On a les héros qu’on peut… ou qu’on mérite. Si le peuple qui avait pour héros Henri IV, Napoléon, Clemenceau et de Gaulle célèbre aujourd’hui Zidane ou Nabilla, si la célébrité n’exige plus la réalisation d’une quelconque oeuvre et s’est, grâce aux médias de masse, déconnectée d’une oeuvre quelconque, faut-il y voir le signe d’une dégénérescence collective ? Sommes-nous moins talentueux que nos aïeux ? Moins capables de grandes choses ? Moins habités par l’héroïsme ? Peut-être faut-il, au contraire, incriminer la « demande », c’est-à- dire la société, au lieu de se lamenter sur une « offre » qui serait déficiente, voire médiocre. La question que nous nous posons est simple, quoique vertigineuse : où sont passés les héros ? Pourquoi les sociétés contemporaines semblent-elles incapables de faire éclore des grands hommes, qui, comme dans le passé, faisaient la gloire et le rayonnement d’un pays ?

*Photo: 20 MINUTES/GELEBART/SIPA 00664176_000004.

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