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Mila n’est pas la première victime du djihad scolaire

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Pour l’instant, seule Mila est à la hauteur de l’affaire Mila ! Elle tient bon et maintient ses propos sur l’islam. Merci à elle. Sur TMC, la malheureuse lycéenne a rappelé hier qu’elle était déscolarisée par crainte de représailles. Il y a quelques années, des élèves juifs fuyaient l’enseignement public. Désormais, on s’en prend aussi à ceux qui critiquent le Coran.


Lundi 3 février, sur le plateau de « Quotidien » (TMC), Mila, cette lumineuse lycéenne n’a pas reculé d’un pouce. « Je ne regrette absolument pas mes propos, c’était vraiment ma pensée, mais je m’excuse, un petit peu, pour les personnes que j’ai pu blesser ». Notre nouvelle Jeanne d’Arc a rappelé que c’était elle la victime – « J’aurais pu être brûlée à l’acide, enterrée vivante » -, et que c’était elle qui était chassée de son établissement scolaire par des élèves musulmans de ce même établissement.

Mila n’a commis aucun délit

Mila a aussi rappelé qu’elle avait le droit au blasphème, qu’elle n’avait commis aucun délit et qu’elle avait seulement fait usage du droit inaliénable – qu’elle croyait être le sien en démocratie – de choquer qui bon lui semblait. Depuis le 18 janvier, Mila vit sous protection policière alors que ses persécuteurs se pavanent librement.

Les mêmes racailles antisémites qui ont chassé les élèves juifs des écoles publiques dans de nombreux départements, chassent maintenant les non juifs qui ne respectent pas le Coran

En France, en 2020, une élève est en danger dans les écoles de la République en raison de la présence massive d’élèves musulmans fanatisés. Le silence gêné des pouvoirs publics face à des petites frappes qui lynchent une jeune fille et la liberté d’expression en même temps, n’est pas recevable. Il n’est pas admissible que la République fasse de la déscolarisation de Mila un problème individuel.

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Il n’est pas supportable que le ministre de l’éducation « cherche des solutions » au lieu de mobiliser la police et la gendarmerie pour que Mila réintègre son lycée ; il n’est pas acceptable que le djihad d’élèves fanatisés ne soit pas sanctionné. Quand des islamistes fanatisés menacent la vie d’une « kouffar » ; quand des hommes musulmans s’en prennent à liberté de parole d’une femme – et d’une non musulmane en particulier – ; quand des fanatiques font la loi sur le territoire scolaire alors, c’est bel et bien de djihad dont il est question.

Un jalon dans le démantèlement de notre école républicaine

Le manque de discernement du pouvoir politique est ici gravement engagé.

Un président qui clame urbi et orbi que la France est éternelle débitrice d’un crime colonial généralisé et qu’un crime contre l’humanité a été commis en Algérie ; une ministre de la justice, qui affirme sur Europe 1 que la liberté de conscience (des djihadistes ?) a été menacée par la liberté d’expression de Mila… Ces représentants du pouvoir encouragent ces jeunes à intimider autrui, à exclure de l’école qui ne leur revient pas ou à réitérer les demandes d’épuration des programmes d’enseignement pour supprimer les faits historiques qui les dérangent.

A lire aussi: Zemmour et les élèves juifs du 93: le « fact-checking » foireux de TF1

L’affaire Mila est un épisode clé du démantèlement – qui a commencé par les juifs -, du seul vivre ensemble qui compte, le vivre-ensemble-républicain.

Rappelons-nous : Bernard Ravet, ce proviseur d’un lycée de Marseille avait raconté en 2017 qu’il avait dû refuser l’inscription d’un élève juif parce qu’il était incapable d’assurer sa sécurité[tooltips content= »Principal de collège ou imam de la république ? de Bernard Ravet, Kero »](1)[/tooltips]. Les mêmes racailles antisémites qui ont chassé les élèves juifs des écoles publiques dans de nombreux départements, chassent maintenant les non juifs qui ne respectent pas le Coran.

De jeunes Français arabes musulmans jouent aux ségrégationnistes blancs

L’épuration ethnique menée contre les élèves juifs évolue en épuration politico-religieuse. Seuls les dhimmis qui baissent les yeux devant le Coran seront-ils admis dans certains lycées publics ?

A relire: Mila ou le retour du blasphème

Qu’aurait-on dit en Europe si le gouvernement fédéral américain, à la fin des années 1950, n’avait pas mobilisé le FBI, la Garde nationale et l’armée pour imposer la fin de la ségrégation dans les établissements scolaires des États du Sud ? Des policiers blancs armés ont imposé la scolarisation de fillettes noires à des établissements hostiles à leur présence. L’apartheid scolaire américain a fini par céder.

En 2020, en France, de jeunes Français arabes musulmans jouent les ségrégationnistes blancs. Et – avec les complicités évoquées plus haut -, ces djihadistes excluent de l’école les juifs et les libres penseurs. Jamais l’État n’aura été si défaillant, ni si sorti de ses gonds, ni si cruellement en panne de compréhension de la situation. Si le pouvoir politique ne se ressaisit pas, qui peut prédire les formes à venir de ce djihad scolaire ?

Le grand abandon: Les élites françaises et l'islamisme

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Principal de collège ou imam de la république ?

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Un président qui n’a pas fini de nous surprendre

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Alors que la France gronde, le président regarde ailleurs et se disperse dans des incidents tous plus maladroits les uns que les autres. Encore deux ans… ou plus, si affinités!


Voici trois ans, en avril 2017, j’écrivais dans un article paru dans Causeur qu’il fallait à tout prix éviter d’élire l’inconnu Emmanuel Macron à la présidence de la République. Deux éléments forts me poussaient à cette conclusion : tout d’abord sa folle stratégie consistant à rechaper les vieux pneus politiciens de tous horizons pour en faire le ridicule ersatz d’un nouveau parti présidentiel, et d’autre part ses nombreux propos surréalistes lâchés au débotté, plus inquiétants les uns que les autres. Souvenons-nous des crimes contre l’humanité commis par la France en Algérie, de la Guyane vue comme une île, de la Guadeloupe peuplée d’expatriés ou bien du constat jupitérien que la France souffrait de l’absence d’une véritable culture… française ! Sans oublier bien entendu sa revendication de l’immaturité en politique et son fameux « On se fout des programmes », le seul pourtant qu’il ait jamais mis en avant étant, à Marseille, son inénarrable cri du cœur : « Je soutiens l’OM ! » Bien vu ! Il n’a échappé à personne qu’Emmanuel Macron avait effectivement le profil idéal du supporter local.

Toujours plus loin dans l’insupportable

Et quid de ce qu’il advint, quelques semaines plus tard, franchies les grilles de l’Élysée ? Après avoir soulevé le cœur de millions de personnes par ses propos sur la colonisation en termes de crime contre l’humanité, voilà qu’il monte d’un cran dans l’insupportable en mettant sur le même plan la guerre d’Algérie et la Shoah. Et ceci, le jour même anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz.

A lire aussi: Guerre d’Algérie: le président a-t-il des tendances masochistes?

Mais que cherche-t-il, si tant est qu’il cherche quelque chose ? Lui qui, dans un hall de gare, voit immédiatement « les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien », pour lancer, à Athènes, qu’il ne cèdera rien aux fainéants. Ne serait-il alors qu’une coquille vide, occupée par un communicant bernard-l’ermite, que l’on remplit de tirades diverses et variées en forme de discours ? A lui dès lors la seule responsabilité de les rendre crédibles auprès d’un bas peuple qui n’a pourtant qu’à traverser la rue pour trouver du travail. Mais ce n’est pas là le labeur d’un président, non, plutôt celui d’un vulgaire intermédiaire commercial. Un petit cadre d’entreprise. Et qui nous dirait quoi sur l’équilibre mondial ? Les alliances sont fragiles pendant que les terroristes cherchent sans cesse des talons d’Achille aux Occidentaux. Les conflits couvent sous la cendre. Les petites trahisons se multiplient sur le terrain. Les grandes traîtrises internationales squattent l’ONU. Qu’à cela ne tienne : voici le diagnostic Élyséen déposé fièrement dans toutes les ambassades : « l’Otan est en mort cérébrale ! » Branle-bas de combat dans toutes les capitales. Merkel est en quasi-réanimation. Daesh n’en croit pas ses yeux alors qu’Erdogan se frotte les mains. Dont la réponse vient rapidement clore le débat : « C’est le président Macron qui est en mort cérébrale ». Stop. Retour à la case départ pour tout le monde. Et là, dans une sorte de murmure, peut-être pour détourner l’attention du citoyen lambda, il assène sa vision du monde bioéthique à une dame anti PMA et GPA qui l’interpelle sur la filiation : « Votre problème, c’est que vous croyez qu’un père est forcément un mâle. » Tout est dit sur le monde idéal pour lequel notre président pense avoir été élu. Tout est dit sur ce qu’il croit être son rôle. Mais tout est-il dit sur ce qu’est en profondeur notre César ?

Un souverain indifférent aux protestataires

Avec lui, le peuple français a donc plongé gaiement pour la deuxième fois consécutive dans l’erreur stratégique : après le « Hollande plutôt que Sarkozy » qui se termina en eau de boudin, vint donc le « Macron plutôt que Le Pen », quinquennat qui commença de même, notamment avec l’affaire Benalla (toujours non résolue) puis la longue saga des gilets jaunes (toujours en cours). Lors, son trône étant bien installé sur des sables mouvants, notre Altesse républicaine peut s’engager dans son règne du copier-coller. On a l’imagination que l’on peut dans les hasards de sa propre histoire ! C’est ainsi que la majestueuse entrée de Mitterrand aux Invalides, rose rouge au poing, devint de la sorte une entrée sèchement déflorée au Louvre. Jusqu’au récent coup de gueule avec la police en Israël, sur les traces d’un Chirac outragé, altercation qui sentait à plein nez une reprise improvisée par un jubilatoire intermittent du spectacle. Mais le plus grave vient d’ailleurs. En effet, de nombreux élus, fiche explicative en main, ont tout naturellement déduit de l’exemple du chef que rien ne valait mieux pour eux que décalquer les pratiques de l’ancien monde pour participer d’un nouveau. Et c’est ainsi que, fort étonnés, ils se retrouvent aujourd’hui devant la justice pour des « anomalies » de gestion ou des « erreurs » de comportement. C’est ainsi que jamais autant de ministres, dans la cinquième République, ont dû quitter leur poste, remerciés ou démissionnaires. C’est ainsi que, parallèlement, jamais autant d’hommes et de femmes, de leur propre chef ou à l’appel des syndicats, ont fait l’union de la rue, semaine après semaine, comme s’il s’agissait d’une représentation récurrente mise en scène par les chaînes d’information, et ce, devant l’indifférence du gouvernement et de la présidence. Indifférence en forme de mépris et de dédain dont les policiers font toujours les frais, obligés qu’ils sont de gérer agressivement les défilés des grévistes, lesquels défendent cependant aussi les intérêts des forces de l’ordre lorsque, par exemple, ils parlent de pouvoir d’achat ou de faire annuler une loi félonne sur les retraites. Et pendant que, comme Chirac l’avait dit sur un tout autre sujet, la rue brûle, notre souverain, lui, extrêmement, distrait, regarde ailleurs.

