Si le déluge d’argent bon marché déversé par les banques centrales a sans doute sauvé l’économie mondiale de la récession, ses effets secondaires s’accumulent. Et risquent de créer une bulle prête à exploser.


« Le vrai peut quelquefois n’être pas vraisemblable », a dit Boileau. À ce jour, un quart du montant des emprunts cotés sur le marché international du crédit est affecté de taux négatifs. Du coup, nos experts qui y perdent leur latin et leur grec, s’inquiètent ouvertement. Comment les taux d’intérêt peuvent-ils tomber au-dessous de zéro ? Comment le système de crédit pourrait-il fonctionner sans le profit inclus dans la marge d’intérêt ?

Cependant, il ne peut pas exister d’aberration pure. L’anomalie des taux négatifs a forcément une explication que l’intuition conduit à rechercher dans les transformations financières accomplies durant l’ère néolibérale.

Comment se formaient en effet les taux d’intérêt il y a encore quarante ans ? Sur le marché dit primaire où sont émis les emprunts nouveaux des États, des entreprises cotées et des banques elles-mêmes. Ce marché confrontait les demandes de ces grands emprunteurs et les offres des fournisseurs de crédit, banques et fonds de placement. Il était donc, par construction, relié aux besoins économiques : besoins des États pour leur trésorerie et le financement à long terme des déficits, besoins des entreprises pour leur trésorerie et leurs investissements dans la mesure du nécessaire, besoins de trésorerie au

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Novembre 2019 - Causeur #73

Article extrait du Magazine Causeur

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