de vivre leur judaïsme. Célibataires, ils ont pour la plupart (70 % des cas) un profil traditionaliste. Les 30 % restants sont au contraire des juifs très sécularisés, avec une forte proportion de LGBT. Viennent ensuite les familles avec de jeunes enfants. C’est souvent à travers leur progéniture que l’assimilation est facilitée. Le retraité aisé représente aussi un cas fréquent, mais souvent en s’organisant une vie à cheval entre la France et Israël. La situation est en revanche plus délicate pour ceux qui émigrent entre 35 ans et 65 ans : une fois sur place, la dépendance aux seuls réseaux francophones locaux et les difficultés en hébreu rendent l’intégration très compliquée.

Depuis l’an 2000, 51 455 Français juifs se sont ainsi installés en Israël, formant le premier contingent d’immigrés des nations occidentales. Tous les Français devraient s’inquiéter de cet exode. Car les juifs sont souvent les premiers sur la liste, mais jamais les derniers. Ceux qui les ont nazifiés n’en pensent pas moins au sujet des autres Occidentaux. Derrière l’accusation de colonialisme, s’instruit le genre de procès en inhumanité qui prélude au massacre. Alors si les juifs sont le canari dans la mine, nous devrions commencer à nous alarmer : depuis le 7 octobre 2023, le canari ne chante plus et le désastre arrive.

La Fin des juifs de France ? Didier Long et Dov Maïmon, Le Cherche midi, 2025. 208 pages.

La Fin des Juifs de France ?

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Lady Bail

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La travailliste Rushanara Ali contrainte de démissionner du gouvernement britannique, pour une raison plutôt cocasse


C’est une pratique peu glorieuse, quoique parfaitement autorisée. Au Royaume-Uni, les bailleurs de logement ont parfois recours à une méthode un rien sournoise quand ils veulent profiter de la hausse des prix de l’immobilier et encaisser des loyers plus élevés. Le plan se déroule en deux étapes.

Tout d’abord il s’agit de se débarrasser du locataire en place, en lui notifiant qu’on a l’intention de vendre l’appartement ou la maison habitée par celui-ci. Puis, une fois les lieux vidés, il suffit de changer d’avis, comme la loi le permet, et de se mettre en quête d’un nouvel occupant prêt à payer plus cher. Cet été, on a appris que la députée travailliste de Bow, à l’est de Londres, Rushanara Ali, avait employé cet efficace stratagème pour doper le revenu que lui procure un bien dont elle est propriétaire dans sa circonscription. En novembre dernier, elle a donné congé à ses quatre colocataires, qui arrivaient en fin de bail. Une fois leur départ acté, prétextant ne pas arriver à trouver acheteur, la jeune femme a remis le logement sur le marché locatif pour 4 000 livres par mois, contre 3 300 auparavant. Seul hic : Rushanara Ali, première femme d’origine bangladaise à siéger au Parlement britannique, était, quand elle a eu recours à cette ruse quelque peu hypocrite, la sous-ministre… des sans domicile fixe ! Face au tollé des associations de défense des mal-logés et aux railleries cruelles de l’opposition, la diplômée d’Oxford n’a eu d’autre choix que d’annoncer sa démission du gouvernement le 7 août en rappelant toutefois, à juste titre, qu’elle n’avait commis aucune infraction. Pas sûr qu’elle trouve beaucoup de soutiens dans ses rangs.

La très remuante Jess Barnard, figure de la nouvelle génération woke dans le comité national du Parti travailliste, suggère même à présent qu’Ali rende carrément son mandat à Westminster.

« Le moment semble opportun pour affirmer que les députés du Labour ne devraient pas être des bailleurs immobiliers et que les bailleurs immobiliers ne devraient pas être députés du Labour », a-t-elle déclaré dans un tweet partagé des centaines de milliers de fois.

À décolonial, décolonial et demi

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DR.

Wokisme. «Vous êtes tous racistes» : au festival Les Résistantes de Saint-Hilaire-de-Briouze (Orne), tout ne s’est pas passé comme prévu.