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Une passion pour la photographie

Je me pose un collier de questions, car l’étonnement mué en colère fait rapidement tache d’huile : qui est-il ce monarque qui nous assène jour après jour ses élucubrations sur l’Histoire, la culture, la société ? Comment est-il constitué et de quoi l’est-il ? Quel est le rôle qu’on lui a attribué ou qu’il s’est attribué, tout cela à l’abri de l’alibi d’un vote largement tronqué et pourtant légitime ?

Peut-être n’en restera-t-il dans deux ans qu’un petit album de photographies prises de ci de là, à Saint-Martin avec de joyeux républicains montreurs de doigt à leur président, au festival de BD d’Angoulême, avec un tee-shirt dénonçant le LBD, au Palais de l’Elysée au milieu d’un jubilatoire orchestre LGBT ou bien encore dans mille lieux à venir. Peut-être. Car notre chef « à toutes et tous » n’a pas fini de nous étonner. L’essentiel pour lui étant de mener à bien son œuvre destructrice de notre société. Et en premier lieu de sa fonction. C’est en tout cas ce qui transparaît de ses tristes agitations qui ramènent un souhait de Jupiter à une étique réalité d’Imperator minus.

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Mila responsable des attentats à venir?

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L’affaire Mila n’en finit plus. Comme si la malheureuse blasphématrice, lâchée par la gauche et recluse chez elle n’était pas déjà assez dans l’embarras, la voici maintenant accusée de faire courir un risque mortel aux Français. Et c’est un historien des religions qui nous l’apprend. Il est sur tous les plateaux de télévision.  Ne le ratez surtout pas…


Le journalisme est en phase de devenir un métier d’assistés. Car de plus en plus souvent, les journalistes se font assister. Sur son écran, le rédacteur lambda a une base de données d’où viendra le savoir qui lui manque. Car sans les experts et les spécialistes, il est orphelin.

Un sujet sur la sécheresse? Il tape et aussitôt apparaissent les noms de météorologues qui seuls peuvent dire s’il fera beau ou mauvais. Il est question d’attentats? Le journaliste, qui se veut objectif, fera appel à des spécialistes du terrorisme.

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Un tueur en série fait-il parler de lui? Un criminologue sera au rendez-vous. Greta Thunberg traverse l’Atlantique? Un capitaine de vaisseau expliquera comment marche son embarcation. S’interroge-t-on sur l’islam? Un imam présentable, un islamologue ou un historien des religions viendra donner les réponses qui s’imposent.

Odon Vallet, expert des religions

Odon Vallet est un historien des religions. On l’appelle souvent. Comme il est très présent devant les caméras et les micros, on l’appelle donc de plus en plus souvent car le journaliste, subjugué par son succès, pense qu’il est bon. C’est pourquoi CNews lui a accordé un temps d’antenne.

Il s’agissait de commenter l’affaire Mila. Odon Vallet n’est pas pour qu’on la tue. Ce qui est gentil. Mais… Odon Vallet a déclaré « que si l’on insultait l’islam, il ne fallait pas s’étonner qu’il y ait des attentats contre des Français en France et hors de France ». Abdallah Zekri du CFCM avait estimé il y a quelques jours que la jeune fille « avait bien cherché » ce qui lui arrivait. Odon Vallet le surpasse victorieusement en rendant Mila responsable du sang qui ne va pas manquer de couler.

L’historien des religions connaît bien l’islam. Sur une de ses vidéos, il met en garde contre toute provocation visant 1,5 milliard de musulmans. Car les musulmans sont évidemment des écorchés vifs: un rien les énerve…

Odon Vallet comprend Boko haram

Donc si vous tenez absolument à insulter une religion, ne touchez pas à Mahomet. Contentez-vous de dire par exemple que Jésus était pédé, que Moïse se tapait le pharaon et que Bouddha est un énorme tas graisseux. Vous pouvez y aller: les chrétiens, les juifs et les bouddhistes sont des gens que rien ne peut énerver. Ils ne tuent pas quand on insulte leur prophète.

Si on avait quelque doute sur les penchants d’Odon Vallet, voici une phrase de lui à méditer. « Si je vivais au Nigéria et si j’avais 18 ans, je serais sans doute Boko Haram ». Hélas pour lui l’historien des religions n’a plus 18 ans et ne vit pas au Nigéria, ce qui le prive des joies ineffables du viol et l’égorgement.

Ivan Rioufol dénonce les traîtres

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Assez parlé des gilets jaunes ! Dans Les traîtres (Éditions Pierre-Guillaume de Roux), le journaliste Ivan Rioufol se concentre sur ceux responsables de leur colère.


Des lignes et des lignes, des articles bâclés, des livres calibrés pour le rayon “meilleures ventes” des librairies… À longueur de pages, éditocrates et intellectuels ont accumulé les mêmes analyses sur la fameuse “France périphérique”, entrée en révolte il y a plusieurs mois. Grandeur du petit peuple, de Michel Onfray est le dernier exemple en date de ces analyses. C’est assez ! 

Là où tous ces travaux se focalisent sur les gilets jaunes coupables d’avoir menacé notre démocratie représentative pour beaucoup, les héros de la liberté pour d’autres le dernier ouvrage d’Ivan Rioufol préfère braquer les projecteurs sur ceux contre lesquels ils se sont levés. Plutôt que d’analyser une fois de plus la sociologie des ronds-points, Rioufol décrit ceux qui ont poussé à bout les gilets jaunes. L’auteur est connu pour son style et il ne prend pas de gants pour dézinguer l’arrogante macronie. Son dernier essai est donc assez plaisant.

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Qui sont les traîtres ? Qui sont ceux pour qui les gilets jaunes ne sont que des revenants de l’effrayant Ancien monde ? “Ils tremblent de peur tant ils se devinent coupables” indique Ivan Rioufol, dont la plume se délecte pendant près de 200 pages à les débusquer. Il n’aura aucune pitié pour ces “étrangleurs” et ces “nez délicats” qui n’ont que du mépris pour les vulnérables “quand ils ne sont pas issus de la diversité”. Il applique la loi du talion. C’est de bonne guerre : depuis bien longtemps, la partie adverse a aussi fait le choix de la diabolisation.

Des noms, des noms!

Présent dans les manifestations parisiennes les samedis, Rioufol a vu dans la révolte le retour des “classes dangereuses qui en appellent à la France et à son histoire révolutionnaire”. Bien sûr, les revendications étaient mal formulées. Bien sûr, il y a peut-être eu des débordements regrettables, de l’improvisation, mais qu’importe : “Si la foule improvise ses parcours et ne sait pas où elle va, elle sait très bien d’où elle vient”. 

Sa colère n’est que le juste retour de bâton d’une France martyrisée par les “acharnés de la casse”. À cause de ces derniers, et de leur idéologie que l’auteur appelle le divertisme, “des rues, des quartiers, des communes, des départements ont opéré une mue civilisationnelle que seul peuvent nier [des] esprits complices de ces phénomènes.” Voilà la vraie sédition dont on devrait s’inquiéter.

Au fil des pages du brûlot, le lecteur attentif pourra noter les noms propres des coupables que dénonce le journaliste du Figaro. Essentiellement des politiques appartenant au camp du progressisme, mais pas seulement. Tout en extrayant de l’actualité récente les faits les plus révélateurs des maux français, la liste de cet “intelligentsia démophobe” se dessine. Parmi les aspirations des gilets jaunes des débuts, c’est la question identitaire qui rebuterait plus que toutes les autres le pouvoir et les fameux « traîtres », selon Rioufol. Et quand il est question d’égrener la liste de ceux qui se sont compromis à la marche du 10 novembre 2019 à Paris (où Allah Akbar a été scandé près des lieux des attentats), on devine que c’est un terme encore plus violent que “traître” que l’auteur se plairait à employer… 

Si ce n’est pas leur seul tort, le principal méfait des « traîtres » serait cette soumission à la religion islamique. Pendant que les Français seraient excédés, d’obséquieux et zélés agents signeraient le pacte de Marrakech, feraient la courte échelle à une religion étrangère et agressive ou pleureraeint la mort de Jacques Chirac. Ce décès n’émeut pas notre pamphlétaire : il retient que l’ancien président de la République a été le “premier président dhimmi”.

Rioufol, journaliste ostracisé, tient-il sa revanche ?

Les analyses sont sulfureuses, le style corrosif et efficace de Rioufol est tout au service de la démonstration. 

Avec la crise des gilets jaunes, le fin observateur dont le blog attire depuis des années toute une France silencieuse, a cru tenir sa revanche. Dès 2012, il disait à ses petits camarades de la presse qu’il était urgent d’être réactionnaire (De l’urgence d’être réactionnaire, PUF) et déplorait de se retrouver entouré par “des démocrates qui n’aiment pas le peuple, des humanistes qui n’aiment pas les gens et des journalistes qui n’aiment pas les faits.” Dans Les traitres, il constate que la bonne presse est loin d’en avoir fini avec les poncifs barbants : “L’immigration est une chance pour la France”, “‘l’islam est une religion de paix et de tolérance”; “le nationalisme c’est la guerre”, “la diversité est une richesse” etc.

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L’information est sous surveillance : “La presse est muselante. C’est uniquement dans sa bouche et sous sa plume que les voitures sont “folles”, les cités “sensibles”, les voyous des “jeunes”, les tueurs criant Allah akbar des “déséquilibrés” et que “les prénoms ont été modifiés” ! ” Le Nantais, qui ne reconnaît plus la ville de son enfance, milite pour un “retour à une nation indivisible, sauvée des poisons mortels que sont les multiculturalisme et le matérialisme borné”. Si elles étaient autrefois complètement ostracisées, constatons que de telles idées ont tout de même émergé ces dernières années dans le paysage. Ne voit-on pas Ivan Rioufol aller commenter l’actualité sur les chaines info ? Les gilets jaunes ne sont-ils pas parvenus à faire plier Emmanuel Macron et son gouvernement, lequel leur a attribué une ligne de crédit exceptionnelle de 17 milliards ? Les réseaux sociaux et les gilets jaunes ont bien ouvert une brèche, et ils malmènent nos institutions.

Mais le locataire de l’Élysée a tenu bon, et si les idées réactionnaires de Rioufol ont bien gagné leur place légitime dans le débat public, leur influence dans le monde réel et le cours de la vie des Français est pour l’instant quasi nul (Rioufol rêve d’un référendum sur l’immigration, il semble qu’il faille encore attendre, de toute façon toute la presse française s’emploie ces jours-ci à démontrer que les Anglais ont eu tort de voter le Brexit…). L’essayiste ne tient donc pas encore sa revanche, il attend son heure: “l’incendie ne s’éteindra pas par de l’argent mais par un nouveau projet en adéquation avec les nouvelles attentes des gens”. Peut-être, reste que dans les enquêtes d’opinion, Emmanuel Macron est pour l’instant assuré d’être réélu en 2022 dans l’hypothèse d’un affrontement avec Marine Le Pen, et que les gilets jaunes sont rentrés dans leurs chaumières depuis un moment.

