Les images parlent. Cela signifie qu’elles peuvent mentir. Mais face à une photo, a fortiori lorsqu’elle se veut documentaire, on éprouve une dangereuse impression d’authenticité : on croit être confronté au réel quand il s’agit de sa représentation – vieille affaire de la carte et du territoire. On croit être informé quand on est manipulé, volontairement ou pas. C’est bien ce qui menace les visiteurs de « Phantom Home », l’exposition de la photographe palestinienne Ahlam Shibli, qui a ouvert ses portes le 28 mai au musée du Jeu de Paume. Et mis en ébullition la rue juive, qui dénonce une « apologie du terrorisme ».
Le sujet, il faut le dire, est déjà hautement inflammable puisqu’il s’agit du conflit israélo-palestinien.
Sur ce terrain miné, l’exposition  manipule des images d’apparence quasi journalistique sans jamais fournir la mise en perspective qui permettrait au visiteur de les lire.

*Photo : MACBA.

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