Organisé pour « penser l’avenir des luttes écologistes » en lien avec « les luttes sociales, féministes, antiracistes et décoloniales », le festival Les Résistantes s’est déroulé du 7 au 10 août, rapporte le média Reporterre. Tout le monde a semblé satisfait. Les ateliers – « Déconstruire le patriarcat », « Savoir se préparer à une garde à vue », « La place des animaux non humains dans les luttes écologistes », « Comment riposter contre Bolloré et Stérin »… – et les stands merguez végétales et apéros tofu ont connu un grand succès. Bref, tout s’est bien passé.

Enfin, presque tout… Des « militants racisés, la voix tremblante d’émotion et de colère », ont en effet manifesté leur mécontentement lors de la cérémonie de clôture. Motif : le racisme des écolos blancs. Une preuve parmi dix : lors d’une table ronde « consacrée aux pesticides comme forme de colonialisme chimique », la discussion sur le chlordécone (pesticide utilisé jusqu’en 1993 aux Antilles) a été évincée au profit d’une autre sur la loi Duplomb et l’acétamipride. « Nos histoires douloureuses ne sont pas écoutées par les Blancs qui se disent antiracistes décoloniaux » se sont plaints ces militants avant de recommander aux festivaliers de s’informer sur la notion de « privilège blanc ». L’un d’entre eux sanglote : « Moi, ce que j’aurais voulu, c’est des excuses, qu’on me dise : “Pardon, je n’ai pas prêté attention à ce que tu as dit ou à la personne que tu es” ». Tourneboulé, Victor Vauquois, cofondateur du collectif Terres de luttes, a déclaré que les promoteurs du festival allaient « prendre le sujet à bras-le-corps et voir comment réparer et apprendre de leurs erreurs ». C’est un bon début, mais les « militants racisés » préfèrent prévenir : même si les écolos reconnaissent leurs erreurs, il est hors de question que « les personnes racisées rassurent les personnes blanches », car soulager les Blancs du poids de leur culpabilité ne ferait qu’ajouter à la « charge raciale » qu’elles subissent déjà.

Les organisateurs ont d’ores et déjà prévu un stock d’anti-migraineux pour la prochaine édition des Résistantes…

Architecture: une verrue à l’Assemblée

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© Moatti & Rivière

Une nouvelle entrée visiteurs de fort mauvais goût prévue pour 2028


La presse et, avec elle, les défenseurs du patrimoine, ont appris à la mi-juin le projet couvé par la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet et validé par les questeurs un an auparavant dans le plus grand secret. De quoi rêvent nos députés ? D’une nouvelle entrée pour les visiteurs du Palais-Bourbon. Le rêve est grand, de mauvais goût et va surtout à l’encontre de toutes les règles patrimoniales. Mais ils peuvent se le permettre : la colonnade de l’Assemblée construite par Bernard Poyet en 1806 a beau se trouver dans un site inscrit, un site du patrimoine mondial de l’Unesco soumis à un plan de sauvegarde et de mise en valeur (PSMV), elle n’est pas classée monument historique ! Donc non protégée. Aussi, l’agence d’architecture Moatti & Rivière qui a remporté le concours a pu laisser libre cours à son inspiration. En lieu et place de l’actuel pavillon d’accueil à droite de la colonnade – sans intérêt, mais qui a le mérite de se fondre dans le paysage –, l’Assemblée espère ériger un immeuble d’un étage de plus de 4 000 mètres carrés afin d’abriter « un parcours citoyen, immersif, participatif et pédagogique » et, bien sûr, un restaurant panoramique. Selon nos élus bâtisseurs, « ce nouvel accueil, qui respectera l’identité du site et les dimensions du pavillon actuel, s’ouvrira sur la ville et mettra en valeur l’emblématique colonnade, comme un message de bienvenue ». Ladite mise en valeur est une façade de verre et de laiton qui peut, au choix, faire penser à celle d’un aéroport ou de la Samaritaine, rue de Rivoli, ou encore à un distributeur de bonbons géant. Qu’importe, puisque le projet vise à « ouvrir encore plus grand les portes de la démocratie ». Pour voir le jour d’ici 2028, ce symbole de « transparence » devra être validé dans la plus grande opacité. Rachida Dati et les services de la Rue de Valois sauront-ils s’y opposer ?