Les Traîtres

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Dessine-moi un auteur!

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Le Festival de la BD d’Angoulême vient de fermer ses portes, hier soir, sur l’éternel paradoxe: le secteur connaît une belle croissance économique et les auteurs n’ont jamais été aussi pauvres.


Astérix cacherait-il la forêt des désillusions ? En cela, le 9ème Art ne se différencie guère de la métallurgie, de la chimie ou des services à la personne. Contrairement à la légende urbaine des vases communicants, les profits des uns peinent à ruisseler sur les autres. Il y a obstruction dans la tuyauterie éditoriale.

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L’auteur est désormais un « salarié » comme un autre, juste un peu plus précaire et moins syndiqué que son homologue cheminot, c’est-à-dire « l’être le plus vulnérable du système capitaliste ». « Un chômeur en puissance », vous connaissez cette célèbre diatribe d’Audiard qui, exception à la règle de son milieu, était un auteur riche. Deux visions s’affrontent. Irréconciliables. Ontologiquement opposées. Pour les uns, la majorité des éditeurs pour faire simple, l’économie de l’offre et de la demande prévaut en toutes circonstances. Elle régit les rapports marchands de notre société, la nier serait la marque d’un gauchisme attardé, vieux relent du système soviétique à l’égalitarisme dégoûtant. Sans succès dans les librairies, il est donc naturel de ne pas percevoir de droits d’auteur. Et puis quoi encore ? Logique implacable, dans un domaine d’activité où la libre concurrence s’impose, seule une poignée de « winners », les stars du métier, touche au jackpot. Les autres, figurants de l’équation, représentent cette masse indistincte, ce bloc grossier qui a vocation à générer du flux sans une quelconque rétribution en contrepartie. Leurs livres servent au remplissage des rayons et à faire les muscles des libraires. Tous ces auteurs déclassés, soutiers du stylo, aimeraient profiter de l’effet de levier vanté par quelques éditorialistes à la télé. L’heure du partage n’a pas encore sonné. Ils souhaiteraient même les naïfs qu’on leur paye les séances de signatures dans les salons de province, leurs sandwichs sur place et, pourquoi pas, leurs points de retraite ou leurs entrées en boîte de nuit. Tous rêvent au statut d’intermittent du spectacle en voyant cette queue interminable devant l’écrivain à succès du moment. Et ils regrettent d’avoir choisi l’écriture comme moyen d’expression. L’incompréhension entre les tenants d’une économie ouverte et d’une certaine forme de protection n’est pas nouvelle. Elle est même au cœur des relations de travail dans le monde du « Livre ». Les pouvoirs publics sont bien embarrassés car ils n’ont pas l’intention de mettre leur nez dans les comptes des éditeurs et, encore moins, d’alimenter un fonds de soutien aux auteurs nécessiteux. Les caisses sont, paraît-il, vides et ouvrir de nouveaux droits, ce serait faire une sorte d’appel d’air à la misère. Dans notre pays d’artistes refoulés, il y aurait des millions de nos concitoyens qui se déclareraient « auteur » sur l’honneur et toqueraient à la porte du Ministère chargé de disperser cette manne. Et puis surtout, l’État risquerait de fausser la concurrence et de s’immiscer dans la bonne marche des entreprises, ce serait contraire à tous les traités internationaux sur le commerce. Il leur est donc quasi-impossible de revaloriser le pourcentage sur la vente des livres ou d’obliger, par exemple, les éditeurs à payer des avances sur droits. La profession d’auteur s’avère bien plus aventureuse que celle de rebouteux.

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Les libraires, timides par nature (on les entend rarement sur le sujet des rémunérations des auteurs), demeurent étonnamment discrets. Rappelons que dans le système actuel, un auteur cède généralement gratuitement sa force de travail, c’est-à-dire l’écriture d’un scénario ou d’un roman, en échange de quoi, au mieux, on lui accorde un à-valoir. Le plus souvent, on ne lui fait pas cette fleur et il touchera l’hypothétique résultat de son labeur, 18 mois plus tard. Et qu’il n’espère pas partir à la Barbade à Noël, car, en moyenne, un auteur perçoit seulement 10% du prix de vente de ses propres créations. 10% sur quelques centaines de livres dans le meilleur des cas, ça paye à peine l’encre et le papier. L’auteur est cet être économiquement faible qu’on a toujours tendance à infantiliser.

L’éditeur prenant à sa charge la fabrication, la diffusion et la promotion du livre ; l’auteur se trouve (de facto) dépossédé de son « œuvre » et dans la position assez inconfortable de larbin consentant. Il doit faire confiance à la chaîne du Livre et s’estimer déjà heureux d’être publié. Le serpent de mer de l’édition n’a pas fini de réunir des commissions ad hoc ou Haddock pour noyer les auteurs. Mais, toutes ces questions amènent à la Question fondamentale : qu’est-ce qu’un auteur ? Comment le définir ? Qui a autorité morale pour le caractériser ? Suffit-il de l’enfermer dans un statut juridique précis pour le cerner vraiment ? Doit-il avoir publié un livre ou trente pour exister ? Dans une économie dite libérale, est considéré comme auteur celui qui vit de sa production. Des centaines de « professionnels » ne répondent à pas à cette exigence alimentaire première. Ils doivent cumuler bien d’autres activités. Alors, auteur, est-ce un métier annexe, un hobby, une occupation, un sacerdoce, une folie, une profession pour fonctionnaires à la retraite ou rentiers ? Et, plus généralement, que penser d’une société qui a admis la gratuité de l’écrit ?

Ténor t’es mort


Encore un autre qui se fait pincer! Vittoro Grigolo suspendu par le Royal Opera House pour des attouchements supposés sur une choriste lors de sa tournée au Japon.


 

Ténor, c’était sport. Qu’est-ce qu’on lui demandait, au ténor ? Ni mesure, ni goût, ni art. On lui demandait du son, de la bravoure, des hormones quoi. Aux coupes de foot dans les années 1990, qui se serait intéressé aux Trois Sopranos, aux Trois Basses ? Ce qu’il fallait au Mondial du mâle, c’était les Trois Ténors. Vous vous rappelez ? Carreras, Pavarotti et Domingo poitrail gonflé de Vincerò !, l’organe, la sueur, la foule qui crie « encore ! »

Mais qu’est-ce qu’on attend pour l’interdire, cette hormone de l’enfer?

Mais ça, c’était avant. Le 18 septembre dernier, Vittorio Grigolo chante Faust à Tokyo avec la troupe de Covent Garden en tournée. Pour cellezéceux qui l’ignorent, Vittorio Grigolo est l’un des Trois Ténors du jour, avec Jonas Kaufmann et notre Roberto national. Lui est italien. Petit chanteur à la chapelle Sixtine, puis fan de Freddie Mercury et crooner pour minettes à la télé, enfin vedette d’opéra grand genre : voix d’or, sourcil noir, costume Gucci, bagnole à son effigie. C’est d’ailleurs à deux bagnoles qu’il doit son fabuleux destin : la bagnole de papa dans laquelle il eut la révélation en écoutant à la radio le stentor Mario Del Monaco ; et un accident de la route qui l’a détourné de son autre dada, la course automobile. Ensuite, un prof sérieux, une Furtiva lagrima de Donizetti qui efface la concurrence, des Traviata et des Rigoletto de compétition… Viva Pavarottino ! comme l’appellent ses parents.

Que Justice (soi-même) soit faite!

Cette manie aussi de transformer les saluts en happenings. Genou en terre, main au cœur, public chéri mon amour comme je t’aime de m’aimer ! Le latin tenor éternel, magnifico mais stravagante. Trop, toujours trop parce que, pour lui, « le ténor italien, c’est celui qui n’a pas peur ». Donc Faust à Tokyo le 18 septembre. Au milieu des bravos, le voilà qui recule vers le chœur et saisit le ventre rond d’une choriste qui le repousse, ce qui le vexe, et il dit un gros mot que personne n’entend vu le boucan.

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Humiliée, on le devine, la choriste se plaint. Bon, le gars est un poil zinzin – en plus de sa voix, c’est ce qui attire le chaland et remplit la caisse. (Au fait : le ventre de la « victime », ainsi qu’elle se nomme, était un postiche de théâtre en latex ; et le signor Grigolo s’est confondu en excuses.) Mais l’incident a l’air grave. Le lendemain, la compagnie le remplace et mène l’enquête. Dont les résultats tombent le 5 décembre : le comportement de Vittorio Grigolo étant jugé (par la maison, pas par la justice) « inapproprié et agressif », tous les contrats qui le liaient à Covent Garden sont résiliés. Une heure plus tard, le patron du Metropolitan Opera de New York, où on n’a rien à lui reprocher, chasse le ténor forever.

La faute aux hormones mâles

Plus besoin de harcèlement. Un geste – public, donc sans vice caché – et pan. T’es mort. Comme dans l’affaire Domingo de cet été, les divas volent au secours du lépreux. « Mon cher Vittorio », écrit Angela Gheorghiu, ex-Madame Alagna, « ton exubérance et ton caractère explosif rare sont vraiment mal jugés ». « Ce monde a besoin d’une sincérité plus exubérante », insiste Sonya Yoncheva. Trop tard. Mitou l’a tuer.

À lire aussi: Pour lutter contre le patriarcat, devenez lesbienne

Lu dans Le Temps du 27 novembre, à propos de l’explorateur Mike Horn : « J’écris à peine cela comme une blague. La testostérone, principale hormone sexuelle mâle, est à la base de mille comportements néfastes pour la planète, qui vont de faire rugir son moteur au feu rouge à construire des usines ultrapolluantes, en passant par la balade sur pôle avec photos sur Instagram. » Les ténors ne sont donc pas seuls à menacer les femmes et la couche d’ozone, nous voilà soulagé.e.s. Mais qu’est-ce qu’on attend pour l’interdire, cette hormone de l’enfer ?

Le président Macron aurait-il «pété les plombs»?

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C’est depuis quelques semaines un festival de sorties aussi drolatiques qu’absurdes


Un pétage de plombs du président Macron ? C’est ce qu’on peut légitimement se demander au vu de la série rapprochée de propos ou de gestes indignes ou absurdes dont il a été l’auteur ces dernières semaines.

Lors de sa visite à Abidjan à la fin de 2019, il déclare ainsi à ses interlocuteurs, qui ne lui demandaient rien, que la colonisation avait été un « crime de la République », s’attirant une réplique bien sentie d’Alexandre Benalla, son ancien favori, mettant en relief les bienfaits de la colonisation, une opinion sans doute plus proche de celle de la plupart des chefs d’État africains.

Au retour de Jérusalem, il n’a pas hésité à mettre sur le même plan la guerre d’Algérie et la Shoah « La guerre d’Algérie est sans doute le plus dramatique [des « défis mémoriels »]. Elle a à peu près le même statut que la Shoah pour Chirac en 1995. » Ce propos a suscité l’indignation des juifs, des enfants de pieds-noirs, de harkis – et des simples personnes de bon sens connaissant l’histoire et attachées à l’honneur de la France.

