La question du « droit au blasphème » est paradoxale. Pour blasphémer, il faut être croyant. D’un côté, l’accusation de blasphème est lancée par un croyant qui estime être orthodoxe contre un autre croyant, comme au cours de la comparution de Jésus devant Caïphe. De l’autre côté, le blasphémateur doit penser que les représentations qu’il brave ne sont pas vaines, que, même nocives, elles ont une réalité. Quand les prophètes juifs s’attaquaient aux idoles, « à leur néant » (Is. 2,8), c’est à une fausse croyance prise au sérieux qu’ils en avaient. Les athées devraient être indifférents aux croyances vaines qu’ils rencontrent. Tout au plus pourraient-ils se préoccuper des effets politiques et sociaux de représentations qui leur sont étrangères.

*Photo : Marithé et François Girbaud.

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