La culpabilité des enfants gâtés de la gauche et la fabrication de l’ennemi

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La militante Greta Thunberg à Barcelone, le 31 août 2025 © Emilio Morenatti/AP/SIPA

Ils sont les rejetons maladifs d’une Europe qui ne sait plus vieillir, enfants d’un monde repu qui croit avoir dompté l’Histoire, nourris de lait tiède et de discours maternels, assis dès la naissance dans le velours du confort, et pourtant rongés par une angoisse sourde, héritée des ventres possessifs qui les ont portés. Car leurs mères, trop présentes, trop aimantes en apparence, n’ont cessé de les accabler d’une tendresse conditionnelle : amour distribué comme une aumône, à la mesure de la soumission affective exigée. On leur a tout donné, mais avec cette insinuation empoisonnée : « tu n’en feras jamais assez ». Ainsi furent-ils comblés de biens et de soins, mais dépossédés d’eux-mêmes, saturés de culpabilité et de dette.

Histoire criminelle et parodie de croisade

De cette éducation sentimentale est née une colère muette, un ressentiment qu’ils ne parviennent pas à nommer et qu’ils projettent sur le monde extérieur. Incapables d’affronter la Mère, ils cherchent partout une figure de domination à abattre : l’État, la patrie, l’armée, l’Église, les colonisateurs, les pères symboliques. Ils se sont faits les orphelins volontaires d’une histoire qu’ils jugent criminelle. Et comme ils ont besoin d’aimer, mais qu’ils ne savent plus qui aimer, ils se précipitent du côté des « victimes » : les damnés de la terre, les peuples lointains, les révoltés de service, les insurgés dont la violence leur semble pure parce qu’elle s’oppose à l’ordre. Leur compassion est une liturgie, leur révolte une parodie de croisade.

Ils rêvent d’un monde sans frontière, d’une fusion planétaire où les antagonismes seraient dissous, d’un amour universel qui viendrait enfin combler le vide matriciel. Mais ce rêve est un délire de maternité manquée. Ils sacralisent l’Autre, jusqu’à lui prêter une innocence immaculée. Ils ferment les yeux sur la cruauté, l’humiliation, la haine pourtant palpables. Ils préfèrent exalter une humanité imaginaire plutôt que de reconnaître la violence réelle, comme si toute lucidité équivalait à une trahison de l’amour.

Leur culpabilité est sans fond. Coupables de leurs privilèges, coupables de ne pas aimer assez, coupables de haïr en secret, ils se rachètent en fabriquant un nouvel ennemi. L’Occident devient l’incarnation du mal, et avec lui ses satellites honnis : le capitalisme, les élites, Israël. Ils pleurent sur les juifs assassinés dans les camps, mais méprisent ceux qui, aujourd’hui, osent se défendre les armes à la main. Auschwitz leur inspire une compassion abstraite ; Tel-Aviv les révulse comme un scandale moral. C’est ainsi que, par un retournement d’une ironie diabolique, l’antiracisme d’Occident ressuscite la vieille figure du juif dominateur, l’éternel persécuteur, pourvu que ce juif soit israélien. Le mythe antisémite, loin d’avoir disparu, s’habille à nouveau des couleurs de la vertu.

Plus jamais ça… jusqu’à la prochaine

Car l’idéologie dominante est née de la cendre et du sang : « Plus jamais ça », répète-t-elle comme une prière expiatoire. L’Europe, honteuse de ses crimes, a fait du rejet du racisme et du vivre-ensemble les piliers de sa nouvelle religion. Le péché originel, désormais, c’est la peur. Il ne faut plus craindre. Il faut aimer sans condition, célébrer la diversité, accueillir l’étranger comme un frère. L’Autre est devenu le saint d’un catéchisme séculier.