Macron s’emploie à humilier la France

Accessoirement on se souviendra qu’il s’est fait accompagner à Abidjan d’un rappeur spécialiste des insultes à la France.

Plus récemment, il assène à Pascale Marinière, présidente des associations familiales catholiques : «Votre problème, c’est que vous croyez qu’un père, c’est forcément un mâle».

A lire aussi, Elisabeth Lévy: PMA: Agnès Buzyn n’a aucun doute

Comme si cela ne suffisait pas, il visite le festival de la bande dessinée à Angoulême et y arbore un gaminet (T-shirt) marqué « Non aux violences policières », alors même que ces violences (surtout à l’encontre des gilets jaunes) ont été commises en son nom et peut-être même sur ses ordres. Indignation des policiers et d’une partie de la classe politique.

Le plus notable de ces dérapages vise la mémoire de la France. Ce n’est pas la première fois que Macron criminalise, depuis l’étranger, le passé du pays qu’il est supposé défendre en tout lieu et en toutes circonstances.

On peut voir là le signe de son inculture. À tout le moins de sa dépendance vis-à-vis de la doxa des universités américaines où la thèse du caractère criminel de la colonisation européenne est indiscutée – et indiscutable du fait du terrorisme idéologique qui règne désormais sur les campus du « pays de la liberté ». L’enseignement que Macron a reçu à Sciences po Paris sous l’égide de Richard Descoings est le reflet de cette doxa.

On peut y voir aussi un dessein plus pervers d’abaissement de son propre pays aux yeux du monde. La culpabilisation est devenue aujourd’hui un moyen de domination qui fait tomber les défenses de celui que l’on veut dominer. Macron exécuterait ainsi un projet de domination de la France voire d’anéantissement de sa personnalité, selon des directives venues d’on ne sait où dont on peut soupçonner qu’elles sont incluses dans un projet mondialiste pour lequel la France, la « grande nation » par excellence, doit, plus que toute autre, être abaissée dans ses prétentions et ramenée à la « normalité ». L’humiliation est un moyen de la castrer définitivement.

Tel serait, par-delà la gaminerie, le sens de la sortie d’Angoulême : la France c’est d’abord un État ; subvertir cet État qu’il est supposé diriger par une attitude scandaleuse, correspondrait à un dessein.

Toute idéologie tourne à la folie

La folie que portent avec elles ces déclarations ne fait que refléter la folie propre à toute idéologie.

C’est particulièrement vrai de son affirmation sur la paternité qui n’est qu’une déclinaison de l’absurde théorie du genre : paternité et maternité ne sont pas, selon cette théorie, des réalités physiques mais des processus mentaux ; une femme peut donc être père et un homme mère. Par rapport à ces théories fumeuses, Macron n’a visiblement aucun recul. Il est totalement dépourvu de ce bons sens supérieur qui, face aux idéologies, caractérise les grands leaders.

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L’idéologie telle que l’a décrite Hannah Arendt est une politique menée avec des idées fausses ou faussées ; elle a pour caractéristique de poursuivre sa logique jusque bout. Au début, sa folie n’est pas encore visible et quelqu’un comme M. Macron a pu apparaitre à beaucoup comme un président normal. Mais comme dans un véhicule qui dévie peu à peu de sa trajectoire, la folie se fait de plus en plus manifeste.

L’idéologie de Macron est un mélange de mondialisme, d’ultralibéralisme et de philosophie libertaire, qui comporte la théorie du genre.

L’idéologie se termine toujours mal, pas forcément de manière criminelle… mais en tous cas par une crise grave. C’est à ce point que nous en sommes peut-être rendus. Les déclarations du président font voir la folie du système dans lequel il s’est enfermé. Il se peut qu’elle ait atteint un seuil critique.

Les Traîtres

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Cuba no


« Le critique de cinéma, c’est l’inspecteur des travaux finis », disait François Truffaut. Chaque mois, Jean Chauvet nous parle des chantiers en cours. Le nouveau film d’Olivier Assayas ne le convainc pas…


 

On avait laissé Assayas en 2019 avec Doubles vies, sa réjouissante comédie sur le milieu littéraire parisien.

Il nous revient avec un gros gâteau historico-politique qui peine à convaincre. Revenant sur l’affaire des espions cubains à Miami censés contrer les anticastristes sur leur propre sol, le cinéaste n’a pas eu manifestement les moyens de son ambition. Il avait pourtant prouvé avec sa série consacrée à Carlos et au terrorisme international sa capacité à brasser des sujets « forts ».

"Cuban Network" d'Olivier Assayas
« Cuban Network » d’Olivier Assayas

Ici, rien hélas ne fonctionne vraiment : le scénario nous perd en route et les personnages n’existent pas. Dommage.

Cuban Network, d’Olivier Assayas, Sortie le 29 janvier 2020

Coronavirus: le fantasme de la barrière

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Il y a quelques années, un jury ingénieux du CAPES d’Histoire-Géographie proposa, à l’oral, ce beau sujet : les murs. De la Grande Muraille au mur de Trump (qui vient de s’écrouler sous l’action du vent), en passant par celui de Berlin ou ceux de Palestine, aucun mur n’a jamais réussi à contenir ceux qu’il était censé refouler. Les Mongols ont conquis l’empire des Hans, les latinos passent toujours gaillardement le Rio Grande, Allemands de l’Est et de l’Ouest fraternisent (enfin, pas tant que ça…), et les Palestiniens creusent des tunnels sous les fortifications israéliennes. La Terre sainte est devenue un saint gruyère.

Ni le « mur de la peste », bâti à la va-vite lorsqu’il s’avéra que le Grand Saint-Antoine avait ramené d’Orient, avec ses balles de coton, quelques rats hantés de puces hantées du bacille de la peste. On eut beau, depuis Bouc-Bel-Air, tirer sur les Marseillais qui tentaient de fuir leur cité contaminée, on essaya bien de se réfugier dans des bastides fortifiées, la peste tua tout ce qu’elle voulait — jusqu’à satiété. Ainsi s’arrêtent les épidémies — faute de victimes. Ne subsiste de cette tentative dérisoire que des amas de pierres, et les touristes s’étonnent de ces saignées dans les garrigues.

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La littérature abonde en récits des temps de peste. Les conteurs du Décaméron passent le temps en se racontant des histoires salaces, pendant que la mort rôde au dehors, attendant l’ouverture fatale. Comme dit Boccace : « Combien de vaillants hommes, que de belles dames, combien de gracieux jouvenceaux, que non seulement n’importe qui, mais Galien, Hippocrate ou Esculape auraient jugés en parfaite santé, dînèrent le matin avec leurs parents, compagnons et amis, et le soir venu soupèrent en l’autre monde avec leurs trépassés. » Sic transit. En attendant, buvons frais.

Et ceux d’Edgar Poe, dans le Masque de la mort rouge, sont les convives de la toute dernière fête. Eros juste avant Thanatos. Et le conteur de conclure :
« On reconnut alors la présence de la Mort rouge. Elle était venue comme un voleur de nuit. Et tous les convives tombèrent un à un dans les salles de l’orgie inondées d’une rosée sanglante, et chacun mourut dans la posture désespérée de sa chute.
« Et la vie de l’horloge d’ébène disparut avec celle du dernier de ces êtres joyeux. Et les flammes des trépieds expirèrent. Et les ténèbres, et la ruine, et la Mort rouge, établirent sur toutes choses leur empire illimité. »

Nous en sommes là avec le dernier virus chinois — dernier d’une longue série. Cette fois-ci ce ne sont pas les chauves-souris, créatures de la nuit, mais les serpents, messagers des Enfers, qui en sont responsables. Ou Xi Jinping. Une xénophobie démente accompagne…

>>> Lire la suite sur Bonnet d’âne, le blog de Jean-Paul Brighelli <<<

Le Décaméron

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Vivre dans un monde meilleur…

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Le billet du vaurien Roland Jaccard


Macron, en visite à Jérusalem, décède d’une crise cardiaque. Les diplomates israéliens proposent son rapatriement en France pour cinquante mille euros ou un enterrement sur place pour cent euros.

Les diplomates français se consultent et répondent qu’ils préfèrent rapatrier le président en France. Les Israéliens leur demandent alors pourquoi dépenser cinquante mille euros alors qu’avec seulement cent euros il pourrait être enterré ici en Terre Sainte ?

Les diplomates français gênés répondent : « Jadis, un homme est mort ici, a été enterré ici et, trois jours plus tard, il est ressuscité ! Nous ne pouvons pas prendre un tel risque. »

***

Saisi au vol cette parole d’un volcanique roumain (non, ce n’est pas Cioran) : « Si nous voulons vivre dans un monde meilleur, il faudrait tous nous mettre la corde au cou. » Ah, ai-je ajouté: si toutes les femmes pouvaient êtres stériles, indemnes du cycle infernal de la reproduction, je pourrais enfin leur tresser des couronnes de lauriers.

***

Quand j’observe tout ce qui arrive à mon ami Gabriel Matzneff, abandonné par tous ceux qui l’encensaient, je songe qu’il n’y a plus qu’une seule discipline olympique aujourd’hui: la lâcheté. Tout au moins dans le milieu intellectuel.

***

On me qualifie souvent de frivole. Je réponds qu’aimer les choses sérieuses, c’est se donner de l’importance et que ça, vraiment, je n’y tiens pas.

***

L’étoile jaune, obligatoire dès 1941 (année de ma naissance… en Suisse), avait été précédée par l’étoile lilas pour les témoins de Jéhovah. Les asociaux avaient droit à l’étoile noire… sans doute celle que j’aurais préférée.

***

Je me répète tous les jours cette phrase si juste de Pavese : « Quelle mort de ne plus vouloir mourir. » Et, honte à moi, je répugne à me suicider : l’inconnu me fait peur. Et surtout, en dépit de sa médiocrité, je veux connaître la suite du feuilleton que l’actualité m’offre quotidiennement, tout en étant convaincu de son caractère dérisoire et répétitif. Allons ! Un peu de courage… puisque tant de pauvres petites femmes l’ont fait… sauter d’un pont, par exemple. Je cite de mémoire Cesare Pavese qui, lui, n’a pas reculé.

Confession d'un gentil garçon

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Mila n’est pas la première victime du djihad scolaire

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Mila. Image: capture d'écran twitter / Quotidien / TMC

Pour l’instant, seule Mila est à la hauteur de l’affaire Mila ! Elle tient bon et maintient ses propos sur l’islam. Merci à elle. Sur TMC, la malheureuse lycéenne a rappelé hier qu’elle était déscolarisée par crainte de représailles. Il y a quelques années, des élèves juifs fuyaient l’enseignement public. Désormais, on s’en prend aussi à ceux qui critiquent le Coran.


