La rentrée est arrivée. Preuve en est, Le Grand Journal de Canal + a rouvert ses portes après huit saisons couronnées de succès. Vous savez, cette grand-messe télévisuelle où infotainment, politique-spectacle et tranches de ricanement se succèdent avec la rapidité d’une Mercedes fonçant dans le tunnel de l’Alma. Animée par le flegmatique Michel Denisot, l’émission a fait peau neuve en recyclant de vieilles recettes. La petite nouvelle Daphné Bürki a ainsi eu l’idée ingénieuse de démarrer l’émission complètement nue, un filon déjà épuisé par Michaël Youn, Cyril Hanouna ou encore Axelle Laffont, lorsqu’elle présentait la météo sur la chaîne cryptée.

L’ironie du PAF veut que ce soit Canal +, l’antenne du glamour, du chic et de la gauche morale, qui parodie les pires techniques racoleuses de la télévision de Berlusconi, lequel sévissait sur la défunte Cinq au tournant des années 1980-1990. Filles nues à peine floutées, clins d’œil égrillards de la caméra, regards amusés de l’animateur à qui on ne la fait pas : le cocktail est tellement connu qu’il en est devenu inoffensif.

Mais soyons beaux joueurs. Armés de cette confraternité qui fait si cruellement défaut dans la profession, nous ne pouvons souhaiter que succès à la nouvelle formule du Grand Journal qui, soyons-en sûrs, après ses errements pluralistes du printemps 2012, saura désormais se prémunir contre ce genre d’importuns.

Car finalement, quel meilleur remède au « populisme » que le strass et les paillettes de la dérision perpétuelle ?

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