Mais la peur n’est pas un vice, elle est une vérité de la chair. Elle est ce frisson ancestral qui avertit du danger, cette vigilance née de siècles de violence et de mémoire. Le moine bouddhiste en robe safran, dans le métro, ne suscite nulle crainte, car il ne porte pas en lui la menace. Mais le jeune homme agressif, qu’il soit d’ici ou d’ailleurs, fait trembler non parce qu’il est autre, mais parce qu’il incarne la possibilité du coup, de l’humiliation, de la haine. L’Occident a désappris cette distinction élémentaire : ce n’est pas l’altérité qui effraie, mais la violence.

Le mensonge du vivre-ensemble consiste à croire que la paix naît du consensus. Non. La paix naît du conflit reconnu, assumé, traversé. Refuser le conflit, c’est préparer l’explosion, l’irrationnel, le chaos. Il est légitime d’avoir peur de perdre son pays, sa langue, son emploi, sa dignité. Il est légitime d’interroger les pratiques religieuses qui contredisent les principes démocratiques. Il est légitime d’aimer son sol, ses morts, ses ancêtres, et de craindre leur effacement.

Il faut donc réhabiliter la peur, non comme un fantasme maladif, mais comme un signal vital. Il faut réhabiliter le conflit, non comme une guerre, mais comme un espace de vérité. La société sans tension est une fiction mortifère, un mensonge éducatif qui engendre le morcellement et la haine rentrée. Seul le conflit civilisé permet de regarder l’adversaire en face et de lui reconnaître une part d’humanité.

Culpabilité sans fin

Ils croient aimer, mais leur amour n’est qu’un miroir brisé. Ils croient lutter, mais leur lutte n’est qu’un théâtre moral, une pièce où ils tiennent le rôle du juste en condamnant des oppresseurs imaginaires. Car au fond d’eux-mêmes, ils savent qu’ils n’ont rien risqué, qu’ils vivent dans la sécurité douillette des métropoles, que leur rébellion se consomme comme une distraction, à l’ombre d’institutions qu’ils vilipendent mais qui les protègent encore.

C’est pourquoi leur culpabilité n’a pas de fin. Elle est la vraie jouissance de l’enfant gâté : se haïr soi-même, se flageller par procuration, déléguer au Palestinien, au migrant, à l’ennemi d’Israël, la violence qu’ils n’osent pas assumer. Ils jouissent du sang versé, à condition qu’il ne soit pas le leur ; ils jouissent de la haine, pourvu qu’elle soit exprimée par d’autres. Le monde devient pour eux une scène sacrificielle où ils se lavent de leur honte par l’offrande des victimes lointaines.

L’Europe, fatiguée d’elle-même, leur fournit le décor : une civilisation qui ne sait plus transmettre que la mémoire de sa faute, qui se croit condamnée à expier son histoire coloniale et son génocide fondateur. Elle n’enseigne plus la grandeur, mais la repentance. Elle ne produit plus de héros, mais des accusés permanents. Elle ne croit plus à son avenir, seulement à l’utopie d’un vivre-ensemble qui ressemble à une salle d’attente cosmopolite avant la disparition.

Le tragique, dès lors, n’est plus vécu : il est sublimé en moraline. On ne meurt plus pour sa patrie; on crie contre Israël. On ne se bat plus pour son peuple ; on brandit des pancartes au nom de l’Autre sacralisé. Le sang, le vrai, celui qui rappelle que l’histoire est tragique, on le nie ; mais le sang rêvé, celui de Gaza ou d’ailleurs, devient une drogue, un rituel d’innocence retrouvée.

Ainsi s’avance la fin de l’Europe, non pas dans le tumulte d’une guerre épique, mais dans le soupir honteux d’une civilisation qui se suicide à petit feu, en inventant sans cesse des ennemis de substitution pour donner sens à sa culpabilité. Ses enfants gâtés ne connaissent plus la joie tragique de vivre et de mourir ; ils ne connaissent que la jouissance morbide d’accuser et de condamner.

Il y a là l’image exacte de notre crépuscule : des générations assises sur les ruines, accusant les vivants d’être des bourreaux, célébrant les morts pour mieux mépriser ceux qui survivent. Et pendant qu’ils rêvent d’un amour universel, le monde réel se fracture, se durcit, se prépare à la guerre. L’Europe, elle, s’endort dans sa liturgie expiatoire, confondant l’ennemi et l’adversaire, abolissant le tragique dans la moraline, et s’abandonnant au luxe morbide de sa propre disparition.

