Comme le montre l’affaire Winamax, l’emploi de certains mots totalement mainstream déclenche l’hystérie et des réactions de plus en plus disproportionnées de la gauche post-moderne.


 

Si vous n’êtes pas sur Twitter, vous avez dû le lire ou en entendre parler dans les médias traditionnels : Winamax a supprimé son tweet!

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La République a vaincu l’homophobie en ligne et si la loi Avia a été retoquée par le Conseil constitutionnel, trois ministres et une députée Lrem lui ont fait honneur à sa mémoire.

La vie reprend donc son cours mais moi, je n’ai toujours pas compris ce qui s’est produit.

Au risque de décevoir ceux qui me dénient régulièrement mon droit à la liberté d’expression et me qualifient de « facho », je connais les chansons du groupe de rap à l’origine de la phrase qui a été détournée par le community manager de Winamax et qui a fait le buzz sur Twitter ce samedi 15 aout.

Pour le cadre du RN Jean Messiha, il semblerait que cela soit un signe d’appartenance à la racaille… Je sais aussi ce que signifie « Relou », voilà qui n’arrange pas mon cas auprès des « fachos » ni de mes détracteurs.

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C’est dans « Celsius », un morceau du célèbre groupe PNL que l’on entend ces paroles « On prend l’rap, on l’encule à deux ».

C’est une métaphore phallique au moyen de laquelle le duo de chanteurs annonce son ambition de dominer la scène artistique du rap, écraser la concurrence et devenir ainsi des stars indétrônables. C’est ce que souhaitaient également tous les fans de football  français ce week-end; que l’Olympique de Marseille et le Paris-Saint-Germain, arrivent ensemble en finale puis sur le podium de la Champions’ League.

C’est dans cet esprit que le community manager du site de pari sportif Winamax a repris les paroles du titre de PNL à son compte et sur son compte pour twitter « On prend l’Europe on l’encule à deux ». Et c’était plutôt bien trouvé, la cible marketing était atteinte, en plein dans le mille. Le phallus, le foot et le rap c’est d’abord une histoire de testostérone et une grosse machine à cash.

Très vite, Twitter s’est emballé et en top tendances, le Hashtag #Winamax commençait à « percer ». Trois ministres, Marlène Schiappa, Elisabeth Moreno et Roxana Maracineanu sont montées au créneau et ont accusé l’auteur du tweet ainsi que son employeur d’homophobie.

Si la grossièreté du tweet me semblait évidente, je ne voyais pas par quelle grille de lecture on pouvait y déceler de l’homophobie. Je n’osais surtout pas imaginer que l’on puisse considérer la pénétration anale comme une pratique exclusivement gay comme du temps où l’on appelait les hommes homosexuels des « sodomites » ni que l’on puisse la considérer comme une pratique rétrograde comme du temps où on l’interdisait aux femmes, où on l’associait au paganisme et donc à l’apostasie.

Fort heureusement, la ministre Marlène Schiappa avait accompagné son propre tweet d’un article de FranceTvInfo qui devait tous nous éduquer sur le sujet.

La journaliste qui l’a rédigé en 2019, pour couvrir les événements qui avaient eu lieu au stade vélodrome et qui avaient été jugés homophobes, se base sur deux définitions retenues par « Trésor de la langue française », dictionnaire dont la rédaction a été achevée en 1994, – soit deux ans à peine après que l’homosexualité a enfin cessé d’être considérée comme une pathologie d’ordre psychiatrique en France.

Sur la page d’accueil, la rédaction de « Trésor de la langue française » précise que son dictionnaire : « n’a pas vocation à être mis à jour. Cette ressource, qui ne fait pas l’objet d’une veille lexicographique, est donc close en l’état. Il est donc tout à fait naturel que les définitions qui s’y trouvent ne rendent pas compte des évolutions de la société. »

Le terme « enculé » y est définit de deux façons : « déraste passif » et « injure adressée à une personne considérée comme méprisable, sotte, dénuée de courage ».

La journaliste conclut logiquement que le mot « sert donc à désigner les hommes gays et la sexualité qu’on leur attribue, mais aussi à insulter, indépendamment de l’orientation sexuelle et des pratiques de l’autre. »

Elle s’appuie ensuite sur des avis d’experts qui, je subodore, ont également analysé le terme selon les définitions de TLF. Le résultat est sans appel, la sémiologue, le sociologue et l’avocat d’une association LGB T sont unanimes, « enculé » est une insulte homophobe et, mise à jour intersectionnelle oblige, c’est en plus une insulte « patriarcale », « sexiste » et même « hétérosexiste ». On retrouve encore une fois le responsable de tous les mots de la Terre derrière ce terme : « Le mâle cisgenre hétérosexuel ».

Pourtant, sur d’autres dictionnaires en ligne et via la barre de recherche de Google, on accède à une autre définition du mot « enculé ». Selon l’internaute, Le Petit Robert et le moteur de recherche de Google c’est « une personne qui se fait sodomiser », et d’après Larousse c’est un « terme injurieux pour marquer le mépri

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