L’école a abandonné l’exigence et la transmission des savoirs au profit de la bienveillance et de la quête du plaisir. Transformés en animateurs de centres aérés ou en travailleurs sociaux, les enseignants accompagnent les élèves plus qu’ils ne les instruisent


Il faut le voir pour le croire : le mot « plaisir » apparaît désormais dans les programmes de maternelle1 ! Chez les enseignants, l’injonction à ne jamais élever la voix est partout. À la maison, les parents sont pris entre une définition dévoyée de la bienveillance et les rappels des psychologues à la nécessité d’apprendre à leurs enfants à gérer la frustration. Noyé sous des piles de jouets, en stimulation permanente, l’enfant voit l’assouvissement arriver avant même d’exprimer un besoin. Résultat : sa capacité à apprivoiser l’attente, à s’occuper d’un rien, à différer la satisfaction d’une envie s’amenuise. À cela vient s’ajouter la nocivité de la fréquentation trop précoce et excessive des écrans, qui affecte ses capacités attentionnelles, créatives et intellectuelles. L’ensemble de ces paramètres conduit à des classes agitées, où le cadre et l’enseignement sont annoncés par l’institution comme devant s’adapter à chaque individualité, là où, autrefois, il appartenait à l’individu de faire l’effort de s’adapter au cadre. La concentration sur la longue durée, la capacité à répéter un exercice ou l’attente paisible en s’occupant calmement par soi-même deviennent impossibles pour beaucoup.

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Dans cette société du « toujours plus vite », « to

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Septembre 2019 - Causeur #71

Article extrait du Magazine Causeur

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