Mozart et son premier violon

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© Yu-Gi-Oh

Alors que François Bayrou cherche désespérément 44 milliards d’euros d’économies, une idée fait son chemin: fiscaliser les pourboires des serveurs. Au risque d’attiser la colère d’un secteur déjà en crise. 71% des salariés de l’hôtellerie-restauration toucheraient des pourboires, mais 81% d’entre eux sont évidemment opposés à l’idée qu’ils soient imposés. 41% menacent même de quitter le secteur si la mesure voyait le jour. De son côté, Emmanuel Macron envisage de rejoindre les compétiteurs de « Yu-Gi-Ho »


Voilà bien que le « Mozart de la finance » envisagerait de faire les poches des garçons de café. Ou si ce n’est lui, ce serait notre futur ex-Premier ministre que les pythies les mieux armées dans l’art de la prédiction politique voient d’ores et déjà condamné à venir gonfler dès les calendes de septembre l’immense bataillon des boomers ordinaires, des retraités du commun, qui, je le suppose, lui feront un accueil triomphal.

Le projet « garçons de café » consisterait à faire passer leurs pourboires sous les fourches caudines de l’impôt. Quand je dis garçons de café il s’agit aussi, tout le monde l’aura compris, des serveuses z-et serveurs des restaurants, salons de thé, etc…

Ceux-là officient dans des secteurs qu’on nous dit en crise et où les employeurs rament comme des galériens pour trouver le personnel nécessaire en nombre suffisant et en qualité. Du côté du Mozart et de son futur ex-premier violon on se refuserait donc à considérer que plomber d’impôts les gratifications de ces personnes n’aboutirait au bout du compte qu’à compliquer le recrutement, à dissuader les potentiels candidats d’entrer dans la carrière. Il est vrai que, définitivement, le bon sens ne semble pas être la caractéristique dominante de leurs réflexions et décisions. Taxer le pourboire du serveur aujourd’hui, demain la sébile du SDF, après-demain le tronc de la basilique sainte Euphrosyne. Il faut des sous, il est vrai. L’homme, le prédicateur de Matignon bientôt en partance pour retrouver la riante vallée de Betharram nous l’a dit et redit dimanche dernier lors de son office dominical à l’heure des vêpres, à moins que ce ne soit celle des complies. Cela avait en effet un petit air, oui, de sermon, avec menaces des foudres de l’enfer en cas d’insoumission des brebis jusqu’alors égarées. Ne manquait à la liturgie le toujours très émouvant et édifiant mea-culpa. Vous savez, le « c’est ma faute, ma très grande faute ». Manifestement, cette humilité-là n’est pas dans le répertoire du servant du jour. Le pécheur, c’est l’autre. Les autres. Comme l’enfer chez Sartre, quoi. Ces débiles de Français qui toutes ces années ont voté les budgets de la dette. Car, c’est bel et bien ce qu’ils ont appris dimanche : ce ne sont pas l’orateur et ses disciples Modem qui, année après année, ont voté et creusé le gouffre mais vous et moi, les Français.

A lire aussi, Gil Mihaely et Jean-Baptiste Roques: Crise politique: la résistible ascension de Jean-Luc Mélenchon

Je suppose que si le Mozart évoqué avait assisté à la scène, il eût applaudi à tout rompre. Mais il avait mieux à faire. Il avait à s’occuper du salut du vaste monde, de cultiver le lopin de terre politique qui semble lui rester, l’international. Deux chantiers, en ce dimanche. Un sommet franco-allemand, une broutille, sans doute, et apparemment, d’une tout autre importance, la finale, chez nous en France, d’un championnat du monde d’un jeu de cartes très oriental, le Yu-Gi-Oh!  J’avoue ignorer totalement ce qu’est ce jeu de Yu-Gi-OH! en étant resté culturellement aux finales de championnats de belote coinchée à Pérouville-la-Feuillue et autres charmantes bourgades franco-françaises.

