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Bonne année à votre avatar !

Vive 2022 ?

Bonne année à votre avatar !
GILE Michel/SIPA 01051348_000012

2022 sera un pas de plus vers l’océan progressiste où le Métaverse, nouveau concept fétiche de Mark Zuckerberg, entend bien reconfigurer la vie humaine. Alors en attendant le monde de demain, passablement terrifiant, profitons aujourd’hui de ce qu’il reste du monde d’hier…


C’est le moment de se souhaiter une bonne année, mais sans s’interroger sur ce qu’elle nous apportera ! « La prophétie est un art difficile, surtout en ce qui concerne l’avenir !» – Mark Twain. Or, les prévisionnistes en tous genres redoublent d’activisme à l’aube de l’année inconnue. Ils nous décrivent tous les jours le monde de catastrophes qui nous attend et se doublent de « spécialistes » ès innovations qui délirent émerveillés sur un monde virtuel auquel nous ne comprenons rien (mais on fait semblant). Une civilisation où le seul sujet sera de savoir comment occuper les gens face aux robots qui feront tout. Déjà on nous vend le bonheur du télétravail… des entreprises vides dans lesquelles on peut travailler quand on veut et comme on veut, sachant que bientôt c’est votre AVATAR qui assistera aux réunions (virtuelles) dans des locaux toujours aussi virtuels : pour le café faudra repasser…

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Se projeter dans l’avenir, aujourd’hui

On doit, paraît-il, tout repenser. 2022 sera la fin de notre monde, en attendant le fameux « monde d’après » dont personne ne rêve. C’était un peu mieux avant, non ? (Chut).

De toutes façons 2022 appartient déjà aux médias : c’est un scoop permanent, aussi bien pour l’élection présidentielle que pour la découverte d’un vaccin, d’une énergie nouvelle ou encore d’un conflit imminent… Nous n’avons plus le temps de nous projeter. Nous subissons le présent. « Le problème avec le futur, c’est qu’il n’arrête pas de devenir le présent » – Bill Watterson.

Ceci nous amène à nous demander sérieusement si l’on doit se projeter dans l’avenir ! L’écologie ou plutôt les menaces des écologistes nous font sangloter devant un ours blanc égaré sur un glaçon qui flotte faute d’iceberg, les espèces qui disparaissent, les abeilles mourantes, les forêts déforestées, les incendies, les inondations, les poissons étouffés par le plastique, l’air que nous respirons et qui nous asphyxie… ou encore la terre ravagée par des conflits pour se partager l’eau, la terre qui restera dans cette sécheresse inéluctable (en attendant on tente de gérer les inondations).

Refuser la fatalité

Un monde florissant de trottinettes et de 2 ou 3 roues : plus d’avions ni de voitures dans les villes… et puis toujours le même virus, sans compter les futurs nouveaux virus monstrueux qui comme Hibernatus (le personnage du film homonyme de 1969) ressurgiront de la préhistoire à cause de la fonte du permafrost. Tout cela s’accompagne de la promesse de progrès médicaux qui en remplaçant nos organes nous feront vivre plus longtemps dans ce merveilleux futur. Vive le Metaverse crient les branchés pendant que nous opinons du bonnet les yeux écarquillés par la science-fiction au quotidien. 

Et pourtant, « le futur appartient à celui qui a la plus longue mémoire » selon Nietzsche : voilà l’explication du discours de nos candidats qui veulent absolument se prosterner devant l’histoire en la tripatouillant pour justifier leur position.

Alors Stop ! Changez-vous les idées, votre avenir personnel n’est pas forcément celui du futur de l’humanité et il faut savoir refuser de nous fondre dans une fatalité terrifiante. Le bonheur est dans le pré, et on va manger un peu de foie gras, en oubliant les oies, ou bien avec remords… Retrouver le sourire devant la carte de vieux (pardon lapsus : de vœux) sur la cheminée avec les photos des enfants et le vrai sapin qui clignote.

A lire aussi, de Sophie de Menthon: J’aime les hommes…

Un conseil d’Einstein le soir du 31 : « Je ne pense jamais au futur, il vient bien assez tôt ». Pour 2022, s’approprier la sagesse du « carpe diem » ? Autrement dit par Ronsard « Vivez si m’en croyez, n’attendez à demain. Cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie »

Pendant qu’il y a encore de vraies roses !  

Joyeux Noël et heureuse année à tous ! (et za toutes n’apporte pas grand-chose). Dans tous les cas, on ne devrait pas s’ennuyer en 2022…

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Décembre 2021 - Causeur #96

Article extrait du Magazine Causeur


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Chef d'entreprise, présidente du mouvement ETHIC.

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