Le chauffeur du bus de la RATP accusé d’avoir refusé de laisser monter une jeune femme à cause de sa « jupe trop courte » a porté plainte pour « dénonciation calomnieuse ». Mais dans les bus comme ailleurs, femmes et islamisme ne font pas toujours bon ménage…


Le poète Kamel Bencheikh a raconté sur les réseaux sociaux que sa fille Elise et une amie, ayant attendu l’autobus la nuit, n’ont pas pu y monter parce que le chauffeur refusait d’en ouvrir la porte. Le bus s’étant arrêté à un feu rouge, quelques mètres plus loin, Elise l’a suivi et a tambouriné sur la porte. Pourquoi refusait-il de s’arrêter ? Réponse du chauffeur : « T’as qu’à bien t’habiller ».

Le « djihad de l’Internet »

C’était le 30 avril 2019. Le 3 mai, Kamel Bencheikh décida de dévoiler l’affaire sur les réseaux sociaux. Il écrivit une demi-page si virulente, qu’elle se propagea à toute vitesse. Elle fut reprise par la presse, et arriva jusqu’à Mme Schiappa.

La famille Bencheikh hésita d’abord à porter plainte. Et quand elle décida de le faire, la vidéo de surveillance de l’autobus, paraît-il, n’était plus disponible : ces vidéos ne seraient pas gardées au-delà de 48h.

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Facebook, de son côté, avait reçu des accusations, et les modérateurs marocains avaient censuré, puis retiré l’article.

Kamel Bencheikh était harcelé d’insultes : « J’ai déconnecté mon compte Facebook pour qu’on ne me voie plus, m’écrit-il. J’en suis à un peu plus de 150 messages d’insultes et de menaces physiques. » Il est vrai qu’une armée d’internautes rôdent sur Facebook comme des requins à la recherche d’une proie, et se déchaînent quand ils en ont trouvé une. Ils estiment ainsi faire le « djihad de l’Internet ».

L’ajournée de la jupe

Le chauffeur profita de ce retard pour ameuter la CGT et les islamistes. Ils firent circuler une pétition, et le chauffeur du bus annonça qu’il allait intenter au poète un procès pour « dénonciation calomnieuse ». C’était facile, puisqu’il n’y a plus de vidéo pouvant faire foi. En revanche, il reconnut avoir refusé de faire monter les deux jeunes filles dans le bus. Pourquoi ? Parce qu’elles fumaient, dit-il.

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Il y a donc, de son propre aveu, une bonne partie de la version des jeunes filles qui est vraie. Reste à savoir si sa version est entièrement vraie. En d’autres termes, a-t-il vraiment refusé aux deux femmes l’entrée du bus parce qu’elles fumaient ? Permettez-moi d’en douter. Tous les chauffeurs de bus voient des gens fumer à l’arrêt, et ils ne disent rien à ceux qui éteignent le mégot avant de monter. Certes, ils ne laissent pas monter ceux qui n’ont pas éteint leur cigarette ; mais avons-nous jamais vu un chauffeur interdire à quelqu’un de monter dans un bus parce qu’il aurait fumé en attendant à l’arrêt ? Il lui demande de jeter sa cigarette. Mais lui interdire complètement de monter ? Refuser de s’arrêter ? C’est une faute aussi grave que d’interdire à une femme de monter en bus à cause de sa mini-jupe. D’où les doutes que je me permets d’exprimer. Vous imaginez le scandale que feraient certains fumeurs si on leur fermait la porte au nez sous prétexte qu’ils sentent la cigarette ?

La conduite de l’islamisme

D’ailleurs, les femmes chauffeur de bus racontent des histoires bien pires que le fait de n’avoir pas laissé des jeunes filles entrer dans un bus la nuit. Il y a ainsi, dans les bus et surtout dans les métros, des chauffeurs islamistes qui refusent de s’asseoir au volant si le collègue qui les a précédés est une femme. En l’occurrence, ce qui rebute les chauffeurs islamistes, ce n’est pas l’habillement, mais le fait que les mains d’une femme, qui pour lui est « impure », ont touché le volant, et qu’elle s’est assise sur le siège avant lui.

Je me rappelle une visite faite à un commerçant avec des étudiants. La boutique était petite, et il faisait des contorsions pour éviter d’être touché par les franges de mon châle. Le monsieur était très gentil, très souriant, mais quand je remarquai son manège, je cessai de sourire. En sortant, je dis à un des étudiants d’un ton sarcastique : « Cet homme ne semble pas me supporter. Il faisait des contorsions pour éviter d’être touché par le bout des franges de mon châle. » Il se mit à rire et dit : « Non, madame, il fait cela parce que s’il touchait une femme, il devrait refaire ses ablutions avant de prier. »

Les règles de pureté et d’impureté chez les islamistes sont extrêmement compliquées, et toujours au détriment de la femme. Ainsi, le vêtement qu’a sali l’urine d’un petit garçon doit être seulement aspergé d’eau, alors que celui qu’a touché le bébé fille doit être lavé entièrement.1

La CGT défend ses intérêts

Quant au vêtement, le voile ferait la différence entre la musulmane et la mécréante, on n’arrête pas de le leur répéter. Alors que dire de la mini-jupe ?

Dans cette affaire, la CGT a pris la défense du chauffeur à cœur ; elle y avait intérêt, vu le nombre de conducteurs musulmans qui se seraient estimés défendus par elle, et auraient voté pour elle si elle le faisait ; dans le cas contraire, ses rivaux auraient récupéré l’affaire à leur avantage.

Mais un mouvement laïque comme la CGT n’aurait jamais dû se focaliser sur ce chauffeur-ci, au point de laisser tomber les droits des femmes parce que les Bencheikh avaient tardé à porter plainte. Kamel Bencheikh a en effet mis en relief un problème général dont souffrent les femmes de la part des islamistes dans les transports en commun, que ce soit de la part de certains passagers ou de certains chauffeurs. Il y a ainsi bien plus de victimes qu’on ne le croit…2 On n’en entend pas parler parce que tout le monde n’a pas le courage de dévoiler son nom et celui de sa fille sur les réseaux sociaux et dans la presse.

En s’acharnant à nier ce qui était arrivé au lieu d’aborder le problème dans sa gravité, on a occulté le nombre de cas où il y a des agressions dans le bus. Et on a occulté la propagande qui frise le harcèlement, dont sont victimes les habitants de certains quartiers de la part des islamistes, surtout là où les tablighis règnent.

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