Je ne doute pas que cette discipline puisse avoir elle aussi son Mozart. Aussi, me dis-je que celui de la finance pourrait, le moment venu, libéré de ses harassantes obligations hexagonales, ambitionner le titre. Doublé historique, à n’en pas douter. Son ego y trouverait assurément son compte. Le gaillard s’est fait filmer en bras de chemise, saluant la manifestation, affirmant combien la France était honorée de l’accueillir. Ça, c’était pour les convenances. En fait, il tenait avant tout à exhiber sa carte – un dragon, me dit-on – histoire de bien faire comprendre aux compétiteurs que lui-même était chaud bouillant, qu’il s’apprêtait à descendre dans l’arène et qu’il allait falloir compter avec lui.

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Bref, je pense que, devant ces images dominicales, celles du Mozart et de son premier violon, ils étaient quelques-uns à se dire que, pour ce qui est de rejoindre les compétiteurs de Yu-Gi-Ho et les charmes de Betharram, le plus tôt serait le mieux.

LES TÊTES MOLLES - HONTE ET RUINE DE LA FRANCE

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Elisabeth Lévy sur Sud Radio: « Nous sommes tous responsables de la dette ! »

Crise politique: la résistible ascension de Jean-Luc Mélenchon

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Jean-Luc Mélenchon, Paris, 9 juin 2025 © Stefano Lorusso/ZUMA Press Wire/SIPA

En menaçant de faire tomber François Bayrou, Marine Le Pen croit être maîtresse du jeu politique. Mais c’est en réalité Jean-Luc Mélenchon qui tire profit de cette crise en imposant ses thèmes et en misant sur les sombres pulsions de son électorat: préjugés, rancunes, haines et jalousies.


François Bayrou tombera-t-il à la rentrée, comme tout porte à le croire au moment où nous mettons sous presse ? Évidemment, la politique peut toujours réserver une de ces surprises dont elle a le secret : coup de théâtre, journée de dupes, pacte faustien. Rien n’est jamais impossible au royaume de France.

Mais la rapidité et l’aplomb avec lesquels les Insoumis, les Verts, les socialistes, les communistes et surtout le Rassemblement national ont indiqué, aussitôt après l’annonce par le Premier ministre d’un vote de confiance le 8 septembre, qu’ils ne lui accorderaient pas cette confiance, laissent penser que la messe est dite. Surtout que, d’après nos sources en interne, aucune négociation de la dernière chance – du type retrait de la suppression des deux jours de congé – qui pourrait accorder un sursis à François Bayrou n’est envisagée du côté du parti de Marine Le Pen.

Sous-entendu inquiétant

La France n’est pas le seul pays européen à vivre des temps d’incertitude. Tous nos voisins sont placés sous la triple pression des marchés financiers, du mécontentement populaire et de la guerre en Ukraine. Et tous ont connu depuis le début de la décennie un épisode de fièvre politique : ici une chute brutale de gouvernement, là une chambre introuvable, ailleurs encore une secousse dégagiste. Seulement, avec quatre gouvernements en deux ans, nous sommes les seuls à être alités en permanence avec une compresse humide sur le front. Car au-delà des circonstances du moment, telles que le fiasco de sa dissolution en 2024, la crise française a une cause plus profonde, plus singulière. Elle tient à la manière même dont notre pays est dirigé depuis 1958, manière qui semble arrivée en bout de course.

A lire aussi, Ivan Rioufol: La révolution populiste, bête noire du pouvoir en sursis

Conçue avec l’obsession de la puissance et de la stabilité, la Ve République a sacrifié la représentativité du pouvoir législatif au profit de l’efficacité de l’exécutif. Problème : à force de mettre sous le boisseau l’expression de la volonté populaire, le système a fini par perdre sa capacité de produire de la légitimité et du consensus.

Depuis au moins cinquante ans, ce problème est pointé par la droite nationaliste anti-gaulliste, dont les inquiétudes quant à l’immigration, l’islam et la souveraineté, quoique partagées par un grand nombre d’électeurs, ont longtemps été tues ou niées au sommet du pouvoir. Cependant, malgré tous les vents contraires, dont ses propres turpitudes, à partir de l’an 2000, le discours du Front national a fini par s’imposer dans le débat public. Depuis, sans avoir jamais été ministres, Jean-Marie Le Pen, puis sa fille ont pour ainsi dire co-produit l’agenda politique.