Lundi 3 février, sur le plateau de « Quotidien » (TMC), Mila, cette lumineuse lycéenne n’a pas reculé d’un pouce. « Je ne regrette absolument pas mes propos, c’était vraiment ma pensée, mais je m’excuse, un petit peu, pour les personnes que j’ai pu blesser ». Notre nouvelle Jeanne d’Arc a rappelé que c’était elle la victime – « J’aurais pu être brûlée à l’acide, enterrée vivante » -, et que c’était elle qui était chassée de son établissement scolaire par des élèves musulmans de ce même établissement.

Mila n’a commis aucun délit

Mila a aussi rappelé qu’elle avait le droit au blasphème, qu’elle n’avait commis aucun délit et qu’elle avait seulement fait usage du droit inaliénable – qu’elle croyait être le sien en démocratie – de choquer qui bon lui semblait. Depuis le 18 janvier, Mila vit sous protection policière alors que ses persécuteurs se pavanent librement.

Les mêmes racailles antisémites qui ont chassé les élèves juifs des écoles publiques dans de nombreux départements, chassent maintenant les non juifs qui ne respectent pas le Coran

En France, en 2020, une élève est en danger dans les écoles de la République en raison de la présence massive d’élèves musulmans fanatisés. Le silence gêné des pouvoirs publics face à des petites frappes qui lynchent une jeune fille et la liberté d’expression en même temps, n’est pas recevable. Il n’est pas admissible que la République fasse de la déscolarisation de Mila un problème individuel.

A lire aussi, Benoit Rayski: Mila responsable des attentats à venir?

Il n’est pas supportable que le ministre de l’éducation « cherche des solutions » au lieu de mobiliser la police et la gendarmerie pour que Mila réintègre son lycée ; il n’est pas acceptable que le djihad d’élèves fanatisés ne soit pas sanctionné. Quand des islamistes fanatisés menacent la vie d’une « kouffar » ; quand des hommes musulmans s’en prennent à liberté de parole d’une femme – et d’une non musulmane en particulier – ; quand des fanatiques font la loi sur le territoire scolaire alors, c’est bel et bien de djihad dont il est question.

Un jalon dans le démantèlement de notre école républicaine

Le manque de discernement du pouvoir politique est ici gravement engagé.

Un président qui clame urbi et orbi que la France est éternelle débitrice d’un crime colonial généralisé et qu’un crime contre l’humanité a été commis en Algérie ; une ministre de la justice, qui affirme sur Europe 1 que la liberté de conscience (des djihadistes ?) a été menacée par la liberté d’expression de Mila… Ces représentants du pouvoir encouragent ces jeunes à intimider autrui, à exclure de l’école qui ne leur revient pas ou à réitérer les demandes d’épuration des programmes d’enseignement pour supprimer les faits historiques qui les dérangent.

A lire aussi: Zemmour et les élèves juifs du 93: le « fact-checking » foireux de TF1

L’affaire Mila est un épisode clé du démantèlement – qui a commencé par les juifs -, du seul vivre ensemble qui compte, le vivre-ensemble-républicain.

Rappelons-nous : Bernard Ravet, ce proviseur d’un lycée de Marseille avait raconté en 2017 qu’il avait dû refuser l’inscription d’un élève juif parce qu’il était incapable d’assurer sa sécurité[tooltips content= »Principal de collège ou imam de la république ? de Bernard Ravet, Kero »](1)[/tooltips]. Les mêmes racailles antisémites qui ont chassé les élèves juifs des écoles publiques dans de nombreux départements, chassent maintenant les non juifs qui ne respectent pas le Coran.

De jeunes Français arabes musulmans jouent aux ségrégationnistes blancs

L’épuration ethnique menée contre les élèves juifs évolue en épuration politico-religieuse. Seuls les dhimmis qui baissent les yeux devant le Coran seront-ils admis dans certains lycées publics ?

A relire: Mila ou le retour du blasphème

Qu’aurait-on dit en Europe si le gouvernement fédéral américain, à la fin des années 1950, n’avait pas mobilisé le FBI, la Garde nationale et l’armée pour imposer la fin de la ségrégation dans les établissements scolaires des États du Sud ? Des policiers blancs armés ont imposé la scolarisation de fillettes noires à des établissements hostiles à leur présence. L’apartheid scolaire américain a fini par céder.

En 2020, en France, de jeunes Français arabes musulmans jouent les ségrégationnistes blancs. Et – avec les complicités évoquées plus haut -, ces djihadistes excluent de l’école les juifs et les libres penseurs. Jamais l’État n’aura été si défaillant, ni si sorti de ses gonds, ni si cruellement en panne de compréhension de la situation. Si le pouvoir politique ne se ressaisit pas, qui peut prédire les formes à venir de ce djihad scolaire ?

Le grand abandon: Les élites françaises et l'islamisme

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Principal de collège ou imam de la république ?

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Un président qui n’a pas fini de nous surprendre

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Emmanuel Macron le soir de son élection, au Louvre, le 7 mai 2017 © DAVID NIVIERE/SIPA

Alors que la France gronde, le président regarde ailleurs et se disperse dans des incidents tous plus maladroits les uns que les autres. Encore deux ans… ou plus, si affinités!


Voici trois ans, en avril 2017, j’écrivais dans un article paru dans Causeur qu’il fallait à tout prix éviter d’élire l’inconnu Emmanuel Macron à la présidence de la République. Deux éléments forts me poussaient à cette conclusion : tout d’abord sa folle stratégie consistant à rechaper les vieux pneus politiciens de tous horizons pour en faire le ridicule ersatz d’un nouveau parti présidentiel, et d’autre part ses nombreux propos surréalistes lâchés au débotté, plus inquiétants les uns que les autres. Souvenons-nous des crimes contre l’humanité commis par la France en Algérie, de la Guyane vue comme une île, de la Guadeloupe peuplée d’expatriés ou bien du constat jupitérien que la France souffrait de l’absence d’une véritable culture… française ! Sans oublier bien entendu sa revendication de l’immaturité en politique et son fameux « On se fout des programmes », le seul pourtant qu’il ait jamais mis en avant étant, à Marseille, son inénarrable cri du cœur : « Je soutiens l’OM ! » Bien vu ! Il n’a échappé à personne qu’Emmanuel Macron avait effectivement le profil idéal du supporter local.

Toujours plus loin dans l’insupportable

Et quid de ce qu’il advint, quelques semaines plus tard, franchies les grilles de l’Élysée ? Après avoir soulevé le cœur de millions de personnes par ses propos sur la colonisation en termes de crime contre l’humanité, voilà qu’il monte d’un cran dans l’insupportable en mettant sur le même plan la guerre d’Algérie et la Shoah. Et ceci, le jour même anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz.

A lire aussi: Guerre d’Algérie: le président a-t-il des tendances masochistes?

Mais que cherche-t-il, si tant est qu’il cherche quelque chose ? Lui qui, dans un hall de gare, voit immédiatement « les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien », pour lancer, à Athènes, qu’il ne cèdera rien aux fainéants. Ne serait-il alors qu’une coquille vide, occupée par un communicant bernard-l’ermite, que l’on remplit de tirades diverses et variées en forme de discours ? A lui dès lors la seule responsabilité de les rendre crédibles auprès d’un bas peuple qui n’a pourtant qu’à traverser la rue pour trouver du travail. Mais ce n’est pas là le labeur d’un président, non, plutôt celui d’un vulgaire intermédiaire commercial. Un petit cadre d’entreprise. Et qui nous dirait quoi sur l’équilibre mondial ? Les alliances sont fragiles pendant que les terroristes cherchent sans cesse des talons d’Achille aux Occidentaux. Les conflits couvent sous la cendre. Les petites trahisons se multiplient sur le terrain. Les grandes traîtrises internationales squattent l’ONU. Qu’à cela ne tienne : voici le diagnostic Élyséen déposé fièrement dans toutes les ambassades : « l’Otan est en mort cérébrale ! » Branle-bas de combat dans toutes les capitales. Merkel est en quasi-réanimation. Daesh n’en croit pas ses yeux alors qu’Erdogan se frotte les mains. Dont la réponse vient rapidement clore le débat : « C’est le président Macron qui est en mort cérébrale ». Stop. Retour à la case départ pour tout le monde. Et là, dans une sorte de murmure, peut-être pour détourner l’attention du citoyen lambda, il assène sa vision du monde bioéthique à une dame anti PMA et GPA qui l’interpelle sur la filiation : « Votre problème, c’est que vous croyez qu’un père est forcément un mâle. » Tout est dit sur le monde idéal pour lequel notre président pense avoir été élu. Tout est dit sur ce qu’il croit être son rôle. Mais tout est-il dit sur ce qu’est en profondeur notre César ?

Un souverain indifférent aux protestataires

Avec lui, le peuple français a donc plongé gaiement pour la deuxième fois consécutive dans l’erreur stratégique : après le « Hollande plutôt que Sarkozy » qui se termina en eau de boudin, vint donc le « Macron plutôt que Le Pen », quinquennat qui commença de même, notamment avec l’affaire Benalla (toujours non résolue) puis la longue saga des gilets jaunes (toujours en cours). Lors, son trône étant bien installé sur des sables mouvants, notre Altesse républicaine peut s’engager dans son règne du copier-coller. On a l’imagination que l’on peut dans les hasards de sa propre histoire ! C’est ainsi que la majestueuse entrée de Mitterrand aux Invalides, rose rouge au poing, devint de la sorte une entrée sèchement déflorée au Louvre. Jusqu’au récent coup de gueule avec la police en Israël, sur les traces d’un Chirac outragé, altercation qui sentait à plein nez une reprise improvisée par un jubilatoire intermittent du spectacle. Mais le plus grave vient d’ailleurs. En effet, de nombreux élus, fiche explicative en main, ont tout naturellement déduit de l’exemple du chef que rien ne valait mieux pour eux que décalquer les pratiques de l’ancien monde pour participer d’un nouveau. Et c’est ainsi que, fort étonnés, ils se retrouvent aujourd’hui devant la justice pour des « anomalies » de gestion ou des « erreurs » de comportement. C’est ainsi que jamais autant de ministres, dans la cinquième République, ont dû quitter leur poste, remerciés ou démissionnaires. C’est ainsi que, parallèlement, jamais autant d’hommes et de femmes, de leur propre chef ou à l’appel des syndicats, ont fait l’union de la rue, semaine après semaine, comme s’il s’agissait d’une représentation récurrente mise en scène par les chaînes d’information, et ce, devant l’indifférence du gouvernement et de la présidence. Indifférence en forme de mépris et de dédain dont les policiers font toujours les frais, obligés qu’ils sont de gérer agressivement les défilés des grévistes, lesquels défendent cependant aussi les intérêts des forces de l’ordre lorsque, par exemple, ils parlent de pouvoir d’achat ou de faire annuler une loi félonne sur les retraites. Et pendant que, comme Chirac l’avait dit sur un tout autre sujet, la rue brûle, notre souverain, lui, extrêmement, distrait, regarde ailleurs.

A lire aussi: Macron, où est ta victoire ?

