Homophobie, racisme, misogynie: les chefs d’accusation pleuvent sur les professionnels du rire pris en flagrant délit de mauvais esprit. Encouragée par les réseaux sociaux, la fragmentation du corps social en une multitude de minorités opprimées a fait une victime: l’humour.


Il y a cent ans on lisait La Case de l’oncle Tom, un peu plus tard Tom bon nègre, dans les sixties il y avait un Noir à chéchia rouge sur les boîtes de Banania et on achetait des nègres en chemise à la pâtisserie. C’était le temps où il était naturel d’être au pire raciste et au mieux condescendant.

Malheureusement, si l’époque où tout était permis est heureusement révolue, celle où rien n’est autorisé pointe le bout de son nez. Chaque idéal a désormais ses bigots rigidement drapés dans leur inattaquable humanisme, censés protéger « leur » faible, dont la caractéristique principale est d’être tellement bête qu’il ne sait jamais ce qui est bon pour lui.

Les humoristes refusent de parler

Dans ce climat que l’on peut qualifier de néopuritain, les humoristes ont longtemps bénéficié d’une sorte d’immunité – qu’ils refusaient à leurs victimes. Ainsi pouvaient-ils se déchaîner contre un malheureux coupable d’un

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Février 2018 - #54

Article extrait du Magazine Causeur

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