Mais en cette rentrée 2025, la situation a complètement muté. Désormais, c’est Jean-Luc Mélenchon qui dicte les thèmes. Il est en effet parvenu à formuler une version gagnante du populisme de gauche. À son message subliminal traditionnel « il y a de l’argent, il est chez les riches, il n’y a qu’à le prendre », avec son corollaire « la dette n’est qu’un jeu d’écriture bidon destiné à asservir le peuple, yaka pas payer », s’ajoute désormais un sous-entendu inquiétant, à peine voilé derrière une critique d’Israël, mais parfaitement compris par l’électorat ciblé : « c’est la faute aux juifs ». Pour la première fois depuis des décennies, une proposition politique promet de résoudre les difficultés sans effort tout en légitimant des pulsions sombres : les préjugés, les rancunes, les jalousies, les frustrations et les haines.

Cet assemblage redoutable, assaisonné de considérations écologistes et économiques faussement rationnelles, tend à supplanter les recettes de la droite. Là où le café du commerce se lamentait naguère sur l’immigration, mai 68 et l’Union européenne s’impose désormais une nouvelle grammaire idéologique et émotionnelle qui désigne comme causes principales de nos malheurs l’abolition de l’ISF, la réforme des retraites et les riches en général – mais aussi le désir masculin, Israël et CNews. Certes, ces trois boucs émissaires de l’extrême gauche ne sont nullement ciblés par le RN qui ne montre aucune complaisance avec l’antisémitisme. Reste que cette mixture fixe l’ordre du jour, oriente les débats et oblige les autres forces politiques à adopter une position défensive et presque honteuse. Ainsi le parti mariniste, jadis maître caché du tempo, pourrait-il être réduit à suivre la musique sociale jouée par les flûtistes de La France insoumise en risquant au passage d’y perdre son solfège identitaire.

Peur paralysante

Ce renversement n’est pas le fruit du hasard. Mélenchon a constitué un mouvement politique autoritaire, que certains de ses propres membres qualifient de « secte », et une armée impitoyable de communicants capables de transformer chaque tweet en polémique. De Louis Boyard à Sébastien Delogu en passant par Thomas Portes et Aymeric Caron, ces soldats du chaos nous bombardent de provocations et saturent l’espace d’outrance. Dans quel autre pays riche les thèses de la gauche radicale obtiennent-elles un tel écho ? Aucun.

A lire aussi, Benjamin Goldnadel: Avec des amis de la Terre comme eux, pas besoin d’ennemis

La stratégie des Insoumis relève d’une logique léniniste. Comme les révolutionnaires de 1917, leur chef sait que l’essentiel n’est pas d’exercer le pouvoir mais de s’en emparer, puis de s’y barricader. Une fois en poste, pense-t-il, il saura inventer l’histoire à raconter pour expliquer pourquoi il avait parfaitement raison d’avoir tort. Il appliquera à la France la méthode qu’il emploie à la tête de sa formation : désignation des saboteurs, exploitation des divisions, intimidation des éléments trop brillants.

Dans cette affaire, tout le monde joue avec le feu, à commencer par le RN. Les dirigeants lepénistes ont certes de solides raisons d’en vouloir à Emmanuel Macron, qui a laissé son parti leur préférer le Nouveau Front populaire aux dernières législatives et ne semble toujours pas envisager de nommer un gouvernement d’union des droites (qui pourtant recueillerait l’adhésion d’une grande partie des Français). Cela justifie-t-il de se mettre dans la roue des Insoumis ? « Les Français préféreront toujours l’original à la copie », dit-on au RN pour se rassurer. C’est sous-estimer la capacité de nuisance de Mélenchon, qui est parvenu à instiller dans leur esprit une peur paralysante : celle d’être traités de collabos des puissants, d’amis de Macron. Le risque, c’est que la copie passe aujourd’hui pour l’original. Réveille-toi Marine : au jeu de la démagogie, le général Tapioca est imbattable.