Une passion pour la photographie

Je me pose un collier de questions, car l’étonnement mué en colère fait rapidement tache d’huile : qui est-il ce monarque qui nous assène jour après jour ses élucubrations sur l’Histoire, la culture, la société ? Comment est-il constitué et de quoi l’est-il ? Quel est le rôle qu’on lui a attribué ou qu’il s’est attribué, tout cela à l’abri de l’alibi d’un vote largement tronqué et pourtant légitime ?

Peut-être n’en restera-t-il dans deux ans qu’un petit album de photographies prises de ci de là, à Saint-Martin avec de joyeux républicains montreurs de doigt à leur président, au festival de BD d’Angoulême, avec un tee-shirt dénonçant le LBD, au Palais de l’Elysée au milieu d’un jubilatoire orchestre LGBT ou bien encore dans mille lieux à venir. Peut-être. Car notre chef « à toutes et tous » n’a pas fini de nous étonner. L’essentiel pour lui étant de mener à bien son œuvre destructrice de notre société. Et en premier lieu de sa fonction. C’est en tout cas ce qui transparaît de ses tristes agitations qui ramènent un souhait de Jupiter à une étique réalité d’Imperator minus.

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Mila responsable des attentats à venir?

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Mila, la lycéenne menacée et Odon Vallet, historien des religions. Capture d'écran Twitter / Numéro de reportage : IBO/SIPA00865502_000005

L’affaire Mila n’en finit plus. Comme si la malheureuse blasphématrice, lâchée par la gauche et recluse chez elle n’était pas déjà assez dans l’embarras, la voici maintenant accusée de faire courir un risque mortel aux Français. Et c’est un historien des religions qui nous l’apprend. Il est sur tous les plateaux de télévision.  Ne le ratez surtout pas…


Le journalisme est en phase de devenir un métier d’assistés. Car de plus en plus souvent, les journalistes se font assister. Sur son écran, le rédacteur lambda a une base de données d’où viendra le savoir qui lui manque. Car sans les experts et les spécialistes, il est orphelin.

Un sujet sur la sécheresse? Il tape et aussitôt apparaissent les noms de météorologues qui seuls peuvent dire s’il fera beau ou mauvais. Il est question d’attentats? Le journaliste, qui se veut objectif, fera appel à des spécialistes du terrorisme.

A lire aussi: Affaire Mila: Abdallah Zekri (CFCM) estime qu’elle l’a bien cherché

Un tueur en série fait-il parler de lui? Un criminologue sera au rendez-vous. Greta Thunberg traverse l’Atlantique? Un capitaine de vaisseau expliquera comment marche son embarcation. S’interroge-t-on sur l’islam? Un imam présentable, un islamologue ou un historien des religions viendra donner les réponses qui s’imposent.

Odon Vallet, expert des religions

Odon Vallet est un historien des religions. On l’appelle souvent. Comme il est très présent devant les caméras et les micros, on l’appelle donc de plus en plus souvent car le journaliste, subjugué par son succès, pense qu’il est bon. C’est pourquoi CNews lui a accordé un temps d’antenne.

Il s’agissait de commenter l’affaire Mila. Odon Vallet n’est pas pour qu’on la tue. Ce qui est gentil. Mais… Odon Vallet a déclaré « que si l’on insultait l’islam, il ne fallait pas s’étonner qu’il y ait des attentats contre des Français en France et hors de France ». Abdallah Zekri du CFCM avait estimé il y a quelques jours que la jeune fille « avait bien cherché » ce qui lui arrivait. Odon Vallet le surpasse victorieusement en rendant Mila responsable du sang qui ne va pas manquer de couler.

L’historien des religions connaît bien l’islam. Sur une de ses vidéos, il met en garde contre toute provocation visant 1,5 milliard de musulmans. Car les musulmans sont évidemment des écorchés vifs: un rien les énerve…

Odon Vallet comprend Boko haram

Donc si vous tenez absolument à insulter une religion, ne touchez pas à Mahomet. Contentez-vous de dire par exemple que Jésus était pédé, que Moïse se tapait le pharaon et que Bouddha est un énorme tas graisseux. Vous pouvez y aller: les chrétiens, les juifs et les bouddhistes sont des gens que rien ne peut énerver. Ils ne tuent pas quand on insulte leur prophète.

Si on avait quelque doute sur les penchants d’Odon Vallet, voici une phrase de lui à méditer. « Si je vivais au Nigéria et si j’avais 18 ans, je serais sans doute Boko Haram ». Hélas pour lui l’historien des religions n’a plus 18 ans et ne vit pas au Nigéria, ce qui le prive des joies ineffables du viol et l’égorgement.

Ivan Rioufol dénonce les traîtres

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Le journaliste Ivan Rioufol. Photo: Hannah Assouline

Assez parlé des gilets jaunes ! Dans Les traîtres (Éditions Pierre-Guillaume de Roux), le journaliste Ivan Rioufol se concentre sur ceux responsables de leur colère.


Des lignes et des lignes, des articles bâclés, des livres calibrés pour le rayon “meilleures ventes” des librairies… À longueur de pages, éditocrates et intellectuels ont accumulé les mêmes analyses sur la fameuse “France périphérique”, entrée en révolte il y a plusieurs mois. Grandeur du petit peuple, de Michel Onfray est le dernier exemple en date de ces analyses. C’est assez ! 

Là où tous ces travaux se focalisent sur les gilets jaunes coupables d’avoir menacé notre démocratie représentative pour beaucoup, les héros de la liberté pour d’autres le dernier ouvrage d’Ivan Rioufol préfère braquer les projecteurs sur ceux contre lesquels ils se sont levés. Plutôt que d’analyser une fois de plus la sociologie des ronds-points, Rioufol décrit ceux qui ont poussé à bout les gilets jaunes. L’auteur est connu pour son style et il ne prend pas de gants pour dézinguer l’arrogante macronie. Son dernier essai est donc assez plaisant.

A lire aussi, Céline Pina: Nicole Belloubet serait bien inspirée de partir

Qui sont les traîtres ? Qui sont ceux pour qui les gilets jaunes ne sont que des revenants de l’effrayant Ancien monde ? “Ils tremblent de peur tant ils se devinent coupables” indique Ivan Rioufol, dont la plume se délecte pendant près de 200 pages à les débusquer. Il n’aura aucune pitié pour ces “étrangleurs” et ces “nez délicats” qui n’ont que du mépris pour les vulnérables “quand ils ne sont pas issus de la diversité”. Il applique la loi du talion. C’est de bonne guerre : depuis bien longtemps, la partie adverse a aussi fait le choix de la diabolisation.

Des noms, des noms!

Présent dans les manifestations parisiennes les samedis, Rioufol a vu dans la révolte le retour des “classes dangereuses qui en appellent à la France et à son histoire révolutionnaire”. Bien sûr, les revendications étaient mal formulées. Bien sûr, il y a peut-être eu des débordements regrettables, de l’improvisation, mais qu’importe : “Si la foule improvise ses parcours et ne sait pas où elle va, elle sait très bien d’où elle vient”. 

Sa colère n’est que le juste retour de bâton d’une France martyrisée par les “acharnés de la casse”. À cause de ces derniers, et de leur idéologie que l’auteur appelle le divertisme, “des rues, des quartiers, des communes, des départements ont opéré une mue civilisationnelle que seul peuvent nier [des] esprits complices de ces phénomènes.” Voilà la vraie sédition dont on devrait s’inquiéter.

Au fil des pages du brûlot, le lecteur attentif pourra noter les noms propres des coupables que dénonce le journaliste du Figaro. Essentiellement des politiques appartenant au camp du progressisme, mais pas seulement. Tout en extrayant de l’actualité récente les faits les plus révélateurs des maux français, la liste de cet “intelligentsia démophobe” se dessine. Parmi les aspirations des gilets jaunes des débuts, c’est la question identitaire qui rebuterait plus que toutes les autres le pouvoir et les fameux « traîtres », selon Rioufol. Et quand il est question d’égrener la liste de ceux qui se sont compromis à la marche du 10 novembre 2019 à Paris (où Allah Akbar a été scandé près des lieux des attentats), on devine que c’est un terme encore plus violent que “traître” que l’auteur se plairait à employer… 

Si ce n’est pas leur seul tort, le principal méfait des « traîtres » serait cette soumission à la religion islamique. Pendant que les Français seraient excédés, d’obséquieux et zélés agents signeraient le pacte de Marrakech, feraient la courte échelle à une religion étrangère et agressive ou pleureraeint la mort de Jacques Chirac. Ce décès n’émeut pas notre pamphlétaire : il retient que l’ancien président de la République a été le “premier président dhimmi”.

Rioufol, journaliste ostracisé, tient-il sa revanche ?

Les analyses sont sulfureuses, le style corrosif et efficace de Rioufol est tout au service de la démonstration. 

Avec la crise des gilets jaunes, le fin observateur dont le blog attire depuis des années toute une France silencieuse, a cru tenir sa revanche. Dès 2012, il disait à ses petits camarades de la presse qu’il était urgent d’être réactionnaire (De l’urgence d’être réactionnaire, PUF) et déplorait de se retrouver entouré par “des démocrates qui n’aiment pas le peuple, des humanistes qui n’aiment pas les gens et des journalistes qui n’aiment pas les faits.” Dans Les traitres, il constate que la bonne presse est loin d’en avoir fini avec les poncifs barbants : “L’immigration est une chance pour la France”, “‘l’islam est une religion de paix et de tolérance”; “le nationalisme c’est la guerre”, “la diversité est une richesse” etc.

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L’information est sous surveillance : “La presse est muselante. C’est uniquement dans sa bouche et sous sa plume que les voitures sont “folles”, les cités “sensibles”, les voyous des “jeunes”, les tueurs criant Allah akbar des “déséquilibrés” et que “les prénoms ont été modifiés” ! ” Le Nantais, qui ne reconnaît plus la ville de son enfance, milite pour un “retour à une nation indivisible, sauvée des poisons mortels que sont les multiculturalisme et le matérialisme borné”. Si elles étaient autrefois complètement ostracisées, constatons que de telles idées ont tout de même émergé ces dernières années dans le paysage. Ne voit-on pas Ivan Rioufol aller commenter l’actualité sur les chaines info ? Les gilets jaunes ne sont-ils pas parvenus à faire plier Emmanuel Macron et son gouvernement, lequel leur a attribué une ligne de crédit exceptionnelle de 17 milliards ? Les réseaux sociaux et les gilets jaunes ont bien ouvert une brèche, et ils malmènent nos institutions.

Mais le locataire de l’Élysée a tenu bon, et si les idées réactionnaires de Rioufol ont bien gagné leur place légitime dans le débat public, leur influence dans le monde réel et le cours de la vie des Français est pour l’instant quasi nul (Rioufol rêve d’un référendum sur l’immigration, il semble qu’il faille encore attendre, de toute façon toute la presse française s’emploie ces jours-ci à démontrer que les Anglais ont eu tort de voter le Brexit…). L’essayiste ne tient donc pas encore sa revanche, il attend son heure: “l’incendie ne s’éteindra pas par de l’argent mais par un nouveau projet en adéquation avec les nouvelles attentes des gens”. Peut-être, reste que dans les enquêtes d’opinion, Emmanuel Macron est pour l’instant assuré d’être réélu en 2022 dans l’hypothèse d’un affrontement avec Marine Le Pen, et que les gilets jaunes sont rentrés dans leurs chaumières depuis un moment.

