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La première fois que Le Monde a écrit le mot “racisé”…

La "référence" a repris le terme à son compte

La première fois que Le Monde a écrit le mot “racisé”…
Françoise Vergès, 2008. ©IBO/SIPA / 00559468_000002

En marge d’une interview de la militante “décolonialiste”, Françoise Vergès, Le Monde, journal “de référence” a repris le terme “racisé” à son compte. 


Le journal « de référence » a conscience de donner le « la » sur les sujets qui comptent ! Chaque semaine, le Magazine du Monde revient sur l’apparition d’un mot ou d’une expression dans d’actualité : c’est la rubrique « la première fois que Le Monde a écrit ». Comme je suis sympa, j’ai pris de l’avance sur leurs journalistes… D’ici quelque temps, il est fort possible que l’affreux terme « racisé » vienne s’ajouter à cet innocent abécédaire.

C’est en février 2019 que le terme apparaît. Dans une interview de Françoise Vergès, militante « décolonialiste » de son état.

Les guillemets, c’était avant

Il y a encore quelques mois, la journaliste du Monde Ariane Chemin l’utilisait entre guillemets pour mieux dénoncer tous ceux qui veulent « éteindre les Lumières ». En 2019, sa collègue Séverine Kodjo-Grandvaux décide de faire sienne cette expression en interrogeant la militante Françoise Vergès. Le vilain mot n’est ni encadré de guillemets ni employé pour mieux être questionné. Non, il est repris tel quel en introduction de l’entretien.

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Dans son acception large, « racisé » semble désigner le « non blanc ». Dans son acception la plus répandue (dans les rangs de la faculté ou du Parti des Indigènes de la République par exemple), cela semble plus précisément désigner les Noirs et les Maghrébins. Surtout quand ils sont victimes des discriminations de toutes sortes. Pas les petites brimades à l’embauche ou les remarques racistes dans la rue. Non, un truc systémique plus gros, et plus ou moins inconscient apparemment : « La décolonisation de soi est cruciale », affirme Françoise Vergès. « C’est un long travail qui fait appel à l’inconscient. » La militante se dit un peu fatiguée de devoir sans cesse « éduquer la femme blanche sur [sa] propre histoire ».

Féminismes, la guerre des mondes

Françoise Vergès est dans l’air du temps. Alors que cosmopolitisme et démocraties libérales ont de plus en plus mauvaise presse, la sulfureuse penseuse estime que les droits des femmes sont devenus « une arme idéologique néolibérale ». Sous couvert de combat pour l’égalité, les féministes occidentales ne feraient qu’entretenir « la perpétuation de politiques impérialistes, racistes et d’exploitation ». Original ! Dans cette optique, l’universalisme des Lumières lui-même n’est plus qu’un instrument de domination de l’Occident sur tous ses pauvres « racisés ». Moi qui pensais que l’universalisme, par définition, ne pouvait pas être une « affaire blanche ». J’avais tout faux.

Qu’à cela ne tienne, Françoise Vergès milite pour un féminisme plus « tranchant ». Un féminisme où il n’est plus question de remettre en cause des traditions telles que le voile islamique ou l’excision…

Même L’Huma contredit Françoise Vergès

Mais pourquoi Françoise Vergès ne va-t-elle pas prêcher sa bonne parole dans les pays du Sud, où se concentrent les opprimés ? La Réunionnaise préfère jusqu’à maintenant le confort de cet Occident qu’elle combat sans relâche (quand ce n’est pas la simple République française, honnie). Dans sa lutte, elle parvient donc désormais à s’attirer la curieuse sympathie du Monde.

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L’Humanité, bien que périclitant, a au moins eu le mérite de contredire l’intellectuelle quand il l’a conviée à son tour dans ses colonnes : « Pourrait-on imaginer une autre désignation que celle de ‘racisés qui fixe le stigmate ? », demande la journaliste. Françoise Vergès s’en sort avec une pirouette : les Irlandais aussi furent « historiquement racialisés » par les Anglais. Et pourtant ils sont blancs. Mais revenons vite aux autres quand même…

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