Le dégagisme ne vient pas de nulle part

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« Le miracle n’a pas eu lieu ! » Jordan Bardella et Marine Le Pen sortent de leur rendez-vous avec François Bayrou, le 2 septembre 2025 © Gabrielle CEZARD/SIPA

Le Premier ministre n’a pas réussi à convaincre les chefs des groupes parlementaires d’accorder leur confiance lundi prochain. Derrière l’échec de Bayrou, la fin d’un vieux monde…


Dans son mépris débridé à l’égard des Français, le pouvoir précipite sa chute. Les rejets que suscitent Emmanuel Macron et François Bayrou dans l’opinion sont proportionnels à leurs agressions gratuites contre la population. Lundi, dans sa prestation crépusculaire sur les quatre chaines d’information, le Premier ministre a désigné les Français comme responsables de la dette publique faramineuse accumulée depuis 1974 par tous les dirigeants successifs. Il a accusé les citoyens d’avoir « demandé » et « dépensé » l’argent distribué, tout en justifiant la politique irréfléchie du « quoi qu’il en coûte » du chef de l’État. À lui seul, Macron a creusé la dette de 1300 milliards d’euros supplémentaires.

A ne pas manquer: Crise politique: la résistible ascension de Jean-Luc Mélenchon

Social-démocratie : l’heure des comptes

Macron n’a de cesse depuis son premier mandat de vouloir faire la guerre au populisme, qu’il assimile à l’extrême droite. Or derrière ce qualificatif qu’il croit infamant se rassemblent des millions de Français révoltés par la morgue des dirigeants faillis. Quand le Premier ministre désigne ses compatriotes comme boucs émissaires – en s’interdisant dans le même temps d’accabler l’immigration de masse -, quand le président de la République caricature ses opposants en pestiférés, quand tous deux verrouillent la démocratie et excluent le moindre mea-culpa, comment ne pas comprendre le dégagisme qui parcourt la société ? Bayrou quittera Matignon lundi ; il n’aura évidemment pas la confiance qu’il réclame. Mais derrière son échec, c’est le vieux monde progressiste qui est aussi remercié.

A lire dans le magazine: Remis en liberté, les carnets d’Ivan Rioufol

Larcher déconnecté

Nous assistons à la fin d’une époque. La sociale-démocratie, hégémonique depuis un demi-siècle, est comptable des désastres accumulés. Or, un système qui ne sait plus garantir la sécurité collective doit passer la main. Dans Le Parisien de ce mercredi, Gérard Larcher, président du Sénat, estime que les Français « n’ont pas pris la mesure de la gravité de la situation[1] » ; il leur faut des « pédagogues ». C’est l’inverse qui est vrai: les « élites » mirobolantes n’ont pas pris la mesure de la gravité de la colère des Français lucides ; elles doivent redécouvrir le réel.

Les Républicains, soutiens du bloc central, n’ont rien à faire dans cette coalition des perdants. Bruno Retailleau, qui appelle à voter la confiance par solidarité gouvernementale, va sombrer avec le Titanic. De nombreux députés LR ne suivront pas le ministre de l’Intérieur. L’urgence est de rompre avec cette caste prétentieuse. Elle s’accroche à ses privilèges en écartant le peuple encombrant. Mais c’est à lui qu’il revient de remettre de la clarté dans un paysage obscurci par les foucades de Macron puis de Bayrou. Une dissolution de l’Assemblée s’impose, à défaut d’une démission du président. Pour l’instant, l’hôte de l’Élysée a dit qu’il excluait ces deux possibilités. Retranché dans son Fort Chabrol, Macron est prêt à tout pour tenir jusqu’au bout de son mandat. Cette fois, il ne dira pas, comme dans l’affaire Benalla: « Qu’ils viennent me chercher ! » de peur d’en donner l’idée aux Français exaspérés.


[1] https://www.leparisien.fr/politique/gerard-larcher-quest-ce-quune-dissolution-va-apporter-au-pays-02-09-2025-AXXIMU3NLNCOFGBB6KQWDS3EUU.php