Dans A la première personne, Alain Finkielkraut prolonge le mouvement intellectuel qui l’anime depuis toujours. Sans jamais céder à l’imprécation, l’académicien y explore notamment les ressorts de la diabolisation d’Israël.


Alain Finkielkraut a tort de s’inquiéter, son dernier livre ne traduit pas une inflexion égotiste de son œuvre, il prolonge le mouvement qui l’anime depuis l’origine, cet aller-vers-le-monde, cette rencontre avec « le vrai du réel », à mains nues et à voix haute, libre et grave. J’ai toujours eu une admiration inquiète pour le tranquille courage avec lequel il se porte vers la brèche, sans provocation, mais parfois sans prudence – sans du moins ce qu’une tradition qui m’est chère appelle la prudence –, pour le naturel avec lequel il s’expose. Je lui en ai parfois voulu de s’offrir aux coups d’adversaires, ou plutôt d’ennemis, qui ne s’adressaient à lui que pour l’humilier, et auxquels il répondait comme s’ils cherchaient encore avec lui le vrai et le juste. De fait, par des voies et pour des raisons qui m’échappent, mais qui n’annoncent rien de bon pour notre pays, il est devenu pour une partie non négligeable de l’opinion qui fait l’opinion, non pas celui que l’on aime détester, mais celui que l’on déteste vraiment, profondément, méchamment. Il a reçu cet étrange couronnement, il est l’objet d’une élection de haine.

La voix de la France

Dans l’affaissement, l’affadissement, parfois le renoncement de presque toutes les forces spirituelles de la France, il a plus constamment, plus énergiquement et plus efficacement que quiconque contrib

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Novembre 2019 - Causeur #73

Article extrait du Magazine Causeur

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