Les Traîtres

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Dessine-moi un auteur!

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Emmanuel Macron et le dessinateur Lewis Trondheim, au Salon de la bande dessinée d'Angoulême, le 30 janvier 2020 © MORITZ-POOL/SIPA Numéro de reportage: 00942778_000025

Le Festival de la BD d’Angoulême vient de fermer ses portes, hier soir, sur l’éternel paradoxe: le secteur connaît une belle croissance économique et les auteurs n’ont jamais été aussi pauvres.


Astérix cacherait-il la forêt des désillusions ? En cela, le 9ème Art ne se différencie guère de la métallurgie, de la chimie ou des services à la personne. Contrairement à la légende urbaine des vases communicants, les profits des uns peinent à ruisseler sur les autres. Il y a obstruction dans la tuyauterie éditoriale.

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L’auteur est désormais un « salarié » comme un autre, juste un peu plus précaire et moins syndiqué que son homologue cheminot, c’est-à-dire « l’être le plus vulnérable du système capitaliste ». « Un chômeur en puissance », vous connaissez cette célèbre diatribe d’Audiard qui, exception à la règle de son milieu, était un auteur riche. Deux visions s’affrontent. Irréconciliables. Ontologiquement opposées. Pour les uns, la majorité des éditeurs pour faire simple, l’économie de l’offre et de la demande prévaut en toutes circonstances. Elle régit les rapports marchands de notre société, la nier serait la marque d’un gauchisme attardé, vieux relent du système soviétique à l’égalitarisme dégoûtant. Sans succès dans les librairies, il est donc naturel de ne pas percevoir de droits d’auteur. Et puis quoi encore ? Logique implacable, dans un domaine d’activité où la libre concurrence s’impose, seule une poignée de « winners », les stars du métier, touche au jackpot. Les autres, figurants de l’équation, représentent cette masse indistincte, ce bloc grossier qui a vocation à générer du flux sans une quelconque rétribution en contrepartie. Leurs livres servent au remplissage des rayons et à faire les muscles des libraires. Tous ces auteurs déclassés, soutiers du stylo, aimeraient profiter de l’effet de levier vanté par quelques éditorialistes à la télé. L’heure du partage n’a pas encore sonné. Ils souhaiteraient même les naïfs qu’on leur paye les séances de signatures dans les salons de province, leurs sandwichs sur place et, pourquoi pas, leurs points de retraite ou leurs entrées en boîte de nuit. Tous rêvent au statut d’intermittent du spectacle en voyant cette queue interminable devant l’écrivain à succès du moment. Et ils regrettent d’avoir choisi l’écriture comme moyen d’expression. L’incompréhension entre les tenants d’une économie ouverte et d’une certaine forme de protection n’est pas nouvelle. Elle est même au cœur des relations de travail dans le monde du « Livre ». Les pouvoirs publics sont bien embarrassés car ils n’ont pas l’intention de mettre leur nez dans les comptes des éditeurs et, encore moins, d’alimenter un fonds de soutien aux auteurs nécessiteux. Les caisses sont, paraît-il, vides et ouvrir de nouveaux droits, ce serait faire une sorte d’appel d’air à la misère. Dans notre pays d’artistes refoulés, il y aurait des millions de nos concitoyens qui se déclareraient « auteur » sur l’honneur et toqueraient à la porte du Ministère chargé de disperser cette manne. Et puis surtout, l’État risquerait de fausser la concurrence et de s’immiscer dans la bonne marche des entreprises, ce serait contraire à tous les traités internationaux sur le commerce. Il leur est donc quasi-impossible de revaloriser le pourcentage sur la vente des livres ou d’obliger, par exemple, les éditeurs à payer des avances sur droits. La profession d’auteur s’avère bien plus aventureuse que celle de rebouteux.

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Les libraires, timides par nature (on les entend rarement sur le sujet des rémunérations des auteurs), demeurent étonnamment discrets. Rappelons que dans le système actuel, un auteur cède généralement gratuitement sa force de travail, c’est-à-dire l’écriture d’un scénario ou d’un roman, en échange de quoi, au mieux, on lui accorde un à-valoir. Le plus souvent, on ne lui fait pas cette fleur et il touchera l’hypothétique résultat de son labeur, 18 mois plus tard. Et qu’il n’espère pas partir à la Barbade à Noël, car, en moyenne, un auteur perçoit seulement 10% du prix de vente de ses propres créations. 10% sur quelques centaines de livres dans le meilleur des cas, ça paye à peine l’encre et le papier. L’auteur est cet être économiquement faible qu’on a toujours tendance à infantiliser.

L’éditeur prenant à sa charge la fabrication, la diffusion et la promotion du livre ; l’auteur se trouve (de facto) dépossédé de son « œuvre » et dans la position assez inconfortable de larbin consentant. Il doit faire confiance à la chaîne du Livre et s’estimer déjà heureux d’être publié. Le serpent de mer de l’édition n’a pas fini de réunir des commissions ad hoc ou Haddock pour noyer les auteurs. Mais, toutes ces questions amènent à la Question fondamentale : qu’est-ce qu’un auteur ? Comment le définir ? Qui a autorité morale pour le caractériser ? Suffit-il de l’enfermer dans un statut juridique précis pour le cerner vraiment ? Doit-il avoir publié un livre ou trente pour exister ? Dans une économie dite libérale, est considéré comme auteur celui qui vit de sa production. Des centaines de « professionnels » ne répondent à pas à cette exigence alimentaire première. Ils doivent cumuler bien d’autres activités. Alors, auteur, est-ce un métier annexe, un hobby, une occupation, un sacerdoce, une folie, une profession pour fonctionnaires à la retraite ou rentiers ? Et, plus généralement, que penser d’une société qui a admis la gratuité de l’écrit ?

Ténor t’es mort

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© SOLEIL

Encore un autre qui se fait pincer! Vittoro Grigolo suspendu par le Royal Opera House pour des attouchements supposés sur une choriste lors de sa tournée au Japon.


 

Ténor, c’était sport. Qu’est-ce qu’on lui demandait, au ténor ? Ni mesure, ni goût, ni art. On lui demandait du son, de la bravoure, des hormones quoi. Aux coupes de foot dans les années 1990, qui se serait intéressé aux Trois Sopranos, aux Trois Basses ? Ce qu’il fallait au Mondial du mâle, c’était les Trois Ténors. Vous vous rappelez ? Carreras, Pavarotti et Domingo poitrail gonflé de Vincerò !, l’organe, la sueur, la foule qui crie « encore ! »

Mais qu’est-ce qu’on attend pour l’interdire, cette hormone de l’enfer?

Mais ça, c’était avant. Le 18 septembre dernier, Vittorio Grigolo chante Faust à Tokyo avec la troupe de Covent Garden en tournée. Pour cellezéceux qui l’ignorent, Vittorio Grigolo est l’un des Trois Ténors du jour, avec Jonas Kaufmann et notre Roberto national. Lui est italien. Petit chanteur à la chapelle Sixtine, puis fan de Freddie Mercury et crooner pour minettes à la télé, enfin vedette d’opéra grand genre : voix d’or, sourcil noir, costume Gucci, bagnole à son effigie. C’est d’ailleurs à deux bagnoles qu’il doit son fabuleux destin : la bagnole de papa dans laquelle il eut la révélation en écoutant à la radio le stentor Mario Del Monaco ; et un accident de la route qui l’a détourné de son autre dada, la course automobile. Ensuite, un prof sérieux, une Furtiva lagrima de Donizetti qui efface la concurrence, des Traviata et des Rigoletto de compétition… Viva Pavarottino ! comme l’appellent ses parents.

Que Justice (soi-même) soit faite!

Cette manie aussi de transformer les saluts en happenings. Genou en terre, main au cœur, public chéri mon amour comme je t’aime de m’aimer ! Le latin tenor éternel, magnifico mais stravagante. Trop, toujours trop parce que, pour lui, « le ténor italien, c’est celui qui n’a pas peur ». Donc Faust à Tokyo le 18 septembre. Au milieu des bravos, le voilà qui recule vers le chœur et saisit le ventre rond d’une choriste qui le repousse, ce qui le vexe, et il dit un gros mot que personne n’entend vu le boucan.

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Humiliée, on le devine, la choriste se plaint. Bon, le gars est un poil zinzin – en plus de sa voix, c’est ce qui attire le chaland et remplit la caisse. (Au fait : le ventre de la « victime », ainsi qu’elle se nomme, était un postiche de théâtre en latex ; et le signor Grigolo s’est confondu en excuses.) Mais l’incident a l’air grave. Le lendemain, la compagnie le remplace et mène l’enquête. Dont les résultats tombent le 5 décembre : le comportement de Vittorio Grigolo étant jugé (par la maison, pas par la justice) « inapproprié et agressif », tous les contrats qui le liaient à Covent Garden sont résiliés. Une heure plus tard, le patron du Metropolitan Opera de New York, où on n’a rien à lui reprocher, chasse le ténor forever.

La faute aux hormones mâles

Plus besoin de harcèlement. Un geste – public, donc sans vice caché – et pan. T’es mort. Comme dans l’affaire Domingo de cet été, les divas volent au secours du lépreux. « Mon cher Vittorio », écrit Angela Gheorghiu, ex-Madame Alagna, « ton exubérance et ton caractère explosif rare sont vraiment mal jugés ». « Ce monde a besoin d’une sincérité plus exubérante », insiste Sonya Yoncheva. Trop tard. Mitou l’a tuer.

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Lu dans Le Temps du 27 novembre, à propos de l’explorateur Mike Horn : « J’écris à peine cela comme une blague. La testostérone, principale hormone sexuelle mâle, est à la base de mille comportements néfastes pour la planète, qui vont de faire rugir son moteur au feu rouge à construire des usines ultrapolluantes, en passant par la balade sur pôle avec photos sur Instagram. » Les ténors ne sont donc pas seuls à menacer les femmes et la couche d’ozone, nous voilà soulagé.e.s. Mais qu’est-ce qu’on attend pour l’interdire, cette hormone de l’enfer ?

Le président Macron aurait-il «pété les plombs»?

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Emmanuel Macron à l'Elysée, le 31 janvier 2020 © Stephane Lemouton/Pool/SIPA Numéro de reportage: 00942914_000010

C’est depuis quelques semaines un festival de sorties aussi drolatiques qu’absurdes


Un pétage de plombs du président Macron ? C’est ce qu’on peut légitimement se demander au vu de la série rapprochée de propos ou de gestes indignes ou absurdes dont il a été l’auteur ces dernières semaines.

Lors de sa visite à Abidjan à la fin de 2019, il déclare ainsi à ses interlocuteurs, qui ne lui demandaient rien, que la colonisation avait été un « crime de la République », s’attirant une réplique bien sentie d’Alexandre Benalla, son ancien favori, mettant en relief les bienfaits de la colonisation, une opinion sans doute plus proche de celle de la plupart des chefs d’État africains.

