Plus que le critique, le comédien, le musicien et le danseur, c’est l’ouvreuse qui passe sa vie dans les salles de spectacle. Laissons donc sa petite lampe éclairer notre lanterne !


Jusque-là tout allait bien. Le 13 août, l’agence new-yorkaise Associated Press, qui avait eu la peau du chef d’orchestre suisse Charles Dutoit il y a trois ans, balance un nouveau porc : la superstar Placido Domingo. On s’en serait douté. Latin lover des plateaux, l’hidalgo n’a jamais eu la main molle. Une tranche de vie, l’animal. Œil grand ouvert, le reste aussi. Tout le peuple lyrique avait son potin. Et, forcément, ses victimes.

L’Associated Press en a trouvé neuf. Une danseuse, huit chanteuses. Pour balancer, ça balance. « Il m’attendait en coulisse. » « Patricia, tu dois vraiment rentrer chez toi ce soir ? » « Il a commencé à m’étreindre, à m’embrasser. » « Dès qu’on avait tourné les talons, on se demandait : est-ce que je viens de ruiner ma carrière ? » Sans trace, sans preuve, évidemment sans donner une fois la parole au harceleur.

Qui se défend à peine. En gros : un séducteur, ça séduit. J’aime les femmes, je ne le cache ni à elles ni aux autres. Dans sa réponse à l’Associated Press, le libertin bientôt octogénaire regrette que le rituel du mâle dominant ait pu « heurter ». Et d’observer mélancolique : « Les règles et usages auxquels nous sommes – et devons être – tenus aujourd’hui sont très différents de ce qu’ils étaient hier. » Ce n’est pas lui qui a changé. Ce sont nos mœurs. « Hypocrisie des nations », disait Balzac.

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Discour

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Octobre 2019 - Causeur #72

Article extrait du Magazine Causeur

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