Au retour de Jérusalem, il n’a pas hésité à mettre sur le même plan la guerre d’Algérie et la Shoah « La guerre d’Algérie est sans doute le plus dramatique [des « défis mémoriels »]. Elle a à peu près le même statut que la Shoah pour Chirac en 1995. » Ce propos a suscité l’indignation des juifs, des enfants de pieds-noirs, de harkis – et des simples personnes de bon sens connaissant l’histoire et attachées à l’honneur de la France.

Macron s’emploie à humilier la France

Accessoirement on se souviendra qu’il s’est fait accompagner à Abidjan d’un rappeur spécialiste des insultes à la France.

Plus récemment, il assène à Pascale Marinière, présidente des associations familiales catholiques : «Votre problème, c’est que vous croyez qu’un père, c’est forcément un mâle».

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Comme si cela ne suffisait pas, il visite le festival de la bande dessinée à Angoulême et y arbore un gaminet (T-shirt) marqué « Non aux violences policières », alors même que ces violences (surtout à l’encontre des gilets jaunes) ont été commises en son nom et peut-être même sur ses ordres. Indignation des policiers et d’une partie de la classe politique.

Le plus notable de ces dérapages vise la mémoire de la France. Ce n’est pas la première fois que Macron criminalise, depuis l’étranger, le passé du pays qu’il est supposé défendre en tout lieu et en toutes circonstances.

On peut voir là le signe de son inculture. À tout le moins de sa dépendance vis-à-vis de la doxa des universités américaines où la thèse du caractère criminel de la colonisation européenne est indiscutée – et indiscutable du fait du terrorisme idéologique qui règne désormais sur les campus du « pays de la liberté ». L’enseignement que Macron a reçu à Sciences po Paris sous l’égide de Richard Descoings est le reflet de cette doxa.

On peut y voir aussi un dessein plus pervers d’abaissement de son propre pays aux yeux du monde. La culpabilisation est devenue aujourd’hui un moyen de domination qui fait tomber les défenses de celui que l’on veut dominer. Macron exécuterait ainsi un projet de domination de la France voire d’anéantissement de sa personnalité, selon des directives venues d’on ne sait où dont on peut soupçonner qu’elles sont incluses dans un projet mondialiste pour lequel la France, la « grande nation » par excellence, doit, plus que toute autre, être abaissée dans ses prétentions et ramenée à la « normalité ». L’humiliation est un moyen de la castrer définitivement.

Tel serait, par-delà la gaminerie, le sens de la sortie d’Angoulême : la France c’est d’abord un État ; subvertir cet État qu’il est supposé diriger par une attitude scandaleuse, correspondrait à un dessein.

Toute idéologie tourne à la folie

La folie que portent avec elles ces déclarations ne fait que refléter la folie propre à toute idéologie.

C’est particulièrement vrai de son affirmation sur la paternité qui n’est qu’une déclinaison de l’absurde théorie du genre : paternité et maternité ne sont pas, selon cette théorie, des réalités physiques mais des processus mentaux ; une femme peut donc être père et un homme mère. Par rapport à ces théories fumeuses, Macron n’a visiblement aucun recul. Il est totalement dépourvu de ce bons sens supérieur qui, face aux idéologies, caractérise les grands leaders.

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L’idéologie telle que l’a décrite Hannah Arendt est une politique menée avec des idées fausses ou faussées ; elle a pour caractéristique de poursuivre sa logique jusque bout. Au début, sa folie n’est pas encore visible et quelqu’un comme M. Macron a pu apparaitre à beaucoup comme un président normal. Mais comme dans un véhicule qui dévie peu à peu de sa trajectoire, la folie se fait de plus en plus manifeste.

L’idéologie de Macron est un mélange de mondialisme, d’ultralibéralisme et de philosophie libertaire, qui comporte la théorie du genre.

L’idéologie se termine toujours mal, pas forcément de manière criminelle… mais en tous cas par une crise grave. C’est à ce point que nous en sommes peut-être rendus. Les déclarations du président font voir la folie du système dans lequel il s’est enfermé. Il se peut qu’elle ait atteint un seuil critique.

Les Traîtres

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Cuba no

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Penelope Cruz dans Cuban Network © Memento Films Distribution

« Le critique de cinéma, c’est l’inspecteur des travaux finis », disait François Truffaut. Chaque mois, Jean Chauvet nous parle des chantiers en cours. Le nouveau film d’Olivier Assayas ne le convainc pas…


 

On avait laissé Assayas en 2019 avec Doubles vies, sa réjouissante comédie sur le milieu littéraire parisien.

Il nous revient avec un gros gâteau historico-politique qui peine à convaincre. Revenant sur l’affaire des espions cubains à Miami censés contrer les anticastristes sur leur propre sol, le cinéaste n’a pas eu manifestement les moyens de son ambition. Il avait pourtant prouvé avec sa série consacrée à Carlos et au terrorisme international sa capacité à brasser des sujets « forts ».

"Cuban Network" d'Olivier Assayas
« Cuban Network » d’Olivier Assayas

Ici, rien hélas ne fonctionne vraiment : le scénario nous perd en route et les personnages n’existent pas. Dommage.

Cuban Network, d’Olivier Assayas, Sortie le 29 janvier 2020

Coronavirus: le fantasme de la barrière

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La Une maladroite du Courrier Picard du 26 janvier 2020 a été très critiquée

Il y a quelques années, un jury ingénieux du CAPES d’Histoire-Géographie proposa, à l’oral, ce beau sujet : les murs. De la Grande Muraille au mur de Trump (qui vient de s’écrouler sous l’action du vent), en passant par celui de Berlin ou ceux de Palestine, aucun mur n’a jamais réussi à contenir ceux qu’il était censé refouler. Les Mongols ont conquis l’empire des Hans, les latinos passent toujours gaillardement le Rio Grande, Allemands de l’Est et de l’Ouest fraternisent (enfin, pas tant que ça…), et les Palestiniens creusent des tunnels sous les fortifications israéliennes. La Terre sainte est devenue un saint gruyère.

Ni le « mur de la peste », bâti à la va-vite lorsqu’il s’avéra que le Grand Saint-Antoine avait ramené d’Orient, avec ses balles de coton, quelques rats hantés de puces hantées du bacille de la peste. On eut beau, depuis Bouc-Bel-Air, tirer sur les Marseillais qui tentaient de fuir leur cité contaminée, on essaya bien de se réfugier dans des bastides fortifiées, la peste tua tout ce qu’elle voulait — jusqu’à satiété. Ainsi s’arrêtent les épidémies — faute de victimes. Ne subsiste de cette tentative dérisoire que des amas de pierres, et les touristes s’étonnent de ces saignées dans les garrigues.

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La littérature abonde en récits des temps de peste. Les conteurs du Décaméron passent le temps en se racontant des histoires salaces, pendant que la mort rôde au dehors, attendant l’ouverture fatale. Comme dit Boccace : « Combien de vaillants hommes, que de belles dames, combien de gracieux jouvenceaux, que non seulement n’importe qui, mais Galien, Hippocrate ou Esculape auraient jugés en parfaite santé, dînèrent le matin avec leurs parents, compagnons et amis, et le soir venu soupèrent en l’autre monde avec leurs trépassés. » Sic transit. En attendant, buvons frais.

Et ceux d’Edgar Poe, dans le Masque de la mort rouge, sont les convives de la toute dernière fête. Eros juste avant Thanatos. Et le conteur de conclure :
« On reconnut alors la présence de la Mort rouge. Elle était venue comme un voleur de nuit. Et tous les convives tombèrent un à un dans les salles de l’orgie inondées d’une rosée sanglante, et chacun mourut dans la posture désespérée de sa chute.
« Et la vie de l’horloge d’ébène disparut avec celle du dernier de ces êtres joyeux. Et les flammes des trépieds expirèrent. Et les ténèbres, et la ruine, et la Mort rouge, établirent sur toutes choses leur empire illimité. »

Nous en sommes là avec le dernier virus chinois — dernier d’une longue série. Cette fois-ci ce ne sont pas les chauves-souris, créatures de la nuit, mais les serpents, messagers des Enfers, qui en sont responsables. Ou Xi Jinping. Une xénophobie démente accompagne…

>>> Lire la suite sur Bonnet d’âne, le blog de Jean-Paul Brighelli <<<

Le Décaméron

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Poe : Oeuvres en prose

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Vivre dans un monde meilleur…

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Emmanuel Macron devant le mur des lamentations à Jérusalem, le 22 janvier 2020 © Jacques Witt/SIPA Numéro de reportage: 00941387_000024

Le billet du vaurien Roland Jaccard


Macron, en visite à Jérusalem, décède d’une crise cardiaque. Les diplomates israéliens proposent son rapatriement en France pour cinquante mille euros ou un enterrement sur place pour cent euros.

Les diplomates français se consultent et répondent qu’ils préfèrent rapatrier le président en France. Les Israéliens leur demandent alors pourquoi dépenser cinquante mille euros alors qu’avec seulement cent euros il pourrait être enterré ici en Terre Sainte ?

Les diplomates français gênés répondent : « Jadis, un homme est mort ici, a été enterré ici et, trois jours plus tard, il est ressuscité ! Nous ne pouvons pas prendre un tel risque. »

***

Saisi au vol cette parole d’un volcanique roumain (non, ce n’est pas Cioran) : « Si nous voulons vivre dans un monde meilleur, il faudrait tous nous mettre la corde au cou. » Ah, ai-je ajouté: si toutes les femmes pouvaient êtres stériles, indemnes du cycle infernal de la reproduction, je pourrais enfin leur tresser des couronnes de lauriers.

***

Quand j’observe tout ce qui arrive à mon ami Gabriel Matzneff, abandonné par tous ceux qui l’encensaient, je songe qu’il n’y a plus qu’une seule discipline olympique aujourd’hui: la lâcheté. Tout au moins dans le milieu intellectuel.

***

On me qualifie souvent de frivole. Je réponds qu’aimer les choses sérieuses, c’est se donner de l’importance et que ça, vraiment, je n’y tiens pas.

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L’étoile jaune, obligatoire dès 1941 (année de ma naissance… en Suisse), avait été précédée par l’étoile lilas pour les témoins de Jéhovah. Les asociaux avaient droit à l’étoile noire… sans doute celle que j’aurais préférée.

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Je me répète tous les jours cette phrase si juste de Pavese : « Quelle mort de ne plus vouloir mourir. » Et, honte à moi, je répugne à me suicider : l’inconnu me fait peur. Et surtout, en dépit de sa médiocrité, je veux connaître la suite du feuilleton que l’actualité m’offre quotidiennement, tout en étant convaincu de son caractère dérisoire et répétitif. Allons ! Un peu de courage… puisque tant de pauvres petites femmes l’ont fait… sauter d’un pont, par exemple. Je cite de mémoire Cesare Pavese qui, lui, n’a pas reculé.

Confession d'un gentil garçon

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